Résumé : Enfin la suite (oui, je sais, ce fut long… Mais j'ai eu énormément de travail et de soucis…Désolée…)… Pour rappel, Ginny, Ron et Hermione ont appris la véritable nature du rapprochement entre Lucius et Harry, ce dernier ayant d'ailleurs admis vouloir devenir son calice. Ginny avait tenté de dissuader le brun et l'avait embrassé mais Harry l'avait repoussé. Que va-t-il advenir de la relation entre Lucius et le survivant ? Bonne lecture à tous… Un petit message à la fin pourrait grandement contribuer à mon moral ! A bon entendeur… Lilywen…
La quête des temps nouveaux
Chapitre 25 : Au commencement
Le soleil paraissait à peine à l'horizon. Sans se préoccuper de salir ses vêtements, Harry s'allongea sur l'herbe encore fraîche et humide de la rosée du matin et le jeune sorcier se concentra sur le bruissement du vent dans le feuillage du chêne plus que centenaire qui lui offrait ombre et protection.
La veille, il avait enfin admis à haute voix vouloir devenir son calice et après le départ de Ginny, il était resté un long moment, prostré sur son lit, attendant patiemment le retour de Lucius. Les heures passant, il avait arpenté nerveusement sa chambre, priant si fort pour que le vampire le rejoigne, au moins avant la tombée de la nuit. Il voulait lui parler de tout ce qu'il ressentait… Lui faire part de ses craintes, de ses doutes probablement, mais également de ses envies, de ses espoirs, de son désir. En vain… Il ne l'avait pas revu.
Epuisé, il s'était finalement endormi mais son sommeil ne fut en rien réparateur et il s'était finalement levé aux aurores, écœuré, en colère, blessé par cet homme. Il avait pourtant naïvement pensé que ses aveux auraient contenté l'ancien mangemort, à défaut de le ravir. Qu'attendait-il encore de lui ? Pourquoi leur relation devait-elle être si difficile ? Il détestait cette douleur, comme si quelqu'un s'amusait à lui arracher le cœur, à le piétiner sauvagement et sa tête le faisait horriblement souffrir, sans doute la magie des anciens mais pas seulement… Harry se souvenait trop bien de l'impression de douceur, de joie et de sérénité quand il s'était réveillé dans l'étreinte du vampire hier matin et il se doutait que cette fébrilité s'expliquait surtout par l'absence du vampire à ses côtés cette nuit.
Il fit comme si de rien était lorsque des pas le tirèrent de ses pensées. C'était Drago. Le blond avait les traits tirés et il s'installa à ses côtés sans prononcer le moindre mot. Harry ferma les yeux et attendit. Après plusieurs minutes, le calice attaqua, visiblement exaspéré :
« Qu'est-ce qu'il y a encore, Potter ? »
La question eut au moins le mérite de le sortir de cette léthargie et Harry se redressa, avant de reprendre violemment :
« Bien sûr, c'est toujours la même chose… Potter, Potter, POTTER ! ET TON PERE, DANS TOUT CELA ! OH, NON, EVIDEMMENT ! C'EST FORCEMENT POTTER, LE SEUL FAUTIF ET RESPONSABLE ! »
Il se sentit mieux de pouvoir vider toute cette rage, toute cette colère sur quelqu'un mais l'air ahuri qu'affichait le calice calma aussitôt le brun qui bredouilla doucement un pauvre 'désolé'. Drago n'avait pas bougé et le fixait de ses yeux gris, si semblables à ceux du vampire, avant qu'il ne déclare d'un ton volontairement apaisant :
« D'accord… Ecoute, Potty, je n'ai pas la moindre idée du problème qui t'oppose à mon père.
- Vraiment ? Je croyais… Je croyais que tu lui avais parlé…
- Non. »
Drago laissa quelques secondes pour que le petit brun comprenne qu'il ne lui mentait pas, puis il continua calmement :
« Quand je t'ai raccompagné jusqu'à ta chambre après ta dispute avec cet abruti de Weasley, tout paraissait aller très bien pour vous deux. Dois-je te rappeler que mon père sortait tout juste de 'ta' salle de bain et que vous aviez passé toute la nuit ensemble ? Et si mes souvenirs sont toujours exacts, il me semble que, pas plus tard qu'hier matin, nous avons eu une conversation des plus instructives et intéressantes sur la transformation du calice. Tu confirmes ? »
Harry se sentit furieusement rougir à la remarque du serpentard, il se contenta d'acquiescer, peu sûr de pouvoir faire confiance à sa voix pour l'instant, tant son cœur battait vite dans sa poitrine. Le calice poursuivit avec la même détermination tranquille :
« Je n'ai pas imaginé une seule seconde qu'il y avait un problème entre vous. J'ai juste été appelé par ta magie depuis mon réveil. Si tu veux tout savoir, cette douleur lancinante était plutôt désagréable et je n'ai pas réussi à me rendormir. Maintenant que nous avons clarifié ce point, pourrais-tu m'expliquer ce qui ne va pas avec mon père ?
- Je lui ai avoué que je voulais devenir son calice, juste après ton départ…
- Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes », rétorqua le blond avec un brin de sarcasme.
Si Drago pensait que son humour ravageur, maintes fois testé auprès de Severus, allait apaiser la colère latente qu'il devinait dans les yeux tempétueux du joli brun, cette fois, il se trompa lourdement car l'autre garçon qui paraissait au bord de la crise de nerf reprit alors avec véhémence :
« Alors explique-moi pourquoi il m'évite depuis ! Je ne comprends pas pourquoi il se comporte ainsi avec moi. Il sait parfaitement que ce n'était vraiment pas évident pour moi d'admettre l'évolution de notre relation devant Ron, Hermione et Ginny. Je ne t'apprends rien sur ce point. Après tout, tu étais là, toi aussi et tu as vu ce qui s'est passé ! Ron était littéralement fou furieux quand je lui ai fait part de ma décision. Il est persuadé que je fais la plus belle connerie de ma vie, que je vais forcément me faire avoir par l'odieux mangemort en quête de rédemption, que je les ai, en quelque sorte, trahis… Même Hermione n'a pas réussi à le calmer avant ton arrivée… Et Ginny… Ginny… Tu peux me croire, elle était réellement inquiète pour moi et je m'en veux tellement de briser ma promesse, de la faire souffrir parce que cette foutue guerre a tout chamboulé, parce que J'AI changé ! Pourtant, je l'ai fait ! Je lui ai expliqué que je voulais devenir son calice, que je voulais être avec lui… Je l'ai fait comme il me l'avait demandé avant-hier et je pensais qu'il serait au moins satisfait ! Mais non, il a quitté la chambre et il ne m'a pas adressé la parole depuis… Il n'est pas revenu alors que je l'ai attendu pendant des heures et des heures. Alors, qu'est-ce qu'il espère de moi maintenant ? Je t'assure que ça me dépasse complètement, je ne le comprends pas ! »
Harry se rallongea dans l'herbe fraîche, visiblement épuisé. Il ferma les yeux un instant, espérant ainsi atténuer cette douleur sourde et de plus en plus insupportable qui martelait sa tête lorsque Drago reprit, d'une voix où suintait clairement la raillerie :
« Oh pitié, Potter, même toi, tu ne peux pas être si candide... »
Le gryffondor se releva aussitôt, agacé :
« Pardon ?
- Alors Potty, tu me corriges si je me trompe… »
Harry se contenta d'un hochement de tête inquisiteur et le blond continua, ménageant ses effets :
« Tu as d'abord avisé tes deux âmes damnées de tes intentions concernant mon cher père et je suis arrivé juste à temps pour empêcher Weasley de démolir ton joli minois. Je t'ai ensuite raccompagné jusqu'à ta chambre et c'est donc à ce moment-là que tu as annoncé la grande nouvelle à mon père… C'est bien exact ? »
Fatigué, Harry soupira :
« Oui mais je ne vois toujours où tu veux en venir…
- Et bien, dis-moi alors… Quand l'as-tu dit à la rouquine ?, ricana Drago.
- Qu'est-ce que tu insinues ?
- Oh, mais je n'insinue rien... Je me disais simplement que tu as informé cet abruti de Weasley de ta relation avec mon père et en retour, il t'a gratifié d'un magnifique coup de poing parce que tu aurais soi-disant trahi son amitié ainsi que l'amour et la confiance de sa chère frangine. Comme par hasard, alors que tu es avec mon père, à un moment – tu le reconnaîtras – des plus importants pour vous deux et - j'irai même jusqu'à dire – des plus romantiques puisque tu venais de lui avouer ton intention de devenir son calice, tu as droit à la visite inopinée de Weasley fille… Et elle est venue pour quoi ? Pour te voir et t'avouer à quel point tu comptes pour elle, à quel point elle est folle d'inquiétude que tu sois pris dans les griffes du méchant vampire et toi, sombre crétin, tu as écouté gentiment tout son baratin… Non, sans rire, Potter, même toi, tu sais pourquoi mon père ne t'a pas rejoint dans ta chambre ensuite… »
Harry restait sans bouger, abasourdi par les paroles du calice. Finalement, il bredouilla pitoyablement :
« Je… Je n'ai pas… Je n'ai absolument pas… »
Le brun se redressa complètement et asséna d'une voix qu'il espéra sûre et affirmée :
« J'ai dit à Ginny que je voulais être avec lui. Seulement avec lui.
- Soit. Elle le sait. Je le sais. Et mon père ? Est-ce que tu lui as dit ? »
Le regard émeraude se fit plus trouble alors qu'il repensait à sa dernière discussion avec le vampire. Il lui avait évidemment parlé de Ron… Mais aussi de Ginny… Il bafouilla, encore plus perdu :
« Il… Tu crois… Tu crois qu'il pense que Gin et moi…
- Connaissant mon père et son foutu orgueil, c'est une éventualité effectivement.
- Mais…
- Bordel, Potty, le vampire est une créature magique extrêmement possessive envers celui qu'il considère comme son calice et mon père ne fait certainement pas exception à la règle. »
Les yeux d'Harry s'élargirent encore davantage et il murmura plus pour lui que pour le blond :
« Il est ja… Il est jaloux… Il croit… »
Sans attendre une quelconque réponse du calice, le brun était déjà debout et courait à perdre haleine en direction de la demeure des Tonks. Il fallait qu'il le voie, immédiatement, qu'il lui parle. Il arriva comme une furie dans le long corridor et grimpa les marches de l'escalier quatre à quatre. Il se retrouva devant la chambre du vampire, à bout de souffle et ne songeant même pas à signaler sa présence, il poussa la porte.
Lucius était devant lui, droit, hautain. Son regard froid le scrutait comme s'il avait senti son arrivée. Cette idée fit trembler inconsciemment le jeune sorcier. Ils restèrent un long moment, l'un face à l'autre, sans bouger, sans parler, seul, le bruit de la respiration précipitée du joli brun rompait le silence pesant dans la pièce. Finalement, Harry se redressa, bien décidé à ne pas s'en laisser compter une nouvelle fois par la créature de la nuit et d'une voix qu'il espéra ferme, il annonça :
« Je t'ai attendu. »
Le blond, même s'il fut surpris par le ton quelque peu mordant du gamin, prit sur lui et asséna froidement :
« Tu empestes son odeur.
- Par… Pardon ?, bégaya le brun, ses yeux émeraude écarquillés.
- Tu as très bien compris. Tu empestes son odeur, c'est écœurant.
- Tu es parfaitement ridicule. »
Même si Harry savait qu'il jouait un jeu des plus dangereux en provoquant ainsi le vampire, visiblement furieux, il n'en laissa rien paraître. Après quelques secondes, Lucius amorça un mouvement de sa main droite, faisant claquer magiquement la porte que le gamin avait laissée entrouverte à son arrivée. Harry s'était instinctivement retourné, sursautant au bruit sourd et avant même qu'il ne le réalise, le vampire se tenait juste devant lui et le souleva comme s'il ne pesait rien, le plaçant sur son épaule comme un vulgaire sac.
« LUCIUS, LACHE-MOI ! LACHE-MOI, TU M'ENTENDS ! »
Tandis que le brun s'égosillait comme un beau diable, Lucius le railla ouvertement :
« Qui est ridicule maintenant ?
- Pose-moi immédiatement ! »
Le vampire ne répondit même pas à l'ordre du gamin qui tentait, en vain, de se libérer de sa prise, se tordant dans tous les sens, comme un beau diable.
« LUCIUS ! LUCIUS ! Je suis sérieux ! Repose-moi ! C'est grotesque. Tu es grotesque ! Ginny n'est restée que quelques minutes avec moi et tu l'aurais su si tu n'avais pas boudé stupidement toute la nuit. »
Agacé, le blond lâcha son fardeau, sans guère d'égard et lui adressa un regard furieux.
« Je suis grotesque et je… boude…, répéta le vampire avec incrédulité.
- Tu m'as parfaitement compris ! »
A cet instant précis, l'ancien mangemort trouva Harry simplement magnifique. Drapé dans sa colère, les cheveux encore plus ébouriffés, les mains fermement posées sur ses hanches, le brun le défiait littéralement et les yeux d'émeraude semblaient brûlés d'un feu si intense que Lucius ne sut s'il devait lui faire regretter ces paroles outrageantes ou s'il devait l'embrasser jusqu'à perdre haleine, tant cette bouche l'attirait. Le vampire attrapa vivement le poignet si fin du brun, rapprochant brutalement leur deux corps. Lucius se pencha ensuite vers le jeune sorcier, l'emprisonnant complètement dans son étreinte puissante. Il s'amusa à dessiner lentement de son souffle les joues rougies du gamin, évitant délibérément sa bouche, jusqu'à ce qu'un petit gémissement plaintif ne s'échappe de ses sublimes lèvres entrouvertes.
« Tu disais, jeune homme ? »
Harry grogna et se dégagea tant bien que mal de la prise du vampire.
« Tu… Tu… Tu es impossible !
- Voyez-vous cela… Si je récapitule, je suis ridicule, grotesque, boudeur et maintenant impossible. Tu as encore d'autres reproches à me faire de si bon matin…
- Oui, tu es jaloux, du moins, c'est ce qu'affirme ton fils. »
Le regard gris se teinta d'une lueur mauvaise. Tandis qu'Harry semblait le défier de le contredire, Lucius asséna d'un ton clairement agacé :
« Je me fiche de cette gamine insupportable.
- Elle a pourtant été ma petite amie, répliqua Harry avec un brin d'amusement dans la voix.
- Tu penses sincèrement que je suis jaloux d'une stupide amourette d'adolescent. Sois sérieux, veux-tu ?
- Elle m'a embrassé hier et… »
Harry n'eut pas le temps d'achever sa phrase que le vampire le plaqua rudement contre la porte fermée, prenant possession de ses lèvres avec une fureur inégalée. Il pillait sa bouche et ses mains… Ses mains le caressaient avec une telle intensité. Tous ses gestes le bouleversaient au-delà de ce qu'il avait imaginé. Il sentait ses jambes trembler si fort qu'il s'agrippa du mieux qu'il put aux épaules de l'homme. Alors que Lucius se reculait juste assez pour le priver de cette merveilleuse sensation, Harry ne put retenir un grognement furieux qui fit sourire malgré lui son vis-à-vis :
« Lucius…
- Tu es à moi. »
Le brun se contenta d'un vague acquiescement, incapable de formuler le moindre mot tant son esprit était troublé par le regard hypnotique du vampire. Il pensa confusément que Lucius le voulait intensément. Il désirait ses lèvres, il désirait son corps, il désirait son âme et son sang au lieu d'en être terrifié, il ferma les yeux, s'abandonnant complètement à l'autre homme. Aussitôt, le blond fondit sur lui comme un aigle sur sa proie. Ils s'embrassèrent fiévreusement, comme si leur dernière heure venait de sonner son glas terrifiant. Les mains du vampire repoussaient inconsciemment le tee-shirt, cherchant cette peau dont il avait désespérément besoin. Lorsque la nécessité de reprendre son souffle devint impérieuse pour les deux hommes, Lucius s'écarta légèrement, posant son front contre celui du brun qu'il retenait contre lui et murmura doucement :
« J'ai envie de toi, Harry. »
Les mots résonnaient entre eux, les amenant inévitablement à cette réalité. La main gauche du brun descendit doucement le long du torse du vampire jusqu'à la taille de l'homme tandis que de sa main droite, il frôla dans une caresse évanescente le visage froid, comme s'il essayait de cartographier chaque courbe parfaite dans son esprit. Il se redressa du mieux qu'il put et chuchota contre les lèvres du blond :
« Je sais. »
Il laissa flotter les quelques secondes qui allaient sceller sa décision.
« Je te veux aussi. »
Ce fut comme un électrochoc pour le vampire qui sentit exulter en lui cette créature si avide de cette magie pure, de ce sang délectable. Il souligna la bouche parfaite du brun de son index, écartant les lèvres rosées avec une délicatesse dont il ne se serait jamais cru capable jusque là. Tandis que sa main droite dérivait vers cette nuque si désirable et continuait doucement sa vertigineuse descente vers le bas des reins du jeune sorcier, Lucius embrassa à nouveau Harry. Cette fois, le baiser n'était plus emporté mais empreint d'une langueur inédite. Lucius prenait tout son temps, apprivoisant le cœur et l'âme du brun et cette simple pensée le combla. Il devinait les frissons qui parcouraient le corps tendu contre le sien. Il savourait la tendresse de cette peau pâle alors que ses mains passaient la barrière du jean. Un premier bouton sauta et le gamin, loin de s'en offusquer, frôla encore plus indécemment ses hanches, cherchant un vain soulagement.
« Lus… Lucius… Je… »
La voix éraillée trahissait clairement le désir d'Harry et il reçut pour toute réponse un sourire, un brin moqueur du vampire qui susurra contre sa bouche :
« Un peu de tenue, mon ange ou je ne réponds plus de moi… »
Se faisant, Lucius avait défait deux autres boutons et maintenant, le jean retombait mollement sur les hanches étroites du jeune sorcier. La main froide du vampire s'engouffra sans avertissement dans le boxer noir et frôla pour la toute première fois le sexe éveillé du gryffondor. Un petit cri adorable s'échappa alors des lèvres entrouvertes du brun et fut suivi d'une litanie sans sens :
« Lus ! Oh ! Lucius… Je… »
Sans répondre à la supplique du brun, Lucius entama un lent mouvement, savourant la sensation de lourdeur du sexe dans sa paume. Il écoutait avec attention chaque soupir d'abandon et scrutait chaque tressaillement sur le visage du jeune homme. Harry s'agrippa à ses épaules pour ne pas s'écrouler tellement la sensation était bouleversante. Ses hanches semblaient animer d'une vie propre, il allait vers Lucius, cherchant davantage de cette friction délicieuse qui l'amenait toujours plus près de cet abîme sensuel, de ce soulagement tant espéré. Essoufflé et perdu, il posa finalement son front sur la poitrine ferme du vampire tandis que ce dernier accélérait encore ses va-et-vient :
« Je serai capable de te prendre à même cette porte », avait alors susurré sensuellement l'homme contre ses cheveux ébouriffés.
Rien que l'intonation aurait pu l'amener vers le nirvana ce fut cependant à ce moment précis que le vampire cessa tout mouvement. Harry releva vers lui un visage désemparé auquel l'autre homme répondit d'un bref sourire. Il captura une seconde ses lèvres et un instant plus tard, le vampire était à genoux devant l'adolescent. Harry se sentit furieusement rougir à la seule pensée de ce que s'apprêtait à faire Lucius. Le souffle délicat sur sa peau si sensible lui fit l'effet d'une tempête déferlante. Il agrippa les cheveux soyeux entre ses doigts. Il crut d'ailleurs qu'il allait s'évanouir quand le blond s'amusa à dessiner chaque creux, chaque veine saillante de sa langue. Lorsque le vampire le prit complètement, provoquant une succion délicieuse en allant et venant sur lui, Harry se mordit les lèvres pour retenir des gémissements indécents. Lucius caressa l'intérieur de ses cuisses, remontant sensuellement vers son intimité. Le vampire le tortura ainsi de longues minutes et il explosa littéralement, se répandant dans sa bouche. Ses jambes lâchèrent et il ne dut de ne pas s'effondrer au sol qu'aux réflexes de l'ancien mangemort qui le rattrapa et le porta précautionneusement jusqu'au lit.
Une douce léthargie gagna aussitôt le jeune homme tandis que Lucius l'emprisonnait de son corps, le maintenant contre le matelas et que ses mains caressaient son visage, avec tendresse. Tout ce qui pouvait le contrarier une heure avant lui paraissait désormais insignifiant. Ce mal de tête qui le rongeait n'était plus qu'un lointain souvenir. Il se sentait simplement bien, merveilleusement bien, protégé ainsi par l'étreinte du vampire. Il ne put retenir un rire, léger, cristallin contre l'épaule puissante du blond en repensant aux commentaires scabreux de Drago à ce sujet.
« Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je pensais à ton fils, répondit le brun avec un amusement évident. »
Le vampire grogna :
« Je peux savoir pourquoi, même si je ne suis pas certain d'apprécier la réponse.
- Il m'avait certifié que je n'aurai plus aucun doute lorsque je rencontrerai enfin la merveilleuse petite fée…
- Une fée ?
- La merveilleuse fée… Lation… », pouffa le brun contre le cou du vampire.
Le blond se redressa légèrement et haussa un sourcil à la remarque licencieuse du garçon. Nul doute que c'était exactement le genre de plaisanterie douteuse que pouvait faire Drago. Il le savait. Il prit soudain un air faussement outragé et moralisateur lorsqu'il asséna :
« Mon fils aurait-il perverti mon ange de pureté et d'innocence ?
- Ce n'est certainement pas Drago qui vient de me pervertir, Monsieur Malefoy… »
Le sourire qu'Harry adressa au vampire était si sincère et si chaleureux que la créature, comblée, se pencha délicatement vers le jeune sorcier et l'embrassa longuement, profondément. Il sentit le corps fin se tendre pour se fondre au sien, inconsciemment. Très vite, le baiser s'intensifia et ils se séparèrent à bout de souffle.
« Tu sais que tu as un goût absolument divin, jeune homme. », susurra sensuellement Lucius contre les lèvres du brun.
Harry ne put retenir un rougissement furieux, en comprenant l'allusion faite par le vampire. Les mains froides repartaient déjà à la conquête de son corps, jouant sur ses hanches, repoussant légèrement le jean déboutonné. Loin de s'y opposer, le brun se montra de plus en plus impatient, quémandant davantage de caresses dans des gémissements difficilement étouffés. Ce fut un chuchotement érotique dans le creux de son oreille qui eut raison des dernières miettes de sa volonté :
« Je vais te voler ta virginité et ton innocence. »
« Oui » avait été la réponse fébrile et à peine audible du gryffondor. Il n'en fallut pas plus pour que les lèvres du vampire glissent vers le cou du brun et mordillent savamment la peau si fine, laissant apparaître progressivement une marque bleutée. S'abandonnant complètement aux baisers et aux mouvements hypnotiques de son aîné sur son corps, Harry ferma les yeux quand un pop sonore le sortit brutalement de cette délicieuse torpeur. Lucius s'était brusquement redressé, foudroyant du regard le petit être gris qui s'inclina respectueusement avant de miauler pitoyablement :
« Kreattur est désolé, vraiment désolé d'interrompre le jeune Maître Harry et Monsieur Malefoy mais… »
Les yeux hagards, Harry se releva légèrement en s'appuyant sur ses coudes. Il essaya de ne pas penser à leur position : Lucius était à genoux entre ses jambes indécemment ouvertes, son jean déboutonné découvrant très largement ses hanches. Il ne pouvait rougir davantage.
« Krea… Kreattur…
- Oh, le jeune maître Harry ne doit pas être en colère contre Kreattur… Kreattur ne voulait pas vous déranger, vraiment pas mais…
- Viens en au fait, stupide elfe !
- LUCIUS ! »
Le ton outré du gryffondor fit sourire malgré lui le vampire et il rétorqua avec sarcasme :
« Loin de moi l'idée de paraître incorrect envers ce cher Kreattur, Monsieur Potter, mais nous étions occupés, me semble-t-il ? »
La main froide effleura la cuisse du brun et le vampire reprit dans un murmure :
« Très occupé… Tu n'es pas de mon avis, mon ange ? »
Harry adressa un regard scandalisé au vampire qui ricana ouvertement. Essayant de retrouver un peu de contenance, le jeune sorcier se tourna vers l'elfe gris et demanda :
« Que se passe-t-il, Kreattur ?
- Oh, jeune maître Harry, Drago Malefoy m'a envoyé vous quérir car…
- Je vais déshériter mon fils.
- Lucius ! »
Le brun décocha un coup léger sur l'épaule du vampire puis il reporta son attention sur l'elfe :
« Que veut-il ?
- Le prisonnier… Le prisonnier s'est réveillé. Le professeur Snape et Drago Malefoy vous attendent pour l'interroger.
- Nous arrivons. Va les prévenir. »
Une seconde plus tard, l'elfe disparaissait de la chambre dans un pop sonore. La déclaration sûre du brun avait visiblement agacé le vampire, mais il tendit cependant une main secourable à Harry et l'aida à se relever. Le brun se dirigea aussitôt vers la salle de bain attenante. Un cri alerta le blond qui se dirigea vers la petite pièce à sa suite. Lucius s'adossa nonchalamment au chambranle de la porte, observant le jeune sorcier. Ce dernier fixait le miroir avec stupéfaction.
« Je… Je…, bredouilla pitoyablement le brun.
- C'est limpide, Monsieur Potter.
- Oh, tais-toi ! Tu en as suffisamment fait ! »
Le vampire ne put s'empêcher de sourire et asséna :
« J'ai juste fait en sorte que personne dans cette demeure ne puisse douter que tu m'appartiens, même pas cette petite peste. »
Le regard émeraude le fusilla et il ricana ouvertement.
« Tu es impossible.
- Tu l'as déjà dit, il me semble. »
Harry se tourna vers le miroir et observa minutieusement son visage, les nombreuses marques bleutées sur la peau, ses lèvres si rouges d'avoir été trop mordillées. Il sursauta lorsque le vampire l'emprisonna dans son étreinte, embrassant sa nuque avec douceur.
« Tu es magnifique… »
Le brun rougit furieusement à la remarque susurrée par le vampire qui poursuivit :
« Et je t'interdis de les dissimuler. Je veux qu'ils sachent tous, qu'ils comprennent que tu es à moi. »
A travers la glace, le vampire vit un léger sourire se dessiner sur le visage d'Harry. Le gryffondor se retourna entre ses bras pour lui faire face et se mit sur la pointe des pieds pour effleurer sa bouche :
« Je sais. »
Ils s'embrassèrent doucement, profondément et lorsqu'ils se séparèrent, Harry murmura :
« On y va… »
Lucius acquiesça et ils se dirigèrent sans attendre vers la chambre du prisonnier, au dernier étage de la demeure des Tonks. Ils entrèrent et retrouvèrent Severus et Drago. Aussitôt, le blond fixa Harry, affichant un sourire clairement moqueur :
« On a bien failli attendre… »
Son père riposta sèchement :
« Aucun commentaire, sauf si tu tiens à être déshérité dès ce soir.
- Moi, faire des remarques désobligeantes, franchement, père, vous n'y pensez pas… », répondit le calice d'un ton où suintait l'ironie.
Severus envoya une petite claque magique derrière la nuque de son calice qui grogna.
« Hé Sev ! Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Tu le fais parfaitement. Cesse tes simagrées et ne taquine plus Harry. »
Après quelques secondes d'un duel visuel entre le maître des potions et son calice, l'attention de tous se reporta vers le prisonnier. Stanley était assis, adossé à de nombreux oreillers. L'ancien contrôleur du magicobus baissait les yeux, honteux. Harry s'approcha et s'installa au bord du lit :
« Stanley… »
Le sorcier releva son visage vers le survivant qui lui adressa un sourire chaleureux :
« Tu n'as pas à avoir honte, tu as été victime d'un imperium. Tu n'es aucunement responsable et nous le prouverons. Par contre, tu dois nous dire absolument tout ce que tu sais… »
Pendant quelques secondes, il régna un silence pesant dans la petite chambre et Stanley soupira avant de murmurer :
« Au commencement… »
A suivre…
