Bonsoir mes chers petits amours.
Ce soir était une soirée productive, grâce à Koda, coeur coeur, et ses thèmes ultra cute.
Thème 1 de ma série "Koda", qui sera postée en plusieurs fois : Forêt avec perdu, "c'est ta faute", cueillette des mûres.
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"C'est de ta faute.
-Attend, je crois que c'est par là!"
Je me fais arracher la carte des mains, et la reçois en plein visage trois secondes plus tard.
"Bordel, tu peux pas faire les choses correctement, pour une fois, une unique et simple fois?"
Je me tais, et laisse le blond furieux en face de moi finir sa crise.
"C'est bon, t'es calmé? On est pas perdus Newt, au pire des cas on prend nos téléphones. On est pas à l'Âge de pierre.
-On avait promit une journée sans portable.
-Oui bah je préfère rompre cette foutue promesse que me perdre en forêt.
-On est déjà perdus."
Je lève les yeux, agacés.
"Puisque je te dis que non, regarde-" Je reprend le plan. "Là, c'est là qu'on est. Si on continue par là, on devrait trouver le fameux étang.
-Très bien MacGyver, je te suis, allez."
Je souris, fier du retournement de situation, et me dirige vers le petit chemin en terre.
Evidemment, comme j'ai mentis en disant que je savais où on allait, on ne trouve pas du tout l'étang aux grenouilles, et Newt crise une deuxième fois en 45 minutes.
"Bordel de merde, pourquoi, mon dieu, pourquoi ? C'est le pire date de ma vie.
-Je croyais qu'on était déjà ensemble ?
-Vu la catastrophe de cette journée, je me le demande.
-Tu me brise le coeur.
-Et tu me brise les couilles, Tommy.
-Ah, je croyais que je te brisais autre chose.
-Ahhhhg putain, la ferme! C'est la seule raison de pourquoi je reste, tu m'entends? Parce que t'as intérêt à bien te faire pardonner ce soir.
-Ah, parce qu'il faut attendre ce soir?
-Pardon? J'ai dû mal entendre, tu ne viens quand même pas de suggérer qu'on fasse l'amour dans la forêt?
-Moi? Jamais."
Le sourire qui s'étire sur ses lèvres me fait rire, et je lui embrasse le front.
"Excuse-moi, je suis nul en orientation. Je voulais juste te faire plaisir, je sais combien tu aimes la nature, et tout ça.
-A t'écouter on dirait que je suis un bobo vegano-écolo.
-Tu es végétarien, Newt.
-Je n'aime juste pas la viande.
-Tu es de mauvaise foi.
-Oui. Et alors ?"
J'éclate de rire, et une vague d'amour me traverse. Avant Newt, j'étais typiquement le genre de débile à se foutre de la gueule des gens qui refusaient de manger de la viande, et qui buvait du lait de soja. Depuis que je sors avec lui, je mange des steaks au blé le samedi soir, et je fous mes céréales dans du lait d'amande le dimanche matin.
"Oh regarde, un mûrier!"
Je le regarde se pencher, analyser l'arbuste, et s'extasier devant. Sa formation d'herboriste le rattrape souvent, et le pire, c'est que je ne trouve même pas ça chiant, de l'écouter me parler des plantes qui font merveilles pour les maux de reins et les insomnies.
C'est la personne la plus intéressante que je connaisse.
"Goûte et dis-moi si elles sont bonnes!"
Il me tend une mûre, et je lui mord les doigts exprès.
"Enfoiré!
-Elle est pas mal. Mange, tu vas pas t'empoisonner. Et merci de m'utiliser en cobaye, au passage."
Il me lance un sourire éclatant, et ses yeux rient.
J'embrasse ses lèvres.
Il mange un des petits fruits, et exige aussitôt qu'on en cueille pour "la maison". "La maison". J'adore quand il dit ça. Parce qu'on ne vit pas ensemble. Mais que, malgré ça, son appart, il l'appelle "la maison".
"Tu vas en faire quoi?
-J'en sais rien, les manger?
-Non mais."
Il rigole, et me lance une mûre sur la tête.
"Peut-être une tarte? Ma mère en faisait une super bonne."
Je hoche la tête, et continue de cueillir, en silence.
Mes weekend, avant Newt, c'était pizza, glande et jeux vidéos. Mes weekend, avec Newt, c'est des promenades, des sorties culturelles, et pas mal de sexe. Je n'aurais jamais pensé que cette vie me plairait autant. Aller dans des musées, marcher sur un remblais, visiter une culture de légumes. Mais, pourtant, chaque fois, je me demande pourquoi je ne m'y suis jamais intéressé avant. C'est fascinant, tout ce que les Hommes peuvent créer, produire, inventer.
Newt m'as montré la beauté cachée, la vérité du monde, et je ne me suis jamais senti autant bien qu'avec lui.
"Tu es dans ta tête?
-Toujours bébé."
Tu es dans ta tête. C'est une des premières choses qu'il m'as dites. Parce que je suis dissipé, parce que je pense toujours à quelque chose, parce que je me perds dans mes pensées. Il l'a remarqué tout de suite. Mes amis, ça les agace quand je décroche. Newt, lui, me pose toujours la même question. Et je répond toujours la même chose. C'est notre phrase à nous.
"Tu es encore dans ta tête."
Je souris, parce que c'est tellement facile. Il sait tout de suite quand je suis parti. Apparemment j'ai un regard différent.
"Désolé!
-Ne le sois pas, je le remarquais juste. Tu es pensif aujourd'hui. Quelque chose te perturbe ?
-Non, à part toi!"
Il lève les yeux au ciel, et, pendant un de mes courts moments d'inattention, plonge sa main dans mon sachet de mûre, en prend une poignée, et l'écrase sur mon visage.
"MAIS ?"
Il explose de rire, et à l'instant même où je met ma main dans son sac, je sais qu'il n'en restera aucune pour la tarte.
Parce qu'aucun de nous ne sait se gérer, se doser, s'arrêter. Aucun de nous ne sait stopper les excès de l'autre, alors on continue d'être dans nos excès. On rigole trop, on pleure trop, on cries trop, on baise trop, on s'aime trop.
Il réussit à glisser sa main sous mon pull et lâche des fruits presque dans mon caleçon. Je cries, l'attrape, lui tartine les cheveux, et on éclate, on éclate, on éclate.
Et on s'en fout.
