Patience, mes enfants, le jour viendra,

En attendant, visitons le temps !

OxOxAxOxO

Aisuko répara distraitement l'espèce de casque qui lui couvrait le crâne avant de retourner à l'assaut avec une fureur décuplé mais, une fois de plus, Kensei l'envoya dans le mur -littéralement- avec autant de facilité que si elle n'avait été qu'une vulgaire poupée de chiffon. La jeune femme sembla encaisser difficilement le choc : elle tomba à genoux, les bras en croix, sa tête reposant sur sa poitrine, à bout de souffle. Ses cheveux cachaient son masque, son visage ainsi que son expression. Elle était tellement statique que pendant un instant son adversaire se demanda s'il l'avait pas définitivement assommée.

- Tu ne crois pas que ça suffit pour aujourd'hui ? lança Nell qui observait la scène, légèrement en retrait avec ses deux fraccions.

L'ancien capitaine aux cheveux argentés lui jeta un rapide coup d'œil avant de hausser les épaules et de s'approcher de la rouquine pour constater l'ampleur des dégâts. Voyant qu'elle ne bougeait toujours pas, il tendit la main vers elle pour l'aider à se relever.

Il sentit alors une vive douleur lui traverser la cuisse.

Baissant les yeux, Kensei remarqua que notre héroïne venait d'enfoncer l'espèce de croc de Hiakuma dans son muscle presque jusqu'à sa garde. Déjà les maillons de la chaîne de l'arme rougeoyaient en se gorgeaient de son énergie spirituelle.

Aisuko releva la tête, dégageant par ce geste les cheveux qui cachaient son visage, et sourit avant de murmurer :

- Bakuhatsu !

Surprit, son adversaire n'eut pas le temps de tenter la moindre esquive et un mince rayon d'énergie lui traversa l'épaule, ne laissant qu'un peu de chair carbonisé sur son passage. Soudain aussi vive que l'éclair, Aisuko se releva et reforma son masque de hollow avant de se jeter sur le vizard sous le regard réprobateur de Nell.

Les deux combattants roulèrent sur le sol, échangeant coups de pieds, de poings et insultes qui ne manquaient pas d'imagination. De temps à autre, leurs Zanpakuto s'élevaient au dessus de la masse grouillante des corps entremêlés pour y replonger avec force, mais fort heureusement aucun coup vraiment sérieux ne fut porté. Fut-il voir là leur formidable instinct de survis ou juste une chance extraordinaire ? Difficile à dire, mais nul ne pouvait nier qu'ils s'en sortaient remarquablement bien compte tenu de l'intensité de l'assaut.

Soudain, notre héroïne se redressa au dessus de la mêlé -et ne tarda d'ailleurs pas à se prendre un coup de poing qui fit exploser sa lèvre inférieur-. N'y prêtant pas attention, elle pâlit brusquement lorsque que son regard croisa celui de l'horloge qui décorait l'un des mur de la pièce.

- ARGH ! s'exclama t-elle en se désolidarisant du corps de son entraîneur du moment pour filer vers la sortie.

Kensei put l'entendre répéter « Ikkaku va me tuer ! » à plusieurs reprise avant qu'elle ne quitte la pièce au pas de course. Légèrement perplexe, il jeta alors un coup d'œil à l'horloge mural à son tour et ne pu s'empêcher de sourire : Aisuko avait très exactement huit minutes pour se changer, se rafistoler, rejoindre la onzième division et commencer l'entraînement des nouvelles recrues. Il ne s'inquiéta pourtant pas outre mesure, la jeune femme avait déjà réussit à s'en sortir avec des timings autrement plus serrés ! Elle ne tarda d'ailleurs pas à repasser devant la salle, à moitié nue, pour leur envoyer un rapide baiser de la main en guise d'au-revoir.

- Demain même heure ! lui cria l'ancien capitaine.

Un éclat de rire cristallin lui répondit puis se fut le silence.

Ça faisait une petite dizaine de jours qu'il l'entraînait et les résultats étaient déjà visible.

Bien sûr, notre jeune héroïne n'avait pas eu besoin de son aide pour apprendre à maîtriser son masque -qu'elle pouvait d'ailleurs déjà garder bien plus longtemps que lui-, mais c'était une autre paire de manches avec son shikai... Sans compter le fait qu'elle n'avait pas eu l'occasion de s'entraîner depuis près de sept ans, jusqu'ici la rouquine s'était essentiellement servit de Hiakuma face à des hollows sans cervelle ou à des gros tas de muscle eux aussi dépourvu d'intellect...

Autant dire qu'elle ne valait encore pas grand chose contre un ennemi sérieux !

- Verdict ? s'enquit tout de même Kensei en se levant et en s'époussetant.

- Hum... marmonna Nell en jetant un coup d'œil au carnet qu'une de ses fraccions lui tendait.

En l'absence de la totalité des vizards mit à part Kensei, c'est elle et ses deux amis masqués qui avaient été charger « d'arbitrer » l'entraînement d'Aisuko. Ce rôle ne plaisait pas spécialement à l'ancienne espada, notamment parce que le maître et son élève semblaient prendre beaucoup trop plaisir à se faire mal, selon elle.

- Six tentatives de « valse » échouées pour une seule réussite, finit-elle par répondre.

- Tu ne comptes pas son dernier essai ?

- Je croyais que la « valse » était en trois temps ?

- Mais c'est ce qu'il s'est passé, répondit-il patiemment. Premier temps, pas de confiance : elle attaque n'importe comment. Deuxième temps, pas d'approche : elle se prend une baffe -ou n'importe qu'elle autre coup- qu'elle encaisse discrètement. Troisième temps, pas d'attaque : elle contre-attaque quand l'ennemi ne s'y attend pas.

Il s'agissait là d'une technique d'attaque que l'ancien capitaine aux cheveux argentés l'avait aidé à mettre au point.

Dangereuse et vicieuse, ils avaient décidé de surnommer cet art de la tromperie à grande échelle la « valse du scarabée ». Très efficace, surtout face aux ennemis qui ne connaissaient rien de son pouvoir ! -et même sur ceux qui en savait un peu plus, d'ailleurs...- Cependant, cette tactique qui reposait essentiellement sur les fausses informations qu'elle envoyait à son adversaire ne plaisait pas à Aisuko, ça ne faisait pas assez combattant de la onzième division à son goût... même si ça restait diablement efficace !

- Ça fait donc deux réussites, corrigea distraitement l'arrancars. Une dizaine de « Bakuhatsu » sans incantations, mais leur efficacité reste réduites.

- Au moins ils font mouche.

- Certes... Et pour finir, je crois qu'elle a fait des tentatives de Taeru et de Torimaku sans incantation, mais ça n'a pas marché.

- Ouais, faudrait pas qu'elle brûle les étapes non plus... marmonna l'ancien capitaine en faisant craquer ses articulations avec un plaisir manifeste. La semaine dernière elle n'avait encore pas eu l'idée de balancer ses feux d'actions sans incantation !

Kensei attrapa la bouteille d'eau que lui tendait Peshe et la serviette proposé par Dondochakka avant de se laisser aller contre le mur de la salle d'entraînement en soupirant d'aise. Quand même, tout ces combats masqués, ça finissait par le fatiguer !

Il était en train d'essuyer la sueur qui ruisselait sur son visage quand Nell lui demanda :

- Elle revient demain ?

- Non, c'était une blague, grogna t-il en passant le linge dans ses cheveux. Ça fait plus d'une semaine qu'elle vient ici tout les jours, alors je l'ai encouragé à prendre un peu de bon temps.

- C'est vrai qu'entre les entraînements qu'elle doit suivre et ceux qu'elle doit superviser...

...

Aisuko essayait d'éponger le sang qui continuait de couler de sa lèvre -heureusement que l'uniforme des shinigamis était noir...- et de finir de se rhabiller tout en courant comme un dératé dans les couloirs de la onzième division. Finalement, après une glissade assez impressionnante -Ikkaku avait ordonné aux nouvelles recrues de cirer les parquets après avoir surprit une fête particulièrement tapageuse-, elle réussit à s'arrêter devant la porte de la salle d'entraînement avec deux bonnes minutes d'avances.

- Tu devrais pt'être faire quelqu'chose pour ton Zanpakuto.

La jeune femme baissa les yeux vers ses mains toujours armées de Hiakuma. Heureusement, elle n'avait croisé personne et l'arme était vide d'énergie spirituelle. Notre héroïne rengaina sans délai avant de se tourner vers son interlocuteur qui l'observait avec un léger rictus félin.

- Comment as-tu réussit à arriver ici avant moi, Grimmjow ? demanda t-elle en fronçant légèrement les sourcils.

- On devait s'retrouver ici y'a une heure, répondit-il tranquillement.

- Ah bon ?

- Ouais, comme on pouvait s'y attendre t'as complètement oublié...

- Oh... et ben... désolée...

- Pas grave, faut croire qu'tu préfère t'entraîner avec l'autre dingue !

- Tu sais bien que c'est faux...

- Évidemment ! s'exclama l'ancien espada avec un demi-sourire bordé de crocs. 'Fin bref, on s'retrouve après l'entraînement des mauviettes ?

La rouquine jeta un coup d'œil à la porte qu'il désignait du pouce avant de sourire à son tour. Une idée assez intéressante venait de lui traverser l'esprit...

- Tu pourrais venir !

- A ton entraînement d'mauviette ? s'étonna Grimmjow. J'ai pt'être perdu depuis qu'j'ai rejoins la quatorzième, mais pas à c'point.

- En tant que spectateur, gros malin.

- T'es sûre qu'le chauve serait d'accord ?

- Il est écrit nul part que l'entraînement des nouvelles recrues est interdit au publique ! s'exclama t-elle avec un grand sourire.

Sur ce, elle remit en place sa veste d'uniforme, essuya une dernière fois le sang qui continuait de goutter sur son menton et poussa la porte avec force.

Une fois à l'intérieur, Aisuko s'accorda un sourire satisfait qui muta en discret ricanement en remarquant que tous les nouveaux soldats étaient déjà présents et qu'ils effectuèrent un garde-à-vous impeccable avant de scander dans un bel ensemble :

- Bonjour, officier Aisuko !

- Bien... bien... on y arrive...

Ça fait deux semaines qu'ils sont censés te saluer de la sorte !

« Mieux vaut tard que jamais.

- Repos ! s'exclama la rouquine avec un plaisir manifeste. Comme vous pouvez le constater, nous avons un invité aujourd'hui ! J'attends donc de vous encore plus d'effort qu'à l'accoutumé !

- Oui, officier Aisuko !

Cette dernière eu beaucoup de mal à retenir le fou rire qui la menaçait, à la place, elle attrapa le bras du bleuté pour le placer devant elle et entreprit de faire les présentations :

- Voici Grimmjow Jaggerjack -pour vous se sera « monsieur Jaggerjack »-, arrancars de la quatorzième division et ancien sixième membre de l'espada ! Il s'agit de...

Rassures moi, tu n'as pas sérieusement l'intention de le présenter comme ton petit-ami ?

« Fiancé serait moins ambiguë ?

Le Zanpakuto lui envoya un éclair de douleur en guise de réponse.

« Vous manquez cruellement d'humour...

Une reniflement dédaigneux raisonna dans son esprit rapidement suivit par un ricanement polaire.

- Il s'agit d'un excellent ami ! se reprit-elle énergiquement.

L'intéressé lui jeta un petit coup d'œil perplexe, mais il dû se contenter de la voir secouer la tête d'un air désolée. Bon, les explications viendraient plus tard, peut-être.

- Très bien ! Maintenant, nous allons pouvoir reprendre les exercices de la dernière fois !

Une vague de grommellements lui fit écho.

- Ben alors ? Qu'est-ce qui vous arrive ? s'enquit la rouquine en haussant les sourcils.

- C'est juste que vos exercices de souplesse, là... commença l'un d'eux.

- Et bien ? l'encouragea t-elle.

- Ils servent à rien ! s'exclama un deuxième soldat.

- Ouais ! Et en plus ils font mal ! lança un troisième. On est pas des putains de ballerines !

- Un guerrier ça a pas à être souple ! poursuivit le deuxième. Ça doit juste taper fort !

- « Juste taper fort » ? répéta Aisuko en lançant un regard éloquent au bleuté. C'est vraiment ce que vous pensez ?

- OUI ! crièrent-ils en chœur.

- Très bien...

Notre héroïne retira sa veste d'uniforme -qu'elle n'avait de toute façon pas prit le temps d'attacher- avant de la jeter dans un coin de la pièce. Une fois en brassière devant une vingtaine de jeunes hommes, elle interpella Grimmjow -de plus en plus médusé- :

- Grimm, tu veux bien m'aider à faire démonstration de l'utilité de la souplesse, s'il te plaît ?

Le bleuté hésita une seconde avant de hausser les épaules et de retirer lui aussi sa veste d'uniforme blanche. La rouquine remarqua distraitement que malgré la résistance de son hierro il gardait encore quelques marques de leur dernier tête à tête musclé -notamment une superbe trace de morsure au niveau de la clavicule gauche-.

Ils se mirent d'accord d'un hochement de tête puis les choses sérieuses commencèrent.

Tout d'abord, Aisuko bondit pour prendre de la hauteur, une jambe pliée contre son estomac et l'autre tendue vers le crâne de Grimmjow. Celui-ci dévia l'attaque sans difficulté, repoussant le talon conquérant à l'aide de sa propre cheville. La rouquine atterrit sur le sol sans le moindre bruit, une jambe repliée sous elle et l'autre tendue, mais rapidement, elle décida d'aller faucher les appuies de son adversaire. Après avoir esquivé cet attaque d'un bond agile, étonnamment, l'arrancars s'accroupit et après avoir prit appuies avec ses mains sur le sol, il lança ses deux jambes vers la jeune femme qui fit instinctivement un pas en arrière. Vaguement déçu de ne pas avoir atteint sa cible, il profita de son élan pour se remettre à la vertical mais il dû rapidement éviter un nouveau coup de pied de sa compagne qui avait décidément un sacré jeu de jambes.

Tout ces coups furent échangés avec une douceur et une lenteur peu communes...

Ils n'avaient pas réellement envie de se faire mal, certes, mais il fallait surtout que les jeunes recrues qui les observaient puissent voir toute la subtilité de l'échange !

- Ça suffira la démonstration ! fit-elle en attrapant fermement les jambes de Grimmjow qui la menaçaient. Vous avez encore quelque chose à redire ?

- Non, officier Aisuko ! crièrent-ils en chœur.

- Alors au travail !

C'est dans un bel ensemble que les nouveaux soldats entreprirent d'embrasser leurs genoux.

- Grimm, je vais aller rendre visite à de vieilles connaissances cet après-midi, ça te dirais de m'accompagner ? proposa la rouquine en appuyant négligemment sur le dos d'une jeune recrue qui gémit sous l'effort.

- Qu'est-ce qu't'entend par « vieilles connaissances » ? demanda t-il en haussant un sourcil.

- Et bien... commença t-elle lentement en fixant sa main appuyé sur le dos du soldat. On peut dire qu'ils ont joué le rôle de famille quand j'en ai eu besoin.

- C'est ceux dont t'as parlé quant on était sur Terre ?

Elle hocha la tête.

- Hum... marmonna l'arrancars. T'sais qu'on m'a donné l'autorisation d'quitter la quatorzième juste pour écrire s'foutu rapport ?

- Et alors ? s'étonna t-elle. T'es pressé ?

- Non, j'tiens juste à l'signaler pour m'donner bonne conscience.

Aisuko releva la tête vers Grimmjow qui arborait le petit rictus animal qu'elle adorait lui voir. Sans vraiment sans rendre compte, elle passa ses bras blancs derrière la nuque mate avant d'écraser sa bouche contre la sienne. Tout d'abord surpris, le bleuté fini par lui rendre son étreinte au centuple, la faisant très nettement décoller du col.

Et dire que tout ça se passait dans une salle qui puait la sueur et la défaite, au beau milieu d'une bande de nouvelles recrues qui essayaient désespérément d'atteindre leurs orteils...

Quand Kengo entra en salle de garde, il en avait modérément marre.

Oui, c'est comme ça qu'il définissait son humeur du moment, et si quelqu'un lui avait demandé comment il allait il aurait très probablement répondu : « J'en ai modérément marre. ». Bien sûr, cette réponse aurait probablement déclenché l'hilarité chez son interlocuteur ! La molle lenteur de cet adverbe assortie de ce mot d'argot snobinard, ça produisait un drôle d'écho à l'oreille, ça aurait donc pu passer pour une réponse amusante à une question de pure politesse... Mais mettons que cet interlocuteur est cherché à en savoir un peu plus, à savoir de quoi il avait marre, exactement, qu'aurait-il pu répondre ?

Kengo en avait marre des gardes de nuit qui empiétaient trop souvent sur les journées qu'il aurait pu consacrer à autre chose. Il en avait marre de tout ses patients qui se plaignaient de leurs douleurs, de la lenteur de ses soins, de la qualité de la nourriture, de l'ennui, du mauvais temps... Il en avait marre de sentir encore le détergeant en sortant de sous la douche. Il en avait marre d'être poli avec toute les infirmières en mal d'amour. Il en avait marre de son supérieur. Il en avait marre de cet hôpital aux murs désespérément blancs.

En résumé, il en avait « modérément marre » d'un peu près tout ce qui faisait son quotidien.

En ce moment, son amour de la médecine et du travail bien fait ne suffisaient plus à le contenter.

Il avait hâte de commencer...

- Tiens, Kengo ! Tu en sauras peut-être plus que nous, toi !

- A quel sujet ? demanda poliment le nouveau venu en s'installant parmi ses collègues.

Cette salle de repos était semblable à toutes celles qu'on pouvait trouver dans l'hôpital : plutôt petite, un peu surchargé, mais propre et confortable. Il y avait là une demi-douzaine de membres de la quatrième division, pour la plupart en poste depuis plusieurs années, installés sur les fauteuils et les canapés déformés, ils discutaient tranquillement, profitant sereinement de l'accalmie de ces derniers mois.

Et oui ! Étrangement -ou pas-, depuis que le conseil de guerre avait prit la décision d'éparpiller tout les shinigamis dans la Soul Society, le Hueco Mundo et la Terre, les membres de la quatrième division avaient beaucoup moins de blessures accidentels à soigner, et donc beaucoup moins de travail ! Bien sûr, les hollows leur envoyaient gracieusement un certain nombre de patients, mais ça restait encore bien inférieur au score que pouvait atteindre certaines divisions -pas besoin de préciser- en une seule journée d'ennui.

- Il y a des rumeurs qui circulent sur ta copine de la onzième division, répondit un deuxième médecin avec un sourire amusé.

- Aisuko ? s'étonna Kengo. Qu'est-ce qu'elle a fait ?

Il reteint de justesse le « encore » qui lui brûlait les lèvres.

- D'après ce qu'on dit, elle s'est particulièrement rapproché d'un arrancars de la quatorzième division.

- Qu'est-ce que tu entends par là, Morita ? questionna t-il en s'efforçant de garder un visage ouvert.

Il n'aimait pas du tout ces insinuations...

- C'est bien elle qui est chargé de l'entraînement des nouvelles recrues, pas vrai ?

- Oui, avec le lieutenant Ikkaku Madarame, confirma le brun.

- Alors c'est bien ça... Il se trouve que j'ai un ami à la septième division dont le petit frère est entré à la onzième il y a deux semaines, lors des derniers recrutements, raconta l'intéressé sur le ton de la confidence. Et d'après ce petit frère, ton amie là, Aisuko, et bien elle s'est ramenée avec un arrancars de la quatorzième à l'entraînement de ce matin...

- Et qu'est-ce que c'est censé prouver ? l'interrompit Kengo.

- Laisses moi finir, tu veux ?

Le brun soupira avant de lui faire signe de continuer.

- Et bien figures-toi qu'ils se sont sauté dessus ! s'exclama Morita. Comme ça ! Au milieu des nouvelles recrues ! En plein milieu de l'entraînement ! Ça t'en bouche un coin ça, hein ?!

- Tu étais au courant de quelque chose ? demanda une jeune infirmière en posant une main timide sur le genoux de Kengo.

Depuis qu'elle était rentré de sa mission sur Terre, il n'avait vu que deux fois.

La première, c'était le jour de son arrivé, elle était passé le saluer en coup de vent à l'hôpital, lui promettant de grandes révélations pour sa prochaine visite.

La seconde fois, c'était il y a un peu plus d'une semaine.

Pour une fois, elle avait fait les choses correctement en lui envoyant un papillon de l'enfer pour s'assurer qu'il est le temps de la recevoir. Du temps, elle, elle en avait beaucoup moins, c'est pour ça qu'elle lui annonça en pêle-mêle qu'elle avait retrouvé Yoruichi, qu'Ishimaru était un gars plutôt sympas quant on apprenait à le connaître, Rukia et Renji aussi d'ailleurs, qu'il fallait se méfier du thé d'Urahara, qu'elle était une vizard, qu'elle avait été obligé de parler de ses antécédents familiaux, de montrer la véritable apparence de son Zanpakuto et que les personnes qui dirigeaient la Soul Society préparaient du vilain. En reprenant sa respiration, son regard était tombé sur l'horloge qui décorait la pièce dans laquelle ils s'étaient retranchés, elle avait pâlit avant de bredouiller qu'il lui restait beaucoup de chose à lui dire mais plus le temps de le faire et de disparaître brutalement.

Il pouvait donc supposer que cette histoire d'arrancars faisait partie de ce « reste ».

- Kengo ?

Il avait le regard fixe, le visage impassible quoique légèrement lugubre.

- T'es toujours avec nous, vieux ?

Le grand brun sourit comme on sursaute.

- Désolé, je pensais à autre chose, s'excusa t-il en passant une main sur son crâne.

- Tu étais au courant, alors ? insista Morita.

Il se contenta de sourire un peu plus, dévoilant cette expression qui faisait pousser des soupirs d'extase à toutes celles et ceux qui croisaient son chemin.

...

Grimmjow s'arrêta brutalement alors qu'ils venaient tout juste de quitter la fraîcheur des sous-bois pour pénétrer dans la vaste clairière où s'étaient installés les Shiba. Réprimant un frisson de dégoût, il pointa du doigt les statues qui soutenaient la pancarte annonçant qu'ils étaient sur le point d'entrer dans une propriété privé tout en demandant :

- Qu'est-c'que c'est qu'ces horreurs ?!

Aisuko avait continué d'avancer sans d'avantage se préoccuper de ce que l'arrancars qualifiait « d'horreurs ». Habituée par ce genre de monuments délirants, elle s'était contentée de sourire avant de se retourner vers le bleuté pour répondre :

- Des chameaux, je crois...

Puis après avoir observé les créatures de pierre plus attentivement elle corrigea :

- Ah non, une seule bosse, se sont des dromadaires !

- Hein ?!

- Il s'agit d'animaux que l'on peut trouver sur Terre, expliqua Aisuko en s'efforçant de cacher son amusement. Je les ai déjà vu dans des livres d'images.

- J'suis déjà allé sur Terre plein d'fois et j'ai jamais vu d'truc pareil !

- On ne les trouve que dans certaines région, je crois.

- Mais qu'est-ce qu'ils foutent là ?! s'exclama l'arrancars.

- Il fallait bien quelque chose pour soutenir la pancarte, répondit-elle avec un léger haussement d'épaules.

- Quoi ?!

- Se serait trop long à t'expliquer, déclara la rouquine. Viens par là, ils vont pas te bouffer !

- C'est dangereux comme bestioles ? s'inquiéta Grimmjow en s'approchant de la jeune femme sans les quitter les dromadaires des yeux.

- Aucune idée, mais de toute façon je suis sûre que tu es capable d'affronter des statues, assura t-elle gaiement en poursuivant son chemin.

Obnubilé par la vision d'horreur que représentaient les dromadaires pour lui, l'ancien espada n'avait pas encore remarqué le modeste bâtiment qui s'élevait au centre de la clairière et l'imposante cheminé qui se dressait derrière celui-ci. En plissant les yeux, le bleuté remarqua que le sommet de ce qu'il avait défini comme une cheminé était obstruée par ce qui semblait être des bandes de parchemin.

- Aisuko... fit-il en la retenant par le bras.

- Tu sais que si tu m'arrêtes tout les dix mètres on y arrivera jamais ? fit-elle, un soupçon d'exaspération dans la voix.

- J'sais, mais... c'est quoi c'truc, encore ? demanda t-il en montrant la cheminé du doigt.

- C'est le célèbre canon des Shiba, répondit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence.

- Tu m'feras pas croire qu'c'est normal d'avoir un canon d'c'te taille !

- Je t'ai déjà dit que les Shiba étaient des artificiers, il me semble, remarqua t-elle en haussant un sourcil circonspect.

- Ça explique pas tout ! Et puis tu m'as aussi dit qu'c'étaient des nobles...

- Anciens nobles... corrigea machinalement la rouquine.

- S'tu veux, mais va pas m'dire qu'ils habitent dans c'te bicoque !

- En fait ils habitent en dessous, mais tu verras par toi même.

Grimmjow écarquilla un peu plus les yeux avant d'emboîter le pas à la jeune femme qui s'approchait à présent du bâtiment, passant sous l'ombre menaçante du canon des Shiba.

Quand Aisuko avait parlé de ce clan pour la première fois, le bleuté s'était aussitôt imaginé une grande maison lumineuse, aux jardins paradisiaques soigneusement entretenus par une masse anonyme de domestiques... Une demeure pleine de cris et d'explosions en tout genre où évoluaient des hommes et des femmes parés de kimonos de soie fine... Ils auraient eu des caractères bien trempés, évidemment, mais il les voyait aussi comme des êtres passionnés et capables de beaucoup de chaleur.

Même s'il n'avait pas tout à fait tord sur ce dernier point, l'image qu'il se faisait des Shiba restait quand même très éloigné de ce qu'ils étaient réellement...

- Kogane ! Shirogane ! s'exclama la rouquine en apercevant une paire de mastodontes qui se ressemblaient étrangement. Ça faisait longtemps !

- Mademoiselle Aisuko ? fit le premier en écarquillant les yeux.

- Vous ici ? ajouta le second après avoir secoué la tête.

- Qu'elle bonne surprise ! terminèrent-ils ensembles avant de se jeter sur elle.

Pendant une seconde, l'ancien espada s'inquiéta pour la vie de sa compagne avant de comprendre qu'il ne s'agissait que d'une accolade fraternelle. Bon, c'est vrai que ces deux là devaient être au moins trois fois plus large qu'elle mais il n'y avait pas de raison d'intervenir, d'ailleurs la jeune femme semblait au comble du bonheur dans les bras de ces deux types.

- Tiens, Grimm, viens par là que je te présente ! fit-elle lorsqu'ils la reposèrent sur le sol.

Le bleuté s'approcha : il affichait une attitude décontracté mais suffisamment menaçante pour qu'ils ne soient pas tentés de l'étreindre.

- Je te présente Koganehiko et Shiroganehiko, se sont les gardiens de la maison du clan Shiba, dit-elle en les désignant tour à tour. Kogane, Shirogane, je vous présente Grimmjow Jaggerjack.

Les deux monuments s'inclinèrent respectueusement alors que l'arrancars se contentait d'un bref signe de tête.

- Vous n'êtes pas venu avec monsieur Kengo ?

- Malheureusement, il a beaucoup de travail... répondit-elle avec une légère grimace. Peut-être la prochaine fois !

- Espérons que cette fois-ci vous ne mettrez pas sept ans à retrouver le chemin de notre demeure, lança une voix légèrement traînante.

Aisuko se retourna brusquement vers l'entré du bâtiment qui précédait le monumental canon des Shiba.

Une femme se tenait là, debout dans le carré de lumière, les bras croisés.

Taille moyenne, cheveux noirs en bataille contenue par un foulard uni, elle portait une tenue pour le moins provocatrice : une jupe blanche largement fendue aux niveaux de ses cuisses, un haut rouge croisé sur son ample poitrine et des getas qui devaient la surélever de dix bons centimètres. Mais ce ne fut pas ce qui reteint l'attention de Grimmjow : son regard s'attarda plutôt sur son bras droit absent et sur son visage qui lui semblait vaguement familier.

Quoiqu'il en soit, il fut surpris de voir sa rouquine préféré mettre genoux à terre face à cet être à l'apparence singulière -et il s'agit là de la pensé d'un homme qui à l'habitude de côtoyer des femmes comme Nell ou Hallibel !-. La jeune shinigami montrait là une forme de respect qu'il ne l'avait jamais vu manifester, d'ailleurs sa voix n'était plus que murmure lorsqu'elle lâcha :

- Je suis navrée, maître Kûkaku...

Par contre, il ne releva pas plus que de raison le fait qu'elle parle d'elle au masculin. Il faut croire qu'il n'en était plus à ça près... De son point de vu, l'accueil des deux dromadaires était donc beaucoup plus choquant !

- Mais, vous savez, avec la réaction de Ganju, nous avons préféré... continua Aisuko en se redressant légèrement.

- Je sais très bien ce qui vous a poussé à agir comme ça, vas, l'interrompit-elle avec un vague mouvement de la main. Même si je ne suis pas d'accord avec ça, je vous comprend... Aller, lèves toi donc ! Tu vas abîmer ton bel uniforme !

La rouquine obéit mais garda tout de même les yeux respectueusement baissés lorsqu'elle souffla un « merci » qui fit froncer les sourcils de la nouvelle arrivée. La seconde suivante, et sans que Grimmjow ai pu voir quoique ce soit, Aisuko se tenait le crâne tout en retenant des larmes de douleur.

- D'un point de vu strictement objectif, tu as un rang social supérieur au mien maintenant ! s'exclama Kûkaku en brandissant son poing. Alors laisses tomber tes simagrées et tes ronds de jambes !

- Je suis déso... Aïe ! Pardon ! Aïe !

Cette fois-ci, le bleuté vit les coups pleuvoir et il fut d'ailleurs positivement impressionné par la rapidité et la force de cette femme. La jeune shinigami se frottait encore vigoureusement le crâne lorsqu'elle s'exclama :

- Mais qu'est-ce que je dois dire pour que tu arrêtes de me frapper, bordel ?!

- Rien justement, lâcha l'intéressée avec un sourire goguenard. J'ai renoncé à faire entendre raison à ces deux là, ajouta t-elle en montrant les deux mastodontes du pouce, mais je n'ai pas encore désespéré de toi !

- Je croyais que tu étais attachée aux valeurs comme le respect et la politesse ! argumenta la rouquine tout en continuant de se masser la tête.

- Point trop n'en faut.

Aisuko grommela mais préféra s'abstenir de tout commentaire. Kûkaku lui sourit, chaleureusement cette fois-ci, avant de lui faire signe de la suivre à l'intérieur du bâtiment. Avant d'avoir complètement disparu dans la pénombre, elle ordonna à ses deux sbires d'aller chercher le fameux Ganju puis elle jeta un coup d'œil à Grimmjow et ajouta sur le même ton impérieux :

- Et toi là, le bleuté, viens avec nous !

L'intéressé interrogea sa compagne du regard et encouragé par son léger signe de tête, il suivit le mouvement sans un mot.

Ils descendirent en silence les escaliers qui les emmenaient au creux de la terre puis ils déambulèrent silencieusement dans des couloirs étrangement lumineux avant d'atterrir dans ce qu'on aurait pu appeler une salle de réception. Le mobilier était simple bien qu'un peu trop classique aux yeux de l'arrancars qui s'était habitué à un style un peu plus occidental. Kûkaku les fit asseoir avant d'extraire une bouteille de saké et un jeu de coupes de sous la table autour de laquelle ils s'étaient réunit puis elle les servit d'autorité.

L'alcool était bon mais l'ambiance un peu pesante.

- Alors c'est tout ce que tu as à dire, fini par lâcher la brune après un long, très long, silence.

- C'est que... je ne sais pas par où commencer... répondit Aisuko tout en observant son reflet dans sa coupe.

- Peut-être sur ce qui t'as poussé à devenir une foutue shinigami ! s'exclama une nouvelle voix.

Grimmjow eu tout juste le temps de se faire la réflexion que le nouveau venu avait une carrure de catcheur et un visage qui lui était -décidément- familier avant que la rouquine ne se lève d'un bond pour s'écrier à son tour :

- Tu es sûr que tu veux encore avoir cette « conversation », Ganju ?!

- Jusqu'à ce que tu admettes que tu as eu tord !

- JAMAIS ! hurla t-elle avant de bondir par dessus la table pour atterrir sur le nouveau venu.

Ils roulèrent tout deux sur le sol en échangeant des coups de poings et de pieds que l'arrancars qualifia intérieurement de « relativement inoffensifs », ou en tout cas de suffisamment faibles pour qu'il n'est pas à intervenir... Et puis de toute façon, s'il l'avait fait, il se serait très probablement fait rembarrer dans la seconde... De son côté, Kûkaku poussa un soupir résigné avant d'enjamber la table qui la séparait du bleuté pour s'installer à côté de lui.

- J'étais sûre que ça se passerait comme ça, souffla t-elle avant de se resservir un peu de saké.

Puis remarquant qu'il ne semblait pas vraiment à l'aise, elle ajouta :

- T'inquiètes donc pas, Grimmjow, ils se battent régulièrement depuis qu'ils se connaissent mais ils ne se sont jamais fait mal pour autant.

En voyant l'expression médusé de son interlocuteur, elle se laissa aller à un sourire pointu avant de poursuivre :

- Et oui, je connais ton nom, Jaggerjack ! Je sais même pas mal de chose sur toi, monsieur l'ancien espada !

- Comment... commença t-il.

- Pas de mystère là-dessus, l'interrompit-elle. Yoruichi m'a beaucoup parlé de toi lors de sa dernière visite, il y a quelques semaines de ça... Je sais pas grand chose de la quatorzième division, mais je sais quand même que vous portez des uniformes blancs et qu'il ne doit pas y avoir une dizaine d'arrancars aux cheveux bleus !

- Euh... hésita l'intéressé.

- Alors comme ça il paraît que tu t'es attaché à notre petite protégée ? enchaîna t-elle sans plus s'occuper de sa réaction.

- On s'y attache, oui, confirma t-il prudemment, prenant instinctivement un peu de distance.

- Hum... marmonna t-elle en se rapprochant un peu plus. Je suppose que Yoruichi t'as déjà mit au courant de ce que tu risquais si jamais tu lui faisait le moindre mal...

« L'échange » qu'il avait eu avec la femme-chat à ce sujet lui revint immédiatement à l'esprit.

- Elle a été claire, oui.

- La connaissant, ça a dû être assez... spectaculaire pour que tu ais comprit ce qu'il se jouait là, poursuivit Kûkaku sans faire attention à son intervention une fois de plus. Cependant, je vais tout de même me permettre d'ajouter ma menace sur celle qui plane déjà sur toi.

- J'ai pas l'intention d'lui faire du mal, remarqua Grimmjow en fronçant les sourcils.

- Peut-être, mais Aisuko est infiniment plus fragile qu'elle en a l'air, alors je pense que deux précautions valent mieux qu'une.

L'arrancars jeta un coup d'œil vers la rouquine qui dominait clairement le combat qui continuait à l'autre bout de la pièce. « Infiniment plus fragile qu'elle en a l'air »... oui, il était assez d'accord avec cette image.

- J'm'en suis rendu compte, déclara t-il avant de s'offrir une gorgé de saké.

- Elle t'a parlé d'elle ? insista t-elle. De nous ? De son passé ? De sa famille ?

- Oui, répondit-il simplement.

Kûkaku reprit un peu de distance avec l'ancien espada et les resservit tout les deux avant de reprendre la parole :

- Ça va faire soixante ans que je connais cette petite et pourtant je me souviens encore parfaitement de notre première rencontre... C'est Yoruichi qui nous l'a amené, elle et le petit Kengo. A cette époque, on avait l'habitude de recueillir plus ou moins durablement toute les âmes perdues qui passaient à notre porté, les « nobles au grand cœur » qu'ils nous appelaient dans le Rukongai, mais on avait encore jamais eu à s'occuper de gamins dans un état pareil ! Ils étaient trempés, couverts de crasse et complètement affamés ! Quant elle les a ramassé dans la rue, Yoruichi n'a même pas reconnue sa filleule en Aisuko, c'est dire dans qu'elle état elle était...

Elle tira une longue pipe en bois de sa ceinture avant de l'allumer à l'aide de ce que Grimmjow cru reconnaître comme un sortilège.

- Pourtant, il y avait quelque chose de bizarre chez eux. Enfin... surtout chez elle ! Elle n'agissait pas du tout comme les gamins qu'on avait l'habitude de recueillir... Il y avait sa manière de parler, bien sûr, mais aussi cette sorte de dignité refoulée qui émanait d'elle... Bref, une fois qu'elle a été un peu décrassée, Yoruichi a rapidement reconnu la petite Shiragiku Fubuki qui se planquait déjà derrière le nom d'Aisuko. Après qu'elle se soit expliqué, Kaien -mon frère aîné- a décidé de la garder auprès de nous aussi longtemps qu'il le faudrait.

La rouquine lui avait déjà parlé de Kaien Shiba, mais de manière tellement étrange que l'ancien espada avait fini par se poser beaucoup de question à propos de cet homme. Quant il avait fini par demander des renseignements, on lui avait expliqué qu'il était mort, il y a près de trente ans, dans l'exercice de ses fonctions de shinigami, possédé par un hollow -probablement modifié par Aizen- puis assassiné par une camarade qui n'avait eu d'autre choix pour sauver sa vie.

- On s'est tous beaucoup attaché à eux dans le clan, à elle surtout, on leur avait même proposé de les adopter officiellement ! Mais ils ont toujours refusé... Pas envie de replonger dans les intrigues de la noblesse, je peux comprendre ça... Ils ont fini par partir, tout les deux, pour vivre leur propre vie, mais ils venaient souvent nous rendre visite avant de rentrer à l'académie !

- Tu as vendu ton âme au diable ! s'exclama Ganju.

- Ça vaut toujours mieux que la vendre à un cochon ! répliqua la jeune femme.

Kûkaku ricana tout en les regardant se battre de plus belle, mêlant exclamations et injure à cette bataille jusqu'ici plutôt silencieuse.

- Elle avait déjà vécu beaucoup de chose pénible avant d'arriver ici, finit-elle par reprendre, et maintenant la voilà affublé d'un hollow...

Remarquant la grimace de Grimmjow, la brune précisa :

- Je ne parle pas de toi, t'inquiète pas, juste de sa nature de vizard.

- La fo... J'veux dire Yoruichi vous en parlé aussi ? se reprit-il.

- Évidemment...

Elle se mit à tapoter nerveusement sa pipe contre sa cuisse tout en reprenant la parole :

- Aisuko n'est qu'un bébé, l'innocence même... Elle qui ne rêvait que d'un foyer chaleureux, elle s'est retrouvé dans la tempête glacée des Fubuki... Quant elle est parti, j'ai pensé qu'elle allait s'installer quelque part, fonder une famille, sa propre famille, et essayer d'oublier son passé... Elle n'y ai jamais arrivé, je sais même pas si elle a essayé ! A la réflexion, je ne pense pas, elle voulais tellement se venger... Ça se voyait dans ses yeux, tout le temps, un océan de flammes dans lequel elle aurait voulu plonger les Fubuki ! C'est pour ça qu'elle a décidé de devenir une shinigami, d'affronter encore plus d'épreuves... Heureusement qu'il y avait Kengo pour la soutenir pendant tout ce temps...

Grimmjow fronça un peu les sourcils.

Il n'avait encore jamais rencontré ce Kengo, ce meilleur ami. Aisuko prenait manifestement leur relation au sérieux puisqu'elle avait prit la peine de le présenter à ce qui lui faisait office de famille, mais elle semblait ne pas vouloir les confronter pour autant. Quelque chose devait la retenir et il se demandait bien quoi...

- Enfin, maintenant elle t'a aussi, continua t-elle en lui adressant un sourire. Et puis il paraît qu'elle s'est fait pas mal d'amis à la onzième et à la quatorzième division ! Ça a peut-être pas la même valeur qu'une famille digne de ce nom, mais c'est déjà pas mal !

L'artificière jeta un nouveau coup d'œil aux deux duellistes.

Décidément, son visage semblait familier à l'arrancars ! Cette manière de sourire et de froncer les sourcils, cette violence affectueuse, ce caractère de cochon qui cachait un cœur d'or, cette dévotion aux autres...

Enfin merde quoi ! Il ne connaissait pourtant pas tellement de shinigamis !

- Tiens, d'ailleurs, en parlant de famille, reprit Kûkaku d'une voix forte pour se faire entendre des deux lutteurs. Il paraît que tu as rencontré notre cousin ! Alors, tu en penses quoi ?

- « Votre cousin » ? répéta Aisuko après s'être relevée et avoir flanquée un dernier coup de pied à Ganju. Je croyais que vous étiez les derniers Shiba !

- Les derniers Shiba, oui, mais ça veut pas dire qu'on a pas de famille.

- Tiens donc... soupira la rouquine en croisant les bras. Et qui est ce cousin mystère ?

- Ichigo Kurosaki, bien sûr !

- HEIN ?!

OxOxAxOxO

Anecdote d'écriture n°45 :

Objectivement, je crois qu'on peut dire que la construction de ce chapitre manque quelque peu de logique... J'entends par là que même s'il contient des passages importants (voir même TRES importants, vous verrez plus tard), il est découpé un peu aléatoirement... Mais bon, même si je savais très bien où j'allais, j'avais surtout envie de me faire plaisir en décrivant certaines scènes ! Alors oui, j'admets que ça donne un résultat brouillon, mais comme vous êtes une bande de lecteurs trop cool vous ne m'en tiendrez pas rigueur, n'est-ce pas ?

Anecdote d'écriture n°46 :

Sinon oui, c'est avec ce chapitre que commence réellement le troisième (d'après mes calculs) et dernier acte de cette série ! (ça fait plusieurs chapitres que je vous l'annonce mais ce coup-ci c'est la bonne !) Pour ceux que ça intéresse, ce dernier arc devrait faire une dizaine de chapitres (mais rien est encore gravé dans le marbre !), mais nous aurons encore l'épilogue pour nous dire adieux !

Anecdote d'écriture n°47 :

Si ça vous intéresse, sachez que je m'inspire de ce qui m'entoure pour « décorer » l'entré des Shiba ! Cette fois-ci vous avez eu droit à des dromadaires, mais la prochaine fois, qui sait, ça sera peut-être des cuillères, des cactus, des mugs, des papyrus (la plante, oui) ou des stylos plantés au milieu d'une clairière ! (oui, vous pouvez vous posez des questions quant à l'environnement dans lequel j'écris)

OxOxAxOxO

Voilà, voilà...

Je crois que tout a été dit dans les anecdotes d'écriture !

(voir section ci-dessus)

Reviews ?

Signé : Lulu Murdoc, auteur allergique.