Vendredi, jour de ncis lol,

on approche doucement de la fin sauf que j'hésite encore entre deux versions vos reviews m'aideront peut être à choisir lol


Aucune des personnes dans la salle d'attente n'avait besoin d'être là, et ils avaient tous à un moment ou à un autre réfléchi à ce fait. Tous avaient des choses à faire : des interrogatoires à mener, des rapports à rédiger, des analyses à pratiquer, une autopsie à faire; mais personne ne songea un seul instant à partir. Jusqu'à ce qu'il soit sorti de chirurgie, jusqu'à ce qu'ils sachent qu'il allait aller bien, ils camperaient ici. Gibbs avait bien sûr tenté de renvoyer Ziva chez elle pour se reposer, une proposition pour la forme, il le savait, la jeune Israélienne ne partirait pas même si on le lui ordonnait.

Cette attente était atroce, et elle l'aurait été encore plus si Ducky n'avait pas été se renseigner auprès du service de chirurgie. Le pronostic était assez bon même si le couteau avait déchiré une partie d'un muscle de la cuisse et non une artère comme Ziva l'avait craint pendant un moment. De toute évidence, il pourrait retrouver l'usage normal de sa jambe sans aucune séquelles. Ce n'était donc pas sa jambe qui inquiétait le plus l'équipe... Tony avait encaissé des coups d'une rare violence, lui causant une commotion cérébrale – raison de son évanouissement – et surtout le plus grave, une rupture de la rate. C'est donc à ça que s'afféraient les chirurgiens : enrailler son hémorragie interne.

Etant dans la partie, bien qu'en temps ordinaire ses patients ne soient pas vivants, Ducky mesurait la gravité des blessures de Tony. Il aurait voulu se montrer optimiste mais comme Gibbs savait déceler le vrai du faux – un don inné chez lui – le médecin légiste avait dû lui faire part des risques opératoires comme post-opératoires qu'encouraient Tony. De quoi raviver encore plus la colère de l'ancien marine. Chacune de ses émotion se propageait dans l'air, provoquant une peur irrationnelle. Rien d'étonnant que Gibbs soit aussi bon pendant les interrogatoires, l'atmosphère autour de lui semblait s'agiter comme si c'était une projection de ses émotions.

Mcgee, quant à lui, un bras autour des épaules d'une Abby endormie, fixait la porte comme Tony la passerait d'une seconde à l'autre. Ce qu'il savait impossible, mais ça l'aidait à surpasser cette attente et surtout à ne pas penser que son ami puisse ne plus jamais le surnommer le bleu ou le bizut. Totalement impossible.

- « Je vais faire un tour » annonça Ziva sans préambule, quittant la salle d'attente sans attendre une réponse.

Même si elle ne se résolvait pas à partir de cet hôpital, l'ambiance pesante générait par l'inquiétude de ses partenaires lui tapait sur les nerfs. Ziva avait besoin de se retrouver seule et de prendre l'air pour réfléchir. Réfléchir posément, rationnellement, si seulement elle y arrivait...

Assise sur un banc devant les urgences, un gobelet de thé à la main, elle regardait les allées et venues des ambulances transportant des patients ainsi que des personnes quittant l'hôpital.

- « Ziva? »

La jeune femme soupira, peu ravie qu'on vienne lui tenir compagnie et surtout car elle n'était pas encline à parler.

- « Je peux m'asseoir? »

- « Pourquoi vous me poser la question si vous attendez pas ma permission »

Sans se formaliser du ton agressif de Ziva, comprenant que les derniers événements aient pu la perturber, Megan lui parla d'une voix neutre.

- « Je peux vous demander un service, Ziva? »

- « Un service? »

- « Quand je serai partie, prenez soin de Tony. »

- « C'est mon partenaire » dit-elle comme si cette réponse suffisait en elle même.

Megan sourit devant sa naiveté, ou plutôt son aveuglement.

- « Je ne faisais pas allusion à ça. Prenez soin de lui non pas en tant que sa partenaire mais en tant que femme. »

Le visage se ferma, elle avait parfaitement saisi dès le départ où Megan voulait en venir.

- « Vous vous trompez si vous pensez une seule seconde que Tony et moi... »

- « Je ne suis ni aveugle ni sourde »

Bien qu'elle ne connaissait pas Ziva depuis très longtemps, et encore, connaître était un bien grand mot, Megan avait eu le loisir de l'observer et de s'apercevoir de certaines choses qui avait échappé jusqu'à lors aux principaux intéressés. Ce regard était assez caractéristique en soi, elle reconnaît cet affolement, cette peur de perdre l'être aimé, oui l'homme qu'elle aimait et non son partenaire. Il était donc normal à ce que Ziva ait besoin de plus de temps pour se recomposer, que toute cette histoire embrouille ses émotions. Qu'elle se demande comment gérer une relation avec lui tout en ayant cette peur de le perdre. Et même si Ziva avait conscience des risques du métier pour l'exercer elle même, il n'en demeurait pas moins légitime qu'elle s'interroge sur le fait de savoir si elle pourrait vivre avec cette peur au ventre tous les jours. Megan savait pour s'être déjà posée la question à l'époque où elle sortait avec Tony et que ce dernier lui avait parlé de son souhait d'intégrer l'académie de police. Parfois, on préfère s'empêcher d'aimer pour éviter de souffrir.

- « Ne me mentez pas et surtout, ne vous mentez pas à vous même » ajouta Megan.

- « Admettons, Tony et moi c'est une histoire impossible » la contredit Ziva sèchement.

- « Car vous voulez que ça le soit. Je connais Tony et avant même que je vous rencontre, j'ai su qu'il tenait à quelqu'un. Ce qu'il ressent pour ce n'est ni une passade, ni un coup de coeur... ça me fait mal de le dire, mais je crois que ses sentiments pour vous sont plus forts que ceux qu'il avait envers moi. »

- « Et ça vous le savez...? Sur quoi fondez vous vos conclusions, je ne pense que Tony se soit montré très bavard. »

Megan ne se laissa démonter face à l'obstination de Ziva, dans une certaine mesure ça l'amusa même, songeant que finalement ces deux là s'étaient bien trouvés.

- « Depuis quand l'aimez vous? Je ne pense pas que ce soit venu tout de suite, Tony sait se monter tellement insupportable quelque fois mais c'est ce qui fait son charme aussi. »

Excédée par l'insistance de Megan, Ziva soupira et ferma les yeux pour contenir la colère qui montait en elle. Pour autant, elle s'autorisa à réfléchir sur la question. Il est vrai que si elle l'avait rencontrée dans d'autres circonstances, elle aurait tout fait pour l'éviter. Sauf qu'elle avait appris à le connaître et à faire avec ses défauts. Elle avait alors connu un agent talentueux, flémard, mais talentueux. Elle s'était vite sentie proche de lui, et ce rapprochement n'avait cessé d'augmenter au point de se voir même en dehors du travail. Jusqu'à récemment, elle supposait que c'était dû à la totale confiance qu'elle lui accordait pour surveiller ses arrières tout comme elle le faisait pour lui. En réalité, ils se complétaient l'un et l'autre, comme le noir et blanc, un mélange qui fonctionnait plutôt pas mal. Ne dit-on pas que les opposés s'attirent?

- « Ne laissez pas vos peurs dicter votre vie, je sais de quoi je parle, Ziva »

Une peur pourtant fondée. Ziva ne regrettait nullement d'avoir tiré sur Lucciano - il le méritait – ce qui la désolait au contraire c'est d'avoir laisser son coeur prendre le dessus. Depuis toujours, elle avait toujours agit en fonction de ses principes, de ce qu'on lui avait appris. Réfléchir posément et rapidement sans laisser un élément extérieur s'ingérer dans une situation. Hors, elle savait désormais qu'en commençant une histoire avec Tony, elle perdrait ce qui faisait d'elle un bon agent. Elle agirait non plus en son âme et conscience mais en fonction de Tony. Les émotions embrouillent l'esprit, ils vous font perdre votre sang froid, et ça, Ziva ne le voulait pas. Elle savait par expérience que ça finit mal tôt ou tard... Elle avait déjà fait les frais de perdre un collègue et amant car ses émotions avaient interféré dans sa prise de décision. Si elle n'était pas amoureuse de Tony, elle n'aurait pas froidement exécuté Lucciano, à la rigueur, elle lui aurait tiré une balle dans la jambe.

Refouler ses sentiments, les oublier, voilà ce qu'elle devra faire.

- « Ce n'est pas aussi simple, Megan » fit Ziva s'en se lancer dans de plus amples explications qu'elle n'avait de toute façon pas l'envie de founir.

Un cri au loin attira les deux jeunes femmes. Abby courait du mieux qu'elle pouvait, un large sourire au lèvres.

- « Il va bien. Il est sorti de chirurgie, les médecins sont confiants. »

Megan posa instinctivement une main sur le coeur et emboîta le pas à la jeune laborantine, mais en se retournant pour voir si Ziva les suivait, elle ne la vit pas... Disparue.

à suivre...