Merci pour votre infinie patience … je tente de reprendre pied avec le monde (si je puis dire, puisque je marche, Alléluia !) et avec cette petite fic' que je redémarre lentement, mais sûrement. Biz à toutes !
ooOOoo
25 –Atlantis, Salle de contrôle, notre univers
Elisabeth était en pleine partie de solitaire. En fait, c'était la huitième qu'elle faisait, et la huitième qu'elle perdait. Un petit toc toc timide lui fit relever les yeux.
« Euh, je ne voudrais pas vous déranger, si vous voulez je peux revenir plus tard ? »
Rodney se tenait dans l'embrasure de la porte, l'air un peu embarrassé et si vulnérable qu' Elisabeth réprima l'envie de se lever et de le prendre dans ses bras juste pour le rassurer.
« Non, non, venez, entrez, je ne faisais rien de … enfin, bref, un petit break me fera le plus grand bien. »
Il lui sourit et entra.
« Et bien asseyez vous. »
Il s'installa sur la chaise en face d'elle et regarda … le bureau. Elle fronça les sourcils. Décidément, ce Rodney était si différent du leur. Elle se demanda comment il avait fait pour les tromper aussi longtemps parce que maintenant qu'il était lui-même, jamais elle ne le prendrait pour son docteur McKay. Bien entendu, ils étaient semblables physiquement mais leurs attitudes et comportements étaient si diamétralement opposés que la ressemblance physique s'en trouvait elle-même estompée.
L'homme qui était assis en face de lui était si fragile. Les yeux bleus reflétaient de la tristesse et de la résignation, oui, c'était sans doute ça le plus terrible, cette résignation qu'elle sentait en Rodney, comme s'il n'avait aucun choix devant lui, aucun espoir. Elisabeth se força à sourire.
« Et bien Rodney, que puis-je pour vous ? »
Rodney prit une large inspiration, comme pour se donner du courage, avant de répondre.
« Et bien voilà … je discutais avec Carson et il m'a dit qu'il faisait des recherches sur le gène ATA … fascinant, vraiment, et … disons que je pense qu'il obtiendrait de meilleurs résultats s'il pouvait travailler sur … »
Rodney se mordit la lèvre inférieure, comme s'il en avait déjà trop dit et ne savait pas s'il devait continuer ou pas. Elisabeth posa sa main sur la sienne et lui sourit.
« Oui … » l'encouragea t-elle.
Rodney prit une large inspiration.
« Je crois que nous aurions de bien meilleures chances en utilisant le gène du Major Sheppard, je veux dire, de mon Major Sheppard. »
« Que voulez vous dire ? »
Rodney se leva et commença à arpenter le bureau en long en large, tout en s'expliquant.
« Et bien, le gène ATA du Major est atypique, certainement une aberration génétique en fait, une erreur de la nature si vous voulez. »
Il s'arrêta un moment, comme pour méditer sur cet état. Elisabeth était quant à elle certaine que ce n'était pas le gène de Sheppard qui était une erreur de la nature, mais le Major en lui-même, une sacrée abomination en fait. Rodney reprit.
« Bref, il est exceptionnellement puissant, plus puissant que celui de votre Sheppard qui est, si j'en crois Carson, l'individu qui possède le gène le plus efficace sur cette base. »
« En effet, il partage cette particularité avec le Général O'Neill, mais je ne vois pas … »
« Je voudrais que vous nous autorisiez à faire quelques prélèvements … » avant qu'Elisabeth ne puisse réagir, il enchaîna. « Oui, je sais qu'il est un prisonnier et que c'est contraire à … et bien certainement, à tout un tas de Conventions et règles sur les droits de l'Homme mais … » Il soupira. « Je suis sûr qu'à nous deux nous pourrions mettre au point cette thérapie génique, et si c'est le cas, Carson a accepté que je sois le premier cobaye humain : en rentrant, si je peux inoculer le gène à d'autres ... Okay, il ne sera pas aussi puissantque le gène naturel de Sheppard mais … »
« Vous pensez pouvoir renverser l'équilibre des pouvoirs ? »
Un large sourire apparu sur le visage de Rodney. Un sourire qui enflamma le cœur d'Elisabeth. Rodney ne souriait pas souvent, oh, bien sûr, il ricanait, se moquait, et à l'occasion, il gloussait, mais il souriait rarement. C'était la même chose pour cette version apparemment, quoique les raisons ne soient pas tout à fait les mêmes : leur Rodney ne souriait pas, parce que … et bien, certainement parce qu'il devait penser que c'était une perte de temps, quant au Rodney qui se tenait devant elle, les souvenirs de la liste des blessures qu'il avait subies parlait d'elle-même.
Elle se leva et le rejoignit, debout devant la salle de contrôle.
« Vous pensez y arriver ? »
« Oui, bien sûr, la génétique est une passion vous savez, je … »
« Une passion ? La génétique ! »
« Oui, et … Oh, j'oubliais, votre Rodney ne croit pas que la médecine est une science, Carson m'a dit ça. »
De nouveau ce sourire …
« Personnellement, j'adore tout ce qui touche au corps humain, la biologie, la médecine … bien sûr, mes recherches sont, et bien, plus un passe temps qu'autre chose. Je reste astrophysicien dans l'âme mais j'ai aussi un doctorat en biologie, d'ailleurs c'est comme ça que nous nous sommes rencontrés avec Carson, sur les bancs de l'école.»
Sourire, sourire, sourire. Okay, là, Elisabeth était sous le charme, et comment dire non, à un Rodney charmeur, d'autant que celui-ci agissait spontanément, presque avec innocence. Tout le contraire du leur.
Bon sang, ce qu'il lui manquait, lui, ses râlements et ses remarques sarcastiques.
Elle se rassit à son bureau, ferma les yeux un instant et prit sa décision.
« Bien, je vous donne l'autorisation de procéder à ces prélèvements mais je veux être … »
Elle ne termina pas sa phrase. Soixante dix kilos de Rodney enthousiaste s'abattirent sur elle, un smack s'écrasa sur sa joue.
« Merci Elisabeth, merci … vous ne le regretterez pas … »
Et hop, plus de Rodney. Elisabeth resta un moment, abasourdie, la bouche ouverte à fixer la porte.
Elle retirait tout ce qu'elle avait dit : ces deux là étaient pareil, deux gamins lorsqu'il s'agissait de se lancer dans des recherches. Encore que Rodney, ne lui avait pas encore fait le coup du bisou mouillé.
Dieu merci.
TBC
