Point de vue de Bella.

Jamais je n'avais désiré mourir à ce point.

Edward demandait le divorce. Il m'accusait de lui avoir menti.

Il m'avait écrit qu'il ne me connaissait plus.

Les mots résonnaient encore dans ma tête.

**********

Tu avais raison depuis le début. Le soir où tu m'as avoué pourquoi je ne devais pas te transformer.

Ta personnalité, ton comportement et ton amour pour moi n'étaient pas réels, ils étaient dus à ta tumeur.

Je suis tombé amoureux d'un mirage.

Nous n'aurions pas dû te sauver. Cela nous aurait évité de souffrir inutilement.

**********

- Il a souhaité ta mort, maman!

- Mon cœur, il souffre...

- Cela ne l'autorise pas à te traiter de cette manière!

- Noah, ton père t'aime...

- Non! Ce n'est pas mon père.

- Ne dis pas ça! L'interrompis-je. Il reste ton père, même si ses sentiments ont changé à mon égard. C'est l'homme le plus adorable, le plus bon que je connaisse. C'est la douleur qui le fait parler ainsi. Il a peur pour Joy, et il ne comprend pas notre position car j'ai demandé à ta tante de ne pas lui dire...

- Ils se sont servis de nous, c'est tout. S'énerva Noah. Maintenant que nous ne leur sommes plus utiles, ils nous jettent! Dis-moi pourquoi ils ne l'ont pas empêché de faire ça, s'ils se souciaient vraiment de nous?

- Edward peut être vraiment impulsif quand il le veut, souris-je. Crois-moi.

- Je nage en plein délire! Tu prends encore sa défense, après ce qu'il t'a fait!

- Et nous, mon ange? Que lui avons-nous fait?

- NOUS LUI AVONS SAUVE LA PEAU, PLUSIEURS FOIS. Mais cette fois, je ne le sauverai pas. Ni lui, ni l'autre hybride.

Je tressaillis.

- Noah Anthony Cullen! L'hybride dont tu parles est Joy! Ta sœur, ta jumelle!

- C'est sa fille, non? Cracha-t-il. Et il ne la laissera pas nous rejoindre? Nous, les monstres!

Je me rendis compte que les mots d'Edward l'avaient également blessé.

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Comment est-ce que ton fils et toi, vous pouvez vous battre contre nous, votre ancienne famille?

Avec ces monstres que vous avez rejoint volontairement?

Je croyais au départ que vous vouliez protéger ma fille, mais j'en viens à me demander si vous ne l'avez pas intentionnellement dénoncé.

Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec vous.

On se verra sur le champ de bataille, et je vous préviens, vous ne l'aurez jamais.

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- S'il te plait Noah, essaye de comprendre son point de vue...

- Non maman! S'emporta-t-il. Nous avons passé près d'un an à souffrir par leur faute. Tu es venue ici, pour ne pas qu'il m'arrive malheur. Nous avons souffert de leur absence autant qu'eux ont souffert de la notre, voire plus. Nous sommes restés enfermés pendant trois mois, pour avoir tenu tête à Aro et ne pas dénoncer l'existence de Joy. Tu as été torturée trois fois par jour pendant quatre vingt douze jours, encore pour eux. Nous nous sommes fait fouetter avec des chaines chauffées à blanc pendant soixante douze heures parce que nous nous sommes enfuis pour les prévenir. Félix te bat tous les jours et te fait vivre un enfer parce que tu ne peux pas aimer un autre homme qu'Edward Cullen. Et cet homme-là nous considère comme des étrangers. Il souhaite ta mort, et nous traite de monstres. Il n'en a que pour sa précieuse fille, qui a le cœur brisé parce que sa mère et son frère ne sont pas là! Ils n'ont pas vécu le quart de ce que nous avons enduré pour eux, et ils osent nous faire la morale, et nous renier! Et bien je suis désolé, maman, mais je ne me laisserai pas faire. Puisque je ne suis plus un Cullen à ses yeux, et qu'il ne veut plus avoir à faire à moi, je me ferai un plaisir de devenir un Volturi, et je le détruirai. Je le briserai comme il t'a brisé.

Il sortit précipitamment, me laissant seule, anéantie par la détresse et la haine que ressentait mon fils.

Les jours se suivirent et se ressemblèrent.

Entre la mauvaise humeur de Noah que je n'arrivais pas à raisonner, et les mauvais traitements que m'infligeait mon « propriétaire », je repensais à tous les agréables moments passés en compagnie d'Edward. A notre première rencontre, à sa première demande en mariage, puis à sa dissertation, à sa deuxième demande en mariage. Au jour où il m'a appris que j'étais enceinte, à notre mariage, à notre lune de miel. A mon réveil, et au premier contact avec nos enfants.

Comment est-ce que la situation avait pu dégénérer à ce point?

Lui avais-je donné une quelconque raison de douter de mes sentiments?

Je regardai les papiers du divorce, et me résignai. Je devais le faire, pour lui.

Je lui devais bien ça, après tout.

Après avoir signé les papiers, je me dirigeai vers mon « Maître ». Il était avec Noah, qui me regardait avec crainte. Il savait que lorsque je me retrouvais dans la même pièce que Félix, cela ne se passait généralement pas bien pour moi.

- Prends-moi dans tes bras, s'il te plait, Félix. Lui demandai-je. Il s'exécuta en souriant et je me sentis soulagée, car malgré le dégoût qu'il m'inspirait, je savais qu'il m'aimait sincèrement.

- Te sens-tu bien, maman? Me demanda mon fils avec appréhension

- Ne t'inquiète pas, tout va bien. J'ai juste besoin d'un peu de réconfort.

- Et tu penses le trouver auprès de celui qui te bat?

- Pourquoi pas, puisque c'est lui que tu as choisi comme père.

Il tressaillit.

- Maman, je déteste Félix. Mais nous avons un ennemi commun, à présent.

- Oui, l'homme grâce à qui tu es dans ce monde.

- Vu comment il me traite, il aurait pu s'abstenir. Maman, on ne va pas encore se disputer à cause de ce type...

- Ton père, Noah. Ton père qui t'aime plus que tout.

- Arrête ça, maman! Hurla-t-il.

Félix me fixa en fronçant les sourcils.

- Qu'y a-t-il encore?

- J'ai signé les papiers du divorce, et je pensais pouvoir les lui amener.

- Tu les lui donneras la semaine prochaine, quand nous les verrons.

- Félix, le suppliai-je. Tu sais très bien que ce jour-là, vous les tuerez! Cela ne servirait à rien de lui donner les papiers à ce moment-ci!

Il me dévisagea, de plus en plus furieux.

- Tu n'iras pas là-bas. Tu risquerais d'y rester, et je n'aurai d'autre choix que de te tuer.

Noah frémit.

- N'y vas pas, maman...

- Je te jure que je reviendrai, mon amour – ces mots m'écorchaient la bouche à chaque fois qu'ils sortaient – et à partir de l'instant où je lui aurai donné les papiers, plus rien ne me retiendra vis-à-vis de lui, et nous serons enfin complètement ensemble.

Félix sourit, ravi.

- Bien. Tu peux y aller. Mais Noah reste avec moi. Tu sais ce qu'il risque de se passer si tu ne reviens pas.

- Je reviendrai, je te l'ai juré, non? Lui dis-je en l'embrassant.

Noah secoua la tête.

- Tu risques la vie de ton propre fils pour revoir un homme qui ne t'aime pas?

- Je reviendrai, Noah.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire avec Félix? Tu vas te donner à lui après avoir divorcé, alors que tu ne l'aimes pas?

- Tu ne sais rien. Félix mérite d'être heureux, et toi aussi.

- A quoi bon mentir? Tu l'aimeras toujours, et encore une fois, tu te sacrifies pour lui, pour que Félix ne le tue pas.

- Il ne faut pas qu'il meure, tu m'entends?

- Il mourra, pourtant.

- Tu ne feras pas de mal à ton père, sachant que tu me tuerais.

- Maman !Me supplia-t-il. Laisse-moi me venger! Il ne nous aime pas! Tu imagines le mal que cela me fait que mon père me renie, et renie ma mère?

- Je sais, mais je peux t'assurer qu'il t'aime.

- Tant qu'il ne le dira pas de vive voix, je ne le croirai pas.

Et il repartit avec Félix, mettant au point des tactiques afin de piéger les Cullen.

**********

Aro m'avait donné deux jours. Le temps de remettre les papiers à Edward, d'essayer de convaincre Joy de nous rejoindre sans que nous fassions d'esclandre, et de repartir.

Arrivée à Forks, je me rendis compte que nous étions le jour de notre anniversaire de mariage.

Très bon jour pour accepter de divorcer...

J'eus du mal à résister à l'envie de faire demi-tour. J'avais peur de me rendre chez les Cullen. Dans mon ancien « chez moi », à l'endroit où j'avais prononcé mes vœux. Je ne voulais pas affronter Edward dans ce lieu symbolique.

Ce n'est pas le bon jour pour revivre ton mariage...

J'optai donc pour la solution de facilité. Je ne savais pas pourquoi, mais j'étais sûre qu'avant de combattre, Edward repasserait faire un tour dans notre clairière. Je me décidai donc à aller y déposer les papiers du divorce, signe de ma reddition, ainsi que mon alliance. La boucle serait bouclée.

Je courus jusqu'à la clairière, résolue à ne pas y rester trop longtemps, car trop de souvenirs y étaient imprégnés. En courant, je sentais les larmes couler malgré moi, et je crus devenir folle. Je sentais son odeur, si envoûtante, si électrisante. Plus je la sentais, plus mon cœur se morcelait.

A l'orée de la clairière, je me figeai. J'eus l'impression qu'un millier d'aiguilles me perçaient le cœur.

Edward était la. Comme s'il l'avait toujours été. Comme s'il m'attendait.

Il ne semblait d'ailleurs pas surpris de me voir ici.

Alice...

Le don de ma sœur ne me facilitait pas la tâche. J'allais devoir l'affronter, mais je n'en avais pas le courage.

Il avança vers moi, me tendant la main. Je reculai aussitôt, paniquée.

Je tournai les talons, prête à m'en aller, quand son doux ténor me cloua de nouveau sur place.

- Bella, ne t'en vas pas...


Demain (ou ce soir si je la finis) la scène de la clairière.

Les retrouvailles de Bella et Edward, et encore une fois, rien ne va se passer comme prévu.

A plus les p'tits loups!

Leilani