Salut !

Et bin, ce chapitre a bien failli ne pas arriver ! Je l'ai fini juste aujourd'hui ( donc désolée pour les fautes, j'ai pas trop eu le temps de relire... ). D'ailleurs je n'en suis pas du tout satisfaite, comme le précédent. J'ai comme l'impression que les deux derniers chapitre sont moins vifs, moins drôles et complètement bâclés alors que ce sont eux qui m'ont pris le plus de temps... Peut-être que c'est moi qui ai un problème ou alors peut-être que les chapitres se font de plus en plus sérieux (même si j'en doute). Enfin bref, si vous avez cette impression aussi dites le moi ! Je ferai peut-être une pause d'une ou deux semaines histoire de vraiment bien travailler le prochain et de beaucoup plus m'avancer (parce que du coup j'ai perdu énormément de temps à refaire ce chapitre plutôt qu'à avancer le suivant).

En parlant du suivant, comme dit plus haut, je ne sais absolument pas si je vais le sortir le week end prochain (entre le 8 et le 9) ou alors le suivant (entre le 15 et le 16)... Je verrai bien mais ne vous inquiétez pas si jamais vous ne voyez pas de chapitre sortir !

Bon, j'ai fini mon blabla.

Bonne lecture,

Leaule.


- Dépêche-toi Magui ! Le match va commencer ! s'écria Sunny.

- J'arrive ! répondit la concernée en passant en courant dans la chambre. Violette qu'est-ce que tu fais ? ajouta-t-elle en voyant son amie assise sur son lit et en train de lire.

- Oh, je ne vais pas au match, fit celle-ci d'un ton qui se voulait désinvolte.

Margareth s'arrêta. Est-ce que c'était à cause de Roméo ? Le match opposait les Poufsouffles aux Serdaigles et le jeune homme était un des attrapeurs de ces derniers. Et entre lui et Violette c'était loin de s'être arrangé.

En fait, Roméo était extrêmement jaloux de tout le monde, ç'en était pratiquement invivable. Margareth les avait surpris, en début de semaine, en train de se disputer à propos de cette histoire et c'était loin d'être joli à voir. Roméo avait balancé des méchancetés affreuses à Violette mais la blonde était loin de s'être laissée faire. Devant lui du moins, une fois dans leur chambre elle s'était effondrée. Margareth ne l'avait jamais vu aussi triste.

Roméo, quant à lui, était d'une humeur de chien, encore pire qu'Eloïse ! Elle avait essayé de lui parler mais sa réponse s'était résumée à "Vas-y lâche-moi, dégage". Du coup elle avait abandonné mais elle devait avouer que cette situation la mettait sacrément mal à l'aise. C'était quand même elle qui les avait poussé dans les bras l'un de l'autre...

- Oh, Violette ! Tu ne vas pas ne pas assister au match juste parce que tu t'es disputée avec ton copain ? s'agaça Sunny. Au contraire montre lui que tout ça ne t'atteint pas !

Les conseils de Sunny étaient bons à prendre. Sauf quand elle ne connaissait pas toute l'histoire.

- Violette, viens, souffla Margareth, ça ne sert à rien de ruminer dans ta chambre, le mieux serait que vous vous expliquiez.

La blonde fit la moue. Oui, bon, ils avaient déjà essayé de s'expliquer et ça ne s'était pas très bien passé, c'est vrai. Margareth l'attrapa par le bras (en se disant que de toute façon il ne fallait pas écouter ses conseils à elle) et la leva. Violette la suivit sans grande résistance.

Une fois au terrain, un sentiment d'excitation commença lentement à monter en elle. Surtout quand Sunny s'était transformée en vrai moulin à paroles et que Violette avait ressorti son fameux sifflet. Elles montèrent dans les gradins en apercevant Rose qui leur faisait de grands signes.

- J'ai cru qu'on ne vous trouverait jamais ! s'exclama Sunny en se jetant dans les bras d'Orlando.

Margareth vit très nettement Violette détourner le regard. Elle savait parfaitement ce que la blonde ressentait. Ce sentiment de jalousie parce qu'elle, elle ne pouvait pas faire la même chose. À la différence que c'était de la faute de Margareth si elle ne pouvait pas serrer Albus dans ses bras. Elle leva ensuite les yeux vers le Serpentard qui était juste derrière Rose, en compagnie de Scorpius et Eloïse. Elle monta encore une marche pour se retrouver devant eux, adressa un sourire aux deux garçons et se glissa entre Eloïse et Albus sans qu'aucun des deux ne fasse de remarque.

Albus s'appuya un peu contre son épaule et juste ce contact lui provoqua tout un tas de sensations contraires. Elle s'appuya contre lui en retour. Peut-être que "se cacher" n'était pas très judicieux mais ça provoquait un sentiment vraiment bizarre en elle. Comme si le danger lui provoquait des frissons d'exaltation. Et quand le danger s'appelle Lily Potter, le frisson n'en est que plus grand. Sunny eut un petit pouffement et leur adressa un clin d'oeil de la marche en dessous.

Comme elle se l'était promis, elle avait tout avoué à Sunny. La blonde ne l'avait pas cru pendant un moment jusqu'à ce qu'elle lui fasse comprendre que c'était la vérité. Bien sûr, elle lui avait fait promettre de ne rien dire mais Sunny étant un spécimen de la même race que Violette, la discrétion n'était pas son fort. Heureusement, elle était un peu plus évoluée.

Les autres ne semblèrent pas remarquer le signe "tout en discrétion" de Sunny et continuèrent de s'installer. Rose avait l'air d'avoir manger un truc de travers. Depuis deux semaines. Margareth s'inquiétait franchement pour son amie, il y avait quelque chose qui n'allait et la rousse refusait d'en parler. Pourtant, et Margareth en était sûre, Scorpius devait être au courant. Elle ne savait pas exactement ce qui se tramait entre ces deux-là mais elle sentait qu'il se passait quelque chose. Et niveau tramage elle s'y connaissait (sa relation avec un certain brun aux yeux verts en était la preuve).

Alors qu'elle se prenait pour la nouvelle James Bond en chef, elle entendit quelqu'un crier du bas des gradins, la sortant de ses réflexions. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour voir Caleigh Shine, batteuse dangereuse de Poufsouffle (qui devrait être dans les vestiaires et pas dans les gradins) et amie de Nathaniel. Si Caleigh était là, alors le Nathaniel en question ne devait pas être très loin. Margareth se surprit à le chercher des yeux. Ce n'était pas très bon ça.

- Maguiiii ! criait la blonde.

Margareth se leva en criant le prénom de la jeune fille en retour. Jeune fille qui accourue vers elle avec un magnifique et grand sourire.

- Ah, attends, fit la Poufsouffle en s'arrêtant avant de sortir un mouchoir. Voilà, ceci est un drapeau blanc donc pour l'instant on ne s'attaque pas d'accord ?

Elle s'adressait à Scorpius. Ce dernier avait un air méfiant mais hocha la tête. Mais à quoi ils jouaient tous les deux ?

- Tu vas bien ? demanda Caleigh en se tournant vers elle. Je n'ai pas eu le temps de venir te voir depuis l'autre jour, alors...

- C'est pas grave, ne t'inquiètes pas je vais bien, répondit Margareth avec un sourire.

- Mmh, je voulais te dire quelque chose... concernant mon ami blond et stupide (tu vois de qui je parle ?) je tiens à m'excuser pour ce qu'il t'a dit, soupira Caleigh.

Elle parlait de Nathaniel. Des acclamations et des applaudissements retentirent ainsi que la voix de Judith qui commençait à blablater sur le match, annonçant l'entrée des équipes.

- Merde, grogna Caleigh en se tournant vers le terrain. Et, je veux aussi m'excuser d'avoir gâché ton moment, ajouta-t-elle en se tournant vers Albus. Si je n'avais pas dévisagé Magui de la sorte, je pense qu'elle n'aurait eu d'yeux que pour toi.

Albus et Margareth évitèrent soigneusement de se regarder. Elle ne pouvait certainement pas lui dire qu'elle avait déjà d'yeux que pour lui et que ça faisait déjà deux semaines qu'ils se voyaient en cachette n'est-ce pas ? Situation compliquée.

- Ah et, Magui, continua la blonde sans se douter de rien, je sais que la réaction de Nat' t'as un peu refroidie mais s'il te plaît, n'abandonne pas !

Et sur ce, elle se retourna, dévalant les marches afin de rejoindre les équipes qui commençaient à entrer sur le terrain. Attendez... C'était tout ? Au moins c'était une discussion rapide qui ne passait pas par quatre chemins mais bon quand même.

- Elle a raison, dit Albus pendant que tout le monde applaudissait et criait autour d'eux. Tu ferais mieux d'aller lui parler.

Margareth le regarda. Le sujet "Nathaniel" était un peu tabou entre eux. Non, en fait, il n'était tabou que pour elle. Qu'Albus lui dise ça... Il l'encourageait à aller parler à Nathaniel ?

- Je sais que tu t'en veux pour toute cette histoire avec lui, murmura Albus en se penchant vers elle. Magui, je préférerai que vous ayez une vraie discussion tous les deux plutôt que tu te contentes de ruminer dans ton coin.

- Mais et s'il me hurle dessus...

- Tu es une Gryffondore, tu as la tête dure. Tu n'as qu'à insister jusqu'à ce qu'il t'écoute, fit-il en lui tapotant la tête.

Margareth se retint de lui dire qu'elle avait dit exactement la même chose à James à propos de Yana. D'ailleurs ça les avait mené exactement là où ils en étaient : Yana qui faisait comme si James n'existait pas alors que James n'avait l'air de vivre que pour la Serpentarde. Situation compliquée, là encore.

Bref, il n'était pas question de Yana et James ici mais d'Albus qui l'encourageait à aller voir Nathaniel. Il y avait comme un truc qui clochait.

Un truc qui clochait, comme l'air suspect de Scorpius les dévisageant tous les deux. Margareth n'était pas persuadée qu'il sache. Elle en était sûre. Albus n'avait rien dit au blond, ça elle le savait, mais puisque Scorpius était la personne la plus proche d'Albus, on pouvait penser qu'il était au courant de tout sans que le brun ne lui en parle. C'était lui le véritable James Bond en chef. D'ailleurs, elle se demandait comment un autre James (l'idiot de Gryffondor) ne l'avait toujours pas deviné (sûrement une affaire plus urgente à régler du nom de Yana). Non, en fait elle se demandait comment elle avait réussi à berner tout le monde pendant deux semaines sans que personne n'ait de soupçons. Surtout avec Albus comme complice.

Scorpius lui adressa un petit sourire qui lui fit un petit pincement au coeur avant de se concentrer sur le match. Le blond lui reparlait depuis quelques jours. Il y avait toujours un froid entre eux, sûrement le fait qu'elle ait blessé Albus au milieu de toutes ces bêtises. Mais il faisait au moins l'effort d'essayer que les choses redeviennent comme avant et ça réchauffait un peu le petit coeur fragile et cardiaque de Margareth. Si seulement un autre blond de Poufsouffle pouvait faire la même chose... Même si c'était à cause d'elle qu'il ne lui parlait plus.

- Magui, arrête de culpabiliser, gronda Albus quelque part devant elle.

Elle leva la tête pour croiser les sourcils froncés du brun. Il était mignon comme ça. Mais ce n'était pas la chose à dire.

- Mais Al' il y a deux semaines tu me faisais une crise à propos de Nat' et maintenant tu veux absolument que j'aille lui parler, dit-elle en baissant le ton pour que les autres autour n'entendent pas leur conversation.

- Je te fais confiance, répondit-il avec un sourire. Mais tu as intérêt à me revenir vite.

Margareth se sentit rougir. Pour le coup, lui, il n'avait pas baissé le ton. Et au vu du sourire de Scorpius, il avait entendu. Oh bon sang, cette histoire de rester caché n'allait pas durer longtemps. C'était vraiment un miracle qu'elle ait duré deux semaines !

Albus, ignorant les pensées de Margareth, retourna au match qui allait bientôt débuter et discuta avec Scorpius comme si de rien n'était. Margareth les fixa pendant un long moment. Albus lui faisait confiance. S'il lui faisait confiance, elle ne pouvait pas le trahir. Elle tendit sa main vers celle du Serpentard qui se laissa totalement faire, continuant de parler normalement avec le blond tandis qu'il serrait doucement ses doigts entre les siens.

Un coup de sifflet retentit et le match démarra. Ils se rassirent et Margareth se vit obligée de lui lâcher la main. Elle réussit à se concentrer cinq bonnes minutes sur le match mais finit par abandonner. Si elle était venue, c'était uniquement pour être avec ses amis. Et avec Albus.

Eloïse émit un sifflement entre ses lèvres à côté d'elle. Margareth tourna la tête vers elle, la trouvant avec une grosse paire de jumelles. La Gryffondore avait toujours ses longs cheveux roses et ne semblait pas vouloir en changer. D'un côté, cette coupe lui allait très bien alors pourquoi en changer ?

- Regarde moi ça, fit Eloïse en lui tendant sa paire de jumelles.

Margareth regarda l'endroit que lui pointer la rose pour voir que le Vif d'Or se trouvait juste derrière l'attrapeur de Serdaigle qui n'avait rien vu. Au moment où elle pensait ça, la petite balle plongea brusquement vers le sol et Margareth tenta de la suivre des yeux. Avant de rencontrer le visage de Nathaniel. Elle baissa les jumelles pour voir le blond détourner la tête dans une autre direction. Il était juste en face ! Depuis le temps qu'elle ne l'avait pas vu... Ils s'évitaient mutuellement depuis la rentrée. Et là, il fallait juste qu'elle traverse son gradin et qu'elle aille à celui d'en face en contournant le terrain de l'extérieur avant de pouvoir le rejoindre.

Elle stoppa tout mouvement. C'était faisable, le match allait durer longtemps.

Elle se leva sous le regard perplexe d'Eloïse.

- Je reviens, dit-elle juste avant de descendre les marches.

Albus haussa un sourcil dans sa direction et elle lui fit comprendre dieu-sait-comment (par pensées peut-être) qu'elle lui expliquerait plus tard.

Margareth descendit de son gradin et sortit de l'infrastructure. Elle essaya ensuite de se repérer et grimpa dans un gradin en espérant que ce soit le bon. Elle se posta en bas avant d'apercevoir Nathaniel tout en haut. C'était beaucoup plus rapide que prévu, elle avait mis combien de temps ? Dix minutes ? Elle monta les marches, sans que personne ne la remarque (tous étant occupés à encourager leurs équipes). Par chance, le blond était côté couloir. Elle se glissa à côté de lui et eut droit au regard le plus surpris du monde quand il la vit à côté de lui. Il failli en tomber par terre. Toujours aussi maladroit, décidément.

- Qu-qu'est-ce que tu fais là ? bégaya-t-il.

- Je crois qu'il faut qu'on parle, dit-elle.

- Hors de question, répondit-il en tournant la tête vers le match.

- Nat' je..

- Ne m'appelle pas comme ça, cracha-t-il, il n'y a que mes amis qui peuvent se le permettre.

Tu as la tête dure, tu as la tête dure, tu as la tête dure, scanda la voix d'Albus quelque part dans sa tête.

- Nathaniel, il faut qu'on parle, cette situation ne peut plus durer, reprit-elle.

- Quelle situation ? Moi, je trouve ça très bien ! Je vais mieux quand tu ne fais plus partie de ma vie.

Bam, dans les dents. Dents qu'elle serra très, très, trèèèèèèès fort. Il commençait à l'agacer avec son entêtement à la Albus. Et ce n'était absolument pas le moment de penser à Albus !

- Pour moi tu fais toujours partie de la mienne, répondit-elle en croisant les bras.

Il planta ses yeux dans les siens et elle ne comprit pas pourquoi ils affichaient cet air si blessé. Qu'est-ce qu'elle avait dit ? Bon sang, qu'est-ce qu'elle avait bien pu dire de blessant ? Nathaniel la poussa afin de descendre presque en courant les gradins. Mais... Que quelqu'un lui explique comment ça fonctionne un Poufsouffle ! Elle avait déjà eu tellement de mal à comprendre le fonctionnement d'un James et d'un Albus, il fallait maintenant qu'elle se mette au Nathaniel ?!

- Tu crois que c'est son copain ? demanda quelqu'un derrière elle.

- Impossible, c'est Margareth Thompson, la fille qui a largué Albus, répondit une autre personne.

- Elle était avec Albus ? intervint une autre voix.

- T'es pas au courant ? Il paraît qu'elle a joué avec lui pour devenir populaire et qu'elle avait déjà un copain ! reprit la première.

- Attends, ce serait lui son copain ?

- Sois pas stupide, qui lâcherait Albus Potter pour un pauvre Poufsouffle ? fit la deuxième.

- Si c'est lui c'est carrément décevant, je m'attendais à mieux.

Et blablabla.

À croire que les filles qui venaient au match, n'étaient là que pour l'emmerder. Sur ce, elle se retourna, leur adressant un regard noir et redescendit à la poursuite du blond. Saleté de rumeurs à la noix. Elle pensait que ça s'était arrangé pourtant... La preuve qu'il suffisait d'un rien pour les alimenter encore plus.

- Nathaniel ! s'écria-t-elle en rattrapant le blond.

- Mais lâche-moi ! répondit-il en retour.

- Non, je ne te lâcherai pas ! Tu ne veux pas m'écouter alors je te forcerai à le faire !

- Je me contrefiche de ce que tu as à me dire, grogna-t-il en quittant le terrain.

Elle le suivit, déterminée à boucler cette histoire une bonne fois pour toute.

- Mais bon sang, Nat' ! dit-elle en lui attrapant les épaules afin qu'il la regarde dans les yeux. Je veux juste que tu m'expliques à quoi ça rime tout ça ! Je ne comprends pas pourquoi tu es devenu aussi méchant, pourquoi tu me détestes autant ! Explique-moi !

- Tu veux que je t'explique ? fit-il d'une voix froide.

Margareth sentit qu'elle n'allait pas aimer ce qui allait suivre mais elle hocha quand même la tête.

- Alors je vais t'expliquer, reprit le blond en fronçant le nez. Tu me dégoûtes, t'es chiante, t'es têtue et juste ta présence m'emmerde au plus haut point. Je te déteste parce que tu m'as fait espérer pour rien, parce que tu t'es soit-disant rendue compte de rien et que dans l'histoire c'est moi qui passe pour un idiot. Je savais très bien que tu ne m'aimais pas et pourtant... Et pourtant je ne pouvais même pas m'empêcher d'espérer. Alors merde fous moi la paix maintenant ! Je veux passer à autre chose et c'est pas en voyant tes yeux vides d'intelligence devant moi que ça va me permettre de réussir à tourner la page !

Margareth ne dit rien. Il tremblait et ses yeux brillaient. Elle aurait peut-être dû être étonnée et blessée de ses paroles mais... Il lui faisait de la peine. Elle pouvait sentir cette boule si douloureuse dans sa gorge. Ce n'était pas ses mots qui lui donnaient envie de pleurer, c'était juste son expression. C'était son ami, quoi qu'il dise, et elle ne supportait pas de voir ses amis souffrir. Encore plus à cause d'elle.

Elle tendit le bras vers lui et il se recula avec un air méfiant. Elle ne recula pas, au contraire, et le prit dans ses bras. Il en oublia de se débattre.

- Je suis tellement désolée, chuchota-t-elle. Tellement désolée que j'en deviens malade.

Il referma ses bras dans son dos, s'accrochant presque désespérément à elle.

- J'aurai dû me rendre compte de ce que tu ressentais, continua-t-elle, j'aurai dû. Je m'en veux tellement... Tu ne mérites pas tout ça... Surtout pas à cause de moi, j'en vaux vraiment pas la peine.

Nathaniel se blottit un peu plus contre elle. Elle frotta doucement son dos, ne sachant plus quoi dire. Qu'est-ce qu'il y avait à ajouter de toute façon ? C'était tout.

oooooo

Ils restèrent longtemps comme ça. Margareth le berçant pratiquement et lui s'accrochant à elle comme à une bouée. Ils entendirent un long coup de sifflet et la fin du match sonna. Déjà ? Finalement le match n'avait pas duré longtemps... À moins qu'ils soient restés là plus d'une heure, ce qui lui paraissait peu probable.

Le coup de sifflet dut réveiller Nathaniel puisqu'il se redressa un peu, s'écartant d'elle. Margareth se fit alors la remarque que c'était un des rares garçons à faire pratiquement sa taille.

- Je crois que le match est fini, dit-il juste.

Ils se regardèrent ne sachant pas quoi ajouter. Et maintenant ? Qu'est-ce qu'ils étaient censés faire ? Est-ce qu'il la détestait toujours ? Est-ce qu'elle devait encore s'excuser ?

- Magui je... je crois que j'en ai fais un peu trop, souffla-t-il les yeux encore gonflés.

Non, elle ne voulait pas entendre ça.

- Je comprends, tu n'as pas à t'excuser c'est entièrement de ma faute, coupa-t-elle.

- Non, je... J'ai vraiment pété les plombs je... je suis désolé.

- C'est normal d'avoir eu cette réaction, tu n'as pas à t'excuser.

Il la regarda en fronçant les sourcils.

- Ce n'est pas normal comme réaction, dit-il.

- Si, je comprends, tu étais triste et en colère, tu avais le droit de...

- Non. Je n'avais le droit de rien du tout, je t'ai dit des choses méchantes que je ne pensais pas, soupira-t-il, je n'avais pas le droit de te rabaisser juste parce que tu ne ressens pas la même chose que moi.

Margareth sentit son coeur se serrer. Il n'avait pas tort. Mais elle s'en voulait toujours autant quand même.

- Je m'en veux, dit-elle, j'aimerai pouvoir faire quelque chose pour toi, pour me faire pardonner mon manque de jugeote.

- Tu n'y peux rien, rétorqua-t-il en secouant la tête. Caleigh m'avait dit que j'étais devenu quelqu'un de méchant et sinistre, elle avait raison. Je te fais même culpabiliser alors que tu n'as rien fait.

- Mais justement c'est parce que je n'ai rien fait que tout ça est arrivé ! Si je m'en étais rendue compte avant que...

- Je pense que ça va durer longtemps, coupa-t-il avec un sourire.

- Comment ça ? demanda-t-elle perplexe.

- Je m'en veux et tu t'en veux. On cherche tous les deux à s'excuser parce qu'on pense que c'est nous les seuls fautifs et qu'on ne veut pas que l'autre s'en veuille.

Il n'avait pas tort.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? interrogea-t-elle.

- Je ne sais pas...

- Tu penses qu'on peut tout recommencer à zéro ?

Nathaniel releva la tête vers elle. Une deuxième chance, voilà ce qu'elle lui proposait. Mais en amitié et ça elle espérait qu'il le comprenait.

- On peut essayer, répondit-il avec un petit sourire.

Margareth lui en fit un aussi, surprise de sa réponse.

- Mais, j'aimerai que tu me laisses quelques jours, ajouta-t-il ensuite, j'ai besoin de réfléchir à tout ça...

Elle hocha la tête lui accordant ce qu'il lui demandait. Après, peut-être qu'ils se reparleraient comme avant. Elle ne pouvait qu'espérer en tout cas.

- Bon, je pense qu'on ferait mieux de retourner au château, dit-elle d'un ton plus léger, Sunny va me piquer une crise si elle ne me voit pas revenir.

Nathaniel hocha la tête et lui emboîta le pas. Ils arrivèrent vite devant les portes. Bon, c'était là qu'ils étaient censés se séparer alors.

Il la fixa pendant un moment puis lui tourna le dos, la laissant en plan devant les portes. Et bin, si elle s'attendait à ça... Elle secoua la tête et entra dans le château pendant que Nathaniel allait rejoindre ses amis dans les vestiaires de Poufsouffle. Elle se demanda qui avait gagné. Peut-être que les Serdaigles étaient plus rapides que les Poufsouffles mais ils n'avaient pas une Caleigh Shine dans leur équipe. Et Caleigh était juste extraordinaire. Margareth se demandait encore comment un petit bout de fille comme elle pouvait renvoyer un Cognard avec une telle force.

Elle monta les marches avec un léger sourire en songeant à son amie blonde avant de se retrouver nez à nez avec Lily Potter. La rousse lui adressa un regard noir avant de lever le nez d'un air hautain et de grimper un escalier tournant. Margareth préféra feindre l'ignorance en tournant dans un couloir plutôt que de la suivre et d'entendre tout ce que la troisième année pouvait dire sur elle.

Elle marchait donc en ronchonnant contre les petites rousses et leurs ami(e)s stupides quand Albus apparut au coin du couloir. Il avait toujours le don de la retrouver n'importe où. Sans doute grâce à la carte qu'il peina à cacher sous sa robe avant qu'elle ne le voie. Raté d'ailleurs, mais elle allait faire comme si elle avait une très mauvaise vue.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle en se rapprochant de lui.

- Je te cherchais, répondit-il en passant une main dans ses cheveux, et je t'ai trouvée.

- Comme toujours, remarqua-t-elle avec un petit sourire.

Là, ils allaient enfin pouvoir s'embrasser. C'était la première fois de la journée. Elle leva le visage vers lui, lui quémandant un baiser qu'il mit un temps fou à lui donner. Il avait toujours ce problème de ne pas l'embrasser quand elle lui demandait. Sûrement parce qu'elle lui demandait implicitement. Peut-être trop implicitement. Mais, franchement, vous la voyez dire "Albus, je te demande de m'embrasser" ? Non, elle non plus.

- Alors avec Nathaniel ? questionna le Serpentard en se redressant.

Comment il savait qu'elle était allée parler à Nathaniel ? Il lisait vraiment dans ses pensées ou quoi ?

- Comment tu sais... ? demanda-t-elle, surprise.

- T'étais juste en face et Eloïse t'a vue avec ses jumelles alors elle nous l'a dit, expliqua juste le brun en haussant les épaules.

- Ah.

- Alors ? redemanda-t-il.

Elle lui prit le bras et ils avancèrent, comme au début de leur relation. Quand ils n'étaient que de simples amis et pas deux idiots qui cachaient leur relation à leur entourage.

- Et bien, je lui ai parlé, il m'a crié dessus mais j'ai tenu bon (grâce à tes conseils) et finalement ça s'est arrangé, résuma-t-elle d'un ton qu'elle espérait léger.

Parce que c'était loin d'être le cas dans son estomac. Il ne lui avait jamais paru aussi lourd.

- C'est tout ? questionna Albus d'un ton peu convaincu.

- Oui, c'est tout.

Et ça lui avait suffit.

- Donc, vous êtes de nouveau amis ? continua le brun en se penchant vers elle.

- Je ne sais pas, je dirai que non parce que je pense qu'on doit tous les deux y réfléchir mais j'espère que ça va s'arranger.

- Mmh...

Margareth fronça les sourcils. Elle avait comme une impression bizarre.

- Tu sais, j'ai l'impression que tu parles de ton petit-ami, souleva Albus à sa place.

Une impression partagée visiblement. Elle s'arrêta et lui donna un coup de coude.

- Idiot, tu sais très bien que c'est toi mon petit-ami, grommela-t-elle en détournant le regard.

Pas que ça la gênait mais...en fait si, ça la gênait énormément. Albus eut un sourire tout aussi gêné à côté d'elle. Et dire qu'ils étaient vraiment ensemble, quel beau duo d'abrutis finis ils faisaient. Puis pourquoi étaient-ils gênés d'abord ?

- Magui, appela Albus.

Elle leva la tête et au moment où le Serpentard se penchait vers elle pour l'embrasser de lui-même (ce qui n'arrivait pas souvent), James et Yana déboulèrent dans le couloir. Margareth fut prise d'un élan de panique et poussa Albus contre le mur. Qui s'ouvrit, les faisant tomber à l'arrière dans un bruit monstrueux. Une fois par terre, vautrée sur Albus comme sur son lit, elle se retourna pour s'apercevoir que le mur était en fait une porte menant à une salle de classe. Évidemment, les murs ne s'ouvrent pas comme ça.

- Vous allez bien vous deux ? demanda Yana appuyée contre l'encadrement de ladite porte.

- Heu... oui, oui, fit Margareth en se relevant.

- Qu'est-ce que vous fichiez dans ce couloir ? questionna James en plissant les yeux. Tout seul ? ajouta-t-il avec un air inquisiteur.

- On discutait, répondit Albus en se relevant aussi, et vous ?

- Elle essayait de m'éviter et je la poursuivais, fit James avec un grand sourire.

- La routine, remarqua le Serpentard.

- Exactement, approuva James.

- Bon, pas que vos idioties me gênent mais je dois retourner dans ma salle commune, intervint Yana avec un air d'excuse.

- Hors de question, je crois bien que tu étais sur le point de me dire quelque chose, coupa James avec un sourire sadique.

Yana eut l'air d'avaler un citron de travers.

- Je n'ai jamais rien eu à te dire, Potter, cracha-t-elle en reculant.

Ce qui ne servit à rien puisque le Gryffondor s'enroula autour d'elle avec un sourire de plus en plus effrayant.

- Oh que si, je veux te l'entendre dire, murmura-t-il à son oreille.

Hum, qu'ils le disent s'ils étaient de trop.

- Mais nan Magui, tu ne me gênes ab-so-lu-ment pas ! répondit James avec un clin d'oeil.

Ah, elle avait parlé à voix haute. Depuis le temps que ça ne lui était pas arrivé, il fallait que ce soit maintenant. Sur ce, le Gryffondor s'amusa à mordiller le cou de Yana qui passa du blanc au rouge en un éclair. Heu... Oui, Margareth comprenait aussi pourquoi la brune avait l'air de vouloir se terrer dans un trou de souris, cette situation était horriblement gênante. Autant pour eux que pour elle.

- Moi je crois qu'on va y aller, déclara fortement Albus en se levant d'un bond.

Margareth hocha vivement la tête en abandonnant James à sa séance de torture. Faire ça sous leur nez, James était vraiment quelqu'un de sadique. Ou fou. Ou sans aucun sens du mot "privé". Tout ça à la fois sûrement.

- Aller dis-le, entendit-elle derrière elle.

Ce qui lui fit accélérer le pas.

- Tu n'es qu'un idiot, grommela la voix de Yana.

Aller, elle était presque au bout de ce foutu couloir !

- Dis le, ordonna encore James.

Albus disparaissait déjà derrière l'angle de ce foutu et trop long couloir. Bon sang, elle n'allait pas se mettre à courir si ?!

- Je... Je t'aime, imbécile, lâcha la brune.

Si, elle allait le faire. Margareth détala comme un lapin et atteignit la fin du couloir trop long avec un soupir de soulagement. Cette conversation n'était décidément pas faite pour être entendue. Vraiment pas.

- Magui ? appela Albus.

Elle leva les yeux vers lui qui tirait une tête d'enterrement. Encore.

- Bon, je pense que je ferai mieux de remonter, les filles vont s'inquiéter, marmonna-t-elle.

Albus hocha la tête. Elle s'en voulait un peu de le laisser en plan. Margareth se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un minuscule baiser sur sa mâchoire avant de partir. Si seulement James n'avait pas fait ce genre de choses...

- Mais quel crétin, grommela-t-elle en grimpant les marches.