Titre : Merteuil et Casanova

Disclaimer : Aah, je me languis de ne pouvoir être l'unique détentrice de ce merveilleux univers qu'est celui de Harry Potter... D:

Petit mot de l'auteur : Bonjour bonjour ! Nous y voici, on est lundi, et j'ai un chapitre à vous donner. C'est-y pas merveilleux? Allez, courage, si vous me reviewez tôt vous aurez un chapitre avant la fin de semaine (ce qui ne m'empêchera pas d'en mettre un lundi prochain), comme ça on passe vite sur la vie d'Harry et on retrouve notre beau Draco... Il vous reste encore deux chapitres après celui-là et on revient au présent ! :)


Chapitre 24

Harry descend les escalier, l'œil alerte. Il espère que la jeune fille avec qui il doit dîner a gardé son pull, ce pull qui lui moulait terriblement bien les seins. Il arrive dans la salle et constate qu'elle n'est pas encore là ; il décide donc de s'installer. Autour de lui, quelques vieux habitués sont également assis autour de tables en vieux bois recouvert de nappes d'un vieux blanc presque douteux décoré par des motifs floraux. Comme il ignore quand l'infirmière va arriver, le jeune homme s'absorbe dans la contemplation de la salle. C'est un brin miteux. Les murs sont couverts de photos montrant, probablement, des stars locales. Des trophées occupent des étagères, bien espacés, plus tellement brillants avec le temps. Tout ici appelle à se plonger dans le passé. Aussi, Harry se met à divaguer et se souvient de son dernier contact avec l'amour de sa vie, Ginny Weasley. Il se souvient de tout, la douceur de ses cheveux, son regard étincelant et quelque peu provocateur, le goût chaud et sucré de ses lèvres, l'adorable chaleur de ses mains... Son corps, frêle, dans ses bras, comme une poupée... Mais pas si poupée que ça, car Ginny a un caractère d'acier. Elle sait ce qu'elle veut, et fait tout pour l'obtenir. Si seulement il pouvait être comme elle, non, si seulement elle avait pu venir avec lui...

"Vous attendez depuis longtemps ?"

Harry sursaute. Laureen est là, devant lui. Il oublie soudain la froide absence et le manque douloureux de Ginny, il ne se concentre que sur la présence de la jeune blonde qui se tient penchée, ses seins opulents appelant presque aux caresses. Il réalise tout à coup qu'elle ne doit pas porter de sous-vêtements, pour qu'ils soient autant soumis à la gravité. Le jeune homme se sent petit à petit excité. Il faut à tout prix qu'elle soit dans son lit ce soir.

"Comment va votre jambe ? demande la jeune fille.
- Mieux, bien mieux, c'est grâce à vous.
- Hm, peut-être pourrait-on se tutoyer ? répond-elle en rougissant. On a plus ou moins le même âge après tout...
- Si vous... Si tu veux.
- Je veux bien."

Elle s'assied en face de lui et, aussitôt, le barman s'approche pour prendre leurs commandes. Laureen conseille à Harry le rumsteak maison, il suit son conseil. Après le départ du serveur, un silence s'installe, sur le fond bourdonnant des conversations environnantes.

"C'est inhabituel de voir passer des jeunes dans ce village. En général, ils fuient tous.
- Je suis arrivé en fuyant, fait remarquer Harry.
- C'est vrai, convient-elle en riant. Que faisais-tu dans la forêt ? Plus personne n'y va en cette saison, c'est de la pure folie !
- C'est... compliqué.
- Mon grand-père m'a dit que tu cherchais un trésor..."

Ah. Le grand-père. Oui. Harry l'a totalement oublié, celui-là. Il lui faut absolument broder une explication, et vite !

"Eh bien... mon père est décédé récemment...
- Oh, je suis désolée ! Si tu ne veux pas raconter, ce n'est pas grave...!"

Il veut continuer. Il veut la brouiller, l'impressionner, faire jouer le mystère. Il la veut, elle.

"Une semaine après son enterrement, j'ai reçu une étrange lettre. En fait, c'était lui-même qui l'avait écrite.
- Bizarre !
- En effet. Il était question d'un vieux trésor caché par son arrière-grand père... Attends, d'abord, je veux être sûr que tu ne répéteras rien de ce que je vais te confier."

Elle se penche par-dessus la table, ses seins s'écrasent entre ses bras. Vision divine ! Son air de conspiratrice la rend plus mignonne encore, avec ses lèvres entrouvertes, ses doigts fins retenant fébrilement les cheveux de sa frange...

"Tu peux compter sur moi ! affirme-t-elle.
- Bien. Alors écoute..."

Il lui raconte une histoire comme un conte, une quête héritée de père en fils, dont il est le dernier héritier, un trésor fabuleux qui, dit-il, date probablement de la Renaissance, un trésor inestimable, pour la recherche duquel il a tout plaqué, études, maison, amis, cousins - petite amie. L'évocation de cette dernière provoque un léger froncement de sourcils chez son auditrice. Il se dit alors qu'il a sûrement une chance.

"Elle ne comprenait pas l'importance que ce trésor avait pour moi, dit-il. C'est le seul moyen que j'aie de comprendre mes ancêtres, mon passé ! Après tout, je ne savais pratiquement rien de mon père, je l'ai compris en lisant sa lettre. Ma mère a compris, elle, elle m'a laissée partir, mais ma copine..."

Petite pause dramatique, regard vers le plafond, léger reniflement.

"Ma copine, elle, ne voulait pas que je parte. Elle trouvait insensé le risque que je prenais en plaquant tout. Alors elle m'a quitté. J'aurais pourtant tellement, tellement aimé rester en contact avec elle pendant tout ce temps... J'aurais voulu lui écrire, avoir de ses nouvelles, mais non, elle s'est refusé à tout ça..."

Nouvelle pause. Il entame alors le récit de son voyage fictif. Enfin, fictif, en partie seulement, il s'inspire de ce qu'il a vécu depuis son départ du Terrier, ses longues nuits sans dormir, aux aguets dans sa tente, les journées de marche solitaires, les rencontres avec des gens tous plus étranges les uns que les autres, qui pouvaient peut-être l'aider dans sa quête... Et puis, les mangemorts. Ou, plutôt, les loups.

"Ce n'étaient pas les premiers que je croisais, mais d'habitude j'arrivais à les esquiver, à m'en tirer sans qu'ils ne me remarquent. Mais cette fois, je sentais que quelque chose n'allait pas."

Elle le regarde intensément. Il a capté toute son attention. Les plats, déjà terminés, ont à peine été savourés. Laureen a englouti sa Salade du Soir en hochant la tête au fil de son récit, laissant échapper quelques "Hmm, umm" d'approbation entre deux bouchées. Harry se délecte de son succès.

Malheureusement, son histoire est interrompue par le barman qui leur indique qu'il est tard et qu'il va fermer son restaurant, donc s'ils veulent discuter, c'est dehors ou en haut. Laureen laisse apercevoir une expression de frustration, et le jeune homme saute sur l'occasion pour lui proposer de monter dans sa chambre. Elle accepte, et ils se lèvent en chœur. L'addition n'est pas un problème, le grand-père de Laureen s'étant proposé pour payer tous les frais du jeune blessé.

En grimpant jusqu'à l'étage, Harry feint de souffrir terriblement, et la jeune fille vient immédiatement l'aider à marcher. Il s'appuie sur elle, son bras autour de ses épaules, leurs visages sont terriblement proches...

Arrivés dans la chambre, ils s'assoient sur le lit, et il reprend son récit.

"En fait, j'avais l'intention de suivre le sens du vent, de manière à ce qu'ils ne sentent pas mon odeur, comme je le faisais d'ordinaire ; seulement voilà, cette fois ça n'a pas marché. De toute façon, je me doutais que ça serait plus compliqué que ça : il y avait dans cette meute une sorte de vieille louve qui devait avoir un odorat particulièrement fin, et qui m'a repéré quand même. Elle a dû faire passer le message, et au final je n'ai pas eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait : ils m'entouraient. Ils étaient tous maigres à souhait, ils n'ont pas dû manger à leur faim récemment... Mais la faim déploie la force, tu sais ?"

Elle ne le sait pas, mais elle s'en doute. Elle s'approche de lui, les yeux brûlants.

"Et...?
- Et, alors que je me préparais à fuir, ils se sont tous jeté sur moi les uns après les autres. Je n'ai pas beaucoup de souvenir de ce qui s'est passé, c'est allé tellement vite... Je sais que j'ai réussi à assommer la louve qui m'avait repéré, après quoi j'ai utilisé la canne léguée par mon père du mieux que je pouvais, pour les repousser, les frapper si je pouvais... Mais j'ai fini par casser ma canne. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à perdre espoir."

Il sait qu'elle le regarde, probablement avec une terrible expression de désespoir, comme si elle vivait ce qu'il raconte. Mais il ne doit pas la regarder. Il doit continuer à lancer ses filets pour l'attraper...

"J'ai sérieusement cru que ma dernière heure était arrivée. Mais heureusement, j'avais développé de bons réflexes ! J'ai réussi à leur échapper, de justesse, mais ils ont réussi quand même à m'amocher un peu...
- Et ta blessure à la jambe ? Ca ne ressemble pas à une blessure causée par une bête sauvage !
- Eh bien... c'est un peu humiliant à dire...
- Mais tu peux tout me dire !
- ... je suis tombé, tout bêtement.
- Hein ? Comment ça ?
- En fuyant les loups, j'ai trébuché, peut-être à cause d'une racine, je ne sais pas très bien... En tout cas, j'ai dévalé une pente couverte de feuilles et suis tombé dans une sorte de petite crevasse au milieu de nulle part."

Il en était sorti en rampant, blessé et harrassé, et s'était ensuite lancé dans la recherche d'un endroit où s'abritter.

"C'est là que tu es arrivé à Moria !
- Tout à fait."

Elle reste un instant songeuse. Il en profite pour l'observer. Va-t-elle tomber dans ses bras comme il l'espère ? Le regard de la jeune fille semble perdu dans le vide. A quoi pense-t-elle donc ?

"Quelle idiote..."

C'est ce qu'elle a dit, d'une voix à peine audible. Puis elle sursaute.

"Ah ! Euh... Je l'ai dit à voix haute...?
- ...oui.
- Je, heu... Je pensais à ta copine... Je ne comprends pas comment elle a pu te quitter juste pour ça... Ce que tu fais est héroïque, elle n'avait pas le droit de te faire du mal comme ça!
- Tu n'es pas obligée de faire comme si tu me comprenais, répond-il en rentrant dans le jeu. Je sais que j'ai l'air pathétique, mais n'en joue pas s'il te plaît..."

Elle se jette sur lui, le plaque sur le lit, et l'embrasse violemment.

"Je comprends, dit-elle. Je te comprends. Tu es un héros, et je veux prendre la place de cette garce qui a osé te faire du mal !"

Bingo, se dit Harry en enlaçant la jeune fille.