Bonjour,
Pardon pour le retard.
Aujourd'hui un chapitre qui parle surtout des lectures de Shion. Eirene et Kanus vont nous faire découvrir une partie de leur enfance.
Bonne lecture Biz Peace'.
Chapitre 25 : J+7 (4)
- Aaahhh ! Enfin tranquille !
Confortablement installé dons son lit, Shion soupira d'aise et profitait du silence de sa chambre dans le treizième temple.
Il étira tous ses membres, il était mort de fatigue. En effet, la journée avait été harassante, et le tour des logis des chevaliers avec la Déesse Athéna durant tout l'après-midi n'avait pas arrangé les choses.
Et pour couronner le tout, ce repas qui finissait encore une fois à pas d'heure… À cet instant, il n'aspirait qu'à une chose, dormir !
D'un autre côté, il avait commencé la lecture des deux autobiographies au contenu similaire et fort instructif, et il s'était donné comme objectif d'en lire un extrait de chaque un peu tous les soirs. Aussi, il attrapa les deux ouvrages qu'il gardait précieusement dans sa table de chevet et ouvrit en premier celui du Grand Pope, reprenant là où il s'était arrêté la veille :
Au sanctuaire, tout le monde accueillit chaleureusement Kanus qui, malgré une éducation privée de toute activité sportive, se révéla être non seulement un excellent sportif, mais aussi doté d'une grande force physique et morale.
La première année, nous la passâmes tous les deux à étudier et à nous entraîner au maniement des armes et au développement et à la manipulation de notre cosmos.
Le jour de notre sixième anniversaire, nous avions organisé un pique-nique à la rotonde, un lieu devenu pour nous le refuge de nos temps libres et des retrouvailles avec mon protecteur.
Un soir, je me confiai à Kanus sur mon ascendance et il promit de ne rien révéler à personne. Ayant compris que l'homme qui m'accompagnait était le Dieu qui m'avait sauvée, Kanus devint moins méfiant et l'accepta immédiatement.
Aussi, le jour de notre anniversaire, Kanus fut très heureux que notre ami se joignît à nous et accepta chaleureusement le cadeau qu'il nous fit à tous les deux : une boussole.
Et l'homme d'ajouter :
- Je vous offre ce présent afin qu'il vous guide là où vous désirez vous rendre.
Évidemment, à cette époque nous étions trop jeunes pour comprendre le sens de ces paroles, mais bien des années plus tard, nous nous sommes rendus compte de ce que cela signifiait : la boussole était magique !
Mais j'y reviendrai plus tard.
Les années passèrent durant lesquelles nous renforcions notre amitié. Kanus était pour moi plus qu'un chevalier d'Athéna, il était aussi un ami fidèle et sincère, un soutien et une source d'inspiration. Son dévouement pour la cause d'Athéna me réjouit et m'aida à me surpasser dans bien des domaines. C'est ainsi qu'ensemble, nous consolidions nos capacités à faire augmenter notre cosmos, mais aussi à l'utiliser de façon spéciale. En travaillant dessus, nous avions pris conscience que nous pouvions manipuler l'eau et la glace, les formater selon notre désir.
De nombreux autres enfants et adolescents nous rejoignirent. Des orphelins, pour la plupart, que ma mère et moi trouvions lors de nos missions dans les villages voisins. Parfois même, en allant faire du commerce extérieur avec la ville d'Athènes.
Avec le temps, nous accueillîmes ensuite des hommes avec un cosmos déjà développé. Ces derniers, comprenant leur don et ayant entendu parlé du nouveau sanctuaire, voyageaient tout en réalisant des missions de paix le temps de nous rejoindre.
Peu à peu le sanctuaire prenait forme et les apprentis chevaliers affluaient de toute la Grèce.
L'année de mes dix ans, ma mère tomba malade et mourut quelques mois plus tard. À l'unanimité, la décision fut alors prise d'appeler Athéna pour qu'elle désigne sa future Grande Prêtresse afin que les affaires du Sanctuaire puissent continuer.
Pour des raisons de commodité, c'est mon corps qui accueillit l'âme de la Déesse lorsqu'elle descendit le jour des funérailles de ma mère.
En effet, si elle était venue sur Terre avec son propre corps, elle aurait pu tuer sans le vouloir les personnes les plus faibles – comme les serviteurs du sanctuaire et les chevaliers en apprentissage, ces personnes n'ayant pas de cosmos, ou un trop faible pour être suffisamment résistantes –, car elle possède un pouvoir tellement puissant qu'il reste parfois difficile à contrôler. Dans le même temps, sans corps pour la matérialiser, toutes les personnes présentes ce jour-là n'auraient pas pu la voir.
Je me souvins des mots de ma mère sur le fait qu'Athéna cherchait une personne ayant un grand cosmos pour pouvoir l'accueillir.
J'accédai donc à la demande d'Athéna d'utiliser mon corps pour pouvoir s'exprimer à la foule et ainsi désigner son successeur. Je savais par mon protecteur qu'elle ne serait pas en capacité de détecter mon ascendance divine car il avait tout enfoui au plus profond de mon être.
Athéna pris alors la parole et les mots qui sortaient de ma bouche étaient beaucoup plus assurés que ceux d'une enfant de dix ans.
- Moi, Déesse Athéna qui règne sur le maintien de la paix en ce monde, je viens dire adieu à mon amie de toujours, à celle qui a sacrifié sa vie à son devoir envers moi. Je viens aussi vous annoncer que je choisis sa fille comme remplaçante et qu'à partir de ce jour elle prendra le titre de Grand Pope. Cette personne est chargée d'être le guide spirituel et armé du sanctuaire. Aussi, toutes les personnes vivant sur ce domaine seront donc sous sa protection et sa direction. Chacune de ses paroles et actions seront les miennes. Je vous demande donc de l'aider au mieux et de la suivre.
L'assistance resta bouche bée, ne s'attendant pas à cette nouvelle. Toutefois, il ne fallait pas contredire les mots de la Déesse de la Sagesse, aussi tout le monde hocha la tête en signe d'acceptation.
C'est ainsi qu'à dix ans, je devins Grand Pope du sanctuaire d'Athéna et que dans le même temps, j'enterrai celle qui m'avait élevée.
Shion referma alors le bouquin et ouvrit celui du Verseau pour lire le passage correspondant à la même tranche de vie :
Dès mon arrivée au sanctuaire, tout le monde m'accueillit de façon chaleureuse. Apprenant à me connaître, et m'aidant à m'installer dans mon nouveau foyer. Cela me fit tellement de bien que le deuil lié à la perte de mes parents fut moins douloureux à supporter.
À partir de ce moment-là, ma vie changea du tout au tout. Dès le début des entraînements, tous furent surpris – tout comme moi – que malgré une éducation sans sport, je me révélais être non seulement un excellent sportif, mais aussi une personne d'une grande force physique et morale, aux dires de mes observateurs et entraîneurs.
La première année, je la passai aux côtés d'Eirene. Nous nous entraînions au maniement des armes, au développement et à la manipulation de notre cosmos ainsi qu'aux études.
C'est ainsi que nous fêtâmes notre sixième anniversaire ensemble. Pour cela, nous nous rendîmes à la rotonde, afin de pique-niquer. Ce pavillon était devenu notre lieu de rendez-vous lors de nos temps libres, et aussi pour se retrouver avec le protecteur de mon amie.
Au début, cet homme ne m'inspirait pas confiance, puis un soir où j'émettais encore des doutes sur lui, Eirene me confia l'histoire de son ascendance et de ce Dieu qui l'avait sauvée.
Elle m'expliqua qu'en réalité, elle était la fille d'Athéna et de Poséidon. Mais comme Zeus avait menacé de tuer l'homme qui coucherait avec la jeune femme et que cette dernière serait sûrement emprisonnée à vie, ils avaient décidé de tuer l'enfant. Sauf qu'au moment fatidique, un Dieu intervint pour la sauver.
Ne pouvant l'élever lui-même, il avait pensé à la placer et à la laisser grandir dans le temple de sa génitrice. Il est vrai que si on recherche quelqu'un, on ne penserait pas le trouver dans sa propre maison.
C'est ainsi que je pris conscience que mon amie était une Déesse. Son « sauveur », comme elle l'aime à l'appeler, avait enfoui tout son pouvoir et son essence divine au plus profond d'elle et il était le seul à pouvoir tout lui rendre.
Étonnamment, j'encaissai la nouvelle assez bien, et après quelques minutes de réflexion, je lui promis de ne rien révéler à personne. Surtout, je venais enfin de comprendre qui était précisément l'homme qui l'accompagnait depuis le jour de notre rencontre et je pouvais donc lui accorder ma confiance.
Un jour que nous n'étions que tous les deux, je me permis de lui parler franchement :
- Seigneur, je suis au courant pour Eirene et je dois vous remercier. Sans vous, je n'aurais jamais pu la rencontrer.
- Kanus, si tu veux me remercier, protège-la, autant que tu protègeras Athéna.
- Je vous le promets mon Seigneur.
Aussi, lorsque le jour de nos six ans il nous rejoignit, j'en fus très heureux et je pris avec joie le cadeau qu'il nous fit : une boussole.
Il ajouta juste ceci :
- Je vous offre ce présent afin qu'il vous guide là où vous désirez vous rendre.
Nous ne comprîmes que bien plus tard ce qu'il voulait nous dire.
La boussole était magique.
Mais c'est un point sur lequel je reviendrai plus tard.
Les années passèrent durant lesquelles notre amitié devenait plus forte. Mon amie et moi devenions chaque jour plus proches et je la soutenais dans toutes ses actions. Elle illuminait mon quotidien par sa chaleur humaine, sa voix douce et son humanité.
Très vite nous forgions notre esprit et notre corps à gérer notre cosmos. L'eau – et particulièrement la glace – était notre élément de prédilection. Eirene, en tant que fille de Poséidon, montra qu'elle était sa digne héritière. Ses créations de glace étaient des plus élégantes et l'eau dansait pour elle.
Quant à moi, je me défendais quand même plutôt bien, il faut dire.
Le sanctuaire devint progressivement plus vivant et d'autres enfants et adolescents nous rejoignirent.
Je me fis de nouveaux amis mais aussi des adversaires à ma taille pour nos entraînements.
Peu à peu, le sanctuaire prenait forme et les apprentis Chevaliers affluaient de toute la Grèce. Des orphelins, pour la plupart, qu'Eirene et sa mère trouvaient lors de leurs voyages, ainsi que des hommes possédant du cosmos et qui voyageaient pour réaliser des missions de paix.
Ces nouvelles rencontres étaient fabuleuses pour moi qui ne connaissais rien d'autre que le sanctuaire d'Athéna depuis mes six ans. Je profitais de tout ce que ces voyageurs pouvaient m'apporter comme informations et connaissances du monde extérieur pour enrichir mon savoir des arts de la guerre notamment – quelles armes se développaient, par exemple –, et surtout pour ma culture personnelle.
Puis l'année de nos dix ans, j'aidai Eirene à soutenir sa mère malade, qui mourut au bout de quelques mois.
Dans les heures qui suivirent le décès de sa mère, mon amie décida de contacter Athéna pour qu'elle désigne sa future Grande Prêtresse.
Athéna choisit le jour des funérailles pour venir nous annoncer son choix. Eirene prit le temps de nous expliquer comment Athéna se manifesterait devant nous et les conséquences possibles si cela était mal organisé. Tout le monde ne pourrait pas voir la Déesse, car pour cela il faudrait qu'elle vienne avec son propre corps, chose impossible au regard de son très grand pouvoir qui pourrait tuer les personnes les plus faibles. Toutefois, sans un « réceptacle » pour l'accueillir, il lui serait difficile de paraître devant nous. Après nous avoir présenté ces faits, Eirene se proposa pour « héberger » l'âme d'Athéna le temps qu'elle désigne la nouvelle Grande Prêtresse.
Je n'étais pas très rassuré, connaissant le secret de mon amie. Si Athéna comprenait qui elle était, que se passerait-il pour Eirene ? Sûrement qu'elle vit mon trouble, car mon amie me rejoignit à l'écart des autres et je lui fis part de ma réticence, lui avouant que j'avais peur pour elle.
Eirene m'expliqua alors que sa mère lui avait dit qu'Athéna cherchait une personne ayant un grand cosmos pour l'accueillir. Elle me rassura sur le fait que notre ami commun lui avait certifié que même si Athéna venait en elle, elle ne saurait pas qui elle est car il avait enfoui son pouvoir et son origine divine au plus profond d'elle. Je lui conseillai de faire quand même attention. Elle me sourit puis appela Athéna.
Après cela, la Déesse prit possession d'Eirene et parla avec sa voix. La foule réunie pour l'événement comprit ce qu'il se passait en entendant la voix qui sortait de la bouche de mon amie, elle était beaucoup plus ferme et assurée que la voix fluette d'une enfant de dix ans.
- Moi, Déesse Athéna qui règne sur le maintien de la paix en ce monde, je viens dire adieu à mon amie de toujours, à celle qui a sacrifié sa vie à son devoir envers moi. Je viens aussi vous annoncer que je choisis sa fille comme remplaçante et qu'à partir de ce jour elle prendra le titre de Grand Pope. Cette personne est chargée d'être le guide spirituel et armé du sanctuaire. Aussi, toutes les personnes vivant sur ce domaine seront donc sous sa protection et sa direction. Chacune de ses paroles et actions seront les miennes. Je vous demande donc de l'aider au mieux et de la suivre.
Nous en restâmes bouche bée. Cependant, la Déesse Athéna avait parlé, et il n'était pas question de discuter sa décision, aussi l'ensemble des personnes présentes hocha la tête pour montrer qu'elles étaient d'accord.
C'est ainsi qu'à dix ans, mon amie devint Grand Pope du sanctuaire d'Athéna et enterra celle qui l'avait élevée.
Après cette dernière lecture, Shion referma le livre.
Il imprima dans son esprit ces nouvelles informations. Eirene avait pris une charge si lourde à un âge si jeune. Même si elle était de naissance divine, cela avait dû être dur pour elle. Il espérait que Kanus l'avait bien soutenue.
Il rangea les deux bouquins et avait hâte de poursuivre ces passionnantes lectures dans un avenir très proche.
Il éteignit la lumière et finit par s'endormir rapidement.
