Dernier chapitre que je mets en ligne. C'est une grande émotion, plus encore que pour les précédentes fictions je pense.

J'ai vécu une merveilleuse aventure avec vous toutes (et tous) et sincèrement je ne pensais pas avec un tel accueil avec cette histoire.

Quasiment 180 000 mots, 71 000 view, 1 164 review, 223 followers, 151 favoris O.O Si j'avais un jour imaginé ça...

Il n'y a pas assez de mots pour vous exprimer toutes ma gratitude. Je vous remercie tellement d'avoir partagé avec moi cette histoire avec autant d'enthousiasme, c'est incroyable. Merci.

Au delà de l'écriture, je me suis fais des amis, de belles rencontres qui me tiennent à coeur.

Cette histoire à été remarqué et on m'a proposé d'en faire une publication numérique pour commencer. Du coup, comme vous pouvez vous en douter, j'ai répondu : C'est ou que je signe? Donc voilà, je vais la retravaillé (y en a encore du boulot XD), en faire un texte avec mes personnages de mon cru et le roman sera disponible en ebook début 2015.

AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH... pardon pardon, j'ai encore un peu de mal à réaliser XD

Bref, j'arrête avec ça, je ne vous fait pas plus attendre et bonne lecture à tous mes très chers lecteurs


Chapitre 25) Se jeter à l'eau

Jour 87 11h30

Le temps leur avait semblé interminable pendant toutes les procédures. Elles en étaient enfin au jour du verdict et Emma repensait à tout ce par quoi elles étaient passées. Kathryn avait bien sur très mal vécu la confrontation qu'elles avaient eut et, même si elle ne pouvait pas prouver le coup, elle avait confirmé sa demande exclusive pour la garde d'Henry. S'en était suivit le lancement de l'enquête sociale qui avait mit Regina dans un état d'angoisse assez extrême. Elle avait traqué chaque grain de poussière et rangé vingt fois les mêmes choses en attendant qu'il arrive.

Quand on toqua à la porte, Regina sursauta et se précipita pour ouvrir, fébrile.

« Bonjour. » Dit-elle en arborant un immense sourire.

« Bonjour. Je suis monsieur Gold, je suis la personne qui vient faire l'enquête sociale dans le cas du divorce Mills. » S'annonça-t-il.

« C'est bien ici. » Répondit-elle en lui tendant la main avant de se décaler pour le laisser entrer. « Je suis Regina Mills et voici mon fils Henry. »

« Je connais déjà ce jeune homme, nous nous sommes vu chez madame Kathryn Mills. » Dit-il en posant sa main sur son épaule. « Alors c'est ton autre chez toi ? »

« C'est ma maison. » Chantonna l'enfant en souriant. « Tu veux voir ma chambre ? » Questionna-t-il en prenant la main du nouveau venu.

« Henry mon chéri attends, on va d'abord discuter et après nous lui ferons visiter d'accord ? »

« Oui maman. » Dit-il visiblement déçu.

« Et vous devez être Emma Swan. » Ajouta l'homme en se tournant vers elle. « Madame Mills à très souvent évoqué votre nom. »

« Je préfère ne pas demander en quel termes elle a parlé de moi. » Soupira-t-elle en lui tendant la main à son tour.

« On peut dire ça. »

Il commença alors la visite, inspecta les lieux en prenant de nombreuses notes. Il posa des questions sur les rituels de levé, de couché, sur les personnes qui gardaient Henry, les horaires de travail. Dès qu'il monta à l'étage, Henry se précipita vers sa chambre et chacun comprit qu'il fallait le suivre.

« Quel enthousiasme. Moi qui le pensais réservé, presque triste comme enfant, quand je l'ai vu chez votre ex-femme, je me rends compte qu'il est tout le contraire ici. »

« C'est peut être parce qu'il est plus habitué à cet environnement. » Répondit Regina mal à l'aise, semblant osciller entre une envie d'enfoncer Kathryn et celle de rester impartiale.

Monsieur Gold lui lança un regard amusé et prit des notes. Emma vit sa compagne se tordre le cou pour essayer de voir ce qu'il écrivait et elle vint prendre sa main pour la rassurer.

« C'est un bon point de ne pas chercher à enfoncer l'autre, ça change. » Lança-t-il l'air de rien en entrant dans la chambre.

« C'est toi qui a mis cette photo ? » Demanda-t-il alors à Henry en pointant un cadre sur sa petite table de chevet, dans lequel se trouvait une photo d'Emma Regina et lui.

« C'est moi j'ai choisit. Maman l'a plein de photo. »

« Il a demandé celle là. » Commença Regina pour mieux expliquer. « J'ai fait développer de nombreuses photographies et il a eut droit de choisir celle qu'il voulait pour son cadre. »

« Tu aurais pas voulu une photo avec ta maman Kathryn ? » Questionna-t-il en s'asseyant sur le lit à côté de lui.

Henry fronça les sourcils et serra son cadre contre lui. Il fit un grand non de la tête et s'enfuit quand l'homme fit mine de s'approcher.

« C'est à moi. » Dit-il avec colère. « Maman a dit tu choisis. »

« Oh mais tu as eu parfaitement raison, elle est très jolie cette photo. »

L'humeur du petit garçon s'allégea instantanément et il revint montrer son cadre.

« Ca c'est Henry, ça maman et ça Emma. » Énuméra-t-il en lui pointant du doigt chaque personne.

« Je vois je vois. Et Emma elle s'occupe de toi ? »

« Oui. »

« Elle fait quoi ? »

« Elle est gentille. »

« Vous faites quoi ensemble ? »

« On joue, au ballon, à l'avion, à la course, avec les lego. »

Il continuait d'énumérer et Emma cru voir un petit sourire sur le visage de l'homme. Elle avait beaucoup angoissé que sa présence puisse porter préjudice à sa compagne lors de la procédure, mais cela semblait être finalement le contraire.

Monsieur Gold s'était ensuite longuement entretenu avec Regina et était partit sans un mot pouvant leur faire comprendre le fond de sa pensée. Elles avaient inlassablement fait des prognostics, réfléchit aux bon points qu'elles avaient pu marquer, et c'est la boule au ventre qu'elles s'étaient présentées devant le juge.

Emma se sentait presque nauséeuse à attendre le verdict. Elle imaginait en boucle les pires scénarii et l'état dans lequel serait sa compagne si les choses tournaient mal. A ses côtés, Regina se rongeait les ongles, puis les peaux en secouant le genou avec nervosité. Quoi qu'elle fasse, rien ne calmait la jeune femme et Emma savait que rien ne pourrait y arriver. Elle essayer de se montrer la plus présente possible, ignorant ses propres angoisses en se concentrant toute son attention sur la brune. Elle avait du mal à calmer ses propres peurs sur la tournure que pouvaient prendre les évènements, mais elle savait que Regina ne pourrait pas gérer ses propres angoisses et les siennes en plus. Alors elle se taisait et s'accrochait à l'espoir que tout se passe bien.

Son cœur s'arrêta quand le juge entra et, tout comme Regina, elle s'avança dans son siège comme si cela allait faire venir le verdict plus vite.

« Dans chaque divorce qui implique un enfant. » Commença le juge d'une voix forte. « Il est important de mettre ses besoin et son bien-être à lui en priorité. Madame Kathryn Mills, tous les témoignages que j'ai eut tendent à montrer que vous ne vous êtes jamais impliquée dans la vie de votre fils. C'est pourquoi j'ai bien du mal à comprendre votre demande de garde exclusive. Se servir d'un enfant, comme d'un outil pour arriver à ses fins, est un acte que je qualifierai d'immonde. Mon choix, que je craignais difficile au départ, à finalement était très simple à faire et je vous en remercie.

J'accorde la garde exclusive du jeune Henry Mills à sa mère Regina Mills. Vous aurez un droit de visite, et uniquement de visite un week-end par mois la première année et l'autorisation, si votre ex-femme l'accorde, de l'avoir chez vous un week-end par mois passé ce délai. »

Il tapa de son marteau sur son bureau et Regina se leva d'un coup en laissant exploser sa joie. Elle prit Emma dans ses bras, puis ses parents. Chacun était ému et c'est le cœur léger qu'ils se rendirent tous chez Mary-Margareth qui gardait Henry, sans accorder un seul regard à Kathryn.

Jour 136 : Train de 6h22

« Salut. » Dit-Emma en s'asseyant à côté de sa compagne qui tendit naturellement le cou pour quémander un baiser.

« Ca a été ta soirée ? » Questionna Regina en l'aidant à se débarrasser de son manteau trempé.

« Oui. » Répondit-elle en ébouriffant ses cheveux pleins de pluie.

Le mois de Novembre était arrivé et avec lui ses pluies qui n'en finissaient pas. Chaque soirée qu'Emma passait chez sa compagne, elles s'installaient sur le canapé une fois Henry couché et profitaient de la chaleur du feu de cheminée. Le programme était aussi varié que l'était leur humeur, parfois un verre de vin accompagnait leurs récits de leurs journées respectives et les discussions sur lesquelles elles dérivaient jusque tard dans la nuit. Parfois elles se blottissaient l'une contre l'autre sous une couverture à regarder tranquillement un film. D'autres fois l'une cherchait l'autre et faisait déraper le moment en séance câlins sans prendre la peine de monter dans la chambre.

Emma aimait chacun de ces moments et elle savait que Regina aussi. Le temps passant, elle avait de plus en plus de mal à supporter les soirées qu'elle passait seule chez elle. A avoir le choix, elle préférait toujours être avec sa compagne et son fils que seule.

« Mary était surexcitée par son voyage et on a eu droit à deux heures de photos d'elle devant un palmier, David devant un palmier, elle devant un iguane, David devant un iguane, elle devant une plage, David devant la même plage, eux deux devant la même plage, elle devant une mangue, David devant une mangue, eux deux en train de manger la pauvre mangue. »

« Les joies des photos de vacances des autres. »

« Et il faut s'extasier sinon ils râlent. »

« Ce sera répété et amplifié. »

« Je nierai tout en bloc. »

« Elle te connait… Elle saura que je dis vrai. »

« Elle sait déjà, elle avait cet air démoniaque quand elle a ouvert son dossier 'Guadeloupe' et qu'elle m'a obligée à m'asseoir. Ruby a essayé de fuir mais je l'ai coincé aussi. »

« Vous êtes horribles, elle est votre amie c'est normal qu'elle veuille vous montrer tout ça. »

« Tu rigoleras moins quand tu y auras droit aussi dimanche après midi. »

Regina perdit son beau sourire en coin quand elle réalisa qu'elle aussi allait surement devoir y passer à son tour.

« Dimanche nous serons occupés à rendre sa liberté à Zazou alors elle n'osera peut être pas. »

« Penses-tu, il faudra se changer les idées et changer les idées d'Henry qui aura vu son oiseau s'envoler. »

« Te servir de ton fils pour échapper aux photos, c'est petit. » Dit-elle en riant.

« A faire des enfants autant que ça serve à quelque chose. »

Emma écarquilla de grands yeux et se rua sur son téléphone.

« Qu'est ce que tu fais ? »

« Je mets un rappel sur mon téléphone pour les dix-huit ans d'Henry afin de penser à lui répéter ce que tu viens de dire. »

« Tu n'oserais pas… » Dit-elle en se penchant pour vérifier.

« Je veux… Bien sur que si. »

« Traitre. »

Emma s'amusa de la voir pester à côté d'elle et ne comprit pas pourquoi elle prenait soudain un air grave. La jeune femme fouilla dans son sac et en sortit une enveloppe qu'elle serra contre elle.

« Regina ça va ? » Questionna-t-elle inquiète.

« Il y a… Il y a quelque chose dont je dois te parler… »

Emma se tourna vers elle et sentit un poids tomber dans son estomac devant le visage fermé de sa compagne.

« Qu'est ce qui se passe tu m'inquiètes. »

« Et bien… Voilà je… Je ne veux pas que tu le prennes mal mais… Il y a quelque chose qui me crée beaucoup trop d'angoisses et… Je pense qu'il est temps d'y mettre un terme. »

Emma n'osait rien dire, elle s'imaginait déjà le pire et restait tétanisée sur son siège.

« Regina… »

« Je… Je n'ai pas le courage de le dire je… Tiens. » Dit-elle en lui tendant l'enveloppe.

La jeune femme la saisit en tremblant et se contenta de la regarder au début sans vouloir l'ouvrir. Elle regarda la brune et fronça les sourcils en voyant qu'elle se mordait la lèvre, semblant se retenir de rire. Elle ne comprenait pas trop son comportement mais commençait à redouter ce qui se cachait dans l'enveloppe pour que toute autre raison.

Partagée entre l'angoisse et la sensation qu'elle était en train de se faire avoir, elle l'ouvrit lentement. Elle soupira en attrapant ce qu'il y avait dedans et son stress se transforma en un grand soupir désabusé quand elle vit ce que c'était.

« Et tu te crois sérieusement maligne là ? » Questionna-t-elle en lui montrant.

Instantanément la jeune femme lâcha tout se qu'elle contenait et elle commença à rire aux éclats. Emma voulait continuer à feindre l'agacement mais le rire de sa partenaire lui coupait toute envie de faire la tête.

« Un abonnement de train, franchement Regina, c'est censé sous-entendre quoi ? »

« Rien, c'est simplement censé dire clairement que tes retards m'angoissent et pour m'épargner ça, je t'offre cet abonnement. Adieu les trajets clandestins, tu n'auras plus qu'à être à l'heure et monter dans le train. »

« Tu te rends compte combien j'ai angoissé ? »

La jeune femme ne répondit pas mais se pinça les lèvres avec un air tellement fier d'elle qu'Emma ne put que soupirer.

« Ce n'est rien à côté de tous les stress que j'ai à observer le quai sans te voir en arrivant en gare, ou à t'attendre pendant que tu achètes un billet en hâte en voyant le train prêt à partir, où encore à te savoir tranquillement assise à côté de moi à voyager dans l'illégalité. »

« Dans l'illégalité, est-ce que tu t'entends ? »

« Parfaitement. Quel autre mot pour qualifier une personne empruntant un moyen de transport sans avoir payer son droit d'être là. »

« J'ai cru que tu allais m'annoncer une terrible nouvelle. » Dit-elle avec une voix montant dans les aigües, encore abasourdie par l'ascenseur émotionnel qu'elle venait de vivre.

Regina pouffa en secouant la tête pour essayer de se contrôler et éclata de nouveau d'un rire cristallin.

« Tu es fière de toi n'est-ce-pas ? » Soupira-t-elle.

« Oui. » Répondit-elle entre deux éclats de rire. « Au pardon mon trésor ce n'était pas méchant je te promets. » Dit-elle en essayant en vain de retrouver son calme.

Emma souffla en se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas lui donner la satisfaction de la voir sourire à son tour. Elle regarda l'abonnement et sourit d'une oreille à l'autre en le lisant.

« Depuis chez toi. »

« Quoi ? » Questionna Regina en essuyant des larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

« L'abonnement, il est depuis ta gare, pas la mienne. »

« Oui je… » Elle se racla la gorge soudain moins à l'aise. « Je me suis dit que, pour quand tu seras chez moi, il est plus pratique que l'abonnement parte de la gare la plus éloignée de Boston. »

« Logique. »

« Ca ne… Te dérange pas ? »

« Bien au contraire. » Dit-elle en l'embrassant. « Ca va me donner envie de rester plus encore chez toi. »

Regina l'embrassa à son tour avec un grand sourire et semblait satisfaite. Visiblement, c'est ce qu'elle espérait depuis le début.

Jour 140 : 11h30

« Je veux pas. » Dit Henry au moment où Emma se penchait pour le sortir de la voiture ?

« Chaton il le faut. »

« Non. » Dit-il en tournant la tête et en croisant les bras.

« Henry, Zazou ne peut pas partir sans te voir une dernière fois. »

« Non. » Dit-il en se décalant pour s'éloigner de sa main.

Emma ne savait pas vraiment comment agir au mieux quand le petit garçon était décidé à ne pas coopéré. Elle lança un regard désespéré à sa compagne qui sourit en secouant la tête.

« Hey. » Dit-Regina en venant à la rescousse. « Jeune homme, Zazou doit retrouver sa liberté que tu le veuilles ou non. »

« C'est mon copain Zazou. »

« Mary-Margareth l'a bien soigné et il est malheureux dans sa cage. Tu aimerais vivre dans une cage ? »

« Non. » Dit-il les sourcils froncés, sans la regarder.

« Tu penses que c'est bien d'obliger ton copain à être malheureux ? »

« Non. » Répondit-il en semblant commencer à culpabiliser.

« Alors tu veux le laisser partir sans lui dire que tu l'aimes ? »

« Non. » Dit-il d'une toute petite voix, ses yeux se remplissant de larmes.

« Allez vient mon bébé, soit un grand garçon et vient dire au revoir à ton ami. »

Regina le détacha et le prit avec elle jusque dans l'appartement. Emma la suivit en se demandant comment elle faisait pour toujours savoir quoi dire pour débloquer une telle situation.

« Hey tout le monde. » Dit David en leur ouvrant la porte. « Entrez, Mary est en train de faire une beauté monsieur piou-piou. »

« Arrêtes de l'appeler comme ça. » Dit-Emma en passant devant lui.

« Ce n'est pas toi qu'il réveille depuis des mois en pleine nuit parce qu'il à faim ou qu'il a besoin de se dégourdir les ailes et met tout en l'air dans sa volière. »

La jeune femme lui tapota l'épaule avec une fausse compassion et se dirigea vers le salon. Dès qu'il entra dans la pièce Henry se précipita vers la cage de l'oiseau.

« Zazou. » Cria-t-il en se faufilant entre les jambes de Ruby pour être au plus proche.

« Hey gamin bonjour quand même. » Dit la jeune femme en lui ébouriffant les cheveux.

« Jour. » Dit-il précipitement en se protégeant la tête.

« Henry reste poli. » L'avertit sa mère en arrivant.

« Bonjour tata Ruby, bonjour tata Mary, bonjour tonton David. » Dit-il avec un grand sourire.

Emma sourit d'une oreille à l'autre en constatant que l'enfant avait bien intégré les appellations qu'elle lui avait apprit pour ses amis. Ruby le prit dans ses bras en l'entendant et couvrit son visage de bisous malgré ses faibles protestations.

« Ahhh, tu sais comment nous faire craquer petit garnement. »

« Lâche Ruby lâche. » Dit-il en riant dans ses bras.

Elle s'exécuta et chacun se regroupa autour de la table sur laquelle Mary-Margareth tenait Zazou.

« Il va pas mourir dehors ? » Questionna le petit garçon avec un air inquiet.

« Non Henry. » Répondit Mary. « Il va fonder une famille, il va avoir des bébés, un nid à lui. Il sera très heureux. Et on a mit des nichoirs dans tous le parc de la résidence, il s'y installera peut être. »

« Comment tu sais ? »

« Tu vois ça ? » Dit-elle en montrant une petite bague rouge autour de sa patte. « Ca va nous permettre de le reconnaitre. »

« Y va trouver une amoureuse ? »

« J'en suis sûre, il est beau gosse Zazou. » Dit-Emma.

« Dire que tu le traitais de décoiffé. »

« Il l'était. »

« C'était nos débuts tu te souviens. »

« Il me serait difficile d'oublier madame Mills. »

« Mademoiselle. » Répondit-elle du tac au tac en fronçant les sourcils.

« Une femme mariée qui draguait les pauvres et innocentes jeunes femmes dans les trains. »

« Pardon ? » S'exclama-t-elle avec incrédulité. « Tu… »

« Excuses acceptées. » La coupa Emma en souriant.

« Exc… » Regina sembla d'abord confuse et soudain le souvenir lui remonta en mémoire. « Tu es une idiote. » Conclue-t-elle en lui tapant l'épaule.

« Ton idiote. »

« En effet. Et maintenant occupons nous d'Henry. »

Les deux jeunes femmes se concentrèrent sur l'enfant qui câlinait la tête de l'oiseau que tenait Mary-Margareth. La jeune femme l'amena contre l'enfant qui se pencha pour lui faire un bisou.

« Tu veux lui dire quelque chose ? »

Henry regarda sa mère qui fit un geste pour l'inciter à le faire, et il caressa sa tête du bout des doigts, aussi délicatement qu'il pouvait à son âge.

« Je t'aime Zazou. Reviens me voir s'il-te-plait. »

Emma sentit une pression sur son poignet et vit Regina agrippée à elle. Visiblement, la jeune femme supportait mal de voir son fils si triste sans pouvoir rien y faire.

« Il va falloir capturer d'autres oiseaux pour les baguer parce que la probabilité qu'il revoit le sien est faible. » Lui chuchota-t-elle à l'oreille.

« Sois raisonnable, dans deux semaines il sera passé à autre chose. »

Regina croisa les bras et soupira. Tout le monde assista à l'envolée de Zazou et Henry resta devant la fenêtre à guetter les oiseaux passant devant lui. Emma essayait de le distraire mais aussi de distraire sa mère qui s'inquiétait de façon exponentielle.

« Si je lui prenais un chat. » Dit soudainement Regina alors que la jeune blonde s'asseyait à côté d'elle sur le canapé.

« Un chat ? »

« Oui. Regarde le à regardé dehors cherchant Zazou. Il s'occupait bien de lui dès qu'il était ici, il voulait tout le temps venir. Il a toujours aimé les animaux et n'en a jamais eu un. »

« Tu as conscience que la c'est juste ta culpabilité que tu cherches à calmer. »

« Oui et non. Je sais qu'il veut un animal, dès qu'on voit un chat il demande si on peut en avoir un. »

« Il ne s'occupera pas de la caisse ni rien ça va être pour toi. »

« Bien sur je sais. » Répondit-elle en fronçant les sourcils. « Ca ne m'enchante pas mais moi aussi j'aime les chats. La seule raison pour laquelle je n'ai jamais envisagé d'en prendre un c'était parce que Kathryn n'en voulait pas. »

« Je sens que ça va être pour ma pomme les tâches ingrates. »

« Ca veut dire que t'es pas contre ? »

« Mon avis peut changer la donne ? »

« Oui. » Répondit-elle sérieusement en se tournant vers elle.

Emma se sentit sincèrement touchée d'être écoutée dans ces décisions là. Regina aurait pu faire son choix pour son fils et elle quoi qu'elle en dise, elle ne vivait même pas avec eux. Mais non, à ses yeux à elle son avis importait et c'était pour elle l'une des plus belles preuves d'amour. Elle se pencha pour l'embrasser et rit en entendant Ruby siffler et Henry crier un grand « bèèèèèrk »

« Enfin un peu d'action, ça se galoche sur le canapé. » Dit la jeune femme en venant s'asseoir dans le fauteuil en face.

« Evites d'apprendre ces mots là à mon fils. » Râla Regina en se calant contre sa compagne.

« A oui pardon. Enfin un peu d'action, ça se fait des gros bisous bien baveux sur le canapé. » Rectifia-t-elle.

En parlant, Ruby attrapa Henry qu'elle prit sur ses genoux et commença à le couvrir de bisous et de coup de langue qui le firent hurler. Il criait, protestait et se débattait, ce qui contrastait avec les grands éclats de rire qu'il avait.

Jour 156 : Train de 18h45

« Tu te rends compte que tu critiques la totalité des apparts que je visite depuis deux mois. » Soupira Emma avec désespoir.

Deux mois qu'elle visitait des appartements pour changer de son petit studio. En général Regina l'accompagnait et systématiquement elle trouvait à redire sur le lieu. Les critiques étaient variables, l'emplacement, la luminosité, l'exposition, l'agencement, le voisinage. Rien ne semblait convenir aux critères de la brune. Elle ne savait plus quoi faire, revenir sur un choix non approuvé par sa compagne où chercher quelque chose qui aurait grâce à ses yeux. Même si elle choisissait son appartement pour elle, elle voulait qu'il plaise à Regina pour qu'elle ne rechigne pas à y venir régulièrement.

« Ce n'est pas de ma faute si tu ne repères que des endroits invivables. » Répondit-elle.

« Tu es injuste, la plupart de ces appartements étaient très bien. Prenons le dernier, qu'est ce qui ne te convenait pas avec celui là ? »

« La cage d'escalier était beaucoup trop étroite. »

« C'est une raison idiote et tu le sais. »

Regina soupira, agacée et commença à se triturer nerveusement les doigts.

« Il est à Boston. » Dit-elle doucement.

« Et alors ? Boston chez toi c'est pas loin, et puis ça ne te plairait pas de venir passer la nuit ici de temps en temps et ça t'évite le train du matin ? »

« Non. » Répondit-elle fermement.

« Pourquoi non ? »

Emma la vit se fermer, refusant visiblement de lui exprimer le fond de sa pensée. Elle avait comprit mais ne souhaitait pas lui faciliter la tâche en parlant à sa place. »

« C'est idiot de s'éloigner, ça ne marche pas comme ça. » Dit-elle un peu fort, agacée d'être ainsi manipulée par sa compagne.

« Et ça marche comment ? » Dit-elle en se retenant de sourire.

« Tu sais très bien comment ça marche, arrêtes de jouer à me mettre mal à l'aise. » S'énerva-t-elle en lui tapant l'épaule.

« A bon ? Non je t'assure je ne sais pas. »

Regina soupira en levant les yeux au ciel et se pinça le nez avec ses doigts.

« On est pas censées s'éloigner. » Dit-elle en râlant. « C'est même tout le contraire. »

« A bon le contraire ? » Continua-t-elle à la taquiner.

« Parfaitement. » Répliqua-t-elle en lissant sa jupe nerveusement.

Emma voyait que quelque chose d'autre la tracassait, quelque chose dont elle ne parlait pas et qui semblait lui trotter dans la tête depuis quelques temps déjà. Au départ, elle ne comprenait pas son comportement vis-à-vis de ses recherches d'appartements, et depuis qu'elle pensait avoir compris, une part d'elle n'osait pas y croire.

« Du coup je fais quoi ? Je continue à chercher pour me rapprocher et je ne trouve rien car il n'y a que des appartements trop chers pour moi par chez toi ? »

La brune la fusilla du regard et Emma s'empêcha de rire. Elle la regarda commencer à maltraiter la peau de ses doigts nerveusement.

« Regina ? »

« Si tu prends un appartement à Boston… Tu ne seras plus dans le train avec moi matin et soir. Si… Si je continue à prendre ce train c'est pour être avec toi. »

« Je me demande si un appartement fera l'affaire à tes yeux. Qu'il soit chez toi ou ailleurs. »

« Henry aime quand tu es à la maison. »

Emma resta silencieuse, son cœur battant fort dans sa poitrine en attendant, espérant que sa compagne se lance.

« Moi aussi j'aime quand tu es à la maison. »

« J'aime être avec vous. »

« Tu passes déjà la majorité de tes nuits à la maison. »

« Chez toi oui. »

« Ca n'est… Ca n'est pas obligé de rester… chez moi. »

Regina ne la regardait pas, les yeux rivés sur ses mains. Elle semblait terrorisée en attendant sa réponse et Emma sourit en venant embrasser sa tempe.

« Es-tu en train de me proposer d'emménager avec toi ? »

« C'est trop tôt ? » Questionna-t-elle en la regardant d'un coup. « Une voix dans ma tête me dit que c'est trop tôt, mais le fait est que pour moi ça parait pas si tôt que ça. J'ai peur bien sur car je me souviens de tout ce qui n'a pas marché avec Kathryn, mais il n'empêche qu'a chaque appartement qu'on visite ça m'énerve car je n'ai pas envie que tu ailles ailleurs. Et je n'ai pas envie non plus que tu restes dans ton minuscule petit appartement. »

Emma l'écouta sortir toute sa tirade sans respirer et sentit son cœur faire un agréable boum dans sa poitrine. Elle avait peur, bien sur, mais une peur chargée d'une adrénaline positive et motivante.

« Regina… » Tenta-t-elle alors pour donner sa réponse.

« Je sais qu'il y a des tonnes de choses qu'on ne sait pas l'une sur l'autre… » Continua-t-elle sans l'entendre ni même l'écouter.

« Regina. » Essaya-t-elle de nouveau en soupirant amusée.

« Et qu'on va découvrir des défauts qui vont nous horripiler comme ton incapacité à ranger tes vêtements que tu poses négligemment sur le fauteuil de la chambre… »

« Regina. » Dit-elle encore en levant les yeux au ciel.

« Ou encore cet horrible fromage en tube que tu mets partout et dont mon fils maintenant raffole… »

« Regina. »

« Et la télé que tu mets en veille au lieu de te lever pour appuyer sur le bouton et correctement l'éteindre… »

« Regina. »

« Et les petits bouts de dentifrice que tu ne nettoies pas dans le lavabo… »

« Regina. » Dit-elle plus fort pour arrêter son mantra. « Tu comptes énumérer tous mes défauts pour me demander de venir vivre avec ton fils et toi ? »

La jeune femme s'interrompit et fit un timide oui de la tête.

« Oui. » Dit-elle simplement.

« Oui ? »

« Oui. Je veux bien apprendre à nettoyer le lavabo, ranger mes affaires dans le dressing, me lever pour éteindre la télé. Et non je n'abandonnerai pas le fromage en tube et je ferai même découvrir des tonnes d'autres merveilles culinaires à Henry. »

« On va habiter ensemble ? »

« On va habiter ensemble. »

Le visage de Regina s'élargit en un immense sourire et elle regarda rapidement à droite et à gauche, s'assurant que personne ne faisaient attention à elles, avant de se ruer vers elle pour l'embrasser passionnément.

Jour 426 : Train de 00h44

Pour se rendez-vous, Emma avait mit les petits plats dans les grands. Elle avait passé des journées entières à chercher le restaurant sur Boston où elle voulait amener sa compagne. Elle avait longuement réfléchit aux horaires pour être sûre de pouvoir prendre le train de 00h44 où elle savait qu'il n'y aurait presque personne. Après avoir emmené sa compagne dans un petit restaurant romantique, puis lui avoir fait la surprise de l'emmener dans un piano bar chic qu'elle connaissait, où Regina avait prit possession de l'instrument pendant bien une heure pour le plus grand plaisir de sa compagne et des autres clients présents, Emma héla un taxi pour qu'il les ramène tranquillement à la gare.

Elle offrit sa main à sa compagne en parfaite gentlewoman pour l'aider à monter et la suivit pour entrer dans le wagon. Elle retint un soupir de soulagement quand elle vit que leur compartiment était vide et alla s'asseoir avec elle à leurs places.

« J'ai passé une soirée merveilleuse Emma. » Dit Regina en l'embrassant tendrement. « Merci pour tout ça. »

« C'était mon plaisir je t'assure. »

La brune l'embrassa encore et se calla contre elle en soupirant. Emma sentait son cœur s'emballer dans sa poitrine et elle avait du mal à contenir l'appréhension qui était en train de s'emparer d'elle. Elle ferma les yeux et se concentra sur la respiration calme de sa compagne pour tenter de s'apaiser suffisamment pour oser faire ce qu'elle préparait depuis des jours et des jours.

Elle posa sa main sur la poche de son manteau pour s'assurer que la petite boite était toujours là et chercha en elle le courage de parler.

« J'ai… » Commença-t-elle d'une voix incertaine. « J'ai réfléchit des heures à la façon dont je te dirai ça, les mots que je choisirai, le lieu, le moment. Mais le fait est qu'on a beau se préparer des jours durant devant son miroir, se jeter à l'eau est terriblement effrayant. »

Ces mots étaient maladroits mais elle savait qu'elle ne pourrait pas faire mieux alors elle décida de ne plus réfléchir et se laisser porter par son instinct.

« Emma ? »

« Ca fait un peu plus d'un an qu'on est ensemble toi et moi. Et chaque jour c'est un bonheur. C'est grâce à ce train qu'on en est la toi et moi, et jusqu'à la fin de ma vie il représentera quelque chose de spécial pour moi. Il m'a apporté l'amour de ma vie, une renaissance à laquelle je ne croyais plus, et bien sur un coming-out parfaitement inattendu. »

Regina gloussa contre elle sans bouger et Emma se laissa rassurer par son rire.

« Viens avec moi. » Dit-elle en se levant et en lui tendant la main.

Elle la regarda incrédule et la prit pour se laisser entrainer jusqu'à la porte vitrée les séparant de la plateforme du wagon.

« Qu'est ce qui se passe ? »

« Te souviens tu du jour où tout à basculé ? »

« Oui, à travers cette vitre. J'ai compris et accepté mes sentiments et toi aussi. » Répondit-elle en la questionnant du regard, un peu perdue par la situation.

« C'est ça. Ce jour là j'ai compris que j'étais irrémédiablement tombée amoureuse de toi et que je voulais t'avoir dans ma vie. Il y a un an j'ai commencé à espérer que je pourrai partager ma vie avec toi Regina Mills. Aujourd'hui c'est le cas et… Je sens qu'il m'en faut plus, je veux plus de nous et je veux t'offrir plus, car tu mérites bien plus. »

Regina semblait ne plus respirer du tout et elle se contenta de la regarder ouvrir la vitre sans bouger. Emma se posta de l'autre côté et quand elle fut refermée, les séparant momentanément, elle posa dessus un papier ou elle avait écrit ces mots qu'elle avait si peur et si hâte de dire.

'Regina Mills, veux tu m'épouser ?'

Sa compagne lit le message et plaqua ses mains sur sa bouche en hoquetant et en reculant d'un pas. Emma vit ses yeux se remplir de larmes et elle combattit les siennes qui menaçaient de monter à leur tour.

C'était un peu le moment de vérité, Regina pouvait accepter ou s'enfuir, l'un ou l'autre et sa vie basculerait en quelques secondes. Elle détaillait son visage pour détecter un indice sur ce qui se passait dans sa tête mais rien n'aidait, elle ne voyait que l'état de choc dans lequel elle était.

Elle retint son souffle quand elle la vit s'approcher de nouveau et poser sa main sur la vitre. Elle approcha sa propre main en essayant tant bien que mal de contrôler ses tremblements et rassembla tout son courage pour venir croiser son regard.

Dès que leurs yeux entrèrent en contact, Regina commença à faiblement hocher la tête.

« Oui ? » Questionna-t-elle à haute voix bien qu'elle ne pouvait pas l'entendre.

« Oui. » Vit-elle la brune répondre en laissant échapper un sanglot et un immense sourire.

Elle hochait la tête de plus en plus et ouvrit la porte en hâte.

« Oui. » Dit-elle en se jetant dans ses bras. « Oui Emma je veux t'épouser. Oh mon dieu oui oui oui. »

Emma l'attrapa de justesse et soutint son poids alors qu'elle lui couvrait le visage de baisers.

« Attends attends. » Dit Emma en la reposant au sol. « Y avait une autre chose que je voulais faire. Traites moi de vieux jeu si tu veux mais… » Elle posa un genou à terre et l'entendit rire. « Regina Mills, tu veux bien devenir ma femme ? »

En parlant, elle avait ouvert le petit écrin qu'elle avait précieusement gardé caché et dévoilé le solitaire en or blanc qu'elle lui avait acheté.

« Oui Emma, je veux devenir ta femme. » Répondit-elle en tendant immédiatement sa main, doigts écartés, prête à recevoir sa bague.

Dès qu'elle l'eut glissé à son doigt, le cœur léger et euphorique, Emma se sentit être relevée et sa fiancée se jeta à nouveau dans ses bras en écrasant ses lèvres sur les siennes.

« On va se marier. » S'écria la jeune femme.

« On va se marier. » Confirma la brune.

Jour 433 : 15h37

Tout juste une semaine qu'elles étaient fiancées et Emma se rendait chez Mary-Margareth pour lui en faire l'annonce en bonne et due forme. Elle se sentait stressée et impatiente. Elle avait imaginé ce moment de bien des façons en une semaine. Chaque soir elle racontait à sa compagne une nouvelle façon de le dire et Regina s'amusait devant son excitation.

Maintenant elle était devant la porte et inspira un grand coup pour contenir le sourire qui menaçait de sortir. Elle toqua à la porte et fit de son mieux pour paraitre aussi neutre et détachée que possible.

« Hey Emma. » S'exclama la jeune femme en ouvrant. « Qu'est ce que tu fais là ? »

« Je peux pas passer rendre une visite surprise à ma sœur ? »

« Bien sur que si entre entre. » Dit-elle en se décalant pour la laisser passer. « Tu es seule ? »

« Oui Regina est à la maison avec Henry. Aujourd'hui je voulais te voir seule. »

« Tu me sembles changée, qu'est ce que tu as à m'annoncer ? »

« A quoi penses-tu que j'ai quelque chose à t'annoncer ? » Demanda-t-elle en la suivant jusqu'au salon et en venant s'asseoir sur le canapé.

« Je te connais ma sœur, et quand tu est excitée par quelque chose, tu as ce petit éclat dans les yeux. »

Emma soupira, agacée de voir que son amie lisait en elle comme dans un livre ouvert.

« Alors c'est quoi ? » Insista la jeune femme en s'approchant d'elle, toute sa posture trahissant son impatience d'en savoir plus.

« Et bien… Tu fais quoi dans 295 jours très exactement. »

« 295 jours ? » Répéta-t-elle confuse. « C'est quoi cette question ? Et ça ramène à quel jour ça ? »

« Le 20 Juin prochain. »

« Tu veux savoir ce que j'ai de prévu le 20 juin prochain ? Mais je n'en sais rien du tout. Rien pour le moment bien sur mais qu'est ce que tu es en train de prévoir presque un an à l'av… »

Elle s'arrêta soudain et Emma vit dans ses yeux qu'elle était en train de comprendre.

« Attends Emma, t'es pas en train de me dire que… »

« Mary-Margareth Blanchard, acceptes tu d'être mon témoin ? »

La jeune femme cligna un peu des yeux et se leva d'un coup en poussant un grand cri d'excitation. Elle attira Emma, l'obligeant à se lever et la prit dans ses bras en serrant fort.

« Tu vas te marier ? Au mon dieu Emma c'est merveilleux. Ca y est tu as fait ta demande ? Comment tu as fait ? Comment a-t-elle réagit ? Elle a dit quoi ? Elle a pleuré ? »

La jeune femme rit en voyant le bonheur de son amie. Elle lui avait parlé de son envie de demander à Regina de l'épouser. Mary avait suivit et aidé à gérer chaque vague de stress qui l'avait envahit, du choix de la bague à celui du restaurant. Elle ne lui avait pas dit le jour de la demande uniquement pour pouvoir lui faire la surprise.

« Elle a dit oui. Elle a pleuré. Elle a dit qu'elle m'aimait. Elle a dit qu'elle était heureuse. Je lui ai demandé dans notre train en plaquant un petit mot sur la vitre à travers laquelle nous avons accepté nos sentiments. Je sais… C'est très romantico-romantique mais je sais qu'elle aime ça. »

« Tu as eu raison. Au mon dieu c'est tellement adorable. Et elle s'y attendait ? »

« Pas du tout, je lui ai fait mon discours, elle était perdu mais aimait ça alors elle s'est laissée faire quand je l'ai amené devant la vitre. J'ai posé le message et elle a mit ses mains devant sa bouche à cause du choc. Elle est revenu doucement, a posé une main sur la vitre jusqu'à ce que je la pose aussi en face. C'est comme si elle n'arrivait pas à parler, elle a dit oui d'un hochement de tête. Puis elle a ouvert la porte et m'a sauté dans les bras en m'embrassant. Elle a adoré la bague elle n'arrête pas de la regarder depuis qu'elle l'a au doigt. »

Mary émit un long couinement qui semblait dire à lui tout seul 'que c'est romantique' et la reprit dans ses bras.

« Je suis tellement heureuse pour toi Emma. Tu mérites ce bonheur, tu le mérites vraiment. Je suis aux anges. »

« Tu ne m'as pas répondu. » Dit-elle en riant.

« Sur quoi ? »

« Tu voudras bien être mon témoin ? »

« Bien sur que oui. La question ne se pose même pas. Je serai ravie d'être ton premier témoin. Tu n'as pas encore demandé à Ruby n'est-ce-pas ? » Demanda-t-elle d'un ton soudain menaçant.

Emma rit devant l'éternelle compétition qui existait entre ses deux amis et lui posa la main sur l'épaule.

« Tu es mon premier témoin et la première à l'apprendre. J'en parlerai à Ruby lundi. »

« Parfait. » Dit-elle satisfaite. « Tout cela est parfait. Et tu… Emma, c'est quoi cette bague à ton doigt ? »

La jeune femme tendit instantanément sa main pour la laisser admirer le bijou qu'elle portait à l'annulaire

« Hier soir Regina m'avait concocté un diner romantique, elle avait mit des bougies dans tout le salon, elle m'a fait un discours… Magnifique. » Raconta-t-elle en se replongea dans son souvenir. « Et elle m'a offert cette bague pour que moi aussi j'ai ma bague de fiançailles. »

« C'est adorable. » Dit-elle d'une voix attendrie.

« Et elle m'avait prévu une belle surprise dans la chambre. »

« Je veux pas savoir. » Dit-elle sur le même ton en affichant le même sourire. « Allez hop, champagne, tu ne discutes pas. » Ajouta-t-elle en se dirigeant vers la cuisine.

« Ca aura lieu en Grèce. » Lui dit-elle alors qu'elle était occupée à ouvrir la bouteille. « Dans la maison des parents de Regina. Y a assez de place pour loger pas mal de monde et Cora et Henry souhaitent louer un hotel proche pour accueillir ceux qu'ils ne pourront pas loger. »

« Oula, ils ont vraiment beaucoup d'argent. »

« J'ai fait l'amour sur un piano qui vaut cent milles dollars, je ne cherche plus à mesurer l'étendu de leur fortune. »

« Sur ces belles paroles. » S'amusa la jeune femme en lui tendant une flute. « Tchin. »

Elles s'apprêtaient à trinquer quand David rentra.

« Oh attend avant de trinquer. » Dit-Emma d'un coup. « Je dois demander quelque chose à ton cher et tendre mari. »

« C'est ce que je pense ? »

« Oui. »

« Vingt dollar qu'il pleure. »Dit-elle en tendant la main.

« Femme ingrate. » Répliqua-elle en lui lançant un regard qu'à demi réprobateur. « Tenu. »

« Hey Emma, quel plaisir de te voir ça va ? » Lança-t-il en venant l'embrasser.

« Ca va très bien, je suis venu pour annoncer une grande nouvelle. »

« Qu'elle grande nouvelle ? » Questionna-t-il en venant s'asseoir lui aussi au salon.

« David, tu accepterais de me conduire à l'autel le 20 juin prochain ? »

Le jeune homme la regarda sans bouger, souriant toujours autant en assimilant l'information. Il perdit progressivement son sourire et regarda alternativement la jeune femme puis sa femme.

« Tu… Elle a… Tu veux… » Bégaya-t-il avant de se racler la gorge.

« Elle a dit oui, et j'aimerai que tu me conduises jusqu'à elle. Toi, Mary et Ruby, vous êtes ma famille, je veux que vous soyez tous les trois auprès de moi ce jour là. »

David se leva pour venir la prendre dans ses bras, et se racla encore la gorge pour cacher surement son émotion.

« Je ne sais pas quoi dire Emma, bien sur que j'accepte, j'en suis même honoré. Tu sais tu es la sœur de Mary mais, je t'aime vraiment moi aussi, t'es la famille. »

« Je t'aime aussi David. »

Il se sépara d'elle et toussa maladroitement en tapant dans ses mains.

« Allez allez, on trinque, il faut la fêter une nouvelle pareille. Et Mary donne ses sous à Emma je ne pleurerai pas. »

« Tu m'avais entendu ? » S'exclama-t-elle en écarquillant de grands yeux.

« Non mais je te connais et tu viens de confirmer mes soupçons. »

La jeune femme râla en sortant l'argent de son porte-monnaie et ils trinquèrent ensemble à cette union à venir.

Jour 435 : 8h25

« Ruby je réserve ton 20 Juin prochain. »

« Pourquoi ? » Questionna sa patronne en venant à côté d'elle, regardant par-dessus son épaule.

« Il te faudra fermer la boutique la semaine ou former une vendeuse à prendre la gestion pendant une semaine. » Continua-t-elle comme si de rien n'était.

« Attend de quoi tu parles ? » S'agaça-t-elle en la voyant bloquer sa semaine sur leur agenda électronique.

« Et bien oui, les témoins se doivent d'être là avant le jour J pour tout organiser avec les mariées et les aider à ne pas faire une crise de nerfs. Et comme ça aura lieu en Grèce il faut poser une bonne semaine. » Lança-t-elle le plus naturellement du monde.

« Oh putain tu vas te marier ? » S'exclama-t-elle instantanément. « Et moi je suis ton témoin ? Emma je suis tellement heureuse pour toi. » Cria-t-elle en la serrant contre elle et en la soulevant. « Attends. » Dit-elle en la reposant au sol sans lui laisser le temps de parler. « Ne me dis pas que tu as demandé à Mary d'abord. » Dit-elle d'un coup.

« Je… »

« Si vas y dis le moi. » La coupa-t-elle. « Non me le dis pas… Si dis le de toute façon je sais que tu lui as demandé d'abord. »

« Et bien… »

« Non en fait ne le dis pas, à quoi bon me faire du mal. »

« Ruby tu… » Tenta encore Emma en se plantant devant elle.

« Si si si dit le, fait le d'un coup comme quand on arrache un pansement. Une douleur vive et c'est finit. »

« Je l'ai demandé à Mary ce week-end. » Se dépêcha-t-elle d'annoncer avant que son amie ne lui recoupe la parole.

« Fais chier Emma Swan. » S'exclama-t-elle.

« Je sais Ruby Lucas. »

La jeune femme la regarda d'un air dur qui se transforma en un large sourire. Elle l'attira contre elle et la félicita chaleureusement. Elle se tourna ensuite vers le PC et ouvrit le planning d'Emma.

« Tu fais quoi ? »

« Je t'offre ton premier cadeau de mariage, trois semaines de congé qui n'en compte qu'une. »

« Hein ? Mais t'es folle c'est trop. Tu ne peux pas faire ça. »

« Emma, ça me fait plaisir, laisse tomber c'est non négociable. Entre l'avant mariage, le mariage, le voyage de noce et la récupération du voyage de noce, il faut bien trois semaines. »

« Merci Ruby. » Dit-elle en lui poussant l'épaule timidement.

« Et t'occupe pas de vos lingeries de mariage c'est la maison qui offre pour vous deux. »

« Attends c'est vraiment trop là. »

« Rappelle toi que je connais tes gouts et que si tu acceptes c'est moi qui choisirai ce que portera Regina. »

Emma voulu répliquer mais son cerveau très imaginatif l'en empêcha. Elle entendit vaguement les rires de son amie et fut ramenée à la réalité par un cri qu'elle poussa.

« Quoi ? » Questionna-t-elle.

« Je dois appeler Mary. » Chantonna-t-elle en se précipitant sur son téléphone.

« Pourquoi ? »

« Pour parler enterrement de vie de jeune fille. »

« Pourquoi je crains le pire ? » Dit-elle en grimaçant.

Ruby la regarda avec un sourire presque sadique en finissant de composer le numéro.

« Parce que tu me connais bien. »

Jour 728 : 15h30

« Tu es prête ? » Questionna David en entrant dans la chambre où elle se préparait.

« J'ai jamais été aussi prête de toute ma vie. » Répondit-elle en venant le prendre dans ses bras.

Emma était dans sa robe de mariée, prête pour le moment qu'elles préparaient depuis si longtemps. Après de nombreuses négociations, elles avaient décidé que Regina arriverait la première et Emma viendrait ensuite. Elles avaient longtemps débattu sur l'ordre car aucune ne voulait lâcher le morceau, chacune voulait voir sa future femme marcher dans l'allée jusqu'à elle. Ce n'était pas un mariage religieux bien sur, juste une union devant un représentant légal, mais elles s'étaient amusées à suivre tous les codes que comptaient les grands mariages. Elles n'avaient donc pas eu le droit de dormir ensemble la dernière nuit, chacune portait quelque chose de bleu, quelque chose de vieux et quelque chose d'emprunté.

« Tu es magnifique. » Dit son ami en lui tendant son bras.

« Merci. » Répondit-elle en le prenant.

Elle se laissa guidée jusqu'à l'allée et plus rien n'exista quand elle vit sa future femme qui l'attendait le sourire aux lèvres. Elle se sentait bête à sourire comme une idiote, mais elle était incapable de se maitriser. Elle voyait Cora au côté de Regina, entendait Mary et Ruby qui avançaient derrière elle et ses joues commençaient à lui faire mal tellement elle souriait.

Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, elle avait du mal à réaliser qu'elle s'apprêtait elle, Emma Swan, à épouser Regina Mills.

« Tu es magnifique. » Dit la jeune femme dès qu'elle arriva à son niveau.

« Pas autant que toi. »

« Mesdemoiselles. » Dit le maire en leur souriant. « Nous sommes réunit aujourd'hui pour célébrer l'union de ces deux femmes devant nous. Avant tout je souhaiterai savoir qui donne la main de cette jeune femme. » Ajouta-t-il en regardant Regina.

« C'est sa mère et moi. » Dit-Henry en se levant.

« Et pour cette jeune femme. » Dit-il en se tournant vers Emma.

« C'est moi. » Clama David d'une voix forte, avec un regain de fierté qui fit rire une partie de l'assemblée.

Il se rassit en se tassant dans sa chaise et sourit gêné.

Le maire continua la cérémonie, les faisant se promettre l'une à l'autre et se dire leurs vœux respectifs jusqu'à ce qu'arrive le moment de l'échange des alliances.

« Qui s'occupe des alliances ? »

« Notre fils. » Répondit naturellement Regina, faisant grandir encore plus le sourire d'Emma.

La porte s'ouvrit et Henry sénior qui s'était éclipsé avec son petit fils un instant plus tôt arriva. Henry avançait fièrement, un écrin dans les mains renfermant les deux alliances, suivit de près par son grand père.

« Regarde comme il est beau dans son costume. » Lui glissa Regina à l'oreille.

« Le plus beau des petits garçons. » Répondit-elle sans le quitter des yeux.

« Petit garçon ? Non regarde son beau costume, son nœud papillon, c'est un petit homme. » Dit-elle avec une grande fierté.

Elles récupèrent chacune une alliance pour la glisser au doigt de l'autre. Emma avait le cœur léger, remplis d'amour et d'une joie qu'elle ressentait exponentielle. Elle se sentait bien, à sa place dans cette famille qui l'avait accueillis à bras ouverts et dont elle faisait maintenant partit.

Pour les sept jours que comptait leur voyage de noce, les deux jeunes femmes avaient loué une chambre dans un luxueux hôtel sur l'île de Zakynthos en Grèce. Après deux jours sans quitter la chambre, Regina avait réussit à convaincre sa jeune épouse d'aller avec elle visiter l'île. Elles avaient découvert la plongée dans ces eaux turquoises, rencontré des tortues en chemins et exploré les différentes criques et grottes qu'offrait l'île.

Emma se sentait bien, euphorique même à vivre ces premiers instants de femme mariée. Regina lui semblait différente, elle était toujours aussi belle, mais elle lui apparaissait plus envoutante encore. C'était comme si cette bague à son annulaire changeait tout et rendait tout plus beau.

Elle avait du mal à réaliser que tout ce bonheur s'ouvrait bien à elle. Chaque soir elles appelaient Henry qui souhaitait parler aux deux. Chaque soir elle se collait à son épouse, la pressant de composer le numéro de téléphone pour enfin entendre la voix de celui qu'elle considérait comme un fils pour elle aussi. Il grandissait trop vite, cinq ans déjà et Emma comprenait sa compagne quand elle se demandait où passaient les années.

Jour 739 : 22h

De retour de leur voyage de noce, Emma et Regina n'avaient que deux jours avant leur vol de retour. Trois semaines s'étaient écoulées, elles étaient mariées elles étaient heureuses et prête à démarrer la vie qui s'offrait à elles. C'était leur dernier soir, Henry était couché depuis une heure et les deux jeunes femmes, Cora et Henry sénior profitait du climat doux de cette soirée.

La nuit était tombée et c'est à la lueur des bougies et des reflets renvoyés par la lune que la petite famille finissait le diner.

« Vous allez nous manquer. » Dit-Henry en posant la main sur le genou de sa fille.

« A nous aussi vous allez nous manquer. Mais dans deux mois vous rentrez. »

« Et on kidnappera Henry pour au moins huit mois. Il grandit bien trop vite. »

« Hors de question. » Dit-Emma dans un grand éclat de rire. « S'il n'est plus là Regina va déprimer et moi je vais devoir faire mine que je ne déprime pas pour la soutenir alors que je n'aurai qu'une envie, lui coller une balise GPS pour être sure de là où il est. »

Cora se mit à rire se pencha sur son mari.

« Et dire qu'on pensait que des deux c'était Regina la mère angoissée et Emma la mère cool. » Elle se releva pour s'adresser à elle directement. « Vous cachez bien votre jeu de maman stressée en fait. »

Emma aurait voulu répondre, réagir, dire n'importe quoi au lieu de rester plantée comme une idiote. Mais le fait est qu'elle était trop émue pour faire quoi que ce soit. En deux ans qu'elle connaissait Regina, il était maintenant établit qu'elle faisait partie de la famille. C'était la première fois cependant que les parents de sa compagne faisaient référence à elle comme une mère pour Henry.

Elle se sentit au bord des larmes. C'est fou comme elle pouvait se contenir lors d'émotions tristes, mais n'arrivait plus à chasser ses larmes lorsqu'elles étaient agréables. Elle regarda Regina qui lui souriait et vit qu'elle savait ce qui se passait dans sa tête. Elles se connaissaient bien, elles se comprenaient vite, parfois sans mots, juste un regard et l'autre savait. La jeune femme se pencha sur elle pour embrasser sa joue. Elle prit sa main et d'une pression délicate, confirma les paroles de ses parents.

Regina lui avait déjà dit qu'elle la considérait comme une mère pour Henry, et elle lui avait avoué le considérer comme un fils. Elle ne comptait plus le nombre de fois ou Henry avait dit à qui voulait l'entendre qu'elle était sa nouvelle autre maman. Mais voir l'approbation dans les yeux de ses beaux-parents était un cap qu'elle n'avait pas imaginé si intense.

« En parlant enfant, maman… » Dit alors Henry en la ramenant à la réalité. « Nous parlions de quelque chose l'autre jour ta mère et moi. Si besoin il y avait, nous serions prêts à rester autant de temps que nécessaire aux Etats-Unis. »

« De quoi parles-tu papa ? »

« Si dans un futur plus ou moins proche vous aviez besoin de quelqu'un pour garder… Une éventuelle addition à votre famille nous… »

« Ce que ton père essaye de dire d'une façon tout à fait rocambolesque. » Coupa Cora en soupirant. « C'est que si vous décidiez de faire un bébé, on reviendra et restera autant de temps qu'il faudra pour être un soutient pour vous comme nous l'avons été avec Henry. De plus nous souhaiterions être la pour profiter du futur petit enfant si petit enfant il y a. »

Un silence de plomb se fit sur la terrasse. Regina regardait ses parents alternativement et Emma cherchait à s'assurer que son cœur battait toujours. Elles avaient déjà parlé de l'éventualité de faire un bébé, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'ils en parlent aussi ouvertement et aussi tôt après leur mariage.

« Merci Cora pour ta délicatesse. » Souffla Henry en croisant les bras, l'air désabusé.

« Quoi ? J'ai rien dit de mal. »

« C'est un sujet dont elles n'ont peut être jamais parlé et toi tu en parles comme ça. »

« Connaissant ta fille, elles ont du en parler. »

« Maman. » S'écria-Regina en l'entendant. « C'est censé vouloir dire quoi ? »

« Que tu es une boulimique de bébé, tu as adoré avoir Henry et je sais que tu dois mourir d'envie d'en faire un autre avec ta nouvelle femme. »

« Mais enfin ne parles pas de tout ça comme ça. On en parlera en temps mais la c'est absolument pas le moment, ni le lieu. » Tenta la brune pour clore la situation.

« Vos belles boucles blondes, sur une petite fille ça serait magnifique. » Dit Cora en la fixant.

Emma sentit tout son corps se tétaniser d'un coup. Elle sentait les sons autour d'elle lui arriver plus étouffés, comme si elle allait s'évanouir. Elle regarda sa belle-mère et vit à son regard que sa remarque était faite exprès. Il n'y avait aucune méchanceté dans ses yeux, bien au contraire. Elle pouvait y lire comme une envie de la rassurer, de lui dire par ces mots qu'elle en serait capable, qu'elle pouvait en rêver. Mais elle n'arrivait pas à gérer tous les troubles que cela provoquait en elle.

Elle se leva d'un coup, son esprit obnubilé par Isabelle, et elle s'excusa rapidement avant de rejoindre sa chambre. Elle eut à peine le temps de s'asseoir sur le lit que Regina entrait à son tour et venait s'asseoir à côté d'elle.

« Tu… Tu veux en parler ? » Questionna-t-elle timidement.

« Je suis désolée d'être partie je… »

« Non, non. » La coupa-t-elle en posant sa main sur sa cuisse. « Tu n'as pas à t'excuser, c'est à moi de te demander pardon pour le comportement de ma mère. Elle ne pensait pas à mal je t'assure, bien au contraire. »

« Je sais. » Dit-elle en prenant sa main dans la sienne. « Je sais qu'elle pense à son expérience et que je peux surmonter tout ça. C'est juste que… Je ne suis pas prête pour cette discussion je crois. »

Regina la prit dans ses bras et lui câlina les cheveux pendant un moment. Emma se laissa aller, sans pleurer, juste un besoin de se sentir soutenue.

« Tu… » Commença la brune. « Tu n'es pas prête pour… Parler bébé ou parler… »

« Parler grossesse… Pour moi. C'est un peu trop tôt, on… Tu es d'accord qu'on attende ? »

« Le temps qu'il faudra. Rien ne t'oblige je te le promets. »

« Merci. Et, tu pourras dire à ta mère que je suis désolée d'être partie. »

« J'irai après. » Dit-elle en l'allongeant et se collant dans son dos dans un geste protecteur. « On a tout le temps. »

Jour 745 : Train de 6h22

« Tu étais sérieuse hier soir ? » Questionna Emma dès qu'elles furent assises.

« Oui. Si tu le veux aussi, j'aimerai qu'on fasse un bébé. Mais ce n'est pas une obligation, c'est un choix dont on doit être sûres toutes les deux. »

« Non je veux dire… » La jeune femme prit une grande inspiration pour empêcher sa voix de trembler sous l'émotion. « Quand tu disais pour… Pour celle qui le porterait. »

Le simple fait de dire ça replongea Emma dans la conversation qu'elles avaient eut la veille.

Regina était couchée depuis trente minutes quand Emma entra en douceur dans le lit. Elle vint se coller dans son dos et frissonna quand la brune colla ses pieds glacés contre ses tibias.

« Hum enfin ma bouillote. » Soupira la jeune femme en se pressant plus contre elle.

« Pourquoi faut-il que tu sois toujours gelée ? » Questionna-t-elle en prenant cependant soin de bien plaquer ses pieds chauds contre les siens froids.

« C'est pour mieux voler votre chaleur mon enfant. » Dit-elle à moitié endormit.

Emma rit doucement et posa sa main sur son ventre. Elle la passa sous son t-shirt et toucha sa peau un moment à profiter de la douceur de l'instant.

« Je repense aux paroles de ta mère la veille de notre retour. »

« Lesquelles ? Elle parle tant. »

« Sur le fait d'avoir un bébé. »

Regina ne dit rien mais Emma savait sans la regarder qu'elle avait maintenant les yeux grands ouverts.

« Tu semblais ne pas être contre. »

« Car je ne le suis pas. »

« Donc maintenant, tu veux un bébé ? Je veux dire, tu voudrais que dans un futur proche, on fasse notre bébé ? » Dit-elle en la serrant plus encore, ses mots montant légèrement dans les aigües.

« Oui, pour être honnête c'est vrai que ça me tarde un peu, un second enfant, un petit frère ou une petite sœur pour Henry, le fruit de notre amour. Si tu le veux aussi… »

« Mais… » Elle se racla la gorge nerveusement. « Elle a… Je n'avais pas voulu en parler sur le moment mais… Elle a parlé de mes cheveux sur une petite fille… Ca… Ca veut dire que… Ca impliquerait que… »

Regina se tourna dans ses bras et plongea son regard dans le sien.

« Comme je t'ai dit, personne ne te force. Il n'y a aucune obligation. Ca peut être moi si toi tu ne veux pas. Ca peut être toi si tu es prête pour ça. »

« Je… Je n'en sais rien. »

Elle pressa son visage dans la paume de sa main quand elle la posa sur sa joue et soupira.

« J'arriva pas à savoir ce que je veux… Ce que je peux. »

« C'est pas grave Emma. Rien ne presse dans une pareille décision. Ne t'angoisse pas ma chérie. »

« Tu voudrais quoi ? Sincèrement. »

« Au plus profond de moi… » Elle marqua une pause durant laquelle elle prit le temps de détailler tout son visage. « Je voudrais que tu vive ça toi aussi. J'aimerais prendre soin de toi pendant que tu construiras notre bébé. Mais si tu ne peux pas je suis aussi prête à revivre cette aventure là. »

« Je crois que j'ai besoin de temps encore. »

« Tu l'as. »

Elle l'embrassa et se serra contre elle dans une étreinte rassurante. Même après deux ans, être dans ses bras suffisait à apaiser beaucoup de choses.

« Oui. » Répondit Regina. « Sans pression, nous aviserons en temps. »

La jeune femme acquiesça et attira la brune contre elle pour l'inciter à finir sa nuit contre elle. Regina se calla dans une position parfaitement ajustée au cours des nombreux trajets qu'elles avaient fait ensemble. Elle posa sa tête sur son épaule, attrapa son bras qu'elle colla contre elle et de sa main gauche, prit sa gauche jusqu'à entrelacer leurs doigts.

Emma était confuse, elle ne savait pas si elle était prête à ça, un bébé, une grossesse, elle craignait de faire remonter à la surface les nombreux démons qui l'habitaient encore. Elle tourna la tête et regarda son reflet dans la vitre du train. Elle s'observa un moment et laissa remonter son esprit deux ans en arrière.

Elle se souvenait celle qu'elle était à l'époque, une femme brisée, une femme en colère, amère, autodestructrice et haineuse à l'égard de la vie. Elle survivait sa vie minute après minute dans une rancune monotone et tenace.

Et maintenant ?

Maintenant elle avait Regina, elle laissa son regard dériver sur le reflet de sa compagne, sa jeune épouse qui avait fermé les yeux et dormait déjà paisiblement. Elle s'attarda sur le reflet de leurs mains jointes ou brillaient deux alliances identiques, preuve de leur engagement l'une envers l'autre.

Elle avait Henry, ce petit garçon qui l'aimait et qu'elle aimait aussi.

Elle lui semblait loin cette vie de solitaire ou chaque jour était une souffrance, chaque matin une lutte pour s'obliger à se lever. Elle ne se souvenait plus la dernière fois où elle avait pleuré et elle pouvait maintenant parler d'Isabelle sans fondre en larmes. Elle avait toujours ce vide en elle qu'était la place de sa fille, mais elle apprenait à vivre avec et l'accepter comme un bout de son cœur qui ne se remplirait jamais.

Mais son cœur n'était-il pas assez gros pour y loger un nouvel amour ?

Emma repensa au chemin qu'elles avaient parcouru ensemble, et le bonheur qui s'était durablement installé dans sa vie avec la brune la fit soupirer de bien-être.

Elle regarda sa femme qui dormait maintenant sur son épaule et la contempla en songeant à l'avenir qui s'ouvrait à elles. Elle posa sa main sur son ventre et se laissa aller à imaginer un bébé, leur bébé, grandissant dedans.

Elle réveilla doucement sa compagne qui la regarda avec de petits yeux étonnés.

« Ca va être une sacré source d'angoisse pour moi. »

Regina acquiesça doucement sans prononcer un mot, elle savait déjà ça.

« Je vais imaginer le perdre et je serai insupportable à cause de ça. » Ajouta-t-elle doucement.

« Je sais. » Répondit la brune d'une faible voix en se redressant.

« Si ça arrive je ne le supporterai pas. »

« Ca n'arrivera pas. » Dit-Regina en posant sa main sur sa joue.

Emma sourit, encore incertaine de la façon dont elle allait gérer tout ça, mais sure de son choix et du soutient que serait sa compagne dans tout ça. Elle se pencha pour quémander un baiser que la jeune femme s'empressa de lui offrir, tendre et fort à la fois, comme leur histoire, comme elle.

« Faisons-le. »

FIN


C'est terminé. Une page qui se tourne et ça me fait bizarre.

Je reviendrai avec des OS, et j'ai d'autres idées de fictions je vous rassure :D

Je vais cependant prendre un temps de pause pour travailler la version roman et m'avancer aussi, je souhaite recommencer à publier quand j'aurai tout plein d'avance ahah sinon c'est parfois galère le timing d'une semaine :P

Quoi qu'il en soit vous aurez des OS ça c'est sur, j'en ai trois dans la tête que je vais écrire

Merci encore sincèrement à tous et à bientôt (je sens que je vais avoir un pincement jeudi prochain :( )