Comme d'hab j'ai été super lente désolée... La suite me cause des soucis, j'ai du mal à enchaîner mais nous vous en faites pas je finirai cette fic promis ! Bonne lecture !
Les heures passèrent rapidement. Ophelia dormait à l'étage, Shuu somnolait dans un fauteuil à côté de son amant. Ce dernier avait pleuré jusqu'à ce que le sommeil l'emporte. Une vraie torture pour le Gourmet. Lui n'avait rien pu faire pour le consoler sinon serrer sa paume dans la sienne. Il la tenait toujours d'ailleurs, sa chaleur le rassurait.
Hide lui manquait déjà. Lui au moins aurait trouvé les bons mots. Son sourire aurait mit du baume au coeur blessé de Kaneki.
- Quelle journée de merde, marmonna-t-il pour la énième fois.
Il caressa encore un peu les doigts de Kaneki et se leva.
Son corps était raide d'avoir été aussi longtemps dans cette position. Il s'étira et sortit de sa poche son portable. Enfin, il quitta la pièce pour ne pas réveillerKaneki.
Il composa le numéro de son père et porta l'appareil à son oreille.
Cela ne pris que quelques secondes avant qu'il ne décroche. En entendant sa voix, il craqua.Tout le stress et la fatigue accumulée s'échappa d'un coup.
- Papa...
- Shuu? Que t'arrive-t-il mon fils?
- Rien ne va, commença le Gourmet avec une voix vacillante.Je suis désolé.
Il s'était mis à pleurer. Non vraiment ce n'était pas son genre mais il avait dépassé depuis longtemps ses limites.
- Désolé pour quoi? Demanda Mirumo, le ton inquiet.
- Le CCG a assiégé le manoir hier soir...
- Oh mon dieu, tout le monde va bien?
- Non. Non tout le monde ne va pasbien.
Shuu respira profondément entre 2 sanglots avant de continuer:
- Ophelia,Kanae et moi sommes indemnes. Ophelia était secouée par ce qu'elle a vu mais je pense que ça ira. J'espère. On a perdu Tanaka, Abe, Jin et Hideyoshi là bas.
- Et Ken?
La voix toujours tremblante et de temps en temps entrecoupé d'un hoquet,Shuu expliqua:
- Il s'est prit une balle dans la poitrine. La jumelle est décédée... Il ne va pas bien Papa.
- Vous êtes chez Aotsuki-sensei? Nous prenons le prochain vol.
- Oui... Merci.
Shuu essuya son visage poisseux avec son mouchoir de poche en faisant ses au revoir.
Il racrocha ensuite, le coeur plus léger. Ça lui avait fait du bien de vider son sac.
Mirumo et son épouse arrivèrent au courant de l'après midi suivant. Ils prirent en charge Ophelia et la recherche d'une nouvelle maison où ils seraient en sécurité.
Shuu n'avait plus envie de rester à Tokyo. Il attendrait que Kaneki aille mieux pour lui demander s'il était d'accord pour partir. Loin.
La journée passa vite, Kaneki la passa à dormir. Aotsuki était aux petits soins avec lui.
Cette nuit là, Shuu réussit enfin à dormir un peu.
Il s'installa une petite routine entre eux: le matin, Mirumo amenait Ophelia visiter ses parents chez le médecin pendant que sa femme s'occupait de meubler et nettoyer le nouveau foyer desTsukiyama. Elle jonglait entre ça et les entretiens pour les nouveaux domestiques qui les servirait.
Tous étaient occupés. Tous sauf Kaneki. Il passait de longues heures seul quand la douleur l'empêchait de dormir.
Son âme était en aussi mauvais état que son corps.
Le troisième jour, il se sentait particulièrement mal. Le chagrin en lui ne cessait de grandir et la douleur physique était insupportable. De plus il avait si froid, nulle couverture n'était assez épaisse pour le réchauffer.
Il senti quelqu'un s'affairer dans la pièce et même s'il ignorait son identité, il demanda:
- Que feront-ils du corps de Hide ?
Il y eu un instant de silence puis Aotsuki s'installa à ses côtés.
- Je ne sais pas.
Kaneki soupira longuement, il luttait contre les larmes. Il y avait encore ce sifflement quand il respirait, cela rendait la scène encore plus pénible à voir.
- Je n'ai même pas pu lui dire adieu...
Aotsuki ne sut quoi lui répondre. Il serra les lèvres et sa main alla inconsciemment caresser la tête de son protégé.
- J'aimerais pouvoir te libérer de ta peine Kaneki-kun, lui chuchota-t-il peu après.
La chaleur de son crâne sous ses doigts inquiéta le médecin.
- Comment te sens-tu?
Cache-Oeil pouffa, sarcastique.
- J'ai froid, j'ai mal... Pas terrible en somme.
Il planta son regard dans celui d'Aotsuki et d'un ton sérieux entama:
- J'ai une faveur à vous demander.
L'intéressé lui fit signe de continuer. Kaneki se tripotait les mains nerveusement, une goutte de transpiration roula sur sa tempe.
- Si la suite se passe mal... Laissez moi partir.
Aotsuki se tendit sur son siège.
- Tu me demandes de te laisser mourir?
L'air choqué du grand brun mit Kaneki mal à l'aise. Il hocha toutefois la tête et crut bon de rajouter:
- Ne dites pas à Shuu que je vous ai demandé ça. Je vous en supplie.
- Tu n'as pas le droit de me demander ça.
Ces mots secouèrent Kaneki mais il s'était fait une raison.
- Vous savez Sensei... Je le sens. Je vais mourir. C'est pas grave. Je suis fatigué d'être là. Fatigué de devoir me battre.
Aotsuki hocha la tête furieusement, il n'arrivait pas à croire à ses paroles.
- Et Ophelia? Et le petit qui grandit encore en toi? Tu les abandonnes aussi facilement? Tu ne vas pas mourir, j'y veillerai!
- Ne vous acharnez pas. C'est tout ce que je demande. Faites passer le petit d'abord ok?
- Petit égoïste, siffla le médecin, le coeur brisé malgré tout.
Son patient était à bout; mentalement, physiquement, moralement. Il était au fond du gouffre. Le pire dans tout ça, c'est que pour le moment il ne pouvait rien y faire.
- Tu vas y arriver Kaneki. Tu es fort, bat toi.
Cache-Oeil rit dans sa barbe de nouveau.
- Mouais.
Et il ferma les yeux, informant Aotsuki que la conversation était terminée.
- Repose-toi bien.
Puis Aotsuki sorti.
Il y retourna une heure plus tard, entre deux patients. Kaneki dormait à point fermé mais Aotsuki sentit que quelque chose n'allait pas.
Il posa le dos de sa main sur le front de son protégé et comme il le craignait, il était brûlant de fièvre. Il ne s'était pas réveillé à son contact, cela témoignait de la gravité de son état.
Aotsuki entreprit donc de vérifier ses plaies le plus délicatement possible pour éviter de le réveiller. Il avait besoin de dormir. Il enleva couvertures et bandages pour découvrir une blessure enflammée. Ce n'était pas infecté mais ça pouvait vite le devenir si rien n'était fait. Il enduit les plaies d'onguent mais les laissa à l'air libre, ça aiderait la guérison. Il posa ensuite une compresse froide sur son front. Enfin, il lui fit une injection de pénicilline. Ce n'était pas la meilleure des solutions pour le bébé mais ça valait le coup d'essayer.
Si toutefois sa fièvre venait à monter malgré tout, il n'aurait plus d'autres choix que de faire une césarienne à son patient pour essayer de sauver au moins le petit. Kaneki avait peu de chances de s'en tirer dans les deux cas de figure. Vu son état déjà grave, l'opérer signifiait jouer avec sa vie. De le laisser ainsi reviendrait à les tuer tout les deux.
Il espérait du fond du coeur que les antibiotiques seraient efficaces et ainsi retarder le plus possible la naissance du petit...
OoOoOoO
Shuu était épuisé. Le terme était même trop faible pour décrire son état. Toutes les démarches pour faire disparaître sa famille étaient, lui semblaient-elles, sans fin. Son père lui donnait un coup de main et heureusement qu'ils avaient des contacts au gouvernement sans quoi ils seraient coincés. Au moins cela le tenait occupé. Ça lui permettait d'oublier un peu à quel point leur vie n'était plus que des cendres froides.
Il n'y échappait toutefois pas bien longtemps; dès qu'il remettait un pied à la clinique le calvaire recommençait. De voir Kaneki aussi mal était insupportable.
Dès son entrée, il croisa Aotsuki. Ce dernier vint à sa rencontre.
- Nous devons parler.
Son ton sérieux remua l'estomac du Gourmet.
- Ça peut attendre ? J'ai vraiment besoin d'une sieste.
- Pas vraiment. Ça peut vite dégénérer.
Le malaise de Shuu se transforma en inquiétude étouffante. Le docteur lui fit signe de le suivre dans son bureau pour avoir un peu d'intimité. Il referma la porte derrière eux et alla ensuite s'asseoir dans son fauteuil. Il sorti le dossier de son patient; c'était inutile car il le connaissait par coeur.
- Ce matin Kaneki a commencé à faire de la fièvre. Ses blessures guérissent mal. Je lui ai donné des antibiotiques, son état est stable pour le moment mais la fièvre persiste toujours. Si elle vient à monter, je vais devoir agir.
Abruti par la fatigue, Shuu avait du mal à suivre.
- Agir comment?
- Je vais libérer ton fils pour lui donner une chance de survivre.
- Et Kaneki?
- Ca le tuera peut-être.
L'air peinait à entrer dans les poumons du Gourmet.
- Pourquoi prendre ce risque?!
- Il est déjà en train de mourir, Tsukiyama-san. Je n'ai pas vingts options devant moi... Soit je le laisse combattre la fièvre, ce qui tuera sans doute ton fils et probablement Kaneki avec, soit je fais la césarienne, met ton fils en sécurité en dehors de son corps épuisé et malade mais Kaneki aura certainement beaucoup de mal à supporter l'opération... Je ne vois pas quoi faire d'autre. Le deuxième choix a une plus grande probabilité qu'un des deux survive, c'est pourquoi je l'ai choisi. Tu comprend?
Shuu s'affaissa sur son fauteuil, le regard vide.
- Que vais-je faire d'un nouveau né tout seul? N'y a-t-il pas un moyen de sauver Kaneki?
- Pas vraiment. Faut juste prier qu'il tienne le coup.
Qu'il tienne le coup. Shuu expira bruyamment. Il rassembla son courage avant de se lever.
- Il va tenir le coup, décida-t-il en sortant.
