Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.

Avertissement : cette histoire est la suite de « Trois papillons autour d'une flamme » inspirée par celle de Lunagarden intitulée « Passions interdites ». Contrairement à « Tels des plantes sur un sol désertique », qui commence trois ans plus tôt, elle débute en 2012.

Avertissement 2 : cette histoire contient des scènes de sexe entre hommes, donc si vous n'aimez pas passez votre chemin.


Le temps des gardiens

Chapitre 25

An 2012

Vincent revint, de ce qui avait été une sorte de sauvetage, perdu dans ses pensées. Ce qu'il s'était passé, le danger qu'avait couru Yazoo... ne devait pas se reproduire. Plus que jamais, il voulait veiller sur ses fils, se rapprocher d'eux, mais avant cela, il avait quelque chose à faire.

Quelque chose qui le mettait sur les nerfs. Il ne savait pas du tout comment cela allait se passer. Il n'avait qu'une manière de le savoir hélas. Il devait tenter le coup.

Sans prévenir personne, il repartit sans tarder dans la rivière de la vie.

Il s'en voulait un peu de laisser Sephiroth ainsi, sans le prévenir, ni l'informer, mais il savait que s'il l'avait fait son amant se serait angoissé de ses projets. Peut être même aurait il tenté de l'en dissuader, à moins qu'il n'ait demandé à être du voyage.

Pour une première fois, ignorant encore comment il serait accueilli, Vincent préférait tâter seul le terrain.

Il ne tenait pas à ce que son amant ou ses fils soient blessés. Il les garderait donc dans l'ignorance tant qu'il ne serait pas certain qu'il pouvait tout leur dire sans risques.

Comme il s'y était préparé, son père l'attendait.

Vincent s'était préparé à devoir argumenter, mais Grimoire lui fit signe de le suivre.

- Elle t'attend. Ajouta t'il devant la surprise de Vincent.

Vincent le suivit donc, le cœur battant un peu plus vite. Il s'était dit un jour qu'il était temps de tourner la page, qu'elle appartenait à son passé, mais les choses avaient changé avec le retour de Sephiroth. Il ne pouvait plus faire comme si elle n'existait plus.

Grimoire le laissa devant l'entrée d'une caverne, Vincent se retrouva seul, à devoir décider de la suite. Continuer, entrer dans la caverne, ou faire demi tour et retourner sur Gaïa...

Le choix de la retraite de celle qu'il venait voir l'alarmait quelque peu.

Pourquoi une caverne ? Elle aurait pu choisir tellement d'autres endroits...

Comme si celle qu'il venait visiter percevait ses pensées, le décor devant lui changea brutalement, l'entrée de la caverne s'effaça, laissant la place à un chemin, des champs et quelques arbres. Celle à qui il voulait parler se tenait debout sous l'un d'eux.

Vincent s'approcha d'elle, ému malgré lui de la revoir.

- Est-ce mieux ainsi ? Questionna Lucrecia.

Vincent hocha la tête et la considéra. Elle n'avait pas changé, elle était toujours aussi belle, mais elle n'éveillait plus que de la nostalgie en lui.

Lucrecia esquissa un sourire triste.

- Tu avais vraiment tourné la page... dit elle doucement. Je ne peux pas t'en vouloir. Je t'ai fait beaucoup de mal.

- Tu m'as sauvé. Fit valoir Vincent.

- Non... j'ai échoué. C'est ce que tu es véritablement qui t'a sauvé. Tous mes efforts n'ont servi à rien, au contraire... sinon à prolonger en toi l'illusion d'humanité. Soupira Lucrecia. Si je n'avais pas placé cette matéria... tu aurais été libéré bien plus tôt.

- Tu m'as sauvé. Insista Vincent. Si je n'avais pas conservé l'illusion dont tu parles, je n'aurai pas agi comme je l'ai fait. Je n'aurai pas suivi Cloud et ses amis. Je n'aurai pas lutté avec eux.

Lucrécia le regarda, son visage exprimant un mélange d'amusement et de tristesse.

- Tu es toujours le même... Vincent Valentine, tu essaies de voir le meilleur côté des choses... plaisanta t'elle.

- Je ne fais pas cela. Protesta Vincent.

- Oh si, tu le fais, même si tu t'en défends, parce que tu sais voir l'autre côté... le côté sombre, de par ta nature de Chaos.

- Je ne l'ai pas fait avec Hojo. Tenta de faire valoir Vincent que les propos embarrassaient.

Il regarda autour de lui, cet endroit lui était familier.

- Tu te souviens ? Nous avons passé de bons moments à cet endroit... dit Lucrecia.

- Je me souviens, mais c'était avant...

Lucrecia hocha la tête, le regard songeur.

- Oui, lorsque tu étais encore épris de moi... avant que je ne te blesse, et que tu tombe amoureux d'autres personnes... mon fils aîné et ce jeune homme blond tellement mignon.

Vincent ne put s'empêcher de rougir. Il avait beau être venu pour parler avec elle, de ce sujet précisément, entendre Lucrecia aborder la chose en premier, le prenait au dépourvu.

Lucrecia le regarda avec malice.

- Tu as l'air surpris. Dit elle doucement.

- Je redoutais ta réaction. Admit Vincent. Il y a de quoi être choqué, découvrir ce que je suis vraiment, et ce que j'ai fait avec lui...

Lucrecia secoua la tête, l'air songeur, les mains nouées l'une à l'autre dans son dos.

- Je suppose qu'effectivement, il n'est pas agréable à une femme de constater que l'homme qui l'aimait a fini par se tourner vers son enfant... mais...

- Mais ?

- Je suis heureuse que tu aies enfin trouver quelqu'un à aimer, et qui t'aime en retour. Dit Lucrecia en souriant. Je suis heureuse pour vous deux. Tu es mon ami, il est mon fils. Je serai vraiment mauvaise si je réagissais autrement.

Un silence s'installa quelques instants, Lucrecia regardait Vincent, lequel essayait de faire le point sur ce qu'il venait d'entendre.

- Je pensais que tu le prendrais autrement... dit il finalement.

- Sans doute de la façon dont tu as pris la nouvelle de ta paternité... j'ai été navrée que tu le vives aussi mal, mais après tout, je n'ai fait que suivre tes instructions, j'étais une femme qui voulait des enfants. Bon... j'admets que l'origine m'importait, que j'étais heureuse que tu sois le père. Mais pour le reste, n'est-ce pas ce que nous voulions tous les deux ? Des enfants...

Vincent fronça les sourcils.

- Es tu sérieuse ? As tu vu quelle existence a été la leur ? Ils ont grandi enfermés, tels des sujets d'expérience !

Lucrécia se détourna quelques secondes, avant de faire face à nouveau, essayant de garder le sourire malgré tout.

- Je sais... ce n'était pas ce que j'avais prévu... j'espérais qu'ils étaient en sécurité avec elle... je ne pouvais pas prévoir que Yazoo tomberait malade et que cela permettrait à Hojo de mettre la main sur eux. Mais, à présent, tout ira bien. Ils sont avec toi...

Elle se détourna à nouveau. Elle luttait contre les larmes, même si elle continuait à sourire. Elle ne voulait pas que Vincent soit témoin de ses pleurs.

Elle savait qu'elle avait fait une terrible erreur, que leurs enfants en avaient payé le prix fort et qu'elle ne pouvait rien y changer.

Mais c'était justement parce qu'elle ne pouvait pas réécrire le passé, qu'elle essayait de toutes ses forces de rester souriante et positive.

Vincent soupira et se rapprocha d'elle.

- Je suis désolé, tu as raison, je n'ai pas le droit de te faire des reproches... tu m'as donné trois merveilleux fils. Je te jure de veiller sur eux, mais ils ont besoin de toi également. Tu es leur mère, même si tu ne les a pas mis au monde.

Lucrecia tourna la tête vers lui.

- Je ne crois pas avoir mérité le nom de mère, pour aucun d'entre eux... pas même pour Sephiroth.

Vincent posa doucement les mains sur ses épaules.

- Il est encore temps. Tu peux toujours faire leur connaissance. Tu n'es plus sous l'emprise de Jenova n'est-ce pas ?

- Non, en effet, Minerva m'a purifiée de ce fléau. Mais, ai-je le droit de me présenter aux fils que j'ai abandonné ?

- Je suis certain qu'ils seront heureux de te rencontrer enfin. Sephiroth le premier, ils se posent beaucoup de questions à ton sujet.

Lucrecia s'écarta un peu, échappant aux mains de Vincent. Elle avait très envie de le croire, de se laisser tenter, mais en même temps, elle craignait que ses fils, en particulier Kadaj, ne se montrent pas aussi ravis de la voir qu'il ne l'imaginait.

Vincent ne chercha pas à la retenir, il se contenta de la regarder s'éloigner.

- Je vais devoir rentrer, je t'en prie, prends le temps d'y penser, viens les voir, même si tu le fais lorsqu'ils sont endormis. dit il.

Lucrecia lui fit face à nouveau, l'air perplexe.

- Pourquoi y tiens tu autant ?

Vincent soutint son regard cette fois, essayant de lui faire sentir qu'il lui faisait confiance.

- Je te l'ai dit, tu es leur mère, même s'ils ne te connaissent pas encore. Je suis persuadé qu'ils ont besoin de te connaître. Je ne dis pas qu'ils vont t'accueillir à bras ouverts, mais ils seront sans doute curieux de savoir comment tu es.

- Je vais y réfléchir, je te le promets.

Vincent sourit avec satisfaction, puis se retira après un bref remerciement.

Une fois seule à nouveau Lucrecia fit réapparaître la caverne. Pour elle ce lieu était important, elle en avait admiré la beauté, dès le premier jour où elle y était entrée avec Grimoire Valentine. Y reposer lui avait semblé la meilleure des options, elle ignorait alors qu'elle avait choisi un lieu que Minerva surveillait étroitement, un lieu presque sacré pour la déesse et ses alliés.

Lucrecia s'y sentait bien, même si la caverne qu'elle faisait apparaître n'était qu'une copie de la vraie, dépourvue des forces qui y convergeaient.

Elle se glissa dans l'illusion du cristal, fermant les yeux elle laissa son esprit s'apaiser.

Que Vincent ait fait l'effort de venir la voir, malgré la souffrance qu'elle lui avait causé, la touchait.

Elle avait été témoin de son chagrin, lorsqu'il avait découvert la vérité sur Yazoo, Loz et Kadaj. Elle avait eu le cœur serré à entendre son cri. Cependant, ce qui l'avait le plus marquée, c'était la façon dont Sephiroth l'avait pris entre ses bras, pour le réconforter.

Elle frissonna, repensant aux hurlements qu'il avait poussé, en réalisant ce qu'elle avait fait. Elle revit son visage bouleversé.

Elle avait eu tort de ne pas lui dire la vérité, lorsqu'elle en avait eu l'occasion, par le biais de la jeune Shelke ou par un autre moyen. Elle aurait du lui laisser un message, une explication. Une fois encore, elle avait fait une erreur.

Cela rendait la visite de Vincent encore plus précieuse à ses yeux, plus généreuse. Il aurait pu se réfugier derrière le fait qu'elle lui avait fait du tort. Il aurait pu décider de ne plus jamais l'approcher, il en aurait eu parfaitement le droit, mais ce n'était pas ce qu'il avait fait.

Une fois encore, Lucrecia était touchée par le dévouement de l'homme aux yeux rouges. Elle n'aurait pu rêver meilleur père pour ses plus jeunes fils, meilleur compagnon pour leur aîné.

Elle espérait qu'au moins l'un des trois lui ressemblerait, qu'il aurait sa générosité, son dévouement et son courage.

Peut être Yazoo, ou Loz... mais pour Kadaj, elle avait quelques doutes, il avait certes changé, mais il restait quelque chose de sombre en lui. Lucrecia avait peur qu'il ne cause des problèmes un jour.

Il était son fils, elle avait envie de l'aimer, mais il y avait quelque chose en lui, qu'elle ne parvenait pas à cerner, qui lui faisait peur.

Peut être se faisait elle des idées, ce n'était pas un descendant d'Hojo, il n'avait rien en commun avec cet homme, si ce n'était qu'il avait été éduqué par lui un certain temps. Il ne pouvait donc pas avoir hérité de quoi que ce soit qui vienne de lui.

Ou peut être pas, Kadaj était le fils de Chaos, le petit fils d'un démon et de la fille d'une déesse... cela faisait un mélange détonnant. Peut être que la voix de ces sangs unis était plus forte en lui qu'en ses frères...

C'était aussi cette crainte qui la retenait loin de ses fils. Elle avait peur de se retrouver face à Kadaj, qu'il perçoive les doutes qu'elle nourrissait à son sujet. Ce qu'il ferait sans doute, vu la formation que lui avait imposé Minerva.

Lucrecia avait fait en sorte de rester à l'écart de son plus jeune fils pendant tous le temps où il était resté dans la rivière de la vie.

Elle n'avait pas eu à faire beaucoup d'efforts, Kadaj n'avait jamais cherché à la voir.

Elle s'efforça de ne plus y penser, pour l'heure, rien ne lui prouvait que Kadaj finisse par mal tourner.

oOo

Vincent se matérialisa dans la chambre où se trouvait Sephiroth.

Encore sous le coup de sa discussion avec Lucrecia, il ne remarqua pas immédiatement l'état de son amant.

Ce ne fut que lorsqu'il se tourna vers le lit, qu'il réalisa que Sephiroth était en train de pleurer.

Il se figea quelques secondes, surpris, avant de se précipiter.

- Sephiroth ?

Le regard vert, brouillé par les larmes, se tourna vers lui. Sephiroth détourna la tête, essayant de cacher sa détresse.

Vincent s'agenouilla au bord du lit et tenta de le prendre dans ses bras.

Sephiroth le repoussa sans ménagement, déployant son aile pour le tenir à l'écart.

Obligé de quitter le lit, Vincent resta debout à quelques pas, ne sachant que faire.

Que s'était il donc passé pendant son absence ? Pourquoi Sephiroth le repoussait il ? Pourquoi était il en pleurs ?

Il sentit la culpabilité l'envahir.

Il n'aurait pas du laisser l'ancien soldat, il aurait du lui dire ce qu'il avait en tête.

- Je suis désolé... murmura t'il. Je ne voulais pas te faire de peine.

- Laisse moi ! Répliqua Sephiroth d'une voix dure. Je ne veux voir personne cette nuit ! J'ai besoin d'être seul ! Cette bâtisse a d'autres chambres, tu n'as qu'à en trouver une !

Il était trop secoué, trop honteux d'avoir été vu en train de pleurer, pour vraiment réfléchir avant de parler. Il y avait trop de doutes en lui.

Lui qui un instant plus tôt souhaitait si fort que l'immortel soit là pour le réconforter, ne supportait pas l'idée d'être vu en position de faiblesse. Il était si épuisé et bouleversé qu'il ne réalisait pas ce qu'il disait vraiment, ce qu'il était en train de faire.

Vincent l'observa quelques secondes puis tourna les talons et quitta la chambre.

Si Sephiroth ne voulait plus de lui à ses côtés, il n'avait pas le droit de s'imposer à lui. Quelque chose s'était produit en son absence, qui avait bouleversé l'ancien général au point de le faire réagir ainsi. Mieux valait qu'il lui laisse du temps pour se reprendre en toute intimité. Il aviserait lorsque le jour serait levé.

Il se retrouva dans le couloir, un peu désorienté et très malheureux.

Il n'avait aucune envie de se chercher une autre chambre, mais il ne pouvait pas non plus passer la nuit dans le couloir.

Retourner dans la rivière de la vie ne le tentait pas d'avantage.

Il était encore à hésiter sur la conduite à tenir, lorsqu'il vit arriver Reno. Le turk roux avait sa tête des mauvais jours et Vincent se prépara à entendre des propos qu'il n'apprécierait pas.

Contre toute attente Reno se contenta de le fixer en silence quelques secondes avant de hausser les épaules en un geste désinvolte.

- On dirait que je ne suis pas le seul à ne pas réussir à trouver le sommeil et à déprimer. Y'a qu'une seule bonne solution à ce genre de choses mon pote, vider une bouteille, voir plusieurs... sois sympa, me laisse pas boire seul, ça me déprime encore plus.

Comme Vincent ne semblait pas décidé à le suivre Reno insista.

- Quand je bois seul, j'ai tendance à faire des conneries, genre prendre un flingue et tirer au hasard... tu voudrais pas que je blesse quelqu'un, pas vrai ?

Vincent haussa un sourcil dubitatif, il ne croyait pas une seule seconde que le turk roux puisse se laisser aller à ce point. Une fois de plus l'énervant personnage parlait sans réfléchir.

Cependant, à y penser, vider quelques verres n'était pas une si mauvaise idée, et boire en compagnie, même celle de Reno, était toujours mieux que de le faire seul.

- Je te suis. Dit il. Montre moi où sont ces bouteilles.

Un sourire satisfait se posa sur les lèvres de Reno. Il se dirigea vers l'étage où se trouvaient les cuisines. Habitué à s'y servir certaines nuits, il savait très bien où étaient les meilleures bouteilles.

Il s'empara d'une bouteille d'alcool wutaïen, sans doute apportée par Tseng. Son chef ne buvait pas souvent, mais il aimait en verser un peu dans certains plats.

Reno ricana en songeant qu'il en serait quitte pour s'en procurer une autre, avant de remplir deux verres et d'en tendre un à Vincent.

- Santé !

Vincent prit le verre et plongea les lèvres à l'intérieur, prenant le temps de savourer chaque gorgée, tandis que Reno vidait le sien d'un trait.

Quelques verres plus tard, Reno était assis sur une table, une bouteille à la main, tandis que Vincent, resté debout, le fixait en silence.

- J'peux savoir pourquoi tu traînais dans le couloir ? Demanda soudain Reno.

- Et toi ? Répondit Vincent.

Il n'avait pas manqué d'enregistrer que Reno ne trouvait pas le sommeil et déprimait, cela le surprenait qu'à moitié. Reno faisait souvent l'andouille, mais Vincent n'était pas dupe, il y avait en lui plus de profondeur qu'il ne le laissait voir.

Reno esquissa un sourire empreint d'une ironie amère.

- Le passé est une vraie saloperie, ça vous revient en pleine figure quand on s'y attend le moins. Marmonna t'il.

Vincent ne pouvait qu'être d'accord avec lui. C'était tout à fait exact.

- Envie d'en parler ? Demanda t'il d'un ton calme.

- Pas plus que toi. Répondit Reno en se versant un autre verre. Tu sais ce que c'est non ? T'as ton lot de casseroles au cul.

Vincent hocha la tête et lui prit la bouteille des mains pour se servir aussi. L'alcool était bon, fort juste ce qu'il fallait pour leur faire oublier... si du moins ils vidaient encore quelques verres.

- Elle est vide. Fit il remarquer alors que son verre ne se remplissait qu'à moitié.

- Je vais en prendre une autre, commenta Reno, j'espère que tu n'as rien contre les mélanges.

Vincent se contenta d'un haussement des épaules. Il accepta la nouvelle bouteille que lui tendait Reno et termina de remplir son verre, sans même regarder ce qu'il allait boire.

Au point où il en était, cela n'avait plus aucune importance.

Sephiroth l'avait mis à la porte... c'était sans doute assez mauvais signe.

Il sentit son cœur se serrer à cette pensée.

Non... Sephiroth lui avait dit qu'il veillerait sur lui... il n'était pas homme à revenir sur sa parole...

Du moins, il ne l'était pas, avant d'être laissé seul sans explications.

Un peu d'angoisse revint se glisser dans l'esprit de Vincent. Et si Sephiroth refusait de lui pardonner ? S'il se détournait de lui ?

Reno qui l'observait, ne manqua pas de remarquer la façon dont son visage venait de se figer, la tristesse de son regard.

Il avait pensé qu'en l'enivrant un peu, il parviendrait à lui tirer les vers du nez, mais à présent, il n'en avait plus envie.

Vincent était presque une légende pour les turks, il était le plus ancien d'entre eux encore en vie, et ce qu'il était vraiment, faisait de lui quelqu'un à part.

Reno se souvenait que Veld citait parfois son nom lorsqu'il le formait, le donnant comme exemple. Il se demanda si son ancien chef était assez vieux pour avoir connu Vincent lorsque ce dernier était encore en activité.

Il regarda Vincent, l'ancien turk faisait tourner son verre entre ses doigts, avec lenteur.

Reno eut l'impression étrange d'avoir un total inconnu en face de lui. Pourtant, c'était bien Vincent Valentine qui se trouvait là. Un Vincent Valentine habillé autrement que dans son éternelle tenue rouge et noir, c'était probablement pour cette raison.

A suivre