Heya ! Comment ca va depuis le temps ?! *se mange une pelle dans la figure pour son retard* Hey, ca se fait pas tout seul les études !

Enfin bref, j'ai pu enfin mettre une conclusion à ce retour catastrophique. Mais d'abord, répondre aux reviews :

Misstykata: Eh oui, le twiste ! Que va devenir la légende du White Devil ^^ ?

TheRealYuukoChan: content que tu ais pu atteindre le bout ! J'ai pas encore fini avec mon démon, reste à l'affut de la suite !

Rouge-365: eh ouais, fallait être à jour ^^. Oui, Haruta va avoir beaucoup de mal à s'en remettre, mais elle est forte. Et pour la résurrection, une seule réponse: démons ^^.

Bon, comme ce chapitre est l'avant-dernier de notre démon dans le monde des vivants, je vous préviens que la suite passera sur une nouvelle Fic intitulée Shin Sekai White Devil: The ascension of the Mercenary Lord. Ou quelque chose du genre, je suis pas encore sûr ...

Enfin bref ! Plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture, mes chers lecteurs. Et rappelez-vous: ne cherchez pas à défier les Grands Anciens. C'est long, c'est chiant et le plus souvent, ca sert à rien.


Il est accepté communément que l'on ne peut lutter contre le pouvoir d'un dieu.

Il est tout autant accepté que l'on ne peut détruire, par essence, un fantôme.

Aujourd'hui, dans ce lieu où la logique n'a plus de raison d'être, ces deux légendes viennent d'être brisées par un seul et même homme.

En parcourant à vitesse grand V les grottes qui commençait à se remplir d'une faune plus que menaçante, Augus se reliait de plus en plus au corps dont il venait de devenir propriétaire. Si ses sens devenaient de plus en plus aigus avec son incarnation, sa vue restait brouillée et il se fiait au son et aux ondes de puissances pour se guider.

Même s'il n'était pas un manipulateur hors pair, il était un excellent chasseur. Et un excellent chasseur ayant une idée très simple de la dette d'honneur.

En fuyant, car oui il était en train de fuir, l'horreur qu'était ce Dieu Extérieur, Augus rogna sa rage et sa colère, par-dessus tout son impuissance dans cette situation. Il était un guerrier, merde ! Il combattait l'ennemi face à face, quelque soit sa puissance !

Mais non, son corps physique l'emportait sur son impulsivité pour trouver un moyen de fuir. Il parcouru ainsi de nombreux kilomètres sans jamais trouver ce qu'il était venu chercher ici en premier lieu. Il avait beau savoir que les créations de Nyarlathotep n'avait aucun sens physique, il n'avait pas pu rentrer tout un continent de cavernes dans cette créature, si ?

Au détour d'un couloir qui se finissait en cul de sac, il finit par glisser sur toute la mousse qui tapissait la roche et chuta dans les abysses. Il tomba un petit moment, avant de se réceptionner tant bien que mal plus bas.

Ses sens s'étant peu à peu accoutumés à l'obscurité et avec l'aide de ses tatouages sanguimagiques, il put discerner en peu de temps l'endroit dans lequel il se trouvait. Il s'agissait d'une petite pièce, d'environ 25 mètres carrés avec les murs complétements couverts d'obsidienne lisse en toute part.

Quoi qui fut enterré ici, on ne voulait pas le voir sortir de sitôt.

Un grognement se fit entendre, un râle endormi et qui maintenant qu'il avait de la compagnie se manifestait pour la première fois depuis fort longtemps. Un tintement de chaines résonna dans la pièce alors qu'une forme vaguement humaine se relevait.

-Alors tu reviens ici après tout ce temps ? Tu n'en avais pas fini avec moi, pas vrai ?

Augus reconnut cette voix entre mille. Elle était là, celle qu'il avait cherché depuis tout ce temps. Son chef de guerre, la raison pour laquelle il aimait encore plus combattre contre les Grands Anciens et les Autres Dieux.

Ashura, la dormeuse en robe pourpre !

Augus ne bougea d'abord pas, trop surpris de la retrouver dans un tel endroit, et ne put pas réagir lorsqu'une forme sauvage avec de longs cheveux blanc se jeta sur lui tout crocs dehors ! En un instant, il sut qu'il ne pourrait pas se défendre et s'en voulut durement. Du moins jusqu'à ce que de lourdes chaines ne la bloque dans son élan et la rabatte au sol.

-Argh ! J'avais oublié ces k'ssou de chaines ! Tu es revenu jouer ton petit jeu pervers, hein, Nyarla ? Dit-elle d'une voix assurée, presque hautaine et qui n'allait pas avec sa situation.

Il se remit finalement debout devant elle et, sans comprendre pourquoi, éclata de rire. Un rire pas joyeux, non, un rire rassuré d'avoir rempli sa mission et de savoir qu'il était sur la bonne voie pour reprendre la Guerre qui avait cessé depuis trop longtemps.

-Enfin, Ashura, cela faisait si longtemps ... Je ne pensais pas, vraiment pas, te retrouver dans cet endroit ... susurra Augus d'une voix qu'il se voulait une pauvre imitation de celle de Nyarlathotep.

La dormeuse en robe pourpre répondit par un grognement, avant que sa peau ne se mette à suinter un liquide sombre duquel émergea un tentacule qui tenta de l'attraper. Augus l'esquiva d'un salto arrière, avant de prendre une impulsion et de se retrouver à quelque centimètres de son visage, la lame de ses griffes plaquée contre sa gorge.

-Tu ne sais pas depuis combien de temps je rêve de te combattre, pas pour réparer les saletés que tu as lancées dans mon dos, mais juste pour pouvoir me mesurer à toi. Marmonna Augus d'une voix presque sensuelle à son oreille, prenant plaisir tout seul avant de retirer la lame. Mais je ne le ferais pas aujourd'hui, et ce pour une bonne raison.

Ashura grogna en sentant le métal quitter sa peau, sentant depuis longtemps celui sur ses poignets. Chaines qui furent proprement découpées lorsque le démon les attaqua avec ses griffes et beaucoup de sa force, leur résistance étant adaptées à celle qu'elles gardaient. Elle souleva le reste de chaine, qu'elle brisa également en transformant ses doigts en longues lames acérées.


Elle était enfin libre, depuis le temps que l'autre en **** l'avait foutue ici. Et même si elle ne le reconnaitrait jamais, elle en devait une à Augus sur ce coup-là.

-Bon, maintenant que t'es libre et que j'ai enfin commencer à retrouver ton âme, on va pouvoir finir la mission ...

-Attends une seconde, Augustus. Le coupa-t-elle sans même prendre en compte son avis. Tu m'as sortie de là, passe encore, mais je n'ai jamais dit que je venais avec toi. Explique-toi d'abord : pourquoi tu as pris autant de retard ?

Le démon se tourna vers elle avec un air mélange de stupeur et de lassitude, comme si ce genre de scène avait déjà eu lieu des dizaines de fois. Il finit par baisser la tête, soufflant profondément, et releva des yeux sérieux vers elle.

-On est dans une des dimensions de poche de Nyarla, ça tu le sais. Mais y'a autre chose: je suis en retard parce que j'ai dû récupérer un corps en chemin pour pouvoir reprendre la Guerre. Depuis l'Exil, toi et moi n'en avons plus et tu n'existes devant moi que parce que l'énergie des environs te le permet.

Il marqua une pause, entendant un caillou rouler plusieurs centaines de mètres plus loin, avant de reprendre son explication.

-Le problème, c'est que je n'ai pas encore retrouvé celui qui as la majorité de ton âme. J'ai des infos, mais pas plus pour le moment.

-Bon sang, mais t'es définitivement pas doué ! Tu ne sers vraiment à rien, Augustus, nom de ... ! Bref ! S'énerva-t-elle, son caractère étrangement enfantin par rapport à celle que se rappelait Augus. J'espère au moins que tu as le Kitab ?

-Je sais où il est, je sais même qui l'a mais je ne peux pas le récupérer pour le moment. Répondit Augus franchement.

Le coup de poing qu'elle lui envoya dans la figure raisonna dans toute la pièce, alors qu'elle avait agi sous le coup d'une impulsion qu'il n'avait pas su prévenir.

-T'es définitivement une catastrophe en tant que démon ! J'y crois pas, un démon qui refuse de tuer des humains pour qu'on puisse revenir s'occuper d'Azathoth et de ses pathétiques serviteurs ! J'aurai tout vu !

Augus remit sa mâchoire en place, les coups physique étant maintenant plus douloureux que lorsqu'il n'était qu'à moitié fusionné avec un corps, et se tint devant elle. Définitivement, elle n'était pas encore redevenue elle-même : trop impulsive comme une jeune fille, pas assez sadique sur les bords et beaucoup trop prompte à affronter Azathoth plutôt qu'à annihiler celui qui l'avait enfermé ici depuis des semaines, voire des mois ou des années.

Il ne pouvait pas admettre son allégeance à une telle gamine, du moins pas tant que son vrai caractère ne serait pas revenu.

-Écoute, Ashura, mon corps ne m'obéit pas entièrement. Celui à qui je l'ai repris est quelqu'un qui as partager beaucoup avec moi pendant longtemps, mais qui a un but inscrit dans la volonté de son corps : détruire cet endroit et empêcher les forces de Nyarla de déferler sur son monde pour le moment.

-Le crétin ! Personne ne peut stopper leurs forces lorsqu'elles décident d'envahir un monde. Personne à part notre armée, que j'espère tu as protégé pour notre retour ?

-Bien sûr que je l'ai fait, soupira Augus avec lassitude. Ils sont tous en train d'attendre ton retour, sauf Xarnassius qui as été manipulé. J'ai dû en finir avec lui ...

-C'est ton second, normal que son exécution te revienne. répondit Ashura avec un détachement certain.

-D'ailleurs, comment ça se fait que tu te sois retrouvée en partie ici ? Demanda-t-il en passant, se posant légèrement la question.

Ashura eut un soupir blasé avant de répondre d'un ton acerbe et froid.

-Pour faire simple, ton âme et la mienne ont été dispersés après le jugement. Il semblerait que tu aies retrouvé toute la tienne, mais Il en a garder un morceau ici pour faire des ... expériences. Je te passe les détails, même si ce qu'il en a fait mérite que je puisse me prendre son cœur en guise de trophée.

-Toujours est-il que pour partir d'ici, il faudra détruire la pierre qui maintient cette réalité debout. Reprit Augus pour changer de sujet. Je peux compter sur toi pour affronter Nyarlathotep ?

Elle sembla réfléchir longuement, pesant l'utile et le négatif d'affronter le Dieu Extérieur, avant de se retourner vers son homologue avec un sourire mauvais.

-Ça marche, allons faire couler son sang. Conclut la démone en explosant le mur par la puissance de sa magie retrouvée.

Elle n'était pas une créature à déranger, surtout pas à avoir comme ennemi, et Il le saurait bien assez tôt.


En peu de temps, 30 minutes à s'égarer dans les dédales de tunnels en défouraillant des monstres sans faire attention maintenant que sa pleine puissance était enfin de retour, Ils se retrouvèrent dans une pièce extrêmement large, dont la surface des murs était tapissée par des dizaines de cellules d'où provenaient des cris d'agonie et des hurlements abominables qui ne devaient faire plaisir qu'à leurs tortionnaires, le Messager Noir n'en ayant sans doute rien à faire le moins du monde.

N'écoutant que son impulsivité, Augus se détourna des murs pour trouver son objectif, rapidement suivit par Ashura: un orbe violet, avec des effluves de vert, rouge et argent le parcourant tel des volutes de fumée. Le cœur du dispositif de la forteresse flottante, s'étalant en toiles d'énergies impies sur les murs et le sol.

Un cœur solidement gardé, au vu des horreurs chasseresses tournoyant autour et des armées d'horreurs indescriptibles se tapissant dans les ombres.

Avec un grognement qui lui était propre, Augus examina ses flancs pour savoir si ses armes avaient résisté à la rencontre. Heureusement, il sentait toujours le nodachi attaché à l'arrière de son pantalon de toile. Ashura, quant à elle, ne fit qu'aiguiser ses bras et ses tentacules en de longues faux.

En empoignant sa lame, il sentit une vive sensation de brûlure et de douleur fuser dans sa main mais maintint sa prise malgré tout.

-Kurai, je sais qu'on est pas trop pote tous les deux, mais j'ai besoin de ton arme pour en finir avec cette abomination.

-Tu es un démon, Augus. Ce serait ternir mon honneur de Meitô que de te servir. Lui répondit l'esprit du nodachi, l'image de l'homme en kimono noir et au masque de faucon plus froid que jamais s'imprimant dans ses pupilles.

-Je te demande pas de me servir, j'ai ... besoin de ta puissance pour venir à bout de cette merde.

Cette simple phrase lui avait arracher ses mots de la bouche comme un dentiste peu doué vous arrache toutes les dents avant de trouver la bonne. Il venait de tirer un trait sur son orgueil démoniaque pour demander à un sabre de l'aider dans un combat, et tout ça par la faute de qui ?

-De celui que tu as forcé à mourir, imbécile. Un homme prometteur, bon en tant de points que son manque d'humanité pouvait se cacher amplement derrière.

-Je sais ... et même pour un démon, perdre un frère d'arme reste difficile. contesta Augus avec rancœur.

Le nodachi resta silencieux, diminuant la douleur de sa prise sans pour autant l'effacer complétement. Il restait sceptique, ses discussions avec Ben ne l'ayant pas assuré de la fiabilité du démon. Ashura écoutait la discussion avec un air de profond agacement de la bêtise de son ancien camarade.

-Tu deviens trop humain, Augus. Les sentiments de ton hôte ne doivent pas t'affecter.

Pour Augus, il ne savait plus quoi choisir entre sa colère pour Nyarlathotep, sa rage de la perte de Ben (incompréhensible à ses yeux, alors qu'il avait vu mourir des milliers d'humains.) et une haine profonde de la faiblesse dont il venait de faire preuve. Il ne pouvait pas dire qu'il haïssait Ashura: elle et lui étaient rivaux depuis des siècles.

Il ne respectait que sa propre force, et venait de comprendre durement que sa force n'était pas encore suffisante pour affronter l'un des adversaires d'Ashura.

Ses poings se serrèrent avec une puissance qui aurait pu briser presque tout ce qui existe, n'épargnant pas non plus la poignée de Kurai Nageki qui lui râla une nouvelle fois dessus. Il prit l'arme, dégainant la lame avec une lenteur religieuse, libérant la puissance dévastatrice qui affluait sur le métal et qui commençait à le faire virer à un noir profond mauve profond.

Brisant les règles les plus basiques de puissances, Augus fit de même avec le sol en prenant son impulsion, percutant à grande vitesse l'une des horreurs chasseresses avec une charge d'épaule destructrice.

La créature hurla une abomination avant de rendre l'âme, son corps allant s'écraser sur un mur avec tout ce qui lui servait d'os brisés. Le reste des gardiens du cristal se précipitèrent à l'assaut d'Augus qui releva son visage sur une vision qui emplirait de peur n'importe quel être vivant: deux orbes dorées, flamboyantes comme de puissants soleils, emplies d'une haine et d'une colère infinie et inarrêtable.

Les premiers qui se jetèrent à l'assaut passèrent sous les griffes d'Ashura, leurs corps déchirés répandant un flot de sang noir et immonde alors que le reste des troupes finissaient de venir depuis l'entrée du portail juste au-dessus.

Ils se jetèrent dans la mêlée, découpant sans cesse le flot ininterrompu de monstruosités, de ghoules, d'araignées géantes et d'insectes tous plus informes les uns que les autres. Les têtes et corps brisés s'entassèrent à leurs pieds au fur et à mesure qu'il avançait vers le cœur de cristal. Tous les monstres tentaient leur chance, parvenant à blesser Augus de manières superficielles mais nombreuses, personne ne pouvait atteindre Ashura.

Ils progressaient, pas à pas, Kurai tranchant sans discontinuer dans toutes les directions, la lumière verte sur sa lame illuminant les ténèbres. Il ne sut pas combien de temps il mit à traverser la distance qui le séparait du joyau, tant la présence des créatures était grande et lui masquait presque la vue.

Au bout d'une longue durée à affronter les monstres, sans que ni l'un ni l'autre ne surent à quel point ils étaient encore loin de leur objectif

-Par le trouffion maudit d'Azathoth, ça n'en finira jamais ...? s'interrogea Augus à haute voix

Le simple fait qu'il se posait la question attestait de son niveau d'épuisement : réussir à fuir l'incarnation de Nyarlathotep avec un corps physique l'avait déjà bien épuisé, et il venait d'affronter pas moins d'un bon millier de créatures qui l'avaient salement amoché. Même s'il avait pu se lier à un corps physique, il ressentait encore plus la douleur des coups qui l'atteignaient.

-J'en sais rien et je m'en fout. Répondit Ashura avec déception, son kimono blanc couvert presque entièrement de sang visqueux.

C'est ce court moment de réflexion qui causa sa perte: si Augus avait perdu le sens du combat pour une microseconde, ses adversaires continuaient d'affluer de toutes part, une mer de crocs, de griffes et de tentacules. Et une horreur chasseresse survivante, ses ailes déployées de manière menaçante, fondit sur lui et le priva de son bras gauche d'un coup sec de mâchoire.

Le visage d'Augus était figer, crispé dans un rictus de douleur qui l'empêchait de hurler. Il avait été négligent face à son adversaire, une fois de plus.

Une fois de trop, et il allait le regretter amèrement.

Le sang coula abondamment de la plaie béante, et il sentit tous les miasmes régnant dans ces souterrains maudits venir se nourrir de sa chair exposée. De son bras valide, il pivota rapidement et découpa la créature qui l'avait privée de son bras avec une grande satisfaction.

Tout en couvrant le moignon de son bras par son autre main, il rejoignit la voie tracée par Ashura, dont même la forme réduite semblait posséder beaucoup plus de puissance que lui. En même temps, elle venait de se faire libérer sans avoir à écraser les raclures qui servaient de gradés sur le chemin pour entrer.

-Augus, si tu ne m'es d'aucune utilité, j'aurais plus vite fait de dévorer ta puissance et de réduire cet endroit en poussière

Son corps physique était rempli de douleur, il ne savait plus si ses jambes étaient encore en état de le porter mais elles le faisaient. Il n'avait rien d'autre en tête que le moyen de faire un dernier coup d'éclat, une dernière 'bonne' action.

Son heure était venu, il le savait. Il était tombé dans l'oubli, et seul l'existence de Ben le permettait de le garder existant à cette époque. Mais Ben s'était sacrifier, corps et âme, à la gloire de son ... ami. Augus eut un petit sourire à la mention de cette idée, sourire qui disparut lorsqu'une présence étouffante apparut dans la pièce.

Nyarlathotep était là, entre eux et le cristal, son visage de tentacules abominables arborant comme une espèce de rictus. Toutes les créatures se stoppèrent net, craignant le courroux de celui qu'elles servaient.

-Ainsi tu as pu te libérer, Ashura ? Murmura-t-il avec sadisme et une très faible pointe de surprise. Grâce à ton serviteur, rien de moins ... tu es tombée bien bas ...

-Ferme l'orifice puant qui te sert de bouche, Pharaon Noir. Je ne suis pas ici pour entendre tes jérémiades inutiles. Cracha-t-elle en guise de réponse en continuant son avancée.

Nyarlathotep posa son tentacule sur le cristal, qui se mit à briller intensément, les couleurs à l'intérieur formant des arabesques magnifiques et supposant une horreur.

Ils entendirent les milliers d'âmes sacrifiées pour créer ce joyau, les milliers de prisonniers qui avaient péri ici et dont les esprits ne pouvaient qu'hanter ces lieux.

"Libère-nous" ... "aie pitié..." ... "que cette douleur s'arrête !" ... "termine ta voie" ... "à l'aide..." ... "rejoins-nous, et libère-nous ..."

Un vacarme assourdissant de voix se mélangeait dans sa tête, sombres et lumineuses, remplies d'espoir ou au contraire l'ayant abandonné.

-Vous ne pourrez pas sortir d'ici une nouvelle fois ... Marmonna Nyarlathotep en puisant de l'énergie dans le cristal. Vous allez mourir ici et tous vous oublieront ...

Il posa sa main sur le cristal et traça un cercle avec huit branches partant du contour, toutes taillées en pointes sauf une, tournée vers le centre et un autre cercle.

Toutes les âmes s'échappèrent et virent rejoindre son corps, qui prit des dimensions abominables en détruisant la pièce pour révéler la véritable nature du Chaos Rampant: un amoncellement de tentacules et de crocs, d'yeux et de bouches qu'aucun mot ne saurait décrire sans prendre peur.

Augus lui-même, pour la première fois de sa longue vie, ressentit ce sentiment de peur qui lui broyait le peu d'entrailles qu'il lui restait. A genoux face à ce qu'il restait du cœur, il ne pouvait que contempler l'abomination qui ne tarderait pas à le détruire avant de ressortir de son domaine.

Nyarlathotep l'avait retrouvé, prenant son temps pour parvenir jusqu'ici, comme si la présence du démon à bord ne l'embêtait pas le moins du monde. Sa forme innommable et insupportable l'observait alors qu'il sentait une main se poser sur son épaule.

Il entendit Ashura marmonner quelque chose en Enochien qu'il ne put comprendre sur le coup, avant de sentir deux crocs se planter dans sa nuque avec une sensation de froid immédiate et horrible. Elle était en train de boire sa puissance comme on boit du thé, et il sentait progressivement la puissance de la démone véhiculer de son corps au sien.

-Que l'âme du Banni m'en soit témoin, et qu'Azathoth en prenne conscience au fond de son sommeil, ce jour ne sera pas celui où un parvenu pourra faire plier Ashura !

Les yeux d'Augus s'agrandirent pour la deuxième fois de la journée, voyant l'âme de sa camarade et supérieure intégrer son corps alors qu'il commençait à prendre des dimensions presque aussi dantesques que le corps du Chaos Rampant. Heureusement que Ben n'était plus là pour voir l'abomination qu'était devenue son corps, d'une certaine façon, et il semblait que cet endroit hors de l'espace pouvait le contenir sans problème.

-Ta fin approche, Pharaon Noir. Je vais détruire ta forme et je viendrais te chercher de l'autre côté ! Hurla Ashura en faisant trembler les parois alentours.

-Tu n'es pas un adversaire digne de m'affronter, Dormeuse en robe pourpre. Pas plus que tu ne pourras prendre la place du Sultan Démon ...

-Sa place sera la mienne, et je ne m'arrêterais pas tant qu'elle ne le sera pas ! Répondit Ashura en sortant l'arme sacrée Kurai Nageki qui semblait, entre tous, le plus surprit de son changement de taille.

Une figure transparente apparut, complètement identique à Ben jusque dans les moindres détails de sa tenue habituelle, sa main gauche absente comme le jour où il l'avait perdu.

-Son âme est encore présente, tu peux encore lui permettre de revenir. Pour cela, cesse de mettre des bâtons dans les roues de mes serviteurs et rejoint-moi. Susurra Nyarlathotep avec un sifflement envoutant et tentateur.

Augus eut une pause mentale qu'Ashura dégagea sans vergogne, le ramenant définitivement dans la voie qu'il n'aurait pas dû quitter pour les affronter.

-Ton idée est inutile, Messager Noir. La mort ne vous importune pas, mais elle ne vous obéit pas non plus ! Même Ben l'avait compris, lui qui n'était pourtant pas au courant de votre existence !

-Cet humain avait donc autant de potentiel ? Quel dommage qu'il ait péri aussi misérablement.

La colère d'Augus refit surface, bouillonnant comme un magma en fusion, et s'ajouta à la fureur d'Ashura. Leurs deux âmes entrèrent en communion, suivant les mêmes mouvements, et le corps gigantesque fonça vers Nyarlathotep, anéantissant tout sur son passage

-Votre combat est inutile. Avec cette magie et ta puissance, vous ne pourrez jamais venir à bout de qui que ce soit. Contra le Pharaon Noir d'une voix sans ton, ses tentacules fouettant l'air sauvagement.

Augus eut un petit sourire en entendant cette phrase, petit sourire qui se refléta sur le fantôme de Ben qui venait de relever la tête avant de s'évanouir définitivement.

-Peut-être, mais au moins, on se bat avec le sang et les tripes ! Cria l'avatar démoniaque en plongeant sa lame jusqu'à la garde dans l'immense corps du dieu.

Celui-ci siffla de rage et contre-attaqua avec une puissance décuplée.

Les deux entités suprahumaines s'échangèrent des coups d'une puissance incommensurable, le moindre d'entre eux ayant la capacité de broyer une lune. Tout le réseau de caverne résonna et trembla de leur lutte, choc sourd d'un duel de titans où ni l'un ni l'autre ne pouvait l'emporter sans libérer toute leurs puissance. D'un même mouvement, les deux monstres reculèrent pour mieux revenir au combat, le corps d'Augus/Ashura se couvrant des arabesques sanguines noires du démon de la destruction.

Ils étaient devenus un avatar de fin du monde, une apocalypse ambulante dont la puissance démesurée commença à effriter la solidité de l'univers artificiel du Grand Ancien avec ses attaques. Lorsque les deux furent couverts de dégâts visiblement catastrophiques, ils se jetèrent une dernière fois l'un contre l'autre.

La lame de Kurai Nageki traversa l'espèce de centre de Nyarlathotep, ce dernier plongeant les tentacules aux travers de celui de l'avatar. Mais ce dernier ne cracha pas de sang, au contraire il souriait. Il souriait d'un air satisfait qui contrastait avec la situation périlleuse dans laquelle il était.

Une à une, des piliers de lumières s'échappèrent du corps du Messager Noir, leur taille augmentant progressivement jusqu'à devenir de grands flots. Ce dernier ne semblait pas comprendre ce qu'il venait de se passer, mais au contraire d'en savoir déjà le dénouement

-Imbécile, tu sais que ton action ne fait que retarder la corruption de ce monde ? Soupira Nyarlathotep, cette fois un peu contrarier de ne pouvoir arrêter le processus de destruction dont il était victime.

Augus/Ashura se tourna une dernière fois vers le grand Ancien, son bras libérant la puissance de ses marques de sang en même temps que les failles du cœur brillaient de plus en plus intensément. Son corps ne pouvait plus bouger, mais sa tête se dédoubla pour prendre l'apparence de celle d'Ashura, qui reprit avec le même ton de voix.

-Au moins, il nous laissera le temps de revenir s'occuper de toi ! Rirent en cœur les deux démons avant de se laisser retomber sur les tentacules

Nyarlathotep grogna et dut laisser son corps à l'explosion qu'il ne pouvait plus contrôler. Les millions d'âmes quittèrent son corps et explosèrent toutes en même temps, réduisant en poussière et en miettes l'espace dans lequel il se trouvait dans une immense explosion blanche.


Dans le ciel orageux, Karasu observait la baleine noire continuer sa marche lente dans l'océan depuis un point très élevé, à la limite des nuages soutenant les îles célestes.

Il était grandement inquiet : son attaque avait permis à Benjamin de s'infiltrer, mais il n'avait pas de nouvelles depuis une demi-journée. Le denden avait sonner à deux reprises malgré tout, mais il ne pouvait pas répondre aux humains qui ne le comprenaient pas.

-Par tous les dieux, Benjamin, qu'est-ce que tu deviens ? Murmura-t-il a lui-même pour se rassurer.

Il sentit tout un coup l'air vibrer de façon anormale. Ils étaient sur une Calm Belt, c'est à dire avec les caprices de la Grand Line mais sans un souffle de vent.

Hors, un vent puissant venait de se mettre à souffler depuis le ciel, semblant se diriger vers l'île mobile. Battant frénétiquement des ailes pour résister a l'attraction effroyable, Karasu gardait toujours son regard tourner vers l'objet noir presque immobile désormais en priant pour son ami.

La baleine poussa un cri d'agonie, une plainte si déchirante qu'il ne put s'empêcher d'avoir pitié de la créature. Un hurlement qui suivit par l'apparition d'une sphère blanche au centre de son dos qui grandit en un instant, occupant toute sa taille jusqu'à la recouvrir en entier et bien au-delà, engloutissant tout.

L'onde de choc qui s'en suivit propulsa Karasu avec une force contre laquelle il ne pouvait lutter, une intensité qui fit trembler et la terre, et les cieux, et qui put être perçue à des centaines de kilomètres à travers le monde. Une explosion d'une puissance destructrice jamais soupçonnée et égalée.


Sur l'archipel Shabaody, le Bar de L'arnaque était fermé au public pour la journée. Mais Shakky, en connaisseuse de ses habituels clients, attendait toujours au bar lorsqu'un tremblement se fit sentir sous ses pieds. Un tremblement qui se répercuta dans tous les groves de l'archipel sans aucune exception.

-Hum, voilà qui est bien curieux. Les séismes sont plutôt rares par ici ...

Une seconde secousse se fit sentir, réplique de la première plus intense qui envoya les tasses et le mobilier voler en tous sens. Shakky s'accrocha du mieux qu'elle put pour affronter la secousse, qui finit par passer non sans d'importants dégâts. Elle se releva en massant son bras douloureux, constatant l'ampleur des dégâts avec un soupir.

-Mais qu'est-ce qui peut provoquer un tel chaos ? S'interrogea-t-elle en sachant qu'elle ne pourrait pas avoir la réponse dans l'immédiat.

Dans une autre partie de l'archipel, un vendeur d'armes peu scrupuleux se mit à trembler et ferma les portes de sa boutique à double tour.

Sur une autre île, un ancien pirate observa l'onde de choc le dépasser, portant avec elle une senteur caractéristique de décomposition. Il se détourna de l'entrainement d'un jeune garçon pour observer le large, accordant une minute de silence aux questions du jeune.


Sur le Moby Dick, la vie suivait alors son cours. L'annonce du départ de Ben n'avait pas ravi grand monde, excepté Kali, et Ace pour ne pas avoir été informer par le concerné.

Quand Thatch est venu lui confier le sac et les affaires de son homme le plus efficace, il avait dû retenir un profond soupir de lassitude et d'énervement. C'était Kali qui lui avait par la suite donner plus de détails, obtenus on ne savait comment, sur le départ de Ben.

-Si tu veux mon avis, on aura moins de problèmes sans lui. Avait-elle ajouté sur le ton du reproche.

Ace n'avait pas fait attention, la sienne étant actuellement dirigée sur autre chose que retrouver le n'17 de l'équipage.

Oui, car si en terme de puissance, il était 6e à égalité avec Jozu, en terme de hiérarchie, il venait après les commandants et les seconds comme tout pirate de leur équipage.

Il était actuellement plus occupé à observer Marco et Oyaji discuter a vois basse devant le trône lorsqu'une puissante secousse fit trembler les mers et le navire avec. Une secousse d'une violence rare, qui fit s'envoler de nombreux pirates qui tombèrent pour une partie à l'eau

-Tous à vos postes, repliez les voiles ! On a un vent de Tribord puissant, accrochez-vous ! Ordonna Marco l'instant après la surprise de la secousse, son instinct aviaire ayant été pour la première fois depuis longtemps dépasser par la nature.

La bourrasque s'abattit sur le navire, le faisant dangereusement chavirer sur le côté alors que le courant les faisait dériver sur leur gauche. Elle tordit les voiles et les cordages, faisant plier et craquer le bois des mats, chose qui n'était jamais rassurante.

Puis, aussi soudainement que chaque changement dans le Shin Sekai, le vent retomba et avec lui les pirates qui s'étaient envoler, attachés qu'ils étaient au pont par des cordes. Ace atterrit un peu durement, là où Barbe Blanche et Marco s'était tenu au pont avec leurs armes et serres.

-Comptage ! Ordonna Marco d'une voix forte. Première flotte !

Deux blessés, trois entorses et des égratignures, plus encore parmi ceux qui avaient finis à l'eau et que l'on repêchait rapidement avant de se faire attaquer par des Kaios. Et hop, des clients pour Cassandra !

-Deuxième flotte ! Cria Ace à son tour, ne souhaitant pas avoir à compter plus de pertes avec cet accident.

Pas de perte pour la seconde flotte, parfait. Marco s'approcha d'Ace pour vérifier que tout allait bien pour lui, le tout sous le regard amusé du Yonkou.

-Je vais bien, Marco. Je vais pas mourir pour si peu ... Râla Ace de l'attitude surprotecteur de son compagnon.

-Peut-être, mais dans ton état on est sûr de rien. Murmura-t-il pour qu'ils soient les seuls à s'entendre. Et cette secousse ressemblait beaucoup à un des puissants tremblements d'Oyaji ...

Le capitaine ne parut pas amuser par la comparaison, se contentant de regarder vers l'origine avec regret. Il porta sa main à son cœur sous le regard curieux des deux commandants, et prononça ces paroles d'une voix emplie de doutes.

-Quel qu'en soit l'origine, ce n'est pas rassurant pour vos frères. Contactez les autres navires, je suis presque sûr qu'ils ont eu une réplique eux aussi. Il serait dur de perdre plus de vies aujourd'hui ...

Et personne ne vit la forme blanche inclinée devant le trône, reste perdu d'un esprit abandonner mais qui continuerait de veiller sur eux. Pas plus qu'ils ne le virent se lever et s'évaporer dans l'air comme un nuage de poussière blanche.


Le monde entier perçut cette secousse, de Baltigo à Marineford, du palais Ryugu et la cité des hommes-poisson jusqu'aux iles célestes. Pendant un instant, le monde subit l'onde de choc la plus puissante qu'il ait jamais connue et ne connaitra jamais.

Les scientifiques de Weatheria tentaient de trouver une explication météorologique à cette histoire, tandis qu'à l'autre bout du monde, les révolutionnaires étaient à pieds d'œuvres pour trouver des informations valables et recevoir des nouvelles des autres bases. Une scène similaire avait lieu en même temps dans le monde de la Marine et du Sekai Seifu, l'un et l'autre ne sachant pas de quoi il en retournait, envoyèrent une flotte vérifier la possible origine.

Cependant, alors que le monde se remettait de la catastrophe de l'onde, seul un savait réellement ce qu'il venait de se passer. Un condor aux plumes tricolores paniquée, quelque part sur une Calm Belt.

Sous ses yeux, ce qui fut une immense baleine abominable difficilement descriptible n'était plus. En lieu et place de la créature, il n'y avait plus rien. Rien qu'un immense vide descendant au fin fond de l'océan sur une distance effroyable. Au fond de ce gouffre, le sol avait été transformer en magma sur une immense surface, le sable vitrifié en un instant, et que la mer commençait déjà à recouvrir en un ouragan tumultueux remplies de courants mortels.

Et Karasu observait cela avec une intense peur et un profond sentiment de perte dans son cœur. Il savait ce qu'il venait de se passer mais ne pourrait jamais ni l'accepter ni le concevoir.

-BEEENNNNN ! Hurla-t-il avec un immense désespoir, battant frénétiquement des ailes en perdant de l'altitude avec la scène qu'il avait dû supporter.

Plus jamais ils ne joueraient ensemble, plus jamais ils ne parcourraient le monde ensemble, voyageurs sans foyers et éternels explorateurs de l'inconnu et du surnaturel.

Aujourd'hui, dans ces eaux froides et sans vie où régnait le vaisseau de Davy Jones, tout s'était fini ...