Little Sister

Disclamer: Les personnages de SOA appartiennent à Kurt Sutter... malheureusement!

Résumé: "- Happy a une sœur!" "- Non sérieux?" "- Si j't'le dis!"

Note: Introduction d'un personnage de mon imagination.

Note 2: L'histoire débute lors de l'épisode 02x05 – Représailles. Il y aura donc des spoilers et des scènes refaite à ma sauce.

Note 3: Les chapitres sont très courts et, normalement, chacun marque un POV différents. N'hésitez pas à me laissez des commentaires, même si eux aussi son courts: c'est toujours agréable!

Bonne lecture !

Après notre rencontre avec TO et les irlandais, Bobby a appelé Lin, pour organiser une rendez-vous. Le mec pouvait pas nous accorder un temps fou, et surtout, il pouvait pas bouger. Alors on a fait le déplacement jusqu'à son resto de San Francisco. De mon coté, j'ai appelé Juice pour qu'il remue Serg, et Chibs c'est proposé de nous rejoindre.

A l'intérieur, Lin a réarrangé la déco et préparé les table : nappe blanche, serviette rouge, nouveaux canapés, etc. La grande classe et je doute que ce soit pour la clientèle de base. C'est d'ailleurs ce que Clay fait remarquer à notre hôte, à peine arrivé.

« Cl – L'anniversaire de Bouddha?

Li - Repas pour mes clients de Hong Kong. Tu as besoin de quoi? »

On a l'air de l'emmerder au plus haut point ; c'est clair que ça ferait mauvais effet si ses riches clients le voyait en compagnie de mauvais garçons tatoués.

« Cl – Des MP5, une demi douzaine.

Li – J'ai appris pour l'attaque.

Cl – C'est plus que ça. »

Je lui explique le problème : Alvarez qui s'installe autour de notre territoire et qui compte vendre sa drogue en nous passant dessus. Les armes, pour des amis, qui doivent nous aider à les garder en dehors.

« Li – Ça explique pourquoi on a eu si peu de résistance à Oakland. Nouvelle livraison de Gaza : 2000 pièce. »

Un des mecs de Lin, derrière le comptoir, sort un fusil mitrailleur et me le file. J'adore tester le matos! C'est pour ça que j'ai proposé à Jax de venir!

« Bo – Merde! Les armes juives sont chères!

Li – C'est un prix d'amis. Je le double dans la rue.

« Cl – On va donner ce matériel. En ce moment, j'ai pas ce genre de somme. »

Je manipule le chargeur, vérifie l'assemblage, si le numéros de série a bien été effacé, sans prêter plus que ça attention a ce qui se dit... je reconnais pourtant que Bobby a raison. C'est de la bonne qualité, mais c'est pas pour nous, alors va falloir y aller doucement!

« Li – Jax, tu as toujours tes contacts de Caracara?

Ja – Pourquoi? »

J'aime pas trop la tournure que ça prend d'un coup. Pourquoi Lin veut savoir si Jax a toujours ses contacts dans le porno? Il peut se payer autant de pute qu'il veut. En quoi ça l'interesse?

« Li – Le nouveau passe temps favori de mes clients lorsqu'ils sont aux États Unis : faire des vidéos avec des stars du porno. Et tout ce que j'ai, c'est des putes asiatiques. »

Nous y voilà!

« Ja – Combien t'en veux?

Li – Quatre ou cinq, prêtes a se salir les mains. »

Jax me prend à part. Je sais déjà ce qu'il va me demander, et ça me plait pas.

« – Tu penses que Lyla peut se débrouiller pour nous trouver des filles de Caracara? Partage égal : 50 / 50?

– Je pense.

– Tu vois avec elle?

– Ok. »

Je peux pas refuser un service au club mais, puisque c'est moi qui doit gérer avec Lyla, je pourrais toujours lui faire comprendre qu'elle est pas concernée par la proposition.

J'ai vu à la tronche de mon meilleur pote qu'il était pas pour faire ce deal. Je sais ce qu'il pense de tout ça : il voudrait que Lyla s'arrête. On en a parlé hier soir, vite fait. Il m'a expliqué ce qui c'était passé dans le sex shop, pourquoi il n'avait pas vu les gars passer dans le couloir. J'ai mal pour lui, j'aurais aimé lui épargner cette demande, mais je peux pas. Le club avant nos problèmes personnels : c'est toujours comme ça que ça a marché.

« - Okay. Implication personnelle : 10000 chacune. »

La tune, je sais que ça aidera pas Ope mais, au moins, si Lyla doit en être, je veux qu'elle soit grassement payé pour cette merde.

« - Okay. Implication personnelle : 10000 chacune. »

Putain Jax! Mais qu'est ce que tu fous! On vient lui demander des armes, il nous demande de la star du porno en échange, et toi tu trouves encore le moyen de demander de l'argent? Il va nous virer ce connard d'asiat'! Et par la peau du cul! Mais qu'est ce qui me prend de lui laisser les rênes à mon VP?

« Li - Allez!

Ja - Hey! Tu as le prix d'ami! Je double ce prix dans la rue! »

Ok, j'ai rien dis. Bien joué fils!

« Cl – Passes nous les flingues. Paie nous la différences en cash. Facture tes potes de Hong Kong, ou qui tu veux pour les vidéos et la fête.

Li – Okay, mais vaudra mieux que ce soit le top de tes petites chattes blanche. J'en ai besoin, ici, pour 3 heures cet après midi. »

« Li – Okay, mais vaudra mieux que ce soit le top de tes petites chattes blanche. J'en ai besoin, ici, pour 3 heures cet après midi. »

Sale con! Ma nana, c'est pas de la viande. Croit moi mec, tu lui manques de respect et je te bute!

La réaction de Léna m'a laissé sur le cul ; en quelques secondes, elle est passée de la fille avec qui on peut délirer, a une bête sauvage, pleine de haine. Elle m'a dit s'être embrouillé avec ma blonde, mais sans plus d'explications : elle a ensuite été s'enfermer dans le bureau de Gemma, soit disant pour faire les comptes, d'après ce qu'elle a dit à Dog. Et Chibs n'a rien voulu me dire, soit disant que ça le concernait pas et que je saurais bien assez tôt.

Du coup, quand Jax m'a appelé pour me dire de retourner voir Serg, j'ai pas hésité. J'en serais pas plus sur ce qui c'est passé ce matin, Léna étant peu coopérative et ma régulière ayant disparue. Autant bosser ailleurs.

Je suis arrivé le premier au bureau de Precious ; Serg, quand je l'ai appelé, m'a dit de le retrouver là-bas. Jax, Opie et Bobby sont arrivés une bonne demi-heure plus tard et, devinez qui a monté la garde comme un rottweiler? Precious! Y'a pas a dire, entre elle et Bobby, c'est la troisième guerre mondiale!

« S - J'ai un résultat pour Timothy O'Dell. Arbutus Lodge, Vancouver. Il y a quatre jours. Il est resté seulement une nuit.

Ja - Et ensuite?

Ju - Après ça, rien.

Ja - Il a pu prendre l'avion?

Ju - Pas sous ce nom.

S – Si c'était moi, j'aurais pris un autre nom. Pour garder la piste froide. »

Les questions de notre VP sont légitimes : il cherche a savoir où Hayes est allé ensuite. Mais on a rien de plus. Serg comme moi n'avons rien trouvé de plus. Pas d'idées, pas de traces. Rien.

« Ja – Vérifie dans les ports, les enregistrements. Regarde s'il a inscrit un autre bateau.

S – Accès limité, mec. Chasseur de prime est un privilège américain. J'ai aucun droit au Canada.

Ja- Merde! »

Ouais, c'est aussi ce que je me dis! On en a de la chance chez nous! Mais ce connard d'Irlandais savait ce qu'il faisait en sortant du pays.

« Bo – Comment tu fais si tu veux retrouver quelqu'un au nord de la frontière?

S – Mercenaire. J'ai un gars super. Pas de questions, chasseur de premier rang. Il faut le payer d'avance : 10 plaques par tête. »

C'est cher, très cher! 10000 par tête, j'espère vraiment que le mec en vaut la peine. Je vois Jax et Opie se regarder : ils savent qu'on a pas la tune. Pas besoin de le dire tout haut, on le sait tous. Pourtant, Ope fait un signe de tête, il doit avoir une idée pour l'argent.

« Ja – C'est bon. »

J'ai fini par sortir du bureau de Gemma, après avoir fini toute la compta en retard … moi qui ait horreur des chiffres, fallait vraiment que j'ai pas envie de rendre des comptes pour faire ça! C'est la décadence!

Finalement, j'ai été au garage ; Chibs m'a appelé lorsqu'une nouvelle bécane est arrivée pour une customisation. La first Old Lady étant pas là pour le devis et les papiers, c'est moi qui m'en suis chargé.

« - Léna. »

J'étais entrain de regarder par où j'allais démonter la carrosserie modifiée pour pas trop l'abimer, quand Clay m'a appelé. Je me redresse, et souffle un coup, les yeux fermés avant de me retourner pour lui faire face.

« - Oui. Un problème? »

Je crois que j'ai fais une connerie vu la tête du président de SAMCRO. Je devrais pas être au garage. Il va me dégager avec un bon coup de pied au cul! Ou alors me coller une balle dans la tête! Hap étant pas là, j'ai plus de garde du corps.

« - Tu sais je regarde juste. Je pensais pas m'occuper de cette moto.

- Non, non. Pas de soucis. »

C'est bon miss, arrête de chercher les issues de secours et les éventuels outils qui pourraient perforer une boite crânienne.

« - T'as fait du bon boulot sur les deux premières bécanes. Les proprios étaient content. Je te laisse celle-là. Fais aussi bien. Et prouve nous que tu mérites ta place ici.

- Ok. »

J'ai eu le temps de regarder autour de moi ces derniers jours, de voir les évolutions au sein de mon propre club. Les gars, dans leur grande majorité, ont bien accrochés avec la frangine d'Happy. Chibs, Jax, Juice, Bobby. Ils ont chacun une relation différente avec elle. Tig aussi ; on en a parlé un peu au téléphone lorsqu'il surveillait Gemma dans ce motel, à Rogue River. Il m'a demandé de ses nouvelles, savoir si elle avait bien géré toute cette merde. Et j'ai été incapable de lui répondre. Faut dire qu'elle m'évite, surement sur ordre de son frère.

Du coup, je me suis un peu renseigné, j'ai observé, faisant croire à ceux qui m'entourent que je me posais pour trouver une solution aux problèmes. Ce qui n'est pas faux non plus : je peux pas me permettre de lâcher la barre complètement non plus, Jax n'étant pas là pour prendre les décisions lui revenant, et mon Sergent d'arme absent physiquement.

Léna s'est intégrée au groupe, sans pour autant en faire complètement partie. Elle est proche de certains, et en zappe d'autres. Opie et Piney, notamment. Elle leur adresse peu la parole, voir pas du tout, elle ne leur demande rien. Tout le contraire de Jax ou Chibs, avec qui elle semble complice.

Pourtant, dans tout les cas, elle n'hausse pas le ton ; du moins pas que je sache. Et ce jusqu'à ce que je rentre ce midi. Quand je suis arrivé au bar, pour me prendre une bière après les rencontre avec les Grim Bastard, les Irlandais et Lin, plusieurs crow-eater sont venues se plaindre de son comportement. Elles m'ont dit que, puisque Gemma était pas là, je devais la remettre en place, et tout le bordel. Ce à quoi je leur ai répondu que j'en avais rien a battre de leurs merdes et qu'elles avaient qu'à se foutre sur la gueule, mais seulement le soir, pendant que tout le monde est là, histoire de nous divertir.

J'ai quand même été voir l'écossais, savoir de quoi il en retournait, si c'était grave. Il m'a assuré que non, alors j'ai laissé tomber. Dans ce club, seules les filles bien et avec du caractère s'en sorte : les autres finissent par ouvrir des bières en écartant les cuisses. Si elle veut faire son trou ici, s'intégrer, j'y vois pas de soucis. Elle bosse bien, elle est réglo et effacée. C'est pour ça que je l'ai encouragé à s'occuper de la nouvelle bécane qui rentre aujourd'hui. Et aussi pour l'occuper, car son frère n'est pas là et que, comme me l'a fait remarqué Chibs, ça joue sur ses nerfs. Si je veux pas jouer au bureau des pleures, encore une fois, vaut mieux qu'elle garde les mains et les oreilles occupées.

Une Mercedes grise se gare devant le garage et une nana habillée classe, jupe et chemise cintrées, chaussures à talons en cuir noir haut de gamme, en descend. Elle fait tache dans le décor. Clay, Chibs et Piney se dirige vers elle et commence a discuter ; moi, je reste près de la Harley, en retrait, mais les oreilles grandes ouvertes.

« Cl – Ça s'annonce pas bien.

- Ça l'est pas chéri. Le conseil municipal de Charming a déposé une requête auprès du juge de Sanwa et obtenu une nouvelle audience pour l'affaire de l'agression. »

Je me relève et m'approche de l'entrée du garage, je m'adosse à l'un des piliers de l'ouverture. Je suis plus près du groupe que je ne le devrais car la discussion ne me concerne pas. Mais mon frère est autant dans la merde qu'eux, et s'il doit lui arriver quelque chose, je veux être au courant. Et d'après ce que je peux comprendre, cette audience va remettre en cause beaucoup de chose : une convocation dans ce genre de cas ne conduisant qu'à une chose, l'emprisonnement.

« - Merde! »

Clay s'attendait pas à ça apparemment. Mais à quoi il s'attendait franchement? Les Sons sont pas des anges, et même s'ils défendent Charming, tous ne l'entendent pas de cette façon... comme le conseil municipal par exemple. Je le vois s'approcher : il a une expression que je ne lui connais pas. De la rage, et peut être de la peur aussi, un peu. Il s'arrête à ma hauteur et nos regards se croisent. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression qu'il comprend ce que je fais là. Pourquoi je me suis rapprochée, pourquoi j'écoute. Je me permets donc de lui poser la question qui me brule les lèvres.

« - Qui c'est?

- Ally Lowen, notre avocate. »

Je n'écoute que distraitement Chibs demander des explications et la femme et Piney les lui donner. J'ai vu juste : l'enjeu de tout ce bordel, c'est l'emprisonnement, ou non, des Sons pour l'attaque du centre chrétien de Morada, quelques mois plus tôt. Et la merde survenue lors de la veillée du prospect ne fait qu'ajouter de l'eau au moulin. Ils sont dans la merde.

« - Ils disent que ce sont vos entreprises criminelles qui ont conduit aux représailles.

- Jacob Hale.

- Ce gars est un con. Il a une grande hache et il passe son temps à la faire tournoyer. »

Jacob Hale? Inconnu au bataillon, en ce qui me concerne. Mais pas au leur. Va vraiment falloir que je sorte du garage pour me faire des connaissances! Et pour le commérage!

« - J'ai remarqué un truc ce matin, chez Floyd. La ville est en colère.

- Qu'est ce qui se passe si on y va?

- Dans ce cas, ils pourront dire ce qu'ils veulent... »

J'écoute plus ce qui se dit : c'est plus intéressant. J'ai eu ce que je voulais. Savoir ce que pourrait devenir mon frère, et toute cette famille avec qui je commence à être bien.

On a fini par rentrer à Charming : maintenant que j'ai les informations de Serg, une localisation géographique de mon gosse, on va pouvoir mettre au point un plan. Même si je sais déjà dans quel sens cela va aller … je vais monter au nord, payer le mercenaire qui nous a été recommandé, et ramener Abel.

Clay a convoqué l'ensemble des membres dans la chapelle. Seul Hap est absent. On sait pas où il est, il est injoignable, mais je m'en fais pas : il suivra l'avis du groupe, tant que cela ne mettre pas sa sœur en danger et que je ramène mon fils.

« - Nos meilleures pistes pour Cameron et Abel mènent à Vancouver. C'est là que je vais. »

Tout le monde est à sa place. C'est tendu. Ils savent qu'on a des infos, qu'on en a obtenu, sinon on aurait pas insisté pour faire une assemblée aussi rapidement. Sans la préparer.

« - Je vais embarquer ma mère, prendre de nouvelles identités, et direction le nord. Garder Gemma hors d'atteinte. Je vais me mettre en contact avec le traqueur de Serg, et trouver mon fils. »

Tout n'a pas été aussi clair depuis l'enlèvement d'Abel : je sais où est ma voie, ma route. Je sais où je dois être. Je sais où dois être ma mère. Je sais comment l'éloigner de son avis de recherche. Il faudra que je lui explique. Mais ça me laissera encore un peu de temps... le temps de la mettre en sécurité. Et en confiance.

« - Tu n'iras pas seul. »

Non, ils ne peuvent pas m'accompagner! Ça doit pas se faire comme ça! Ils doivent gérer les problèmes qui nous tombent sur la gueule ici : Chibs m'a parlé de la nouvelle requête qu'a posé Hale auprès du juge. Il va nous mettre dedans cet enculé ; je peux pas tous les faire couler avec moi.

« - Écoutes, on ne sait pas ce que les charges de Sanwa vont donner. Tout le monde dit que là plus part des gens présents ne vont pas témoigner. Ça pourrait juste finir par un port d'armes illégales. Mais si on se casse tous, on passe tous pour coupable! Ils utiliseront ça contre nous. Je peux pas vous demander d'encaisser ça!

- Mais moi je peux! Qui est chaud pour l'aventure canadienne? »

Clay! Qu'est ce que tu fais?

« - Oh ouais! Ouais! »

Tous lèvent la main, en sifflotant ou an acquiesçant ; ils sont tous cinglés! Ils ont pas du piger les enjeux!

« - Tu perds!.. eh!

- Vous êtes tous des personnes mentalement déséquilibrées!

- Oh? »

Bande de cons! Je les adore, mais qu'est ce qu'ils sont cons … ou suicidaires! Ou dérangés! Ou tout à la fois! Mais finalement, ça me fais du bien de me savoir soutenu et compris. Qu'ils viennent, même si c'est mauvais pour le club, même si ça foutra encore plus la merde, c'est la plus belle preuve d'amitié qu'ils peuvent me faire. Et je les en remercierai jamais assez. Et du coup, l'ambiance c'est détendue. Et ça fait du bien de rire un peu, alors que tout par de travers.

« - Si on prend Gemma, va falloir lui dire pour le gamin.

- Je sais. »

C'est ce que je redoute le plus... mais je saurai le faire. Je trouverai le courage.

« - On fera ça
ensemble. »

Ouais, c'est pas une mauvaise idée en faite. Merci Clay.

On sort de la chapelle ; je dois accompagner Clay, Jax et Bobby chez Oswald. Pour le prévenir de notre départ. Pour le prévenir qu'il va perdre pas mal de fric avec ça. Nos cautions. Tout l'argent qu'il a mis sur nous, pour nous sortir de prison. Clay dis que c'est la moindre des choses que de le tenir au courant devant la merde qui va lui tomber dessus.

Alors qu'on arrive vers nos Dyna, je vois Lyla avec mon père. Je lui ai dis que je devais lui parler, qu'elle devait passer au garage. J'ai plus le choix, je dois lui parler à propose du boulot de Lin, pour cet après. Il est 11heures, elle doit aller chercher les enfants à l'école : pas beaucoup de temps, pas beaucoup a discuter. Je veux juste lui dire d'appeler des connaissances pour la fête privée à San Francisco. Elle est près de la Cadillac lorsque je la rejoins.

« - Quelque chose ne va pas? »

C'est fou ce que ma volonté peut se faire la malle d'un coup! C'est pas facile à faire. Bon merde : autant être franc!

« - J'ai besoin de te demander un service. Le club a besoin d'argent pour pister Abel. Et on a cette opportunité avec, hum, les chinois. Une sorte de fête privée. »

Pour la franchise, on repassera! Je mens à moitié, mais on dira que c'est pour son bien.

« - Avec des stars de film porno?

- Dans ce genre là... Cinq grandes blanches, pour cet après midi.

- La plupart des filles se battent pour travailler. Je vais appeler Ima, Tina, et peut être les jumelles. »

Impeccable... c'était pas si compliqué!

« - Une sorte de fête privée.

« - Avec des stars de films porno? »

Je comprends maintenant pourquoi il fait cette tête, pourquoi il bouge en permanence, alors qu'il est si calme d'habitude.

- Dans ce genre là... Cinq grandes blanches, pour cet après midi. »

Je ne peux que sourire devant son attitude : c'est mignon de sa part. Je sais qu'il déteste mon travail pour tout ce qu'il comporte : se faire tester par tout un tas de mecs, mais surtout parce qu'un tas de mecs fantasme sur moi. M'imagine dans leur pieu. Ope n'en a pas l'air, mais il est jaloux. Très jaloux. Lorsqu'on a commencé a sortir ensemble, que Caracara était toujours en place, il venait très souvent pour vérifier qu'aucun de ses potes ne m'approchait de trop près, ou me regardait de trop près. Je crois qu'ils se doutaient tous de la raison des venues d'Opie, alors il ne c'est jamais rien passé.

« - La plupart des filles se battent pour travailler. Je vais appeler Ima, Tina, et peut être les jumelles. »

Mais maintenant que Luann ne tient plus Caracara, on est toute dans la même merde : plus de taff, plus d'argent. Alors une grande partie des filles sont passées du porno à la prostitution. Comme Ima, même si elle était déjà dans le milieu avant. Cette nana est dérangée, c'est pas nouveau. Moi, j'ai la chance d'être demandé, alors je tourne pour des indépendants. Un peu.

« - Et, hum, je vais le faire aussi. Jax n'aura pas à me payer. Ce sera ma manière d'aider!

- T'as pas besoin de faire ça! »

J'ai du temps, et cette histoire avec Abel m'a touché. Énormément touché. Je suis une mère, je n'imagine pas ce qu'a pu ressentir Tara. Je n'imagine pas non plus ce que peux vivre Jax. Mais je suis une régulière, je dois me comporter comme tel. Je veux le faire pour aider le club, Jax, Tara. Pour rien d'autre. Opie n'aime pas cette idée, pas besoin de voir son visage ou d'entendre le ton de sa voix. Il faut pourtant qu'il s'y fasse.

« - Je veux le faire. Écoutes, je sais que tu détestes ça Ope! Mais j'ai encore un ou deux ans a faire dans cette niche. Je dois me faire de l'argent tant que je ressemble encore à la petite sœur de monsieur Tout-le-monde. Tu dois laisser les choses faire.

- Je veux juste que cette chose sur toi s'arrête.

- Quoi?

- La tristesse. »

Je sais pourquoi je suis tombée amoureuse de lui ; son regard, ses mots, tout ça ne fais que me le rappeler encore plus. Il est touchant.

« - Comment je pourrais être triste? Je suis avec toi. »

Je passe mes bras autour de son cou. J'aimerai qu'il me croit. Mais je sais que c'est plus fort que lui. Il veut juste me protéger, parce qu'il pense avoir loupé quelque chose avec Donna.

« - Tu es mon homme. »

Pendant la réunion des mecs de SAMCRO, je suis restée au garage, a bosser, a démonter la nouvelle bécane et a glander. La flemme de bosser ; j'ai mal commencé ma journée, mal fini ma soirée d'hier aussi. En faite, ça fait deux jours que ça merde et ça me pèse. Surtout en ce qui concerne mon frère. J'ai envie de l'appeler : il est pas loin de midi, il doit être arrivé a proximité du lieu de rendez-vous. J'ai envie de lui demander comment a été le voyage, s'il a mangé, dormi. Ou tout simplement entendre le son de sa voix.

Pour être franche, je suis arrivé y'a quoi? Quatre mois? Cinq peut être? J'ai perdu la notion du temps. Et tout ce temps, je n'ai pas été séparé de mon frère plus de quelques heures. J'ai du mal a me faire à la solitude, a ne plus être proche de lui. Il me manque ; même si on s'engueule, si on est pas toujours d'accord, j'ai besoin de lui. J'ai toujours eu besoin de lui. Et même si on a voulu s'éloigner, certaine fois, ça n'a jamais été une bonne idée. C'est à ces moments là que je déconne. Happy, malgré son apparences et son job, c'est mon point d'ancrage, ma bouée. Sa violence comme catharsis à la mienne.

Je finis par poser les outils et par ranger la chemise estampillée Garage Teller-Morrow dans le casier de Chibs ; il m'a laissé un double de sa clef pour que je puisse ranger mes affaires, sans avoir a les remonter dans ma chambre à chaque fois. Et je me dirige vers le club-house. A l'intérieur, Chibs et Piney sont accoudés au comptoir, à se boire une bière.

« - Tu veux quelque chose princesse? »

A peine dans la pièce que mon cher écossais veut me faire du mal avec de l'alcool : il me fait prendre de mauvaises habitudes celui-là!

« - Non merci Chibs! Et de toute façon vous devriez pas boire : les bières, c'est que pour ceux qui travaille!

- Et on a fait quoi ce matin d'après toi? »

Je regarde Piney qui vient de me parler, tout sourire. Je lui rends son sourire et lui réponds, en me dirigeant vers le couloir du fond.

« - Vous travailliez pas! Vous matiez l'avocate dans sa berline allemande! »

Je les entends rire alors que je tourne dans le couloir.

J'étais devant les ordinateurs du club, a mettre à jour les surveillances, les pare-feu et tout le bordel qui permet au club une certaine sécurité, lorsque Léna est entrée dans la petite pièce qui m'est réservée.

« - Je te dérange pas?

- Non, non. Pas de soucis. »

Je lâche le clavier et me tourne vers elle. Elle a pas l'air dans son assiette, vraiment pas.

« - Je voulais m'excuser pour ce matin. J'aurais pas dû m'emporter. T'y étais pour rien.

- Et c'était la faute de qui?

- Personne. »

Oh la menteuse! Je me lève et ferme la porte, m'adossant à celle-ci pour l'empêcher de sortir.

« - Pas de réponse, pas de sortie!

- Tu te fou de ma gueule?

- Nan! »

Elle fait une grimace et prend ma place, sur le siège.

« - Bon, bah, on va voir ce que tu trafiquais alors!

- Aucuns risques! Je suis un super hacker! Tu pourras rien trouver! »

Je reste à ma place et la vois pianoter sur le clavier et utiliser la souris. De là où je suis, je ne vois pas l'écran. Mais je suis confiant, alors je me permets un sourire.

« - Non mais franchement Juice! Des sites pornos! Tu me déçois!

- Quoi? »

C'est quoi ce merdier? Comment elle a trouvé ça? J'ai pourtant effacé tous les historiques, la corbeille et la mémoire temporaire! Elle devrait rien pourvoir ...

« - Tu trouves ça drôle franchement? »

Léna est sur sa messagerie et, apparemment, sa petite blague l'a fait bien rire! Mais quel con je suis de la croire!

« - N'empêche, t'as couru pour vérifier! Alors, comme ça, on va sur des sites cochons pendant ses heures de boulot?

- Mais pas du tout! »

Elle se remet à rire de plus belle : je dois pas être convaincant! Mais, pour ma défense, depuis l'arrêt de Caracara, fallait bien que je trouve une autre solution! Pas que Cassie, ma régulière, me satisfasse pas mais bon... non laissez tomber! Je m'enfonce!

La miss se lève de mon siège et me contourne pour se diriger vers la porte ; elle va où là? Si elle croit que j'ai oublié ce que j'ai dit plus tôt, elle se trompe! Je suis comme Chibs, j'ai une mémoire d'éléphant!.. mais seulement quand ça m'arrange! Je l'attrape donc par la taille avec mon bras droit, alors qu'elle allait ouvrir la porte, et l'attire vers moi ; son coté gauche se retrouve contre moi, son épaule contre mon torse, sa hanche contre la mienne. Ma main droite glisse sur sa hanche droite. Je la maintient du mieux que je peux. Nos visages ne sont pas loin l'un de l'autre. Ça fait 24 heures qu'on a pas été si proche, mais j'ai presque l'impression que ça fait une éternité.

« - J'ai pas eu ma réponse, donc tu pars pas!

- T'arrêtes un peu tes gamineries? »

De profil, elle finit par se glisser face à moi ; sa main gauche se retrouve sur mon torse tandis que ma main glisse sur sa chute de reins. On est collé l'un à l'autre, tellement que j'ai l'impression de sentir les battements de son cœur. Ou alors c'est le mien qui s'affole lorsque nos regards se rencontrent. Je pourrais me pencher pour l'embrasser, juste un peu. Juste pour tester, pour voir ce qu'elle ferait. Même si je sais que c'est pas une bonne idée.

Et puis la porte s'ouvre sur Cassie qui nous regarde les yeux exorbités … avant d'exploser!

« - MAIS C'EST QUOI TON PROBLÈME PÉTASSE! QU'EST CE QUE T'AS PAS COMPRIS DANS CE QUE JE T'AI DIS CE MATIN?.. »

J'ai pas tout saisis là! Quelqu'un me passe le remix? Je relâche la brune et m'avance pour clamer la blonde quand la première me passe devant et sort de la pièce, sans oublier d'écraser ma régulière contre la chambranle de la porte au passage, sans aucune délicatesse.

Je monte les marches quatre à quatre et m'enferme dans ma piaule. Bon sang! Il vient de se passer quoi là? J'ai loupé un truc, non?

Je balance mon sweat sur le lit, ouvre la fenêtre et vais me passer de l'eau sur le visage ; j'ai les joues rouges lorsque je me regarde dans le miroir donc je pense pas avoir rêvé! Et putain, que j'ai chaud! Si ça continue comme ça, je vais finir par me déshydrater!

Je retourne dans la chambre, après mettre essuyé le visage et m'allonge sur mon lit. Mais qu'est ce que je fou? J'ai perdu la tête? Vraiment? Pourquoi est ce qu'il se passe toujours des trucs bizarres avec Juice?

Je me roule sur le coté et fais une boule avec mon oreiller, que je cale sous ma tête. J'expire bruyamment ; je suis entrain de réfléchir, et plus j'y pense, plus je me dis que je suis qu'une grosse abrutie! Je débarque ici, pour demander de l'aide à mon frère, sans vouloir faire carrière dans le monde des bikers, et je me retrouve avec des papillons dans le ventre à chaque fois que je croise cet imbécile d'iroquois.

Oh mon dieu! Les amourettes de collégiennes, ça a toujours mal fini avec moi! Je m'en passerai bien et pour l'intégrité de tous, on va les éviter! Hap a jamais été du genre amical avec les prétendants et moi je finis toujours le cœur en miettes! Mais si cet imbécile était pas si canon aussi, ce serai plus simple!

Je vais continuer a me prendre la tête, a réfléchir sans réfléchir puisque, au final, la solution est simple et claire. Et puis, enfin, le trou noir.

On a retrouvé Jax, Clay, Bobby et Opie à 15 heures devant le resto de Lin ; d'après ce que nous à dit Ope, les cinq nanas demandées pour la fête sont déjà là! Ça veut surtout dire qu'on va nous aussi participer à la fête et avoir de l'asiatique à foison pour nous occuper … j'adore les fêtes privées!

Bobby et moi on s'est mis à une table ; Juice, de l'autre coté de la salle, semble trouver son bonheur entre les énormes seins de deux filles. Tant qu'il s'amuse avec des putes et pas avec Léna, on va pas se plaindre! S'il pense que je sais pas ce qui c'est passé plus tôt, dans la salle informatique, il se trompe! Les cris de sa blonde m'ont suffisamment alerté pour que je me doute de quelque chose.

Jax, Clay et Piney sont au bar et font des aller-retour entre l'intérieur et l'extérieur. Aucuns d'eux n'a de mains baladeuses : rah, ça donne pas envie d'être maqué ou vieux, moi j'vous l'dis!

Et puis y'a Opie! Tout seul, dans son coin. Avec sa bouffe, sa boisson et ses clopes. Il veut faire semblant de pas regarder, de pas entendre, mais il a les yeux rivé sur Lyla.

J'espère juste qu'il fera pas de conneries! On a besoin de cet argent et de ces armes.

Je me suis calé dans un coin de la salle, avec une assiette de bouffe et une bouteille. Je sais même pas pourquoi je les ai accompagné. C'est une erreur. On est là depuis moins d'un quart d'heure et je peux déjà plus supporter ce que je vois. J'ai l'impression de revivre toute la période Caracara où tout un chacun pouvait mater ma nana sans problèmes.

Tout les autres sont entrain de s'amuser avec des putes asiat', sans me prêter attention, où s'en prêter attention à ma régulière. Après tout, c'est pas mes frères que je crains : ils savent qu'il faut pas l'approcher. Mais c'est tout ces autres connards qui pensent pouvoir s'amuser avec elle si il paye.

Tina, l'une des fille amené par Lyla ouvre la porte qui nous sépare de la « vraie fête », et je la vois, MA régulière, agenouillée devant un chinois. Le mec c'est défroqué et il bande tellement que j'ai l'impression de le voir de là où je suis. Espèce de connard! Je vais te démolir!

Je lâche ma clope et fonce vers la pièce du fond. Je sais plus trop ce que je fais, je suis juste furieux. Je veux que personne la touche!

Je suis accoudé au bar et je vois Opie se lever, totalement hors de lui. Il se dirige vers la pièce du fond où se tourne un film amateur avec les cinq filles de feu Caracara.

« - Oh merde! »

J'ai beau me précipiter, tout comme Chibs et Juice, rien a faire. Il est déjà arrivé. Il récupère Lyla, détruit la caméra, dégomme deux, trois mecs sur son passage, avant de sortir. Du coup, c'est nous autres, ces chers frères qui prenons tout sur la gueule! Putain de con! On va être dans la merde jusqu'au cou! Et adieu le fric et les armes!

Oops, je crois que je me suis pas contrôlé! J'aurais peut être pas du donner un coup de tête à ce chinois? Du moins pas en premier! Parce que maintenant ça empire. En même temps, on s'en prend pas à un écossais, ex militant de l'IRA, sans se prendre une bonne raclée derrière. C'est bien connu!

J'ai attendu à l'extérieur de la salle mais je me suis pas fait prier, ensuite, pour balancer deux ou trois coups bien senti. Faut pas abuser, je suis peut être le roi des maladroit pour eux, mais je vais pas les laisser s'amuser sans moi!

On a fini par tous les massacrer, devant l'air désabusé de Clay, et furieux de Lin.

« - Tes gars savent vraiment comment détruire une fête! »

Lin revient après un bon quart d'heure d'excuses en chinois auprès de ses invités. Il a aussi viré tout mes gars, et pour le coup ils se sont dépêché de passer la porte tellement ils avaient peur de se prendre un coup de karaté dans le cul.

Ce bordel qu'ils ont foutu! Le restaurant, faut le redécorer! Vous me direz, la déco était nulle a chier, il était temps que quelqu'un le fasse comprendre au proprio. J'aurais quand même préféré que la responsabilité m'en incombe pas!

« - Désolé! Ope commence juste à s'ajuster au choix de carrière de sa régulière.

- Alors putain, qu'est ce qu'il foutait là? »

C'est la question à un million mon pote! Qu'est ce qu'il foutait ici, en plein milieu d'un rencard entre porno-star et client! Otto était pas aussi con à son époque : jamais il c'est pointé à un tournage ou a un fête privé où Luann était la vedette.

« - Je sais pas à quoi il pensait!

- Il pensait qu'il ne voulait pas de flingues, ou d'argent. »

Il est sérieux? Il va vraiment laisser tomber l'accord en entier? L'argent, ok, on laisse tomber! Mais pas les flingues...

« - J'ai besoin de ces MP5. »

Connard d'asiatique prétentieux qui ose me faire une signe négatif de la tête! Tu vas me les filer oui ou merde! On avait un accord! Me prends ps pour un con!

« - Allez Lin! Avec toutes ces merdes que j'ai fais pour toi à Oakland? Tu peux pas me faire ça!

- Ça créerait un précédent. Et ça aura un impact sur mes autres business. Désolé. »

Je crois rêver! Cet enfoiré veut vraiment rompre sa parole! Putain de merde, j'aurais le temps de jouer a ce petit jeu, je le ruinerais, mais il a de la chance, j'ai pas le temps, et pas l'argent. Et surtout, pas l'envie. Mais j'ai une chose que lui veut : un business qui le fera céder. Le truc sur lequel il lorgne depuis longtemps.

« - Et que dis-tu d'un morceau de notre arrangement? Les italiens aiment les petites armes : ils veulent des MP5. Je te donne Cacuzza et toi, tu me donnes une part de 10%. »

Je le savais! Je savais que ça retiendrais son attention et qu'il reviendrait! Ça va nous faire perdre une part de marché, de la tune et un client. Mais c'est rien a coté du bien être de ma famille... et du bonheur de dégager ces enculés de mexicains de mon territoire!

« - Cinq, et on fait affaire de suite. »

Il va me saigner à blanc! Mais ai-je vraiment le choix?

« - Procure toi nos armes. »


A suivre...