Elena venait de finir sa journée de boulot (sécurité autour du bâtiment et aller menacer quelques paparazzis un peu trop enquiquineurs, le quotidien, quoi, en plus du petit boulot supplémentaire qu'elle s'était donné pour Dolly) et elle alla directement à la salle des Turks, dans le but de grignoter ou mieux avant d'aller se coucher. Il était passé minuit, et elle était fatiguée, mais il faut bien décompresser un peu avant d'aller dormir…
Lorsqu'elle passa à côté de Tseng, qui était encore occupé à lire un rapport, elle décida de le laisser finir son travail tranquillement, mais il l'attrapa par la taille et la retint de ses deux bras. Elle s'arrêta, rougissante, et se tourna vers lui. Il souriait, ce qui la fit rougir encore plus.
-Pas encore couchée à cette heure ?
-J'avais encore du travail…
-Il est presque une heure, tu devrais te reposer un peu !
-Je viens juste de finir, je voulais juste décompresser un peu avant d'aller dormir.
-Tu veux prendre un café ?
-Je veux bien, oui…
Il se leva, l'embrassant dans le cou au passage, et alla remplir deux gobelets de café, un pour lui et un pour elle, qu'il lui tendit. Elle le prit en faisant bien attention pour ne pas en reverser, et alla s'asseoir sur le fauteuil au fond de la pièce, celui où Reno faisait habituellement la sieste. Comme Tseng restait debout et la regardait en buvant son propre café à petites gorgées, elle se dit qu'il ne serait pas malvenu de lui demander de s'asseoir avec elle, en tout cas il n'avait pas l'air de vouloir se remettre au boulot maintenant…
-Vous… venez vous asseoir ?
Et il vint aussitôt à ses côtés. Ravie, elle s'appuya contre l'épaule de Tseng, buvant son café à petites gorgées.
-Ça fait du bien, un peu de tranquillité, soupira-t-il en mettant un bras autour des épaules d'Elena.
-Oui…
De la tranquillité… un petit moment juste à eux, sans devoir penser au travail… elle finit rapidement son gobelet de café, et le déposa sur la table. Tseng posa alors aussi le sien, et il posa une main sur la joue d'Elena, tournant son visage vers le sien pour l'embrasser doucement. Elle se laissa faire, répondant au baiser avec tout l'amour dont elle était capable. Elle commençait tout juste à s'habituer à cette idée que tout ceci était réel…
Passant les mains dans les cheveux de son beau wutaien, elle se dit que ce n'était pas juste qu'un homme ait des cheveux aussi doux. Et il approfondit le baiser, la renversant contre le divan et la serrant par la taille. Lorsque leurs lèvres se détachèrent enfin, elle vit que Tseng lui souriait, mais un sourire différent. Et son regard avait changé… mais si elle s'était faite à l'idée que Tseng puisse l'aimer, elle n'avait toujours pas compris à quel point il pouvait la désirer, et à quel point ce regard brûlant en disait long sur son désir de l'aimer un peu plus physiquement. Ainsi elle lui répondit par un air complètement innocent, qui le fit rire un peu.
-Je t'adore, lui dit-il avant de l'embrasser à nouveau.
Pour une fois, la bavarde Elena ne trouvait pas un mot à dire, et se contenta de répondre par son baiser. Une manière différente d'utiliser ses lèvres pour communiquer, finalement.
-Dis, Elena…
-Oui ?
Il s'était un peu redressé, et lui caressait les cheveux, la dévorant toujours du regard, mais il semblait hésiter.
-Non, rien. On devrait aller se reposer un peu pour être en forme demain.
Tseng se rassit, replaçant ses cheveux au passage, et il prit son gobelet de café, le finissant d'un trait. Elena, qui voulait rester encore contre lui, décida d'appuyer sa tête contre les jambes de Tseng, s'installant bien confortablement contre lui. Elle voulait encore profiter un peu de ce moment de tranquillité avec lui, même si en réalité elle tombait de sommeil…
-Dormir juste après un café ? dit-elle.
-Tu as une meilleure suggestion ?
-Je ne sais pas… vous pensez à quelque chose ?
-Je ne voudrais pas t'inquiéter avec le genre de pensée qui me traverse l'esprit en ce moment…
-Alors on peut parler un peu, pour chasser ces vilaines pensées !
Si elle savait à quel point ces pensées étaient vilaines… et à quel point elle le torturait et testait sa résistance masculine en se collant ainsi contre lui en toute innocence… Mais il se contentait de lui caresser gentiment les cheveux.
-Parler, oui tiens… pourquoi pas…
-Vous avez passé des heures dans la chambre du Président aujourd'hui, qu'est-ce que vous avez fait pendant tout ce temps ?
-… échecs.
-Vous avez joué aux échecs ?!
-C'est si surprenant ?
-Ça faisait longtemps, non ?
-Oui, ça faisait un bout de temps, soupira-t-il en continuant de caresser les cheveux d'Elena.
-Et qui a gagné ?
-Je l'ai laissé gagner…
-Et il ne s'en est pas rendu compte ?
-Il n'avait pas l'air très convaincu, je crois.
Tseng eut un léger rire. Ça avait l'air de l'avoir bien amusé, en tout cas…
-Peut-être qu'il vous a laissé le laisser gagner…
-Peut-être aussi…
-J'aurais bien aimé voir ça, dit Elena avant de bailler longuement.
-Il y aura sûrement d'autres parties, et Miss Elena va aller dormir, c'est un ordre !
Il la poussa doucement pour qu'elle se relève, ce qu'elle fit en baillant à nouveau. Bon, elle n'allait quand même pas s'endormir sur lui comme ça, même si l'idée était tentante ! Il se leva à son tour et l'embrassa sur le front, avant de retourner à son bureau.
-Bonne nuit, mon ange !
-Bonne nuit, Tseng !
Et elle se sauva rapidement. Elle s'habituait de plus en plus à ses baisers et à son contact, mais l'idée que des mots doux qui lui étaient adressés puissent sortir de la bouche de son patron la faisait encore rougir du menton jusqu'à la racine des cheveux. Est-ce qu'on s'habitue au bonheur et à être aimé ?
OoOoO
Rufus était en train de se dire qu'il était temps d'aller se coucher lorsque son PHS sonna. Il l'ouvrit et regarda le numéro avant de répondre. C'était Dolly, et il décrocha avec empressement.
-Victoria ?
-Rufus, je crois que j'ai fait une bêtise…
Elle lui avait répondu d'un ton stressé et un peu trop rapide pour être naturel. Un peu inquiet, il lui demanda ce qu'il y avait, et elle lui expliqua, en ayant l'air de sangloter :
-C'est cet endroit dans lequel je travaillais ce soir… Le patron m'a passé la main aux fesses, et… il m'a dit que si je voulais mon argent, je n'avais qu'à m'allonger et à étendre les cuisses… alors je l'ai frappé…
-T'as bien fait ! Il ne t'a pas retouchée au moins ? grogna Rufus, très mécontent.
-Mais Rufus… je lui ai complètement démoli la mâchoire, je ne sens pas ma force ! Il est à l'hôpital et il a fait savoir qu'il porterait plainte… Je ne pourrai plus chanter pour l'inauguration, ça va faire du tort à la Compagnie… et Reeve qui me faisait confiance…
Il l'entendit se mettre à pleurer au bout du fil. Comme il aurait voulu l'avoir devant lui pour la serrer dans ses bras en cet instant !
-C'est toi qui devrais porter plainte, Dolly, dit-il très sérieusement.
-Ça va faire du tort si ça s'ébruite, je préfère pas, sanglota-t-elle.
-Alors il n'y a qu'à convaincre ce type de se taire, c'est tout ! Il doit bien y avoir un moyen de s'arranger, de gré ou de force…
-Je n'aurais pas dû t'embêter avec mes histoires, je suis désolée, je vais trouver une solution toute seule, ne t'inquiète pas !
Et elle raccrocha subitement. Rufus passa quelques secondes à regarder son PHS, sans trop comprendre ce qui venait de se passer, avant de se dire qu'elle venait de l'inquiéter encore plus. Et il la rappela aussitôt.
-Mais ça va pas de me raccrocher au nez en me disant ça ??!?! s'écria-t-il lorsqu'elle décrocha au bout de quelques longues sonneries.
Il l'entendit se remettre à pleurer. Bon, il aurait pu avoir un peu plus de tact, quand même…
-… désolé…
-Ça va, dit Dolly entre deux reniflements.
Il lui laissa le temps de se calmer un peu avant de poursuivre.
-Tu es sûre que tu pourras t'arranger toute seule ?
-Je vais essayer. Je suis désolée de t'avoir réveillé pour ça, Ru. On se revoit à l'inauguration, d'accord ?
-Tu as intérêt à me faire signe si jamais ça tourne mal !
-Promis. Je t'aime et à bientôt !
Et elle raccrocha à nouveau. Rufus était sûr qu'il ne la contacterait pas même si ça tournait mal, mais au moins il l'avait proposé. Est-ce que son aide tombait toujours si mal ? Dolly était fière et indépendante, et il se demandait jusqu' à quel point il pourrait se permettre d'entrer dans sa vie, et de l'inviter dans la sienne… Elle disait qu'elle avait peur de le perdre, mais aussi qu'elle avait peur de s'imposer… comme quand elle avait insinué qu'elle retournerait chez elle au lieu de venir vivre avec lui, après l'inauguration. Finalement il n'arrivait pas du tout à comprendre ce qu'elle voulait vraiment. Frustrant, d'avoir un cerveau d'homme quand on veut comprendre une femme…
OoOoO
Victoria et Dajim faisaient quelques courses ensemble, Dajim achetant notamment quelques pierres précieuses pour confectionner un beau collier pour sa sœur à l'occasion de l'inauguration du Monument du Météore (des pierres vertes pour être assorties avec la robe verte qu'elle avait choisie, selon le désir du Président), lorsqu'au beau milieu de la rue, alors qu'elle regardait davantage les vitrines (de jolies robes de mariage il faut dire, de quoi faire rêver n'importe quelle femme) que la zone devant elle, Victoria fonça dans un homme qu'elle ne vit pas venir. Dajim l'aida à se redresser, et lorsqu'elles virent un tas de papiers par terre, elles aidèrent l'homme à les ramasser.
-On se connait, non ? s'exclama soudainement Victoria.
-L-lieutenant !
Les oreilles de Dajim se baissèrent sous le chapeau qu'elle portait ; un intrus qui connaissait sa sœur ? Et il était beau garçon en plus, elle espérait que ce ne serait pas un autre prétendant, elle arrivait déjà à peine à se faire à l'idée que le Président Shin-Ra sortait avec sa sœur… mais celle-ci serrait la main de l'homme avec enthousiasme.
-C'est pas vrai ! Laguna Loire ! Je ne pensais pas te revoir un jour ! Mais qu'est-ce que tu es devenu ?
-Je suis journaliste, répondit-il, d'un air gêné plutôt mignon. Depuis cinq ans en fait, je ne suis pas parti longtemps après vous…
-Voici Laguna, dit Dolly en se tournant enfin vers Dajim pour le présenter. C'est un des anciens SOLDIERs de mon unité !
Dajim inclina la tête. Bon, les choses s'éclaircissaient un peu, par contre ça n'expliquait pas pourquoi Laguna-l'ancien-SOLDIER-devenu-journaliste la fixait comme ça. Pourtant ses oreilles de chat étaient bien cachées… enfin, il fallait bien répondre.
-Bonjour… je suis Dajim, la sœur de Victoria.
-Vous… vous êtes aussi charmante que votre sœur, mademoiselle !
Dajim cligna des yeux, ne se rendant pas compte à quelle allure son visage rougissait. Décidément, elle n'avait pas l'habitude avec les hommes… Victoria s'empressa de poser des questions à Laguna.
-Tu habites toujours à Midgar ?
-Heu, oui… Je travaille pour un grand quotidien, prochainement je dois couvrir l'inauguration du Monument du Météore de la Shin-Ra, vous y serez ?
-Il y a des chances, répondit Victoria d'un ton mystérieux. De notre côté on va ouvrir un night-club d'ici quelques jours… Dajim, tu peux lui donner ta carte de visite ? J'ai oublié les miennes…
Dajim, qui n'était pas dupe de ce que sa sœur tentait de faire, tendit tout de même une carte de visite à Laguna, qui la prit avec empressement en la remerciant bien poliment. Victoria continua :
-On t'enverra une invitation, tout le gratin de Midgar sera là !
-Tout le gratin ? Quand même pas le Président Shin-Ra en personne !
-Sait-on jamais ? répliqua Victoria, se faisant toujours aussi mystérieuse.
Laguna tripotait la carte de Dajim nerveusement, et il regarda soudainement sa montre.
-Je vais être en retard à la rédaction, je vais vous laisser. Au plaisir de vous revoir, Lieutenant ! Et vous aussi, Mademoiselle Dajim !
Il leur serra rapidement la main à toutes les deux, avant de s'éloigner rapidement, son porte-documents en main. Dajim cligna des yeux en le regardant partir.
-Mademoiselle Dajim, souffla-t-elle. On ne m'a jamais appelée comme ça…
-Tu n'avais pas l'air de le laisser indifférent… il est mignon, hein ?
-Oh si, si… mais commence par t'occuper de tes affaires, au lieu de me faire donner mes cartes aux petits mignons ! Depuis quand tu n'en as pas sur toi ?
Dajim tira la langue à sa sœur, qui sourit. Elles reprirent leur route vers d'autres magasins.
-Au fait, dit Victoria, tu as revu maman, elle a dû t'en parler, de mes « affaires »… Tout Kalm doit être au courant, maintenant, non ?
-Ah non, répondit Dajim, elle le garde précieusement pour elle, du moins pour le moment. Peut-être qu'elle n'arrive pas encore à y croire…
-Ça va pas tarder à exploser, une nouvelle pareille c'est beaucoup trop dur à contenir… le seul problème, c'est…
-Quoi donc ?
-Tu connais maman, Dajim… Je la vois venir de loin avec ses questions : « Vous comptez avoir des enfants quand, avant ou après le mariage ? »
-Elle ferait ça avec n'importe quel prétendant que tu pourrais lui ramener.
-Je sais, mais si elle fait ça, c'est qu'elle sent que la maladie la ronge…
-On trouvera bien un antidote pour ça.
-Quoi, la maladie ou les sautes d'humeurs de maman ?
-La maladie. Le caractère de maman n'a pas d'antidote, par contre !
Et les deux sœurs éclatèrent de rire. Elles avaient l'esprit léger en cet instant (même si Dolly lui avait raconté des ennuis avec un crétin de patron de bar, mais elle l'assurait que tout était réglé), l'installation de leur club avançait bien, il ne restait plus qu'à envoyer des invitations (elles repassèrent la liste au complet, où figuraient autant des noms d'acteurs et de politiciens que ceux d'AVALANCHE, et aussi ceux de quelques journalistes, Victoria s'empressa d'y ajouter celui de Laguna Loire…) et elles finirent par se laisser, chacune devant aller faire des emplettes de son côté.
Dajim fit donc quelques achats, et s'attarda dans une boutique de PHS, se disant qu'il était temps qu'elle s'en prenne un comme tout le monde. Elle choisit un modèle simple et abordable, mais lorsqu'elle sortit de la boutique, elle entendit un coup de tonnerre, et la pluie se mit à tomber. Elle chercha vite un abri – la pluie à Midgar peut être dilluvienne – et finit par s'abriter dans un bâtiment à l'allure assez publique. Trempée, elle se maudissait de ne pas avoir pris de parapluie… lorsque quelqu'un, qui s'était approché d'elle sans qu'elle s'en rende compte, lui tapota sur l'épaule.
-Mademoiselle… Dajim ?
-Ah ! Monsieur Loire !
Elle se rendit compte que le bâtiment où elle venait d'entrer était les locaux d'un journal. Quel hasard, tout de même, de le revoir si vite !
-Oh, mais vous êtes trempée ! Vous allez attraper du mal, venez avec moi !
Et la prenant doucement par le bras, il l'entraîna derrière elle jusqu'à son bureau, où il lui tendit une serviette et l'invita à s'asseoir. Elle ne savait pas encore qu'il avait eu le coup de foudre pour elle, qu'en la voyant près du Lieutenant qu'il avait autrefois aimée il avait pu tourner la page, et que même si elle était mouillée de la tête aux pieds il la trouvait très jolie, et qu'il mourait d'envie de la connaître mieux. Elle se contenta d'accepter une invitation pour une entrevue à sa boutique à Kalm dans quelques jours (apparemment, il faisait une série de reportages sur les métiers traditionnels, et son travail de bijoutière l'intéressait), de répondre à ses questions sur le futur club (Le nom : Kuroneko. Quel genre : ambiances multiples grâce à plusieurs salles, nombreux artistes invités, en plus de Dolly qui chantera. Où ça : à Edge, dans le nouveau quartier branché. Et ainsi de suite…) et finalement d'accepter son parapluie, comme le temps n'avait pas l'air de s'améliorer.
Elle ne savait pas tout ce qui se passait dans la tête de Laguna, mais elle comprenait encore moins pourquoi elle rougissait quand il lui parlait… Décidément, elle n'avait pas le tour avec les hommes, se disait-elle sans chercher plus loin.
Je sais pas trop à quel point je vais pousser avec Dajim et Laguna, déjà j'ai eu de la difficulté à caser leur rencontre comme ça a été fait en annexe... enfin, je ferai bien le nécessaire, et plus si c'est amusant!
