Merci ma cousine pour son travail de bêta et merci Evan pour ta suggestion, tu avais raison!
Vous pouvez voir dans ma photo d'avatar la boucle d'oreille d'Harry, malheureusement pas en version bondissante, c'était trop difficile à faire je pense, mais je l'adore quand même. Merci mille fois I-ann, t'es la meilleure!
Bonne lecture!
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La lumière aveuglante ne lui permis pas de comprendre plus ce qui se passait quand il ouvrit les yeux. Il s'était attendu à la douleur effroyable du Cruciatus, ou à la sensation de plomb de l'Immobilus Corpus, mais pas au vertige indescriptible qui s'était emparé de lui à l'approche du sort. Sa tête tournoyait encore et il avait du mal à garder son équilibre. Le silence autour lui semblait bizarre, mais il ne savait pas s'il était réel, ou résiduel du sort qui venait de le toucher. Et puis il sentit le poids dans ses bras ; l'enfant... Et la conscience lui revint en un éclair. Le nuage se dissipa enfin, et son environnement lui apparu clairement. Il laissa échapper un gasp de surprise, regardant ébahi autour de lui, jusqu'à ce que ses yeux se fixent sur la seule autre personne présente avec lui dans la pièce. Harry! Harry certainement était responsable de sa présence ici, à Poudlard! Il semblait tout aussi confus que lui, le regard encore vague, la posture vacillante. Puis leurs regards s'attachèrent et le Griffondor sortit de sa transe, attrapa le bras de Draco.
- « Draco! Merlin, que s'est il passé ? J'ai senti à travers le lien... J'ai eu tellement peur, et tout à coup je me suis senti... Qu'est-ce que c'est que ça !?»
Le Serpentard suivit le regard choqué de son mari, et son expression devant l'enfant qu'il tenait dans les bras amena un léger sourire dans son visage et permis à son coeur de reprendre un rythme plus régulier. Il n'y avait qu'Harry pour diluer la tension ainsi!
- « Ça, c'est un enfant, amour...» répondit-il en se déplaçant vers le lit à côté, y déposant précautionneusement son fardeau. Il le borda, lui caressa doucement le visage. Le jeune garçon était endormi, l'Apparition avait été de trop sûrement pour son jeune esprit déjà meurtri par la nuit qu'il venait de passer. C'était certainement mieux pour lui.
- « Il... Il était le sacrifice que je devais.. tuer, pour mon Initiation.» Continua-t-il d'une voix tremblante. « Je m'étais préparé à devoir tuer, mais un homme, une femme même peut-être. Mais un enfant... Je n'ai pas pu... Je, c'était stupide. Je signais mon arrêt de mort, et... Y avait tellement en jeu! Toi, ma mère, mais je ne pouvais pas... Ma mère!»
La soudaine exclamation fit sursauter Harry, puis Draco se leva d'un bond, anxieux et fébrile tout à coup. Il s'avança vers lui, lui prit le bras, sa poigne un étau.
- «Ma mère! Harry, je dois aller au portail du château ! Tout de suite ! Où est ton balai ?»
Draco se mit à fouiller la pièce frénétiquement, Harry avait un peu de mal à suivre, son cerveau encore choqué de la nouvelle que son mari venait de lui asséner. Mais devant la détresse du blond, il se reprit.
- «Quoi? Draco, qu'est-ce que... On ne peut pas laisser l'enfant seul ici!»
Draco sortit sa baguette et lança un Dormiere vers le garçon.
- « Voilà, il ne se réveillera pas avant plusieurs heures. Harry, ton balai, maintenant!»
Le Griffondor se précipita vers son balai et le tendit à son mari qui avait déjà ouvert la fenêtre. Il eut à peine le temps de le chevaucher qu'ils partaient à toute allure, manquant de peu le chambranle et fonçant dans l'obscurité de la nuit. Dans un automatisme, il sortit sa baguette tant bien que mal et murmura un Lumos, leur donnant un peu plus de visibilité que la seule lumière de la lune ne le faisait, puis s'agrippa à Draco à nouveau. Il ne comprenait rien à ce qui se passait...
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Il était dans son lit quelques minutes avant, tremblant d'angoisse à ce qu'il ressentait à travers le lien. La panique de Draco, tellement tangible qu'elle en était suffocante! Puis tout à coup le vertige et la lumiére, et puis Draco était là. Avec un enfant dans les bras ! Et il n'avait même pas eu le temps de serrer son mari contre lui encore, de ressentir pleinement le soulagement de le voir, ici et vivant. Pas eu le temps d'assimiler l'incroyable histoire que Draco venait de lui raconter, et dont il savait manquait énormément de bouts. Et maintenant ils volaient à toute vitesse vers le portail d'entrée du chateau, et il ne savait pas pourquoi non plus ! Tout cela avait un goût d'irréel. Sauf qu'il tenait Draco dans ses bras, qu'il pouvait sentir l'urgence qui irradiait de lui. Il resserra son emprise, le besoin de contact, de savoir que c'était réel, qu'il était bien là, tellement fort, mais tenta malgré tout de contenir le flot d'émotions qui menaçait de le submerger à le tenir contre lui après tout ce qui venait de se passer. Le temps n'était pas aux retrouvailles encore malheureusement... Il focalisa son attention vers l'entrée, se demandant ce qui pouvait tellement inquiéter Draco. Sa bouche s'ouvrit devant le spectacle qui s'offrit à ses yeux, et le regard ébahi qui rencontra le sien lui indiqua qu'il n'était pas le seul dans ce cas. Il n'eut à nouveau pas le temps de procéder à l'information que déjà Draco avait atterri et courrait vers le portail.
- « Maman! Oh Merlin maman, ça a marché ! J'ai eu tellement peur...» Draco s'arrêta devant les grilles, et prit dans les siennes les mains que sa mère lui tendait, le coeur encore tambourinant dans sa poitrine. Il serra fort les doigts graciles, s'assurant qu'elle était bien là, que son plan avait fonctionné, et se força à reprendre contenance. Tout le monde était sauf, et tout le monde était là, il était temps qu'il calme le jeu maintenant. Il avait pas mal d'explications à donner.
- « J'ai échoué Mére. Je suis tellement désolé... Il voulait que je tue un enfant. Un Moldus, mais un enfant. Et je...»
Sa voix craqua et il baissa les yeux, et sa mère avança davantage encore contre la barrière, ses mains se resserrèrent dans une étreinte rassurante à leur tour.
- « Oh Draco, ne t'excuses pas ! Je suis si fière de toi chéri ! Je n'ai jamais voulu cela pour toi ! Mais comment as-tu... Non.., ne me dis rien...»
Elle posa une main sur sa joue et Draco remonta les yeux vers elle.
- « Je suis contente d'avoir eu ce moment avec toi, Draco. Mais tu dois me renvoyer maintenant. Il va sûrement me faire appeler, et je ne peux pas être absente à ce moment là.»
Les yeux de Draco s'aggrandir, de stupeur et d'effroi.
- « Mère, non. Vous devez rester ! J'ai organisé tout cela avec Tilly pour que vous soyez hors de danger si je venais à échouer ! Il pourrait...»
- « Shh Draco. Il ne me fera rien. Tu vas me jeter un sort d'Oubliette, et Il ne pourra rien voir. Il ne me fera rien Draco, je n'ai aucune importance pour lui. Mais ma place est au près de ton père, chéri.»
Les yeux de Draco s'embuèrent. Il avait tellement espéré...
- « Tu as aussi quelqu'un qui compte plus que ta vie, Draco.» Continua-t-elle en jetant un regard vers Harry, qui se tenait juste quelques pas derrière lui, avant de reprendre contact avec les yeux de son fils. « Sûrement tu peux comprendre... Tu seras en sécurité dans le château. Et je serai mieux à même de veiller sur toi depuis le Manoir...»
Mère et fils gardèrent le contact visuel un instant, les regards chargés de mots. Puis sa mère tourna ses yeux sur Harry.
- «Monsieur Potter.. Je vous confie mon fils, prenez soin de lui, je vous prie.»
Harry s'approcha d'un pas et hocha la tête, ému et n'osant s'immiscer plus dans le moment. Vaguement satisfait aussi de la reconnaissance que venait de faire la mère de Draco de sa place dans la vie de son fils.
- « Tilly.»
La voix de Draco était claire, si ce n'était légèrement tremblante malgré tout. L'elfe avança, les oreilles frémissantes montrant son émoi, mais se dispensant de paroles superflues. Draco lui envoya un léger sourire. Puis il ancra ses yeux dans ceux de sa mère à nouveau, où il pouvait lire tout l'amour et la confiance du monde.
- « Dès que j'aurai jeté le sort d'Oubliette, ramène ma mère dans sa chambre, et disparaît dans l'instant. Ne parle à personne de tout ce qui s'est dit ou passé. Si la vie de ma mère devait être menacée, apparaît avec elle ici même immédiatement...»
- « Oui, Maître Draco,» renifla l'elfe. « Tilly fait comme Maître Draco demande. Tilly protégera Maîtresse.»
Draco lâcha les mains de sa mère, et leva doucement sa baguette. « Oubliette » murmura-t-il, se concentrant sur les derniéres dix minutes. Et sa mère disparut dans un 'pop'.
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Le silence de la nuit qui les engouffra prit une tout autre dimension tout à coup, son poids presque palpable dans l'obscurité que seul son Lumos éclairait encore. Il posa doucement sa main sur le bras de Draco, qui fixait toujours l'espace où sa mère se tenait un instant plus tôt à peine.
- « Qu'est-ce que tu veux faire maintenant, Draco ?»
Le Serpentard sortit de sa trance, et sa posture, son faciès changèrent instantanément. Le masque n'était pas complètement en place, il ne l'était jamais plus quand il se trouvait seul avec Harry, mais il avait certainement réinstallé ses défenses. Harry comprenait bien sûr, Draco s'effondrerait s'il ne pouvait se maintenir derriére ses apparences.
- « Nous allons visiter Dumbledore.»
Harry ne put masquer sa surprise. Les sentiments de Draco à l'égard du proviseur de Poudlard n'étaient, sans euphémisme, pas des plus tendres... Qu'il veuille le voir là maintenant, après ce qui venait juste de se passer, et alors qu'il devait encore se sentir vulnérable...
- « Il nous faut voir pour l'enfant, Harry... C'est la première urgence.»
Le Griffondor rougit de son oubli. Mais il se passait trop de choses trop vite pour qu'il puisse suivre tout ! Et sa préoccupation premiére avait été Draco... Il bredouilla son approbation et partit à la recherche du balai.
Ils repartirent en volant, Harry dirigeant et Draco à l'arrière cette fois-ci. Le fier Serpentard serrant fort son mari dans ses bras, le torse collé contre son dos et la tête nichée contre son épaule...
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Ils arrivaient vers le bureau de Dumbledore, Draco portant l'enfant dans ses bras. Le pauvre petit coeur n'avait même pas bougé un muscle quand il l'avait soulevé du lit... Ils n'avaient que peu parlé sur le chemin, et n'avaient rien échangé d'important. Harry savait que Draco était à bout de force déjà, et ils avaient encore l'entretien avec le Maître de Poudlar à passer. Ce qu'ils savaient tous les deux, allait être une gageure. La gargouille bloquant le passage, ouverte à leur arrivée, le confirma sans peine.
Malgré la fatigue qu'Harry pouvait discerner dans les traits de son mari, encore plus alors qu'ils montaient les marches menant à l'antre du vieux sorcier, celui-ci avait refusé de se séparer de son fardeau, le tenant tout contre lui au contraire. Comme pour s'assurer qu'il était bien là. Le Griffondor n'avait plus douté de la capacité d'amour du Serpentard depuis longtemps déjà, mais il était ému au-delà des mots par le tableau qu'ils formaient. Le blond délicat mais fort; à la beauté onirique, et le chérubin dans ses bras, petit être innocent endormi, le visage lisse et apaisé, comme seuls les enfants pouvaient le faire...
La porte était entre ouverte, ils échangèrent un regard. Ils n'étaient ni l'un ni l'autre prêt à divulguer le lien qui les unissait, il allait falloir jouer serré...
- «Entre Harry, je me doutais de ta visite après avoir senti..» Le Maître de Poudlard s'interrompit en voyant la seconde figure entrer dans son bureau. « M. Malfoy, je dois admettre que je ne m'attendais pas à votre présence ici. Poudlard m'a informé d'un invité au portail, mais personne n'en a passé le seuil autant que je le sache... Et il est impossible que je ne sois pas informé. Prenez place, il me semble que nous ayons beaucoup à discuter...»
Harry et Draco prirent place dans les fauteuils faisant face au bureau, Draco prenant garde d'installer l'enfant confortablement contre lui et Harry rapprochant son siège du sien sans même y penser.
- « Peut-être pouvez-vous commencer par m'expliquer la présence de cet enfant ici ? Et je suis aussi très curieux de savoir comment vous êtes entrés sans que Poudlard en soit informé...» Demanda le professeur de sa voix calme mais ferme. Draco ne se laissa pas intimider cependant, et rencontra les yeux bleu directement.
- « C'est pour cette raison que nous sommes ici, Professeur. L'enfant était le sacrifice que le Seign.. que Vold..emort m'avait assigné pour mon Initiation. Je n'ai pas pu. J'ai réussi à l'extraire du Manoir et nous avons trouvé refuge ici. Mais il est évident que je n'ai aucune connaissance de ce qui doit être fait maintenant, d'où notre présence ici, dans votre bureau.»
Dumbledore pencha la tête sur le côté.
- «Sûrement M. Malfoy, vous ne vous attendez pas à ce que je me contente de si peu... Mais pour l'instant...»
Il appela un elfe et l'envoya chercher Mme Pomfresh ainsi que des rafraîchissements. L'infirmière arriva peu après, le choc de découvrir le jeune enfant dans les bras du Serpentard faisant rapidement place à son efficacité professionnelle. Draco s'enquit des solutions possibles pour son petit protégé. L'orphelinat semblait la seule solution possible pour l'heure, n'ayant aucune information sur son identité ou sa famille. Mais il fut assuré que des recherches seraient faites pour les retrouver. Draco serra les lèvres, puis détacha son collier qu'il passa au cou de l'enfant après avoir ajouté un sort de localisation dessus, et s'assurant qu'il ne pourrait être enlevé. Le collier s'ajusta à la taille du petit garçon et Draco se leva et le tendit à l'infirmière. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour le protéger pour le moment. Il savait qu'il serait bien plus en sécurité dans le monde Moldus, surtout avec Voldemort sur ses traces maintenant. Mais ça lui déchirait le coeur d'imaginer l'enfant se réveillant, seul, avec les souvenirs de la veille, sans personne pour le réconforter ou sachant ce par quoi il était passé. Avant que les adultes ne puissent intervenir, il dirigea sa baguette vers le front de l'enfant, et jeta son deuxième sort d'Oubliette de la soirée, éradiquant les souvenirs traumatisant, et laissant l'empreinte de son image tenant l'enfant contre lui... Les enseignements de son père avaient du bon parfois... Il n'écouta pas les récriminations et remontrances des adultes devant la dangerosité de son geste, mais sortit un mouchoir de sa poche, vert serpentard, l'emblème des Malfoys en monogramme, qu'il plaça dans les bras du garçon, puis caressa une dernière fois son visage.
- « Est-il possible de laisser un mot avec un nom, mais précisant que ce n'est pas son nom de naissance ?»
Mme Pomfrey, qui avait interrompu son discours sur les dangers de jouer avec le cerveau d'un enfant si jeune, Moldu de surcroît, devant le spectacle du Serpentard tellement attentif au petit garçon, opina de la tête. Draco continua.
- « Inscrivez qu'il allait par le nom d'Orion alors. Orion James.» Ajouta-t-il en lançant un regard vers Harry. « Et précisez que nous nous enquerrons de lui dès que notre situation le permettra.»
L'infirmière ouvrit de grands yeux qu'elle reporta sur le Maître de Poudlard. Elle ne savait pas ce qui l'étonnait le plus dans cette soirée. Le désir du Serpentard de prendre soin d'un enfant Moldu.., ou qu'il s'associe à Harry Potter dans ce 'nous' fédérateur... Dumbledore se contenta à son tour d'un opinement de tête et de quelques mots rassurants avant de la diriger vers la cheminée, l'adjurant de faire au plus vite et au mieux. Et le silence prit place avec l'extinction de la cheminée reprenant le chuintement normal d'un feu crépitant.
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Dumbledore se tourna vers les deux jeunes hommes, et ne fut pas surpris de voir que le Griffondor s'était levé à son tour et réconfortait son blond compagnon. Pour la première fois il se demanda qu'elle était exactement la relation entre les deux, et se morigéna de ne pas avoir fait la connexion plus tôt. La cadence de leurs visites à l'alcôve, leur besoin d'intimité, et le développement des pouvoirs d'Harry, sa maturation magique si précoce ne pouvait qu'être dûe à d'intenses émotions... Tout ça aurait dû lui mettre la puce à l'oreille bien avant... Et ça expliquait aussi le revirement du Serpentard... si revirement il y avait... Cela impliquait malheureusement qu'Harry était probablement beaucoup moins objectif quant aux faits et dires de son partenaire.
Il se râcla la gorge et les deux jeunes hommes se séparèrent l'un de l'autre, puis reprirent place dans leur fauteuil. Lui-même retourna dans le sien et prépara le thé qu'un elfe avait déposé plus tôt.
- « Ceci étant fait, et même si je ne puis approuver vos méthodes M. Malfoy, je peux comprendre l'intérêt de votre geste, il nous reste encore quelques événements à revoir ensemble...» Déclara le vieux sorcier en tendant une tasse à chacun. «Il me faut savoir, M. Malfoy» continua-t-il en prenant une gorgée de son thé, « comment vous avez réussi à échapper à Voldermort et ses Mangemorts.., et à passer les protections du Manoir, ainsi que celles de Poudlard. Il en va de la sécurité de tous les élèves ici, je suis sûr que vous comprenez.»
Draco prit quelques gorgées à son tour, semblant réfléchir quelques secondes. Puis redressa les épaules, son regard direct et franc rencontrant celui du professeur sans flancher.
- « Je peux simplement vous dire que Harry est impliqué. Mais ni l'un ni l'autre ne sommes prêts à en divulguer davantage pour l'heure. Je peux garantir par contre, que cela serait impossible à reproduire pour quiconque. Je suppose que la parole de votre protégé devrait suffire à apaiser vos craintes ?»
Le vieux sorcier tourna son regard vers le Griffondor.
- « Harry ?»
Celui-ci hôcha la tête.
- « Je confirme tout ce que Draco vient de dire. Je suis tout aussi responsable dans sa fuite du Manoir et son apparition ici, et oui, cela est absolument impossible à refaire. Draco n'est pas un espion, il a vraiment tourné le dos à Voldemort. Il n'y allait que pour protéger sa mère de toutes façons, mais elle a refusé de se joindre à lui, préférant rester auprès de son mari. Elle a dit que Draco serait en sécurité ici. Elle a demandé à Draco de lui lancer un sort d'Oubliette et de la renvoyer au Manoir, ce que Draco a fait. C'est elle que vous avez sentie au portail.»
Harry en dit plus que Draco ne l'aurait voulu sûrement, mais il savait que Dumbledore serait plus en confiance s'il l'informait de plus qu'il n'en avait demandé. Tout en se gardant bien de lui donner les éléments les plus importants bien sûr.
- «Très bien, Harry, je fais confiance à ton jugement. Et si tu me dis que tu as aidé dans la fuite de M. Malfoy, je suppose que nous pouvons écarter toutes machinations. Mais il me faudrait quand même savoir comment vous avez passé les protections de Poudlard. Il en va de la sécurité de tous Harry, tu dois comprendre ça...»
- «Professeur, je... »
La cheminée s'alluma soudainement et les regards des trois hommes se tournèrent vers elle tandis qu'un nerveux et agité Professeur Rogue en sorti.
- «Albus, il faut prévenir l'Odre, il nous faut chercher Draco Mal... Oh Merlin, Draco !»
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Harry regarda médusé son glacial et haï Maître de Potions traverser la pièce pratiquement en volant, puis serrer à le briser son mari dans ses bras. Draco lui avait dit que Rogue pouvait être tendre et démonstratif, mais Harry n'y avait jamais vraiment cru. Mais à le voir là, il n'y avait aucun doute que son professeur détesté aimait profondément son filleul... Harry déglutit à l'idée, il était encore moins pressé que leur lien ne soit découvert, Rogue allait l'étriper vivant.
- « Draco que s'est-il passé ?» Demanda l'espion en se détachant du blond Serpentard. « Comment as-tu réussi à apparaître hors du Manoir !? Le Seigneur des Ténèbres lui-même a installé des protections supplémentaires ! Ça aurait dû être impossible ! Et comment es-tu arrivé à Poudlard ?!»
- « C'est ce que Harry allait justement expliquer Severus, il semblerait qu'il soit impliqué lui aussi.»
Le Maître de Potions pivota sur place, faisant virevolter sa cape comme lui seul savait le faire, et fit face à Harry qu'il n'avait pas remarqué encore, son attention auparavant entièrement focalisée sur son filleul.
- « Vous !»
Rogue allait partir dans une de ses fameuses diatribes sur le Garçon-Qui-A-Survécu et son arrogance, mais la main de Draco sur son bras l'interrompit avant même qu'il ne commence.
- «Severus.»
Une bataille de regards se fit entre les deux, et finalement Rogue détacha ses yeux de ceux de son filleul et envoya un regard noir à Harry avant de se redresser de toute sa taille, attendant visiblement que l'un des deux répondent à ses questions. Ce fut Draco qui se lança bien sûr.
- « Comme je l'ai dit à Professeur Dumbledore, ni Harry, ni moi ne souhaitons expliquer comment exactement j'ai pu m'échapper du Manoir et arriver ici. Mais nous pouvons vous affirmer que les protections de Poudlard sont toutes aussi infranchissables qu'elles l'ont toujours été. Et qu'il est tout à fait impossible que cela se reproduise, même pour nous.»
Dumbledore le regarda, spéculatif, et apparemment décidé à laisser son professeur de Potions et espion, et parrain et Maître de la Maison du Serpentard, gérer la situation. Draco maintint son regard sur ce dernier.
- « Je suis désolé, Draco, mais cela n'est pas une réponse acceptable.»
Avant que quiconque n'ait pu battre un cil, l'ex-Mangemort avait sorti sa baguette et lancé un Legimens à Harry. Après tout il savait que son filleul était un parfait Occlumens, ce que le Griffondor était loin d'être. Non pas qu'il aurait changé de cible autrement. Mais quelle ne fut pas sa surprise, non seulement de ne rien voir que du vide, mais en plus de se retrouver éjecté quelques secondes à peine après avoir pénétré le cerveau du jeune homme. Il trébucha vers l'arrière sous la force de l'expulsion et vacilla sur ses pieds avant de se remettre d'aplomb. Ses yeux s'agrandirent encore devant la scène qui se jouait devant lui.
Draco s'était rapproché de Harry et le protégeait à demi de son corps, le regard perçant.
- « Je pense que nous avons fini pour ce soir Messieurs...» dit-il avant de prendre Harry par la main et de se diriger vers la porte.
- « Vous êtes mariés.» Bredouilla le Maître de Potions et ils stoppèrent net. « J'ai pu sentir ton aura dans la magie qui m'a repoussée. Potter n'est pas un Occlumens, mais tu l'es, et tu lui as transmis ta capacité. Seul un mariage magique peut permettre ça ! Ce qui explique aussi comment vous avez passé les protections du château. Vous êtes magicalement liés l'un à l'autre. Un Mariage d'Essences.»
