Bonjour, après tant de temps d'absence je suis de retour. Enfin du moins, pour le moment. Laissez moi me justifier. Durant tout cet hyatus,j'ai eu nombre de problèmes à régler. Que ce soit de santé, avec certaines personnes, ma situation personnelle avec mon déménagement et mon travail. Je vous écris également actuellement dans une position assez inconfortable, ayant une côte fêlée suite à quelques graves malaises et des voyages avec nos chers amis les pompiers. Je ne sais pas combien de temps je vais mettre à me soigner, ou même si je vais réussir a me soigner, mais je profite au moins de mes congés pour vous apporter un nouveau chapitre. Je ne suis pas morte (pas encore lol), je pense à vous. J'ai également eu quelques soucis de mémoire, donc je dois avouer que ça devient assez difficile d'écrire. Je dois relire la totalité de mes chapitres à chaque fois que je reprends car je ne me souviens de pas tout ce que je voulais incorporer. Mais ne vous en faites pas, malgré mes amnésies passagères, ma petite santé et mes soucis, je me suis lancée dans ce gros projet et je le finirai, que ça prenne des années ou non. J'ai également quelques autres projets de fanfiction en tête, donc pour ceux qui aiment lire toutes mes fictions, vous allez être gâtés. En dehors de celles déjà postées ici, j'en ai 4 nouvelles en écritures qui ne verront le jour sur ce site que lorsque tous les chapitres seront écrits. Ce sera bien mieux que de vous faire attendre à chaque fois que je me décide à écrire.

Bref, abandonnez toute sorte de calendriers (oui oui tu te reconnais), je n'ai même plus de rythme de sortie. Pardon. (Je m'appelle Bepo.)

Encore et comme toujours, merci de me lire, de laisser des reviews et d'avoir l'immense patience d'attendre mes sorties. Je vous aime. Et pour me faire pardonner, je vous mets un petit morceau de rated M, ce qui est de base le thème de cette fanfiction. Mais pas de qui vous pensiez... surprise surprise.

Edit: je souligne le fait qu'il y a beaucoup de OC dans cette fic, et qu'en tant que dessinatrice, évidemment que je les ai dessiné. Si vous désirez les voir, n'hésitez pas à me le demander, ils sont sur mes réseaux sociaux. Et je suis curieuse de savoir lequel est votre OC préféré.

Autre chose: j'ai trouvé intéressant de mettre en place une petite touche personnelle. Pour chaque chapitre, je vais laisser le titre d'une musique qui ira avec l'ambiance ou le sujet du chapitre en question. C'est plutôt une idée sympa je trouve, ça vous ferait une petite musique de fond et ça vous ferait découvrir de nouveaux sons. (J'ai des goûts très variés.) Libre à vous de les écouter ou non, n'hésitez pas à me dire si vous aimez le concept ou non.

Musique du chapitre: Odesza-Higher ground


Chapitre 23: Introduction à la fille de joie et à la couturière.

Quelque part en mer, flottait calmement un navire au gré des vagues. Enfin, calmement était un bien grand mot. De loin, il avait tout l'air d'un bateau tout à fait normal, mais quand on sortait la longue vue, on se rendait facilement compte qu'il s'agissait en réalité d'un navire malheureusement très bien connu des services de la marine. Dans des tons de couleur rouilles, orné de diverses décorations composées d'épées et toute sorte de références à la torture en tout genre, vous l'aurez deviné: le propriétaire de ce navire était bel et bien la masse de muscles aux cheveux carotte plus connu sous le nom d'Eustass Captain Kid, membre à la plus grosse prime des supernovas, terreur de la pire génération, et ennemi juré de notre cher Chirurgien adoré. Les chiens de faïence ne font pas bon ménage réunis. Mais rapprochons nous un peu plus de ce beau navire imposant, duquel venait également un vacarme à en réveiller les morts, la tête en pique rousse hurlant en levant sa choppe.

-KILLER! RESSERS MOI UNE PINTE!

-Kid, souffla l'homme masqué à la longue tignasse blonde. Tu vas encore finir bourré.

-M'En baTS LES COuilles.

-Bien sûr, et qui va devoir assumer ton gramme de trop dans le sang?

-C'te p'tite sangsue de mes deux qui squatte depuis la dernière île. J'te jure que si elle reste encore après la prochaine, c'est pas seulement de moi qu'elle va prendre cher, mais de vous tous.

Le blond aux lames accrochées à la ceinture soupira d'exaspération.

-Non merci. Passer après toi c'est pas mon truc. Garde la.

-Ah ouais, ricana le roux. C'est vrai que ton penchant chelou c'est de les traumatiser avant de me les donner toi.

-Comme ça elles sont déjà mortes à l'intérieur et ont pas à subir tes pratiques douteuses.

-Sont pas douteuses mes pratiques, qu'est-ce tu dis. Un p'tit coup dans le petit de temps en temps ça fait pas de mal.

-... Tais toi Kidd. Je supporte beaucoup de choses, mais pas tes exploits sexuels. Garde les pour toi.

-Roh. T'es nul. Ressers moi.

Le blond soupira en le resservant malgré lui. Killer, lui aussi membre de la pire génération et second du capitaine roux, avait toujours été proche de ce dernier. Il répondait toujours présent pour parler stratégie, calmer les petits nerfs de son capitaine, le raisonner, et même plaisanter. Mais il refusait d'entendre parler de ce qu'il faisait de son membre masculin ni d'où il le fourrait. Killer était tolérant, mais pas trop. C'était comme parler d'un homme qui baisait sa mère, ou autre connerie du genre. C'était un sujet de conversation... bizarre. Tout de même, il se demandait bien où était passée la sangsue en question. Encore enfermée dans les soutes? Tout de même pas, son capitaine aimait l'enfermer qu'après l'avoir butiné, chose qui n'avait pas encore été faite aujourd'hui.

-Vas la chercher, grogna le capitaine en question.

-Pourquoi?

-Elle est plus docile quand elle boit. Après elle ferme sa gueule et se laisse faire au lieu de jouer aux Amazones là.

-Pas besoin.

Les deux tournèrent la tête vers la voix féminine assez grave et autoritaire qui venait de la porte d'entrée. Appuyée contre l'encadrement, la jeune femme croisa les bras en les fixant. Les yeux d'un bleu aussi profond que l'océan, la peau aussi pâle que celle d'un nouveau né, elle avait de longs cheveux mauves qui lui tombaient sur les cuisses, le front couvert d'une frange désordonnée. Sous son œil droit, se trouvait une étrange marque grise en forme de cercle. Elle était vêtue de vêtements relativement légers. Elle portait une simple chemise blanche aux manches déchirées, ouverte sur la presque totalité de sa poitrine des plus imposantes, rentrée dans un mini short bleu ciel lui aussi déchiré, avec de simples bottines bleues elles aussi, laissant ses jambes complètement nues. Un seul mouvement et tout sortait, c'était la première chose que les hommes remarquèrent en la rencontrant. Elle releva la main, observant sa vielle mitaine en jean usée.

-Je pensais avoir été claire mais t'étais visiblement bourré quand on a parlé. Vu que t'es bourré tout le temps de toutes façons...

-Ta gueule pétasse, cracha le roux en claquant sa choppe sur le sol en bois du pont extérieur. T'as d'la chance d'être bonne.

-Viens en privé si tu veux que je ferme ma gueule.

Le roux en question souffla bruyamment du nez, se relevant lentement avant de venir se planter devant elle, la menaçant de sa taille, son ombre faisant trois fois la sienne.

-Tu viens chercher ta croquette comme une bonne petite chienne?

La jeune femme releva un regard provocateur et froid sur lui, son air étant naturellement dur.

-C'est toi qui remue la queue dès que tu me vois pourtant.

Le capitaine ne se fit pas prier, la tirant brusquement à l'intérieur, pouvant entendre un vague "ne la tue pas" las de son second, partant ensuite directement vers sa cabine. Ni une ni deux, il ne tarda pas pour la jeter à l'intérieur, refermant la porte derrière eux tout en débouclant sa ceinture.

-J'crois que j'ai été assez gentil jusqu'à présent.

-Gentil?

Elle ricana, s'asseyant sur le bord du lit en retirant déjà ses chaussures.

-C'est plutôt moi qui ai été assez gentille. Les services gratuits c'est pas tous les jours normalement.

-Ferme ta gueule. Désape toi et allonge toi.

-Tu as dû oublier une certaine partie de notre marché, dit-elle en retirant ses vêtements sans attendre.

Elle n'eut pas le temps de comprendre, comme à leur "habitude", se retrouvant immédiatement coincée sous l'homme imposant qui se frottait déjà contre elle, empestant par la même occasion l'alcool.

-Quelle part du marché? Demanda-t-il en grognant a son oreille.

-Hm... Et bien...

Elle passa une main dans son dos, allant la perdre sur ses reins déjà nus aussi en le sentant jouer avec la peau de son cou.

-Je t'avais dit que si tu m'aidais à la retrouver, je te laisserai jouer avec.

-Qu'est-ce que j'm'en branle de ta sœur. J'me tape déjà la pute de service, je vais pas en plus faire un prix familial.

-T'as tord de dire ça, dit-elle en constatant de sa main baladeuse que l'homme était déjà bien présent. Monsieur je bande pour pas grand chose.

-J'suis bourré, et tu me branle la putain de ta race. Ça fait son effet.

-Oh peuchère.

-Je m'en fous de ta sœur. Suce moi.

La jeune femme soupira, le repoussant contre le lit en prenant le dessus. S'étirant au dessus de lui, elle en profita pour le stimuler davantage en lui laissant le loisir de sentir leur deux intimités l'une contre l'autre, narquoise, sachant que ce qu'elle allait dire allait définitivement l'allumer.

-Elle est tellement innocente... Une jeune femme fraîche et encore entière...

Elle se pencha, venant coller tout son corps au sien, chuchotant à son oreille en le sentant passer ses mains dans son dos, retenant son souffle.

-Ça te fait réagir ce que je dis? Pourtant j'ai pas finit...

-Alors continue.

-Et bien... c'est le genre de femme qui est facilement effrayée... une petite caresse mal placée et elle tremble comme une feuille. Elle serait le traumatisme à l'état pur, la représentation de la peur de l'homme. Ça te plairait tellement de lui faire du mal. C'est ce que tu aimes, faire mal, traumatiser, détruire.

Le roux se tendit de tout ses muscles. Seigneur, qu'est-ce que cette femme avait raison. Rien que la simple idée de traumatiser cette petite chose lui donnait des frissons. Et la fille de joie était assez convaincante. Seulement, une question lui venait à l'esprit.

-Tu me laisserais jouer avec ta sœur?

-Elle n'a aucune importance pour moi. Elle n'est qu'une erreur et en plus, elle est pas très belle. Elle n'a rien pour elle. Fais en ta chose.

Il resta un instant silencieux, souriant ensuite brusquement de son air célèbre glauque et taré à la foi, la relevant aisément pour la forcer à aller s'occuper de ce qui le qualifiait d'homme.

-Sorcière sans cœur.

-C'est ce qui t'a motivé à m'accepter, non? Demanda-t-elle sans lui laisser le temps de répondre.

Effectivement, il fut tout à coup plus préoccupé par les vagues de plaisir qui lui traversaient les membres, un en particulier, glissant sa main dans ses cheveux en tirant dessus, la forçant à aller plus loin dans ses mouvements. Serrant les dents, il réussit à souffler quelques mots, sachant qu'il n'aurait aucune réponse vu ce qu'il faisait de sa gorge.

-J'vais vous niquer toutes les deux.

Ailleurs, en mer, la jeune femme souffla, ayant réussit à passer le reste du voyage sans subir de tentative d'attouchement de la part du Chirurgien de la Mort. Enfin, elle était tout de même choquée de la contenance de ce dernier: habituellement, il n'aurait pas hésité à profiter de n'importe quelle occasion pour lui mettre la main aux fesses, ou plus si affinités. Peut-être était-il bloqué par ce qu'il s'était passé quelques nuits plus tôt avant qu'il n'ait à l'assommer pour qu'elle se calme.

-Hey.

Elle sursauta, se tournant vers le Chirurgien en question qui venait de lui parler, relevant la tête.

-On va arriver. Tu peux sortir sur le pont. C'est plutôt sympa à voir.

"On a émergé?"

-Oui.

"Oh, c'est pour ça que je n'entends plus Bepo râler."

-Ouais. Doux silence à mes oreilles.

La jeune femme sourit légèrement à défaut de pouvoir ricaner, chose que le médecin ne manqua pas de remarquer. La voir sourire était si rare, il n'allait pas s'en priver. Il soupira, voyant cette dernière trottiner vers la grande porte métallique blindée qui faisait office d'entrée, grimpant sur le pont extérieur du navire. Elle se précipita dehors, observant ensuite devant elle, fronçant tout de même les sourcils en ne voyant qu'un large nuage de brouillard. Elle releva la tête, tendant un papier à l'ébène qui venait de la rejoindre.

"C'est ça le truc sympa à voir?"

-Mais non idiote, dit-il en levant les yeux au ciel. Regarde mieux.

La tête mauve refixa le nuage de brume, perplexe, plissant tout de même les yeux pour tenter de voir quelque chose, finissant par distinguer ce qui semblait être les formes de bâtiments et constructions aux allures asiatiques. Au plus le navire se rapprochait, au plus elle pouvait voir de nouvelles formes et couleurs. Au loin, il lui semblait distinguer le rose des feuilles de cerisiers en fleurs, accompagnés du vert de quelques tiges de bambous à leurs côtés.

"C'est quoi cette île? J'en ai jamais vu de ce genre."

-D'après ma carte et mes livres, cette île est répertoriée comme étant une île touristique et prisée pour ses sources chaudes. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais on ne va pas tarder à le découvrir.

"Des sources chaudes?"

-Tu ne sais pas ce que c'est? Ah oui, tu n'en as sûrement jamais vu. Ce sont des sources naturelles aux propriétés curatives pour le corps et l'esprit. Mais elles sont très chaudes, donc y rester trop longtemps peut te ramollir aussi.

La jeune femme resta un instant perplexe, relevant ensuite le regard sur les cerisiers en fleur qui se faisaient de plus en plus visibles. Quelques instants plus tard, le navire s'amarra au petit ponton de bois qui faisait visiblement office de port de l'île, leur laissant le loisir d'observer plus en détails les environs, posant pieds à terre devant une forêt de bambous. La muette observa les bâtons verts qui s'étendaient devant elle à foison, touchant prudemment l'une de leurs feuilles sous l'œil protecteur du Capitaine avant de tendre un papier à ce dernier.

"Qu'est-ce que c'est?"

-Du bambou. On est dans une bambouseraie.

"Du bambou? J'en ai jamais vu."

-Cette île à l'air d'être typiquement asiatique. Tu vas en voir pas mal des nouvelles choses.

La jeune femme releva la tête, observant la bambouseraie, intriguée.

"Et comment on va en ville?"

-En ville? Je ne sais pas vraiment si cette île en a une, mais on va aller voir. Il y a un chemin qui traverse la forêt de bambous, t'inquiète pas. Viens, suis moi.

-OH! ATTENDEZ!

Le Chirurgien de la Mort se crispa brusquement. Bordel, il l'avait oublié celui là. Il lâcha sa mauve du regard pour tourner ce dernier blasé sur le dreadeux qui descendait du navire pour les rejoindre. Il s'approcha prestement du brun, fixant ce dernier en plissant les yeux, suspicieux.

-Vous alliez y aller sans moi.

-C'était le but de ne pas te prévenir, oui, grogna le Capitaine. Mais je ne sais pas ce qui est le mieux. Que tu reste tout seul sur mon navire ou que tu viennes nous péter la découverte de l'île.

-Oh, tu voulais un rendez-vous galant avec la belle?

-Je veux que tu décampe de mon navire, nuance. Espèce de parasite.

Le gris sourit, ne manquant pas de tacler le Chirurgien à toutes les occasions qui se présentaient à lui.

-Frustré.

-Dommage pour toi, mais contrairement à toi, la main qui se retrouve sur mes parties intimes n'est jamais ma propre main. C'est con.

-Quoi? cracha le dreadeux en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que tu viens de dire?

Le brun ricana, satisfait de sa réaction.

-Faut arrêter un peu, ça rend sourd. Et avoir un bras plus musclé que l'autre, c'est moche.

Il tourna les talons, allant passer un bras sur les épaules de sa muette complètement larguée comme à son habitude, laissant un gris furibond derrière eux. La jeune femme resta perplexe, n'ayant rien suivit de la conversation.

"Pourquoi il est sourd?"

-Pour rien, soupira le Capitaine, à présent habitué à son éternelle innocence malgré les événements. T'occupes pas de ça. Allons-y.

La mauve fit d'abord la moue, décidant ensuite de ne pas insister. Connaissant le Chirurgien, elle aurait sûrement regretté d'avoir absolument voulu savoir. Elle finit par hausser les épaules, jetant tout de même un coup d'œil derrière elle pour s'assurer que l'autre énergumène ne restait pas tout seul comme un con sous sa colère inexpliquée, prenant ensuite la route avec le brun qui s'affalait sur elle comme si de rien était. Maintenant qu'elle y pensait, il était de plus en plus tactile avec elle et prenait beaucoup ses aises. Et elle ne savait pas si elle appréciait ou non. Enfin, elle ne détestait pas non plus. Au moins, elle se sentait en sécurité sous son aile. Elle secoua discrètement la tête, regardant autour d'elle pour éviter de laisser ses pensées divaguer de trop sur le protecteur en question. S'enfonçant sur le petit chemin de pierres et de sable blanc, elle fixa son regard sur les feuilles qui défilaient devant eux, essayant d'ignorer le bras du médecin sur elle. Elle fixa plus précisément leur couleur vert pomme, leur mouvement de vague causé par la légère brise qui parcourait l'île, les gouttes d'eau fines et cristallisées qui en tombait, le tout surélevé d'une douce odeur de fraîcheur du matin de brume et de végétation. Elle ferma ensuite les yeux pour se concentrer, voulant cibler ses sens sur ce qu'elle pouvait entendre, souriant ensuite doucement en entendant les gazouillis de quelques petits oiseaux qui passaient par là.

-Tu m'as l'air bien apaisée.

La jeune femme rouvrit les yeux au son de la voix du Capitaine, voyant ce dernier la fixer en attente d'une réponse.

"C'est si rare, mais je me sens bien. J'aime cette atmosphère, cette odeur, c'est... relaxant."

Le brun la fixa encore un instant avant de relever la tête, se concentrant à nouveau sur où il mettait les pieds. Il ne se rendait toujours compte des choses la concernant que lorsqu'elle les mentionnait elle même. Il était vrai que c'était une chose rare qu'elle se sente bien dans sa peau. Il n'avait jamais vraiment pensé à comment elle devait se sentir avec le handicap de ne plus être capable d'émettre un quelconque son. Peut-être devait-il commencer à prendre ce genre de chose en compte, il ne savait plus quoi penser. Mais il savait qu'il voulait voir ce sourire apaisant plus souvent. Il devait arrêter de se voiler la face, cette femme ne le laissait pas indifférent, sentimentalement parlant. La misère attirait sûrement la misère après tout. Deux cœurs meurtris avaient peut-être la possibilité de se soigner mutuellement. Mais seul le temps allait pouvoir répondre à ses interrogations personnelles, et il allait devoir être patient: il avait sa petite idée de ce qu'il se passait dans sa tête, mais il n'aimait pas cette dite idée. Seulement, l'inévitable ne pouvait être contourné, alors autant faire des efforts et s'avouer vaincu plutôt que de joue les têtes de mule. Lui, le célèbre et terrible Chirurgien de la Mort était possiblement entiché d'elle, et il craignait que cela ne lui porte préjudice.

-Alors je vais te faire découvrir les bienfaits du calme de ce genre d'île.

La jeune femme fixa son regard sur lui avant de sourire davantage.

"Fais moi découvrir des choses alors."

Le médecin dû mettre toutes les forces du monde à ne pas retourner le contexte de cette phrase de façon sexuelle, se faisant violence pour ranger ses envies primates dans sa poche. Il avait beau commencer à devenir fleur bleue à en vomir, il restait tout de même un homme avec des besoins non assouvis depuis trop longtemps à son goût, et ce n'était pas l'envie de se la faire entre deux bâtons de bambous qui lui manquait. Mais il devait prendre son mal en patience, elle sera bientôt prête à se donner à lui et il le savait. Ses signes de consentement durant ses dernières tentatives ne trompaient pas: elle avait foutrement envie de lui mais se caguait littéralement dessus, comme on aime le dire dans le jargon d'aujourd'hui. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, toute femme a peur de sa première fois.

La jeune muette referma les yeux après un petit moment de marche, se prenant brusquement une rafale de nouveaux parfums dans les narines: respirant à pleins poumons, elle savourait avec délectation la forte odeur fleurie qui s'offrait à elle, la forçant à rouvrir les yeux pour en déterminer quelle en était la provenance. Elle découvrit avec admiration la provenance en particulier: des cerisiers en fleur par centaines. A leur droite, à leur gauche, devant eux, tout le paysage était rempli de pétales roses virevoltantes et de jardins de sable et de pierres formant une balade vers un bâtiment plus loin qui semblait être englouti de vapeur à l'arrière, devant une grande et large montagne. Le seul reste des bambous était la sortie de la forêt vert pomme de laquelle ils venaient. Bouche bée, les yeux remplis de surprise et d'étoile, elle se surpris à tendre la main pour attraper l'une des pétales flottantes pour en découvrir la texture. Douce et voluptueuse, elle était semblable à la peau d'un nouveau né.

"C'est si beau..."

-Tu n'as pas tout vu encore. Ce n'est pas le meilleur.

"Tu vas souvent sur ce genre d'île?"

-Non, rarement. Mais les souvenirs en restent encrés dans ta tête et dans ta peau.

"Ma peau? Pourquoi?"

-Tu verras plus tard. Viens.

La jeune femme resta perplexe, décidant tout de même de le suivre sans poser davantage de questions. Elle se concentra sur les bruits que faisaient ses pas sur le chemins de petits graviers blancs qui les mena directement à l'entrée d'une grande bâtisse aux airs asiatiques. Elle releva la tête, observant chaque détails du logis. Cachée derrière quelques cerisiers en fleurs, la façade aux airs traditionnels était ornée de dragons japonais sculptés dans le bois, encadrant les nombreuses fenêtres en papier visiblement fragiles. Le sol était décoré d'un jardin de pierres et de sable couleur marbre, quelques petites fontaines en forme de poisson disposées ça et là. Un peu plus loin, un nouveau petit chemin menait à un bassin rempli de carpes de toutes couleurs qui nageaient lentement. Quelques nénuphars flottaient calmement à la surface de l'eau, accompagnés de fleurs de lotus aux pétales roses. De temps à autre, les bouches épaisses des bêtes se montraient, essayant d'attraper des restes de nourriture à la surface.

-Ah, elles ont faim.

Le Chirurgien manqua de sursauter, se contenant tout de même. Quel abruti. Ce fut les premiers mots qu'il pensa quand à son manque d'attention. Trop captivé par son observation du décor, il n'avait pas fait attention aux bruits de pas derrière eux. Il souffla, finissant par se retourner en rythme avec la mauve et le gris vers la voix féminine qui avait résonné dans l'air. Le choc et l'étonnement fut commun pour nos trois énergumènes. Mais le plus atteint fut notre cher dreadeux. Seigneur, qu'est-ce qu'elle était belle. Devant eux, se trouvait une jeune femme des plus originales, en total désaccord avec le thème de l'île. Le visage rond, l'expression malicieuse et les yeux verrons, son regard bleu et doré était soutenu de deux tâches rouges sous chaque œil, encadré de longs cheveux des plus étonnants. Les racines vertes, elle portait une frange épaisse et des queues de cheval bouffies en pique, partant sur de longues mèches multicolores. Si longues qu'elles en touchaient le sol. Chacun de ses mouvements de tête se faisait entendre par le bruit des clochettes qui tenaient ses touffes attachées. Elle était vêtue d'une robe courte noire à poids bleus, jaunes et rouges. Elle ne portait une chaussette montante bleue et rose que sur une seule de ses jambes, finissant par des chaussures ailées, son autre mollet décoré d'un large tissage. Le médecin leva un sourcil, perplexe.

-C'est le carnaval?

-Euh... Non, dit la jeune femme aux cheveux multicolores, elle aussi perplexe.

Elle s'avança vers eux, levant la petite boite qu'elle tenait, souriante, pas touchée le moins du monde par la remarque du brun.

-Je viens nourrir les carpes.

Le gris resta silencieux, l'observant aller s'asseoir au bord du bassin, glissant doucement ses doigts dans l'eau. Sous les yeux émerveillés de la muette, les poissons se rassemblèrent sous ses doigts à la recherche de flocons de nourriture qu'elle saupoudrait à la surface. Elle fixa ensuite les animaux un moment avant de relever le regard sur le petit groupe.

-Je ne vous ai jamais vu avant sur l'île. Vous êtes en voyage?

Le brun leva un sourcil.

-Tu ne sais pas qui je suis?

-Euh... Non?

-Tu ne lis pas les journaux?

-On est assez coupés du monde ici. Pour éviter la peur et l'anarchie sur l'île on préfère éviter de se tenir au courant des nouvelles.

Le médecin soupira. En y pensant, si il voulait faire connaitre le calme et les bienfaits de ce genre d'endroit à la muette, ce n'était peut-être pas plus mal qu'il ne soit pas connu ici.

-Je vois.

-Vous allez séjourner à l'Onsen?

-Oui, c'est prévu.

-Suivez-moi alors. Je vais vous faire entrer.

Elle se releva, reprenant ensuite le chemin de pierres avec la petite troupe, les menant ensuite vers l'entrée. Elle entra, s'arrêtant ensuite devant une petite marche, de nombreux casiers présents de chaque côtés du hall. Elle en sortit quelques paires de chaussons blancs avant de les poser devant eux, en enfilant elle même une paire.

-Je vais vous demander d'enlever vos chaussures. Vous pouvez les laisser dans les casiers, ne vous en faites pas.

Le Chirurgien s'exécuta sans discuter, connaissant déjà le respect du sol, rapidement imité par les deux autres avant de ranger leurs souliers respectifs dans des casiers. Si le grand gourou faisant sans poser de questions, alors ils n'avaient pas à s'inquiéter. Ils relevèrent ensuite la tête, entendant une voix nouvelle venir de l'intérieur.

-Mince... Je suis encore coincée...

Le petit groupe fut surpris de découvrir devant eux une femme assez âgée en fauteuil roulant, ce dernier coincé dans une planche branlante du sol. Le dreadeux n'attendit pas et, ni une ni deux, il se précipita à son secours, soulevant le siège sans soucis pour la débloquer sous les yeux incrédules de la multicolore. La montagne de muscles s'accroupit ensuite, observant la planche.

-Il faut juste la reclouer. Je peux vous le faire facilement.

La vieille femme secoua doucement ses mains devant elle, gênée et reconnaissante à la foi, souriant en même temps.

-Oh non mon garçon, allons, ce n'est pas à un client de réparer les dégâts de l'âge. Merci beaucoup de ton aide.

-C'est rien. Vous allez bien? demanda-t-il, visiblement réellement inquiet.

-Oui, tout va bien.

La multicolore en profita pour s'approcher, s'apprêtant à parler avant d'être coupée par le gris.

-Trouve moi un marteau et un clou. Enfin. Je veux dire. Steuplait.

La jeune femme resta un instant silencieuse avant de soupirer, souriante.

-D'accord.

Elle partit un moment, ignorant les protestations de la vieille, revenant ensuite avec le matériel demandé, laissant par conséquent l'homme travailler. D'un coup de marteau, il refixa la planche avant de se relever sous le regard gratifiant de l'handicapée.

-Merci mon garçon. Tu m'enlève une belle épine du pied.

-Ne me remerciez p...

-Merci, le coupa la multicolore.

Il resta bête, ne comprenant pas pourquoi elle le remerciait aussi. Comprenant son air perplexe, elle alla passer ses bras autour du cou de la plus âgée.

-C'est la propriétaire de l'Onsen. Et elle est ma mère. Merci.

Le gris resta un instant silencieux avant de détourner la tête.

-C'est rien. Mais de rien.

La petite vielle sourit devant la scène, décidant ensuite de rouler son fauteuil jusqu'au petit comptoir qui servait d'accueil. Le petit groupe suivit, sauf le géant gris qui fut retenu de justesse par la jeune femme arc-en-ciel. Cette dernière le fit attendre un peu sous son regard perplexe, voulant le garder encore un moment à l'écart.

-Qu'est-ce qu'il y a? Demanda-t-il en la voyant tête baissée.

-Je... hésita-t-elle, gênée.

Elle souffla un bon coup, n'osant tout de même pas lever la tête face à leur différence de taille.

-C'est la première fois qu'on aide volontairement ma mère.

-Comment ça?

-D'habitude je dois toujours demander de l'aide. Mais là non. Vous avez aidé de vous même sans qu'on ai le temps de comprendre.

Le dreadeux la fixa un instant avant de soupirer.

-Relève la tête.

-Hein?

-R'lève la tête j'te dis.

L'arc-en-ciel releva la tête pour le fixer.

-Je...

-Je vais t'expliquer pourquoi les gens n'aident pas d'eux même. Dans la vie, apparemment il ne faut pas regarder ou traiter différemment les personnes à mobilité réduite. Sauf que moi, j'ai été éduqué dans un endroit où il faut s'entraider pour survivre. C'est juste... Naturel chez moi.

La jeune femme le fixa timidement, presque intimidée par tant de gentillesse et de savoir vivre, sentant le feu lui monter aux joues.

-Vous êtes quelqu'un de très humain.

-Non, dit-il en haussant les épaules. Juste normal.

Il soupira, se dirigeant ensuite vers les deux autres originalement protagonistes de cette histoire.

-Je dois les rejoindre. Ce foutu médecin de mes couilles serait bien capable de m'abandonner ici.

-Oh, oui, pardon. Profitez bien de votre séjour chez nous.

-Oh ça oui, dit-il en affichant un sourire en coin rien qu'à la pensée du corps de cette femme, obsédé qu'il était.

Il s'arrêta ensuite de marcher, se retournant pour planter ses yeux roses dans les siens.

-Au fait. Arrête de me vouvoyer. J'ai peut-être les cheveux gris mais c'est pas pour autant que je suis vieux.

La jeune femme ricana légèrement, souriant ensuite.

-D'accord, pardon.

-Allez, à plus tard crevette.

-... Crevette?

-Oui. Crevette. Mini pousse.

-... Je m'appelle Momo. Vas avec tes amis.

Le géant soupira en repartant vers son petit groupe de joyeux cancrelats.

-Amis d'mon cul.

Une fois les réservations faites et les papiers réglés, le Capitaine se doutait que la chose la chose la plus compliquée à présent allait de faire porter à la muette la tenue réglementaire. Une petite voix dans sa tête lui disait qu'elle n'allait pas être partante à l'idée d'être complètement nue sous un bout de tissus, surtout en partageant la même pièce. Et oui: pas question pour le Chirurgien de la laisser seule. Qui sait quel abruti à dreadlocks aurait pu rentrer dans sa chambre même si il semblait avoir changé de proie. Enfin, elle n'avait pas l'air dérangée à l'idée de partager son espace. Elle partageait déjà ses nuits avec lui, elle s'était à présent faite à l'idée, ainsi qu'aux éventualités. Ils suivirent silencieusement la jeune femme vêtue d'un yukata chargée de leur montrer leurs chambres respectives, commençant ensuite son discours habituel dédié aux clients en leur ouvrant respectueusement les portes, les deux chambres se trouvant face à face.

-Voici vos appartements. Les bains sont dans l'aile droite, et la restauration dans la gauche. Vous vous trouvez actuellement dans la centrale qui donne sur le jardin. Ne vous en faites pas, tout est indiqué dans les couloirs. Dans vos chambres vous trouverez toutes les commodités nécessaires au sommeil et aux bains. Vous pouvez également demander à ce que votre restauration vous soit apportée ici. Vous trouverez également vos yukatas respectifs et...

Elle se coupa un instant en observant la carrure du géant gris avant de partir prestement.

-Je vais aller chercher mademoiselle Momo directement.

-Crevette? questionna le géant en question, clignant des yeux, n'obtenant malgré ça aucune réponse.

Le médecin soupira, plantant le gris pour pousser doucement la jeune muette dans leurs appartements, fermant la porte derrière eux.

-Viens.

La jeune femme resta bête, observant autour d'elle. Avançant dans leur washitsu, hésitante, elle observa d'abord les tatamis sous ses pieds, s'imaginant être trop lourde, à la limite de les abîmer, ignorant qu'ils étaient justement conçus pour supporter le poids de n'importe qui. Elle inspecta d'abord la première pièce, étant la principale qu'elle devinait être celle de vie. Chacun des murs étaient décorés de diverses œuvres d'art sûrement réalisées à l'encre de chine, avec quelques plantes posées ça et là aux quatre coins de la pièce. Au centre, se trouvait une table assez basse avec ce qui lui semblait être une couverture accrochée tout autour. Autour de cette table, se trouvaient quelques coussins blancs dispersés au sol en guise de sièges. Quelques meubles décoratifs étaient posés dans divers endroits de la pièce comme pour les plantes, à l'exception de devant la grande porte coulissante qui menait à la pièce à dormir. Elle traversa la pièce maîtresse pour aller dans la chambre à coucher, Chirurgien sur les talons, découvrant ensembles un seul grand futon déjà préparé au sol, parfaitement bien lissé, mélangeant une bonne odeur de lessive à l'odeur naturelle de fleurs qui flottait dans tout l'onsen. La jeune femme rougit légèrement en observant l'apprêt, sachant déjà ce que le brun allait sûrement essayer de lui faire dans ces bouts de tissus. Sacredieu, elle allait finir par y prendre à goût à ce train là. Cela devenait à la limite du perturbant lorsqu'il ne tentait pas de frotter ses attributs contre elle.

Elle secoua la tête pour se reprendre: si c'était elle qui commençait à y penser la première, elle n'allait plus s'en sortir. Elle tourna son regard sur le médecin qui, lui, alla inspecter la dernière petite pièce. Une salle de bain. Même si il y avait les sources à disposition, ils avaient quand même eu l'intelligence de mettre des salles d'eau dans les chambres, intimité oblige. Il soupira. Maintenant, venait l'épreuve à passer: réussir à lui faire porter le yukata. Il retourna dans la pièce de vie, se dirigeant vers la petite table basse sur laquelle étaient posés leurs tenues, repassées et pliées. Il était facile de reconnaître laquelle était pour l'homme, et laquelle était pour la femme. L'un était noir à motif de feuilles d'érable dorées et l'autre rose pâle décoré de fleurs de cerisier couleur pêche. Il prit le bout de tissus rose et le tendit à la jeune femme perplexe, carnet et stylo déjà en main.

-Mets ça, dit-il en le dépliant sous le regard encore plus perdu de la muette.

"Pourquoi?"

-C'est comme ça. Discute pas.

"Et comment on met ça?"

-Je vais t'expliquer. Y'a juste un... détail.

"... Quoi."

-A poils.

La mauve leva les yeux au ciel: ça commençait déjà.

"Commence pas."

-Non, vraiment. Pour autant que je le veux, pour une fois c'est pas mes envies.

"Je ne comprends pas."

-Ça se porte à poils. Tu vas être nue en dessous.

"... Hors de question."

-J'en étais sûr.

"Pourquoi t'as essayé alors si tu savais déjà?"

-Qui ne tente rien, n'a rien. Sauf que t'as pas le choix.

"Je veux pas."

-Tu vas te sentir bien après, tu verras. Plus... légère?

"C'est quoi cette raison de merde?"

-Tu prends de la graine avec moi jeune fille. J'ai pas le souvenir de t'y avoir autorisé.

"J'ai pas besoin d'autorisation."

-Vas te changer avant que je te prive de ton carnet et que je ne comble ta bouche avec autre chose.

La jeune femme fit la moue et ne souleva pas sa remarque douteuse, finissant par prendre la tenue. Elle devait s'avouer vaincue, elle savait que lui tenir tête était peine perdue et qu'il allait insister jusqu'à sa victoire. Elle repartit dans la chambre, traînant le pied, n'ayant pas spécialement envie de sentir le vent lui caresser sa féminité. Hélas, les ordres de monsieur étaient imparables. Il était comme un enfant pourrit gâté. Si il avait décidé que, il n'y avait plus rien à faire, elle ne le savait que trop bien.

Le Chirurgien soupira, en profitant pour enfiler le sien sans difficulté, le fait de l'avoir déjà fait auparavant l'aidant assez sur ce point. Il attendit ensuite un long moment, constatant au final qu'elle ne revenait pas. Plusieurs explications s'opposaient à lui. Soit elle s'était perdue dans les manches du yukata, soit elle était vraiment idiote au point de ne pas savoir mettre ce qui se rapportait le plus à un peignoir. Ou alors, dans les plus folles de ses idées extrêmes, elle avait prit la fuite en creusant un trou dans le tatami telle une taupe des îles sauvages qui sentait la menace arriver. Il n'avait pas d'autres choix que d'aller vérifier, au risque de la retrouver dénudée. En fait non, se dit-il. Ce n'était pas un risque, mais plutôt une belle opportunité de finalement se rincer l'œil sur la totalité de son corps. Il alla sans attendre dans la pièce de la recluse, la trouvant malheureusement pour lui déjà dans le yukata, étant tout de même en guerre avec la ceinture tout en essayant de garder le vêtement en place.

-Mais qu'est-ce que tu fous?

La jeune muette releva un regard perdu sur lui, affichant une moue qui réclamait de l'aide. Il leva les yeux au ciel, se rapprochant d'elle.

-Laisse moi faire.

Il vint prendre les deux bouts de la ceinture, la laissant tenir les pans du yukata ensembles, passant ensuite doucement ses mains autour de ses côtes en allant dans son dos. Il serra doucement la ceinture, sentant qu'elle frissonnait sous chacun de ses gestes. Il sourit, prenant bien soin d'être le plus lent possible, narquois, avant de finalement arracher ses mains d'elle.

-T'as comprit?

La jeune femme hocha la tête.

-Comment tu te sens?

Elle rougit légèrement en sentant le regard de l'homme sur elle, se concentrant tout de même sur son propre ressentit. Le tissus était relativement léger, ce qui le rendait assez confortable malgré le fait qu'elle n'aimait pas la sensation des courants d'air passer entre ses cuisses. Elle s'approcha comme elle pouvait, n'étant pas habituée aux vêtements aussi longs ce qui se confirma lorsqu'elle partit en avant, manquant de se vautrer lamentablement, sauvée de justesse par l'ébène qui la rattrapa habilement contre lui.

-Il est trop long pour toi, ça va poser problème. T'es trop petite.

La jeune femme fit la moue une nouvelle fois, se redressant ensuite en se tenant à ses bras, pouvant constater par la même occasion que le sien n'était pas vraiment à sa taille non plus, ses muscles étant visiblement compressés.

"Le tien est plutôt serré."

-Je sais, dit-il en soupirant. Si c'est serré pour moi, j'imagine pas pour l'autre crétin. Il a une carrure digne d'Eustass Kid.

La muette fit à nouveau la moue en entendant la mention de ce nom. Durant leur temps libre, il lui avait annoncé ne pas particulièrement apprécier cette tête couleur carotte. A vrai dire, ils ne se supportaient pas du tout. Les deux étaient comme chien et chat. Elle fut sortie de ses pensées par de légers coups à leur porte coulissante. Le médecin releva la tête à son tour, finissant par la lâcher en soupirant avant d'aller ouvrir, découvrant avec surprise la jeune femme multicolore dénommée crevette qui les avait accueillit plus tôt. Cette dernière le fixa sans attendre, observant en particulier les coutures de son yukata un moment, plongée dans une grande réflexion.

-Hm...

-... Quoi. Me regarde pas comme ça. Qu'est-ce que tu veux.

-J'aurai dû m'en douter, soupira-t-elle en le lâchant du regard. Vous aussi.

-Comment ça moi aussi?

-Venez.

Elle n'attendit pas, allant directement dans la chambre du gris en les traînant derrière elle, ce dernier visiblement agacé par le fait qu'il ne pouvait même pas mettre le haut du sien, le tout retenu par sa ceinture. Assit à sa table, il tapa du doigt sur cette dernière, visiblement mécontent d'être torse nu.

-T'étais vraiment obligée de les ramener?

-Ça ira plus vite comme ça. Si Kamila n'était pas venue me chercher, tu serais resté comme ça. Ce n'est pas dans mes habitudes de remettre les clients à leur place, mais s'il te plait, ne te plains pas. Je crois que le mot que tu cherche est "merci".

Le gris se contenta de lâcher un grognement pour réponse, évitant le regard du brun. Ce dernier était resté silencieux à observer le torse dégagé de l'intéressé, ses longs dreadlocks tombant en cascade dans son dos. Ce fut en l'observant plus en détails que le médecin se rendit compte qu'il n'était finalement pas qu'un abruti qui s'était fendu l'arcade en trébuchant sur un vieux golem obsolète de son père adoptif. Son torse et ses bras entiers étaient striés de cicatrices en tout genre. Traces de coupures, de brûlures, de liens, tout sur sa peau criait à la souffrance traversée à un point que la muette en détourna son regard, se sentant brusquement coupable de l'observer de la sorte. Le brun, lui, garda ses yeux rivés sur la peau meurtrie tandis que la jeune femme arc-en-ciel ne sembla pas plus perturbée que ça. Elle fouilla un moment dans une boite qu'elle avait ramené avec elle, en sortant ensuite une bobine de fil sous le regard perplexe du gris.

-Hein.

-Quoi? Demanda la jeune femme en clignant des yeux.

-Tu fais quoi avec ça?

-Et bien je te l'ai dit. Je vais vous arranger ça. Je suis couturière, c'est moi qui ai réalisé ce que tu porte actuellement.

-... Une couturière sans aiguilles?

La jeune femme sourit innocemment, tendant une main vers lui en laissant sortir une aiguille de sa paume.

-Une couturière avec autant d'aiguilles qu'elle le désire et au delà de ses espérances.

Le médecin détacha enfin son regard du géant pour le fixer sur la couturière, cette dernière ayant titillé son intérêt avec ce qu'elle venait de dire et de faire.

-Un fruit du démon?

Elle força le gris à enfiler ce qu'il pouvait de son yukata, commençant directement le travail sur lui, parlant en même temps.

-Oui, dit-elle en s'exécutant rapidement, visiblement vétéran dans le domaine.

-Comment?

-Quand on est enfant, on a la sale manie d'ingurgiter tout ce qui passe sous nos yeux.

-Je vois. Des aiguilles à volonté. C'est plutôt pratique pour toi.

-Vu ma profession oui.

Le Chirurgien la fixa d'un regard plus froid.

-Ça peut être redoutable.

-Je n'ai jamais fait de mal à une mouche, si c'est ce que vous insinuez. Je suis inoffensive.

-Je vois.

Il soupira en la regardant faire.

-Il faudra aussi ajuster le sien, dit-il en montrant sa muette du pouce. Il est trop long pour elle, elle à trébuché dessus.

-Ah? Je vais le faire. Ce sont des nouveaux, j'ai peut-être fait ceux des femmes trop longs effectivement. Je les vérifierais tous, merci.

Le médecin soupira, décidant d'arrêter de discuter. Le plus vite elle allait dans son travail, le plus tôt il pourrait retourner à son calme avec sa belle. Après tout, il avait d'autres plans pour ses jolies fesses que de participer à l'atelier couture de la Sainte Momo l'aiguille sur pattes.