Bonjour/Bonsoir à tous !

Après un peu plus d'un mois, je suis de retour pour la suite de cette histoire. Je sais que l'attente est longue et frustrante mais j'essaie de compenser avec la longueur des chapitres. Bref, el se passe un tas de chose dans ce chapitre et j'espère ne pas vous perdre en route ;)

C'est toujours un véritable plaisir d'écrire cette histoire. De faire vivre ces personnages que j'aime bien martyriser en ce moment, je l'avoue :)

Réponses aux reviews anonymes :

Lolo : Comme tu as pu le voir nos deux tourteraux souffre beaucoup de leur séparation et ce n'est pas fini... En tout cas merci beaucoup pour ta review. Elles me font toujours très plaisir.

Saragrisom : Merci pour ton commentaire. Je suis ravi que mon style et mon histoire te plaise toujours autant et j'espère que la suite te séduira aussi :)

Marion : Je vais d'abord commencé par te dire sincèrement merci pour m'avoir déposé de tels review jusqu'ici. La dernière était incroyable et j'en ai beaucoup rit d'ailleurs. Je m'excuse si j'ai blessé ton petit coeur mais je suis pleinement satisfaite que ça t'ait autant touché. J'espère qu'il reste des cheveux sur ton crâne parce que la suite devrait probablement provoquer quelques crises encore ;) Pour ce qui est du nombre de chapitre je dirais entre 7 et 10. J'espère que ça te conviens ? J'espère que la suite te plaira toujours.

D'avance je m'excuses pour les fautes d'orthographes ou de tapes. A force de s'assurer que les phrases sont bien construites j'en oublie de bien regarder les fautes. Désolé :S

Bonne lecture à tous !


Rachel errait dans les couloirs de l'école jusqu'à son casier pour aller y déposer ses bouquins. La semaine de cours venait tout juste de commencer et elle s'apprêtait à retrouver Sam pour aller manger à l'extérieur de l'école.

Sam, qui depuis ce fameux soir au Mulligans, où Will les avaient surpris, était devenu aux yeux de tous à présent son petit-ami. Ils avaient fait passer naturellement la nouvelle trois semaines auparavant, le jour de la journée Marthin Luther King. Ce jour-là, ils étaient venus ensemble main dans la main, l'était resté à certains moment de l'après-mdi et avait même échangé un simple touché de lèvre à la fin de celle-ci devant l'ensemble de la chorale. D'ailleurs, elle s'était assuré que Will n'en loupe pas une miette. Si bien qu'après ce fugace baiser qu'elle avait donné à Sam, elle avait vu apparaître la peine dans ses yeux, la colère dans ses tremblements, la compréhension sur ses traits.

Et cette dernière chose, c'était tout ce dont Rachel désirait. S'il acceptait qu'elle avance, il le ferait aussi. Elle sourit tristement à ce constat mais néanmoins satisfaite car tout ce qu'elle voulait, c'était qu'il retrouve le bonheur. Il le fallait…

En tout cas, sa nouvelle relation avec Sam n'avait surpris personne. Deux ou trois membres, Kurt le premier, étaient même venus leur dire que ce n'étaient vraiment pas trop tôt. Même Finn avait été réellement ravi pour elle. Au bout du compte, tout le monde avait semblé heureux pour eux et les choses s'étaient rapidement calmées. Ils s'affichaient rarement au lycée et les seuls fois où il le faisait, ils s'assuraient que Will soit dans les parages. Aucuns doutes ne devaient subsister dans l'esprit de ce dernier.

Bon sang, si tout ce beau petit monde savait…

Rachel finit de déposer ses affaires et rejoint finalement l'entrée du lycée. Elle n'eut pas à attendre longtemps l'arrivé du blond. Ils se sourirent avant que le garçon ne vienne déposer un baiser sur sa joue.

- Où est-ce que tu veux aller déjeuner ?

[…]

Trois quarts d'heures plus tard, repus de leur déjeuner à l''Applebees, ils revinrent au lycée pour leur cours de chorale. Ils arrivèrent dans la classe où les élèves et leur professeur étaient déjà presque tous rassemblés. Ils se tinrent par la main à leur entrée et s'installèrent côte à côte sur des chaises vacantes. Ils discutèrent plaisamment entouré par Mike, Tina et Mercedes. Kurt assis sur la droite de Rachel était obnubilé par les messages qu'il échangeait certainement avec Blaine et ne prenait pas part à leur conversation.

Quand les derniers retardataires finirent par se montrer, Mr Schue commença par les coutumes du lundi en les saluant et en leur proposant un nouveau thème pour la semaine. D'un feutre en main, il partit inscrire les mots « Rock and Roll » au tableau qui provoquèrent plusieurs emportements de joies majoritairement du côté des garçons de la salle. Sam semblait lui aussi tout aussi ravi. Will finit alors par se retourner vers eux en déclarant en un long discours empli de sagesse et d'engouement :

- Comme vous le savez tous le Rock & Roll a imposé son empreinte à la fin des années quarante et continu d'inspirer des millions de personnes et de nouveaux artistes à travers le monde. Je vais demander à chacun d'entre vous par d'interpréter, par groupe de trois maximums, une chanson d'artistes qui ont reprit la tendance du genre ou qui en ont été les précurseurs tels que Little Richard, Chuck Berry, Led Zepplin et tant d'autres encore. Nous allons aussi travailler sur un morceau en groupe que l'on interprétera peut-être lors des régionales. En tout cas, j'aimerai que cette semaine vous vous mettiez réellement dans l'esprit du Rock. Je voudrais que vous vous lâchiez complètement, que vous découvriez en vous cette volonté de monter sur scène, de se mettre à nu, de s'offrir entièrement à son public dans une parfaite communion. Car c'est ce que doit être le Rock. Il doit vous permettre de vous sentir libre de toutes les contraintes personnelles et sociétaires.

Will avait vraiment la manière pour trouver les mots justes

- Une dernière chose aussi… J'ai préparé ça toute la semaine dernière et j'ai réussit à convaincre le principal de me laisser vous emmener tous au musée « Rock and Roll Hall of Fame » à Cleveland, ce vendredi.

Les vociférations de ravissement ne se firent pas attendre. Et parmi tout cet engouement, la question de Mercedes attira toute les oreilles :

- Et c'est pour toute la journée, je suppose ?

- Oui. Cleveland n'étant pas la porte à côté non plus, une journée sera nécessaire. Depuis l'année dernière j'avais pensé vous y emmener mais l'opportunité ne s'est présentée que récemment.

Une journée de cour en moins. La visite d'un des plus célèbres musée de musicologie référencé dans le monde. Tout cela accompagnée seulement de ses camarades de la chorale… Il fallait l'avouer, Will ne lésinait jamais quand il s'agissait de leur faire plaisir.

Partagé son intimité avait plusieurs fois montré à Rachel à quel point il prenait très au sérieux de trouver des idées intéressantes pour l'ensemble de ses élèves, à quel point il y mettait tout son cœur, à quel point…

Elle s'arrêta là. Continuer n'aurait engrené que plus de peine.

Le cours commença définitivement pendant que Will faisait partager à ses élèves plusieurs partitions de chansons du thème de la semaine. Et immédiatement, ils se mirent tous à la tâche, se regroupant en petit groupe afin d'avoir l'avis des autres qui étaient toujours bon à prendre.

Entourés par Sam, Finn et Dave qui avaient convenus de jouer ensemble et savaient déjà ce qu'ils joueraient, comment ils le présenteraient, Kurt et Rachel avaient du mal à arrêter leur choix. Le rock n'était pas leur domaine de prédilection et ils comptaient tous deux sur les garçons pour les aider à trouver quelque chose. Ironiquement, les situations étaient inversées pour cette semaine. La jeune femme qui avait toujours une multitude d'idée dès qu'un thème était proposé, était assez larguée dans ce milieu.

À la fin du cours, la brune n'était pas plus avancée. Elle ignorait encore ce qu'elle pourrait interpréter, contrairement à Kurt dont l'une des idées communes de Finn et David lui avait parfaitement convenu, On lui avait fait mille et une propositions, toutes sensiblement différentes. Pourtant rien ne lui avait convenu. Elle ignorait ce qu'elle voulait mais mettrait tout en œuvre pour le trouver.

L'un après l'autre, sur les salutations de Will, ils quittaient la pièce. Comme d'usuel dorénavant, Rachel se hâta bien de quitter rapidement les lieux, fuyant un maximum sa présence. Ce qu'elle supportait tous les jours étaient suffisant elle se gardait bien d'endurer ce calvaire plus longtemps.

Néanmoins, cette fois-ci, alors qu'elle passait devant lui aux côté de Sam qui tenait de nouveau sa main dans la sienne, elle ne put réfréner un coup d'œil sur son visage et tomba illico sur le regard de Will. Ça ne dura qu'une seconde. Une seconde où pour la première fois depuis la soirée passée au Mulligans, son regard s'égara dans le sien comme autrefois, retrouvant une infime apparence de leur intimité. Elle s'interdisait tenacement de faire une chose pareille. Mais c'était trop tard.

Ce fut un instant qui s'effaça dans le temps alors qu'elle pénétrait dans le couloir se remémorant subitement de cette petite fille rencontrée à l'hôpital, le jour de la MLK. Cette enfant qu'il lui avait fait changer drastiquement d'attitude.

Flashback

Tout c'était merveilleusement bien passé. Ils avaient été accueillis chaleureusement par le personnel du service pédiatrie ainsi que par chacun des enfants. Ils avaient chantés les deux morceaux prévus dans la salle de repos. Ils n'avaient pas faits les choses en grand préservant un côté plus intimiste qui avait plu à tout le monde. Les enfants avaient énormément apprécié leur numéro et leur avaient même réclamé une autre chanson qu'ils avaient immédiatement accepté de jouer.

Après ça, chaque élève était parti prendre un goûter installé sur un buffet et passer un peu de son temps avec ces jeunes patients. Comme Will leur avait dit, certain était extrêmement fragile, squelettiques et semblaient supporter cet état depuis longtemps.

Mais aujourd'hui, leur mission à eux tous était d'essayer d'amener un peu de réconfort, de joie et de bien être dans leur quotidien difficile. Il n'y avait que ça qui comptait.

Les mains jointes à celle de Sam, les deux s'étaient mêlés à tout ce beau petit monde, avaient rit et plaisanté avec plusieurs enfants.

Et alors que Rachel finit le cookie qu'elle tenait en main, s'étant mis un peu à l'écart, elle tourna la tête à la recherche de Sam. Il s'était éclipsé à l'autre bout de la table, apprenant le tour de la pièce à l'un des jeunes garçons. Et derrière lui, elle vit son professeur par la suite, discutant près de l'entrée de la pièce avec un aide soignant. Elle s'adossa contre le mur derrière elle et l'observa à sa guise regardant par moment autour d'elle afin de ne pas être repérée.

- Ton petit-ami est vraiment mignon !

Surprise, Rachel virevolta dans un sursaut son faciès un peu plus bas sur sa droite pour apercevoir une petite fille installé sur son côté. Le sourire rayonnant et la lumière de vie au fond des émeraude de ses prunelles contrastaient tant avec sa peau sèche et pâle, son crâne rasé et son visage émacié. En un coup d'œil, Rachel devina que cette jeune fille d'environ onze douze ans avait grandi dans l'adversité et semblait affronté bravement la vie. Contrairement à certains des autres enfants déjà profondément marqués, elle présentait une image pétillante, voir même épanouie.

- Merci. S'exprima Rachel souriante. Je ne manquerais pas de lui dire. Même s'il est déjà au courant je crois.

- Tu l'aimes ?

La jeune femme fut soufflée par la question abrupte. Avec hardiesse, dans une sorte de demi-vérité, elle lâcha assez mystérieuse :

- Dans un certain sens… oui, on peut dire ça. Il fait beaucoup pour moi.

Elle sourit en coin, attendrit alors qu'elle observait le blond s'amuser avec un petit garçon comme il pouvait le faire avec son petit-frère.

- Pourtant tu sembles obnubilé par quelqu'un d'autre. Lui aussi d'ailleurs.

Rachel, la mâchoire tombante et les traits crispés, fixa de nouveau la petite fille totalement hébété.

- C'est assez évident. Rajouta l'enfant.

- De qui tu parles ? Demanda-t-elle craignant tant sa réponse.

- Ton prof qui d'autre !

Immédiatement, par réflexe, Rachel plaqua hâtivement sa main sur sa bouche puis la retira prestement se rendant compte de l'étrangeté de son action. Heureusement, personne n'avaient semblé les remarquer. Son regard retomba sur la gamine qui semblait carrément s'amuser de l'attitude de la brune.

- Co… Comment ?

- On ne va pas se mentir, ton prof est vraiment canon. Il a ce côté Justin Timberlake que j'adore ! Forcément j'ai commencé à le…

- Justin Timberlake ?!

Et alors qu'elle l'interrompait et regardait de nouveau Will sous un œil nouveau, elle souffla successivement :

- Oh bon sang ! C'est vrai !

La petite fille à ses côtés s'esclaffa d'un rire radieux.

Le son la ramena sur terre.

Comment Rachel pouvait se laisser distraire par un tel élément quand la gamine à côté d'elle avait remarqué quelques choses qu'ils avaient réussi à cacher de –presque- tout le monde. Il n'était même plus ensemble de surcroît.

Bon Dieu ! Etaient-ils si transparent maintenant qu'ils avaient rompus ? A bien y réfléchir ça paraissait logique qu'il puisse être plus facilement repérable. Avant ils n'essayaient pas constamment de se scruter afin d'obtenir la seule chose qui leur restait. Quelques coups d'œil… Et rien d'autres.

Avant, ils existaient.

- Tu ne diras rien, hein ?

Rachel savait que l'enfant était suffisamment intelligente pour saisir que quelque chose se tramait entre eux et assez maligne pour deviner que ce n'était pas le type d'information qui méritait d'être héler sous tous les toits.

- Dire quoi ?

Elle lui fit un clin d'œil, puis de la main droite, le geste d'une croix sur son cœur, embrassant par la suite le bout de ses doigts et finit par lever légèrement la main en l'air.

Rachel rit avec la petite fille et au même instant se fit une nouvelle promesse…

Fin du flashback

Elle devait cesser de vouloir récupérer la seul chose qu'il pouvait encore lui donner. La gamine lui avait prouvé qu'il y avait bien trop de risques.

Par conséquent, depuis cet évènement, Rachel n'essayait même plus d'observer Will. Elle évitait toujours d'être dans son axe pendant leurs répétitions. S'éloignait constamment de lui. Ne conversait en sa présence qu'en qu'à de réel nécessité.

Parfois, comme aujourd'hui, il lui arrivait de faillir. Mais qui aurait pu lui reprocher ?

Ils n'avaient plus rien dorénavant. Elle se sentait aussi démuni qu'un poisson condamné à errer en rond dans un bocal. Cette abstraction passagère de leurs sentiments respectifs était la première qu'ils s'accordaient en plusieurs jours. Et plus les semaines passaient, plus l'absence de Will laissait un goût amère et âcre sur tout son être. La douleur acérée provoquait un état de manque qu'elle n'arrivait pas à combler.

Désormais, elle n'était jamais pleinement satisfaite ou même heureuse. Elle jouissait de beaucoup de moment, avait retrouvé pleinement son rire et sa voix. Seulement son entrain et sa joie de vivre ne ressemblaient en rien à ce qu'elle expérimentait auparavant.

Malgré tout c'était une battante. Même si elle souffrait plus que de raisons, elle ne pouvait pas se morfondre éternellement. Elle aussi devait reprendre le cours de sa vie et dépasser cet état.

Sam, si gentil et compréhensif, lui en offrait par ailleurs l'opportunité…

Lorsqu'elle verrait de ses yeux que Will était définitivement passé à autre chose, la douleur lui permettrait de renaître de ses cendres… C'était ce qu'elle espérait…

[…]

Bien après la fin des cours, Rachel, qui était rentrée chez elle en compagnie de Sam, flânait avec le garçon sur son lit, tentant inlassablement de trouver une chanson à la jeune femme. Le blond était appuyé et à moitié couché contre le mur de la tête de lit. Elle, était allongée perpendiculairement à lui, la tête couchée sur son ventre, les jambes repliées sur la couette.

- Rachel, j'te jure ! Ça fait une heure qu'on essaie de te trouver un truc. Il n'y a vraiment rien qui t'intéresse dans tout ce qu'on t'a proposé aujourd'hui ?

- Les chansons sont géniales pour une grande majorité mais je ne le sens pas.

Il soupira d'exaspération, les yeux plissés, tout en se grattant la tête nerveusement, arrachant une moue moqueuse à Rachel.

- Tu peux être plus clair ?

- Mon choix doit être dicté par l'instinct et les émotions. C'est comme ça que je le vois.

- Très poétique ! Lâcha-t-il sarcastique.

- Tu voulais savoir. Souffla-t-elle éclatante, le regard rivé au plafond de sa chambre.

Ils rirent une seconde et retrouvèrent leur calme. Elle perçut la main de Sam attraper la sienne qui trônait près de son cœur. Ils restèrent silencieux un moment, appréciant simplement d'être avec l'autre. Rachel sentait que le blond allait bientôt l'interroger. Presque tous les jours, après un long silence entre eux, il s'enquérait de la même chose.

- Tu es sûr que la situation te convient encore ? Parce que…

Elle tourna les yeux vers lui, resserrant sa prise sur ses doigts et s'exprima, le cœur au bord des lèvres :

- Tout va bien. Je suis bien comme ça, je t'assure.

Sam ne fut pas dupe. Elle le devina aisément. D'ailleurs s'il lui posait si souvent la question c'était bien parce qu'il avait pleinement conscience de sa peine. Pourtant, il savait qu'elle avait besoin de le faire. Alors il n'ajouta rien et s'avança simplement pour embrasser tendrement son front puis retrouva sa place.

- Bon et si on s'y remettait… Qu'est-ce que tu penses des Strokes ? Ils sont l'un des groupes phare des années 2000, pendant le renouveau du rock.

- Qu'est-ce qu'il joue exactement ?

Et ils continuèrent ainsi pendant quelques temps sans lui trouver quelconque idée.

Plus tard, ils écoutèrent un peu de musique et la laissèrent s'insinuer par vague harmonieuse et constante aux creux de leurs oreilles. La jeune fille, les yeux clos, encore étendus sur la panse de Sam sentait sa tête se soulever mûrement au rythme de la respiration du garçon. Leurs mains jointes se mouvaient de la même façon.

Elle profita entièrement de ces trop rares moments de paix d'esprit.

Enfermé dans leur petite bulle, des coups vigoureux sur la porte firent sursauter les deux jeunes gens. Rachel se releva promptement en position assisse, sur le flan de Sam qui n'esquissa pas un mouvement, gardant la même désinvolture.

- Entrez !

Le visage de Mike apparut dans l'ouverture. Sa bouche se fendit jusqu'à ses oreilles, les yeux illuminés. Depuis qu'elle avait également annoncé à ses parents que Sam et elle s'étaient mis ensemble, la nouvelle n'aurait pu faire plus plaisir à son père qui se tenait devant eux.

- Qu'est-ce qu'il y a p'pa ? Demanda-t-elle calmement.

- Le dîner sera prêt dans un quart d'heure. Je voulais savoir si tu voulais manger ici ce soir, Sam ? Énonça Mike au prénommé.

- À vrai dire, ce serait avec plaisir. Lâcha Sam, trop ravi par la proposition qui lui était faîte.

- Très bien. Mais tu préviens ta mère, d'accord ? Rajouta-t-il gentiment.

- Pas de problème.

- Je viendrais vous chercher quand ce sera prêt. Finit-il rayonnant.

- Ok… Merci papa.

Puis aussi vite, sur un clin d'œil à sa fille qui l'exaspéra plus qu'autre chose, il quitta sa chambre.

Rachel tourna une œillade inquisitrice à l'encontre du blond, finissant d'envoyer le dit texto à sa mère, qui finit par demander :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu m'as l'air bien trop content de rester plus longtemps ici…

- Je ne rêve que de passer plus de temps avec ma petite-amie. Il ironisa parfaitement les derniers mots.

- Sérieusement ? Pourquoi tu ne veux pas rentrer chez toi ?

Il se referma comme une huître dans l'instant. Les lèvres légèrement pincées, le front plissé et les sourcils arqués… De toute évidence, quelque chose le tracassait.

- Allez ! Crache le morceau. Lui ordonna-t-elle posément alors qu'il s'obstinait à ne pas la regarder.

Elle n'avait pas peur de lui parler de la sorte. Elle savait que cette parade lui ouvrait toujours les portes des émotions du garçon.

- Je me suis engueulé avec ma mère. C'est tout…

- Pourquoi ?

- À ton avis ?

Il la scruta finalement, ses orbes lançant des éclairs et ses pommettes frissonnant sous la colère. Et cette hargne précise, elle savait à qui il la dédiait.

- Je vois… Et c'était à quel propos cette dispute ?

Il se mura un peu plus si bien que Rachel flaira facilement un problème épineux dans la vie de Sam.

- Si tu veux je n'émettrai pas un son et j'écouterai simplement.

Il grinça des dents dans un sourire carnassier puis finit par déballer son sac :

- Elle veut qu'elle, mon père et moi on aille voir un psy ou je ne sais quoi pour parler des évènements avant le départ de mon père. Qu'il est tant de combler les réponses qu'il me manque, soi-disant…

Aussitôt, Rachel pensa à ce fameux trou noir (cf chap 19). Elle ne dit rien comme promis et le laissa poursuivre sachant qu'il avait encore besoin de parler, ou plutôt de déblatérer le fond de sa pensée lorsqu'elle sentit le ton de sa voix graduellement monter sous sa tirade :

- Après tout ce qu'il s'est passé… Qu'elle veuille lui redonner sa chance et souffrir à nouveau, c'est son problème. Pas le mien !

Il serra les poings, blanchissant ses jointures. Sa mâchoire contractée était preuve qu'il tentait de tempérer la puissance de sa voix.

- Putain ! Mais quelles foutues réponses ils veulent m'apporter ?!

Les mots tremblants qui semblaient être contenus depuis bien longtemps déclenchèrent une sonnette d'alarme dans l'esprit de Rachel.

C'était de ça dont il était question. Sa crainte de faire la lumière sur ce qui avait poussé son père à agir de la sorte, sur la peur des révélations de ce soir fatidique.

Pourquoi avait-il si peur de connaître la vérité ?

- Pourquoi tu as si peur de connaître la vérité ?

Elle n'avait pu retenir sa pensée. Cette question primordiale méritait d'être proclamée.

Elle eu un effet étrange sur Sam, qui resta perdu, égaré dans les souvenirs flous de son passé.

- Si j'ai oublié certains éléments de ce fameux soir, c'est bien parce qu'il y a quelque chose que je voulais à tout prix ne pas me rappeler. Il y a ce sentiment bizarre en moi… Et il me dit que… que j'ai mal agit.

Il murmura sur le ton de la confession, la voix entrecoupée par l'émotion, les sillons de son visage peint de doléances.

Dès lors, Rachel s'allongea à ses côtés cette fois-ci. Elle s'orienta vers son flan puis attrapa son épaule pour qu'il face de même. Le regard l'un dans l'autre, ils se savaient partager d'une tristesse semblable dans l'implacabilité corrosive qu'elle imposait sur leur vie.

Alors, doucement, comme le soir de Thanksgiving lorsqu'il s'était confié à elle… Dans le même état d'esprit qu'elle l'avait fait… Pour les mêmes raisons qu'antérieurement… elle vint délicatement épouser sa bouche avec ses lèvres. Il répondit tendrement au baiser chaleureux et rassurant de Rachel. Il y avait tant d'affection entre eux. Ce court prélude passa et ils s'écartèrent légèrement, coupant ce doux touché qui leur avait donné du baume au cœur.

- Merci. Souffla Sam comme guéri.

- Merci à toi. Pour tout ce que tu fais.

Ils apposèrent leur front l'un contre l'autre, fermèrent leurs paupières et Rachel bénissait le sort de lui avoir permis de préserver Sam dans son existence.


Sa vie professionnelle n'aurait pu mieux aller. Sa vie personnelle… c'était une autre histoire. Un sujet sur lequel il n'aimait pas trop s'aventurer. Même s'il avait commencé à ressortir et à entretenir les prémices d'une relation stable avec Allie, il évitait de réfléchir trop à ce qu'il mettait en route. Il se laisser porter il n'avait pas le cœur de donner un nom aux choses pour le moment.

Installé autour d'une des tables de la salle des professeurs, il terminait la correction de la copie d'un des élèves d'une de ses classes quand Shannon vint s'asseoir sur une chaise de l'autre côté du meuble.

- Si tu veux mon avis, tu travailles trop dur.

- Je sais. C'est devenu une tare chez moi. Répondit-il amusé à la réplique caustique du coach.

Cela dit, c'était vrai que depuis plusieurs semaines, il avait dû chercher tous les moyens possibles pour tromper ses réflexions. Ses obligations liées au boulot avaient pris une place prédominante de ses journées. Tout comme ses compositions de chansons… Et par conséquent ses rencontres fréquentes avec Allie.

Il aurait utilisé n'importe quels stratagèmes pour oublier la douleur de voir quotidiennement Rachel en couple avec Sam. D'effacer chacune des pensées que son esprit s'amusait à ramener sans cesse à la jeune femme. Pour dire vrai, il aurait été tellement plus facile de laisser ses sentiments pour elle disparaître au-delà de l'atteignable.

Malheureusement, ou heureusement - tout dépendait des jours -, il ne pouvait se défaire de l'emprise magnétique qu'elle avait eue sur la globalité de son monde. Elle avait changé sa perspective de la vie telle qu'il la concevait. Et à ses côtés, les temps étaient irradiants. Son appui, sa simple présence se propageait en son sang pour voguer plus fort que l'embrasement des braises d'un incendie. Il voyait les choses plus clairement qu'il ne l'avait jamais fait. Ce qu'il vivait était authentique.

Enfin, quand il était encore avec elle…

- Alors Allie m'a dit pour le voyage au musée avec les gamins ?

- Ah oui, ça…

- C'est vraiment sympa pour le club que vous bénéficiez du car et en plus des entrées qui les emmènent, elle et son équipe, au musée, à Cleveland. Je t'avais dit qu'avec elle t'aurait pas pu mieux tomber. Lança gaiement Shannon.

Will partagea un sourire avec elle et une remarque courtoise vis-à-vis d'Allie et de la bonté dont elle avait fait preuve. Il rangea ses affaires puis parti déjeuner avec Shannon. Toutefois son esprit était focalisé sur autre chose.

Il n'avait pas fait mention devant ses élèves qu'Allie avait permis la réalisation de ce voyage et qu'en outre, elle passerait le reste de la journée avec eux. Ils l'avaient pour la plupart rencontré au Mulligan et de toute évidence, l'avait apprécié d'après les échos de ses élèves le jour de la journée MLK.

Cela dit, malgré la joie qu'aurait pu ressentir la quasi-totalité de ses étudiants, il savait pertinemment pourquoi il n'avait pas mentionné toute cette partie là.

Mais peut-être aurait-il dû. Il n'avait plus à agir de manière à la protéger, d'éviter constamment de la faire souffrir. Après tout, elle s'en était bien vite remise aux côtés de Sam. N'avait-il pas droit au même traitement.

[…]

Plus tard, ce jeu après-midi, Puck, Finn et Karofsky terminaient leurs reprises d'ACDC, « It's a long way to the top » dans l'amphithéâtre devant le reste du groupe. Une interprétation puissante, intimidante de confiance. Les garçons étaient dans leurs éléments, ils y avaient mis leur cœur et leurs tripes. Se déchaînant et se déchargeant de toute évidence du poids de leur tension quotidienne. Les trois avaient même optés pour des tenus typique du Rock des années soixante-dix.

Bref, ils avaient parfaitement compris la mission de cette semaine. Tout ce qu'attendait Will.

- Bon sang les gars ! C'était fantastique ! Waouh !

Will frappait fermement dans ses mains suivit par les sifflements d'appréciations, les applaudissements, les voix joviales qui résonnaient encore tout autour de lui.

Presque tout le monde était passé. Il ne manquait plus que Rachel.

Tandis que les garçons quittaient le décor, Will se leva pour faire signe à Rachel qui s'enfouit dans son siège, entre Kurt et Sam, les bras résolument croisés. À la moue qu'elle affichait, il la savait bien contrariée, plus encore quand l'attention fut pleinement sur elle. Il se demandait si elle avait affiché cette aigre mine toute la journée. Car pas une seule fois jusqu'à maintenant, il n'avait jeté une œillade dans sa direction. En conséquence, le plus vieux l'interrogea tout d'abord calmement :

- Tu as bien préparé quelque chose ?

- Non… Souffla-t-elle contrite, le regard dur. J'ai cherché mais je n'ai rien trouvé.

- Comment ça ? Il y a bien quelque chose que tu aurais pu faire ? N'importe quoi ? S'enquerra-t-il étonné par ce comportement étrange.

- Non, rien ne me convenait. Répondit-elle sèchement surprenant quelque peu les autres. Vous dîtes toujours qu'il faut laisser ses émotions nous guider en musique… et bien cette fois-ci, désolé – elle ne l'était pas du tout devina Will – mais je ne le sentais pas. Vous pouvez comprendre ça, non ?

Il y avait une telle impertinence dans son ton et son attitude. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait cette interview. Elle lui en voulait profondément. Il reconnut bien là une de ses crises de nerfs contenues qu'il avait dû apprendre à gérer quand ils étaient ensemble. De part ses expériences passés, ce n'était pas le genre de chose qui devait être montré en public.

Alors, n'ayant pas démontré la moindre faille dans son masque de professeur, il endurcit celui-ci et la notifia, le timbre dur :

- Tu resteras quelques minutes en fin de séance. Je veux bien être gentil mais l'insolence et l'irrespect sont des actes que je désapprouve totalement.

Le silence était royal. Déstabilisant. Très rarement, il s'était adressé à l'un d'entre eux de cette façon. Et pour Rachel d'ailleurs, ce n'était pas une première. Pourtant Will le savait, il y avait bien une tension différente qui régnait dans l'atmosphère ambiante.

Dès lors, il mit sous scellé son irritation et somma à tous ces étudiants de rejoindre la scène pour s'entraîner encore et toujours à la danse et au chant.

Will fut rassuré quand Rachel se leva avec les autres, s'appliquant aussi férocement que possible à la tâche. Il était sûr que ce n'était en rien pour lui qu'elle avait rejoins les exercices. Un dernier regard lui avait fait clairement saisir cette information.

Bien malgré lui, l'heure s'écoula bien vite. Il allait devoir discuter avec Rachel, pas de doutes.

Mais comment s'y prendre ?

Ils n'avaient pas parlé plus d'une minute en tête à tête depuis le Nouvel An. Cela lui avait semblé si long jusqu'ici mais parfois plus facile à vivre. Ces instants où il chantait, composait, rêvait ou s'égarait tout simplement sur un souvenir d'elle. Difficile d'oublier l'enivrante brûlure de la flamme incandescente qu'elle représentait quand les réminiscences le poursuivaient… l'obsédaient.

Tandis que ces élèves le saluaient, il leur rappela de venir à sept heures demain sur le parking de l'école. Il ne leur avait toujours pas dit qui les emmenaient là-bas.

D'ailleurs la raison de cette omission attendait assise sur l'un des sièges du premier rang, s'impatientant alors qu'il la voyait triturer ses doigts vigoureusement. Il y avait toujours du ressentiment dans ses prunelles.

Finalement Sam s'esquiva le dernier, laissant la caresse de sa main sur l'épaule de la jeune fille. Will feint de ne rien voir alors qu'il rangeait ses papiers étalés sur le piano.

Rachel et lui se retrouvèrent seuls tandis que tous deux entendaient le claquement de la porte derrière le blond. Le plus vieux ne lui jeta aucun regard, alla calmement en coulisse éteindre la scène puis revint sur celle-ci, son sac en main. Et tout cela avec une lenteur désespéré.

Titiller la bête n'était surement pas dans son intérêt. Cela dit, pour lui aussi, leur échange allait être dur.

Il descendit les quelques marches du plateau.

À présent, tous deux étaient entièrement focalisés sur les traits de l'autre. Will affichait un calme olympien en dépit de la situation. Rachel, elle, n'arrivait pas à dissiper sa colère évidente même s'il sentait en elle l'appréhension excitante d'être à nouveau complètement seul.

L'ancien amant s'adossa contre le mur de l'estrade, face à elle. Il la contempla de longues secondes. Le regard vrillant toujours celles de la jeune femme qui partageaient autrefois certaines de ses nuits, plus rarement ses journées…

À travers cette absence consciente, il sut encore.

Rien n'avait changé…

Et Rachel dût capter sa lassitude face à son constat affligeant quand il vit une partie de son emportement s'évanouir pour laisser place au désarroi, à la compassion. La douceur de ses contacts visuels lui manquait tant.

Vraiment, il essayait de toutes ses forces. Mais c'étaient sans cesse le même refrain. Quelques rares instants en sa présence et c'était comme s'il devait repartir de zéro. Il tournait en rond… inlassablement.

Il se ressaisit, décidé à comprendre le sujet de l'hostilité qu'elle lui avait témoigné. Il remit son masque et assez sévèrement commença :

- Bon… j'aimerais que tu m'expliques ce qu'il t'a pris tout à l'heure ?

Sa voix coupa immédiatement l'élan d'indulgence de son ancienne compagne qui répondit du tact au tac :

- Rien du tout. Il est vrai que j'avais bien trouvé une chanson. Mais je ne me sentais pas de la jouer. Elle aurait était trop… inappropriée. Elle faisait référence à lui, pas de doutes.

- Rachel, je suis ton professeur et tu ne p…

Un gloussement d'ironie suivit sa réplique qu'il ne put terminer. Subitement, Rachel se leva de son siège, balançant les bras comme pour présenter la situation, le front plissés en signe d'irritation :

- C'est exact ! C'est tout ce que tu es sensé être maintenant, n'est ce pas ?!

Will nota tout de suite le tutoiement. La mascarade élève/professeur ne marcherait pas sur ce coup là. Il ne sut s'il devait répondre à la question qui sonnait plus comme un état des choses. Toutefois il n'eut pas le temps de tergiverser plus que Rachel reprenait, virulemment, le timbre un peu plus fort :

- Si c'est que tu es alors pourquoi ne pas nous avoir tous dit que ta nouvelle conquête avait organisé en grande partie le voyage et venait même avec nous demain ?

Will resta abasourdi un temps. Finalement, dire la vérité dès le départ aurait évité cette fâcheuse situation. Mais pourquoi tant de hargne ? Etait-elle jalouse ?

Et d'ailleurs :

- Qui t'as mis au courant ? L'interrogea-t-il sachant qu'il ne pouvait pas lui divulguer ses autres questions.

Flashback

- 'Jour tonton.

Peu après les cours, Rachel pénétra dans le bar de son oncle. Elle vint immédiatement saluer ce dernier en cette fin d'après-midi d'une radieuse journée.

Elle se pencha légèrement au dessus du comptoir pour recueillir une simple bise de John qui lâcha en guise de bonjour, tout à fait taquin :

- J'espère que tes visites de plus en plus fréquentes ne t'empêchent pas d'étudier correctement. Sinon, Mike viendra me le faire payer, tu le sais ?

- Il n'y a pas de souci. Je suis une élève brillante. Fanfaronna-t-elle gentiment s'asseyant sur un siège de comptoir.

- Ton copain Sam n'est pas venu avec toi aujourd'hui ? S'enquit-il tout en lui préparant son diabolo fraise habituel.

- Non, il avait son entraînement de football.

Il lui tendit le verre fin prêt, acquiesça et relança la conversation simplement :

- Sinon, toujours excité pour vendredi ? C'est dans deux jours à peine maintenant.

Etant déjà passée la veille, elle lui avait fait mention de l'escapade organisée pour l'ensemble du club par son professeur. Et il était vrai qu'elle n'aurait pu être plus ravie que Will ait si bien préparé cet atypique évènement.

- J'ai tellement hâte d'y être. C'est le panthéon des musiciens. Y avoir sa place, c'est un véritable honneur. Lâcha rêvant déjà du jour où sa biographie complète serait mise en évidence dans l'enceinte du musée.

- D'ailleurs pourquoi tu ne m'as pas dit que c'était Allie qui avait permit de réaliser tout ce projet.

- Pardon ?! L'esprit de Rachel se mit en alerte.

- Tu sais, la nouvelle petite amie de ton prof… Tu l'as vu le vendredi où tu es venu avec tout ton club. Elle vient ici de temps à autre.

Rachel se souvenait très bien d'elle. Sa façon de se rapprocher de Will ce fameux soir lui avait sauté aux yeux. Ce qui la turlupinait cependant, était de savoir ce que cette femme venait faire dans toute cette histoire et surtout…

- Attends une minute… Je comprends pas…

Elle voulut tant demander « Depuis quand sont-ils ensemble » mais dû à la place déclarer :

- Qu'est-ce qu'elle a avoir avec notre voyage ?

- Eh bien, c'est la compagnie dans laquelle elle travaille qui vous emmène en car là-bas puisque ils doivent se rendre au Rock and Roll Hall of Fame pour une présentation musicologique pour leur nouveau stagiaire. Et elle a proposé à votre prof de vous en faire profiter. Il ne vous a rien dit ?

- Non. Pas un mot. Souffla-t-elle imposant un contrôle sur la suprématie de ses émotions qui n'attendaient que d'exploser.

- Tiens, c'est bizarre. Surtout que quand Allie est passé la dernière fois, elle semblait toute excité à l'idée de cette journée… C'est vraiment gentil de sa part, quand…

Rachel n'écouta plus son oncle déblatérer tant de bonne qualité sur la « nouvelle petite amie » de Will. La pensée de « ces » mots prédominait dans son esprit et formait une boule dans sa gorge. Sa jambe droite tapotait frénétiquement sur la barre d'appui du tabouret. Elle s'en rendait malade.

Alors il était bel et bien passé à autre chose ? Elle y était enfin…

Toutefois, ce qu'elle s'était imaginé n'arriva pas. Elle n'était pas prête à renaître. Elle se sentait mal… Si mal…

Et l'idée même qu'il n'ait rien dit pour protéger ses émotions, la mis dans une colère noire. De toute évidence, ce n'était pas pour leur faire une surprise à tous. Ses camarades auraient été plus qu'heureux d'apprendre la participation de cette femme tant ils l'avaient appréciés la dernière fois.

S'il avait gardé le secret, c'était très probablement pour ne pas la blesser.

Mais voilà, il l'avait fait en cachant la vérité.

Si tout allait si bien dans sa vie, pourquoi s'amusait-il encore à épargner ses sentiments ?!

Malgré sa maladresse dans ces évènements, elle aurait dû se sentir toucher de savoir qu'il pensait toujours à son bien-être comme elle le faisait en ayant mis en route le plus invraisemblable des plans. Néanmoins, cette fois-ci, c'était trop dur à supporter. Elle lui ferait comprendre une bonne fois pour toute de la laisser en paix. Ces restes d'affection, elle n'en voulait plus. Pas si elle ne pouvait l'avoir pleinement.

La colère et les mots seraient sa parade. Elle affronterait Will. Elle se montrerait dure envers lui et comptait bien de faire de cette discussion leur dernière.

Leurs deux cœurs ne devaient plus subir… ne devait plus espérer quoi que se soit. Rachel ne devait plus rien s'autoriser.

Fin de flashback

- C'est mon oncle qui m'en a parlé. Lâcha-t-elle comme si cela expliquait tout et qu'elle refusait d'entrer dans les détails qui semblaient avoir été suffisamment ressassés.

- Alors, dis-moi, pourquoi tu n'as rien dit ?!

Elle voulait qu'il parle et tout de suite. Mais il était bien trop déboussolé pour former une pensée cohérente.

Il n'était qu'à deux pas l'un de l'autre. Les traits de Rachel s'étaient profondément endurcis. Sa mâchoire contractée n'annonçait rien de bon. Quant à ses prunelles, elle aurait été capable de foudroyer un homme sur place. Il ignorait parfaitement ce qui lui trottait dans la tête. Ce qui pouvait la pousser à être dans un tel état.

Au pire, il avait essayé de la protéger et ce n'était pas…

- Tu l'as fait parce que tu voulais me préserver, n'est ce pas ?!

Dans la bouche de la brune, la phrase sonna telle une impitoyable accusation. Il n'avait pensé qu'à faire au mieux. Pourtant la chose semblait profondément déplaire à la jeune femme provoquant un effet tout à fait imprévisible chez elle.

Pourquoi s'en offusquait-elle tant ?

Et alors qu'il se posa intérieurement la question, Rachel y répondît abruptement comme si elle était capable de lire chacune de ses pensées encore une fois.

- Tu ne peux plus agir comme ça. Ce n'est pas ton rôle de me protéger. J'ai pleinement repris le cours de ma vie. Fais-en de même.

Il n'avait jamais vraiment pu se disputer après leur rupture. Jamais il n'avait pu hurler sa douleur. Mais l'heure était venue.

La rage gagna Will. Les lignes de son visage se décomposèrent alors que les répliques de Rachel résonnaient en écho puissant dans chaque recoin de sa tête. Il sentit tout ce qu'il avait retenu depuis si longtemps revenir au galop… Et cette fois-ci, il ne se fatiguerait pas à garder tout ça pour lui.

- J'avais bien remarqué que tu t'en sortais comme un charme… Commença-t-il vigoureusement en pensant tout d'abord au blond. Je garde fraîchement en mémoire – il pointa sa tempe du doigt - cette scène que j'ai interrompue sur le toit et tout ce qui s'en ait suivit jusqu'ici.

Il s'avança d'un pas vers elle, l'allure sombre, les traits inflexibles. Il continua la voix basse intensifiant la poigne de ses prochaines paroles déformées par sa colère retenue :

- Quant à reprendre le cours de ma vie, crois-moi, je n'ai pas attendu que tu me le dises pour le faire… Mais ça tu le sais déjà ?

Cette question qui n'en était pas une… Il ne la proféra que par méchanceté.

C'était la première fois qu'il se comportait ainsi avec elle, presque cruellement. Mais le phénomène s'était éveillé en lui. Par conséquent, il lui intimait de s'assurer que Rachel expérimente une partie de ce qu'il avait vécu chaque fois qu'il l'avait vu dans les bras de Sam.

Elle encaissa ses tirades bravement. Elle ne montrait vraiment rien d'autre que des reproches à son encontre dans son comportement. Au point où il se demandait si elle avait réellement cesser d'avoir des sentiments pour lui dès à présent.

Il eut très peur de cette idée qu'il enfoui quelques parts dans son inconscient. Ce n'était pas le bon moment…

- Très bien. Donc si tu te portes si bien, fais moi le plaisir d'arrêter de bousculer ta vie et celle des autres pour mon soi-disant bénéfice. Oublie-moi, c'est clair !

De tous les mots qu'ils avaient un jour échangé, ces derniers furent les plus violent, les plus déplaisant, les plus… regrettables… qu'elle lui ait énoncé.

- C'est ce que je m'exécute à faire depuis un mois… Et je deviens assez fort à ce jeu là. Rassures-toi !

Celle-ci aussi, il ne l'avait pas loupé. Le calme et le venin qui transparaissait dans son timbre le surpris. D'ailleurs il ne s'agissait là que d'un pur mensonge. Cependant il devait lui faire croire. C'était ce qu'elle souhaitait. Désormais, il n'influencerait plus jamais sa propre vie ni celle de la jeune femme dans le but de ménager certains aspects de l'existence de celle qui fut son amante.

Les dernières étincelles d'espoirs s'éteignirent sous le flot de ces réflexions. Il ne restait plus que les cendres des bûches desséchées impossible à rallumer.

Mais quand de tels cas arrivaient, n'auraient-il pas seulement fallut en trouver d'autres et tisonner les prémices des flammes jusqu'à retrouver le feu d'antan ?

- Je crois que nous nous sommes tous dis.

- Oui. Termina platement Rachel, la colère passée.

Ils s'épièrent un très bref instant puis Rachel, avec une indifférence qui blessa plus encore Will, attrapa son sac et emprunta les escaliers jusqu'à disparaître derrière la porte.

De même, affligé, il suivit le parcours, éteignit avant de fermer à clé les lieux.

Elle n'était qu'à une quinzaine de pas devant lui. Malgré tout, elle ne lui avait jamais paru si éloigné de lui. Jusqu'à l'arrivée au parking quasi désert, il garda précisément cette distance entre eux, observant toute sa silhouette.

Elle était consciente qu'il était juste derrière elle et pourtant, à aucun moment, elle s'essaya à déplacer un brin sa nuque dans sa direction. Il l'avait perdu.

Il ne fit pas attention tout de suite, trop obnubilé par Rachel… Mais prêt de sa voiture, il la repéra. Etonnement, Allie attendait devant le capot de son propre véhicule. Il la vit jeter un coup d'œil à Rachel parqué à une cinquantaine de mètre où il repéra finalement, Sam patientant sur la place du passager.

Il rejoint rapidement Allie, délaissant du regard les deux jeunes gens. À sa hauteur, il enroula ses bras autour de sa taille et l'embrassa tendrement, comme il le faisait depuis deux semaines à présent, ignorant si Rachel les regardait ou non. Les mains d'Allie venues caresser ses joues se retirèrent lorsqu'ils se séparèrent. Will vit sa toute récente petite amie tourner le regard de nouveau en direction de l'auto de Rachel qui montait tout juste dans celle-ci, démarrant rapidement pour quitter la place.

- C'est la nièce de John, c'est ça ?

Il acquiesça.

- Elle n'avait pas l'air bien. Tu lui as remonté les bretelles ?

- On peut dire ça… Dis, on ne devait pas se retrouver directement au bar normalement ? Lâcha-t-il afin d'interrompre l'analyse d'Allie à propos de celle qui avait réussi à lui briser plus encore le cœur si c'était possible.

- Euh… Oui, c'est ce qui était prévu. Mais j'ai fini plus tôt et je voulais passer te voir pendant un de tes entraînements. Mais je suis arrivé sur le parking quand tous tes élèves sortaient déjà du lycée.

- Se sera pour une prochaine fois. Sourit-il affablement.

- D'ailleurs j''en ai rencontré certains et ils ne semblaient pas du tout être au courant que l'entreprise où je travaille vous emmenait demain. Ni même que je venais avec un de mes collègues et cinq nouveaux stagiaires.

- A vrai dire… je voulais garder l'effet de surprise. Ils t'ont tellement apprécié la dernière fois. Mais je crois que c'est râpé maintenant. Mentit-il jovialement, loin de son réel état d'esprit.

- Ah désolé… Dit-elle dans une moue attendrissante. En tout cas, c'est vrai qu'il paraissait content quand j'ai annoncé la nouvelle à quelques uns que j'ai pu croiser. J'espère que ça restera comme ça… Les adolescents sont très changeants. Termina-t-elle narquoisement, le regard pétillant.

Il passa un bras autour de son épaule, vint embrasser calmement son front et conclut avant qu'il ne prenne la route dans leur voiture respective :

- Je suis sûr qu'ils vont continuer à t'adorer.


Il était six heures quarante. Elle était sur la route qui la conduisait chez Sam quand elle fut de nouveau saisie par une crise d'angoisse. Ne prenant pas de risque, elle s'arrêta à une cinquantaine de mètre sur le bas côté, enclenchant ses warnings dans l'aube du jour. Elle inspira, expira, lentement et fort. Elle clos ses paupières, entre joignît ses doigts au niveau de son ventre. Elle patienta ainsi. Elle calma ses nerfs, les larmes qui voulaient s'enfuir, son cœur qui tambourinait sous la panique.

Refocaliser. Faire abstraction de toute la dispute d'hier. Continuer à avancer.

Elle répéta ces réflexions dans sa tête et les laissa agir sur ses tourments.

Quand elle rouvrit les yeux, elle était déjà plus sereine.

Il était sept heures moins le quart. Elle devait faire vite. Elle récupéra hâtivement Sam qui attendait déjà devant chez lui et les emmena dans les dix minutes qui leur restait jusqu'au parking du lycée.

Avec tout juste deux minutes d'avance sur l'heure prévue, ils arrivèrent les derniers. Ils descendirent rapidement de voiture. Tandis qu'il s'approchait de leurs camarades, chacun y alla de son commentaire. De mauvais goût pour certains, amusant pour d'autres et impatient pour le reste.

- C'est bon tout le monde est là. On peut y aller ! S'exprima Will gaiement s'en accorder un regard au couple.

Ils grimpèrent un à un dans l'autocar, puis devant l'entrée Sam et Rachel se firent saluer chaleureusement par celle qu'elle reconnue comme étant Allie. Sam ne fut pas surpris de la voir puisque Rachel lui avait raconté dans les moindres détails l'altercation d'hier. Elle ne lui cachait plus rien concernant Will.

- J'ai pas eu l'occasion de vous voir beaucoup la dernière fois mais, toi en tout cas, - elle pointa Rachel du doigt – je te connais déjà plutôt bien. Ton oncle et Will ne tarisse pas d'éloge sur toi.

- Ah… euh merci… Je suppose. Lâcha Rachel plutôt ébranlé et contrarié par le ton chaleureux de la jeune femme.

Par la suite, elle demanda son nom au blond qu'elle n'avait pas retenu la dernière fois et les laissa finalement grimper dans le bus.

Saisissant la main de Sam, elle l'emmena tout au fond où, étrangement, personne ne s'était installée. Ils passèrent devant tout le monde, réuni à l'avant, sous les regards interloqués de quelques uns qu'elle ne prit pas en considération. Sur le rang des cinq places, elle alla s'asseoir tout à droite, près de la fenêtre suivit de Sam qui se posa à ses côtés, ne pipant mots.

Le car démarra alors qu'elle voyait Will se tourner vers l'ensemble du groupe pour leur demander de remercier encore Allie et son entreprise. Paroles suivit par des sifflements et quelques applaudissements.

À l'arrière, il n'y eu aucun son, aucun remerciement. Sam était resté tout autant de marbre qu'elle. La jeune fille aperçue alors le regard peu amène de Will face à « son » manque flagrant de sympathie que personne d'autre ne remarqua. Elle n'en eu cure et laissa ses prunelles dérivées sur le décor au dehors qui bougeait enfin alors que le bus démarrait et sortait du parking.

[…]

Ils arrivèrent un peu après neuf-heure et demi dans la ville de Cleveland. Le car naviguait entre les différents quartiers tels que Brooklyn Center, Edgewater, Ohio City… Et tant d'autre qu'elle ne connaissait pas. Cleveland n'était qu'un lac par rapport à l'océan qu'était New York mais c'était déjà si différent de leur petite ville. Il y avait de l'entrain, une certaine culture, des universités renommées, une tolérance plus accrue…

Elle avait passé le voyage entier muré dans son silence et ses pensées. À écouter simplement de la musique pendant que Sam dormait la tête légèrement enfoui contre son épaule.

Maintenant, elle était pleinement lucide et regardait avec envie le monde autour d'elle. Elle aimait tellement ça. Les choses bougeaient sans cesse en ville…

- Sam, réveille-toi ! Elle bougea son épaule alors qu'il émergeait difficilement. On est arrivé à Cleveland !

Il regarda un instant la jeune fille. Il rit et posa sa tête contre le dossier de son siège, les yeux à nouveau clos. Il lâcha, comme il faisait semblant de se rendormir, le ton évidement amusé par le comportement enjoué de la brune :

- Rachel, la dernière ville où j'ai vécu, c'était Lexington. C'est plus grand encore qu'ici. J'en ai vu d'autre.

- Et bien en tout cas tu n'as pas vu « cette » ville, ni le musée que l'on s'apprête à visiter aujourd'hui, n'est ce pas ?

Il rouvrit instantanément les yeux tout en décrochant ses cheveux du dossier. Il y avait quelque chose de tout à fait sérieux et narquois dans sa façon d'être.

- Après ce qu'il s'est passé hier, j'avais cru comprendre que cette virée ne te tenait plus du tout à cœur ?

Touché ! Rachel répliqua successivement, dans une sorte de grognement passablement énervé :

- T'es obligé de ramener ça sur le tapis ?!

- Avoue ! Peu importe la raison qui nous a tous poussée à être là, tu es réellement contente qu'on y soit. Je ne peux qu'imaginer ce que tu ressens mais tâche de profiter de cette journée. Ces opportunités ne sont pas monnaie courante !

- Je déteste quand tu sais que tu as raison !

Sam regarda droit devant lui, le sourire pendu aux lèvres, les yeux clairement amusés mais ne rajouta rien.

Après un dernier quart d'heure de route, le monument gigantesque en forme de pyramide de verre était enfin en vue. Tous les élèves du bus se jetèrent contre les vitres pour observer le musée.

Le sol tout autour, recouvert de dalles nacrées, offrait une force majestueuse à l'imposant et sublime édifice. Il lui sembla même apercevoir une longue ligne de guitare – probablement fausse – près de l'entrée. Derrière la forme triangulaire transparente se trouvait deux colonnes laiteuses brisés sur leurs façades par de multiples carrés. C'était digne d'une œuvre d'art à grande échelle.

Ils se garèrent sur le parking approprié, occupé déjà par nombre de voitures et de cars scolaires ou de voyages alors que le musée n'avait même pas ouvert ses portes. Will et Allie prièrent tout le monde de descendre du véhicule. Sam et Rachel furent les derniers élèves à sortir, Will fermant la marche derrière eux.

Une fois dehors, la brune leva les yeux au ciel bleui parsemé de nuage par endroit. Elle remarqua prestement que de près, la bâtisse était plus impérieuse encore.

Tout le monde se regroupa devant Allie, son collègue et Will qui commença en s'adressant à ses élèves :

- Ce matin nous ferons la visite des pièces les plus importantes avec Allie et ses collègues. Puis, dans l'après-midi je vous laisserais faire votre propre tour d'horizon. Je vous fixerai un point de rendez-vous et une heure précise au déjeuner, ce midi.

Tous les étudiants furent ravis que Will leur fasse suffisamment confiance pour les laisser traîner à leur guise dans l'enceinte des murs de ce panthéon.

Rachel fut l'une d'entre eux même si elle n'en montra rien. Traîner toute la matinée avec la nouvelle partenaire de son ex et lui-même était loin d'être ce qu'il lui fallait à l'heure d'aujourd'hui. Passer l'après-midi seule à déambuler entre le palmarès de tous ces musiciens, ça, par contre, c'était vraiment une idée qui la réconfortait et l'enchantait.

Will laissa la parole à l'instigatrice de cette journée qui s'adressa aussi bien à ses stagiaires qu'au Glee Club :

- Il est presque dix heures. Le musée va ouvrir ses portes. Je voulais simplement rajouter que je viens ici deux fois par ans depuis quatre ans. Alors rassurez-vous, ce musée n'a presque plus aucun secret pour moi, ni même pour Arthur…

D'après ce qu'avait comprit Rachel, le dit Arthur, debout au côté d'Allie, travaillait avec elle, occupant un poste équivalent au sien.

- Donc si vous avez la moindre question, vous n'hésitez pas. L'un de nous devrait être apte à vous répondre.

Elle fit une brève pause, regarda chaudement son assistance puis conclut :

- Bon et si on y allait !

Tout le monde la suivit alors qu'elle ouvrait la marche avec Will et Arthur. Certains membres de la chorale semblaient avoir suffisamment fait connaissance avec les stagiaires pendant le trajet alors que Rachel les voyaient tous sympathiser.

- On devrait peut-être se mêler au groupe ?

- C'est toi qui vois. Mais ce serait mieux, c'est vrai.

Il allait toujours à son rythme. Ne la brusquait que rarement et seulement pour mieux lui faire comprendre les choses, lui ouvrir les yeux… comme dans le bus.

- Allons les rejoindre !

Elle prit la main de Sam et leur fit vite rattraper leur dizaine de pas sur les autres. Derrière Kurt, elle passa un bras sur son épaule alors qu'il discutait nonchalamment avec Mercedes.

- Salut !

- Ah, les voilà ! Vous vous êtes décidés à sortir de votre petite bulle ? Plaisanta Kurt.

- Oui, c'est bon. Souffla Rachel décidée à tout mettre en œuvre pour égayer un peu sa journée.

- Alors Sam bien dormi ? On t'a tous trouvé si mignon. Se moqua Kurt à l'encontre du blond qui lâcha la main de Rachel et vint frapper amicalement l'épaule du gringalet pour son outrage.

- Fais gaffe Hummel où je balance tout sur ce toi et ce très cher Blaine.

Les traits de Kurt furent brusquement irrité par la phrase de Sam qui déclencha ce que le frêle garçon semblait redouter :

- De quoi il parle ? Demandèrent Mercedes et Rachel sur le même ton, parfaitement synchro.

- Rien du tout ! Oubliez ça…

Mais ces paroles n'eurent aucun effets, alors les deux jeunes filles continuèrent de plus belle, le poussant à tout leur révéler.

Et entre toutes leurs questions, Kurt lança à l'autre garçon, le regard foudroyant :

- Tu me le paieras Evans !

Elles continuèrent lors interrogatoire un peu à l'écart, à quelques mètres du reste de la troupe qui pénétrait déjà par la porte. Trop accaparer par son acharnement à avoir le fin mot de l'histoire concernant Kurt, Rachel ne fit pas attention lorsqu'elle rentra dans quelqu'un juste devant l'entrée en delta.

Elle jeta un rapide coup d'œil au jeune homme qui se retourna vers elle interloqué et s'excusa gêné par sa maladresse sous les railleries de ses trois amis qui continuaient à avancer. Elle les rejoint en rondement et passèrent finalement le seuil de l'entrée.

Le silence fut d'or. Le décor à lui seul l'imposa. C'était déjà grandiose vu de l'extérieur mais une fois dedans la sensation était toute différente. Tout était ouvert, lumineux, renversant et elle n'aurait pu se sentir plus à l'abri. La vue directe sur le ciel donnait quelque chose de féerique à l'enceinte de cet immense hall.

Elle observa tout autour d'elle, repéra aisément les boutiques de souvenirs, le café et le petit restaurant du musée sur la droite. En plein milieu se dressait de grands escalators montant au niveau supérieur. Puis sur sa gauche, les guichets, au comptoir de verre blanchit, s'accordant parfaitement au ton des lieux.

Déjà un peu partout la musique régnait littéralement. Des enseignes aux affiches géantes des plus grands musiciens et groupes. Des instruments musicaux accroché ou mis sous vitrine ici et là vendaient déjà clairement les lieux. Partout où les yeux de Rachel se posait quelque chose était reliée à ce domaine qu'elle chérissait tant. Ce qui s'étendait sous ses yeux n'était que perfection.

- Vous quatre, vous avancez un peu ! La réplique de Will les sortit tous de leur léthargie.

Ils se regardèrent un à un et explosèrent de rire à la pensée d'être restés bien une minute comme quatre gamins observant les cadeaux sous le sapin de noël.

Ils avancèrent jusqu'à Will. Il leur tendit leur pass qui leur évitait fort heureusement toute la queue et leur rappela :

- Ne les perdez pas !

Ils répondirent tous par l'affirmative quand Rachel ne faisait qu'acquiescer mollement de la tête, évitant bien le moindre regard dans la direction de son professeur.

Après ça, elle avait cru que tout se déroulerait avec une lenteur exagérée. Elle s'était imaginée qu'écouter la compagne de Will déblatérer son discours l'opprimerait totalement. Toutefois, cette dernière avait démontré une façon unique d'accrocher l'attention de tous. Son collègue avait à peine pris part à la présentation. De plus, elle connaissait son sujet sur le bout des doigts. Elle le rendait vivant, captivant et avait répondu à toutes les questions qui lui avaient été posé jusqu'à présent.

Rachel en venait presque à se rendre jalouse de la connaissance de la femme qui partageait la vie de Will. Cette femme qui avait ce qu'elle désirait le plus. Et sous la pensée, elle savait fort bien qu'elle ne parlait plus de connaissances musicales.

Après deux heures d'une visite assez général mais passionnante, ils avaient atteint le deuxième niveau. Le premier répertoriait globalement des biographies d'artistes ayant gagné leur place en ces lieux, sous formes de vitrines dispatchés par genre, dans différente salle ou corridors. Elle avait déjà repéré quelques coins où elle reviendrait flâner dans l'après midi.

Quant au deuxième étage, il regroupait de véritables trésors musicaux placés consciencieusement un peu partout. On y trouvait aussi un coin vidéo qui repassait les plus grands live de certains chanteurs. Et tant de d'objets atypiques, de partitions, d'instruments… qui avaient été touchés par la grâce des mains de ces artistes qu'ils admiraient.

Ça l'enrageait presque de l'avouer mais elle passait vraiment un moment génial.

Il était midi et demi quand la visite en compagnie d'Allie, son collègue et ses stagiaires pris fin. Ils eurent droits à un jolie discours de conclusion qui sonnait parfaitement juste. S'en suivit alors les remerciements de tous. Même Rachel n'eut pas à se forcer à sourire alors que la femme recevait tant de glorification amplement mérité.

Avait-elle un défaut au moins ?!

Les gens se dispersaient autour d'eux pour regagner les niveaux inférieurs quand la rage revint, l'anxiété et l'angoisse prédominantes. Elle vit Allie s'avancer rapidement vers Will, enrouler ses bras autour de son cou pour l'embrasser fiévreusement. Elle capta moins d'une seconde le regard de Will qui l'observait. Puis dans l'immédiat, Rachel se détourna et pressa vivement le pas, dépassant tous les autres.

[…]

Plus tard, en début d'après midi, en petit groupe majoritairement, les élèves étaient partis chacun de leurs côtés. Malgré les incessantes suppliques de Kurt pour qu'elle vienne avec lui, Sam et Mercedes, elle avait à plusieurs reprises refusé poliment jusqu'à ce que son ami s'avoue définitivement vaincu.

Elle souhaitait vraiment passer l'après-midi toute seule, sa musique sur les oreilles, vadrouillant entre les étoiles qu'elle estimait.

Et c'était ce qu'elle faisait à cet instant.

Elle repassa près des vitrines du groupe Queen, de Neil Young, d'Elthon John où elle resta un peu plus longtemps, le regard perdu sur le titre de la chanson « Sorry seems to be the hardest Word » que Will aimait tant.

À ses oreilles, la musique changea et tomba sur Barbra chantant « Don't Rain on my Parade » de Funny Girl. Son film favori et qu'elle avait obligé Will à regarder au moins une dizaine de fois.

Elle se sentait défaillir face aux réminiscences quand l'ombre d'une personne derrière son épaule la fit revenir sur terre. Elle retira un écouteur alors qu'elle entendait la question de cette voix qu'elle connaissait :

- Tu aimes Barbra Streisand ? J'ai reconnu à travers l'écouteur.

C'était Allie qui venait lui parler, à elle. N'avaient-elles pas des stagiaires à charges ? C'était bien sa veine.

De force, elle répondit à sa question du même ton qu'elle employait à chaque fois qu'elle parlait de Barbra :

- À mon stade c'est plus de l'adoration et de la dévotion !

- Je vois ce que tu veux dire. J'ai mis trois mois avant de trouver une version vinyle en stéréo original de l'album du début des ses solos en 1963. J'ai d'ailleurs acheté il y a six mois, le vinyle de sa première apparition en 1962 dans le rôle de Miss Marlmelstein.

Rachel resta totalement interdite. L'univers ne lui ferait même pas la fleur de lui trouver des raisons de la détester. Au lieu de ça, il lui présentait une femme au goût exquis, dont elle enviait chacune des trouvailles qu'elle venait d'énoncer.

- Si tu ne fermes pas la bouche, ça risque de couler. Plaisanta la femme aux cheveux clairs.

- Désolé. En plus elle s'excusait… C'est juste que c'est assez rare que quelqu'un originaire de Lima ait une grande connaissance de Barbra.

- Je ne suis pas de l'Ohio à vrai dire. Je suis de Chicago dans l'Illinois.

- Mais qu'est-ce qui a bien pu vous poussez à quitter Chicago pour venir jusqu'à chez nous ?

Elle croisa un regard évident avec Rachel qui comprit dans la seconde :

- J'ai saisi. Et qu'est qu'il s'est passé ? Il a rompu ? Ou vous l'avez fait ?

- Il est mort.

Rachel fut choqué par la révélation d'Allie dont le regard se perdit dans la contemplation de la vitrine. Étrangement, elle souriait d'une douce nostalgie. La brune ne pouvait s'empêcher de rester là, à observer la femme à ses côtés, sans savoir quoi dire.

- C'était mon plus vieil ami et le seul homme que j'ai aimé jusqu'ici. Son cousin lui avait trouvé un travail fixe de mécano dans la région. Alors on a quitté Chicago. Il avait dix-neuf ans, moi seize. On n'avait aucune attache, il n'y avait que nous deux, alors on a taillé la route. Après ça, il a insisté pour payer mes études et puis on a continué de vivre tranquillement. C'était une vie très ordinaire mais on l'aimait telle quelle.

Rachel n'aurait droit à aucuns autres détails. Elle le savait. Les souvenirs de l'intimité étaient la seule chose qui la rattachait encore à lui. Elle ne voulait les partager avec personne. Rachel comprenait ça.

- Mr Schuester sait pour tout ça ?

- Oui, je lui en ai déjà parlé. Il a été très compréhensif et a fait simplement ce que j'attendais de lui. Il m'a écouté.

« Il l'a écouté » Pensa-t-elle au même moment que les mots passaient les lèvres d'Allie.

- Tout comme toi. Merci. Elle lui envoya un sourire d'une sincérité éclatante. Je vais te laisser maintenant et voir comment s'en sort Arthur.

- Euh… Oui. Pas de soucis.

Elle la quitta laissant Rachel très mal à l'aise.

Qui pourrait ne pas priser cette femme ?

Même Rachel qui avait certaines raisons pour ne pas le faire, l'appréciait déjà. En lui comptant cette histoire, elle montrait qu'elle avait suffisamment confiance en elle alors qu'elle ne la connaissait même pas.

Comment détester quelqu'un qui paraissait si bien sur tous les plans ?

Lassée par cet amas d'informations, de question et de réflexions, Rachel continua sa visite se vidant l'esprit et navigua à son gré entre les autels dédiés à la gloire des stars. Elle finit près des grands noms du Funk, et s'arrêta devant le tableau des réussites de James Brown.

- « It's a man's world » est ma chanson préférée de chanteur.

Rachel se tourna vers l'étranger qui venait d'apparaître sur sa gauche. A vrai dire il s'agissait du jeune homme qu'elle avait bousculé dans la matinée. Moyennement grand, il laissait entrevoir un corps bien entretenu et était très probablement étudiant. Elle remarqua tout de suite l'apparence magnifique de sa chevelure ébène, son teint halé, l'infime fossette sur son menton, ses lèvres fines et le brun de ses yeux. Pour sur, c'était un très bel homme.

Et au visage éclatant qu'il affichait, il connaissait forcément l'emprise envoûtante que sa beauté pouvait avoir sur les femmes – ou sur la gente masculine homosexuelle.

- L'hymne à la femme ? Ironisa-t-elle. Allez, un peu de franchise !

- Très bien… C'est "Papa's Got A Brand New Bag". Mais j'adore tout de même cette chanson.

- On y croit plus déjà.

- Tu me bouscules ce matin et en plus tu me remets à ma place maintenant… Le genre de fille que j'apprécie tout de suite.

Elle rit une seconde sous le rictus espiègle du garçon qui déclara en lui tendant la main :

- Je m'appelle Lucas.

- Rachel. Répondit-elle en acceptant son invitation.

- Je t'ai vu avec ton groupe tout à l'heure… Vous venez d'où ?

- Lima. Et toi ?

- De Findlay ! A seulement cinquante kilomètres de chez toi, d'ailleurs.

- T'es à l'université là-bas ?

- Oui. A Hurst, en deuxième année d'électronique et télécommunication.

- Tu te spécialise dans la musique ?

- C'est ça. D'ailleurs, si ça te dit, on fait une soirée « Sur la route du Rhum » dans la maison étudiante où j'habite, ce soir. Tu devrais venir ?

- Une soirée pirates, hein ? Tu n'as pas atteint ton quota d'invités féminine alors tu te rattrapes sur les jeunes filles rencontrées au supermarché, au centre commercial ou dans les musées.

- Non pas seulement… Tu as oublié les bibliothèques. Il n'y a pas mieux.

Elle s'esclaffa même si elle sentait que d'une certaine manière, il avait déjà récupéré des filles dans certains des lieux énoncés. Il poursuivit alors :

- Sérieusement, je te trouve simplement très mignonne et je dois dire que j'apprécie ta répartie.

- J'ai un petit-ami, tu sais.

- Ramène-le avec toi ! Ce n'est pas un problème. Et puis, qui sait avec qui tu repartiras en fin de soirée. La vie est pleine d'imprévue.

- Très bien mais je ne te promets rien

- J'en demandais pas plus. Une possibilité c'est toujours bon à prendre.

Il savait flirter, pas de doutes… Elle s'imaginait déjà ce qu'il avait derrière la tête. Elle n'était pas dupe. Ou en tout cas plus maintenant.

Il sortit un papier et un stylo de son sac à dos sur lequel il inscrivit quelques mots puis rangea ses affaires

- Tiens ! C'est l'adresse. Si tu viens, demande après moi. Y'aura forcément quelqu'un qui sera t'indiquer. Sourit-il gentiment.

Elle plia le papier en deux et le rangea avec précaution dans sa poche.

- J'aimerais rester mais j'ai encore un tas de recherches à faire. À plus tard j'espère.

Il lui fit un clin d'œil et se retourna presque sautillant. C'était un bourreau des cœurs, ça se sentait. Cela dit il y avait vraiment quelque chose d'adorable chez lui. Par conséquent, beaucoup avait dû dépérir à l'aimer…

Il ne restait plus qu'une heure à Rachel avant de retrouver tout le monde au point de rendez-vous indiqué à par Will. Elle passa le reste du temps au deuxième étage, touchant plus que de raisons le papier dans sa poche…


Le soleil se couchait déjà quand le car les ramena un peu avant dix-huit heures sur le parking du lycée déjà déserté. La journée avait été splendide. Les choses n'auraient pu mieux se passer au goût de Will. Surtout quand Allie lui avait parlé de sa discussion avec Rachel pendant le voyage de retour. Il était rassuré de savoir que Rachel s'était parfaitement bien comporté et n'avait montré aucune rancœur envers elle malgré leur dispute de la veille.

Une dernière fois à la descente du bus, chacun remercia encore Allie pour leur avoir permis de vivre un si bon moment. Ils partirent tous dans des directions opposés laissant Will seul avec sa petite amie devant les portes du bus qui devait la ramener, elle et ses collègues, à leur entreprise.

Il la laissa passer ses bras autour de son cou et fit de même avec ses mains qui se posèrent calmement sur la chute de ses reins. Elle murmura suavement dans un long soupir :

- On se voit toujours ce soir ?

- Oui. Comme c'était prévu. Je passerai te prendre chez toi à vingt et une heure, ça te convient ?

- Plutôt à la demie. C'est une soirée importante, je veux être fabuleuse.

- On prendra le « café » chez toi alors après le restaurant ?

- C'est exact.

Elle embrassa affectueusement ses lèvres dans la promesse de cette nuit puis remonta dans le bus lui signifiant une dernière fois à quel point elle avait passé une belle journée.

Will pris son véhicule et rentra rapidement chez lui. Une fois passé le pas de sa porte, il se dirigea immédiatement vers son salon et s'écroula de tout son long sur son canapé. Il était physiquement épuisé et quand ses yeux tombèrent sur les partitions et les vers sur lesquels il avait travaillé hier soir, ils lui rappelèrent immédiatement les détails de son altercation avec Rachel. Malgré la vive querelle qu'ils avaient eue, il avait encore trouvé le moyen d'écrire grâce à elle.

Refusant de s'appesantir plus sur le sujet douloureux qu'était la jeune femme, il se releva pour se diriger jusqu'à sa douche.

[…]

Il était vingt heures trente passé. Il était déjà fin prêt pour son rendez-vous de ce soir et avait décidé de passer le temps en grattant sur sa guitare, ne jouant aucun des morceaux qu'il avait confectionnait grâce à l'inspiration que son ancienne amante représentait pour lui.

« TOC, TOC, TOC, TOC »

Les chocs lourds et puissants contre le bois de sa porte le firent quelque peu sursauter. Il déposa l'instrument intrigué alors que les bruits persistaient.

Il regarda par la lunette, fut surpris par la présence de cette personne devant sa porte. Surtout que s'il avait pris l'initiative de faire ça la première fois, elle ne se retrouverait surement pas de nouveau devant sa porte.

Il tourna la poignée et fit face à Sam :

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Lui demanda-t-il abruptement.

- Je dois à tout pris vous parler. Lâcha-t-il les traits tendus, le corps entièrement remué.

Sans en avoir reçu l'invitation, il entra dans le hall de son professeur.

- Je t'en pris entre. Souffla Will exaspéré tout en refermant la porte dans un claquement sachant pertinemment qu'il allait lui parler de Rachel.

Elle était avec lui dorénavant. S'il avait des problèmes avec elle, qu'il les gère. Rachel qui ne voulait déjà plus qu'il interfère dans sa vie personnelle, si les problèmes la concernant venaient directement à lui, ce n'était pas gagné.

- Bon qu'est-ce que tu veux de moi ? Car si j'ai bonne mémoire, tu m'as déjà tout pris. Dit-il en le pointant du doigt et retournant à son salon.

Il entendit Sam sur ses pas qui s'arrêta à l'embrasure de la pièce. Will lui fit de nouveau face et attendit qu'il se décide à parler. Il ne voulait pas l'avouer mais son agitation et son silence commençait à réellement l'angoissé.

- C'est à propos de Rachel… Commença le blond.

- Ça je m'en serai douté…

- Non, vous ne comprenez pas. Je crois qu'elle va faire une énorme bourde ce soir et elle risque fort de le regretter.

- De quoi est-ce que tu parles ?

Son étudiant soupira.

- Elle va me tuer après ça…

- Sam, tu te décides ?! Je n'ai pas que ça à faire !

- Avant d'entrée dans les détails vous devez savoir une chose…

- Quoi ?! S'emporta-t-il de plus en plus impatient et vivement inquiet.

- Tout était faux. Rachel et moi… Nous n'avons jamais été ensemble. Pas une seule seconde.

Alors là c'était le twist de l'année. La mâchoire de Will lui en tombait littéralement…

Fin de chapitre.


Voilà c'est tout pour cette fois !

Je sais je suis amatrice de cliffhanger mais c'est pour mieux vous torturer mes chers lecteurs :)

De l'amour, du drame, du rire, de la joie, des doutes, du désir, des vérités douloureuse… Une première fois…

Et tout ça dans le prochain chapitre. Ça va être pure folie, moi je vous le dit :D

Les reviews sont toujours très apprécié alors n'hésitez pas !

A bientôt tout le monde !