Hello guys !
Oui, oui, c'est « déjà » moi. Bon, je sais, le dernier chapitre date de février, et c'est déjà pas mal. Mais je ne pensais sincèrement pas pouvoir publier quelque chose si vite. En ce moment, scolairement parlant, c'est la folie de mon côté. Je me couche à deux heures du mat' très souvent pour avoir le temps de terminer mon boulot avant la fin de mes cours (début juillet).
Mais par un concours de circonstances, j'ai rouvert mon document que voici et j'ai écrit… disons plus des deux tiers du chapitre dans la journée. J'avais du temps à tuer (pour des questions techniques dues à mon boulot, mon PC ne pouvait rien faire d'autre que du traitement de texte) donc… voilà !
J'espère que ce chapitre vous plaira ! On y aborde des choses importantes, mais je n'en dis pas plus pour éviter le spoil ! Evitez aussi le Shikamaru's always right avant d'avoir lu, il spoile ! Moi, je l'aime bien, en tout cas, ce chapitre =)
N'hésitez pas à me dire si quelque chose vous fait bizarre, et encore merci aux rares personnes qui laissent des reviews. Sans vous, j'aurais probablement abandonné T_T
Et un jour, aussi, je vous répondrai. Promis. Faut juste que je dorme moins, ou que j'attende les vacances ! Lol.
P.S : j'ai pas eu le temps de revérifier les fautes, donc il doit y en avoir. Désolé ^^'
Disclaimer :
La plupart des personnages sont à M. Kishimoto, mais j'y ai mêlé de mon imagination, surtout pour les personnages secondaires. L'histoire se déroule en France, par soucis de maniaquerie. Ainsi, au moins, je suis sûr de connaître le système scolaire.
Chapitre 25 :
Nouvel An.
Il y a comme un peu de tension dans l'air. Cela dit, pour une fois, je ne sais pas absolument pour quelle raison je devrais m'inquiéter, alors je me contente d'attendre. Hana, de son côté, cherche ses mots.
- Il faut qu'on prenne une décision ensemble, explique-t-elle.
Elle est nerveuse, et ce genre de comportement va finir par être contagieux.
- D'accord, dis-je pour l'encourager. On doit parler de quoi ?
Finalement, elle se décide.
- Des amis rencontrés à la faculté m'ont recommandé pour un super job dans un grand centre vétérinaire, et on m'a contacté dans l'après-midi pour me proposer d'effectuer un remplacement pendant quelques mois.
- Mais c'est super, ça ! m'exclamé-je. Je ne vois pas pourquoi ça me poserait problème !
Je me sens content pour elle et soulagé que ça ne soit rien de plus important. Pourtant, ses traits ne s'adoucissent pas.
- C'est vraiment loin d'ici, Kiba.
Sa déclaration jette un froid, car il y a plusieurs sous-entendus qui viennent avec ça. Mon enthousiasme redescend d'un cran, je l'avoue.
- Ah, fais-je. Et… on va devoir partir ?
Je reconnais sans honte que l'idée ne me plaît qu'à moitié, et elle le sait. D'où la raison de son malaise.
- Pour être honnête, je ne sais pas trop quoi faire, confie-t-elle. Mais non, je ne veux pas partir d'ici. Tu as tes amis, ta vie ici. Je ne veux pas t'enlever ça, mais…
- C'est vraiment une belle opportunité ? complété-je pour elle.
Elle hausse les épaules, l'air de rien, mais je comprends que c'est un oui.
- Je ne peux pas t'abandonner ici non plus, continue-t-elle. Je ne voudrais pas laisser un jeune homme de ton âge vivre tout seul pendant plusieurs mois. Même sans parler d'argent, il y a les courses, et tout le reste.
Je ne dis rien. Je suppose qu'elle a raison. Me laisser ici tout seul pendant un moment ne serait pas une brillante idée. En plus, je viens tout juste de mettre tous mes problèmes à plat avec mes amis, et c'est la première fois depuis des mois que je me sens bien dans ma peau. Je recommence seulement à profiter de mes amis et de ma vie en général.
- Je vais leur dire non, se décide-t-elle à voix haute. Franchement, tu es plus important que mon boulot.
Je relève les yeux. Dans mes réflexions, mon regard s'était un peu perdu mais ça y est, j'ai remis les pieds sur terre. Et je vois que, malgré ses dires, elle est un peu triste. Je sais qu'elle a travaillé dur, et elle plus que quiconque mérite une récompense pour ses efforts. Pourtant, là aussi, pour la deuxième fois dans sa vie, elle fait passer mon bonheur avant le sien. Je suis certain qu'elle n'aurait pas pris sa décision si rapidement si je n'avais pas paru si contrarié.
- Attends, dis-je pour l'arrêter alors qu'elle se lève et attrape déjà son téléphone. Tu as envie d'y aller, non ?
Elle hésite.
- Oui, mais… Tu as ton école, et tes amis. Ce serait trop compliqué à gérer. Peut-être que j'aurai ma chance dans quelques années, quand tu auras fini tes études. Ce n'est pas dans si longtemps que ça !
Elle essaye de se convaincre, je le sais. Et ça me fait de la peine qu'elle sacrifie tout pour moi.
- On peut essayer d'en parler, dis-je. Il y a peut-être un moyen.
Doucement, elle repose son téléphone et se rassoit, sans me quitter des yeux.
- Tu es sûr ?
Je hoche la tête. Le simple fait qu'elle accepte si facilement d'en reparler montre à quel point elle a envie de cette expérience.
- Ce serait de quand à quand ? m'informé-je.
- Probablement de janvier à juin ou juillet. C'est une longue période. Mais ce serait vraiment passager, je ne prévois pas de rester là-bas.
- Tu n'as pas à te justifier, la rassuré-je.
- O… Okay, fait-elle, pas sûre d'elle-même.
Il y a comme un silence gênant. Plein de choses se mélangent pêle-mêle dans ma tête, et je cherche une idée qui pourrait l'avantager au mieux. Avec ironie, je me rends compte qu'une certaine tête rousse apparaît souvent dans l'équation.
- Il y aurait bien une solution, se lance-t-elle, un peu hésitante. Je pourrais leur donner une compensation, et tu pourrais aller vivre chez ton amie Ino. Non ?
D'abord, je l'observe sans rien dire. Je jauge son idée, pensant que oui, ça pourrait éventuellement se faire. Vu la taille de leur maison, les Yamanaka ne verraient probablement aucun problème à ce que je vienne, surtout si Hana leur donne de quoi s'occuper de moi, financièrement parlant. Pourtant, là encore, c'est le visage de Gaara qui me vient en tête en premier, et… une toute autre idée me vient.
- Amène-moi avec toi, dis-je simplement.
Ses sourcils se froncent automatiquement.
- Pourquoi ? demande-t-elle, la surprise passée. Tu penses que tes amis ne pourraient pas s'occuper de toi ?
- Si, je pense que si. Mais…
J'hésite. Cette solution ne vient pas de nulle part, et j'avoue qu'elle n'est pas complètement altruiste. Malgré tout, j'ai presque honte de mettre certains arguments en avant.
- Ce n'est pas une très bonne idée, me confirme Hana. Tu as ton école, ici. Ce serait difficile de changer d'établissement en plein milieu d'une année scolaire, surtout que tu as tes premiers examens du bac à la fin de l'année. Et puis tu as l'air bien, en ce moment, et je sais que c'est parce que tout va mieux avec tes amis. Pourquoi voudrais-tu partir ?
Son monologue me laisse comprendre qu'elle avait déjà envisagé la possibilité, et elle vient de me faire la liste de tous les contres qui lui sont venus. Je reconnais que ses arguments sont bons, et pourtant…
- Ce n'est pas aussi simple, expliqué-je. Mais je pense que… que ça ne serait pas si mal que je prenne un peu mes distances avec les autres.
Elle me fixe, l'air sceptique.
- Tu as des ennuis ? s'inquiète-t-elle.
- Non, non, rien de tout ça, la rassuré-je aussitôt. Disons juste que… c'est un peu gênant. Je me demande si je ne me monte pas encore le bourrichon tout seul, comme le dit si bien Shikamaru.
- À propos de quoi ? Je ne comprends vraiment pas de quoi tu parles. Ce serait plus sympa pour toi de rester ici, non ?
Voyant que la discussion commence à tourner en rond, je ne réponds pas tout de suite.
- Pour moi, peut-être que oui. Mais… Disons que pour quelqu'un en particulier, ce serait peut-être mieux que je parte un moment.
J'observe le cheminement des pensées de ma sœur sur son visage. D'abord dans l'incompréhension, elle décrypte rapidement les sous-entendus.
- Oh, fait-elle tout simplement. Gaara. Mais pourquoi ? ajoute-t-elle après quelques secondes de réflexion. Tu n'avais pas dit que ça allait mieux ?
Gêné, je baisse les yeux, et le rouge me monte aux joues.
- Si, si.
- Ben alors ?
Sachant pertinemment qu'elle ne lâchera pas le morceau, je soupire bruyamment, et me décide à lui expliquer.
- Gaara reste Gaara, dis-je. Et il s'en veut toujours pour ce qui est arrivé, c'est évident. Je me dis que tant que je serais… amoureux de lui, la situation restera toujours un peu étrange. Et je pensais que si je m'éloignais un peu, ça me passerait, et on pourrait repartir sur de bonnes bases. Parce que là, j'ai toujours l'impression qu'il va se renfermer dès que j'aurais un coup de mou.
Elle me sourit, attendrie. Ça ne m'aide pas à calmer le rouge de mes joues, c'est clair.
- Tu es vraiment un gentil garçon, Kiba, déclare-t-elle. Mais ce n'est pas un choix à prendre comme ça. Réfléchis-y plus longuement. Parle peut-être avec Ino d'abord.
- C'est tout réfléchi, assuré-je sans temps mort. Tu as envie d'aller là-bas, et la solution la plus simple reste que je vienne. Si j'en parle avec Ino, Gaara risque de l'apprendre, et s'il croit que je m'en vais alors que j'ai la possibilité de rester, il va le prendre pour lui et s'en vouloir. Là, je peux dire que je n'ai pas trop le choix. Et c'est pour une bonne cause. Ça me fait vraiment plaisir de faire un geste pour toi, et je sais que tu serais plus tranquille si je t'accompagnais. C'est faux ?
Devant mes arguments, Hana est plus hésitante. Je pense qu'elle voit bien que ce n'est pas une réaction irréfléchie. Et puis, dans le fond, elle le sait : j'ai raison. Elle rêve d'aller dans ce centre vétérinaire. Et elle préfèrerait que je vienne.
- Tu es vraiment sûr de toi ? me demande-t-elle la confirmation.
L'espace de quelques secondes, j'y réfléchis. Pourtant, je n'ai aucun doute sur mon choix lorsque je hoche doucement la tête pour lui confirmer mes dires.
Mardi 3 décembre
- J'ai un truc important à vous dire.
Voilà qu'une nouvelle semaine s'entame. Et pour ne rien enlever au plaisir, nous sommes retournés tous ensemble au Konoha. L'idée venait de moi, et même s'il n'a pas été très difficile de convaincre les autres, ils ne se doutent pas que je l'ai fait parce que j'ai une idée derrière la tête. Pourtant, c'est bel et bien parce que je souhaite leur parler de mon départ que nous sommes là.
Jusque-là, la bonne humeur était au rendez-vous, et j'avoue avoir repoussé le moment fatidique parce que je ne voulais pas tuer l'ambiance. Logiquement, ce n'est donc qu'une fois nos commandes bien entamées que je décide de me lancer, non sans une certaine anxiété. Je n'aime pas annoncer ce genre de nouvelles, en partie parce que je sais comment ils vont réagir.
Et ça ne rate pas. Je n'ai encore rien dit, et pourtant tout le monde s'est tourné vers moi. Je peux clairement lire sur leur visage leur appréhension, et même un panneau avec écrit « Attention ! » en lettres capitales clignotantes, collé sur leur front, n'aurait pas été aussi explicite.
- Ce n'est rien de grave, ne vous inquiétez pas ! les rassuré-je avec un sourire gêné.
Leur visage se détend instantanément, et je me passe une main dans les cheveux, signe que je ne suis toutefois pas très à l'aise.
- Bon, ce n'est pas très amusant quand même, dis-je. En un mot comme en cent, je vais devoir partir jusqu'à la fin de l'année scolaire.
Je m'y attendais un peu, mais ça jette un froid. Ils accusent tous le coup, et il faut quelques secondes pour que l'un d'eux ne pose une question.
- Partir, dans le genre… partir ? demande Ino.
- Juste un moment, réponds-je. Ma sœur a eu une super opportunité de travail relativement loin, dans une grande ville. Et on a convenu tous les deux que ce serait dommage de la rater, alors je me déplace avec elle.
D'ailleurs, à ce propos, elle a été on ne peut plus efficace. Elle a mis son jour de congé, le lundi, à bon escient. Elle a appelé tous les lycées de la ville dans la journée, et il a fallu qu'elle bataille un peu pour m'en trouver un qui soit à la fois correct et veuille bien de moi. Elle est si enthousiaste à l'idée qu'on parte ensemble que l'euphorie a fini par me gagner aussi, et je suis presque impatient de partir.
- Tu pars combien de temps ? s'intéresse Sakura.
- Je reviens fin juin, début juillet. Après les examens du bac de cette année.
- C'est long, fait-elle remarquer à voix haute.
Plus personne ne pose de question. Je me doutais bien que ça ne ferait pas plaisir, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point. Je tente un nouveau sourire.
- Ne tirez pas la tronche ! C'est un truc positif pour Hana ! Et on pourra se revoir. Moi, je suis content pour elle !
Ma déclaration a l'effet d'un coup de fouet sur tout le monde, et la plupart d'entre eux relève les yeux et me regarde, un peu plus souriant.
- Oui, tu as raison, dit Sakura. Et puis tu pars dans un mois, c'est ça ? On pourra fêter nouvel an ensemble avant ça !
Je hoche la tête pour confirmer.
- Avec un peu de chance, on aura même le temps de se lasser de toi, balance Shikamaru avec un sourire en coin. Parce que sans tous tes problèmes, il faut avouer que tu es moins intéressant.
Je lui assène un coup de poing amical dans l'épaule et lui tire la langue, mais ne répond rien. Comme souvent lorsqu'un souci se pointe, mes amis ont repris du poil de la bête assez vite, et le ton se fait rapidement plus léger. Malgré moi, je ne peux m'empêcher de remarquer que Gaara a plus de mal que les autres à passer outre la nouvelle de mon départ. Ironiquement, je n'arrive pas à m'empêcher de me sentir flatté. J'en viens toutefois à me demander s'il ne devine pas les raisons pour lesquelles j'ai décidé de suivre ma sœur. À bien y réfléchir, en fait, il pourrait même être déjà persuadé que c'est de sa faute, mais pour les mauvaises raisons.
Avec un soupir intérieur, je décide de suivre ses réactions de loin, mais ne dis rien pour l'instant. Nous verrons par la suite. Il reste encore un mois avant mon départ. Et je suis bien décidé à en tirer le meilleur possible !
Le reste de la rencontre se passe dans la bonne humeur. Même Gaara se détend un peu et la nouvelle de mon départ semble moins l'affecter. Et je n'arrive pas à savoir si je devrais en être heureux ou pas, mais je choisis de rester optimiste.
Plusieurs fois pendant notre escapade, mes amis vont ramener le sujet de mon départ sur le tapis, appuyant sur le fait qu'ils sont presque pressés de me voir partir. Tout ça dans le but de m'embêter, bien évidemment. Et en bon ami que je suis, je réagis au quart de tour et les envoie tous sur les roses, ce qui accentue l'hilarité générale.
En revanche, à la fin de notre petite réunion, alors que nous sommes sur le départ, Ino fait exprès de traîner pour me prendre à part. Je ne suis pas vraiment surpris, car j'avais remarqué qu'elle me regardait parfois, pensive.
- Dis, se lance-t-elle dès que les autres sont suffisamment loin, à propos de ton départ… Tu sais que tu aurais pu vivre chez moi, hein ? Même sans donner d'argent, mes parents s'en fichent. Si tu ne m'as rien demandé, ce n'est pas parce que tu pensais que je dirais non, pas vrai ?
À sa manière de poser la question, je suppose qu'elle a déjà une idée de la réponse. Après tout, sans égaler Shikamaru, Ino n'est pas non plus une demeurée, et elle doit bien comprendre que ce départ n'est pas tant pour me déplaire que ça.
- Non, tu as raison, confirmé-je. Même ma sœur avait envisagé que je reste chez toi pour ne pas me déboussoler trop. Et pour rester avec vous, aussi. Mais la situation avec Gaara est un peu tendue, pour moi. J'ai… J'ai besoin de prendre un peu mes distances. C'est juste la bonne excuse.
Elle hoche la tête, compréhensive. Je me doute que ça ne l'enchante pas plus que ça. Dans le cas contraire, elle n'aurait pas fait l'effort de venir me parler de sa proposition malgré ses certitudes.
- Bon, fait-elle. Je n'insiste pas. Et puis tu as raison, ta sœur doit être heureuse que tu la soutiennes !
Elle me sourit pour alléger le ton sérieux de la discussion. Je feins moi aussi la bonne humeur et nous rejoignons vite les autres, histoire de penser à autre chose. Pendant un instant, j'ai eu envie de courir chez moi et de dire à ma sœur que j'avais changé d'avis. J'ai comme l'impression d'un poids sur la poitrine.
Ils vont vraiment me manquer.
Mardi 31 décembre
Le mois est passé vite. Très vite, même. Entre nos cours et nos sorties, nous avons peu eu le temps de nous reposer. Je crois que tout le monde veut faire le plein de souvenirs, moi y compris. Je sais que j'ai pris ma décision et le déménagement est maintenant tout proche, mais il n'empêche qu'une part de moi refuse toujours l'éventualité de m'en aller. Surtout que nous sommes censés partir samedi prochain, juste avant la reprise de mes cours, dans un nouvel établissement.
À ce propos, ma sœur a vraiment réussi à me trouver un endroit sympa. Le lycée a l'air chouette. Il est assez neuf, il a bonne réputation. Je pense que je pourrais m'y plaire. Ça aurait même pu être parfait si mes amis étaient avec moi, mais j'essaye de ne pas trop y penser. Je vais déjà devoir repasser l'étape de « tout le monde me regarde bizarrement parce que j'ai une tête bizarre » pour la première fois depuis un moment, donc j'avoue que j'appréhende un peu. Enfin, nous verrons, je suppose.
Pour l'instant, je suis tout concentré sur notre soirée. Pour fêter le nouvel an, nous avons décidé de manger une fondue. Pas forcément le repas le plus classique pour le passage à la nouvelle année, mais c'est convivial. Sans compter sur Sakura, qui est particulièrement enthousiaste à l'idée d'installer un système de gages pour ceux qui perdront leurs morceaux de pain dans le fromage. Il paraît même qu'elle a déjà une liste tout prête. Et je pense que ce n'est avantageux pour personne !
- Profite bien ! me souhaite ma sœur lorsque je quitte la voiture.
Je la remercie avec un sourire, puis la regarde s'éloigner. Ce soir encore, elle sort avec Temari. Les deux demoiselles ont tissé des liens pendant tout le mois de décembre et se voient au moins une fois par semaine. Entre ces petites sorties hebdomadaires et l'optique de partir pour son boulot, j'ai rarement vu Hana aussi heureuse, et ça me fait plaisir comme si toutes ces bonnes choses m'arrivaient à moi.
Gonflé à bloc, je me tourne donc en direction de la porte d'entrée des Yamanaka, mon chien sur les talons. Oui, comme souvent lorsque nous fêtons de grandes occasions, la demoiselle a pu se débrouiller pour avoir sa maison pour nous. Mais ce n'était pas bien difficile. Ses parents ont dû se prendre une chouette soirée dans un restaurant hors de prix, sur une croisière au bord du Nil, ou un autre endroit encore plus incongru. L'important, c'est que tout le monde s'amuse !
Akamaru jappe lorsque je sonne à la porte. Il est à côté de moi, la langue dehors, et il remue la queue, tout excité à l'idée de revenir jouer chez les Yamanaka. Je souris et lui gratte la tête au moment où Sakura ouvre la porte. Mon chien se propulse à l'intérieur, accueilli par mon amie. La bête ne s'arrête toutefois pas là et elle parcoure le salon en courant pour retrouver Ino, occupée à installer quelques petites bricoles.
- C'est la neige ! m'exclamé-je, hilare. Ça le rend dingue !
En effet, cette année, si nous n'avons pas eu de neige pour Noël, nous aurons au moins eu notre quota pour le nouvel an.
Mes amies rient de ma remarque. Ino continue à s'occuper de son ami canin pendant que Sakura, de son côté, me libère de veste et bonnet. C'est qu'il fait frisquet dehors ! C'est alors que je remarque le bonnet de Noël que porte mon interlocutrice.
- Tu sais, ce n'est plus vraiment Noël, fais-je remarquer sur un ton taquin. Tu peux enlever le bonnet.
- Oh, chut, rétorque-t-elle aussitôt. On était tous dans notre famille pour le vingt-cinq, donc on va dire que c'est notre Noël. Et puis j'espère que tu n'as pas oublié le cadeau que tu devais amener !
Je me fige, écarquille les yeux, l'air peu sûr de moi. Elle se tourne complètement vers moi et fronce les sourcils. Je lui coupe l'herbe sous le pied.
- Mais non, t'inquiètes ! la rassuré-je. Je voulais juste te charrier un peu. Tiens, le voilà.
Je sors de mon sac un paquet cadeau et le lui tend. Elle va le déposer avec ceux que Sakura et Ino ont déjà amenés, tandis que je dépose les bonbons et autres cochonneries que j'ai ramenées pour la soirée sur la table à manger.
Aujourd'hui, nous avons décidé de jouer au cadeau mystère. Vous savez, ce jeu où l'on tire un nom au hasard dans un chapeau, et on doit tous acheter un cadeau à celui ou celle qui est inscrit sur le papier. Je suis tombé sur Shikamaru. Ça aurait pu être plus compliqué, j'avoue. Avec Nagato, par exemple, le fun aurait été tout autre.
Pour l'instant, je suis le seul présent. Sakura est venue beaucoup plus tôt, aujourd'hui, pour aider Miss Yamanaka à tout préparer. Cela dit, je me suis bien gardé de me vanter de l'heure à laquelle je suis arrivé, car il est inutile de préciser que c'est le rendez-vous de ma sœur avec Temari qui m'a pressé. Je n'avais pas le choix : Hana menaçait de partir sans moi ! Alala, je vous jure.
Enfin, toujours est-il que pour la première fois, j'ai eu l'occasion de voir débarquer tous nos amis un à un. Le groupe au complet, la soirée a enfin pu commencer. Nous avons commencé par nous raconter nos Noël respectifs en famille. Il n'y a rien eu de bien original, mais tout le monde semble avoir passé un bon moment. Moi y compris. Depuis toute cette histoire à l'hôpital, Hana et moi nous sommes encore rapprochés et ce Noël a eu une toute autre saveur à nos yeux. Un peu comme le renouveau de notre relation. C'était génial. Et en plus, elle m'a offert un super vélo de ville. Elle m'a expliqué que ça serait sûrement pratique pour les mois à venir, parce qu'elle sait que je ne suis pas friand des transports en commun, et je ne pourrais pas aller à mon nouveau lycée à pied. En tout cas, ça m'a fait fichtrement plaisir. D'autant plus, qu'avec ça, je peux faire la course avec Akamaru, et la bestiole apprécie de pouvoir courir à pleine vitesse. En tout cas, il est clair que ma sœur pense à tout, en ce qui concerne ce déménagement.
Par la suite, le sujet bascule sur des choses plus triviales, comme nos examens de décembre, la reprise de cours, et tout ce qui constitue nos vies en règle générale. Comme d'habitude, je ne pourrais m'empêcher de remettre sur le tapis le sujet Sakura et Nagato en posant plein de questions indiscrètes auxquelles la demoiselle a beaucoup de mal à répondre. Son partenaire, lui, se prête plus facilement au jeu et répond, même si la plupart du temps, ce n'est que pour dire des bêtises. À un moment, je me suis même dit qu'il gâchait le plaisir. Cela dit, le fard que pique notre amie en vaut quand même la chandelle.
La discussion continue comme ça pendant un moment, jusqu'à ce que je sente mon ventre gargouiller.
- J'ai faim ! dis-je sans sommation.
Les autres commencent par se tourner vers moi, puis les rires ne tardent pas.
- Morfal, va ! me charrie Ino.
- Hey ! me défends-je. Il est dix-neuf heures trente, j'ai le droit d'avoir faim.
- Oh, il est déjà si tard ? s'interroge Sakura.
Tous mes amis se tournent vers l'horloge pour constater que je n'ai pas menti. Je suppose que le temps passe toujours aussi vite, lorsque nous sommes bien entourés.
- Maintenant qu'il le dit, reprend Shikamaru, j'ai bien un petit creux aussi. Et ce serait dommage de se jeter sur des bonbons quand on a une fondue qui nous attend après.
Tous plus ou moins d'accord, nous migrons du canapé du salon jusqu'à la table à manger. Je m'installe entre Nagato et Shikamaru, pendant que Sakura et Gaara partent à la recherche du matériel nécessaire. Ce n'est peut-être que moi, mais j'ai d'ailleurs l'impression que Gaara est de très bonne humeur ce soir. Même lui, il n'a pas pu s'empêcher de titiller Sakura lorsque je posais des questions sur son couple. Et ce constat me fait, comme souvent, outrageusement plaisir.
En posant le plateau de pain sur la table, Sakura nous lance à tous un regard entendu.
- Vous vous souvenez, hein ? Celui qui perd son morceau de pain a un gage ! Inutile d'espérer y échapper. Celui qui choisira le gage sera le premier à avoir remarqué le morceau de pain manquant. Donc soyez aux aguets !
Pour conclure ses explications, elle glousse, visiblement satisfaite d'elle-même. Je pense qu'il va falloir faire attention si je ne veux pas me retrouver dans une situation embarrassante. En revanche, si je fais suffisamment attention, je pourrais bien trouver quelques petites situations cocasses à infliger à d'autres. Quelques idées me venant, un sourire grandit sur mon visage.
- J'en connais un qui a déjà de drôles d'idées, déclare tranquillement Nagato en me fixant.
Je reprends contenance, mais trop tard. Tout le monde m'a vu.
- Oh, ce n'est pas le seul, fait Ino. Sakura ne pense qu'à ça depuis cet après-midi !
La concernée nous adresse un sourire carnassier qui confirme les dires de son amie.
- Sans vouloir être mauvaise langue, déclare soudainement Gaara, un sourire en coin, si tu continues à t'agiter comme ça dans tous les sens, c'est toi qui va prendre tous les gages, Sakura.
D'abord outrée d'entendre Gaara s'exprimer comme ça, elle se tourne rapidement vers moi et me point du doigt.
- Tu as une mauvaise influence sur lui !
- Moi ? Mais j'ai rien fait ! Il a des yeux, c'est tout !
Tout le monde éclate de rire, Gaara et Sakura compris. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le repas commence bien.
Dix minutes plus tard, tous armés de nos pics à fondue, nous partons à l'assaut du repas. Le fromage, commandé spécialement par Gaara dans une fromagerie que connait son frère, est délicieux.
- Alors, Kiba, m'interpelle Nagato. Tu as visité ton futur appartement ?
- Yep ! réponds-je en enfonçant un morceau de pain recouvert de fromage brûlant dans la bouche. Ah ! Chaud !
Les autres se moquent de moi en me voyant gesticuler bizarrement à la recherche d'un verre d'eau pour apaiser les brûlures dans ma bouche. Soulagé, je choisis de ne pas relever leur méchanceté gratuite et enchaîne.
- On va devoir vivre dans un immeuble, mais l'appartement fait environ soixante-dix mètres carré. Ce sera presque trop pour Hana et moi, mais si on a choisi celui-ci, c'est surtout pour les chiens. Comme ils n'auront pas de terrasse, il fallait qu'on puisse compenser un peu. Et puis c'est un appartement de fonction qui va avec son job, donc il est à la pointe de la technologie, on va vivre comme des rois !
- Et bien je vois que nous quitter te fait beaucoup de peine, se moque Shikamaru en plongeant un morceau de pain dans le fromage à son tour.
- Je vais quand même avoir une télé écran plat super grande !
Tout le monde sachant que je ne fais que plaisanter, des éclats de rire s'élèvent de l'assemblée. Le problème, c'est que rire, ça fait trembler ma main. Et dans l'histoire, mon morceau de pain s'est décroché de mon pic. La réaction ne se fait pas attendre, mais pas forcément de la personne à laquelle j'aurais pensé.
- Kiba a perdu son morceau de pain ! déclare fièrement Gaara.
Tout le monde se tourne vers moi, puis vers mon ustensile maintenant vide. Sakura est extatique, quoique déçue de ne pas l'avoir vu la première.
- Choisis un gage bien ! supplie-t-elle Gaara. Un truc dont on va se souvenir longtemps. J'ai plein d'idées, si tu veux !
- Hep hep hep ! m'insurgé-je derechef. C'est lui qui doit choisir, je ne veux pas que vous l'aidiez !
Ben oui. Gaara est quand même quelqu'un de gentil, je le vois mal être aussi sadique que notre amie Saku…
- Tu vas devoir t'asseoir par terre pendant cinq minutes et dire « Woof » à chaque fois que quelqu'un prononcera ton prénom, déclare-t-il calmement, l'œil rieur. Et tu n'as pas le droit de parler en même temps.
…ra. Un instant de flottement passe. Puis je réalise.
- Mais quelle peau de vache ! m'exclamé-je. C'est une blague, hein ? Comment je mange, moi, assis sur le sol ?
Les autres rient, mais je ne sais pas si c'est ma réaction ou le gage qui les fait le plus rire.
- Trop tard ! jubile Sakura. C'est encore mieux que ce que j'avais prévu !
Elle hoche la tête, satisfaite.
- Ne t'inquiète pas pour le fromage, me rassure Ino. Gaara en a ramené plus qu'il n'en faut. On fera une deuxième tournée s'il le faut. Tu mangeras à ta faim.
Je cherche à table quelqu'un qui prenne ma défense, mais ils se contentent de me regarder, dans l'expectative de me voir m'asseoir sur le sol. Faussement outré, je me lève et copie la pose de Sakura de tout à l'heure, tendant un doigt dans sa direction.
- Et c'est moi qui suis censé avoir une mauvaise influence sur lui ! Non mais je rêve ! Et toi, dis-je en me tournant vers Gaara, tu me le payeras, je te le promets !
Tout le monde, moi y compris, se met à nouveau à rire. De bonne grâce, je m'installe donc sur le sol, en tailleur.
- Je lance le minuteur, dit Nagato. Cinq minutes, on a dit. Top !
Tout le monde me regarde. Même Akamaru, qui m'observe, la tête penchée sur le côté, l'air de ne pas comprendre ce qui me prend. Le voir comme ça me fait sourire, et il vient s'installer à côté de moi, tout heureux.
- Pauvre petit, se moque Sakura. Tu me ferais presque de la peine, Kiba.
Son sourire remonte jusqu'à ses yeux rieurs. Comprenant où elle veut en venir, je redresse le dos.
- Woof ! lancé-je, dynamique et fier.
Les autres rient, et je me joins volontiers à eux. Maintenant, mon chien me regarde comme si j'étais taré. Je lui caresse la tête et il change toutefois vite d'expression.
Le repas continue dans la bonne humeur, sauf pour mon estomac qui continue à gargouiller. Durant les cinq minutes qui suivent, ils se sont tous relayés pour prononcer mon prénom à intervalle régulier, histoire de m'obliger à aboyer joyeusement. À la fin, Akamaru a compris le jeu et m'accompagne même dans mes jappements. Cela n'a fait que renforcer l'hilarité générale, et le nombre de « Kiba » prononcé dans la dernière minute.
Lorsqu'enfin, j'ai la chance de pouvoir revenir à table et reprendre mon repas, mon chien se rapproche de moi, tout fier. Il est devenu le centre d'attention et il ne pourrait y avoir chien plus heureux ! Sauf peut-être un Akamaru avec une crêpe. Mais ça, c'est une autre histoire.
Les dix minutes qui suivent se passent sans incident. Toutefois, cela ne dure pas et, cherchant à me venger coûte que coûte, je bondis sur l'occasion lorsqu'enfin, un ami à moi fait une erreur fatale.
- Shikamaru ! m'écrié-je soudainement. Ton morceau de pain est tombé !
Tous se tournent vers lui, tandis qu'il semble découvrir en même temps que les autres son erreur. J'étais tellement au taquet que je m'en suis rendu compte avant lui.
- Avant que tu ne dises quoi que ce soit, se défend-t-il, je n'y suis pour rien si tu as joué au chien.
- Je m'en moque, contré-je. Tu as ri autant que les autres.
Sakura éclate de rire, tandis que Shikamaru lève les mains, acceptant de bonne grâce la sanction.
- Alooooors… réfléchissé-je. Dans les dix prochaines minutes, tu devras t'adresser à chacun de nous comme si tu étais notre majordome. Tu dois nous vouvoyer, nous appeler Maître, et tout le tintouin.
- Tu avais eu seulement cinq minutes, toi, se plaint-il.
- Oui, mais moi, j'avais faim ! Et j'étais par terre !
Je le vois réfléchir, tandis que Sakura approuve mon gage d'un vigoureux hochement de tête, rapidement accompagnée par celui d'Ino. Le petit génie, lui, soupire.
- Alala, quelle galère… !
- Je n'ai pas bien entendu ? dis-je en mettant la main derrière mon oreille. Tu disais ?
- … Très bien, Maître.
Satisfait plus que de raison, je souris de toutes mes dents, tandis qu'un nouveau fou-rire repart. Les dix minutes suivantes, Shikamaru sera à son tour au centre de toute l'attention. Je ne saurais dire qui de Sakura, Ino ou moi avons le plus poussé le bouchon, mais le pauvre aura eu de quoi faire. Il aura toutefois rétorqué avec toute l'ironie et tout le sarcasme dont il était capable, si bien que l'expérience se révéla finalement aussi drôle pour lui que pour nous. Ce qui, en soi, était tout de même l'intérêt premier.
- Je vais porter plainte aux prud'hommes ! s'exclama-t-il à la fin des dix minutes. Vous êtes tous les trois des tortionnaires !
Au lieu de nous sentir blessé, les deux filles et moi-même nous sentons flattés, si bien que ça finit de le faire sourire également.
Cette histoire terminée, tout le monde fera bien plus attention à ne pas perdre un morceau de pain. On aura tous vu que l'amitié que nous nous portons ne vaut rien lorsqu'il s'agit de trouver des punitions adéquates, aussi avons-nous redoublé de vigilance. C'est donc ainsi que, alors que le tas de pain a beaucoup diminué, Sakura a peur de ne pas voir sa chance de donner un gage. Elle commence donc à tricher, et bouscule les pics de tout le monde.
- C'est de la triche ! m'exclamé-je en échappant de justesse à un deuxième gage.
- Personne n'a précisé quelles étaient les règles, alors tant pis pour vous ! se défend-elle, le sourire aux lèvres.
C'est alors que, en voulant attaquer Shikamaru, Sakura dévie un peu de sa trajectoire et fait tomber le morceau de pain de son voisin, Gaara.
- Aha ! se réjouit-elle en pointant l'intéressé du doigt. J'ai réussi !
Elle semble si heureuse que personne ne trouve à lui reprocher quoique ce soit. Au contraire, même Gaara prend la nouvelle avec le sourire.
- Bon, je suis désolée que ça tombe sur toi, explique-t-elle. D'ailleurs, tu as été si cruel avec Kiba tout à l'heure que je vais même être gentille.
- Toi, gentille ? fait Ino. On voit que Noël n'est pas très loin derrière.
Son amie lui tire la langue, mais elle ne cherche pas à démentir.
- Tiens, je vais juste te poser une question, reprend-elle. Ino et moi avons remarqué qu'on ne te connaissait pas si bien que ça, en fait. Donc… Je voudrais que tu nous donnes une grosse info croustillante sur toi.
Très fière d'elle, la demoiselle ne remarque pas le voile sombre qui s'abat sur le regard du concerné. Au quart de tour, je comprends ce à quoi il pense et m'interpose.
- Non, Gaara. Tu n'es pas obligé. Parle d'autre chose.
Je suis très sérieux et il n'y a aucun signe d'amusement dans ma voix. Pour le coup, l'ambiance en prend un coup et tout le monde se tourne vers moi.
- Quoi ? s'étonne Sakura. De quoi tu parles ?
Je ne réponds pas. Effectivement, en dehors de moi, seul Shikamaru ici a dû voir la cicatrice de Gaara et, si elle ne cherchait vraiment pas à mal, Sakura a tiré sur une corde très sensible.
- Ta demande m'a fait penser à quelque chose, explique Gaara pour moi. Et il a probablement deviné ce que c'est.
- Et tu n'es pas obligé d'en parler, renchéris-je. En plus, on s'amuse bien, et Sakura ne te demandait pas ce genre de détails croustillants.
- Il a raison, enchaîne Shikamaru. Ça, ça dépasse le domaine de ce à quoi elle pensait.
L'atmosphère est devenue presque pesante en quelques secondes.
- Désolée, s'excuse Sakura. Je ne sais pas de quoi vous parlez, mais je vais trouver autre chose, promis !
Rassuré, je me détends un peu. Pourtant, Gaara semble hésiter. Son regard est un peu vague, et sa main s'est instinctivement mise sur son flanc.
- En fait, déclare-t-il, un peu hésitant, je ne sais pas. Est-ce que… est-ce que ça vous gêne si je parle de quelque chose de grave qui m'est arrivé ?
Son regard balaye l'assemblée, cherchant une réponse dans les yeux de ses amis.
- Tu n'es vraiment pas obligé, insisté-je.
Il me fixe un instant, puis reprend.
- En parler avec vous ne semble pas être une si mauvaise idée, explique-t-il.
Par cette déclaration, il exprime la confiance qu'il a vis-à-vis de nous. Je sais d'ailleurs que je devrais insister davantage pour le pousser à ne rien dire, mais sa démarche semble réfléchie, aussi je ne dis plus rien. Une petite voix inconsciente me souffle également que ma curiosité a pris le dessus. Gaara ne s'est jamais confié franchement, même à moi. Ou en tout cas pas sur un sujet aussi grave.
- Si tu as quelque chose qui te tracasse, ça ne nous gênera pas de t'écouter, dit Ino. Mais les garçons ont raison. Tu fais comme tu veux. On peut te demander de faire le chien, comme Kiba !
Sa tentative de revenir à un sujet plus amusant laisse à Gaara le choix ou non de continuer. Un sourire fugace s'affiche lorsqu'il repense à moi en train de japper, mais sa main recommence à parcourir son flanc tandis qu'il disparaît.
- Mes parents sont morts il y a deux ans d'un accident de voiture, débute-t-il.
Cette déclaration, à elle seule, suffit à tenir tout le monde en haleine.
- La voiture était vieille et assez peu sécuritaire, précise-t-il. Ils sont tombés dans un ravin en essayant d'éviter un camion conduit par un homme éméché. La voiture a beaucoup roulé avant d'arriver en bas, et ce n'était plus qu'un vieux tas de ferraille.
Comprenant où cela va nous mener et devinant la suite, je déglutis. Shikamaru mis à part, je sais que je suis le seul à comprendre ce qu'il n'a pas encore dit. D'ailleurs, la main de Gaara se crispe légèrement en repensant à ces quelques souvenirs qui doivent être flous dans son esprit.
- J'étais avec eux dans la voiture, déclare-t-il finalement. J'avais quinze ans.
Sakura laisse échapper un petit son horrifié en comprenant ce que cela veut dire.
- Cette vieille voiture était déjà rapiécée de tous les côtés avant la chute. Elle n'a donc épargné personne. Un morceau en métal… s'est enfoncé dans mon buste.
Des grimaces sont apparues sur le visage de tout le monde. Gaara, lui, semble perdu dans ses souvenirs, comme s'il revivait la scène.
- J'avais tellement mal que j'ai souhaité mourir plus de fois que je ne pourrai le compter. Pourtant, la peur me gardait en vie, conscient. La peur, et… mes parents. Ils étaient juste devant moi, dans la voiture, encore attachés avec leurs ceintures. Leurs corps avaient été ballotés dans tous les sens et ils n'étaient pas en meilleur état que moi.
Il fait une pause, sa main crispée agrippant inconsciemment le pull qu'il porte.
- Ce dont je me souviens le plus n'est pas ma propre douleur, confia-t-il, mais le souvenir vif de la dernière image que j'ai d'eux. Ils étaient presque aussi méconnaissables que la voiture.
Des larmes montent aux yeux de Sakura. Je l'entends également renifler.
- Mais j'ai survécu, explique-t-il en reprenant un peu pied avec la réalité, son regard moins perdu dans le vague. J'ai survécu, et mes parents sont morts. D'après les médecins, je suis un miraculé. Je n'aurais pas dû survivre à cet accident, mais une chance inouïe a fait qu'aucun organe vital n'a été touché. On a dû m'enlever un morceau d'intestin touché, me recoudre. J'ai passé plusieurs semaines à l'hôpital, dans un coma artificiel pour ne pas ressentir la douleur.
Sa voix est chargée d'émotions, ce que personne ne peut lui reprocher. Moi-même, j'ai la gorge nouée de l'entendre nous expliquer l'évènement probablement le plus traumatisant de sa vie.
- Et puis finalement, conclut-il, j'ai repris pied et, après un long moment de rééducation et beaucoup de patience de la part de Kankurô et Temari, je suis retourné chez moi.
Nous devinons qu'il atteint là la fin de son histoire, mais aucun de nous ne pipe mot. Difficile de trouver quoi dire après une histoire pareille. Dans la logique des choses, c'est donc lui qui reprend.
- C'est amusant, dit-il avec un sourire triste. Je pensais que raconter ça à voix haute serait plus douloureux que ça.
Je me racle la gorge, sans quoi je sais que ma voix n'obéira pas à mes directives.
- C'est… C'est la première fois que tu racontes cette histoire ?
Il me sonde de ses deux émeraudes. Puis hoche la tête lentement. Donc Kankurô et Temari n'ont jamais entendu cette histoire de sa bouche non plus ? Ino, à côté de lui, pose une main sur son épaule.
- Merci de nous en avoir parlé, dit-elle. Je suis vraiment désolée pour toi.
Il hoche la tête à nouveau. On dirait qu'il a raison. En parler ne semble pas l'avoir changé tant que ça. C'est comme si… comme si depuis que nous le connaissons, il n'y a jamais eu une seule seconde sans qu'il y pense. Comme si cette expérience l'avait marquée si brutalement, et à raison, qu'elle avait intégralement changé son comportement et sa personnalité. Sans cet accident, Gaara aurait sûrement été bien différent. Plus ouvert, peut-être. Je ne sais pas.
Comprenant que le silence risque de s'éterniser et que Gaara va se sentir mal si on ne fait rien, mes méninges s'activent comme ils le peuvent.
- Et si on ouvrait nos cadeaux ? proposé-je avec un sourire.
Sakura se tourne vers moi et m'incendie du regard, les yeux encore rouge.
- Tu es vraiment insensible ! me reproche-t-elle. Tu crois vraiment que c'est le moment ?
- Non, il a raison, me défend Gaara. Je ne veux pas qu'on s'apitoie sur mon sort. Je voulais… J'avais simplement envie de me décharger un peu de tout ça. Mais je ne veux pas que tout le monde se sente mal à cause de ça. Merci de m'avoir écouté, c'est tout ce que je voulais.
Surprise, Sakura se tourne cette fois vers lui.
- Tu es sûr ? Tu ne dis pas ça juste pour nous faire plaisir ?
- Non.
Depuis la fin de son histoire, sa deuxième main est revenue sur la table et il tente d'adresser un sourire aussi engageant que la situation le permet à notre amie. Ladite situation étant un peu étrange, je prends les devants.
- Les cadeaux ! Les cadeaux !
Shikamaru comprenant que je réagis de la sorte parce que je sais que c'est ce que veut Gaara, il se lève à son tour, et ce geste décide les autres à me suivre. Cependant, alors que je passe derrière lui, Gaara se retourne et agrippe mon poignet.
- Merci, Kiba, dit-il simplement.
Devant les remerciements et le contact de sa main sur mon poignet, un mélange d'embarras et de joie me prend. Je lui accorde donc un grand sourire avant de répondre comme il se doit.
- Woof !
Cette fois, c'est bon, j'ai réinvité notre amie la bonne humeur et un éclat de rire réveille la pièce.
Le reste de la soirée va se passer comme la première moitié, c'est-à-dire dans un esprit bon enfant, tout le monde s'amusant de tout et rien. Nous avons également fait un décompte pour le nouvel an, et il y a eu beaucoup d'embrassades. Je vous laisse deviner mon niveau de bonheur lorsque Gaara m'a pris dans ses bras pour me souhaiter la bonne année. Il l'a fait avec les autres aussi, évidemment, mais je suis heureux de savoir que ce que je ressens pour lui ne l'a pas freiné vis-à-vis de moi.
Quant aux cadeaux, Sakura s'est occupée du mien. Elle m'a bidouillé un cadre photo géant dans lequel elle a ajouté plein de photos de nous à diverses occasions. L'anniversaire de Gaara, la soirée Halloween, mais aussi des plus vieilles, qui datent du collège. Des annotations et des petits mots sont inscrits partout et j'ai eu un petit moment de faiblesse où mes yeux se sont embués lorsqu'elle a dit, les larmes aux yeux, que c'était pour être sûr que je ne les oublie pas pendant les mois qui viennent. Là aussi, j'ai réalisé à quel point j'aurais préféré rester, mais je me suis rappelé ma sœur et toute sa bonne humeur contagieuse. En plus, je ne pars que quelques mois, et je sais que je reviendrai ici avant d'avoir eu le temps de dire ouf.
Pour les autres, pêle-mêle, nous avons eu un jeu de société, un livre, et d'autres joyeusetés du genre. En ce qui me concerne, j'ai acheté à Shikamaru un coussin et un tee-shirt assortis avec l'inscription « Je ne suis pas du matin ». Il a essayé de faire semblant de s'indigner, mais n'a pas tenu plus de quelques secondes avant d'exploser de rire.
En somme, je pense que nous pourrons dire que la soirée a été géniale. Et l'aveu de Gaara aura encore réussi à nous rapprocher davantage. Maintenant, il va seulement falloir que je m'habitue à passes mes journées sans cette joyeuse bande de gais lurons. Car oui, dans quatre jours, c'est le grand départ. Mon nouveau départ.
Fin du chapitre 25 !
*ti ti li li ti tiiiiii ! *
Sous vos yeux ébahis s'affiche alors...
~°~ SHIKAMARU IS ALWAYS RIGHT ! ~°~
...
#Silence de plomb sur le plateau#
Shikamaru : Wow. Bon, ben c'est un peu bizarre de dire des bêtises après ce que tu as fait là, non ?
Sehaltiel : Oui, peut-être. Mais vous savez, avec certains autres passages, les révélations de Gaara sont parmi les choses qui existent depuis les prémices de cette histoire. Les conditions des révélations ont beaucoup changé, cela dit. J'aime bien cette manière d'amener le sujet.
Shikamaru : Oui. Et puis nous y voilà donc, alors ? C'est la fin de la première partie, Kiba s'en va ?
Sehaltiel : Encore correct ! Le chapitre suivant sera celui qui sert de transition entre l'avant et l'après. Et tu auras une petite scène à toi, mon petit Shikamaru. Huhu.
Shikamaru : Encore heureux ! J'ai rien fait de génial depuis trop longtemps.
Sehaltiel : Ouais, ouais. Si tu le dis.
Shikamaru : Ah, tiens, au fait. #se baisse et attrape quelque chose sous son bureau. Il en ressort avec le fameux coussin « Je ne suis pas du matin »# C'est quoi cette image que tu donnes de moi ? Je suis pas SI fainéant !
Sehaltiel #sincèrement surpris# : Ah bon ?
Shikamaru #un peu énervé# : Bien sûr ! Sale bête ! #il jette le coussin, qui atterri à cinq mètres de Sehaltiel# Maintenant, va le chercher.
Sehaltiel #qui n'avait pas bronché# : Et pourquoi ça ?
Shikamaru : … J'ai la flemme de me lever.
Sehaltiel : Okay… Je pense qu'on a tous compris, c'est bon. Allez, vu le temps qu'il va nous falloir pour motiver Shikamaru, je pense qu'on peut clôturer l'épisode ! Au revoir, les gens ! Huhu.
*ti ti li li ti tiiiiii ! *
