Hey :-)

Je n'ai toujours pas récupéré mon ordi (snifff) mais je bénis Morgane qui avait gardé mes nouveaux chapitres, d'ailleurs je te dédis celui-ci puce ;-)

Sinon, je remercie Jenny, Zaïka, Ewiliane, Lolo et Lyra pour leurs encouragements, ça me fait très plaisir (surtout en ce moment où j'ai un peu de mal à avancer... :-))

XXX

PS : j'ai remarqué qu'il y avait quelques erreur dans le chapitre précédent. Notamment une phrase manquante de Dumbledore (après qu'il ait dit 'De rien, Estel', il ajoute 'J'espère que je ne vous dérange pas') et un paragraphe qui se répétait vers la fin. J'en suis désolée et j'espère que ça ne vous a pas trop dérangé dans votre lecture. J'essaierais de le republier plus tard mais pour l'instant je ne suis plus en possession de l'original...


oxoOoxo

9 mai 2005

Une nouvelle fois, Megan avait décidé de donner son cours à l'extérieur et se tenait devant sa classe de septième année composée de Griffondor et de Serpentard. Ces élèves avaient été privés de cours de duel à l'épée depuis 'l'incident' avec Severus. Mais, ils avaient été particulièrement assidus dans l'apprentissage de leurs dernières leçons. En fait ils avaient été spécialement assidus après qu'elle leur ait accordés à nouveau le droit de suivre ses cours. Elle avait décidé de profiter de cette belle journée de printemps pour voir ce qu'ils en avaient gardé et comment ils se débrouillaient. Le matin même, elle avait testé ses quatrièmes années sur leurs connaissances à propos des vampires et avait été agréablement surprise par leurs pertinentes réponses.

- « Bien, tout le monde a une épée ? » s'enquit la jeune professeur à la ronde.

Une forte vague d'acquiescement collectif lui répondit et elle sourit, ravie par leur enthousiasme.

- « Parfait » fit la sorcière aux yeux émeraude. « Nous allons commencer par revoir quelques mouvements offensifs et défensifs puis vous vous mettrez par deux pour pratiquer de vrais duels, paire par paire » leur indiqua t'elle en s'emparant elle-même de son épée. « Tout le monde a bien compris ? Est-ce qu'il y a des questions ? Oui, Keith ? » fit Megan à l'attention d'un jeune brun de Serpentard qui avait levé la main.

- « Pourquoi le professeur Snape ne fait plus ces cours avec vous, mademoiselle ? » demanda l'étudiant avec respect et déférence.

- « Je crains de ne pas pouvoir répondre à cette question mais je pense pouvoir faire en sorte qu'il revienne » déclara la jolie professeur de DCFM. « Cela vous plairait-il ? » s'enquit-elle avec un sourire malicieux.

Une nouvelle vague d'acquiescement lui parvint.

- « Je pense qu'il en sera flatté… » reprit la jeune femme, rieuse. « Maintenant, saluez puis mettez-vous en position ! »

xxx

12 mai 2005

- « Je ne peux pas croire que tu aies quitté Darian » fit Amber en secouant la tête. « Je veux dire, il était… eh bien, parfait » argumenta t'elle avant de se tourner vers sa sœur. « Non ? »

Megan soupira et autorisa son regard à se perdre dans l'étendue bleue du ciel qui les surplombait. Mattew, Amber et elle étaient allongés sur la pelouse du parc de Poudlard en cette fin de soirée. Les jeunes Potter avaient déclaré avoir besoin de temps en famille et s'étaient éclipsés du dîner pour aller grignoter des friandises moldues à l'ai libre. La jolie sorcière aux boucles ébène en avait profité pour leur faire part des dernières nouvelles. Pour l'heure, à par eux, seuls Draco et Chloé étaient au courant de cette rupture. Maintenant, elle se demandait si elle avait bien fait. Elle adorait Amber. Vraiment. Mais sa jumelle n'arrivait jamais réellement à la comprendre. Peut-être était-ce de sa faute, parce qu'elle ne se confiait pas assez à elle…

- « Je le peux » intervint Mattew depuis l'autre côté de la jeune femme aux yeux de jade.

- « Vraiment ? » s'enquit la professeur de DCFM, légèrement surprise par la certitude dans le ton de son grand frère.

D'un autre côté, elle n'était pas vraiment étonnée. Matt avait toujours été plus à même de la comprendre ou du moins d'essayer de la comprendre…

- « Ne le prend pas mal sweetheart, » reprit le beau brun en se relevant sur un coude, « mais je n'ai jamais pensé que cela durerait entre toi et ce vampire » expliqua t'il simplement. « Tu as trop envie d'une famille, de quelque chose de stable, d'un futur… Et il n'aurait pas pu te donner ça. Je ne dis pas que cette relation était une erreur. Je pense que ça a été une bonne expérience pour toi et qu'il t'a apporté beaucoup de choses mais, Meg', il était assez évident pour tous que tu n'étais pas vraiment amoureuse » conclut le jeune homme en offrant un sourire affectueux à la sorcière au regard émeraude.

- « Je comprends ça, » s'amenda Amber, les sourcils légèrement froncés en signe de réflexion, « mais je croyais qu'il était en quelque sorte ton homme idéal… » fit-elle en posant son regard pensif sur sa sœur. « Grand, sombre, sexy, élégant, cultivé, intelligent, drôle mais sarcastique, honnête, généreux, avec une forte personnalité et il t'adorait » énuméra la jolie rouquine avec fougue avant de rencontrer le regard sombre de Mattew et celui, troublé, de Megan. « Désolée mais c'est vrai. »

- « Amber… » gronda son aîné, menaçant, tout en pestant contre la non-subtilité manifeste de la professeur de Runes anciennes.

La sorcière aux boucles ébène l'arrêta en posant une main son avant-bras. Ce n'était pas le moment de déclancher un pugilat.

- « Tu as raison » admit-elle à l'attention de sa sœur. « Mais, outre le fait que je n'arrive plus à avoir confiance à lui… comme avant, il était presque trop parfait » fit la jeune femme, la tête penchée sur le côté. « Alors, oui, j'ai besoin de respecter et d'admirer mon 'compagnon', de me sentir aimée, choyée, tu ce que tu veux… mais j'ai aussi besoin d'un peu de piment, d'être mise au défi, d'être admirée mais pas idolâtrée et de pouvoir, effectivement, bâtir quelque chose sur cette relation » termina t'elle dans un murmure. « Est-ce que je suis bizarre ? »

- « Oh, mais non, puce » fit sa jumelle en la couvant d'un regard tendre.

- « Non, bien sûr que non » la détrompa Mattew avec un doux sourire. « Viens là… »

Il l'attira contre lui dans une étreinte fraternelle et chaleureuse avant d'inviter Amber à les rejoindre, ce qu'elle fit volontiers.

- « Aw… Un câlin de groupe ! » s'exclama la jeune rousse, malicieuse, en se laissant aller avec enthousiasme contre son frère et sa sœur.

- « Humpfff… Vous m'étouffez ! » râla Megan, faussement boudeuse mais réellement ravie.

- « Moi aussi je t'adore, sweetheart » se moqua Mattew en resserrant son bras autour de sa taille fine.

- « Et puis bon, au pire, si tu ne trouves personne tu pourras toujours retourner vivre au manoir avec papa et maman » la taquina Amber, rieuse.

- « Je te déteste, sœur indigne ! » lança la jeune femme aux yeux de jade avec un grand sourire qui démentait ses paroles.

- « Doucement les enfants » intervint doctement le brun. « Et puis il n'y a pas de honte à finir vieille fille, regarde tante Hélène… »

- « Eurk » grimaça sa cadette. « Sans commentaire, abruti ! »

- « Oh, je suis blessé » fit mine de gémir le professeur d'histoire de la magie.

- « Tu devrais » lancèrent les jumelles, en cœur, avant d'échanger un regard complice et de se jeter sur le jeune sorcier pour le chatouiller sans merci.

- « Ah, que n'aurais-je donné pour un petit frère… » se lamenta t'il entre deux éclats de rire.

xxx

16 mai 2005

Severus bougea sur le canapé pourpre et se tourna légèrement pour extraire la 'chose' qui le gênait dans son dos. Il en retira un adorable petit éléphant mauve à la salopette rayée et au tee-shirt jaune qu'il savait s'appeler Humphrey. Il le déposa délicatement à ses côtés, entre deux coussins, amusé par sa propre attitude. Megan avait momentanément disparue dans la chambre et il en profita pour observer une nouvelle fois le salon dans lequel il se trouvait. Il aimait beaucoup les appartements de la jeune femme. D'une part parce qu'ils étaient les siens. Et d'autre part parce qu'ils étaient chaleureux et 'vivants', comme elle. Là où ses quartiers, à lui étaient confortables et distingués, ceux de la sorcière aux boucles ébène étaient lumineux et accueillants. Certains pensaient sûrement que les meubles modernes de bois blanc et les couleurs vives des sièges et des tapis heurtaient sa sensibilité mais il n'en était rien. Oui, ce n'était pas exactement le genre de décoration que l'on attendait d'un château sorcier maintes fois centenaire…

Mais c'était exactement ce qu'il attendait de Megan. Aussi différents des siens que ces appartements pouvaient être, il s'y sentait bien. Incroyablement à son aise. Et puis la diversité des objets présents était une source inépuisable de surprise et d'amusement. Depuis la pendule à l'effigie d'une actrice moldue qui surplombait le piano à queue au diadème de plastique qui trônait sur l'ordinateur portable. Depuis la mappemonde du ciel au chevalet où attendait une aquarelle inachevée. Depuis l'antique lustre de cristal aux nombreux pêle-mêle sur lesquels s'étalaient des centaines de photos – sorcières ou moldues – qu'il ne se lassait pas d'examiner. Les étagères aussi étaient une mine de découverte. On y trouvait tous les Tolkien et les Jane Austen. Quelques traités de psychanalyse. Un dictionnaire historique de français. Des livres sur l'astronomie, la police scientifique, le langage des fleurs, les enfants et l'antiquité. Des manuels de Défense Contre les Forces du Mal.

Mais aussi une collection intéressante de littérature pour enfants, de contes de fées. Et un certain nombre de classique tels que Les Misérables, Phèdre, Geisha, Jane Eyre, Le Cid, Le songe d'une nuit d'été, L'Avare, Les Fleurs du Mal, Le Rouge et Le Noir, Les Liaisons Dangereuses, Le Roman de la Momie… Plus quelques polars un peu sombre. Des recueils de citation sur les anges et l'amour. Des livres de recettes – de dessert exclusivement. Enfin toute une étagère de poches pour 'jeunes femmes romantiques' comme elle le disait si bien. Sur la console étaient disposés une fidèle réplique de la statue de Canova 'Psyché ranimée par le baiser de l'amour' et un bouquet de superbe tulipes blanches. Sur le manteau de la cheminée se dressait un chandelier d'argent entouré d'une fine guirlande de plumes, une petite statue représentant une enfant elfe et une photo de remise de diplôme sur laquelle Megan, rayonnante, était entourée de Draco et d'un autre jeune homme aux boucles brunes et au sourire franc.

Le maître des potions qui s'était levé pour voir l'image de plus près sentit une légère pression sur son pied et reporta son regard sur le sol. Il sourit un voyant l'hermine blanche de Megan l'observer de ses petits yeux perçant. Il se pencha pour la prendre dans ses bras et retourna s'asseoir sur le canapé tout en caressant distraitement la petite créature. On était lundi et, d'un accord tacite, Megan et lui avaient décidé que ces soirées – qui se résumaient à boire du thé en discutant – se dérouleraient à présent chez elle. Souvent ils grignotaient et buvaient en écoutant des chansons moldues. La jeune femme avait décrété, très fermement, que c'était nécessaire à son éducation et il n'avait pas protesté. Honnêtement, ce n'était pas désagréable et si ça lui faisait plaisir…

Pour l'heure, c'étaient les notes des préludes de Chopin pour piano qui s'échappaient des haut-parleurs et un jeu d'échec, sur la table basse, attendait d'être utilisé. Severus ferma un instant les paupières et soupira de bien être. Il aimait l'atmosphère de ses pièces, la vague odeur de fruits des bois que dégageaient les bougies, la magnifique vue qu'offrait la fenêtre, la sensation de gaîté et de sérénité que donnait l'ensemble… Bien sûr il aimait par-dessus tout la propriétaire de ces quartiers mais c'était quelque chose qu'il ne pouvait définitivement pas lui avouer. L'homme au regard d'onyx soupira à nouveau, de mélancolie cette fois. Il lui était difficile, voire douloureux, d'être aussi proche de la jeune femme tout en sachant qu'elle lui était inaccessible. L'hermine sursauta sous ses doigts et descendit de ses genoux. Il ne se retourna pas mais il sut que Megan était revenue.

- « Vous n'avez pas appelez Dobby, mellon-nîn ? » s'enquit la ravissante sorcière aux boucles ébène en venant s'asseoir sur l'extravagant fauteuil rayé de l'autre côté de la table basse, ses pieds repliés sous elle.

- « Mon ami » fit immédiatement Severus, traduisant le terme elfique sans difficulté tout en luttant pour ne pas montrer son désappointement quant au fait qu'elle ne prenne pas place à côté de lui. « Et non, j'ai préféré vous attendre » ajouta t'il, ravi par le sourire fier que sa juste réponse avait fait naître sur ses lèvres roses.

- « Dobby ! » appela Megan après avoir hoché la tête.

Le petit elfe apparut immédiatement et accorda son plus sourire à sa jeune maîtresse.

- « Mademoiselle Megan ! » s'exclama t'il avec délice. « Et le Professeur Snape, monsieur » salua t'il, respectueux. « Qu'est-ce que Dobby peut faire pour vous ? »

- « Juste le plateau habituel, Dobby » déclara la jeune femme avant de consulter Severus du regard. « Thé au jasmin, chocolat chaud, et… »

- « Dobby a fait un fondant au chocolat juste comme Mademoiselle l'aime, Mademoiselle Megan, voulez-vous que Dobby l'amène ? » intervint la créature aux oreilles pointues, ses grands yeux plein d'espoir.

- « Bien sûr Dobby » acquiesça la sorcière aux yeux émeraude avec un sourire mi-amusé mi-attendri. « C'est adorable de ta part et nous serons plus que ravis d'y goûter, n'est-ce pas Severus ? » ajouta t'elle, espiègle.

- « Bien sûr » approuva le professeur de potion en faisant un effort pour paraître enthousiaste.

- « Oh, vous êtes si gentils ! » s'écria l'elfe, larmoyant. « Dobby va vous apporter ça tout de suite. Mademoiselle Megan, Professeur Snape. »

Et sur ces mots, il disparut.

- « Vous tenez vraiment à ruiner toute mon autorité ? » demanda Severus, faisant mine d'être fâché, en se tournant vers son hôte qui le regardait avec un air mutin.

- « Nay » nia t'elle innocemment, ses yeux pétillant de malice.

Déjà Dobby revenait et déposait un plateau très chargé sur la deuxième table basse – réplique exacte de la première – que Megan venait de faire apparaître. L'elfe s'inclina ensuite profondément avant de leur souhaiter une bonne soirée. D'un souple geste de la main, la jeune femme fit taire le piano pour le remplacer par la voix enveloppante de Dean Martin. Elle servit ensuite une tasse de thé à son invité. Il le prenait nature, sans sucre ni lait, avec juste une pointe de miel à l'occasion. L'homme au regard d'onyx la remercia d'un hochement de tête puis elle se servit elle-même et sirota son chocolat chaud les yeux fermé, savourant la douce sensation de chaleur qui se propageait dans tout son corps et le goût sucré qui titillait ses papilles.

Elle savait qu'il l'observait mais, à présent, cela ne la gênait plus. Elle y était pour ainsi dire habituée et la sensation n'était pas désagréable quand il s'agissait de lui. Elle ne savait pas exactement ce que cela voulait dire. Elle ne voulait pas croire, ne le pouvait pas, qu'il puisse être intéressé par elle. C'était plus facile ainsi. Cela lui épargnait toute forme de choix. Si il avait été intéressé, elle aurait du prendre la décision de se 'lancer' ou non. Mais si il ne l'était pas, c'était parfait. Elle gardait un ami qui lui était devenu précieux et conservait un statut quo confortable… Maintenant si il pouvait éviter d'être aussi 'sexy' se serait parfait. Non, parce qu'un Severus Snape en robe professorale, elle pouvait gérer. Mais un Severus Snape en jean ajusté et chemise blanche roulée sur des biceps finement dessiné, c'était un petit peu trop distrayant pour son confort.

Ce que Megan ne savait pas c'est que sa propre tenue donnait du fil à retordre au si stoïque maître des potions. Il la trouvait littéralement délicieuse dans son petit short noir qui dévoilait de longues jambes délicatement galbées et sa fine tunique de soie émeraude qui faisait divinement ressortir ses yeux. Si il avait voulu utiliser un vocabulaire moldu, il aurait sans doute avancé qu'elle l'avait ensorcelé. Ce qui, somme toute, n'était pas si loin de la vérité songea t'il en prenant une gorgée de thé. Mais même s'il n'avait pas été aussi attiré physiquement par la jeune femme, son caractère et son esprit aurait achevé de la séduire. Il n'aurait pas vraiment su décrire ses sentiments envers la jolie sorcière. Il savait juste, comme une espèce de certitude inébranlable, qu'il l'aimait. A la fois comme on aime une amante et comme on aime une amie très proche… Comme il n'avait jamais aimé personne.

- « Alors, vous voulez commencer ? » s'enquit-il, en chassant ses pensées, avec un geste de la main vers l'échiquier.

- « Je vous préviens, je ne suis pas douée » fit son vis-à-vis, souriante, après avoir déposé sa tasse sur le plateau. « Je désespère Mattew… »

- « Eh bien, nous allons tenter de rectifier ça » proposa Severus avec humour tout en installant le jeu entre eux.

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Trois heures plus tard, le jeu d'échec était terminé et oublié sur un coin de la table basse. Le professeur de potion observait la jeune femme aux boucles ébène qui sommeillait sur le canapé à ses côtés. Sa tête reposait précairement sur l'épaule de Severus qui n'osait faire le moindre mouvement de peur de la réveiller et d'interrompre cet instant magique. Ce poids sur son épaule semblait si… juste. La scène tout entière aurait du lui paraître surréaliste mais il se sentait à sa place. Comme si tout était comme cela devrait être. Lui et elle sur ce canapé face au soleil qui se couchait sur le lac. Megan bougea légèrement et il retint son souffle. Mais elle se contenta de s'installer plus confortablement. Blottie contre son torse. Il hésita quelques instant avant de passer un bras autour de ses épaules en se disant que c'était seulement pour s'assurer qu'elle ne glisse pas. Menteur.

Au bout d'un moment, il s'autorisa à se détendre un petit peu et posa sa joue contre les cheveux en fermant les yeux. Là, voilà, c'était parfait. L'homme au regard d'onyx repensa à la conversation qu'ils venaient d'avoir et sourit. C'était sans doute l'une des plus personnelles qu'ils n'aient jamais eu. Elle lui avait parlé de son travail – le vrai – et de ses projets. Il l'avait écouté avec attention et admiré sa détermination… Il avait auparavant plus ou moins compris – en surprenant diverses conversations – qu'elle travaillait avec des morveux miniatures au berceau. Enfin de très jeunes enfants. Chez les moldues elle dirigeait des établissements appelés 'crèches' et 'jardins d'enfants' dans lesquels étaient accueillis les petits monstres – pardon, enfant – de moins de six ans dont les parents ne pouvaient s'occuper. Ils les faisaient manger, jouer, dormir découvrir de nouvelles choses et s'éveiller au monde extérieur.

Severus n'était pas sûr de bien avoir saisi le concept mais la tâche lui semblait ardue. Il souffrait bien assez avec ses préados pour comprendre la difficulté qu'il y avait à gérer une vingtaine de bambins ne sachant ni marcher, ni manger, ni parler… L'idée même le faisait frissonner. Mais la jeune femme avait décidé d'adapter l'idée au monde sorcier. Une telle chose n'y existait pas. En réalité, la plupart des épouses sorcières – et particulièrement dans l'aristocratie – ne travaillaient pas et restait à la maison pour s'occuper de leur progéniture. Evidemment Megan trouvait ce concept moyenâgeux, masochiste, réactionnaire et révoltant. Le professeur de potions avait souri devant la virulence de la jeune femme, si il avait du mal à saisir son point de vue, il comprenait qu'après avoir vécu sept ans parmi les moldus – sans compter que Lily était née de parents moldus – elle puisse trouver le mode de fonctionnement sorcier pouvait, sur bien des points, lui sembler archaïque.

Le projet de la jeune femme était donc d'ouvrir des structures destinées à accueillir les jeunes enfants sorciers, en collectivité. Elle y voyait plusieurs avantages. D'abord permettre aux plus jeunes de se socialiser avant d'entrer à Poudlard – ce qui réduirait significativement le ségrégationnisme dont ils étaient les premières victimes et les acteurs bien involontaires. Ensuite, soulager les mères, de façon à ce qu'elle puisse avoir une vie professionnelle, et les elfes de maison, à qui le rôle de nounou ne correspondait pas de tout. Et finalement, aider les petits sorciers nés dans des familles moldues qu'elle se proposait d'accueillir aussi. Ce dernier point semblait lui tenir particulièrement à cœur. Et Severus admettait qu'elle avait mis le doigt sur quelque chose d'important.

Si ces enfants-là pouvaient se familiariser avec la culture sorcière avant leur entrée à Poudlard, la rupture avec les 'sang-pur' se ferait moins sentir et peut-être qu'alors on pourrait éviter des guerres comme celle qui avait ébranlé le monde sorcier peu de temps auparavant. De plus, cela éviterait aux parents moldus d'être complètement perdus face aux accidents magiques qui se produisait souvent chez les très jeunes sorciers et aux enfants de se sentir différents parmi une population dénuée de pouvoirs. En règle générale, de tels établissements favoriseraient sans aucun doute l'intégration des minorités. Et, sur un autre registre, en 'règlementant' l'éducation des plus petits, Megan espérait aussi pouvoir ouvrir un peu les esprits étroits de la grande majorité des sorciers face au monde et à la culture moldue.

Quand les douze coups de minuit sonnèrent à la pendule du château, le ténébreux professeur décida qu'il était tant pour lui de rejoindre ses quartiers et de laisser Megan dormir. Ils avaient tous les deux cours le lendemain et, aussi agréable que soit la situation présente, elle n'était pas très égale puisque la jeune femme n'en avait pas conscience. Il se dégagea donc doucement puis, après un bref moment d'hésitation, il la prit dans ses bras pour la porter dans sa chambre et la déposer sur son lit. Comme elle ne portait pas de chaussures, il se contenta de la recouvrir de l'épaisse couette aux motifs turquoise et pourpres. Etonné qu'elle ne se soit pas réveillée – ce qui, d'après Mattew, induisait une grande confiance – il hésita à nouveau puis il écarta une mèche ébène qui était retombée sur la joue de la sorcière endormie, ses doigts s'attardant en une brève caresse.

Bientôt une petite boule de poils blanche vint se blottir contre sa maîtresse. Il ne savait pas où était Bérénice mais il soupçonnait qu'avec le beau temps, le serpent préférait passer son temps à l'extérieur. Le regard de Severus s'attarda sur les cadres trônant sur la table de chevet. La famille Potter au complet et une bande de jeunes, sûrement des amis de la jeune professeur de DCFM… Etrangement, sa chambre était beaucoup plus dénudée que le salon. Une grande affiche aux couleurs vives représentant une fillette tibétaine de deux ou trois ans faisait face au lit à baldaquin. Une coiffeuse surmontée d'un miroir et un bureau de bois clair prenaient place de part et d'autre du cadre. Une large armoire occupait le troisième mur, la porte de la salle de bain en vis-à-vis. Le reste du mobilier constituait en un moelleux tapis pourpre et un lustre ouvragé.

Un léger glissement attira l'attention de l'homme et il eut sa réponse. Bérénice rentrait manifestement pour dormir songea t'il, amusé alors que le reptile glissait sur un des montants de bois et venait se rouler en boule sur l'oreiller que Megan n'occupait pas. Le maître des potions, s'arracha avec difficulté à la vision angélique de la jeune femme assoupie, ses traits fins détendus dans le sommeil, ses lèvres étirées dans un doux sourire, ses boucles ébènes formant une auréole autour de sa tête. Il ne put s'empêcher de déposer un léger baiser sur le front pâle de la jeune femme, juste sur la cicatrice en forme d'éclair avant de sortir de la chambre et quitter ces quartiers. La soirée avait été… merveilleuse.

oxoOoxo


So ?

Pas trop mielleux la fin ?