Hey les gens !
Me revoilà pour le nouveau chapitre de ma fic. Enfin! J'ai été assez débordée ces derniers temps mais j'ai vaincu!
Un grand merci à Nif, Blinded Watcher, Mira, Princesse Champignon, MH2 et LaFaucheuse01 pour vos reviews qui m'ont vraiment aidée à poursuivre l'écriture de cette fic et qui m'ont vraiment remonté le moral !
Bref, plus de blabla, je sais avoir mis assez de suspense au dernier chapitre : je vous souhaite donc une excellente lecture, en vous laissant découvrir ce qu'il s'est réellement passé pendant que Kessie était inconsciente...


CHAPITRE 24 : FLYING HIGH


« Ne jamais baisser sa garde, surtout quand on croit avoir gagné ».

Leonardo croyait avoir intégré parfaitement ces sages paroles de leur maître...mais après ce qu'il s'était passé, il avait entièrement révisé son jugement quant à cette conviction.

Tout était arrivé si vite.
Lui et Michelangelo avaient couru le plus vite possible pour rejoindre Donatello et Kessie.
Les deux affreux avaient débarqué sur leur char d'assaut monstrueux.

Kessie avait perdu le contrôle d'elle-même et lancé une bombe de peinture au visage d'un de leurs deux féroces ennemis.
Bien que son sang n'eut fait qu'un tour et qu'il avait maudit intérieurement sur l'instant la folie de leur coéquipière, le cœur de Leonardo avait bondi d'espoir lorsque Raphael était tombé et puis avait roulé sur le béton du parking, n'étant plus aux mains de l'ennemi.
A ce moment précis, pour Leonardo, tout espoir était permis.
En effet, lorsqu'il vit Raphael à terre suite à la manœuvre de Kessie, il donna le signal. Et lui et ses frères s'étaient alors précipités vers les deux demeurés qui trônaient sur leur char d'assaut, prêts à en découdre.
Mais lorsque le canon se dirigea vers Kessie et que le projectile frôla sa tête...lorsque l'horrible craquement que provoqua l'impact sur son masque de hockey résonna en un sinistre écho...lorsque le corps de Kessie chuta et s'écroula au sol comme une marionnette dont on avait coupé les fils, ce fut comme un séisme dans leur cœur...en particulier celui de Donatello. Les yeux écarquillés et la bouche entrouverte et soudain horriblement sèche, il orienta sa course vers sa protégée pour se jeter à genoux près d'elle, sentant son cerveau pulser douloureusement et souffrir sous la panique et l'anxiété qui le gagnaient en observant les yeux clos de Kessie et le sang rouge vif qui se frayait un chemin entre ses mèches pour glisser sur sa tempe.

- Non...non, Kessie ! bredouilla t-il d'une voix tremblante alors qu'il appuya sur sa veine jugulaire pour chercher son pouls.

- Mikey ! Va t'occuper de Raphael ! ordonna Leonardo à Mikey avant de se précipiter lui aussi vers Kessie, désemparé.

Très fiers de leur oeuvre, alors que Leonardo rejoignait Donatello et Kessie et que Michelangelo accourait auprès du corps inconscient de Raphael et le traînait pour le mettre à l'abri, Bebop et Rocksteady jubilaient.
Jusqu'à ce que l'alerte sur l'émetteur de Rocksteady résonne depuis la poche de son pantalon déchiré. Intrigué, le rhinocéros se saisit de son appareil électronique pour lire le message qui s'y affichait. Il cligna d'abord des yeux d'un air surpris avant de grommeler discrètement à son partenaire :

- Changement de plan, Beb's : Krang veut qu'on lui rapporte la gamine vivante. Il a dit qu'il nous expliquerait après.

- T'as de la chance qu'on ait loupé son crâne de quelques centimètres ! grimaça le phacochère méchamment, songeant à la correction qu'ils auraient pris s'ils n'avaient pas respecté à la lettre les indications de Krang.

Pendant ce temps-là, Donatello prit tendrement le visage de Kessie entre ses mains rêches, effrayé de constater qu'elle avait perdu connaissance.

- Kessie ! Kessie, réponds-moi, je t'en prie ! la supplia-t-il de sa voix aiguë.

Mais le visage de Kessie restait inerte malgré les appels désespérés de sa voix. Tout aussi désemparé, Leonardo observa leur coéquipière d'un oeil concerné mais le grondement grave et terrifiant du char d'assaut attira son attention.
Relevant la tête rapidement, il réalisa que l'énorme machine de guerre fonçait à toute vitesse droit sur Donatello qui tenait Kessie entre ses bras.

- DONNIE ! cria Leonardo.

Sans réfléchir, il se jeta sur son frère pour l'écarter du chemin du monstre de fer. Terrassé par l'épouvante, Donatello grimaça sous le choc alors que le vrombissement du moteur lui martelait violemment les tympans.
Tout se passa alors très vite. Si vite.
Les roues gigantesques du tank frôlèrent la tortue au masque violet.
Ce dernier se crispa, se refusant de desserrer son étreinte de sa protégée.
Rocksteady choisit cette seconde précise pour se pencher vers eux, empoigner férocement au passage le bras de l'humaine évanouie et l'arracher méchamment des bras du ninja de toute sa force mutante.

- KESSIE ! hurla Donatello.

Mais une bourrasquee de fumée noire et de gravier l'aveugla, lui et ses frères, les obligeant à protéger leurs visages du revers du bras. Le tank était déjà parti et ne répondit à son cri qu'en expirant derrière lui un gargantuesque nuage de poussière et de charbon qui étouffa sa gorge. Aveuglés et pris de court, Donatello, Leonardo et Michelangelo toussèrent compulsivement. La poussière s'infiltrait dans leur poumons comme une tempête de sable et les irritait tellement qu'ils craignaient de ne plus jamais pouvoir respirer correctement, ayant le véritable effet d'une bombe fumigène.
Quelques secondes plus tard, le vrombissement de l'appareil s'était évanoui ainsi que le nuage de poussière qui retomba lentementau sol, ne dévoilant plus que les quatre silhouettes des justiciers. Clignant des yeux et époussetant la poussière grisâtre et nauséabonde de leurs visage et de leurs habits, Leonardo, Donatello et Michelangelo se relevèrent difficilement en regardant autour d'eux d'un air hébété, sans véritablement comprendre ce qu'il s'était passé tant tout était allé vite.

- Tout le monde...va bien..? bredouilla Michelangelo (qui n'avait pas lâché une seconde Raphael pendant toute la scène, les bras enroulés autour de son bras musclé) de sa petite voix enfantine.

- ...Où est Kessie ? demanda Leonardo en plissant les yeux, se tournant machinalement vers Donnie.

Ces trois mots eurent comme l'effet d'une gifle sur le mutant ingénieur qui cligna ses petits yeux derrière ses lunettes, les lèvres entrouvertes, baissant piteusement le regard vers son plastron où il serrait le corps évaporé de l'humaine quelques secondes auparavant.
Lorsqu'il réalisa qu'il ne la tenait plus dans ses bras, les yeux ambrés de Donatello se dilatèrent et s'écarquillèrent douloureusement, comme si son cœur venait de s'arrêter.

- ...Kessie ?

Les yeux ronds comme deux billes, il se tourna alors et fit quelques pas désespérées dans l'allée goudronnée du parking en cherchant sa protégée du regard, paniqué.

- Kessie ?! Kessie ! Où es-tu ?!

Egalement paniqué, Michelangelo tourna la tête puis son corps pour la chercher de tous les côtés comme une toupie désespérée, sous le regard absolu dévasté et désemparé de Leonardo qui à son tour regarda machinalement dans tous les sens.
Mais Kessie n'était plus là.

- Ils l'ont emmenée..., dit gravement Leonardo. Ils l'ont emmenée avec eux lorsqu'ils ont pris la fuite...

Derrière le reflet lumineux que renvoyait le verre des lunettes de Donatello, ses yeux d'ambre s'étaient soudain assombris...ses sourcils se froissèrent douloureusement derrière le tissu poussiéreux de son masque violet alors que le mutant observa les traces noirâtres laissées par le tank infernal, ne laissant rien derrière lui que les quatre mutants désemparés...
Ils avaient enlevé Kessie...ils avaient enlevé leur coéquipière...

- ...non...non..., balbutia Donatello qui crut à un véritable cauchemar.

Puis, tremblant de tout son corps comme s'il se retenait à grand peine de s'effondrer, il serra méchamment les dents pour empêcher ses larmes de couler, lesquelles flouaient déjà le verre de ses lunettes bien malgré lui. Bien qu'au bord de la crise de panique, il se refusait à voir l'espoir de retrouver son humaine s'envoler.

- ...il faut qu'on les rattrape, lâcha le mutant au masque violet d'une voix brûlante de détermination en s'avançant aussitôt pour suivre les traces de roues du tank.

Très surpris par cette sécheresse inhabituelle, Leonardo saisit au vol le bras de son frère qu'il tint d'une poigne ferme pour l'empêcher de faire un pas de plus, secouant vivement la tête.

- ...arrête Donnie. On ne peut pas les suivre, c'est inconscient et beaucoup trop dangereux.

C'est alors que Donatello se retourna sèchement et destina un regard inhabituel à Leonardo.
Un regard noir et perçant.
Un regard rempli de haine...et de colère.

- ...c'est moi qui vais être dangereux si tu m'empêches de faire quoi que ce soit.

Ces quelques mots avaient été juste murmurés mais ils eurent sur Léo l'effet d'une douche froide.
Le leader resta taiseux, sans même cligner des yeux.
Il était tellement stupéfait par la réponse de Donatello qu'il lâcha son poignet et le dévisagea pleinement dans un silence lourd et assourdissant, les sourcils pleinement froncés. Jamais il n'avait vu Donatello aussi sombre...et aussi sérieux de toute sa vie. Ce dernier, droit comme un i, les poings méchamment serrés, soutint le regard du leader comme rarement, d'un regard intense et perçant.
Michelangelo déglutit méchamment en regardant tour à tour Donatello et Leonardo se défier du regard de la sorte, comme deux lions prêts à se jeter à la gorge l'un de l'autre, jusqu'à ce que le grognement faiblard de Raphael interrompe cet affrontement silencieux.

- La vache, j'ai la tête qui pèse dix tonnes...

Aussitôt, les trois frères se tournèrent vers le cadet et s'approchèrent rapidement de lui pour l'aider à se relever, terriblement rassurés de le voir reprendre connaissance.

- Tu te réveilles pile au bon moment, toi, lâcha ironiquement la voix à moitié plaisantine de Michelangelo qui lui-même ne pouvait empêcher la désespérance de poindre dans le timbre habituellement si enjoué de sa voix.

- Tout va bien ? Rien de cassé, Raph ? demanda Leonardo, très soucieux.

- Ouais, ça va super, grogna Raphael en tapotant maladroitement la carapace de Mikey avant de regarder autour de lui, les sourcils froncés d'un air perplexe. Oh...Où est Kessie ?

Silence.
Leonardo baissa les yeux et serra les poings, le coeur serré en sentant le regard de Raphael vrombir sur lui.

- Bebop et Rocksteady l'ont enlevée...on s'est battus contre eux mais ils se sont enfuis en l'emportant avec eux...

Cette nouvelle eut l'effet d'un coup de fouet dans le coeur de Raphael qui écarquilla aussitôt les yeux et dévisagea pleinement chacun de ses frères, persuadé qu'ils lui faisaient une blague.

- Très drôle, chuis mort de rire. Non, sérieux, elle est où ?

- Tu trouves vraiment qu'on a l'air de plaisanter ? rétorqua Donatello avec rage en fronçant les sourcils vers Raphael, les dents serrées en désignant les alentours d'un geste éloquent du bras. ...ça a l'air d'être une blague pour toi ?!

Raphael écarquilla les yeux en voyant son frère s'énerver de la sorte, véritablement choqué.
Sans même lui laisser le temps de rétorquer, Donatello se retourna vivement et s'éloigna à grands pas de ses frères en lançant avec ardeur.

- Venez, restons pas là, faut qu'on s'active si on veut la sauver !

Estomaqués par l'accès d'autorité de Donatello, les trois frères se dévisagèrent longuement et, hésitant légèrement avant de le suivre, ils se consultèrent du regard tandis que Raphael bougonna avec perplexité :

- ...je suis encore sonné ou Don essaie de se la jouer comme moi, là ?


De retour au repaire, l'ambiance avait rarement été aussi grave au repaire. Tenant immédiatement au courant Splinter de la situation, Leonardo, Raphael et Michelangelo s'attroupèrent avec leur père autour de Donatello qui n'avait jamais pianoté aussi vite de sa vie, assis devant ses innombrables écrans de surveillance. Ayant repris parfaitement ses esprits et pris parfaitement conscience de la disparition de son amie, Raphael tournait devant les écrans de Donatello comme un lion en cage, ne supportant pas l'idée que son amie ait pu être embarquée ainsi par sa faute...
...ainsi que l'idée que si elle s'était retrouvée dans une telle situation, c'était uniquement de sa faute à lui.

- Ces sales types ont abandonné le tank dans un parking et ont du fuir par une autre sortie, lâcha Donatello entre ses dents...Ils ont emmené Kessie avec eux mais je vais pouvoir géolocaliser son t-phone grâce au traceur GPS..

Les yeux plissés et les dents serrées douloureusement comme si elles manquaient de faire éclater ses dents à chaque moment, Donatello triangulait les coordonnées de Kessie à la vitesse de l'éclair. La tension crispait tellement ses doigts qu'ils ressemblaient à des baguettes qui martelaient méchamment son clavier d'ordinateur. Jamais Léo ne l'avait vu dans un tel état de stress et de colère.
Bientôt, une map apparut sur l'écran de Donnie et un point jaune clignota pour indiquer la position de Kessie sur la carte et sa trajectoire. Ce point partait de New-York...et semblait traverser les Etats-Unis pour rejoindre l'Océan Pacifique, laissant les frères ébahis et confus.

- Quoi.. ? Elle se déplace à toute vitesse vers l'ouest...

- Elle est dans un avion. Ils la transportent dans un avion, je ne vois pas d'autre explication, bredouilla Donatello en plissant les yeux.

- Où va cet avion, Donnie ?

Fronçant les sourcils, le coeur battant horriblement fort contre son plastron en sachant que la réponse à cette question lui permettra de sauver son humaine, Donatello ne perdit pas un instant et ouvrit aussitôt des dizaines de fichiers permettant de calculer les probabilités de vol selon cet horaire, cette vitesse et cette trajectoire précise qu'empruntait Kessie en ce moment….

- Alors attendez. J'ai un résultat. Voilà. Le seul avion qui correspond aux données que j'ai enregistré est celui qui va à...non...non, c'est pas possible...

Les yeux écarquillés comme s'il venait de se prendre une gifle, il se retourna lentement vers ses frères avant d'annoncer d'une voix détruite...

- ...Okinawa...

Ce simple mot fit chuter le coeur des mutants jusque dans leurs pieds. Croyant vivre un véritable cauchemar, les quatre mutants se dévisagèrent longuement et gravement.
Le Japon...ils emmenaient Kessie au Japon...ils emmenaient Kessie à l'autre bout de la planète...

- S'ils l'amènent aussi loin, songea Leonardo à voix haute en posant une main qu'il veut réconfortante sur l'épaule de Donatello pour le réconforter, c'est qu'ils la veulent vivante. Il y a encore de l'espoir.

Dévasté, Donatello releva douloureusement ses yeux luisants vers son grand frère avant de secouer amèrement la tête vers son ordinateur, pianotant à nouveau sur son clavier rétro-éclairé, clignant rapidement les yeux pour effacer les larmes qui y naissaient et essayaient de s'échapper...et dire qu'il lui avait promis de veiller sur elle...

- Comment on va faire pour aller au Japon ? bredouilla Michelangelo dont le regard balançait avec perplexité entre Leonardo et Donatello.

- Il suffit de prendre l'avion, comme eux, lança Leonardo avec assurance, les bras croisés, tâchant de garder la tête froide. Donnie, trouve le prochain vol pour Okinawa.

- C'est déjà fait, rétorqua le mutant au masque violet dont les yeux brillant d'un noisette ambrés parcouraient déjà le site de l'aéroport de New York. Vol de nuit China Eastern, départ à 01h45 du matin. On aura qu'à se glisser dans la soute avant le décollage et le tour est joué.

- Combien de temps dure le trajet ?

- ...eh bien...si on compte les quatre heures d'escale à Shangai...ça fait en tout...22 heures d'avion.

Voyant les visages si fermés et concernés de ses frères, comme anéantis d'avance par ce long voyage, Michelangelo osa un grand sourire, tâchant comme d'habitude de toujours voir le positif dans n'importe quelle situation.

- Hé ! Qui est partant pour un marathon Harry Potter ?! C'est l'occasion rêvée !

- Mikey, arrête tes conneries, grogna Raphael en fusillant le benjamin du coin de l'oeil.

- Bah quoi ? Hé, on s'est déjà fait le marathon Star Wars et le marathon Le Seigneur des Anneaux ! On a jamais pu se faire le marathon de Harry Potter !

- Kessie est sûrement en grand danger et toi, tu penses à regarder des films ?! rugit Raphael.

N'appréciant pas d'entendre Raphael aboyer sur le benjamin de la sorte, Donatello se retourna sèchement vers Raphael, les sourcils pleinement froncés derrière son masque violet.

- Mikey n'a pas tort, il faut bien qu'on s'occupe durant le vol. Ce sera toujours mieux que de passer notre temps à nous disputer et à râler, tu crois pas ?

Raphael écarquilla les yeux en fusillant Donatello du regard et ouvrit la bouche comme pour rétorquer quelque chose. Néanmoins, il la referma rapidement et s'éloigna de quelques pas pour donner un coup de poing féroce dans l'une des briques du mur.

- Maître, dit Leonardo en se tournant vers Splinter qui avait assisté à leur conciliabule, s'agenouillant avec respect face à lui avant de baisser les yeux. Nous n'avons jamais été aussi loins...nous n'avons jamais été aussi loin du repaire...mais Kessie court un terrible danger...et avec votre permission.

Bien évidemment que Splinter était inquiet pour ses fils...quel père ne le serait pas si ses enfants devaient être envoyés à l'autre bout du monde ? Du moins, ses lèvres sèches et ridées esquissèrent un faible sourire qu'il voulut rassurant en posant une main bienveillante sur l'épaulière de son fils aîné.

- Je vous y autorise, mes enfants... Allez sauvez votre amie...votre soeur de guerre...mais restez vigilants, dit Splinter. Le clan des Foot est originaire du Japon, c'est là qu'ils sont les plus nombreux et les plus puissants...Le Japon est le berceau même du clan de Shredder.

- Justement. Si on y va, on peut peut-être enfin mettre un terme à toutes ces histoires : on sauve Kessie et on résoudra ces problèmes que causent Krang et le clan des Dragons Pourpres...on pourra peut-être enfin percer le mystère de ces enlèvements dans la ville...et de ce Projet Grande Renaissance...

Puis, après une douce caresse sur la joue écailleuse de son fils, il se retourna et quitta le laboratoire pour préparer à ses fils le nécessaire à un tel voyage...
Pendant ce temps-là, Michelangelo se tourna vers son grand frère ingénieur en souriant faiblement, posant une main douce et reconnaissante sur sa carapace encombrée.

- Merci, frangin pour tout à l'heure, murmura-t-il.

Il vit Donnie simplement tourner la tête vers lui, les traits tendus et le visage fermé comme rarement. Rarement il avait vu une ombre aussi grave envahir son visage. Soupirant silencieusement, Michelangelo le considéra avec compréhension : après tout, il adorait Kessie lui aussi et il se faisait beaucoup de soucis pour elle, même s'il n'était pas sûr de mesurer l'ampleur du danger de sa situation. En réalité, il ne préférait pas y penser. Toujours paré d'un éternel optimisme, il songeait qu'elle était encore en vie et qu'ils la sauveraient à temps. Après tout, ils sont des super-héros.
Aussi, désireux de rassurer son grand frère, il se pencha pour lui chuchoter d'une voix maligne et complice, dans le but de le détendre.

- T'inquiète pas, on va la secourir, ta chérie.

- ...J'ai tellement...tellement la haine, marmonna Donatello à voix basse, les dents serrées, fixant son ordinateur comme s'il s'apprêtait à le détruire d'une seconde à l'autre. D'abord ils nous enlèvent Raphael...et maintenant Kessie...Quand je pense qu'elle est entre les mains de c-ces...ces salauds...J-je te promets... que s'ils la touchent...s'ils la touchent ne seraient-ce que d'un centième de micron de nanomètre.. j-je les tue. Un par un.

Ces mots firent frémir Michelangelo qui lâcha nerveusement l'épaule de Donatello.
Cette haine...cette rage...il ne reconnaissait pas son frère dans de telles paroles.
Les sourcils froncés, Donatello s'apprêtait à éteindre son ordinateur quand derrière lui, les éclats d'une nouvelle dispute entre Leonardo et Raphael retentirent.

- Tout ça, c'est de ta faute, Léo ! grognait méchamment Raphael.

- ...ma faute ?! se scandalisa Leonardo.

- Ouais, pourquoi tu as pris Kessie avec vous ?! Tu sais très bien qu'elle fait pas le poids face à ces bourrins !

- Parce que tu crois qu'elle m'a laissé le choix ?! s'insurgea aussitôt le leader. Elle voulait absolument te sauver. Elle est aussi têtue et déterminée que toi.

- Et puis, ce n'est pas toi qui voulait qu'elle vienne avec nous ? Qu'elle avait pas d'ordres à recevoir de moi ? Que...comment tu disais déjà ? Ah oui ! « Qu'elle reste avec nous et qu'on est censés être unis » ! Eh bien, tu vois où ça a mené, tout ça !

Donatello tourna lentement son siège en skateboards pour dévisager ses deux aînés se disputer, face à face, les yeux électrisés par des éclairs de rage.
Leonardo, lui d'ordinaire si calme, toisait Raphael et toqua même sur son plastron d'un doigt furieux en lâchant rudement quoique froidement :

- T'as voulu attaquer Krang toi-même et tu as embarqué Kessie dans ton délire ! Et à cause de tes conneries, c'est elle qui prend !

Raphael cligna longuement des yeux face à cette vérité face à laquelle il resta muet.
Voyant qu'il avait visé juste, comme si cela ne suffisait pas, Leonardo renchérit aussitôt :

- Tu peux me détester autant que tu veux, tu sais parfaitement que j'ai raison.

" Oui. Tu as raison. Merci de me faire sentir encore plus mal que je ne le suis déjà ".
C'est ce que Raphael aurait voulu jeter au visage de Leonardo. Mais ses lèvres sèches se serrèrent méchamment et il poignarda le leader de son regard émeraude, tâchant de lui communiquer ses mots par la tristesse de son regard avant de se détourner pour quitter le laboratoire en claquant méchamment la porte derrière lui.

Satisfait, Leonardo secoua la tête en voyant son frère pour une fois courber l'échine face à lui et reconnaître pour une fois ses erreurs.
Mais lorsqu'ils se tourna vers Donatello comme pour chercher son approbation de sa part, il n'eut de lui qu'un regard noir, un mouvement de tête fatigué et bientôt, leurs regards se perdirent pour ne plus se recroiser.

Désespéré en voyant ses trois frères se jeter des regards aussi meurtriers, Michelangelo soupira profondément en secouant la tête.
Même lui ne savait plus quoi dire pour apaiser les tensions palpables entre frères.


Après une dernière et longue étreinte, marquée par les recommandations de Splinter ainsi que celles données à April qui devait les tenir au courant de tout ce qui pouvait se passer à New-York pendant leur absence, les tortues attendirent le coucher du soleil pour rejoindre l'aéroport de New-York et se glisser subtilement dans la soute. Quatre énormes reptiles se trouvait désormais dans l'avion partant pour Okinawa, chargés de leurs armes, de nourriture pour le voyage (des barres de céréales, fruits secs, beurre de cacahuète, chocolat, recommandés par Splinter), d'énormément d'anxiété...ainsi que de beaucoup de sous-entendus et de silences gênants.

C'était le début de vingt-deux heures d'attentes entre frères, vingt-deux heures dans la pénombre d'un énorme engin volant dans lequel la claustrophobie était proscrite. Le marathon Harry Potter comptabilisant bien dix-neuf heures, les tortues avaient pris des réserves de pizza que Donnie faisait réchauffer grâce à une plaque chauffante qu'il gardait toujours en réserve dans son attirail technologique et qu'ils mangèrent au fur et à mesure des films qu'ils regardaient, tous quatre agglutinés autour de l'ordinateur portable de Donatello.
Alors qu'ils faisaient une pause entre le cinquième et le sixième film, Leonardo ne put s'empêcher de regarder Donatello d'un œil morne leur servir du café grâce à un thermos qu'il avait prévu à l'avance. D'ordinaire, le café était interdit au repaire mais après un tel voyage passé dans la chaleur étouffante de la soute, personne n'avait envie de crapahuter. Il fallait simplement qu'ils restent éveillés.
Un silence de mort inhabituel régnait dans la soute, uniquement hanté par le vrombissement de l'avion et les valises qui tremblotaient légèrement sur place. Ecrasés par la chaleur étouffante qui y régnait, les quatre frères ne disaient mot depuis que l'avion avait décollé. Même les films ne leur arrachèrent pas un sourire, incapable de se distraire normalement.
Alors qu'il épongeait son front du plat de la main, Leonardo jeta un œil à Donatello qui s'était mis à l'écart derrière une pile de caisses. Ce dernier s'était assis par terre, la carapace adossée contre la paroi de l'avion, et resserrait sans cesse ses bras autour de lui, le regard prostré vers le sol, restant grave et silencieux.
Le cœur serré, Leonardo s'approcha de lui de quelques pas, guettant discrètement les réactions de son petit frère. Ce dernier n'esquissa pas le moindre geste ni le moindre coup d'oeil, comme s'il l'ignorait totalement. Les sourcils tristement froncés, Leonardo se plaça face à lui pour tenter d'attraper son regard.

- Donnie.. ?

Les bras croisés, sans réagir tout de suite au son anormalement faible de la voix de son frère, Donatello regarda son frère du coin de l'oeil, sans desserrer les lèvres.
Attristé par cette distance, Leonardo soupira et s'accroupit lentement pour s'asseoir face à lui, le tenaillant de son regard bleu et profond malgré la pénombre qui les enrobait.

- ...Donnie, depuis que Kessie a disparu, j'ai l'impression que tu m'en veux...que tu es en colère après moi...c'est le cas ?

Gardant le silence, Donatello regarda son grand frère du coin de l'oeil, les yeux plissés derrière le verre de ses lunettes. Après quelques secondes où Leonardo se sentit désagréablement et gravement observé par le mutant ingénieur, ce dernier détourna à nouveau le regard, lâchant simplement du bout des lèvres :

- Oui, je suis en colère.

Un court silence s'ensuivit, silence que Donatello brisa de nouveau :

- Je suis en colère parce que je repense à vos disputes avec Raphael...et quand je vois ce qui arrive maintenant, ça me met hors de moi.

Leonardo cligna longuement des yeux à cette réponse qu'il n'attendait pas du tout et qui lui fit hausser un sourcil désabusé.

- ...attends. Je ne te suis pas, là. C'est quoi le rapport entre les disputes avec Raphael et l'enlèvement de Kessie ? Tu m'expliques ?

Donatello fronça pleinement les sourcils et, cette fois, il plongea son regard ambré droit dans celui du leader sans broncher. C'était la première fois que Donnie le regardait de la sorte...aussi sérieusement...aussi gravement et surtout aussi amèrement...

- Parce que j'ai l'impression que nous avons tendance à oublier à quel point nous menons une vie dangereuse, en particulier toi et Raphael, et je trouve ça terriblement dommage. En ce moment, la vie de Kessie est en danger et peut-être qu'elle... (Déglutissant difficilement, Donatello serra les dents en baissant la tête)...peut-être qu'elle risque la mort en ce moment même. C'est ce que j'ai toujours craint qu'il arriverait un jour, lors de nos missions : que l'un de nous quitte ce monde et c'est peut-être sur le point d'arriver.

En temps normal, Leonardo savait quoi faire lorsqu'un de ses frère paniquait de la sorte. Lui répondre que non. Ca n'arrivera pas. Tout se passera bien. Même si lui-même n'y croyait pas.
Mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche, voyant que son grand frère s'apprêtait à prendre la parole, Donatello le coupa aussitôt dans son élan.

- Non, laisse-moi parler cette fois...s'il te plaît, Léo...

D'ordinaire, il écoutait sans rien dire. Mais pas cette fois. Cette fois, il avait besoin de dire ce qu'il avait sur le coeur.
Leonardo cligna des yeux puis referma la bouche en pinçant les lèvres, le visage lisse, sans dériver son regard de son petit frère, néanmoins avec bienveillance, juste pour lui faire comprendre qu'il avait toute son attention.
Le coeur horriblement serré, Donatello tenailla son frère de ses yeux ambrés et embués avant de les baisser dans un profond soupir.

- A chaque fois que nous nous entraînons...à chaque fois que nous prenons les armes...à chaque coup que nous recevons...j'ai peur de perdre ceux que j'aime. J'ai peur de ne plus entendre vos rires, vos voix...tellement que je n'en dors pas la nuit...Kessie en a même fait un cauchemar, elle aussi...et quand je vois comment vous vous déchirez avec Raphael...comment vous repoussez Michelangelo chaque fois qu'il veut plaisanter...ça me fait mal au cœur...parce que si un jour l'un de vous meurt lors d'une mission, il ne reviendra plus jamais. Il ne sera plus là pour énerver l'autre, mais il ne sera plus là non plus pour demander pardon non plus...

Tant d'amertume dans ces mots...tant de tristesse...Fatigué, le ninja au masque violet retira ses lunettes pour essuyer ses yeux ambrés et embués d'un revers de sa main écailleuse et rêche.

Cette vie de ninja, Donatello ne l'avait pas choisi.
Aucun d'eux d'ailleurs.
Donatello savait que ses aînés avaient pris goût à cette vie, Leonardo étant dédié entièrement au bushido et Raphael adorant se battre.

Mais si ça ne tenait qu'à lui, Donatello refuserait de prendre les armes et de se battre.

Intimement, il sait et il a toujours su qu'il n'était pas fait pour cette vie dédiée au ninjutsu, à la violence et à la mort. Pas plus que ne l'était Mikey qui ne vit que dans un monde fait de pizzas, de jeux vidéos et de films. Ils avaient du s'y faire au fil des années, au fil de cette éducation qui leur a été imposée et qu'ils n'avaient eu d'autre choix de suivre s'ils voulaient survivre et affronter le monde de la surface...mais s'ils avaient eu le choix, Donatello était persuadé qu'il aurait opté pour une vie bien plus tranquille et pacifiste.

Une vie qui lui aurait épargné ses angoisses nocturnes, ses nuits cauchemardesques et ses jours sinistres passés dans l'obscurité à mi-chemin entre la survie et la mort.

- On mène une vie dangereuse, Leonardo...et je trouve qu'on devrait plus profiter du temps que nous passons ensemble...profiter de notre folie, de notre stupidité, de notre sagesse, de notre joie de vivre...de notre complicité...parce que d'une seconde à l'autre, tout peut nous être enlevé. C'est ce qui est peut-être en train de se passer avec Kessie...et c'est peut-être ce qui se produira avec l'un d'entre nous. Et j'aurais aimé...j'aurais aimé qu'on soit plus sympas les uns envers les autres...avant qu'il ne soit trop tard.

Profondément bouleversé par le discours de son frère ingénieur, Leonardo ne sut même pas quoi répondre, ne pouvant que baisser les yeux en soupirant.


And voilà. J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu !
Alors avant qu'on me fasse la remarque : non, je ne me suis pas inspirée du deuxième film pour la scène de l'avion.
J'avais déjà en tête l'idée que les tortues allaient prendre l'avion pour le Japon et je dois dire que j'ai été assez prise de court lorsque j'ai découvert dans les bandes-annonces qu'il y aurait aussi une scène dans un avion dans la suite !

Juste une dernière chose, si vous pouvez ajouter ça à vos reviews : j'avais pensé à créer une page FB uniquement dédiée à mon compte d'auteur de fanfictions afin de pouvoir interagir avec vous, les lecteurs/autres auteurs, et vous tenir au courant des avancées de ma fic, de mes prochains projets, etc... J'ai la tête qui bouillonne de projets car bien sûr, une fois que Des Ombres Dans La Nuit sera fini, je ne compte pas m'arrêter là ! J'aimerais continuer de partager mes histoires avec les lecteurs, d'autres fics verront le jour et je me disais que ça pourrait être une idée de vous tenir au courant de tout ça via une page Facebook...

Sur ce, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de tout ça ! Moi, je vous dis à la prochaine, cowabunga à tous !