Chapitre vingt-quatre
Elle se retourna et découvrit Gina devant la porte de la cuisine, trempée, un seau en métal gisant à ses pieds.
- RICHARD CASTLE ! Hurla-t-elle, JE SUPPOSE QUE C'EST UNE DE TES FACÉTIES !
- OUAIS ! SE RÉJOUIT COSMO, LE PIÈGE A PARFAITEMENT FONCTIONNÉ !
- Bien joué matelot ! Sourit l'écrivain en levant une main dans laquelle l'enfant tapa.
Kate d'abord abasourdie, éclata de rire.
- Ah parce que ça vous fait rire ? Siffla Gina.
- Non ! Euh… Enfin… Se reprit difficilement Kate tandis que Rick et Cosmo accrochés au bord de la piscine rigolaient comme des baleines.
- Laissez tomber, grinça la blonde en venant se poster devant Castle avec les poings sur les hanches.
- Ouh là ! Tu vois fiston, quand elles ont les narines qui enflent comme ça, c'est le signe qu'il faut prendre ses jambes à son cou ! Attention, immersion dans 3,2,1… Go !
Ils plongèrent en une parfaite synchronisation, tandis que Kate repartait dans un fou rire incontrôlé, ce qui eut pour effet de mettre Gina dans une rage noire.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demandèrent les gars en arrivant à leur tour.
- RICHARD ! JE VAIS ME CHANGER, TU AS INTÉRÊT À VENIR T'EXPLIQUER ! Cria la blonde dégoulinante en passant devant eux.
- Beckett ? Tu nous expliques ? demanda Esposito en se tournant vers sa collègue, qui se tordait encore de rire.
- Oh moi je n'y suis pour rien ! répondit-elle en levant les mains, il faut demander ça aux deux garnements qui se planquent dans l'épave du bateau du capitaine Kidd !
- De quoi ?
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Marmonna Esposito.
Rick et Cosmo émergèrent à cet instant.
- C'est bon moussaillon, Barbe blonde est partie, dit Castle en se hissant sur le bord de la piscine.
Le rire de Beckett redoubla à l'entente de cette réplique, elle était à deux doigts de se rouler par terre.
- Barbe blonde ! Gloussa-t-elle, c'est bon ça !
Les gars la regardaient comme s'ils voyaient un OVNI.
- Castle ? Qu'est-ce que tu as fait à Beckett ? Demanda Ryan avec un haussement de sourcils caractéristique de son incompréhension.
- ça doit être les médocs, le docteur la trouvait un peu trop tendue… Expliqua l'écrivain.
- Ah ça pour être détendue… constata Esposito.
- Elle va finir par faire pipi dans sa culotte à ce train-là, ajouta Ryan.
Esposito lui fila une tape derrière la tête en grognant quelque chose qui ressemblait un peu à « un peu de respect ! ».
A moitié ettouffée par sa crise de rire, Kate s'allongea sur un des transats pour tenter de retrouver un peu de calme.
- Alors ? Demanda Esposito en dévisageant Castle qui se séchait les cheveux avec une serviette, exposant ainsi son torse à la vue de tous.
- Hou hou hou ! siffla Beckett toujours hilare en applaudissant.
Les bros tournèrent la tête vers elle en une parfaite synchronisation, un air de totale incompréhension affiché sur leurs visages, tandis que Castle, bien que flatté, se dépêchait d'enfiler un tee-shirt.
- Le doc a dû se gourer dans son dosage, supposa Ryan.
- Hé ! Maman ! T'as vu comme je nage bien ? S'écria Cosmo en se précipitant vers elle.
- J'ai vu ça, oui, sourit Beckett en attrapant une serviette pour l'aider à se sécher, un vrai dauphin ! Qui t'a appris ça ?
- Papa ! Il m'a appris quand on est venu ici aux vacances de printemps !
- Ok, c'est surréaliste ! Résuma Esposito. Alors Castle ? Tu nous expliques ?
- Expliquer quoi ?
- Pourquoi ton ex-femme, qui est aujourd'hui ta petite amie est retournée dans sa chambre hystérique et trempée jusqu'aux os et que Beckett, mon amie et la fille la plus sérieuse dans son travail que je connaisse est écroulée de rire sur ton transat, alors qu'elle est sensée assurer la protection du gamin et trouver un meurtrier ?
- Euh… Bah… Pour Beckett, je ne sais pas, d'habitude elle ne montre pas aussi ouvertement à quel point elle apprécie mon humour… Mais…Euh…Pour Gina…
- Barbe Blonde ! S'écria Cosmo en levant le poing.
- Barbe blonde ! Ouais ! répéta Beckett en repartant de plus belle dans son fou rire.
- … Ouais… Euh… En ce qui la concerne, euh…c'est un malencontreux accident.
- Un malencontreux accident ? Répéta Esposito circonspect.
- Absolument ! Elle est tout bêtement tombée dans un piège…
- Un piège ?
- Oui… Cosmo était un peu inquiet, quoi de plus normal après ce qui leur est arrivé ? Bref ! Il était inquiet, alors pour le rassurer, on a décidé de sécuriser un peu plus les lieux…
- Tu as fait quoi ? Répéta Esposito surpris.
- On a mis un seau plein d'eau au-dessus de la porte du salon qui donne sur la piscine, expliqua Cosmo ! C'est moi qui ai eu l'idée ! Comme ça, si Voldemort venait, il était ralenti et nous, on avait le temps de se sauver !
- Brillante idée, Fiston ! Dit fièrement Castle en lui tapant dans la main.
- Je vais finir par croire que ce gosse est bien un petit Castle, fit Ryan pensif.
- Wah, en tout cas, ta blonde est furax, vieux, rappela Esposito, tu devrais aller lui parler avant qu'elle ne verse du poison dans ton prochain repas…
- Elle ne ferait jamais ça ! Pouffa l'écrivain. Elle ne fait pas la cuisine !
Beckett explosa une nouvelle fois de rire en mimant un empoisonnement.
- T'en es certain ? Demanda Esposito en tentant d'ignorer les rires bruyants de Beckett.
- Euh… Je reviens ! lança l'écrivain en se précipitant à l'intérieur.
- Capitaine ! Fais attention au piège dans la coursive ! cria Cosmo.
- C'est vrai ! Merci Moussaillon ! répondit la voix de Castle au loin.
Arrivé devant la chambre de Gina, Castle frappa trois petits coups discrets.
- Tu peux entrer, dit la voix de Gina d'un ton sec.
Ouh là ! Elle avait sa voix des très mauvais jours… Ça n'était pas le moment idéal pour la petite discussion qu'il comptait avoir avec elle.
- Je suis désolé, commença-t-il d'une petite voix en passant sa tête par la porte.
- J'espère bien ! Claqua-t-elle, bon sang mais tu pensais à quoi ?
- A rassurer un petit garçon… On ne pensait pas que tu en ferais les frais.
- COMME TOUJOURS ! TU NE PENSES JAMAIS AUX CONSÉQUENCES !
- Hé ! Oh ! Tempéra-t-il les souvenirs de leurs disputes lui revenant soudain en mémoire.
- QUE JE ME CALME ?! MAIS J'AI TOUS LES DROITS D'ÊTRE ÉNERVÉE !
- Ce n'était qu'un peu d'eau…Pas de quoi en faire tout un plat…
- TU TE FICHES DE MOI ? TU M'AS PROMIS UN BEL ÉTÉ EN AMOUREUX ET UN NOUVEAU ROMAN À PUBLIER POUR L'AUTOMNE ! ET AU LIEU DE ÇA, TU FUGUES PENDANT DEUX JOURS ET TU REVIENS AVEC LA MOITIÉ DU POSTE DE POLICE ICI !
- Alors c'est ça le problème ? Tu n'apprécies pas le fait que j'aide mes amis ?
- TU N'ES PAS POLICIER! RICHARD! TU N'AS PAS A T'IMPLIQUER DANS LEURS AFFAIRES ! Cracha-t-elle furieuse.
- Quoi? Mais ce sont mes amis! protesta-t-il piqué au vif. Quelqu'un a tiré sur le petit ! Beckett a été touchée et j'aurais dû les laisser là-bas, face au danger ?
- Bien sûr ! Ils se seraient débrouillés autrement ! Mais non ! Il a fallu que tu t'en mêles ! C'est toujours comme ça avec elle ! Rétorqua-t-elle en agitant les bras en signe d'énervement.
- Elle ? C'est pour ça que tu piques une crise ? Tu es jalouse de Beckett ?
- Ose me dire qu'il n'y a rien entre vous !
- Mais il n'y a rien entre nous ! Se défendit Castle. Je ne te trompe pas avec Beckett !
- Mais ça n'est pas l'envie qui t'en manque !
- Non…Euh… Enfin… Je n'ai pas envie de te tromper, bafouilla Castle.
- Mais tu as envie d'être avec elle, n'est-ce pas ?
Elle ne criait plus. Son ton était devenu froid, glacial même, comme à l'époque de leur divorce.
- Gina…
- J'ai compris… soupira-t-elle.
- Je ne voulais pas te blesser…
- Je sais… Tu ne veux jamais me blesser… Mais je ne suis pas celle qu'il te faut, apparemment, répondit-elle amère.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il en la voyant sortir sa valise du placard.
- Je rentre à New-York, je crois que ça vaut mieux, rétorqua-t-elle en jetant ses vêtements dans la valise d'un geste rageur.
- Gina…
- PAS LA PEINE ! l'avertit-elle en levant la main, J'ESPÈRE SEULEMENT QUE TU SAIS CE QUE TU FAIS !
Elle attrapa la poignée de la valise et s'éloigna de lui, avant de s'arrêter devant la porte et de se retourner vers lui.
- JE VEUX TON MANUSCRIT SUR MON BUREAU AVANT LA FIN DU MOIS D'AOÛT, ALORS NE PERDS PAS TROP DE TEMPS À T'AMUSER ! L'avertit-elle avant de quitter la pièce.
Rick se contenta de hocher la tête comme un gamin honteux et ne s'autorisa à lâcher le soupir qu'il retenait que lorsqu'il fut certain qu'elle ne pouvait plus l'entendre.
Moins d'une minute plus tard, il sursauta lorsqu'un grand vacarme retentit depuis les escaliers.
- RICHARD CASTLE !
- Oups ! Le piège dans la coursive ! murmura-t-il en plaquant une main sur sa bouche.
