Bonjour bonjour !
Alors cette semaine, pas de Shinichi, pas de Kaito, un chapitre consacré uniquement à Gin.
Bon, tout se trouve dans le titre, alors on se retrouve en bas !


BlackWingK : Merci pour le commentaire (Il m'a fait très plaisir !) ! Et pour l'envie d'embrasser le Boss pour Shinichi, ne t'en fait pas, il aime Kaito, aucun risque qu'il le trompe ! Et pour la complexité de l'histoire, c'est juste que j'ai tendance a abordé vingt points à la fois...

Eyto : Je suis une sadique je le sais, et c'est pas finis !


Chapitre n°25 : Fuite éperdue.

P.O.V. (narrateur) :

Gin leva les yeux vers la caméra qui le scrutait de là-haut. Il pouvait presque y voir les yeux bordeaux de son patron le regarder sèchement. Pourquoi était-il entré dans cette nouvelle entreprise déjà ? Parce que le patron lui avait promis une vie sans prison avec celui qu'il aimait ? Parce qu'on l'avait pris en tenaille, menaçant sa princesse ? Parce qu'on lui avait murmuré bien bas que le FBI ne lui était en rien reconnaissant d'avoir trahis les siens ? Parce qu'il se sentait minable de ne pas pouvoir tenir sa promesse envers le gamin ?

Retirant la sécurité de l'arme, Gin patienta. Il était au premier, bureaux des affaires étrangères. Il inspira un grand coup, prêt à tout. Il était au rez-de-chaussée, accueil. Ses phalanges blanchirent car il serrait trop fortement l'arme. Il était au premier sous-sol, parking. Son cœur battait la chamade. Il était au second sous-sol, torture. Un bruit de sonnette s'invita dans la boite de métal, et les portes s'ouvrirent.

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Le patron regardait à travers le moniteur. Les portes de l'ascenseur étaient ouvertes depuis quelques secondes, mais Gin n'avançait pas. Que diable faisait-il ? Avait-il l'intention de désobéir aux ordres ? Le patron sourit en se rappelant du jour où il avait récupérer Gin. Ça première condition avait été de ne jamais participer aux séances de tortures. Quelle idiotie ! C'était ce que préférait le patron. Entendre toutes ces âmes le suppliées. Les entendre hurler. Avoir un contrôle total sur eux. Qu'elles dépendent entièrement de lui.

C'était si… exaltant.

Le patron se rassit dans son fauteuil, fixant toujours intensément l'homme aux cheveux gris dans l'ascenseur. Les portes commencèrent à se refermer. Il avait donc l'intention de désobéir aux ordres !?

Mais en une fraction de seconde, tout bascula. Gin pivota sur lui-même, sortant l'arme qu'il portait toujours. Et tandis qu'il tirait sur la caméra, il coinçait son pied entre les portes, l'empêchant de remonter.

Le noir se fit sur le moniteur qui grésilla. Se relevant, le patron passa sur chaque caméra, mais irrémédiablement, Gin les fracassait, tirant sur ses rares hommes de mains encore présent dans les cellules vides. Et bientôt, toutes les caméras des cellules et du couloir furent brisées, seule celle de l'ultime cellule resta allumer. Gin se plaça devant elle, et sans une seule once d'hésitation sur le visage, il tira.

Le patron se saisit de son micro. Il était hors de question que ce crétin s'en sorte !

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Gin détacha le jeune homme du plafond. Ses yeux étaient crevés et franchement horribles à voir. Son corps n'était pas en meilleur état, et comme toujours, Gin fit une transposition avec le gamin. Encore. Il avait encore fait du mal à quelqu'un. Et encore, il l'avait torturé. Pourquoi fallait-il toujours qu'il fasse la même bêtise ?

« Pourquoi fais-tu du mal aux autres ? »

Encore cette phrase qui résonnait dans sa tête. Encore elle qui le bouffait en permanence. Encore le gamin qui l'engueulait. Encore lui qui faisait tout de travers.

Gin tâta le pouls du jeune homme. Il battait normalement. Un peu faible, c'était tout. Soupirant, Gin le souleva telle une princesse en calant parfaitement sa tête contre son torse. Il n'arrivait plus à faire le méchant. Il n'y arrivait plus. Sortant de manière désordonné de la cellule, Gin ouvrit le monte-charge. Il n'y avait aucune caméra ici, pas de preuve de son utilisation première : remonter les cadavres.

Gin chargea le jeune homme à l'intérieur, le bloquant sur le deuxième étage, services de télémarketing. Après tout, l'organisation était camouflée derrière une grande enseigne, c'était bien connu. Gin déposa un morceau de la chaine qu'on avait utilisé sur le jeune homme pour bloquer la porte du monte-charge. Puis, courant comme si sa vie en dépendait, il fila vers l'ascenseur, retira le minuscule morceau de plâtre vert pomme aux fleurs tordus et roses bonbons qui obstruait les portes de métal.

Il l'enfonça dans sa poche et appuya sur tous les étages à partir du premier. Filant à nouveau, il courut jusqu'au monte-charge, tira la chaîne et sortit son portable.

Il lui restait encore une alliée en réalité…

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Le patron dépêchait tout les Hommes qu'il avait dans l'immeuble. Il les plaçait devant l'entré au rez-de-chaussée, devant toutes les sorties d'ascenseur et face à chaque fenêtre du rez-de-chaussée au premier étage. Gin remontait par l'ascenseur, c'était pour cela qu'il avait détruit la caméra, pour ne pas qu'il sache sur quel boutons il appuyait. Mais cet imbécile avait oublié que lui, patron, était au courant de tout dans ce bâtiment. Il s'aventura sur son ordinateur, et tomba sur le dossier de l'ascenseur… qui s'arrêtait à tous les étages ?

Etrange. Trop étrange pour être normal. Qu'est ce que Gin pouvait bien avoir en tête en s'arrêtant à chaque étage ? Ou alors…

Soudain inquiet, il fila sur le dossier du monte-charge, conscient de l'oubli de caméra qui y figurait. Et celui-ci s'arrêtait au second. Fou de rage, il se jeta sur son micro, et hurla ses indications.

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Cobra venait d'entrer, et elle ne comprenait strictement rien à l'agitation frénétique qui habitait le building. Tout ce qu'elle saisissait, c'était que quelqu'un avait trahis l'organisation et qu'il était encore ici. Impossible de prendre l'ascenseur, il était complètement encerclé. Alors elle montait les escaliers. Tant d'étages et ses pieds qui lui faisaient mal.

En arrivant au second, elle s'appuya sur le mur. Revenus à pied de la banque, elle n'en pouvait plus. Prendre quelques secondes pour elle lui ferait du bien. Se relevant, elle se fit violence pour avancer. Et alors qu'elle commençait l'ascension vers le troisième étage, un « Ding ! » aigue se fit entendre. Elle se retourna d'un coup, et découvrit presque effarée Gin portant un jeune homme ensanglanté dans ses bras descendre du monte-charge.

Et elle comprit…

Gin ne sut que dire sur le moment. Son beau regard chocolat-noisette planté dans le sien gris lune. Un instant de flottement, puis d'un mouvement, elle braqua l'arme sur lui. Coéquipier ou non, s'il trahissait l'organisation elle le réduirait au silence.

« Attends Cobra ! » Hurla Gin, désespéré.

« Tais-toi fumier ! » Le coupa la femme.

« Je t'en supplie ! Je t'expliquerais peut-être un jour, mais là je n'ai pas le temps. »

Elle le regarda. Un mois qu'il faisait équipe. Un mois qu'elle l'encourageait et qu'il l'aidait. Un mois qu'ils faisaient leur « boulot » ensemble. Alors pourquoi ? Pourquoi foutait-il tout en l'air ? Et de plus pour… pour quoi d'ailleurs ? Un gamin qu'il ne connaissait même pas ? Un môme trop jeune pour lui ?

Mais durant son long questionnement intérieur, elle ne vit pas son coéquipier lui filer entre les pattes. Trop tard quant-elle en prit conscience. Il sautait déjà par la fenêtre.

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P.O.V. (inconnu) :

Il fait chaud. J'ai mal mais chaud. Une sibylline mélodie qui bat à mon oreille. Tiens, elle fonctionne encore celle la ? Soudain, un grand vide, puis je sens mes os craquer. Des voix autours de moi. Je ne sais pas. Une fillette. Une femme. Et lui. Enfin, je crois. Peut-être. Ou non. Toujours sa chaleur et cette harmonie à mon oreille.

Ses doigts se glissent dans mon cou, à nouveau, comme une épée dans son fourreau. Ils retrouvent toujours le chemin. C'est amusant. Mais, surtout. Où sommes-nous ? Pourquoi parle-t-il avec une fillette et une femme ? Pourquoi ce bourdonnement mécanique ? Et pourquoi… pourquoi suis-je si bien ?

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P.O.V. (narrateur) :

« Tu pourrais me remercier tu sais ! » Clama-t-elle.

« Je n'arrêtes pas de le faire… » Maugréa-t-il.

Un sourire espiègle sur ses lèvres, la jeune femme aux longs cheveux blonds et aux yeux bleu métalliques conduisait follement. Grillant feux rouges, stop et sens interdit, elle riait de sa propre imprudence. Gin la regarda faire un instant, serrant contre son torse le jeune journaliste endormis et contre son flan sa fille.

« Dis Papa ? » Questionna l'enfant aux boucles grises. « Pourquoi Tata elle est venue me chercher ? On va où ? Et c'est qui le monsieur ? »

« Tata est venue te chercher parce que…. On déménage ! Donc pour l'instant on va aller chez un ami… »

« Et le monsieur ? » Fit-elle avec de grands yeux innocents.

Gin lui sourit et lui ébouriffai les cheveux.

« C'est un ami. Un ami que Papa essaie d'aider… »

Elle lui sourit et il fut rassuré. Tout irait bien. Tout irait parfaitement bien. Le jeune journaliste se serra un peu plus contre lui, cherchant un peu de réconfort. Gin lui caressa les cheveux, bien décidé à l'aider. Après tout, c'était un peu de sa faute s'il était dans cet état…

« Au faite Gin ? » Fit la femme en tournant violemment à droite. « Pourquoi tu voulais à tout pris le sauver ce gosse ? »

Gin se réinstalla sur la banquette en vérifiant si le jeune homme respirait toujours, et si sa fille allait bien. Le journaliste était adorable. Enfin, il aurait put l'être s'il n'y avait pas ses croutes horribles à la place de ses yeux, s'il ne ressemblait pas à un pantin désarticulé, et s'il n'était pas recouvert de sang. Ses cheveux châtains bruns coupés maladroitement, sa peau halée, son corps fin, ses hanches étroites.

« Parce que je ne peux plus… Je n'y arrive plus… »

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« L'enfoiré ! » Hurla le patron en abattant son poing sur le bureau et faisant sursauter Cobra. « Il a osé ! Il a osé ! Et toi tu n'as rien fait pour l'en empêcher ! »

C'était une attitude digne de lui. Remettre toute la faute sur quelqu'un d'autre que lui. Cobra elle, baissait la tête, consciente tout de même qu'elle avait une part de responsabilité dans l'histoire. Elle ne savait juste pas quoi dire pour s'expliquer, alors elle ne disait rien, préférant se faire toute petite.

« Comment a-t-il put !? Après tout ce que j'ai fait pour lui ! Je ne lui demandais pas grand-chose pourtant, non !? » Eructa-t-il en fusillant la femme du regard.

« Euh… Sans vouloir vous offenser monsieur, que lui demandiez-vous ? » Fit-elle d'une voix minuscule.

Le patron partit dans un grand éclat de rire. Puis dans un grand fracas, il envoya valsé Cobra d'une gifle brutale. Elle s'écrasa au sol, regardant obstinément ses pieds comme s'ils étaient la huitième merveille du monde. Inutile de défier le patron.

« Depuis quand es-tu autorisée à me poser des questions !? Réponds ! Minable vermine incapable ! »

« Pardon monsieur… »

« Eh bien… » Fit le patron en resserrant sa cravate, comme si sa pique de colère n'avait été qu'un songe. « Je lui demandais juste de torturer ce jeune homme, de lui extraire une futile information, et de le tuer, facile non ? Je dirais même, élémentaire ! »

Cobra blêmit soudain, comprenant parfaitement ce qui avait poussé Gin à agir ainsi. Il lui avait raconté, même si ce n'était que flou et bref, ce qu'il lui avait dit avait suffit pour qu'elle comprenne : il était tombé amoureux de sa victime, et il n'arrivait plus à torturer les gens. C'était clair comme de l'eau de roche !

« Monsieur ? » Tenta-t-elle, sans aller plus loin de peur des représailles.

« Oui ? » Fit-il d'un ton trop aimable pour être vrais.

Cobra sentit son cœur se serrer. Elle avait peur. Très peur. Peur de le mettre encore plus en colère. Peur qu'il ne passe à nouveau sa colère sur elle. Peur qu'il ne finisse par lui faire vraiment mal. Des sueurs froides coulèrent sur son front. Elle prit une grande inspiration, et entreprit de parler.

« Je crois savoir pourquoi Gin vous a fait faux bond. »

« Oh ! Et pourquoi donc ? »

Son ton était trop mielleux et trop gentille pour être honnête. Elle avala une grande goulée d'air et se jeta à l'eau.

« Gin ne peut plus torturer personne ! Il est tombé amoureux de sa dernière victime et a du faire une transposition sur le garçon que vous lui avez ordonné de persécuter ! » Déballa-t-elle à toute allure.

« Vraiment ? Je n'étais pas au courant… » Cobra acquiesça d'un mouvement de tête, tremblante. « Eh bien, c'est intéressant. Aurais-tu le nom de cette charmante victime ? »

Cobra ravala sa salive. Elle ne pouvait rien y faire. Gin s'était mit tout seul dans la panade, ce n'était pas sa faute à elle. Pas du tout sa faute. Pas le moins du monde. Elle ne faisait que son travail. Rien de plus. On lui ordonnait, elle exécutait. C'était tout. Elle n'était que l'instrument du patron. Et elle le resterait.

« Shinichi Kudo monsieur… »

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P.O.V. (inconnu) :

Il fait bon ici. Très bon même. Il fait chaud. Une chaleur envahissante et délicate. Sa chaleur. Il est près de moi. Si près. Si près. Quand donc m'embrasseras-tu à nouveau ? Les voix. Les conversations sont là. Conquérantes. Elles bourdonnent dans mes oreilles avec cette mélodie qui continue de murmurer et ce bruit de… moteur ? Je crois. Je ne suis pas sur.

Où suis-je ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n'ai pas envie de savoir. A quoi bon savoir si ce n'est pour se faire mal ? A quoi bon savoir quand on n'est plus ?

Je tombe. Je sombre. Un cri. L'affolement. C'est tout. Tout est loin. Trop loin. Bien trop loin. Je ne sais plus. Peut-être. On court. Je crois. Le vent est là, mais en même temps, il n'est pas. Je ne sais pas. Tout disparait. Tout s'engouffre dans l'inexistant. Le vide m'envahit.

J'ai froid…

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P.O.V. (narrateur) :

Gin souleva le jeune homme. Il ne sentait plus son pouls. Plus du tout. Et ça l'effrayait. Vraiment. Courant à travers l'allée, Gin se jeta sur la sonnette, appuyant à se brisé les doigts. Mais rien ne vint. Le tintement mélodieux résonna, mais la porte resta fermée. Irrémédiablement. Gin resta pantois quelques secondes, avant de se décider finalement. Déposant rapidement le journaliste, il prit de l'élan et tenta vainement de défoncer la porte. Qui résista sans peine à ses assauts.

« Ça irait plus vite avec ça, non ? » Murmura la femme en brandissant une clef sortit de derrière un arbuste.

Sans un remerciement ou attention, Gin se rua dessus, ouvrit la porte à la volé, et récupéra le garçon. Il l'emmena sans l'ombre d'un doute vers le salon et le déposa sur le canapé. Il s'enfuit ensuite à la recherche d'une trousse de secours.

La femme elle, s'appuya contre l'encadrement de la porte, amusé par l'attitude de son homologue. Comment pouvait-il être lui en étant si différent ? Il restait le Gin hautain et antipathique qu'elle connaissait, mais désormais il s'inquiétait pour un rien. Il était devenu… sensible ? humain ?

Gin revint soudain dans le salon, s'agenouillant prêt du jeune homme. Sortant tout un tas de chose de la boite blanche, il s'emmêla les pinceaux, faisant tomber la moitié de son contenu. La femme soupira en s'agenouillant à son tour et en prenant la trousse des mains de Gin.

« Laisses-moi faire, tu n'as jamais été doué pour soigné les gens Gin. » Fit-elle avec une voix mélodieuse.

« Merci… »

Gin se releva sans jeter un coup d'œil au journaliste. Il avait trop peur de ce qu'il y verrait. Peur d'avoir affaire à ses fautes. Peur de voir sa faiblesse. Remarquant sa fille, Gin se baissa à sa hauteur et la prit dans ses bras. Plus pour se rassuré lui qu'elle.

« Papa ? » Chuchota-t-elle, un peu apeuré par l'attitude fuyante de son père.

« Ouimon trésor ? »

« Il va bien le monsieur ? »

Gin se tut, puis après un instant de silence, il lui murmura d'une voix tremblante de peur :

« Je l'espère… Je l'espère… »

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Cobra descendit les escaliers un peu perdus. Un bleu de la taille d'une grosse orange lui bouffait la moitié du visage. Sa mâchoire pendait misérablement. Ses yeux étaient rouges. Son nez était brisé et saignait abondamment. Et tout ça à cause de cet enfoiré de Gin ! Tout ça parce qu'il avait décidé de s'enfuir pour sauver un gosse inconnue au bataillon. Et il l'avait abandonné, elle, alors qu'ils étaient amis. Cruel destin.

En arrivant au rez-de-chaussée, elle se regarda dans la vitre. Elle faisait peur à voire. Très peur même. Se laissant aller sur un banc, elle oublia un instant toute cette machinerie infernale et retomba dans ses souvenirs d'enfances.

Petite fille insouciante et sans problèmes.

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Cela faisait maintenant plusieurs heures que Gin attendait patiemment qu'elle est terminée de soigner le journaliste. Mais toujours aucunes nouvelles. Exaspéré il se leva, délaissant sa fille endormie sur le canapé. Ça avait été une journée éprouvante pour elle. Et pour lui aussi. Filant dans le salon, il découvrit la femme toujours affairé sur le jeune homme.

« Tu t'en sors ? » Lui demanda-t-il, ne sachant que trop faire.

Elle ne répondit pas, absorbé par son travail. Ses boucles blondes retombaient dans ses yeux, coller contre son front par la sueur. Elle en retira une du bout des doigts et soupira, comme extenué. Gin s'assit à ses côtés, au sol le dos appuyé contre le pied du canapé. Il ne dit rien, bercé par la respiration haletante de la femme et le souffle éparse du journaliste.

Il ne savait pas pourquoi il était venu ici immédiatement. Il ne se comprenait plus. C'était comme si il avait été attiré ici. Quel imbécile il était !

Le silence pesant. L'odeur de sang et de pourriture. Un effluve de poudre. Un parfum d'alcool. Gin soupira. Il y avait longtemps qu'il n'avait plus sentit un tel bouquet d'arôme. Il retira son chapeau, le faisant tourner sur ses doigts. La dernière fois qu'il avait retiré son chapeau avec quelqu'un d'autre, c'était avec le gamin.

Le « tic-tac » de la pendule lui fit perdre la tête. Il pouvait les compter ? Chaque seconde qui passait. Une. Deux. Trois. Quatre… Le temps était long. Très long. Cent-trois. Cent-quatre. Cent-cinq… Encore combien de temps ?

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Haibara soupira en arrivant chez le professeur. Ils avaient ramenés Kuroba avec la coccinelle d'Agasa. Ai poussa le petit portail pour pénétrer dans le jardin de la maison.

Puis un bruit.

Haibara se retourna. Le portail de chez Kudo était ouvert. Une magnifique Porsche 365A noire était garée devant. Elle crut s'étouffer en la voyant. Gin était là. Chez Kudo. Et contre toutes attentes, au lieu de s'enfuir, Haibara marcha. Elle marcha vivement vers la demeure. Elle marcha vers elle, prête à en découdre. Le professeur la suivait, ne sachant qu'en penser.

La rage au bord des lèvres, elle entra dans la maison. Ses pas la menèrent directement vers le salon, et à cet instant, elle fut choquée.

Assoupis au pied du canapé, Gin ressemblait à un ange. Un ange sadique certes, mais un ange tout de même. Et accroupis, soignant un blessé, Vermouth (NdlR : Enfin, on sait qui c'est !) était là, comme si tout était normal. N'était-elle pas morte, tuée par Gin ? N'avait-on pas retrouvé son corps ? Et sur le lit, un jeune homme – du moins ce qu'il en restait – était ensanglanté, presque mort. Haibara ne le connaissait pas, et sans doute ne pourrait-elle jamais le connaitre, mais ce qui la choquait le plus, c'était le tableau qu'elle voyait.

Depuis quand Gin et vermouth s'amusait à soigner un blessé ? Et surtout à tenter de le sauver ?

« Papa ? »

Haibara se retourna, alerté par la voix fluette qui avait interpellé son papa. Une jeune fille d'environs trois ans la regardait avec ses grands yeux noisette. Ses joues rougies par le froid et son teint de pêche. Ses lèvres pulpeuses ouvertes sur un mot inaudible. Et ses cheveux gris bouclés. Ses cheveux gris.

La fillette courut d'un mouvement, sautant sur Gin. Celui-ci se réveilla, et sursauta en remarquant Ai et Hiroshi. L'enfant regarda inquiète l'homme en noir, avant de redire d'une voix inquisitrice :

« Papa ? »


Alors ?
Bon, je sais que ce chapitre est un peu... étrange, mais personnellement, je l'aime vraiment.
Et vous ?
A la semaine prochaine !