Chapitre 24 : Un désaccord.
Accrochée solidement au bras de mon père, je marche en silence dans les immenses couloirs de Marineford et observe ces murs blancs si hauts. Ils ont du voir passer des légendes de la Marine au fil des années, la vieillesse les entraînant vers la retraite qui leur sera forcée. Je suis captivé par cette forteresse qui est d'après des légendes, le centre exact du monde. C'était lui-même qui l'avait dit à Marshall D Teach lors de l'arc meurtrier où Portgas D Ace mourut.
Un frisson parcourt ma colonne vertébrale, et je sens la prise qui se resserre autour de ma taille. Je m'accroche à sa veste blanche ornée de médailles et de sa fameuse échappe violette.
- Ferme les yeux maintenant, Melody..
Je ferme les yeux, et me laisse porter par ces pas vers une douce brise du matin.
- Où allons-nous ?
Sengoku ne répond pas, et accélère légèrement le rythme de sa marche, me faisant grimacer qui, malgré ma nuit de sommeil vu que je n'arrive pas à tenir correctement sur mes longues jambes de mannequin. On marche en encore un moment, et quand j'ouvre les yeux je vois une magnifique vue sur la grande place et l'océan autour de nous. Me réveillant instantanément, je lâche son bras et m'approche du bord pour regarder avec mes yeux émerveillées la beauté de la vue.
- C'est …
Il s'approche à son tour et me garde à bonne distance du vide comme un papa poule en faite.
- Je sais que je suis maladroite mais, quand même..
Il ne dit rien, et soupire avant de sortir quelque chose de brillant de sa poche.
Je me tourne complètement vers lui, et je détaille son visage soucieux qu'il lève vers moi.
- Tu ressembles beaucoup à ta mère …
Mon estomac se retourne quand la culpabilité du crime remonte en moi, face à la tristesse que je sens à travers sa voix grave. Je me tords les mains, en essayant de ne pas pleurer comme une madeleine devant un film à l'eau de rose ou un truc bien dramatique. Finalement, je ravale mes larmes, et je le prends de nouveau contre moi en posant ma tête sur son épaule.
Il se détache de moi après quelques minutes de silence respecté par nous deux, et ouvre sa main où je vois un collier incrusté d'argent qui brille doucement.
- Porte le.. Pour elle..
Doucement, je le récupère au creux de son immense main avant de le passer derrière ma tête et cherche à tâtons comment l'attacher. Après quelques minutes de bataille acharnée, je réussis à l'accrocher. Je lève les yeux pour croiser les pupilles de mon vieux père, une larme à l'œil.
Depuis que j'ai commencé le manga One, je crois que je n'ai jamais vu un personnage qui n'est guère apprécié extérioriser autant ces sentiments. J'ai pleuré beaucoup de fois devant certaines scènes alors je sais de quoi je parle… Mais lui..
Le bateau des Mugiwaras qui brûle ? Je chiale comme une fontaine.
La mort de Sabo annoncée à Ace ? Je fonds …
Robin qui hurle à ces amis qu'elle veut de l'aide ? Je craque …
Ace qui meurt ? Je pète un câble !
Garp qui pleure ? JE PLEURE !
- Sen… Euh … Papa ….
- Oui … ?
- Que s'est-il passé.. après que j'ai disparu ?
- C'est une longue histoire, soupire-t-il. Allons-nous asseoir..
Nous revenons dans son appartement, et il m'invite à m'asseoir à ces côtés sur le majestueux lit. Je l'observe sans rien dire, attendant qu'il parle de cette épreuve difficile qu'il a dû vivre seul, malgré la présence de ces amis et collègues de la marine.
- Après que tu aies disparu, nous sommes arrêtés les pirates.. Ils ont été envoyés à Impel Down après quelques séances de torture pour savoir comment ils avaient su pour vous.. Nous n'avons rien obtenu..
- Et Maman … ?
- Il était trop tard... Elle était froide quand je suis allé auprès d'elle.. Tu étais tout pour elle… Sa petite fille, et la mienne avant tout. Quand nous nous sommes rencontrés, ce fut le coup de foudre entre nous.. A peine 6 mois après, nous étions mariés.
- Vous étiez vraiment le couple parfait..
- Bien entendu. Mais je craignais réellement pour elle, et quand tu es venu au monde, j'ai fait mon possible pour vous protéger, même loin de vous deux.
Je regarde le sol.
- Retournerons-nous un jour là-bas ?
- Hors de question, tonne-t-il.
- Mais..
- Tu es ma fille Melody ! Je ne peux pas te laisser partir là-bas !
J'écarquille les yeux de stupeur. Il avait brutalement haussé le ton en seulement quelques mots et sa voix si paternel de toute à l'heure avait laissée place à un fort ténor en colère.
Je serre les poings, prête à en découdre. Non, je ne lui laisserai pas le dernier mot !
- J'y retournerai avec ou sans ton accord ! Je suis majeure et donc libre de mes mouvements ! Je connais mes droits et tu ne peux pas m'obliger à rester enfermée dans une pièce sous prétexte de jouer le papa trop protecteur !
- Melody ! Je ne te permets de hausser la voix contre moi !
Son visage est désormais tordu par la colère et ces yeux bruns normalement neutres sont légèrement noircis sous l'émotion négative qu'il rejette.
- Je te parle comme je veux !
- Melody … !
Têtue comme je le suis depuis ma naissance, je garde le plus longtemps possible le contact visuel avec lui et je suis déstabilisée lorsque que je vois un éclair de tristesse qui traverse ces yeux.
Je ne réagis extérieurement mais je suis bouleversé sur le moment. Essaye-il de m'amadouer, pour que je lui présente mes excuses avant de lui obéir ? Le silence est continu, et aucun d'entre nous n'ose parler à l'autre trop peur de monter encore plus la tension déjà trop extrême.
- Pourquoi … ? Pourquoi veux-tu m'empêcher de faire mon deuil ? C'est de ma faute si, elle a perdue la vie ce jour, cette heure, agenouillée au sol les joues rouges et les larmes débordants de larmes …. Elle t'a vu à seulement quelques mètres d'elle, et pourtant si inaccessible ! Si j'avais eu l'intelligence de réfléchir à mes paroles au lieu d'hurler à ce pirate la dure vérité que je pensais tout bas.. Nous n'en serions pas à nous hurler dessus et à repenser à cela ! S'il te plait … Laisse-moi y aller !
Depuis quand n'ai-je pas regretté une parole, un geste ou une humeur ? Depuis fort longtemps à mon grand regret. J'efface les filets d'eau sur mes joues d'un geste maladroit de ma main droite et j'ose enfin lever le pied et le contourne.
- Tu es mon père, mais je n'obéis qu'à ma raison …. Elle m'appelle à faire justice par la moralité et sans violence, ce que n'implique pas certains de tes hommes ….
Bien sûr, je vise l'amiral rouge et sa justice absolue qui est la plus meurtrière depuis quelques années mais cela n'est connu que de moi sûrement. L'amiral en chef doit fermer les yeux face à ça …
Je lui passe à côté sans regret, et sors de ces appartements pour aller dans le couloir ignorant les soldats qui s'écartent avec respect en baissant la tête. Comme si j'avais besoin qu'on me prenne pour une fille blanche comme leur drapeau et à l'âme légère comme la plume.
« Si tu veux la paix, prépare la guerre. »
Oh oui …. J'allais la préparer pour être libre … Je n'étais plus cette chose que manipulait la société d'avant. Le changement s'est effectué, et jamais je ne retournerai sur mes pas. Quitte à devenir leur ennemie, je serai toujours pour la liberté et nulles armes ne me font reculer.
Voilà x)
Biz biz
Chesca-Shan
