Bonjour chers Cobayes,
Un chapitre de transition cette fois-ci, un petit peu différent des autres.
J'espère qu'il vous plaira tout de même, bien qu'un peu moins comique.
Bonne lecture !
Acte 25 : Ça fait réfléchir.
- Je préfère mourir de froid que venir me coller à toi !
- Rassures toi mortel, moi aussi je préfère que tu meurs de froid.
C'est sur ces douces paroles que les géants débarquèrent huit colosses cuirassés de la tête au pied, rugissant et la masse d'arme au poing.
Le combat tourna court.
Pour être exact, il n'y eut pas de combat.
A peine l'ombre d'un titan à la peau bleutée surgit que Loki créa une illusion à même de le rendre méconnaissable.
Ses cheveux raccourcirent, son uniforme fondit pour laisser place à un vieux jean et un tee-shirt noir, ses traits se creusèrent et son regard se fit fuyant.
Surpris par le brusque changement dans la physionomie du demi-dieu, Tony ne vit pas le coup arriver.
Lorsqu'il ouvrit les yeux, ce fut pour découvrir une geôle humide et plongée dans une pénombre seulement troublée par l'éclat bleuté de moisissures accrochées aux pierres. Un banc de pierre composait le seul mobilier de la pièce.
Un terrible mal de crâne lui vrillait les tempes et il lui fallut quelques secondes pour comprendre la situation.
Son seul compagnon de cellule était Loki, adossé nonchalamment à un mur, toujours déguisé par son illusion.
- Fini de rêver, la Belle au bois dormant ?
Tony le foudroya du regard.
- Tu sais que ton manque de reflexe sidérant est à l'origine de notre situation ? l'informa Loki. Un géant s'est jeté sur toi, t'as assommé et t'as pris en otage. De ce fait, Steve n'a rien voulu tenter, et nous nous sommes fait capturer comme de vulgaires proies.
Tony s'affala contre le mur froid et collant.
- Je savais que c'était une idée stupide de me lever ce matin… Ils nous ont séparés des deux autres, en plus. Bon, on sort d'ici ? Déjà, si je commence par leur dire qui est leur illustre prisonnier, peut-être que j'arriverais à attirer leur attention…
Joignant le geste à la parole, il se redressa souplement et s'approcha de l'immense porte de fer.
- Eho les gars, il y a quelqu'un ? Vous ne devinerez jamais qui vous avez enfermé dans cette pri…
Il eut le souffle coupé par le choc de Loki le percutant.
Le demi-dieu saisit l'ingénieur par le col de la chemise et l'entraîna à l'autre bout de la cellule, jusqu'à le plaquer contre le mur.
- Alors c'est ça que tu veux, humain, ma mort ?
Le ton inhabituellement grave de Loki alarma son compagnon de cellule. La poigne de son adversaire était un étau de fer duquel il ne pouvait se dégager. Tony comprit alors que durant toutes leurs disputes, tous leurs combats, l'Asgardien n'avait jamais utilisé sa puissance, se contentant de riposter sans réelle conviction.
L'air sérieux de Loki incita l'humain à bien considérer la réponse qu'il allait donner à cette question.
Et cette réponse, qui lui vint en un instant, le dérangea quelque peu.
- Bien sûr que non, je ne veux pas ta mort, grommela-t-il alors que Loki relâchait sa prise et s'éloignait d'un pas. Et en y pensant bien, c'est vraiment bizarre.
C'était étrange, en effet, de ne pas souhaiter la mort de celui qui avait détruit New York, avait comploté contre les neufs royaumes, contre les Vengeurs, contre son propre frère, et avait même jeté Tony par la fenêtre de sa propre tour.
Que leur était-il arrivé ? Le silence s'installa quelques minutes.
- Tu m'as l'air bien pensif, reprit Loki, légèrement plus calme. En saurais-je la raison ?
- Je ne suis pas sûr que tu aies réellement envie de savoir, bougonna Tony, plongé dans de surprenantes réflexions.
- Laisses- moi en juger.
Tony rassembla ses idées, dans l'espoir de mettre un certain ordre dans ses pensées. Il inspira profondément se frottant les paupières de ses paumes comme pour tenter d'éclaircir son esprit.
- Tu te demandes pas pourquoi tout le monde – mais vraiment tout le monde, inconnus, amis, famille et même médias- croit qu'on est ensemble ?
Loki haussa une épaule, fataliste.
- L'idée doit leur plaire.
- Ou alors, c'est peut-être le fait que depuis un an, on est toujours fourrés ensemble ? Que tu as emménagé à deux pas de la tour, qu'on passe cinq soir sur sept ensemble, qu'on achète nos costards ensemble pour des mariages auxquels on se pointe ensemble ? Qu'on manipule ensemble Nick Fury et les agents du SHIELD pour passer le temps ? Que je te vois plus que mon meilleur ami, qu'on ait même plus besoin de plateau tellement on a fait de parties d'échecs ? Qu'on se balade dans l'espace-temps pour sauver des amis communs ?
Le demi-dieu resta muet devant une telle tirade.
- Je te signale qu'à la base, on était ennemi. Alors oui, dans la logique des choses, je devrais souhaiter ta mort au lieu de t'emmener faire la tournée des bars, imbécile !
Le silence de son partenaire attisa la fièvre qui agitait l'Ingénieur.
- Et à la place de ça et ben non, parce que tu sais quoi ? Bah je t'aime bien ! On se marre bien tous les deux, je m'ennuie jamais quand t'es là, - et c'est le gars coincé dans une prison d'un autre monde qui te dit ça- et t'as un caractère aussi pourri que le mien ! Et tu sais ce qu'il y a de pire, encore ? Si demain tu me disais que tu rentres sur Asgard, eh ben ça me les briserait grave ! Car j'ai carrément pas envie que ça s'arrête. Alors avec tout ça, oui, je peux comprendre que les gens nous voient comme un couple ! Ça fait réfléchir, conclut-il à l'aide de grands gestes, énervé sans trop même savoir pourquoi.
Il prit un instant pour récupérer son souffle, lui-même surpris par son étrange discours. Il se tourna vers Loki, en quête d'une réponse.
N'importe quelle réponse.
Le demi-dieu resta muet, le visage ébahi.
La sonnerie annonciatrice d'un sms vint interrompre le silence.
Bucky : Ouah, c'était super émouvant, la boîte de conserve. Quand vous aurez fini de vous rendre compte de ce que tout le monde sait déjà, vous pourrez peut être songer à vous sortir les doigts des yeux et à venir nous chercher ! Steve me dit de te dire de prendre ton temps et de mettre les choses au clair, mais moi je me pèle les miches dans cette prison, alors magnes ! Tu passes nous récupérer, on localise DP et on se casse de ce pays pourri !
Tony releva les yeux, stupéfait.
- Ils m'ont entendu ?
- Pas qu'un peu, répondit une voix lointaine, qui provenait d'au-dessus.
Loki grimpa sur le banc de pierre et tapota au plafond. Des coups sourds lui répondirent.
- Ok, ils sont dans la cellule au-dessus de la nôtre.
Tony soupira, les épaules affaissées.
- Fais nous sortir d'ici, grogna-t-il à l'attention de son compagnon de cellule.
Une soudaine lassitude l'avait envahi.
Loki paraissait à son tour en proie à d'étranges réflexions, le visage hagard et le regard perdu au loin. Découvrant les traits agacés de l'ingénieur, Loki le rejoignit, lui pressant un peu rudement l'épaule.
- Comme tu le dis, mortel, ça fait réfléchir.
Il s'approcha des barreaux et les enserra de ses longs doigts.
Utilisant toute la force de son corps d'Asgardien, il arracha purement et simplement la porte de ses gonds. Une sonnerie stridente retentit, alors qu'une cavalcade toute proche annonçait l'arrivée de renforts.
Loki projeta la porte à l'autre bout de la pièce, et accorda son légendaire sourire à son acolyte.
- Si cela peut te rassurer, je n'ai aucunement l'intention de retourner sur Asgard.
Une certaine forme de soulagement traversa l'Ingénieur.
- On s'en va, énonça Loki, avant de se glisser hors de leur geôle, Tony sur les talons.
Voilà pour vous chers cobayes,
Dites moi tout ! A très bientôt,
Laukaz-The Lab.
