Ohayo mina' !

Voici donc le dernier chapitre du Journal avant l'épilogue...
Une #Team l'emportera, une autre perdra... même si elle n'aura pas tant perdu que ça, au final, mais il faudra attendre un peu pour mieux le voir ;)

J'espère que, peu importe le choix fait, l'écrit vous satisfera, et que vous trouverez les décisions de Luffy plus raisonnables que celles prises jusqu'à présent...

*prend sa plus belle plume* Très chère Pyro, je sais que ce n'est pas le pairing que tu aurais souhaité, mais malgré tout je te dédie également ce chapitre, histoire que tu trouves de quoi décompresser dans tes sessions de folie... courage :)

Je vous souhaite à toutes une agréable lecture, et je vous dis à la semaine prochaine pour clore cette histoire avec l'épilogue, et mon habituel topo dramatique de fin de fiction x)
Les guests sont toujours en fin de page !

Enjoy it !


30 avril, rue Danielle Casanova, Aubervilliers :

Appuyé contre le lampadaire au pied de l'immeuble, dans la pénombre, je joue avec les rares cailloux qui traînent sur l'allée bétonnée ; techniquement, si j'avais dû passer le temps en attendant un client, j'aurais allumé une cigarette. Là, j'ai juste à prendre mon mal en patience.

Zoro a un sens de l'orientation pourri, même avec son GPS – quand il lui dit de tourner à droite, il va à gauche, c'est dire – alors je n'ai qu'à croiser les doigts pour qu'il ne se paume pas trop dans la circulation parisienne.

Je ferme les yeux et bascule la tête en arrière, le téléphone dans les mains, attendant que mon destin se décide à se pointer, pour voir ce qu'il me réserve.

Avec Zoro, j'ai toujours prétendu être moi-même, mais je savais bien qu'au fond, une partie de moi ne cessait pas de tricher, et d'essayer d'être l'homme le plus parfait possible, alors que j'étais loin d'en être un. Ces 12 heures hors contrat ne peuvent signifier qu'une chose : Zoro veut que je laisse tomber le masque. A commencer par voir l'endroit où je vis, en totale opposition avec le loft où je l'ai toujours reçu.

J'avais trente minutes devant moi, où j'aurais pu en profiter pour ranger un minimum, mais j'ai préféré ne toucher à rien – il va commencer par constater que je ne suis absolument pas un maniaque du rangement, et que je me fiche pas mal de laisser trainer des chaussettes et mes fringues portées la veille sur le sol.

Une berline noire s'engage au bout de la rue, sous le regard des passants qui n'ont vraiment pas l'habitude de voir ce genre de véhicule ici, et ralentit à l'approche de l'allée où se trouve l'HLM. Elle se gare en bataille le long des autres voitures, le moteur et les phares s'éteignent, et la portière s'ouvre. Je me relève et je vois les cheveux émeraude, les pendants dorés et le col de la chemise déboutonnée – pas de contrat, pas de cravate. Zoro verrouille sa voiture et regarde autour de lui, avant de lever les yeux et de balayer l'immeuble du regard, une expression neutre sur le visage.

Mains dans les poches, je traverse la rue et rejoins son pan de trottoir, attirant son attention par l'allure de mon pas ; je traîne les pieds, un truc que je ne fais jamais en pompes de ville, mais là je suis en tongs, alors pour ce que j'en ai à faire…

Il me sourit, de son éternel air mutin, et une chaleur inhabituelle envahit mes joues ; du pouce, il désigne la barre de logements et son sourire s'agrandit.

- Quand tu m'as dit Aubervilliers, je m'attendais à pire, tu sais…

- Attends, on est pas à l'intérieur. Et t'en fais pas, elle craint rien, précisé-je en désignant le modèle allemand qui rutile sous les lampadaires.

Il ne bronche pas – je suis presque déçu, j'attendais une réplique bien salée.

J'ai décidé de lui montrer tous mes défauts, ce soir ; ma susceptibilité, mes humeurs changeantes, mes manies, tout ce qui fait qu'on peut me détester dès le premier regard. Je veux qu'il se rende compte de ce qu'il me demande, et de ce que ça signifie pour lui comme pour moi.

Il me suit dans l'entrée de l'immeuble, où Kureha lutte pour ouvrir sa boîte aux lettres – d'un coup de coude, je fais sauter le pêne résistant et écarte le battant pour qu'elle sorte son courrier.

- Merci, gamin. Mais ça n'excuse pas la brique de lait que tu as renversée avant-hier sur le tapis.

- J'ai tout nettoyé… ! protesté-je.

- Encore heureux… ! tu veux une médaille pour ça, peut-être ?! vocifère-t-elle en m'attrapant par l'oreille.

- … votre veste est super cool, tenté-je pitoyablement en désignant l'habit en vieux jean qui n'est plus à la mode depuis au moins 20 ans maintenant, mais qu'elle s'obstine à porter malgré tout.

- … ton petit numéro de charme marche peut-être avec Kokoro, mais pas avec moi… ! marmonne-t-elle en me frappant la joue.

Ben tiens.

Elle avise Zoro d'un regard incisif, laisse échapper une exclamation à peine polie en voyant ses cheveux et me fait signe de dégager le plancher d'un geste impérieux, sous peine de ramasser un énième coup de balai ; je sens son regard sur nous dans l'escalier et grimpe les paliers un par un, Zoro sur les talons, en passant devant les pans de murs taggués et la peinture décrépie. Je m'arrête au quatrième et je remonte le couloir dont l'unique néon survivant grésille, avec le bruit des voisins en fond.

Cliché à souhait, mais ça m'arrange presque.

Je m'arrête près de ma porte et je lui fais signe qu'il peut entrer ; confiant, il tend la main, pousse la poignée, ouvre et ressort aussitôt en claquant le battant, les yeux écarquillés.

- … je sais pas comment il est rentré, mais y'a un chien énorme chez toi, bafouille-t-il.

Je laisse échapper un ricanement trop longtemps contenu en voyant la tête impayable qu'il tire : exactement la réaction que j'espérais… !

Il n'a pas l'air vexé, mais son expression vaut tout l'or du monde – il a vite compris qu'il était le dindon de la farce.

- … c'est ton chien… ?

- Ben, ouais. C'est Chopper.

- … un dogue allemand ?

- Il est génial, j't'assure.

Je ré-ouvre la porte pour lui et, à peine entré, Chopper me saute sur les épaules pour frotter sa tête contre moi – l'avoir vu un peu avant lui a permis de se calmer et de ne pas me baver sur la figure pendant que Zoro est là. Il ne boudera pas quand je le descendrai chez Kureha ; j'ai prétexté avoir un boulot monstre et besoin de temps pour moi, au calme, pour qu'elle accepte de me prendre mon énorme boule de poils qui sera sage comme jamais, dans son appartement.

Les mots manquent à Zoro, visiblement.

Il referme et pousse machinalement le verrou, avant de contempler l'intérieur de la petite pièce. Douze mètres carrés, un clic-clac fermé, un bureau qui sert de table à manger, un évier, un réchaud à gaz, des étagères où mes fringues s'entassent.
Des tas de vêtements traînent, tous mes bouquins et mes cours sont à même le sol puisque je n'ai pas la place de mettre une bibliothèque. Un meuble porte une petite télé à tube cathodique, reliée à un lecteur DVD et une console aux manettes empêtrées. Baskets, tongs et bottes sont disséminées un peu partout, mon bureau est minuscule et encombré de classeurs et de dossiers, avec mon ordinateur portable au milieu.
Bref, c'est un merdier complet – propre, mais un merdier quand même – qui n'a rien à voir avec l'ordre dérangeant qui pouvait régner dans ce loft qui n'a jamais été chez moi.

Chopper renifle Zoro, curieux, mais s'abstient de lui sauter dessus. Il doit sentir que ça n'est pas le moment.
Et moi, tout aussi curieux que mon crétin de chien, je jauge du regard le premier homme étranger à entrer ainsi dans ma vie. Après un long silence, il se tourne vers moi, et j'essaye de toutes mes forces de deviner à quoi il pense.
C'était tellement simple d'anticiper ses gestes et ses envies, ses ressentis dans un endroit neutre, qui ne m'appartenait pas, et où j'étais le premier à jouer un rôle.

- … je fais le ménage une fois par semaine. Quand j'ai le temps, précisé-je.

Ses narines frémissent et ses lèvres s'étirent dans un sourire mal réprimé, avant que ça ne soit à son tour d'éclater de rire. Bieeeen… on dirait que ça n'a pas trop l'air de le choquer. Je vais avoir du mal à le convaincre qu'il n'a rien à faire avec moi.
Il tend la main et gratte la tête de Chopper sans lâcher le foutoir des yeux, le regard qu'il y porte est presque tendre.
Hé ben… on va s'marrer…

- Le monstre géant va se tenir tranquille… ? me taquine-t-il en frottant le cou de mon gentil idiot de clébard qui remue la queue comme un dingue.

- Nope. J'l'emmène chez la locataire qu'on a vue tout à l'heure, elle va le garder jusqu'à demain.

- … elle est flippante.

- T'as pas idée. A tout d'suite.

J'attrape Chopper par le collier et je l'entraîne dans le couloir, où il galope en faisant crisser ses griffes sur le carrelage ; il dévale les marches à côté de moi en jappant, et j'entends la porte du rez-de-chaussée s'ouvrir deux étages plus bas. Chopper déboule dans l'entrée en dérapant tout ce qu'il peut et vient tourner autour de Kureha qui l'attend avec une oreille de porc à mâchouiller.

- Merci, c'est sympa de votre part. J'vous ramène vos journaux pour le reste du mois, promis, souris-je en essayant d'ignorer le balai qu'elle a la main.

- Qui c'était, le punk à tête de pelouse… ? marmonne-t-elle en plissant les yeux.

- Un ami. On va bosser ensemble, c'est pour ça que j'peux pas garder Chopper.

Elle n'a absolument pas l'air de me croire, mais je ne sais pas quelle réaction elle pourrait avoir en sachant la vérité. Et, techniquement, ça n'est pas vraiment un mensonge, Zoro n'est rien de plus qu'un client pour moi. Même si, au fond de moi, j'espère qu'il pourrait y avoir plus, je ne me fais pas d'illusion sur ce qui va venir. Trop de choses me séparent de Zoro pour que je puisse fermer les yeux sur ces différences.

… enfin… des tas de choses me séparaient de Law, et j'étais prêt à les ignorer.
Quel hypocrite, sérieux…

- Je le récupère vers 8 heures, ça vous va… ?

- Je vais m'en tirer, gamin. Soyez sage, sourit-elle en refermant sa porte, me laissant coi sur le paillasson de l'entrée.

… soit elle pense qu'on va mettre du son à fond et faire un ramdam pas possible, soit elle sait que ça sera mort pour moi pour les « bébés aux yeux chocolat ». C'est presque rageant de ne pas savoir à quoi elle pense.
Je remonte les escaliers en songeant à tous les alibis possibles à lui donner demain matin pour éviter que tout l'immeuble soit au courant que je me tape des mecs – c'est pas le sport national du quartier, il faut le dire – et j'arrive à mon appartement, où je trouve Zoro en train de tripoter ma chaine hi-fi et de regarder ce que je peux écouter en ce moment.

- … Diane Tell… ? « Si j'étais un homme »… ? sérieusement, mec… ?

- Je t'emmerde, rougis-je en tirant le verrou derrière moi. T'écoutes jamais, toi… ?

- Seulement quand ça passe à la radio.

- J'ai écouté ça quand j'ai la petite copine de mon meilleur pote qui est venue.

- C'est ça. Défends-toi, raille-t-il en me lançant une œillade moqueuse.

Surtout, ne pas relever et l'ignorer.
Même si c'est compliqué.

- T'as mangé ?

- Non. … je n'avais pas faim, ajoute-t-il après un silence songeur.

- … et maintenant ?

- Je mangerais bien un truc.

- Tu prends le risque… ? proposé-je en désignant mon réchaud.

Il hoche la tête et je sors une casserole tout en le surveillant du coin de l'œil ; il s'est installé à mon bureau et feuillette mes cours et mon mémoire, malgré les bruits qui résonnent dans l'immeuble et qui rendent le silence impossible, même la nuit – surtout la nuit, en fait. Je suis habitué à cette agitation, mais je ne sais pas si Zoro saura faire abstraction. Encore faut-il qu'il passe la nuit ici, et c'est pas gagné, même si c'a l'air bien parti pour le coup.

En fredonnant, je remplis la gamelle d'eau et je fais chauffer les plaques, en fouillant dans mon mini-frigo encastré sous l'évier pour trouver de quoi remplir à peu près correctement l'estomac de mon invité.

Bon, bah… ça sera coquillettes-jambon, j'crois.

Ca me fait super-bizarre d'avoir Zoro ici, et de faire… des trucs aussi banals en sa présence. Les rares heures où je le vois sont consacrées à des parties de baises intenses, et j'ai peu l'occasion de m'étendre sur ma vie perso ; la seule fois où je l'ai réellement fait, c'était au restaurant où on s'est retrouvés pour un déjeuner, après son premier cours dans ma fac. Autant dire que même à cet instant, Zoro n'était pas considéré par mon cerveau comme un ennemi dans son territoire. C'était, encore une fois, un endroit neutre, ni à lui, ni à moi, où nous pouvions évoquer des sujets personnels sans pour autant être en position de faiblesse.

- … je serais toi, je traiterais du développement des marchés dans le chapitre 2, puisque tu y regroupes les mutations du système bancaire, lance-t-il en parcourant ma feuille du regard.

- Je me vois pas trop en faire 3 pages, tu sais…

- Tu peux regrouper ça avec les innovations financières et les activités hors bilan, ça reste une suite logique.

- Merci pour le coup de pouce.

- De rien, ponctue-t-il en prenant un crayon rouge dans ma trousse.

… ça pue le correcteur orthographique vivant, mais au moins, ça aura l'avantage de me servir à quelque chose.

Je reprends ma cuisine et verse les pâtes dans l'eau, en lançant un chrono sur mon portable – pas envie de bouffer un paquet de colle, ni de faire avaler ça à Zoro.

- … comment tu écris « ratio »… ?

- Euh… r, a, c, i, o… ? hésité-je.

Il sourit, et j'ai l'impression de voir Sabo s'attendrir devant un des dessins que je lui faisais, étant gamin ; OK, je suppose que j'ai tout faux. Il me corrige et, rougissant, je reporte mon attention sur le jambon qui attend la sentence : entier, en lamelles ou en carrés… ? Mmmn… cruel dilemme.

Mon portable vibre, dans ma poche – j'y plonge la main et je décroche, téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, occupé à faire un sort aux tranches du paquet.

- Yo. Désolé, j'suis occupé.

- Sabo m'a appelé, soupire Ace à l'autre bout du fil.

- … il est… rapide.

- Il chiale pas mal, surtout. Émotif quand ça te concerne, toussa. Mais il va bien.

- Toujours fâché... ?

- Nope. Sabo est moins tête de con que moi, tu le sais bien. What's up, sinon...? Tu te sens mieux d'avoir craché le morceau...?

Je sens le regard de Zoro sur ma nuque, l'embarras fait trembler mes mains et la cuillère en bois dans la casserole.

- C'est pas l'bon moment, j'suis… avec quelqu'un, marmonné-je après avoir longtemps pesé mes mots.

- … ah.

A son tour d'être gêné ; si c'avait été une fille, pour sûr qu'il m'aurait dit de l'emballer pour lui, mais puisqu'il connait mes préférences, il ne sait même pas quoi me dire. Il va lui falloir du temps pour accepter totalement l'idée que je serai un jour susceptible de lui présenter un mec, et je ne compte pas le brusquer non plus. C'est donnant-donnant, je suppose.

- … il… enfin, tu es en… en rendez-vous… ? bafouille-t-il, confus.

- Mmn, non.

- … oh… ?

Étonnement, à présent. Presque une note de joie.

- … mec, tu t'es trouvé quelqu'un ?!

- Monte pas sur tes grands chevaux, crétin.

- … j'te laisse gérer, alors.

- Merci, raillé-je avec un sourire. À plus, Ace.

- Ouais, à toute', Lu'.

Il raccroche, et je jurerais avoir deviné son propre sourire dans sa voix.

À choisir entre me savoir en train de refaire ma vie sociale ou en train de conclure un contrat, il préfère et de loin me savoir en plein flirt avec un type lambda.

Je fais le V de la victoire à Zoro pour lui signifier que tout va bien, mais ses yeux clairs ne lâchent pas les miens, et je m'y absorbe, encore.

… il est plus beau que jamais, même s'il dénote dans le paysage de ma chambre. Même s'il est tout ce que je ne suis pas, même si je ne pourrai jamais lui donner tout ce qu'il veut, j'ai terriblement envie de le garder juste pour moi, de commencer quelque chose de plus qu'une entrevue de quelques heures en début de semaine.

Il se mord la lèvre et mes yeux contemplent sa bouche ; et un baiser de Zoro… ? quelle saveur il pourrait avoir… ?

J'ai envie de lui.

Plus encore que d'habitude, et d'une manière totalement inconnue.

En temps normal, il m'est souvent arrivé d'être attiré physiquement par mes clients ; ou, tout du moins, de ne pas les trouver désagréables à regarder. Le sexe est rendu moins difficile quand votre corps est d'accord avec votre tête, et c'est bien plus ardu de forcer une réaction physiologique quand votre cerveau vous dit merde. Ça faisait partie de mon job – leur faire croire qu'ils m'excitaient, peu importe la nature du dialogue ou de la relation sexuelle.

Là, ça n'a rien à voir. C'est presque indescriptible. Avoir envie d'un homme et faire l'amour avec lui sont deux choses tout à fait différentes, et je pense que ce terme est bien choisi, pour Zoro.

Faire l'amour.

Pas de baise.

De tous mes clients, il est le seul avec qui j'ai pu éprouver cette sensation et faire cette différence. Même Law ne m'a jamais fait ressentir ça – je ne faisais pas l'amour avec lui. Jamais. C'était trop pervers et tordu pour que ça soit considéré comme de l'amour au sens général, même s'il m'a avoué m'avoir aimé.

Quand je vois Zoro, et que mon esprit vagabonde à son sujet, j'en retire un plaisir intellectuel au moins aussi bon que mon plaisir physique, ce qui est pour moi la preuve qu'il y a plus qu'une simple affinité entre nous.

- … je… peux te demander un truc… ? murmuré-je en reprenant la découpe du repas, en me détournant du regard troublant de mon vis-à-vis.

- Bien sûr.

Le minuteur sonne et je lui coupe le sifflet en arrêtant le réchaud, en renversant les pâtes dans la passoire ; je regarde l'eau s'écouler, en cherchant mes mots. Zoro ne dit rien, toujours assis au bureau ; il attend.

Qu'est-ce qu'il a bien pu penser pendant tous ces mois où il ne m'a pas adressé la parole… ? Qu'est-ce qu'il attendait… ? où est-ce qu'il était… ? j'ai tellement, tellement de choses à lui demander…

- … pourquoi hors-contrat… ?

- … pour vérifier quelque chose, chuchote-t-il avec un sourire, avant de se retourner vers mon mémoire et de s'y pencher.

Mécaniquement, je renverse les pâtes dans les assiettes et je les amène au bureau, où j'en tends une à Zoro qui l'installe sur ses genoux pendant que je m'assois en tailleur à ses pieds, à même le sol – je n'ai qu'une chaise et il a les fesses dessus. Il me dévisage un long moment, sourit plus encore et reporte son attention sur mes copies en mâchant lentement, ses yeux glissant sur les pages avec la rapidité que donne l'habitude.

Je tends le bras et j'attrape mon dernier bouquin d'économie pour m'y plonger, tout en essayant de méditer sur ce que Zoro vient de me dire.

Qu'est-ce qu'il veut vérifier… ?

Que je me lave les dents deux fois par jour et que je me soûle pas en soirée étudiante… ?

C'est pas en vivant dans ma piaule qu'il va se rendre compte de qui je suis vraiment, ou qu'il va m'aimer davantage. Ça serait absurde. J'ai aucune idée de ce qu'il veut, à cet instant.

Et demain matin, qu'est-ce qu'il fera… ? il partira… ?

Qu'est-ce qui pourrait lui donner envie de rester… ? Putain, j'ai même pas de lit. Tellement pas la place de mettre des meubles que j'ai des tas de trucs par terre, mon propre cul y compris. C'est du bordel désorganisé au maximum, qui montre que le Luffy escort-boy n'était rien de plus qu'une façade. Si c'est cette façade-là qui l'intéresse, il est carrément à la bourre : ce Luffy-là n'existe plus.

Mon voisin communiste hurle soudainement par sa vitre qu'un jour, les bolcheviks domineront le monde, et qu'ils mettront notre gouvernement à genoux. J'ouvre la bouche pour dire à Zoro de ne pas faire gaffe à ses cris, quand la voisine du dessus lui demande poliment de fermer son clapet et d'aller s'asseoir sur le tourniquet du parc d'à-côté jusqu'à ce que mort s'ensuive. Il vocifère que les truies fascistes ne sont pas autorisées à lui adresser la parole, et j'entends un bruit de seau d'eau balancé à l'étage d'en-dessous, avant que le communiste visé ne sorte dans le couloir en beuglant des insultes dans un russe vieillissant pour grimper les escaliers à toute vitesse, avec pour but visible d'aller refaire la porte de l'importune.

Je bascule la tête en arrière et, embarrassé, me contente d'un sourire de circonstance.

- … c'est toujours comme ça ?

- Oh, non. En général, c'est pire, y'a aussi les voisins de gauche qui s'y mettent. Mais eux, c'est surtout les gosses qui font du boucan.

- … cool.

Il passe une main dans mes cheveux et se replonge dans mes notes ; ça n'a pas l'air de l'ennuyer plus que ça.
… étonnant.
Bon, si on est là pour se confesser, autant faire ça bien, je suppose...

- … où est-ce que t'as grandi, Zoro ?

- Dans un HLM aussi, sourit-il en griffonnant des annotations dans le mémoire. Jusqu'à mes 8 ans. Après, je suis parti au Japon pour une décennie, et… pas d'immeuble là où j'étais, du genre campagne bien profonde.

- … au Japon ? Sérieux ?

- Ouais. Quand mes parents sont morts, j'ai été expédié là où il y avait la seule famille qu'il me restait.

- … désolé.

La pulpe de ses doigts me frotte la tête, j'ai du mal à me concentrer.

Il ne répond rien ; je suppose que pour lui, tout ça fait partie du passé, et qu'il est passé à autre chose depuis longtemps, mais ça ne m'empêche pas d'avoir une boule dans la gorge en m'imaginant sans mes parents.

… je ne sais pas combien de temps il va falloir à mon père pour pardonner mon affront, mais ça va lui prendre bien plus de temps qu'à Ace, ou encore Maman et Sabo.

- Et toi ?

- Quoi, moi… ? m'étonné-je.

- Où est-ce que tu as grandi ?

- Là où j'suis né, dans la maison de mes parents. Un vieux corps de ferme qu'ils ont réaménagé après qu'ils aient eu Sab'.

- … Sab'… ?

- Sabo. Mon grand frère.

Je tends le bras et j'attrape un cadre qui traîne près du canapé, où je suis immortalisé avec mes parents et le blondinet qui me sert de frangin. Zoro nous regarde avec attention et me jauge du coin de l'œil, sceptique.

Oh, je sais bien à quoi il pense.

- … blond… ?

- On se ressemble trop pour prétendre qu'il est adopté, mais j'ai longtemps cru que c'était pas vraiment mon frère, ricané-je. Enfin, ça, je m'en balançais, ça m'empêchait pas de lui coller au derche à longueur de journée.

- Tu t'entends bien avec lui ?

- On peut dire ça. On s'est… beaucoup éloignés l'un de l'autre quand je suis arrivé à Paris. On s'appelle toutes les semaines, mais… c'est plus comme avant.

Encore quelque chose que j'ai foiré, et que je vais mettre du temps à réparer : la confiance que Sabo avait en moi. Il ne comprend pas mes choix, à juste titre, et je sais qu'il va falloir attendre que de l'eau coule sous les ponts avant qu'il me pardonne de lui avoir caché ça.

J'avais tout pour être heureux, et j'ai choisi de tout foutre en l'air moi-même ; j'aurais pu me contenter de servir des cocktails, comme me l'a dit Shakky, mais j'ai voulu plus. Je ne peux pas nier non plus que ce job m'aura donné de bons moments, notamment… avec Law, mais aussi d'autres personnes, comme Doflamingo, Marco, Coby, Kid… des gens qui m'auront fait grandir et mûrir tout au long de ces années passées avec eux.

Même si je ne savais presque rien d'eux, le peu que je savais rendait nos relations plus intimes qu'avec n'importe qui ; quoi de mieux pour connaître quelqu'un que de le voir nu dans un lit… ? l'autre vous dévoile tout, et vous lui donnez ce que vous avez de plus secret. Rien de mieux pour ça.
J'ai toujours dit que je tirais les ficelles, et ce n'est pas me voiler la face que d'affirmer ça, c'est parfaitement vrai ; seulement, faire ça avait un prix, et ça m'a coûté plus que je ne le pensais au début.
Je pouvais prétendre que je n'avais du plaisir que si je le décidais, mais en attendant, je laissais mon corps dans les mains d'autres, et ils en disposaient à l'envi.

Je reprends le cadre que Zoro me tend et me relève pour aller mettre nos assiettes dans l'évier ; le CD arrive au bout de ses pistes, le silence revient et les bruits des voisins résonnent à nouveau – j'entends la voisine couiner son plaisir derrière le mur de la salle de bain et je me mords la lèvre pour étouffer un rire, pendant que Zoro va mettre la radio pour éviter d'infliger ça à ses oreilles.

- … t'aimes pas… ? J'trouve ça marrant, comme fond sonore, raillé-je.

- Je suis pas fan, non.

- … pourtant, tu disais rien quand c'était moi qui couinais avec toi.

Zoro me coule un regard en biais, et un sourire mutin étire ses lèvres.

Une expression que je ne pensais pas revoir sur son visage, à vrai dire.

Ouverture des hostilités dans trois, deux, un...

- … tu faisais ça beaucoup mieux qu'elle, si mes souvenirs sont bons, susurre-t-il.

Je pique un fard et je m'empresse de laver la vaisselle, en essayant de ne rien exploser à force de trembler comme je le fais.

Une partie de moi est juste… horriblement excitée par ce qu'il vient de dire, et une autre… me dit que Zoro veut juste l'escort que j'ai décidé de ne plus être.

S'il pense qu'il va passer douze heures avec quelqu'un qui va se mettre à genoux pour faire ce qu'il veut, il s'égare complètement ; mais… en un sens… si c'était ce qu'il voulait, il me l'aurait déjà demandé. Et ce n'est pas son style de m'imposer quoi que ce soit.

En général, mon masque d'escort tombe quand je suis avec Zoro, mais est-ce qu'il s'en est seulement rendu compte… ? c'est pour ça que je ne sais pas quoi faire, là, maintenant.

Je traverse l'appartement pour rejoindre la fenêtre, que j'ouvre sur le crépuscule et le bruit de la circulation. Je m'accoude au rebord et inspire profondément – je me suis fait à cette odeur de bitume chaud, malgré ma préférence marquée pour le parfum d'herbe coupée de la campagne de mes parents. Même le lisier aux saisons d'épandage sent meilleur que cet endroit.

Je sursaute quand deux mains se posent sur mes hanches, mes doigts se crispent sur la bordure de PVC et ma gorge se serre ; je sens le torse de Zoro contre mon dos, et des palpitations résonnent dans ma poitrine.

Je tourne la tête, à demi, et mes yeux contemplent les siens.
… à quoi est-ce qu'il pense… ?

Il sourit, lève une main et touche ma joue ; son pouce caresse mes lèvres et je tremble, nerveux.

- … tu ne fumes pas… ?

- … pas besoin, si je n'ai pas de contrat, chuchoté-je. Si tu veux une cigarette… j'en ai, mais c'est des light, comme d'habitude.

- Je m'en passerais, murmure-t-il. Ça, au moins, je peux le faire…

Je fronce les sourcils à sa dernière remarque.

Ça non plus, ce n'est pas son style ; les phrases à demi-mots, les sous-entendus, toutes ces choses qui nous font tourner autour du pot. Ses doigts plongent dans mes cheveux, descendent à ma nuque et m'attirent à lui pour poser un baiser sur mon front. Je ferme les yeux et ses bras se referment autour de moi, me serrant dans une étreinte qui m'avait horriblement manquée.

J'enlace son cou et me love contre lui, et me mords la lèvre pour retenir une larme de soulagement. On ne bouge plus, tous les deux plongés dans nos pensées – je l'aime tellement. Qu'est-ce qu'il veut de moi… ?

Je suis incapable de raisonner correctement, de savoir ce que Zoro désire, là, tout de suite ; mais est-ce que je ne suis pas en train de prendre le problème à l'envers… ? Je ne dois plus penser comme un escort. Je dois penser comme celui que j'étais avant, et ne voir Zoro qu'avec ces yeux-là.

Je recule d'un pas, mais mes mains ne lâchent pas les siennes ; ses doigts entrelacés aux miens me donnent une sensation de sérénité que je n'avais pas ressentie depuis longtemps.

Le silence s'étire, seulement troublé par la vie qui continue son cours, à l'extérieur.

- … pourquoi hors-contrat… ? demandé-je, pour la deuxième fois de la soirée.

- Pour vérifier quelque chose.

- T'es chiant, tu l'sais, ça… ?

- … tu veux vraiment que je te réponde ?

- Pourquoi je le voudrais pas… ?

Zoro inspire profondément, lève les yeux au ciel et se dégage de mon étreinte, plongeant les mains dans ses poches avant d'arpenter le maigre espace disponible de l'appartement, son regard cherchant quoi accrocher pour mieux se concentrer sur ce qu'il s'apprête à dire.

Je le regarde faire, en m'efforçant de ne pas le presser outre mesure.

- … tu te rappelles, en janvier ? le début de nuit passé tous les deux, murmure-t-il en me jetant un coup d'oeil.

Si je m'en rappelle ? Chaque jour, je regrette mon comportement immature. Alors non, ce souvenir ne m'a pas quitté.

J'acquiesce, il reporte son attention sur les dizaines de photos punaisées ci et là. Tout ce qui fait ma vie, une vie qu'il ne connait pas et que j'ai décidé de retrouver, peu importe le prix.

- … tu m'as avoué que tu m'aimais. On a failli s'embrasser. J'avais… envie de toi. T'as passé des heures à rire, à être… à être toi-même, sans artifices, sans contrat. Des heures où j'ai eu l'impression d'être encore plus accro à toi que je ne l'étais déjà. Je ne t'avais… jamais vu comme ça. Jamais vu réellement toi-même, en fait. Et puis… tu as fini par te dérober. Retourner ta veste. … encore, ajoute-t-il après un court silence.

Zoro me tourne toujours le dos, et une émotion que je n'avais jamais entendue semble lui serrer la gorge et résonner en écho dans sa voix.
Je ne bouge pas, reste bien sagement à ma place en le laissant vider ce sac qu'il a dû trop longtemps maintenir fermé.

- ... je suis parti. Un voyage d'affaires que j'ai laissé s'éterniser, en prenant les contrats qui me venaient pour garder ce prétexte d'éloignement forcé. J'ai passé presque quatre mois à courir le pays de Tom Sayer, pour ne plus penser à toi. J'ai... bêtement pensé que ne plus te voir allait me sevrer, et j'ai presque réussi, tu sais... je me noyais dans le travail et c'était encore ce que j'avais de mieux sous la main.

J'ai l'impression que son visage affiche un sourire mêlé de larmes, mais c'est difficile d'en juger avec Zoro quand il a le dos tourné. Il est tellement réservé.
C'est aussi pour ça que je prends soin de ne pas l'interrompre. C'est le moment où jamais, je crois.

- ... et puis, un soir où je changeais de destination, encore, je suis entré dans le premier hôtel venu, et j'ai pris la première chambre qu'on me donnait. J'étais claqué, tout ce que je voulais, c'était dormir. Je suis entré dans la suite et je me suis rendu compte que c'était exactement la même que j'avais louée, un soir, pour qu'on passe toute une nuit ensemble. Tu t'en rappelles...? Le même lit, les mêmes meubles, la même salle de bain. Et je voyais que toi, là-dedans. Dans les draps, dans la douche, partout. Je te revoyais en train de sauter sur le lit comme un dingue, courir partout pour regarder à la fenêtre, faire un remix horrible d'une chanson en te lavant les dents... j'ai eu l'impression que c'était toi, enfin... que tu étais toi-même, aussi, ce jour-là, et cet endroit me le rappelait d'une manière... insupportable. J'ai passé la nuit à fixer la place vide à côté de moi, à me répéter que je ne voulais que toi à cet endroit.

Zoro inspire profondément, reprend son souffle après cette longue, très longue tirade, et fait quelques pas sur le côté pour voir d'autres photos de moi et de mes amis qui s'étalent sur le mur.

- ... tu me manquais à un point inimaginable. Je ne supportais pas l'idée de ne plus te voir, après avoir passé quatre ans à te voir chaque semaine. J'en avais la nausée d'imaginer passer plus de temps encore loin de toi. Et c'en était d'autant plus horrible, que je savais que tu m'aimais, à ta façon. À ta façon de gamin de 22 ans complètement paumé, sourit-il à en entendre sa voix.

Il se retourne, et ses yeux verts sont brillants d'une émotion difficilement retenue.

- … tout ce que je veux vérifier, ce soir, c'est… si je suis tombé amoureux du bon Luffy.

- …

- … je refuse de courir après des chimères. Dans ma vie, j'ai… rarement eu l'occasion d'éprouver ce que je ressens pour toi, et je ne veux pas me tromper. Je veux être sûr de ce que je fais, alors… considère ça comme une manière pour moi de m'engager. De te montrer que j'ai envie de plus, au cas où ça… ne serait pas encore assez clair.

J'ai la bouche sèche.

J'ai bien compris que Zoro faisait plus que m'apprécier, mais je ne pensais pas que ça serait à ce point. Il a voulu m'embrasser, mais j'ai simplement cru à l'hypothèse d'une pulsion d'un soir, du transport du moment… est-ce que je me serais trompé à ce point… ?

Nerveux, je me mordille la lèvre, en détournant le regard pour ne plus affronter celui de Zoro ; j'ai voulu lui laisser sa chance, ce soir, et je me rends compte que ce que je soupçonnais est en train de se réaliser.

Et entre flairer une situation et la voir se concrétiser, il y a un monde.

- … je suis pas certain d'être celui qu'il te faut, t'sais.

- Tu vas pas me la jouer « On peut pas être ensemble, tu peux pas comprendre »… ? sourit-il en arrangeant les bibelots qui traînent sur mes étagères.

- C'a rien à voir. J'suis un gosse. J'ai même pas fini mes études, et tu trouveras pas plus instable à 10 bornes à la ronde. J'suis… puéril, j'arrive pas à me fixer, à prendre des décisions concrètes. T'y as pensé, à ça… ?

- Tu peux être responsable et avoir des moments gamins de temps en temps. Arrête de croire qu'être mature c'est être droit comme une règle, soupire-t-il.

Je secoue la tête ; j'ai poussé le jeu trop loin et je suis plus capable de me voir objectivement, parce que je me suis perdu tout seul dans ma connerie. J'ai pas été capable de m'occuper de moi, de trouver des solutions réalistes et réfléchies à mes problèmes. Comment est-ce qu'il pourrait avoir seulement confiance en moi… ?

- … merci pour tous ces compliments, mais je suis pas persuadé de les mériter, conclus-je avec un sourire pincé.

Zoro ne renchérit pas ; soit il est d'accord avec moi, soit il n'a juste plus la force de contre-argumenter et de devoir combattre les montagnes du mauvais caractère d'un mec encore adolescent dans un coin de sa tête.

Je pousse mes livres et tout ce qui traîne par terre, et commence à tirer mon canapé sur le côté sous le regard interrogateur de mon hôte.

- … tu comptes dormir sur le tapis… ? demandé-je en tentant d'avoir l'air le plus détaché possible.

- … tu comptes me laisser dormir avec toi ?

- C'est pas comme si c'était quelque chose que j'avais jamais fait, souris-je en abandonnant le mode sofa pour le transformer en lit.

La seule personne qui y a dormi, depuis que je suis là, c'est Ace. Ace, qui accepte de dormir à nouveau dans le même lit que moi. Ma vie a toutes ses chances pour reprendre son cours, et je ne compte pas laisser passer cette occasion ; à quel point je suis susceptible de laisser entrer Zoro dans cette vie ?

J'ai peur qu'il me rappelle à chaque instant les erreurs que j'ai pu commettre.
Peur qu'à chaque fois que je croiserai son regard, il me renvoie l'image de l'escort-boy que j'étais.

Mais est-ce que tomber amoureux de Zoro a été une erreur… ?
J'en suis pas sûr.

J'étends la couverture et tire le drap pour faire une couche à peu près digne de ce nom, non sans réprimer un sourire en me rappelant de la perfection du lit immense tendu de soie où j'avais coutume de recevoir Zoro. Il m'interroge du regard, et mon amusement doit être contagieux, vu l'éclat dans ses yeux.

- … quoi ?

- T'as pas dit, une fois, que tu m'préférais nu dans des draps en satin ?

- Mmn, si. Pourquoi ?

- Désolé pour l'endroit où je vais te faire dormir, alors.

J'arrange les oreillers et me fige brièvement quand je sens sa main caresser mes reins avec douceur, sous mon sweat.

- … du moment que c'est là où tu dors… ça me va, murmure-t-il.

Je me tourne pour lui sortir une blague foireuse dont j'ai le secret pour esquiver les situations compliquées, et je me retrouve coincé entre lui et le lit, au point que son souffle ne balaye mon visage.

Zoro me contemple, et ses yeux clairs semblent sonder les miens.

J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure.

Je suis assez près, encore une fois, pour voir les éclats dorés dans ses prunelles vertes. Ses mains caressent mes hanches, son sourire s'accentue ; il est fier de lui, apparemment. Ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir me déstabiliser à ce point-là.

... j'étais escort. Je simulais. J'étais ce qu'on voulait que je sois. Je mentais. Je trompais tout le monde, jusqu'à moi-même, jusqu'à mon corps pour donner aux autres ce qu'ils voulaient. Et lui, il me fait confiance à ce point-là...? Je vois pas pourquoi il serait prêt à se jeter dans le vide avec moi quand tout porte à croire qu'il ne peut pas construire quelque chose de stable avec le gamin que je suis.

Je me rappelle de mes parents, de leurs regards et de leurs sourires complices ; de leur foi inébranlable en l'autre, de leurs actions sans mots qui prouvent, indéniablement, qu'ils sont sur la même longueur d'onde.
Est-ce que c'est cette symbiose que je suis susceptible d'atteindre avec Zoro ? Est-ce que c'est ça qu'il tente de m'expliquer, avec des termes d'adultes que je ne saisis pas encore très bien...?
Je voudrais tellement comprendre.

- … pourquoi tu m'aimerais alors que j'traine toutes ces merdes derrière moi ? m'étranglé-je.

- Parce que ces merdes, je les vois pas, me rétorque-t-il du tac-au-tac. T'es drôle, intelligent… taré. Beau. Sensuel. J'ai jamais pu rêver mieux qu'un homme comme toi.

Je rougis jusqu'à la racine des cheveux et cet idiot se fout de moi. Oh, très drôle… ! et arrêtez de vous marrer, vous aussi, bordel… ! je le sais, que vous vous bidonnez… !

Je caresse les épaules de Zoro, en tremblant comme une feuille ; je sais ce qui va arriver, je le sens depuis un moment déjà. Je repense à tout ce que Law, Ace ou Sabo m'ont dit – je dois écouter ce que mon cœur me dit, pas la raison, sinon je ne serai pas sorti de l'auberge.

Les boucles de Zoro tintent quand il se penche sur moi ; son souffle se mêle au mien, je sens son parfum et la chaleur de sa peau, si proche de la mienne.

Bordel, j'ai 22 ans et j'ai jamais embrassé quelqu'un.

Je vais être nul.

Délicatement, sa bouche frôle la mienne ; sa grande main enveloppe ma joue et penche ma tête – je ferme les yeux et mes lèvres s'ouvrent, alors que j'inspire l'odeur qui s'échappe de lui. Grisant.

Il sourit, glisse sa main dans mes cheveux et nos bouches se trouvent avec une même hâte partagée. Je l'embrasse fiévreusement, en essayant d'apprendre par cœur les lignes de ses lèvres, leur mouvement, la caresse de nos peaux si réceptives à cet endroit…
Zoro me guide et me laisse faire à la fois ; c'est une sensation indescriptible, et pour une fois, je vais pas essayer de mettre des mots là-dessus. Vous permettez que j'profite un peu, mmnh… ?

De la hâte, toujours, et pourtant sa bouche est tendre sur la mienne. Elles se nouent, se dénouent, s'apprivoisent et retiennent les formes de l'autre. Et je ne regrette pas d'avoir tant attendu dans ma vie pour connaître cette sensation-là, qui est bien loin de ce que j'ai pu imaginer depuis toutes ces années.

Sa langue s'invite dans ma bouche et je réponds à son baiser de la manière la plus appliquée ; mais vous devez bien vous en douter, la théorie, ça sert à que dalle. Juste à faire flipper.

Je me coule contre lui et on se respire l'un et l'autre, et mes mains errent partout où elles le peuvent.
J'arrive pas à dire ce que tout ça fait naître en moi. Toucher Zoro de cette manière, je l'ai déjà fait des centaines et des centaines de fois, et pourtant, c'est comme si je ne l'avais jamais fait jusqu'à présent. L'embrasser multiplie toutes les sensations par un million, et j'en ressens un plaisir incontrôlable, nouveau, qui rend toutes mes expériences précédentes au lit furieusement fades.
Il mord délicatement ma lèvre et je gémis contre sa bouche, agrippant sa chemise pour le tirer vers moi – on perd l'équilibre et on s'écroule dans le lit, mais je n'arrive pas à le laisser respirer et m'accroche à ses épaules ; Zoro n'a pas non plus l'air chaud à l'idée de me lâcher, alors… autant en profiter.

Zoro tire sur mon pull et je me résous à libérer ses lèvres, quelques secondes, pendant que mon tee-shirt part avec ; je jette mes fringues au loin et je repousse sa veste de ses épaules, avant de m'attaquer aux boutons de sa chemise.

J'ai envie de lui.

Envie de faire l'amour.

Réellement.

Notre relation a toujours été basée sur le sexe, et je me mentirais si je disais que pour un départ comme celui-là, j'ai envie de prendre mon temps.
Ça serait complètement faux.
Il ôte sa chemise en souriant, amusé par mon empressement, la laisse tomber au sol et se penche sur moi pour retrouver mes lèvres, ses mains déboutonnant mon bermuda pour le tirer sur mes cuisses et achever de dénuder mon corps en emportant le reste avec.
Je me rallonge dans les oreillers, le cœur battant à tout rompre, dans la lumière du soleil qui se couche – Zoro me contemple longuement, sans se départir de son sourire en coin, avant de fondre sur ma bouche en se courbant sur moi.
Nos langues s'entrelacent et je soupire de plaisir, haletant, tremblant de la tête aux pieds ; je sens la fermeté de ses muscles sous mes mains, le poids de son corps étendu entre mes jambes, et je geins d'excitation quand sa bouche glisse dans mon cou et mordille ma peau. Assez pour laisser une marque, mais je m'en fous.

Personne ne pourra rien me dire, maintenant.

. . . . .

01 mai, rue Danielle Casanova, Aubervilliers :

Il fait nuit noire, dehors, et la lueur des lampadaires qui passe à travers les stores trace des lignes sur la peau tannée de Zoro ; on est étendus dans le lit défait, et il dort profondément. Je suis une perle de sueur le long de son torse, descends le long de son ventre et caresse ses iliaques marquées.

Miam.

Je me redresse et sors du lit sans un bruit, traversant l'appartement pour attraper une bouteille d'eau et étancher la soif qui me tiraille, mais que je n'ai pas comblée par flemme de me décoller de Zoro. Je jette un coup d'œil à mon portable – un message d'Usopp qui me demande si je peux lui ramener un cours demain matin, un MMS d'Ace qui m'envoie son steak XXL en photo, et… un sms de ma mère qui me dit qu'elle m'aime.

Avec un sourire, je le range dans mon sac et enjambe une pile de vêtements qui traînent là pour me rendre dans la salle de bain. J'allume la lumière du miroir et ouvre les robinets pour m'asperger le visage d'eau fraîche – je regarde brièvement mon reflet et m'arrête sur les suçons qui jalonnent ma clavicule. Je me souris comme un idiot, et je rougis tout seul comme un con.

C'est trop mièvre, sérieux.

Je ferme les robinets, m'essuie d'un coup de serviette et éteins le néon en sortant ; mes yeux s'arrêtent sur mon lit, au milieu de mon foutoir adolescent, et de Zoro qui détonne dans ce paysage bordélique.

En temps normal, j'aurais dit que mon amant aux cheveux verts n'avait rien à faire ici, et que son monde et le mien n'avaient rien à voir l'un avec l'autre. Maintenant… étrangement… j'ai la sensation que Zoro a toujours été là, allongé dans ces draps, près de moi.

Je refais mon parcours du combattant et grimpe sur le lit, rampant jusqu'au corps nu de Zoro pour me blottir contre son torse ; il baragouine je sais pas quoi, ses bras se referment autour de moi, et ses tiges dorées chatouillent ma joue.

Il a chaud, peut-être même un peu trop, mais pour rien au monde je ne voudrais abandonner ça, maintenant que je l'ai réellement trouvé.

- … hé, Zoro, murmuré-je en jouant avec une de ses mèches de cheveux rebelle.

Silence.

J'embrasse le creux de son cou, remonte le long de sa joue et pose un baiser aérien sur ses lèvres, encore salées d'avoir embrassé ma peau en sueur. Je me presse contre son torse, nos formes s'épousent et je tire le drap sur nous, gardant encore un peu cette chaleur qui m'avait parue si étouffante il y a quelques heures de ça, quand nos corps n'avaient de cesse de s'imbriquer encore et encore.

- … je t'aime. Tellement, chuchoté-je.

- Moi aussi, idiot.

Je sursaute et il sourit, et ses doigts courent sur ma peau.

L'enfoiré… ça fait combien de temps qu'il est conscient ?! ses yeux clairs sont embrumés de sommeil, mais un sourire creuse une fossette dans sa joue.

- … j'croyais qu'tu dormais, bougonné-je.

- Faisais semblant, baille-t-il, se redressant pour contempler le réveil. … 5 heures. T'réveillé d'puis longtemps… ?

Je secoue la tête, Zoro embrasse mon front, le bout de mon nez, et prend ma bouche dans un baiser tendre ; je ferme les yeux lorsqu'il m'attire sur lui et caresse son torse nu, retrouvant la ligne de la cicatrice profonde qui entaille sa chair.

- … à quelle heure tu repars, ce matin… ?

- Huit heures, je dirais. J'ai… pas mal de route à faire, un contrat dans le sud de la France.

- … tu reviens quand… ?

- Mmn, jeudi.

Jeudi… mon anniversaire.
Je niche mon nez dans sa gorge, parsème une ligne de baisers sur sa peau nue en inspirant profondément son odeur.
… est-ce que je prends le risque… ?

J'ai toujours mis un soin tout particulier à séparer ma vie d'escort et ma vie d'étudiant.
Je ne suis plus escort et ne le serais plus jamais.

J'aime Zoro, inconditionnellement.
Ses sentiments sont réciproques.
… est-ce que, lui et moi, sommes prêts à le voir entrer dans ma vie de cette manière… ?

- … je vais… sûrement organiser une petite soirée, jeudi. Pour… pour mon anniversaire. Ça te dirait de te joindre à nous… ? hésité-je.

- Il y aura des élèves de ta classe… ?

- Oh, juste Usopp. Les autres seront des amis de longue date, ça n'aura rien à voir. Peut-être que Sabo sera là.

- … et comment tu veux de moi ?

Je hausse un sourcil pour marquer mon incompréhension.
Bon, avoir une conversation construite à cette heure-là de la journée en ayant la tête dans le cul, ça relève de l'impossible, on dirait. Soit il s'exprime pas bien, soit je comprends que dalle. La deuxième option étant bien plus probable que la première.

- … tu m'invites en tant qu'ami ?

- … non, murmuré-je en me penchant sur lui, mes yeux plongés dans les siens. Sauf si c'est c'que tu veux.

- Autant que les choses soient claires pour tout le monde, non… ?

- Autant qu'elles le soient, ouais. Je me suis… assez caché comme ça de tout, alors… quitte à faire le grand saut, j'aimerais que tu soies là. Avec moi.

Sabo ne sait pas que je suis amoureux.
Ace ne sait pas que c'est un ancien client.
Personne, hormis eux, ne sait que je suis homosexuel. Ils sont même tous persuadés que je suis un hétéro difficile, ou que je suis juste très discret à ce propos.

Ça sera le moment ou jamais de savoir si je me suis toujours planté en leur cachant à tous que j'étais attiré par les hommes, ou si j'avais raison de garder ça pour moi.
… Barto va m'en vouloir à mort, j'crois.

Zoro m'embrasse, ses mains courent sur mon corps et mon envie se réveille.
Encore.

… il nous reste un peu de temps avant que le réveil ne sonne la fin de notre nuit, non… ?


08 juin, rue Danielle Casanova, Aubervilliers :

Chopper somnole près de la porte pendant que je me lance dans une séance intense de rangement et de nettoyage, après avoir passé près de huit heures à répéter la présentation de mon mémoire, encore et encore – c'est demain que je passe devant le jury, et j'ai besoin d'un truc rapide pour décompresser. Ranger va me permettre d'ordonner mes pensées, et après, je file boire un verre avec Ace pour penser à autre chose : c'est plus à cette heure-là qu'un miracle va se jouer et me donner les capacités de tout retenir la veille de la graaaande interro...

Je jette un regard à mon oreiller, où Zoro m'a laissé sa chemise en repartant, cet après-midi – je passe mon temps à y foutre mon nez pour inspirer son parfum. Il me manque déjà, mais d'une façon bien différente d'avant.

Parce qu'au fond, je sais qu'il reviendra. Que je le reverrai. Et qu'à ce moment-là, tout ce que j'aurai à faire, c'est ouvrir mes bras et le serrer contre moi. Comme n'importe quel couple le ferait. Je retrouverai tout ce dont j'ai toujours eu envie depuis que Zoro a franchi la porte de ce loft, la toute première fois.
Mes voisins se couchent avec le soleil, eux aussi, et les premiers bruits de l'agitation nocturne de la ville passent par ma fenêtre ouverte.
J'espère vraiment avoir assez bossé, parce que j'ai eu une nouvelle source de motivation, depuis un mois, et je croise les doigts pour que ça paye.
Je ne veux pas déplaire à Zoro, ni être une charge, surtout si on en vient à quelque chose de plus sérieux, encore.

On se voit très, très, très régulièrement ; deux à trois fois par semaine, en général, sauf quand il a un contrat un peu trop éloigné. Sinon, immanquablement, il passe ses soirées avec moi, entre 2 révisions et jeux dans les draps.
Mais tous mes week-ends, sans exception, sont occupés par mon petit-ami.
Je souris bêtement en rangeant mes vêtements, l'esprit ailleurs.
Ouais.
Mon petit-ami.
Ça sonne plutôt bien, non...?

Mon portable sonne, je coupe la radio et récupère mon téléphone qui se fait un trip tout seul à vibrer comme un dingue ; je décroche et le porte à mon oreille, sans cesser d'empiler mes livres sur mon bureau.

- Ouais ?

- … Luffy… ? c'est moi, murmure la voix de mon père.

Je me fige, un bouquin m'échappe et toute ma pile s'écroule sur le sol.

Dragon ne dit rien.

J'entends simplement son souffle dans le combiné.

J'ai le souvenir cuisant de sa gifle, de la colère dans son regard.
De la violence de sa réaction, de la brutalité de ses gestes.
De sa déception.
De son dégoût.

« Barre-toi de là… ! je veux même plus entendre parler de toi… ! »

Ma gorge se serre, et mes yeux me brûlent.

- … on… peut parler… ?

- Ça dépend, marmonné-je. Tu penses toujours que t'as qu'une Barbie parfaite comme fils, ou est-ce que t'acceptes l'idée d'avoir un gamin qui fait c'qu'il peut pour s'en sortir, quitte à faire les mauvais choix… ?

- … je suis désolé, p'tit Lu'.

Cette fois, c'est le souvenir de ma mère réprimandant mon père pour m'avoir encore trop surprotégé qui me revient.
Comme l'a dit Sabo, je suis le petit dernier.
Je resterai leur bébé, peu importe ce que je fais, peu importe que je réussisse mieux ou moins bien que ma grande courge de grand frère.

- … moi aussi, je suis désolé. Pour tout ça.

- ... je le sais, oui.

Pour sûr que Sabo lui a confirmé que j'avais arrêté de déconner plein bloc, que j'étais casé et que ma vie était réglo.

Je ferme les yeux en essayant de retenir mes larmes ; elles ne changeront rien à rien, mon père me l'a toujours dit dès que j'avais l'idée d'exploser en sanglots pour rien, quand j'étais encore qu'un bambin.

- … je te dérange pas… ?

Je repense à cet après-midi où il m'a appelé en pleine séance d'épilation, des protestations de Sabo derrière et du bruit de sa course pour échapper à notre mère.

Est-ce qu'il m'a dérangé, ce jour-là… ?

- … jamais, souris-je à voix basse.

Je m'assois au sol et m'adosse au mur, en me préparant à avoir
une des plus longues conversations de ma vie avec mon père.

.


Réponse aux guests :

Ayako : Hey ! Des théories farfelues ont dû prendre fin avec ce chapitre, haha. J'ai essayé de donner deux facettes à Luffy, jusqu'à ce qu'elles finissent par se confondre, là au moins il n'aura plus besoin de jouer la comédie ^^ Oui, un côté maternel pour chaque face, c'est vrai, mais on a tous à un moment ou à un autre besoin d'une épaule comme repère. Ne t'en fais pas, je sais bien que quand on est étudiant on a pas toujours le temps, je le comprends parfaitement :) merci, à la prochaine !

Noah : Haha, finalement la suite est arrivée ^^ j'espère que les retrouvailles ont été à la hauteur ! Merci pour ta review !

Lilly Tea : Hello ! Ouiiii, beaucoup de discussions, c'est vrai, le chapitre était assez rapide parce qu'il n'y avait pas la masse de pavés, mais au moins c'est dynamique. J'ai promis une fanfiction sans truc dégueu alors comme tu as pu le voir, Dragon est revenu à de meilleurs sentiments. Ouais, j'avais voulu faire le troll concernant la vie amoureuse future de Luffy, mais en fait il termine pas tout seul, héhé. Merci beaucoup, j'espère te revoir pour l'épilogue !

Crow : Oya~! Ouais, réaction virulente mais monsieur est un peu sanguin, comme Luffy, alors on va dire que ça fait 2 têtes de con qui s'opposent... Les parents sont supposés nous soutenir dans la vie, et là c'est vrai que Luffy n'a peut-être pas eu l'écho qu'il voulait. Après, comme l'ont dit Robin et Sabo, Dragon est surtout furieux que Luffy se prostitue, qu'il aime les mecs ça le "choque", le surprend beaucoup même, mais ça n'est pas le point bloquant, c'est juste ce que je nommerai par déformation pro un facteur aggravant x) Aaaaaah, ne me spoile pas sur Falling with the Leaves, je n'ai pas encore eu le temps d'attaquer cette merveille... je te ferai signe quand je m'y serai plongée ! ^^ Ouais, tu as bien compris, Zoro négociait, c'est tout à fait ça. Et il tapait pas mal de bornes aussi, comme tu l'as remarqué ! "[...] et à son sommet nous entrerons dans le sous-terrain nommé « le gouffre de... AAAAAAAAAAAHHH! / C'est marrant ce nom. / Appelé aussi "le trou de la Mierdaille" !" (je connais un peu mieux Naheulbeuk que Reflet D'acides, pour le coup)
Merci pour ton soutien concernant les reviews et le twist, c'est hyper réconfortant de lire ça... Je prends le point pour le AceLu, on peut pas tout aimer :p
Pâques s'est bien passé, pas d'excès, fufu. Et toi ?
J'espère bien te revoir pour l'épilogue :) prends soin de toi aussi !


À la semaine prochaine pour l'épilogue ! :) je vous embrasse !