Yuya n'eut pas le temps de se demander pourquoi la légère pression de la lame sur son ventre disparut qu'elle entendit un hurlement de rage suivi presque aussitôt d'un hurlement de douleur. La danseuse se sentit traîner en arrière et fixa le combat qui faisait rage dans le couloir. Elle ne se plaignit pas de sa douleur à la jambe, ni de sa légère coupure au ventre, ni de sa peur, ni de son inquiétude en voyant Kyo se battre. Elle ne faisait que regarder Kyo frapper encore et encore. Ses jointures étaient vermeilles, recouvertes du sang de l'homme qu'il punissait de ses poings. Acculé dans un coin, ce dernier cherchait tant bien que mal à se protéger du mieux qu'il pouvait.

Voyant que les coups ne cessaient de pleuvoir et sentant qu'il ne pourrait sûrement plus tenir longtemps sous cette cascade ininterrompue, il attrapa le couteau qu'il avait déjà utilisé pour blesser Yuya et, d'un vif mouvement, l'enfonça dans l'avant bras droit de Kyo. Celui-ci, stoppé net dans ces mouvements, se mit à sourire et l'éclat sauvage de son regard se renforça. A le voir ainsi, Yuya aurait presque pu dire qu'il était... heureux ?! Comment se prendre un couteau dans le bras pouvait-il l'amuser à ce point ?

Un peu écœurée, elle le regarda extraire l'arme de sa blessure avant d'en passer le fil coupant sur la joue de sa victime, traçant un sillon profond. En prenait-il un plaisir sadique ? Non... il le marquait. Il voulait faire passer un message. Et même si Yuya ne savait pas lequel, elle savait que Kyo ne ferait pas de mal volontairement à une personne sans défense. Alors pourquoi ce minuscule doute qui s'insinuait dans son esprit quand elle regardait son regard devenu à moitié fou ? Allait-il laisser exploser sa rage sans qu'aucune pensée ne puisse le raisonner ? Allait-il le... tuer ? Yuya secoua énergiquement la tête, ce n'était pas possible ! Alors pourquoi levait-il le couteau aussi haut ? Oubliant sa douleur, elle se releva vite et attrapa le bras de son amant en criant son nom.

« - Ne fais pas ça Kyo ! »

Yuya suspendue à son bras de toutes ses maigres forces, tentait de le retenir. Bien sur, s'il l'avait voulu, il aurait pu abaisser sa main et continuer son geste mortel. Mais les larmes dans les yeux de la danseuse et la peur qui transparaissaient dans le cri de Yuya lui firent baisser la main. Il posa le couteau au sol, délogea la main de son bras et donna un ultime coup de poing, assommant définitivement son « adversaire », s'il pouvait être qualifié ainsi. Il se releva et ordonna :

« - Bonten, Luciole, occupez vous-en. »

Le premier traîna aussitôt le corps dans les escaliers, sans ménagement, mais sans violence non plus, suivi par Luciole. Un instant de flottement puis Akari brisa le silence :

« - Kyo amène Yuya dans le salon, près d'Akira. Je vais vous soigner. »

Quasi-aussitôt, deux bras puissants l'enserrèrent et Yuya se sentit transporter. Le ballottement réveilla une légère douleur au niveau de ses coudes, blessures qu'elles s'étaient faîtes en tombant, et une autre, beaucoup plus vive au niveau du mollet droit. Elle profita de ce trop court voyage pour presser sa tête contre le torse de Kyo, essayant de lui transmettre toute la peur, le soulagement, la douleur et toutes les autres émotions complexes qui l'assaillaient.

Ω

Yuya aurait voulu ne pas pleurer. Vraiment. Mais avec Akari qui n'arrêtait pas de lui tripoter sa blessure au mollet, elle n'y arrivait pas. La tête contre ses bras, elle laissait les larmes traîtresses s'échappaient de son corps en crispant ses poings dès qu'une douleur trop forte la traversait. Enfin, après ce qu'il lui parut des heures, Akari lui dit qu'elle n'aurait pas besoin de points de sutures et qu'un pansement suffirait. Dans quelques jours, elle serait sur pied. Grâce au pansement, quand elle posait le pied par terre, elle ne ressentait qu'un vague tiraillement. La danseuse fit quelques gestes pour voir à quel point sa blessure la gênait, quand elle entendit un mot dans ce que disait Akari qui la fit tilter :

« - Ça devrait être suffisant. Après, je vais...

- Attends, répètes ce que tu as dit. J'avoue ne pas t'avoir écoutée...

- Les médicaments que je t'ai donné la dernière fois devraient suffire comme antidouleur, et comme je t'en avais prescrit plus, pas besoin d'ordonnan...

- En fait... Je les ai perdus.

- Tu les as quoi ?

- J'étais très en retard pour aller en cours, du coup j'ai tout balancé dans mon sac à main sans le fermer et une fois arrivé là-bas, je me suis rendu compte que je les avais perdus. Je les ai sûrement fait tomber à ce moment là.

- Bon, très bien, je vais te refaire une ordonnance. Je t'en mets trois boîtes, une pour toi et deux pour Akira. Kyo ne l'a pas loupé et ça m'évitera de réécrire deux fois la même chose. »

Tendant l'ordonnance, Yuya sourit et la remercia, nullement culpabilisée par le mensonge éhonté qu'elle venait de commettre. Elle en avait besoin, du coup, ce n'était alors plus vraiment mal n'est-ce pas ? Alors qu'Akari allait partir, Yuya la retint. Elle avait une ultime question à lui poser. Penchant la tête, baissant la voix et se tordant les mains, la danseuse dit, extrêmement gênée :

« - Tu sais... la dernière fois que je suis venu te voir. J'avais des marques... Tu les avais vues lors de mon auscultation. J'aurais voulu savoir si tu en avais parlé à Kyo... ?

- Non, je ne lui en avais pas parlé. Je me doutais qui t'avait fait ces marques. C'était Oda n'est-ce pas ?

- Oui... mais surtout ne lui dis pas ! Quand je vois comment il a réagi aujourd'hui, j'ai peur que s'il découvre que c'était Oda, il aille se battre. C'est du passé maintenant... Tu veux bien ?

- Bien sûr. Je ne lui dirais rien compte sur moi ! En entendant, va te reposer, je vais aller voir comment se porte Akira.

Ω

La fin de la nuit passa vite, sans que Yuya ne put se rendormir. D'une part, parce que tout le choc et le traumatisme de ce qu'elle venait de subir la frappaient de plein fouet, d'autre part,parce que Kyo, dans le lit, l'enserrait comme s'il allait la perdre, l'étouffant presque.

Le lendemain matin, elle retrouva un mot au pied de la porte de la chambre. C'était un certificat d'arrêt de travail jusqu'à la fin de la semaine, soit deux jours si on ne comptait pas sa journée de repos. Une petite note écrit main, en bas, disait que Yuya avait intérêt à suivre cet arrêt si elle ne voulait pas qu'Akari révèle tous ses secrets...

Ω

C'est ainsi que la pire fin de semaine de sa vie commença pour Yuya. Chaque pas, chaque geste qu'elle faisait, était épié par les Sacrés du Ciel présents dans l'appartement, c'est-à-dire Luciole, Bontenmaru, et Akira qui, malgré les bleus apparents sur ses bras et son œil au beurre noir, faisait bien son travail. Il avait visiblement compris la leçon. Yuya était chasse gardée et personne ne devait l'approcher. Sauf, bien sûr, si c'était pour la surveiller. Comme maintenant. Énervée, elle se retourna face à Bontenmaru qui la fixait :

« - C'est un vulgaire sachet de patates !Est-ce que tu peux arrêter de croire que dans n'importe quel geste que je fais, je pourrais me blesser ? Ou tu crois peut-être qu'il y a une pomme de terre piégée dedans et que je vais bientôt sauter ? NON ! Alors arrêtez de me fixer ainsi ! KYOOOO ! D'ailleurs il est parti où lui ? »

Toute la journée, malgré les innombrables remontrances que Yuya leur faisait subir, les Sacrés du Ciel n'arrêtaient jamais de la fixer, de la suivre quand elle partait trop loin et elle ne pouvait sortir que pour aller en cours ou travailler, ce qui, vu son arrêt de travail, la confinait à l'appartement de Kyo. Après une journée de ce « traitement », Yuya explosa :

« - Je suis en repos et je ne peux même pas sortir ? Dites moi que je rêves ! Et cet abruti est encore parti ! J'ai besoin de m'acheter des vêtements ! Laissez moi au moins aller faire du shopping ! »

Aucune réponse, comme d'habitude, toutefois, Bontenmaru mit un manteau et sortit, seul. Elle n'avait même pas le droit de téléphoner ! Elle ne pouvait donc donner aucune nouvelle à Mahiro, ni lui demander de la sortir de ce cauchemar ! Hurlant de rage, la jeune femme partit dans la salle de danse où elle ne put, comme à son habitude, s'enfermer à double tour. Toutefois, elle n'autorisa pas Akira à entrer et il dut rester sur le pas de la porte, nonchalamment appuyé contre le chambranle. Elle mit le son de la musique à fond et se mit à danser pour tout oublier. La blessure à sa jambe l'handicapait quelque peu, toutefois, elle n'y fit pas attention.

Ω

Après plusieurs heures, elle s'allongea au sol, épuisée et un peu plus détendue. Elle prit deux cachets d'un coup, pour être sûre de ne pas avoir mal. La veille, Luciole avait ramené les trois boîtes et elle en avait pris deux et donné une à Akira. Toutefois, celui-ci n'aimant pas les médicaments, il lui avait laissé. Heureusement pour elle, vu le rythme à laquelle elle vidait les boîtes. Pas une journée ne se passait désormais sans qu'elle prenne des cachets pour calmer sa douleur familière à la jambe. Elle se leva finalement et se dirigea vers la salle de bain. Voyant qu'Akira lui emboîtait le pas, elle se retourna et dit, d'un air narquois :

« - Tu veux peut-être m'accompagner jusque sous la douche ? »

Rougissant aussitôt, il s'enfuit vers le salon, la laissant enfin seule. Elle se fit alors couler un bain bien chaud et se laissa plonger dedans, trop heureuse de sentir son corps se détendre après toutes ses contrariétés. Elle dut s'endormir car quand elle rouvrit les yeux, elle vit Kyo la fixer intensément. Elle haussa négligemment les épaules avant de dire :

« - Tu n'est pas le seul à me regarder comme ça alors vas-y continues, je m'en fiches complètement. Mais si tu pouvais remettre le verrou de la salle de bains, ça me plairait grandement ! »

Comme à son habitude, le démon ne dit rien. Yuya soupira doucement et détourna le regard. Regard qui se reposa bien vite sur lui quand elle entendit le bruit singulier des vêtements qu'on enlève. Elle regarda Kyo, déjà presque nu avant de dire :

« - Ah non ! Ne vas pas croire qu'après m'avoir laissée toute la journée seule avec tes chiens de garde qui surveillent le moindre de mes faits et gestes, tu vas passer du bon temps avec moi ! Tu peux rêver ! »

Un sourire narquois et un boxer enlevé plus tard, Kyo s'était confortablement installé dans le bain. Yuya grognon, était malgré tout contente qu'il soit venue la voir. Il lui avait manqué... Mais cela n'atténuait en rien la colère qu'elle éprouvait face à lui ! Et puis d'ailleurs, où était-il passé ?

« - Tu étais où cet après-midi ?

- …

- Raah tu m'énerves ! Tu ne peux pas tout me cacher, à chaque fois. Et puis pourquoi tu m'emprisonnes ici ? J'ai peut-être au moins le droit de récupérer mon portable non ? Ou t'as peur que j'appelle les flics pour qu'ils me sortent de là ? »

Kyo, amusé, ne répondit, comme d'habitude rien. Toutefois, elle marquait un point. A défaut de la laisser sortir, il pouvait peut-être lui rendre son téléphone... De plus en plus fulminante, Yuya explosa. Elle n'en pouvait plus de ce silence et toutes ces cachotteries ! Elle se leva, éclaboussant les murs et le sol d'eau et sortit de la baignoire comme une furie. Elle n'eut pas le temps d'atteindre une serviette que la porte s'ouvrit, dévoilant un Bontenmaru avec des sacs pleins les mains qui se mit à rougir furieusement au vu de la danseuse, ruisselante d'eau. Celle-ci rouge de honte, s'enroula prestement une serviette autour du corps avant de se tourner vers Kyo et de dire :

« - Remets ce PUTAIN DE VERROU. »

Au passage, elle prit les sacs des mains de Bontenmaru et se dirigea vers la chambre. Après un instant de flottement, il dit à Kyo, avant de sortir :

« - On a bien remis le « paquet » à Oda. »

Kyo s'alluma une cigarette et se détendit, attendant patiemment que Yuya se calme. Celle-ci, dans la chambre, enrageait toujours contre cet imbécile de démon. Elle fouilla dans les sacs pour voir les affaires que lui avait acheté Bontenmaru quand elle remarqua quelque chose qui la mit un petit peu plus hors d'elle. Elle retourna dans la salle de bain, l'objet du délit dans les mains avant de dire :

« - Que je ne puisse pas être seule dans une pièce est un fait, que je ne puisse pas sortir passe encore... Que je sois obligée d'envoyer Bontenmaru pour m'acheter des vêtements me dérange déjà plus... MAIS QUE CE SOIT LUI QUI CHOISSISES MES SOUS-VÊTEMENTS? LA IL Y A UN PROBLEME ! »

A la fin, elle avait balancé les dits sous-vêtements sur Kyo et ils flottaient maintenant dans le bain. Folle furieuse, rouge de gêne et de colère, elle se dirigea vers la cuisine et prit une chaise. Ensuite, d'un pas rapide et vif, elle se dirigea vers sa salle de danse, et s'enferma du mieux qu'elle put avec la chaise. Puis, elle mit le volume à fond et appuya sur la touche play. Aussitôt, les hauts-parleurs se mirent à faire bruyamment entendre les premières notes du Lac des Cygnes de Tchaïkovsky.

Cependant, elle se rendit bien vite compte que la danse ne la calmait pas du tout. Pire, elle réveillait sa douleur à sa jambe et elle sentait pulser sa blessure. Elle ragea avant de recommencer un pas complexe et de tomber, n'étant pas concentrée et le pas n'étant pas réalisé correctement. Elle poussa un cri de frustration. Décidément, elle n'arrivait à rien aujourd'hui. Elle sentait que quelque chose ne tournait pas rond et qu'elle n'aurait pas dû se mettre autant en colère pour de simples sous-vêtements mais elle n'y pouvait rien. Il fallait que ça sorte. Elle se sentait au bord de l'implosion et ne désirait qu'une seule chose : que ça se calme, d'une manière ou d'une autre.

Kyo, ayant plus ou moins deviné son état d'esprit, avait voulu ouvrir la porte qui, ayant fait retiré les verrous, savait qu'elle serait ouverte. Il fut donc étonné quand il rencontra une résistance. Il comprit tout de suite qu'elle avait coincé la porte avec une chaise. Il n'entendait rien de ce qui se passait à l'intérieur, sinon la musique assourdissante qu'elle affectionnait tant. Il poussa un peu plus fort et la chaise se décala légèrement. Puis, n'ayant pas la patience nécessaire, il donna un grand coup d'épaule, faisant voler la chaise au loin et ouvrir la porte.

Il découvrit Yuya, allongée par terre, se prenant la tête entre les mains. Il s'approcha d'elle, s'agenouilla et posa une main sur son bras, qu'elle écarta vivement. Elle ne supportait pas le moindre contact. Son souffle était erratique et elle avait l'impression que sa gorge était en feu. Une peur dont elle ne saisissait pas l'origine lui tordait les entrailles, lui créant des nausées. Kyo, alors, prit l'initiative de la serrer dans ses bras, l'emprisonnant malgré les vaines tentatives qu'elle faisait pour se dégager. Quand, enfin, elle s'arrêta, se crispant au maximum à son contact, il effleura sa blessure avant de dire :

« - J'ai une dette envers toi. »

Ces mots lui firent comprendre la raison de sa crise de nerfs, outre le fait de devoir rester enfermée dans un appartement. C'était le contre-coup de l'agression. Elle n'avait pas pleuré, ne voulant pas se montrer faible face à son démon. Toutefois... le traumatisme était trop grand pour qu'elle puisse le refouler ainsi. Alors, face à ces mots, elle se mit à pleurer doucement, agrippant le T-shirt de Kyo et enfouissant sa tête dans le creux de son épaule.

Quand elle se calma enfin, il lui releva le visage et lui essuya les larmes restantes du plat du pouce. Doucement, il approcha ses lèvres de celle de la danseuse et, suite à son acceptation silencieuse, il appuya doucement sur celles de Yuya. Il les lécha, demandant, pour une fois, l'autorisation d'approfondir le baiser. Elle le lui donna en ouvrant un peu les lèvres. N'y tenant plus, Kyo retrouva sa fougue et colla son corps contre celui de la danseuse. Son souffle redevint erratique mais pas pour les mêmes raisons que tout à l'heure. Il agrippa ses hanches et la souleva de terre, lui arrachant un petit cri de stupeur.

Leurs bassins collés ensemble, Kyo alla fermer la porte avant de se diriger vers une barre de soutien pour faire des pointes. En équilibre précaire, il la déposa dessus avant de donner des petits coups de bassin pour l'exciter davantage. Délaissant ses lèvres, il lui déposa de nombreux baisers dans le cou pendant que ses mains se perdaient sur les courbes appétissantes de la danseuse. Elle lui enleva son T-shirt et le jeta au loin, appréciant de son regard et de ses mains, la sculpture qu'était son torse. Puis, l'un comme l'autre ne voulant attendre davantage, ils se déshabillèrent mutuellement pour se montrer à quel point ils s'aimaient.

Ω

Pendant ce temps là, dans le repaire d'Oda Nobunaga, c'était loin d'être aussi rose. Mekira, le corps couverts de blessure et d'ecchymoses, était ligoté à une chaise, encadré par deux hommes aux muscles proéminents. Oda, fou furieux, hurlait de rage :

« - Je t'avais dit de la SURVEILLER pas de l'attaquer espèce d'abruti ! Déjà la première fois, tu l'as poursuivi alors que je ne t'en avais pas donné l'ordre et maintenant tu l'attaques au couteau sur SON territoire. Je t'ai offert une deuxième chance, tout comme à Kotaro, et voilà comme tu me remercies. En me plantant un poignard dans le dos ! MAIS QU'EST-CE QUE TU ESPERAIS ? »

D'un signe, les deux hommes se mirent à le frapper, ravivant les douleurs causées par Kyo. Mekira se mit à gémir, et bafouilla des excuses, rendues inaudible par tout le sang qu'il avait dans la bouche. Quand ils s'arrêtèrent, celui-ci cracha du sang avant de dire :

« - Je pensais... kof vous être utile... En tuant la fille... kof j'aurais eu son point faible...

- MAIS JE NE TE L'AVAIS PAS DEMANDE. J'ai des projets pour elle. De grands projets. »

Oda soupira avant de se passer la main dans les cheveux. Quel bande d'incapables !

« - Je ne sais vraiment pas pourquoi je t'ai embauché. »

Il lui jeta un regard méprisant avant de continuer :

« - Tu te prétends un Half-Bruning Men... et tu me désobéis ! »

Le chef de gang lui asséna un redoutable coup de poings et continua :

« - Sur LEUR propre territoire. »

Il ponctua sa phrase d'un autre coup de poing :

« - Crétin ! »

Une insulte, un coup de poing :

« Stupide ! »

Un dernier coup porté au visage, un dernier cri :

« - Abruti ! »

Oda se calma uniquement lorsqu'il vit le sang de Mekira orner ses phalanges. Il soupira et dit, d'une voix presque indifférente mais dans laquelle on pouvait remarquer une énorme lassitude :

« - Finissez en. »

Les hurlements de protestation de Mekira s'élevèrent, bien vite étouffés par les bruits des coups de poings que les deux hommes lui infligèrent sans relâche. Oda, quant à lui, sortit de la pièce sans un regard en arrière, ni une once de pitié pour celui qui l'avait tant aidé auparavant.

Kotaro, en entendant des bruits de pas approchaient de la porte près de laquelle il s'était accroupi pour espionner Oda, se releva prestement et monta l'escalier quatre à quatre. Il était peut-être temps de réfléchir à ce qu'il allait faire pour aider sa voisine. Après tout, il avait une dette envers elle...