Chapitre 24 : Se trouver.
Bien, un point sur ce qu'il se passe : j'ai froid, j'ai rencontré une Laerna, et je suis entrain de la fuir. Le seul moyen que j'ai trouvé pour, peut être, la tuer, est très simple. C'est hypothétique, mais très simple : si je suis ici en moi... Alors ce Moi doit pouvoir m'obéir. Je dois pouvoir modifier le paysage d'un claquement de doigt... Je réfléchis. La laerna vit dans le froid le plus mordant, il faut que je la mette dans un environnement hostile. Comme un désert. Un désert... Souviens-toi des image que tu voyais dans l'atlas de l'orphelinat Selenn... Le Sahara. Une immensité rougeoyante, des dunes et des pierres aussi rouges et flambantes que le soleil. Vite.
Je sentis tout doucement l'atmosphère se réchauffer et le sol me brûla soudain les pieds. Je tombai sur du sable chaud. La bouche pleine de poussière je me relevai et regardai derrière moi. La laerna était entrain d'agoniser, hurlant à la mort comme un loup sous la lune. Je la vis fondre doucement dans un immonde gargouillis... Les énormes cloque sur sa peau visqueuse explosaient les unes après les autres dans des geysers de sang. Ce que je n'avais absolument pas prévu, c'est que le noyau (le cœur) de la laerna allait exploser. La chaleur du désert chatouilla l'organe bouillant. Je n'entendis même pas la déflagration. Je me sentis propulsée durement sur le sol, le sable couvrit lentement mon corps... Grain après grain...
Draco pleurait doucement, toujours incapable de comprendre le geste de Severus.
« Draco... Draco... Chuut... »
Severus saisit doucement son amant et le berça. S'il devait y passer des heures, il le ferait. Il se devait d'expliquer à Draco l'exacte constituante de la potion pour se faire comprendre.
Le soleil tombait doucement dans le lac derrière le manoir quand les soubresauts de Draco cessèrent. Il soufflait doucement dans le cou de Severus. Celui-ci le redressa face à lui.
« Draco... Tu as vu comme la potion t'a attiré lorsque tu t'es approché, tout à l'heure ? »
Le petit blond acquiesça doucement, toujours blotti contre Severus, son regard dans le sien.
« La potion est... Vivante... En quelque sorte. L'instabilité du mélange en fait une entité cherchant absolument tout organisme vivant autour d'elle pour survivre. Plus l'organisme est faible, mieux elle s'y sent. C'est pourquoi elle est capable de détruire un embryon. Un corps adulte est trop fort pour mourir sous son influence... C'est aussi pour cela qu'elle rend stérile. Elle se dirige vers le point le plus faible du corps et dévore toute cellule pouvant créer la vie. »
Le regard bleu de Draco se posa sur les longs cils clos de son compagnon. Il embrassa doucement les paupières. Puis l'endroit où s'était plaqué sa main plus tôt.
« Excuse-moi mon amour... Sev', je suis désolé. Je t'aime. Pardonne-moi. »
« Je commence à être habitué à vos coups monsieur Malfoy, mais j'aimerais que cette habitude me passe. »
Ils se sourirent. Front contre front ils profitaient de leur intimité retrouvé lorsque le visage de Draco se tordit de douleur.
« Draco ? »
« Je... Je crois que... Hum... Bébé... J'ai mal Sev'. »
Les sourcils de Severus se levèrent légèrement. Draco se fit la traduction seul : grosse panique intérieure chez son parrain... Il s'allongea doucement sur le sol frais et tint la main de son amant le plus fort possible. Le jeune Malfoy n'aurait pu l'expliquer... Mais il savait comment il devait gérer la naissance. Il se mit à souffler. Inspirer, expirer... Et recommencer. Les contractions se firent plus fortes à mesure que l'enfant se frayait un passage dans ses entrailles.
Severus changea de position, calant la tête de Draco sur ses genoux. Il caressa les mèches de soie qui gouttaient délicatement sur le front blanc.
« Je t'aime mon amour... Tu vas y arriver... Je crois en toi. »
Un gémissement lui répondit.
Sirius avait été libéré par Severus... En fait ses liens s'étaient miraculeusement desserrés après une séance de torture. Le maraudeur avait libéré ses mains et était remonté dans les salles principales du manoir (assommant un ou deux gardes au passage). Il cherchait la cellule de Selenn' lorsque des cris parvinrent à ses oreilles, sans hésiter il se dirigea vers la droite suivant les bruits de lutte. Enfin, une gigantesque porte en bronze surgit devant ses yeux. Les figures emmêlées dans les gravures hurlaient et se tordaient de douleur. Il frissonna et colla son oreille contre le linteau. La discussion semblait houleuse entre le Lord, et deux hommes. L'animagus tenta d'identifier les voix... Un cri lui permit de comprendre que Harry était dans la pièce... Et son neveu ayant hurlé le nom de l'aîné des Malfoy il déduisit que le survivant était accompagné. Des sifflements complétèrent le tableau, confirmant que le Lord était là aussi. Sirius frissonna. Il savait que selenn' était là... Il le sentait. Il s'adossa à la porte. Un instant passa et le silence se fit. Mais la porte s'ouvrit violemment, faisant tomber le maraudeur à terre. Il se releva avec toute la vivacité dont il était capable. Sirius observa la scène. Et ce qu'il vit le figea d'horreur...
Je me réveillai enfin. Je ne voyais rien et ma gorge me brûlait atrocement. Je bougeai un bras, puis l'autre. De minuscules grains roulèrent sur ma peau, me libérant de la croute de sable qui m'emprisonnait. Me redressant, je toussai un instant, crachant un mélange de sable et de sang. Ma gorge, irritée, ne me permettait pas de sortir un mot. Je finis de me lever, observant autour de moi. Le soleil avait disparut derrière d'énormes nuages rouges. Le sable commençait lui aussi à se faire la malle... Quelque chose me déconcentrait. Et ce n'était pas mon sommeil qui en était à l'origine... Ma tête se mit à bourdonner. Il fallait que je trouve mon totem. Et vite. L'extérieur menaçait de me réveiller à tout instant.
Je continuai ma route, tranquille, pas après pas. Mes chaussures crissaient un peu sur les grains jaunes qui parsemaient la terre. Je fermai les yeux un instant, déstabilisée par un pressentiment. Quand je les rouvris, mon environnement avait encore changé. De magnifiques arbres bleus et blancs, presque translucides, renvoyait la lueur d'un soleil vert et plus froid que le notre. Je dus retirer les rangers qui couvraient mes pieds sous peine de tomber à cause des fougèress et des lianes épaisses qui moquettaient le sol. Pieds nus, il fallut encore que je retire ma doudoune. Je soupirai. Je dé-zippais mon par dessus en polaire. Mes vêtements décidèrent alors de s'enfuirent, laissant place à un short en lin, léger et pratique, et mon haut fut remplacé par un débardeur noir et près du corps, qui épousait tous mes mouvements. Une lame se fixa à ma cuisse. Parfait.
Je continuais mon exploration, avançant plus rapidement parmi les feuilles je devins vite plus à l'aise, sautant rapidement par dessus les tronc pourris. Mon coeur me dirigeait de lui-même vers le centre de cette forêt. Et j'y arrivai. Bien plus vite que ce que j'avais cru d'ailleurs. La frondaison devint plus claire, et j'entrai dans une clairière. Un peu comme mon « moi » intérieur, la clairière était un cercle parfait. En son centre un arbre énorme et translucide m'appelait...
Je me dirigeais vers lui lorsque de grandes lianes blanches et phosphorescentes virent doucement encercler ma taille et mes bras, me soulevant de terre et me menant à l'intérieur de l'arbre. Le tronc était creux. Elle me déposèrent sur une petite plateforme et s'en allèrent.
Ankui réapparut alors.
« Ta quête est réussie jeune chasseresse. Bienvenue en toi. »
Je fixai le cerf, un peu perdue.
« J'ai appelé ton totem... Il va arrivé d'une minute à l'autre, se fondre en toi et devenir toi. »
Et il disparut comme il m'était apparut...
Après une demi heure, je m'assis, le dos appuyé contre l'écorce douce et malléable de l'arbre de vie.
Mes yeux se fermèrent un instant. Je pus les rouvrir lorsqu'une voix douce me parla.
« Tu es une sorcière étonnante, jeune Selenn'... M'avoir trouvé aussi vite, moi qui me cache depuis des décennies de l'homme et de sa folie... »
Je fixai les orbes jeunes devant moi. Une louve au pelage blanc et roux se tenait devant moi. Elle ferma les yeux, m'offrant une mimique de sourire.
J'avais trouvé mon totem.
…. Je suis désolée... Ce retard est inexcusable... J'essaierai d'être plus rapide à l'avenir. Mon école me demande beaucoup de temps... Mais cette histoire ne sera pas abandonnée ! Croyez-moi !
Rasta.
