Traduction de la fiction d'AddriannaDestiny.Merci à Béné pour son aide et ses coups de génie sur ce chapitre qui m'a quand même fait pas mal galérer…

Merci également à Taraimperatrice (Incroyable, tu bats tous les records, j'adore !), milya Slaeyz (Désolée que ce soit si long, mais franchement je ne peux pas faire mieux, et vu que les chapitres s'allongent, je me demande même si je vais réussir à tenir ce rythme jusqu'à la fin…), yaya (Bonne année à toi aussi ! ), lydista (Klaus peut être vraiment adorable, mais seulement avec elle ! Et tu n'as pas fini d'avoir peur…) et Lukas Black (Totalement d'accord avec toi : j'adore la complexité, la cohérence et le « réalisme » de cette fiction !).


- Damon recommence à faire l'idiot et à tuer : hier Elena a dû le séduire pour qu'on puisse lui injecter de la veine de Vénus. Je l'ai enfermé en cellule mais je ne vais pas pouvoir le retenir beaucoup plus longtemps.

Caroline ne comptait pas donner l'impression d'être si incroyablement insensible mais elle était seulement inquiète pour sa mère.

- J'ai appelé pour savoir comment tu allais, maman, pas pour avoir tous les flash infos de la même vieille bande.

Liz rit de l'autre côté de la ligne.

- C'est ma vie, Caroline, je dois gérer Damon vidant des filles de leur sang sur le côté de la route et Elena pleurant toute la nuit au commissariat… et les étrangers occasionnels qui passent en ville…

Caroline retint le livre qu'elle s'apprêtait à mettre dans son sac.

- Quels étrangers ?

- Juste un type arrivé en ville avec une voiture légale qui s'est assis au Grill pour boire de l'eau.

Caroline sentait que le ton moqueur de sa mère était censé lui assurer qu'il ne représentait pas de danger, mais elle n'était quand même pas très rassurée.

- Pourquoi n'arrêtes-tu pas d'être aussi têtue pour venir me rendre visite à la Nouvelle-Orléans ? demanda-t-elle en préparant son sac, souhaitant que sa mère l'écoute juste pour cette fois.

- Tu dois vraiment sortir avec Klaus : tu commences à parler comme lui.

- Je m'inquiète pour ma mère que j'aime énormément, répondit Caroline en levant les yeux au ciel.

- Je t'aime aussi, chérie, et tu me manques, mais je n'ai pas de raison d'aller à la Nouvelle-Orléans : on parle plus maintenant qu'on le faisait quand tu vivais ici.

- C'est vrai, reconnut Caroline avec un sourire chaleureux.

- Et on se reparlera demain, là j'ai un changement d'équipe qui commence et tu as cours.

- Je t'appelle demain, maman, je t'aime, dit tendrement Caroline pour mettre fin à l'appel avec un grand sourire pour Bonnie.

Celle-ci ne lui rendit pas un sourire aussi enthousiaste mais tandis que Bonnie se débattait avec un cardigan bleu, Caroline remarqua silencieusement le changement chez son amie. Le style de Bonnie avait changé depuis son arrivée à la Nouvelle-Orléans : ses hauts étaient plus moulants et sexy et en plus ses jupes étaient plus courtes.

Mais le vrai changement chez Bonnie était sa nouvelle coupe de cheveux courte et classe. Elle avait aussi un nouveau goût pour les robes et Caroline aimait particulièrement celle qu'elle portait ce jour-là : la petite robe bleue était parfaitement fluide contre sa belle peau.

- Il n'y a pas eu de dîner tardif avec Kol, hier soir ? Tu dormais déjà quand je suis rentrée, demanda Caroline tandis que les deux filles étaient prêtes pour partir.

- Je suis restée un peu au Luxure mais je voulais vraiment me lever tôt pour la fac donc je suis partie tôt, répondit Bonnie en prenant son sac, tentant de paraître désinvolte à ce sujet. J'ai perdu la trace de Kol quand il est parti avec une fille : elle avait toute cette allure de top model russe.

Caroline plissa les yeux alors que les deux filles se dirigeaient vers le portail.

- Tu es… contrariée ?

- Bien sûr que non, fit Bonnie en tenant le portail et en regardant Caroline. Pourquoi le serais-je ?

- Je ne sais pas… Kol et toi avez passé beaucoup de temps ensemble…

- Sais-tu à quel point c'est difficile d'avoir un ami sorcier ? De trouver quelqu'un qui comprend le latin et ne me regarde pas comme si j'étais une extraterrestre quand je parle de sorts ?

Caroline referma le portail avec un air pensif.

- Je n'y avais jamais pensé.

- Vous, vous avez tous ce truc de vampire entre vous : les crocs et le sang te lient à Stefan et aux Mikaelson. Même quand on était à Mystic Falls, je me sentais mise à l'écart, et la seule fois où je me suis trouvée quelqu'un comme moi, c'était quand Luka est venu en ville. C'était vraiment bien d'avoir quelqu'un avec qui partager toutes ces choses qui me définissent.

Caroline plissa un peu les lèvres tandis qu'elles descendaient la rue.

- Je suis vraiment une mauvaise amie parce que je n'avais jamais réalisé à quel point tu devais te sentir seule et exclue.

Bonnie sourit quand elles traversèrent la rue.

- Tu m'écoutes et il n'y a pas une once de jugement qui émane de toi, Caroline : crois-moi, tu n'es pas une mauvaise amie.

- Tu t'es trouvée des points communs avec Kol, déclara Caroline tandis qu'elles arrivaient à son café préféré de la Nouvelle-Orléans.

- D'une étrange façon, on forme cette invraisemblable… confrérie, expliqua lentement Bonnie, parfaitement consciente de paraître bizarre.

Caroline lui tendit une tasse de café avec un grand sourire.

- Le mieux, dans tout ça, c'est que s'il devient trop fougueux à mon goût avec toi, je peux facilement lui casser plein d'os de son corps.

Bonnie rit en prenant une première gorgée de son café serré.

- Je ne crois pas que qui que ce soit sache à quel point Kol est un sorcier puissant, en fait, pas même lui.

- Il ne peut pas être plus puissant que toi, rétorqua Caroline en regardant Bonnie avec un air bête.

- Ma magie vient de la nature, de tout ce que je peux toucher, mais l'énergie de Kol vient de quelque chose de totalement différent. Je ne suis pas familière de cette forme de magie mais je l'ai déjà vue auparavant. Quand on était de l'autre côté, Kol a maîtrisé cette chose appelée Les Ombres. Au début je croyais que c'était une force vraiment puissante qu'il était parvenu à utiliser contre moi mais ensuite j'ai réalisé que c'était dans ma tête. J'ai regardé ma grand-mère souffrir après que les sorcières l'aient punie pour m'avoir aidée et c'est vraiment resté ancré en moi, raconta Bonnie en serrant sa tasse. Kol a utilisé ça contre moi et a juste amplifié ma peur en quelque chose de plus grand et effrayant.

Caroline arrêta sa tasse en chemin vers sa bouche.

- Est-ce qu'il a trafiqué ton esprit comme Silas l'a fait ?

- Silas avait 2 000 ans d'expérience derrière lui, Kol n'a que quelques mois mais oui, je crois vraiment… vraiment, que la magie de Kol vient de la lignée de Silas.

- Il parcourt toute la ville pour essayer de trouver ce qu'il est vraiment, quelqu'un devrait le lui dire.

Tandis qu'elles approchaient de l'Université, Bonnie baissa la voix.

- Il a essayé d'arracher le bras de Jérémy juste pour nous empêcher d'atteindre le remède et il a torturé Damon dans un congélateur avec un groupe de morts à l'intérieur. Comment dire à un type extrêmement lunatique qu'il a probablement le pouvoir d'hypnotiser les gens avec son esprit ?

- Euh… fit Caroline en se pinçant les lèvres. Il pourrait se laisser griser.

- Pendant qu'il cherche des réponses, il ne fait de mal à personne.

- On devrait chercher des réponses nous aussi, ajouta Caroline en prenant son téléphone pour aussitôt envoyer un message.

Ça ne passa pas inaperçu et Bonnie devina facilement qui allait être à l'autre bout d'un très long message.

- Klaus n'est pas passé pour le petit-déjeuner ce matin comme il le fait habituellement.

- Je l'ai quitté en train de dormir la nuit dernière et ce matin il voulait voir Elijah, donc on a décidé de changer notre routine et de dîner ensemble à la place.

Bonnie prit son café en silence mais avec un sourire taquin. Caroline, qui en était consciente, leva les yeux de son téléphone.

- Il a une vie vraiment turbulente et j'ai ma propre vie qui continue, donc on a établi qu'il devait y avoir une sorte d'habitude entre nous pour qu'on ne perde pas le contact.

- C'est ta façon de dire que vous êtes mariés ? la taquina sans fin Bonnie.

- On va être en retard, fit Caroline en la fusillant du regard.

Bonnie ricana en suivant Caroline tandis qu'elles entraient dans l'Université.

- Je suis contente que vous ayez fait une pause dans votre tradition parce que je pourrais m'habituer à celle-là, reprit Bonnie en agitant sa tasse vide. J'aime bien nos matinées ensemble.

- J'adore t'avoir ici avec moi, Bon, fit Caroline en passant un bras autour de Bonnie.

- J'aime vraiment beaucoup la Nouvelle-Orléans et j'ai appris à sourire de nouveau et je partage une maison avec ma meilleure amie. Les choses se passent beaucoup mieux que l'an dernier : maintenant tout ce que j'ai à faire c'est d'avoir de bonnes notes. Oh, et avoir les moyens de me payer du café parce que je suis à court d'argent.

- C'est pas un problème, Bonnie, répliqua Caroline en mettant sa tasse vide à la poubelle.

- Au fait… commença Bonnie en se frayant un chemin vers une question cruciale. Quand Klaus et toi vous êtes disputés, l'autre jour, qui a craqué en premier ?

- Il est venu avec des fleurs, répondit Caroline tout en lisant le long message qu'elle venait de recevoir.

- Merde… jura Bonnie dans sa barbe.

Caroline plissa les yeux en se tournant aussitôt vers elle.

- J'ai en quelque sorte fait un pari avec Stefan… avoua Bonnie.

Caroline haleta bruyamment.

- Tu devrais avoir honte…

- J'ai perdu, fit Bonnie avec un sourire des plus innocents.

Caroline secoua la tête d'un air théâtral.

- Je te juge très sévèrement et je juge aussi Stefan. Je vais l'appeler juste pour lui dire à quel point je le juge.

Bonnie rit devant l'expression théâtrale de Caroline.

- Passe-lui le bonjour de ma part.

- Tu devrais avoir honte ! répéta Caroline en pointant Bonnie d'un doigt accusateur.

Celle-ci rit tandis qu'elles se séparaient pour aller à des cours différents.


- Pourquoi restes-tu ici ? demanda Rebekah tout en essayant de leur choisir la meilleure boisson.

- La maison a des souvenirs, répondit simplement Elijah.

Elle reposa le regard sur son frère à l'air abattu assis sur le canapé.

- Des souvenirs d'une femme dont tu as réduit le corps en cendres pour les enterrer dans un endroit secret, fit Klaus en posant son téléphone pour un moment avant de s'avachir dans le canapé à côté d'Elijah.

- Il marque un point, le soutint Rebekah en se décidant pour le rhum millésimé.

- Je voulais veiller à ce que personne n'utilise ses restes pour un quelconque motif outrageux, rétorqua Elijah en jetant un coup d'œil à Klaus.

Aussitôt, Klaus se mit la main sur la poitrine en prétendant être blessé. Rebekah tendit un verre à chacun de ses frères et approcha la table basse pour pouvoir s'asseoir en face d'eux.

- Elle est morte à présent, Elijah. Comptes-tu rester dans cette maison à te morfondre pour toujours ?

- Le genre soucieux est dépassé, Elijah, intervint Kol en rejoignant ses frères et sœur avant de prendre le verre des mains de Rebekah.

Tout le monde le regarda, un peu surpris puisqu'ils ne l'avaient pas appelé pour lui dire où ils étaient.

- Sa copine est morte, je me suis dit qu'il y aurait une sorte de rassemblement triste pour dire de jolies choses sur elle, les informa Kol tandis que Rebekah allait se servir un verre.

- Elle a réussi à me semer pendant 500 ans, c'est impressionnant, fit Klaus avant de vider son verre en l'honneur de Katherine.

- Elle avait un œil incroyable pour la mode, ajouta Rebekah en levant son verre.

- J'aimais bien son décolleté, renchérit promptement Kol.

Elijah grogna sous le ricanement de Klaus.

- J'étais à court de bonnes choses à dire sur sa personnalité, s'excusa Kol en haussant les épaules.

- Aucun de vous ne la connaissait, rappela Elijah au petit groupe.

- Tu ne la connaissais pas, Elijah, alors prenons juste une minute pour la pleurer, fit Rebekah en remplissant tous les verres.

Moins de trente secondes étaient passées quand Kol interrompit le moment solennel.

- D'accord, c'était émouvant. Maintenant, passons aux problèmes vraiment importants… J'ai rencontré une sorcière hier soir, appelée Nadia.

- Tu as trompé Bonnie ? murmura moqueusement Rebekah, comme si elle en était sincèrement consternée.

- Quoi ? fit Kol en plissant les yeux vers elle.

Le téléphone de Klaus commença à vibrer et il le prit sur la table, également avec un air moqueur.

- C'est Caroline, probablement pour m'informer que Bonnie sait déjà que tu as partagé ta magie avec une femme appelée Nadia.

Kol regarda Klaus, perdu, puis se tourna vers Elijah et Rebekah, encore perplexe.

- Bonnie et moi sommes juste amis.

Klaus et Rebekah rirent bruyamment. Kol regarda Elijah pour avoir des explications.

- Je crois que ça a quelque chose à voir avec Niklaus et Caroline déclarant qu'ils étaient amis avant que ça arrive, fit Elijah en désignant Klaus de la main sans le regarder.

Il était en train de sourire sur le balcon en parlant avec Caroline au téléphone.

- Tu penses qu'il a été rattrapé par l'esprit d'un démon ? demanda Kol en fronçant les sourcils.

- Il a dit à Caroline qu'il l'aimait, dans notre langue maternelle, dit Rebekah à voix basse.

- Je l'ai surpris en train de dormir, hier soir, les informa doucement Elijah.

Kol et Rebekah se tournèrent vers Elijah au ralenti en même temps.

- Je sais, fit Elijah en vidant son verre sans lever les yeux.

- On devrait le purger, murmura Kol.

- Je connais un prêtre, renchérit Elijah en souriant dans son verre.

- Permettez-moi d'immédiatement mettre un terme à cette cacophonie de sornettes en vous rappelant à vous tous que je possède une ouïe excellente, intervint Klaus en revenant dans la pièce à sa place près d'Elijah.

- Oui, concentrons-nous sur quelque chose de vital : moi, approuva Kol en posant son verre par terre. Nadia m'a assuré que je peux me transformer sans aucun effet secondaire.

- Je suis sûr qu'elle a de l'expérience acquise de tous les Originels qui sont morts, sont passés de l'autre côté, et ont ensuite été ressuscités en tant qu'humains, fit sarcastiquement Klaus en étirant les bras au-delà du canapé.

- Elle fait partie des Voyageurs : tu te souviens de ces sorcières que j'ai rencontrées en Roumanie ? demanda Kol à Klaus.

- J'étais trop occupé à te pourchasser à l'époque, je n'ai pas vraiment écouté ce que tu as dit avant d'être dagué, répondit Klaus en levant légèrement les mains.

- Contrairement à Katherine, on ne m'a donné aucun remède, donc on peut supposer sans risque que je peux survivre à une transition en vampire, lâcha Kol en décidant d'aller droit au but.

Lorsque personne ne réagit le moins du monde à ses paroles, il écarta les bras.

- Mes chers frères et sœur, on est en train de parler de passer l'éternité avec moi.

Ils décidèrent tous de simplement le blesser en le fixant, le visage dénué d'expression.

- Ça vous hantera tous, déclara-t-il en les pointant du doigt chacun leur tour tandis qu'il se levait.

Il fit claquer la porte d'entrée de manière enfantine mais aucun d'eux ne bougea jusqu'à ce qu'ils l'entendent s'éloigner en voiture. À ce moment-là, les trois Originels eurent un large sourire, horriblement amusés, et Rebekah remplit les verres de tout le monde.

- L'un de nous devrait lui dire qu'on ne retarde cela que pour satisfaire notre joie sadique à propos de sa torture, fit Elijah avec déjà une pointe de regret.

- On devrait le laisser transpirer encore un peu : j'adore le voir si accablé, répliqua Rebekah en rayonnant.

- Je n'ai pas créé un triangle de l'Expression pour le gâcher parce qu'il a rencontré une sorcière décrétant que c'était sans risque de le transformer, lança Klaus en vidant son verre avant de se lever pour poser son verre sur la table basse. Et je connais Kol : s'il voulait vraiment être transformé, il serait déjà un vampire.

- Va-t'en et emmène ton intelligence avec toi, ça me donne la nausée, fit Rebekah en lui envoyant un sourire insolent.

Il lui fit un clin d'œil en s'éloignant.

Elle secoua la tête en concédant un sourire et se tourna vers Elijah. Elle alla rapidement à ses côtés et se logea confortablement dans le canapé. Elle s'étira les jambes sur le canapé avant de fixer des yeux son frère. Il tourna lentement la tête pour faire face à la jeune fille avec un large sourire.

- Y a-t-il quelque chose que tu voulais me dire ?

- J'ai acheté un lieu et je vais le transformer en une boîte de nuit animée.

C'était agréable de voir Elijah sourire.

- Je suis enchanté que tu aies enfin décidé de faire quelque chose par toi-même qui ne soit pas entièrement lié à nous. Pour la première fois, nous vivons tous dans la même ville mais en menant pourtant des vies séparées.

Elle savait exactement ce qu'il voulait dire et elle posa sa tête contre sa main.

- J'aime mon nouveau projet mais j'aime aussi le fait d'avoir toute ma famille unie pour une fois.

- Es-tu consciente qu'un bébé vampire de 18 ans a maîtrisé ce que je ne pouvais faire ? demanda Elijah à Rebekah d'une voix des plus déconcertée.

Rebekah acquiesça avec un petit sourire.

- Oui, j'avais parié sur elle, tu te rappelles ?

- Comment ai-je pu être aussi aveugle, Rebekah ? fit-il en semblant sincèrement perdu.

- Tu oublies que tu étais juste l'un d'entre nous. Tu n'étais pas le père de Nik ou le mien… ou celui de Kol : tu es juste l'un d'entre nous, dit-il dans un murmure.

Elijah soupira et bougea son bras. Rebekah bougea pour pouvoir se blottir tout contre lui et aucun d'eux ne parla tandis qu'il la gardait sous son bras, mais il la sentit s'émouvoir quand il caressa ses longs cheveux blonds.


- Qu'est-ce que tu entends par « Je l'ai embrassée » ? demanda Caroline en murmurant à demi.

- Elle était là, vraiment très belle, et j'ai caressé son visage et ensuite j'ai pressé mes lèvres contre les siennes, raconta Stefan en semblant trop naturel sur le sujet.

- Je n'ai pas 5 ans, Stefan, je sais ce qu' « embrasser » veut dire, fit Caroline en trouvant un joli petit coin où elle pouvait lui parler sans percuter les étudiants qui remplissaient le couloir bondé. Mais je ne m'attendais pas à ce que tu embrasses Rebekah.

- Tu n'approuves pas…

Cette fois-ci, elle soupira.

- C'est pas ça. Je suis juste inquiète que ce soit un peu précipité et je me soucie vraiment de vous deux donc je ne veux voir aucun de vous souffrir à nouveau.

- C'était juste un seul baiser, Caroline, clarifia Stefan.

- Avec la langue ? chercha à savoir Caroline.

- Oui… grogna Stefan pour toute réponse.

Et Caroline agita la main en l'air.

- Il y a « romance tragique » écrit tout autour de ça.

- Je corresponds malheureusement au profil, fit Stefan, découragé.

Elle en rit et sa voix fut des plus douces lorsqu'elle conclut l'appel.

- On va déjeuner ensemble demain et il y aura beaucoup de vin impliqué alors tiens-toi prêt.

Évidemment il accepta aussitôt et Caroline souriait quand elle raccrocha son téléphone et se dirigea vers un autre cours. Tandis qu'elle approchait de l'amphi, elle rentra dans un professeur et s'excusa immédiatement.

- C'est bon, Mlle Forbes, je suis habitué à ce genre de situation dans le couloir.

Elle sourit à l'homme qui s'avéra être un de ses professeurs, et aussi celui qu'elle avait hypnotisé durant ce test, ce qui lui rappela qu'il y en avait également un autre qui arrivait très vite.

- J'espère que vous étiez distraite car perdue dans les théories et les termes médicaux.

- En fait, j'étais en train de me préparer pour le grand test, dit-elle en orientant aisément la conversation là où elle voulait aller.

- Allez-vous utiliser l'hypnose cette fois, Mlle Forbes ? lui demanda ouvertement le professeur.

- Pas si je peux l'éviter, répondit-elle en levant le menton avec résolution. Mais je ferai tout ce qu'il faudra pour avoir ces bonnes notes.

L'homme fit courir sa main dans ses cheveux et Caroline était certaine que le mouvement n'était utilisé que pour lui montrer la bague qu'il portait.

- On aime tous un étudiant motivé, dit-il en la laissant dans une étrange atmosphère.

Caroline tapota ses livres de son doigt en plissant lentement les yeux vers cet homme : elle avait une excellente motivation.


Bonnie jongla avec deux livres qu'elle pressa contre sa poitrine, elle serra fermement les lèvres tandis qu'elle se débattait pour ouvrir la barre chocolatée, ce qui s'avéra être impossible avec son poignet cassé. Après une grande lutte avec l'emballage, il s'ouvrit violemment, mais le mouvement brusque entraîna le chocolat hors de sa portée.

Bonnie prit une grande inspiration, désemparée, mais un héros surgit tandis qu'une main rapide attrapait la barre à temps.

- Oh mon dieu, merci, dit-elle à Jesse alors qu'il lui tendait le chocolat avec un sourire suffisant.

- De rien, fit-il en tendant le bras pour prendre ses livres. Laisse-moi te les tenir pour que tu puisses manger.

- Oh…

Elle eut à peine le temps de réagir qu'il lui tenait déjà ses livres. Légèrement mal à l'aise, Bonnie prit une bouchée de sa barre chocolatée.

- Est-ce que Caroline t'a ordonné d'être sympa avec moi ?

Jesse rit, à l'aise.

- Je ne l'ai pas vue aujourd'hui : elle se cache délibérément de moi.

- Elle n'aime pas être contrôlée, expliqua Bonnie en offrant un morceau de chocolat à Jesse, qui l'accepta en haussant les épaules.

- Soyons honnêtes, personne n'aime ça et elle m'effraie un peu donc j'ai décidé de garder ma protection invisible.

- Tu fais quoi, toute la journée, quand tu es invisible ?

- Je tiens les livres de filles beaucoup trop mignonnes pour manger seules.

Bonnie rit de l'approche directe du mystérieux hybride.

- Tu ne perds pas de temps, n'est-ce pas ?

- J'adorerais répondre à toutes les questions que tu te poses autour d'un dîner ce soir, fit Jesse en lui souriant sans honte d'un air narquois.

Bonnie récupéra ses livres et le sermonna légèrement.

- Je vais y réfléchir. Avec beaucoup d'attention parce que tu as vraiment sauvé mon en-cas.

Elle le quitta dans le couloir avec un sourire un peu dragueur de son côté. Elle souriait toujours de son intérêt direct quand elle prit place dans la grande salle de cours. Elle attendait Caroline étant donné qu'elles partageaient ce cours dans leur emploi du temps, mais pas l'homme qui s'assit à côté d'elle avec son sourire dragueur caractéristique.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Bonnie à Kol dans un murmure car le cours était sur le point de commencer.

- Tu as disparu hier soir et j'avais de grandes nouvelles.

- Tu avais l'air bien parti pour être occupé le reste de la soirée, fit-elle en ouvrant son livre avec caractère.

Il ignora manifestement l'allusion.

- Nadia était la sorcière que j'étais censé rencontrer à l'intersection et elle appartient à un groupe de sorcières très puissantes : elles croient que je peux être transformé sans problème.

- Vous avez eu le temps de parler de tout ça ? demanda Bonnie en le regardant lentement.

De nouveau, il ferma les yeux sur le sous-entendu.

- Ma famille joue les durs à atteindre, ce qui est charmant mais en fin de compte me remue quand même, donc j'ai décidé de le faire moi-même. J'apprécierais le soutien moral, expliqua-t-il avec le plus doux des sourires.

- Pourquoi ne demandes-tu pas à Nadia ? lâcha froidement Bonnie.

Cette fois-ci, il grimaça.

- Tu as de meilleurs plans pour ce soir ?

- En fait, oui, répondit un peu trop rapidement Bonnie.

- Je vais être un peu occupé à mourir et à revenir sans aucun défaut, fit-il avec un sourire narquois.

- J'ai un rencard, dit-elle sans réfléchir.

- Avec ce mec qui travaille pour moi ? demanda Kol, avide de mettre la phrase au passé.

- Non… répondit Bonnie en tournant les yeux vers le jeune homme qui s'asseyait devant elle. Avec Jesse.

- Qui ? fit Kol dont la voix baissa sous le coup de la surprise.

- Moi, intervint Jesse en se tournant sur son siège avec un sourire victorieux.

Kol était on ne peut plus perdu et sans voix.

- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda Caroline qui venait d'arriver pour surprendre un étrange échange de regards dans le trio.

- Quand l'adorable groupe au fond aura décidé de mettre un terme à leur petite réunion, j'aimerais commencer mon cours, les interrompit le professeur en charge du cours pour arrêter le murmure ennuyant.

Bonnie se mit la main sur le côté du visage pour se cacher des autres étudiants fouineurs mais aussi de Kol et Jesse qui se regardaient l'un l'autre avec gêne et d'une Caroline très perplexe.


Rebekah ralentit quand elle surprit paresseusement Stefan en train de démolir un mur : les muscles de ses bras ondulaient d'une façon séduisante tandis qu'il utilisait la grosse massue et ils la laissaient d'excellente humeur. Elle était particulièrement heureuse qu'il porte un T-shirt blanc moulant.

- Sens-toi libre de m'aider, l'appela-t-il.

Elle sourit en se déplaçant à travers les fragments de murs au sol, attentive à ne pas salir ses escarpins raffinés.

- Je ne peux pas juste rester là et admirer l'homme en sueur faisant tout le travail pénible ?

Stefan jeta à terre le dernier pan de mur.

- As-tu décidé quel genre de boîte de nuit ce serait ?

Rebekah parcourut des yeux le grand espace, l'imaginant déjà.

- Quelque chose d'étincelant, classe et intemporel.

Stefan la suivit tandis qu'elle marchait vers le lieu où serait le bar.

- La plus grande des cascades de champagne par ici, expliqua-t-elle en agitant les mains devant elle avant de sourire en se tournant vers Stefan. Là-bas il y aura l'entraînant groupe de jazz, bien sûr, et juste là où tu es ce sera la grande piste de danse.

- Est-ce qu'on revient aux plumes, aux perles et aux chapeaux ? demanda Stefan, aimant étonnamment beaucoup l'idée.

- Ce sera plein de flappers et de clameur, Stefan.

Rebekah était décidée à ramener la seule époque durant laquelle elle avait été vraiment heureuse.


Les deux filles sortirent de leurs chambres en même temps. Caroline tenait encore ses sandales compensées à bout ouvert noires dans les mains tandis que Bonnie se débattait avec une pochette qui ne voulait pas fermer.

- Waouh ! réagit Bonnie en voyant la torride mini robe moulante que portait Caroline.

Celle-ci mit ses boucles d'oreilles pendantes puis enfila ses talons hauts à lanières.

- Je suis si en retard, Klaus sera là d'une seconde à l'autre, dit-elle avant d'arrêter ses gestes frénétiques pour sourire à Bonnie. Tu as l'air sexy.

Bonnie eut du mal à croire qu'elle était aussi belle dans sa petite robe bustier violette à ceinture noire que Caroline tout de noir vêtue avec un haut à bretelles croisées : la jupe était si moulante que Bonnie savait que la seule raison pour laquelle Caroline pouvait respirer était qu'elle n'en avait pas besoin.

- Je n'ai aucune idée de comment j'en suis venue à avoir un rencard avec Jesse mais je devrais y aller, n'est-ce pas ? demanda Bonnie, incertaine.

Caroline leva le doigt comme si elle s'apprêtait à dire quelque chose de très important.

- J'ai les parfaites boucles d'oreilles.

- Care ? fit Bonnie en la suivant dans sa chambre. J'ai besoin de plus de conviction que ça.

Caroline prit la boîte avec les boucles d'oreille en diamant que Klaus lui avait données et les mit à Bonnie avec un sourire.

- Je les portais le soir où Klaus et moi nous sommes embrassés pour la première fois donc elles pourraient te porter chance.

- Pourquoi j'embrasserais Jesse ? demanda Bonnie avec de grands yeux inquiets.

- S'il t'embrasse et que tu as envie de l'embrasser en retour, fonce, expliqua Caroline en prenant doucement les bras de Bonnie. Si tu n'as pas envie de l'embrasser, alors donne-lui juste une migraine.

- Je ne sais même pas quoi lui dire. Avant aujourd'hui on a partagé exactement deux mots : bonjour et salut, expliqua Bonnie comme si c'était toute son histoire avec les garçons.

- Ne pense pas à ça, amuse-toi juste et profite de ton rencard.

- Je n'ai même pas encore rompu officiellement avec Jérémy.

Caroline lui adressa un regard d'avertissement.

- Tu parles du gars qui ne répond pas à tes appels ou tes messages ? Je suis passée par là, Bonnie : ça ne mènera nulle part. D'ailleurs, je t'interdis de commencer une autre relation sérieuse avec qui que ce soit d'autre pour le moment : c'est juste un rencard insouciant censé te faire sourire alors s'il te plaît… souris.

Bonnie força sa bouche à former un sourire. Caroline pencha la tête avec un large sourire avant d'entendre quelqu'un frapper à la porte.

- Oh mon dieu ! fit Bonnie la main sur le ventre.

Caroline se dirigea vers la porte avec une expression sérieuse pour Jesse.

- Respecte mon amie, avertit-elle l'hybride d'un air décontracté.

- Oui, chef, la taquina quand même Jesse, avant de sourire, plus à l'aise, quand Bonnie se montra près de Caroline.

Bonnie leva la main pour le saluer et il sembla sincèrement surpris par son allure.

Caroline tint la porte en les regardant partir comme une mère qui se retiendrait prudemment de les suivre et de les espionner toute la soirée. Bien sûr que ses pensées étaient en train de divaguer quand le grand homme en costume noir et à la chemise rouge foncé avec une cravate assortie passa le portail de sa maison avec une allure remarquable.

- Tu ne plaisantais pas quand tu as dit que ce soir serait une soirée spéciale, fit lentement Caroline car il arrivait encore à la surprendre.

- Bonjour, mon cœur, la salua-t-il en veillant de manière exaspérante à ce que la soirée ne démarre pas sans qu'il ait mis le bazar dans son cœur : la voix rauque et le sourire firent l'affaire.

- Salut, beau gosse, murmura-t-elle, bien décidée à jouer un peu avec lui également.

Il était à présent assez proche pour qu'elle puisse le toucher et Caroline s'éloigna un peu de la porte afin de se rapprocher de lui : elle traça du doigt le doux revers de sa veste et atteignit son cou à temps pour le caresser avant qu'il ne l'embrasse.

Les lèvres de Caroline étaient emprisonnées entre celles de Klaus et elle apprécia lentement toute cette douceur : pendant un long moment, elle envisagea de lui demander d'entrer et de reporter les plans qu'il avait pour eux ce soir-là, mais elle était si curieuse à propos de son message énigmatique qu'elle fut la première à se détacher du baiser.

- Où va-t-on ? demanda-t-elle tout en continuant à lui caresser le cou.

- J'emmène la femme à couper le souffle devant moi dans un des premiers clubs de Jazz de la Nouvelle-Orléans. Attends-toi à de l'excellente musique, à de la nourriture remarquable et… raconta-t-il avant de lentement se passer la langue sur les lèvres. Plein d'autres choses dont je n'arrive pas à ma rappeler là tout de suite à cause des vêtements sexy que tu portes.

Caroline rit en se retournant pour prendre sa pochette et fermer la porte derrière elle.

- On devrait y aller avant de se déshabiller mutuellement et de finir par s'envoyer en l'air par terre.

Klaus la poussa contre la porte dès qu'elle l'eut fermée et prit sa joue entre ses mains : il l'embrassa brutalement cette fois-ci et elle répondit aussitôt avec la même intensité en perdant sa main dans ses cheveux.

- Le dîner d'abord, mon ange.

Ses paroles mirent du temps à s'installer en elle quand il s'écarta de ses lèvres. Elle lui adressa un regard lascif : elle s'attendait à du sexe hybride torride après le dîner.


Le club huppé avait une atmosphère anglaise et Caroline appréciait vraiment ça. Elle remarqua quelques têtes se retourner mais elle n'était pas sûre de savoir si c'était à cause d'elle ou de l'homme attirant facilement l'attention dès qu'il entrait dans une pièce.

Les femmes souriant nerveusement à Klaus lui tapaient sur les nerfs et elle les fusillait facilement du regard (non pas que ça avait un quelconque effet concret), mais en dehors de la petite bulle que Caroline avait créée à la Nouvelle-Orléans ces derniers mois, elle était à présent forcée de faire avec le fait que son petit ami était convoité par n'importe quelle femme avec une bonne paire d'yeux.

À part ça, elle était heureuse que Klaus ait choisi un coin privé juste pour eux : ils semblaient seuls dans le lieu vraiment bondé.


Kol se jeta dans le canapé. Il regarda Klausy qui était assis sur un oreiller et le regardait avec enthousiasme.

- Condamné à passer la soirée seul toi aussi ?

Klausy posa la tête sur l'oreiller et continua à le regarder avec ses grands yeux de chien battu.

- J'avais de grands projets qui ne t'incluaient pas, mon petit, mais comme on est coincés l'un avec l'autre, tu veux te joindre à moi ? proposa Kol en agitant la bouteille dans ses mains.

Klausy bondit loin de lui et sauta du canapé pour se précipiter sur la petite balle avec laquelle il jouait avant l'arrivée de Kol.

- Traître… murmura Kol.

Un bruit soudain surgit de l'entrée, ce qui alerta Kol : il était seul dans la maison et n'attendait personne. Il attrapa un outil en fer de la cheminée et l'agita en se dirigeant vers la porte d'entrée. Klausy s'agita et commença à aboyer avec colère.

- C'est bon signe… murmura Kol en baissant les lumières du salon. Mes crocs me manquent, ajouta-t-il en se passant la langue sur les dents tout en attendant derrière la porte d'entrée.

Dès que quelqu'un l'ouvrit lentement, il balança le fer comme si c'était une batte et frappa durement quelqu'un à la tête. Il chercha l'interrupteur et enfonça le doigt dans un type désormais inconscient par terre. Kol était fier de toujours avoir son bon vieux swing mais Klausy recommença à aboyer et Kol se retourna. Il eut à peine le temps d'apercevoir un grand homme avant que quelque chose le frappe durement sur le côté de la tête, le mettant définitivement KO.


- Je savais que ça arriverait, dit prétentieusement Klaus en partageant le reste de la bouteille de vin entre Caroline et lui.

Elle prit son verre en agitant ses cheveux bouclés.

- Comment aurais-tu pu savoir que Stefan allait embrasser Rebekah ?

- J'étais là quand ils ont décidé de prendre le monde d'assaut comme deux courageux petits oiseaux : ils ont des choses à régler et ils partagent la même recherche de l'amour incommensurable.

- Ne me dis pas qu'il lui a aussi promis d'être son dernier amour… le taquina Caroline.

Il lui reconnut cette petite victoire en inclinant son verre vers elle.

- Je suis horriblement certain qu'il l'aurait fait mais à ce moment-là je l'ai hypnotisé à tout oublier de nous, et c'est le collier de ma sœur qu'il a donné à ton ami en gage de son amour.

- Est-ce que tu vas tuer Stefan, maintenant qu'il a fait un pas vers Rebekah ?

- Et ça recommence, mon cœur, fit Klaus, exaspéré.

Il rit adorablement en le regardant.

- Je le pourrais s'il lui brise le cœur, avoua Klaus en posant son verre sur la table, semblant sérieux.

- Oh, du calme, mon cœur fraternel, fit Caroline en se penchant par-dessus la table, désireuse de sauter par-dessus pour l'enjamber sur la chaise qu'il occupait.

- En parlant d'oiseaux et de frères… reprit Klaus en levant les yeux de la table pour croiser son regard.

Ils dansèrent une de leurs valses habituelles où leurs yeux divaguaient de leurs lèvres à leurs yeux, et un petit peu plus bas vers le décolleté et au niveau du torse.

- Kol et Bonnie… soupira-t-elle. Je sais… Je ne suis pas tout à fait sûre d'être entièrement d'accord avec ça et j'ai l'air d'être une vieille fille qui n'est pas contente des choix romantiques de ses amis, ce que je déteste, expliqua-t-elle avant de se taper le front. Mais Stefan et Bonnie ont eu le cœur brisé… Regarde Jérémy : il a trompé Bonnie avec un fantôme… Et maintenant il agit comme si c'était Bonnie la méchante de l'histoire… Et ne nous lançons pas sur Stefan… fit-elle avant de mettre un terme à ses divagations en se couvrant la bouche. Je me laisse encore emporter. Tu dois m'arrêter quand je fais ça, Klaus, exigea-t-elle, en colère.

Il se contenta de lui sourire.

- C'est hypnotisant toute la vie qui émane de toi, Caroline : je pourrais te regarder parler toute la journée et encore trouver que ce n'est pas assez.

Elle lui balança sa serviette au visage.

- Tu n'es pas autorisé à être romantique durant un dîner romantique dans un restaurant romantique. Juste, non ! souffla-t-elle avec force.

Un sourire parfait et incroyable surgit de lui et elle sourit en secouant la tête quand leurs yeux se croisèrent, et leurs doigts firent de même au milieu de la table.

Doucement, Klaus prit l'index de Caroline entre ses doigts : c'était comme si sa peau était en feu et Caroline se raccrocha également à ses doigts. Ils jouèrent l'un avec l'autre sans dire un seul mot mais pourtant l'échange était très clair entre eux. Aucun d'eux n'avait jamais été aussi à l'aise avec qui que ce soit d'autre : tout comme leurs doigts étaient à présent parfaitement entremêlés, ils avaient également trouvé un moyen d'entremêler leurs vies.

- Souhaitez-vous encore du vin ? demanda au couple la jolie fille travaillant pour le restaurant en gardant les yeux sur Klaus.

- Ce serait très agréable, mon ange, répondit Klaus en souriant.

La fille se racla aussitôt la gorge avant de se retourner pour partir.

Caroline joua avec ses longues boucles d'oreilles en faisant semblant d'être parfaitement à l'aise avec la façon dont la serveuse avait ignoré le fait qu'ils se tenaient la main et avait simplement continué à regarder Klaus.

Ou le fait que, de temps en temps, quelques filles passaient près de leur coin en prenant tout leur temps pour regarder vers eux. Ouais, elle était très à l'aise avec la façon dont chaque femme de la Nouvelle-Orléans avait soudainement décidé d'afficher sa libido pour Klaus.

- Est-ce que tu viens souvent ici ? demanda Caroline en apercevant une autre fille marchant l'air de rien vers leur coin.

- J'adore la nourriture, ici.

Sa réponse était assez ambigüe pour amplifier sa paranoïa.

La façon dont Caroline sourit en se tendant tandis qu'elle essayait de délier ses pensées rendit Klaus méfiant mais il comprit rapidement quand son rencard réagit avec un grognement retenu au retour de la serveuse amicale. Une fois seuls, Klaus ne toucha pas la bouteille mais se leva plutôt. Il prit la main de Caroline pour la forcer à se lever avec lui.

- Le groupe est sur le point de commencer à jouer et on en manquerait la vraie magie en se cachant ici.

- J'aime bien ce coin, répondit juste Caroline.

- Fais-moi confiance, mon ange.

Caroline bouda comme une petite fille mais acquiesça. Avant de quitter leur petit havre, Klaus caressa toute la peau de son doux visage et captura ses lèvres pour un baiser.

Sa langue était comme du velours envahissant la sienne et il étendit lentement toute cette douceur dans sa langue, veillant lentement à ce qu'elle prenne les choses en main. Quand elle le fit, il permit au baiser d'appartenir à Caroline. Comme il fallait s'y attendre, elle était simplement majestueuse en revendiquant ce qui était à elle, et il amplifia également sa passion en lui donnant le pouvoir de mettre un terme au baiser seulement quand elle le voulait et attendit qu'elle voie tout ce qu'elle ne remarquait pas : qu'il n'avait d'yeux que pour elle.


Mystic Falls

April se précipita à travers la rue : elle ne devrait pas être dehors si tard. Heureusement, elle n'était pas loin de chez elle et Jérémy avait aussi parlé du fait que Damon était toujours enfermé. Pourtant, elle était inquiète en fonçant dans la rue sombre.

Elle ne ralentit qu'en voyant la voiture du Shérif garée au milieu de la rue. Elle regarda dans la nuit déserte, confirmant ce qu'elle pensait : elle était seule, et quand elle atteignit la voiture son cœur était serré. Elle trouva la portière du côté chauffeur ouverte et personne à l'intérieur.

- Shérif Forbes ? appela-t-elle en se tournant vers la rue sombre.

April prit son téléphone pour appeler Jérémy, les doigts tremblants : il y avait du sang sur la portière et sur le siège.


La musique était triste : c'était émouvant et captivant, ça touchait Caroline à un point qu'elle n'avait pas imaginé, et elle sourit en fermant les yeux quand l'homme derrière elle l'embrassa sur la joue. Ils étaient à présent recouverts par la pénombre : la seule lumière douce venait de quelques torches et des petites bougies posées sur les tables. La foule écoutait silencieusement le lent déploiement d'émotions se déroulant sur la petite scène.

Une trompette et un saxophone chantèrent sans chanter, touchèrent son âme sans la toucher physiquement, et Caroline comprit chaque note comme s'ils ne jouaient que pour elle, comme s'ils avaient réarrangé les notes de blues improvisées juste pour l'émouvoir aux larmes. Elle bougea un peu la tête pour pouvoir regarder Klaus et le remercier pour cette soirée merveilleuse. Au lieu de parler, elle décida de lentement l'embrasser : c'était un adorable baiser qu'ils partagèrent tandis qu'ils se tenaient un peu à l'écart de la foule applaudissant à présent avec enthousiasme le duo sur scène.

- J'adore cet endroit, dit-elle avec peu de mots, gardant précautionneusement les autres pour elle par peur qu'ils ne la fassent rougir si elle devait les dire à haute voix.

- Tout à son sujet est superbe, murmura-t-il en se penchant et en lui chatouillant l'oreille, avant de la faire rougir quand sa main bougea du côté de son corps vers le creux de ses reins pour lentement descendre le long de son corps.

Elle chercha ses yeux bleus avec une flamme mouvante en eux, puis sa main croisa son large dos, se trouvant une place par-dessus son épaule. Il y avait encore de la musique mais Caroline pouvait presque entendre son cœur battre à la place et lorsqu'elle regarda par-dessus l'épaule de Klaus elle vit une femme les observer : son côté rationnel lui dit que c'était juste une réaction commune d'une personne qui ne pouvait pas détacher les yeux d'un couple se montrant de l'affection en public, mais sa jalousie irrationnelle prit quand même le dessus.

Caroline se colla contre Klaus. Elle érafla sa nuque, sachant que ça le ferait trembler, et quand il rechercha avidement un baiser, elle le nargua en ne se contentant pas de répondre à son baiser de sa bouche, mais en bougeant également une jambe entre eux deux : son genou effleura un ardent désir pour elle qui la laissa tremblante.

- Chez moi ou chez toi ? demanda Klaus en interrompant brutalement le baiser.

Pendant une seconde, le cerveau de Caroline traita plutôt l'information mur ou table et elle cligna des yeux en se frottant contre lui tout en gémissant contre ses lèvres.

- Chez moi : Bonnie est sortie pour un rencard, répondit-elle à bout de souffle.

Klaus la prit par la main pour s'éloigner, se retenant de la prendre par-dessus son épaule.


Cette stupide clé ne voulait pas tourner et Klaus était en train de l'embrasser dans le cou, rendant sa concentration difficile. Elle jeta son sac par terre et fit sciemment courir ses doigts dans ses cheveux. Elle essaya encore d'ouvrir la porte mais, saleté de Klaus, il venait de se frayer un chemin jusqu'à sa jambe et elle l'enroula autour de lui pour le rapprocher.

Tout était parfait tandis que leurs lèvres se rencontraient de nouveau, mis à part un léger détail : ils étaient toujours à l'extérieur de la maison.

- Je n'arrive pas à ouvrir la porte, dit-elle en abandonnant finalement.

Klaus la prit dans ses bras et les fit pivoter pour se retrouver dos à la porte : en un mouvement, il brisa la poignée et ouvrit la porte. Caroline lui retira sa veste et dénoua sa cravate dès qu'ils pénétrèrent dans la maison. Elle serra la main autour de la cravate pour l'enlever lentement de son cou.

Il taquina ses lèvres avec les siennes sans complètement l'embrasser et elle sourit quand il le fit. Du bout de la langue, Caroline donna malicieusement un petit coup sur la lèvre supérieure de Klaus tandis que ses doigts se dirigeaient lentement vers les boutons de sa chemise et tout d'un coup il n'y eut plus de précipitation, plus de baisers enivrés, juste des langoureux. Caroline ouvrit la chemise de Klaus pour pouvoir caresser toute cette merveille qu'était son torse. Elle apprécia le fait qu'il y avait un collier de perles sous ses vêtements élégants, et seulement une fois qu'elle eut souri et tracé le contour de ses traits puissants, ils s'abandonnèrent à un baiser tranquille qui ouvrit la voie jusqu'à sa chambre.

Elle fit descendre la chemise de Klaus le long de ses épaules tandis qu'il cédait de nouveau à son cou. Le doux grattement de sa barbe de trois jours ouvrit la voie au désir de Caroline de sentir ses crocs à la place pour qu'il la morde. Elle n'en revenait pas qu'à ce niveau-là sa robe soit encore autour de son corps et non pas détruite mais Klaus était du genre persévérant quand il le voulait et lorsqu'il s'éloigna de son cou, il lui caressa la joue comme un véritable amant s'abandonnant à celle qui lui faisait se sentir en vie.

- J'étais jalouse de toi aujourd'hui, admit-elle à mi-voix, craintive.

Klaus lui caressa le menton de son pouce aussi lentement que son sourire émergea sur ses lèvres.

- Je suis jaloux de toi chaque jour.

Caroline se mordit la lèvre inférieure.

- Si j'avoue aussi à quel point tu m'as manqué aujourd'hui je vais me révéler être la collante petite amie ado peu sûre d'elle.

- Non… Tu es une femme, Caroline, fit-il en déplaçant ses doigts vers ses mèches blondes. Une femme très belle avec des sentiments dévorants comme l'amour, la jalousie, la colère… la volonté incommensurable de protéger les gens auxquels tu tiens : ce n'est pas un problème de ressentir toutes ces choses, mon ange, même le désir irrationnel, expliqua-t-il en traçant le contour de son visage avant de laisser ses doigts caresser son cou pour s'arrêter à ses épaules.

Avec une habileté naturelle pour lui, Klaus déchira sans effort les attaches retenant sa robe et fit descendre le tissu le long de son corps en touchant sa peau de porcelaine avec une caresse chaude qui lui fit fermer les yeux. Elle retint son souffle quand il la prit dans ses bras pour la porter jusqu'à son lit, où il la déposa avec une tendresse dont elle ne revenait toujours pas chez lui et qui n'était que pour elle.

Elle l'attendit comme si c'était la première fois, elle l'observa avec admiration tandis que les vêtements quittaient ce corps qu'elle voulait contre le sien dans ce lit. Il arriva au pied du lit et prit un de ses pieds en appuyant le talon haut contre son torse tandis qu'il lui caressait la jambe : sa respiration s'accéléra et Caroline appuya son autre talon contre son torse, lui transperçant légèrement la peau.

C'était surréaliste à quel point le regard de Klaus provoquait en elle de sérieux sentiments auxquels elle n'était pas habituée et comme tout en lui était une affirmation claire d'à quel point il contrôlait tout, même elle, mais il avait cette capacité irrésistible à lui enlever toute peur, et avec lui elle voulait juste se laisser aller. Caroline ferma les yeux lorsqu'il lui retira ses grands talons en lui caressant tendrement les mollets et ensuite ses longues et douces jambes avant de se placer entre ses jambes, la faisant palpiter d'anticipation.

Il l'embrassa à travers son sous-vêtement en dentelle et fit de parfaits cercles avec sa langue entre l'intérieur de ses cuisses, la faisant profondément gémir. Comme il aimait ce son qu'elle émettait.

Klaus l'embrassa le long de sa cage thoracique, laissant d'espiègles petites morsures sur sa peau d'ivoire à sa merci et il prit un de ses mamelons dans sa bouche tandis qu'il laissait sa main se perdre entre ses seins. Le revoilà, ce profond gémissement rauque qu'elle relâcha encore.

Sa douce et humide langue joua avec son mamelon tandis que les hanches de Caroline bougeaient pour venir à la rencontre de sa main, lui demandant de faire ce qu'il ne faisait qu'effleurer. Et son corps sursauta de pur plaisir quand il glissa juste un peu un doigt sous le bord de son sous-vêtement, ne faisant encore une fois que la taquiner tandis que ses dents attrapaient son mamelon pour un malicieux mordillement sans douleur.

Caroline frissonna sous lui mais il était en train de combattre l'inévitable : il fallait qu'il soit en elle, il fallait qu'il la prenne, qu'il la pénètre complètement tandis qu'elle réclamait toujours plus de lui, ne le laissant pas se libérer en elle tout pendant qu'elle n'était pas pleinement satisfaite et en train de gémir d'extase, épuisée. Ses baisers étaient à présents chauds et humides autour de ses seins mais il remonta le long de sa clavicule puis son cou jusqu'à lui murmurer à l'oreille.

- J'aime tellement ton odeur, Caroline…

Il glissa un doigt plus profondément sous la dentelle humide, juste assez pour la faire cambrer le dos, écrasant son corps contre le sien. Juste pour veiller à ce qu'elle comprenne de quoi il parlait, Klaus plongea un doigt en elle, la faisant crier et enfoncer ses ongles dans ses épaules : tandis qu'il bougeait ce doigt dans et hors de son corps, il sentit un désir imprévu et innocent jaillir de la peau de Caroline.

Comme si une fièvre recouvrait son corps et extirpait les plus incroyables marmonnements incohérents d'elle, Caroline se perdait dans ses doigts appuyant en elle et la main de Klaus bougeait entre ses seins et caressait son corps avec attention.

- Et mon ange ? fit-il en jouant avec le peu de bon sens qui lui restait.

- Hmmm ? répondit-elle, à peine consciente et trop proche de perdre pied.

- Tu es la seule femme dont j'ai envie, murmura-t-il avant de presser ses lèvres contre les siennes en éloignant ses mains d'elle.

Klaus lui retira son sous-vêtement et la prit en une unique et profonde poussée qui fit perdre à Caroline toute conscience de ce qui l'entourait : tout ce qui existait à présent, c'était Klaus et ses martèlements qui faisaient claquer la tête de lit contre le mur à chaque mouvement. Il prenait tout ce qu'elle lui donnait et Caroline l'étreignait, son corps ne faisant qu'un avec le sien. Elle bougea avec lui tandis qu'il s'enfonçait puissamment encore plus profondément et plus durement à chaque coup de rein.

Caroline le fit grogner bruyamment lorsque ses ongles arrachèrent la peau de sa chair : son dos se transforma en une toile douloureuse peinte par son étalage brut de passion. Entre les halètements lourds, les respirations torrides et les cris étouffés, il y eut un baiser, des lèvres impatientes se cherchant mutuellement, et au milieu de tout cela, il lui prit la joue pour l'embrasser comme s'il avait besoin de cette assurance qu'elle allait bien, et Caroline l'embrassa en le rassurant : tout était comme c'était censé l'être entre eux deux.

La façon dont ils atteignirent tous les deux l'extase n'était rien de moins que violente et ils finirent épuisés. Leurs halètements lourds, irréguliers et traînants emplirent la pièce. Caroline bougea la tête contre le corps tremblant de Klaus, apaisant ses cicatrices en train de guérir, et il s'éloigna aussi peu de son corps tremblotant.

Ils se sourirent l'un à l'autre, si terriblement énamourés l'un de l'autre. Et ils s'embrassèrent plus lentement cette fois-ci mais leurs corps en sueur restèrent parfaitement entremêlés, le collier de Klaus collé à la poitrine ruisselante de Caroline.

Lorsque leurs lèvres se séparèrent, Caroline bougea la tête sur le côté contre l'oreiller, exposant son cou pour lui. Il lui offrit son poignet et pendant qu'il se nourrissait d'une tendre morsure qu'il avait faite dans son cou, elle prit son poignet entre ses lèvres et but de lui.


Bande sonore :

Boogie shoes - KC & The Sunshine Band

Hey brother - Avicii

The wire - HAIM

Little bird - Annie Lennox

Eyes closed - The Narrative

XO - Beyonce