Chapitre 25 :
Décisions et actions
- Pour commencer, annonça Gabriel d'une voix forte et assurée, le problème des Serpentard est bien réglé. Ils sont arrivés au manoir Idylle sans soucis et Amélia a terminé les procédures officielles. Ils sont désormais sous la tutelle de Callen. L'illusion prévue est également bien en place et elle s'activera lorsque les faux Serpentard se retrouveront devant Voldemort. Autrement dit, le vingt cinq au soir s'il ne change pas ses plans en cour de route, je le sentirais de toute façon. A-t-on des nouvelles d'Alexeï ? Demanda-t-il ensuite.
- Nous avons reçu son dernier rapport hier soir, annonça Mikhaïl avec son accent slave.
- Je vous écoute, poussa Gabriel.
Le Russe fit apparaître quelques documents qu'il fit glisser vers son prince avant de reprendre la parole :
- Suite à nos nombreuses interventions, commença-t-il alors que Gabriel lisait les parchemins tout en l'écoutant, Voldemort devient de plus en plus méfiant selon lui. Il a compris que quelqu'un donnait des informations sur les attaques qu'il prépare et donc il recherche l'espion. Mais comme il a intégré beaucoup de monde ces derniers temps, il a un peu de mal. Seulement, il garde de plus en plus pour lui ses plans d'attaques et donc Alexeï a de plus en plus de mal à obtenir des informations.
- Sa couverture est-elle toujours solide ? Demanda le jeune prince.
- Oui. Il nous a fait parvenir un compte-rendu, répondit Mikhaïl en tendant un nouveau parchemin, il a subi il y a quelques jours un examen de légilimencie de la part de Voldemort lui même, il l'explique en détail ici. Cela c'est très bien passé.
Il y eut un moment de silence alors que le jeune homme lisait attentivement ce qu'avait écris son espion, décrivant en détail l'examen de son esprit. Heureusement, Alexeï était un excellent occlumens. Non seulement il était très doué pour se protéger des intrusions mais il était aussi capable de laisser une personne entrer et de lui montrer une vie totalement inventée tout en protégeant ses véritables souvenirs. C'était uniquement parce qu'il avait totalement confiance en cette capacité de l'homme que Gabriel avait accepté qu'il devienne espion, sachant qu'il était tout à fait capable de gérer la situation. Le russe avait été formé par les meilleurs et était lui même excellent. Lisant, Gabriel fut soulagé de voir qu'il avait parfaitement fait illusion, ne montrant à Voldemort qu'un personnage seulement intéressé par l'argent et fidèle à son employeur. Il avait convaincu le Seigneur des ténèbres qui visiblement commençait à réclamer plus précisément ses services.
En effet, Alexeï n'avait pas été approché par les mangemort pour rien. En plus d'être un mage de combat, il était réputé pour son expérience de la magie noire mais aussi et surtout pour sa capacité à poser des protections. Il était extrêmement doué dans ce domaine. Il se servait de la magie noire pour installer des barrières et des pièges retords et complexes, quasiment infranchissables et particulièrement mortels et douloureux pour les intrus. Et visiblement, Voldemort voulait qu'il protège pour lui certains lieux. Mais avant, il avait voulu vérifier que l'homme ne le trahirait pas. Ainsi, il lui avait confié quelques missions ces dernières semaines puis il lui avait fait passer cet examen de légilimencie. Alexeï lui avait alors montré une personnalité seulement intéressée par l'argent, se fichant totalement des secrets du Seigneurs des ténèbres et il avait réussi. Ainsi, Voldemort voulait commencer à se servir de ses dons pour protéger certains lieux. Bien sûr, il ne disait pas au russe le pourquoi du comment, ne lui donnant que le nom et la localisation des endroits à protéger. Mais l'espion était bien décidé à communiquer ces noms et ces lieux au conseil qui enquêterait sur le sujet.
Mais le principal atout d'Alexeï n'était pas les protections. Il était bien plus doué dans les magies mentales, d'où le fait qu'il soit un excellent occlumens. Mais il avait un autre don. Il avait développé la capacité unique d'une légilimencie indétectable légère qui lui permettait de saisir les pensées qui passaient par la tête des gens lorsqu'ils parlaient avec d'autres ou lorsqu'ils réfléchissaient. Ainsi, Alexeï pouvait récolter des informations mine de rien en écoutant les discussions des autres ou en parlant avec les mangemort et en orientant habillement la discussion pour qu'ils pensent à ce qu'il voulait savoir. Et donc même si personne ne lui disait rien clairement, il pouvait obtenir ce qu'il voulait. Cette capacité seulement connue du conseil le protégeait de toute suspicion d'espionnage puisqu'il n'était pas sensé connaître ces informations et personne ne lui disait rien, incapable de savoir qu'il obtenait les renseignements d'une autre manière. Seul les bons occlumens pouvaient se protéger de ce pouvoir et ils n'étaient pas légion dans les rangs des mangemort.
Et pour le moment tout semblait se passer pour le mieux pour le russe. Voldemort ne lui faisait pas vraiment confiance et ne lui disait pas grand chose mais il lui suffisait d'être dans les lieux de réunion de mangemort pour tenir son rôle d'espion, alors tout allait bien. Une chose inquiétait cependant Gabriel :
- Bon tout à l'air de bien se passer pour lui, remarqua-t-il en terminant sa lecture. Voldemort va commencer à se servir de ses dons pour les barrières. Cependant, si c'était cela qu'il voulait obtenir de lui depuis le début je doute qu'il le laisse en vie lorsqu'il en aura terminé. S'il veut protéger ces lieux à ce point, il voudra sûrement se débarrasser de celui qui connaît leurs emplacements et leur protections une fois qu'il n'aura plus besoin de lui. Prévenez Alexeï de faire très attention et de rentrer s'il a un doute sur sa couverture. Je veux aussi que l'on enquête sur ces endroits très discrètement pour le moment. Je veux juste savoir à quoi ils peuvent bien servir et ce qu'ils peuvent cacher.
- À vos ordres Altesse, répondit le Russe qui pensait la même chose.
- Votre Altesse ? Interpella Edelmiro avec son accent espagnol.
C'était un homme fêtard et rieur mais profondément sérieux lorsqu'il le fallait. Typé Mexicain, son pays d'origine, il avait la peau légèrement halée et des cheveux noirs couvrant ses oreilles. Mesurant dans les un mètre quatre vingt, il avait une silhouette fine et passe partout. Ses yeux bruns étaient perçants. Il avait une quarantaine d'années.
- Oui Edel, répondit Gabriel en reportant son attention sur lui.
- Si Alexeï commence à avoir du mal à obtenir des informations sur les attaques à venir, je suggère que l'on fasse surveiller les lieux clefs. Avec les informations que nous a donné Alexeï ces dernières semaines nous pourrons peut-être regrouper les renseignements pour essayer de déterminer quels lieux ou personnes seraient susceptibles d'être attaqués. Ainsi nous pourrons intervenir si besoin.
- Vous avez raison, remarqua le jeune prince. Mitsuaki ? Dit-il en se tournant vers le japonais. Pourriez vous sélectionner un groupe de personnes pour analyser les décisions de Voldemort, les dernières attaques et les renseignement d'Alexeï afin d'essayer de trouver les lieux et personnes sensibles et aussi savoir ce qu'il veut.
- Ce sera fait Altesse, répondit le japonais en inclinant la tête.
- S'ils trouvent quelque chose, qu'ils transmettent à Edel, Mikhaïl ou Riath suivant les cas, ordonna-t-il.
Les trois hommes étaient trois mages de combats de mérite et c'était eux qui géraient l'espionnage, la défense et les combattants parmi les Myrdiaël. Riath Nassredine avec ses vingt cinq ans était le plus jeune chef parmi les Myrdiaël. Arabe, venant du Qatar, il avait de courts cheveux noirs et un physique sportif. C'était un jeune homme très énergique, précis, curieux et imaginatif.
- Vous interviendrez en conséquence, surveillance, défense ou intervention en cas d'attaque. Je vous laisse juges, vous savez quoi faire, continua Gabriel en regardant les trois hommes.
- Compris, dirent-ils en cœur.
- Pour ce qui est de savoir ce que sont les lieux que Voldemort veut protéger, reprit le jeune prince. Il faudra envoyer des groupes pour les analyser. Il faudra être très discret. Je ne veux pas que l'on soit repéré, cela réveillerait la vigilance de Voldemort et mettrait Alexeï en grand danger. Mettez un combattant avec eux et pour ce qui est de ceux qui vont analyser ces endroits je vous laisse décider qui envoyer Acsa, Lin.
- À vos ordres, répondirent les deux femmes.
Acsa Edinaldo, la directrice de la petite école de Aaron au brésil. Elle n'avait pas loin de quatre vingt dix ans, elle était petite avec de longs cheveux grisonnants encadrant son visage ridé à la peau halée. Elle était d'apparence stricte mais elle était juste et très sage, très expérimenté et très cultivé sur les mœurs anciennes. Et Lin Cholang venant de Singapour. D'environ cinquante cinq ans, elle était typée asiatique aux longs cheveux lisses et aux yeux noirs. Pas très grande, c'était une femme très douce et gentille, généreuse et ouverte à tout.
- Autre chose de Voldemort ? Demanda Gabriel.
- Il cherche toujours à recruter d'après Alexeï mais visiblement, il sera plutôt calme dans les deux trois semaines à venir. Il est surtout centré sur le marquage des nouveaux venus. Pour le moment, il est concentré sur sa cérémonie de Noël, apprit Mikhaïl.
- Il va avoir une sacrée surprise ce soir là, remarqua Lucius.
- Oui et ça risque de le mettre très en colère, ajouta Smiria.
Elle était chef en Nouvelle Zélande et avait presque trente cinq ans. Elle avait de longs cheveux bruns et une peau bronzée. Très belle, elle avait quelques tendances manipulatrices. Elle était très intelligente et créative.
- Il cherchera à savoir à qui il doit ce pied de nez et il voudra se venger, tout comme il voudra se venger de ces enfants, souligna Odilion.
Il était le chef Myrdiaël chilien. Il avait l'allure d'un homme d'affaire avec ses courts cheveux poivres et sels parfaitement coiffés. Il avait une peau légèrement halée et des yeux bleus foncés. Du haut de ses soixante cinq ans, son visage portait déjà quelques traces de l'âge. C'était une personne très calme et silencieuse, protecteur, observateur et instinctif.
- En effet mais si tout se passe comme prévu, c'est sur Dumbledore que se porteront ses déductions. S'il cherche à savoir qui est intervenu au ministère, il tombera sûrement sur Amélia et son assistant mais ils seront déjà loin à cet instant. Ils ont tout deux accepté la proposition de s'en aller pour Salem une fois les choses réglées pour les Serpentard. Adrian, je vous laisse gérer la suite des événement pour eux deux, ils séjournent toujours à Idylle en attendant, dit-il en se tournant vers le directeur de Salem.
Il avait environ quarante cinq ans. Il était grand et avait une silhouette sportive. Il avait de longs cheveux blonds, légèrement plus foncés que ceux de Lucius et des yeux bruns. Il était d'un naturel calme, compréhensif, juste et sérieux.
- Je m'en charge votre Altesse, confirma le directeur Damoclès.
- En ce qui concerne les interventions contre les attaques, reprit l'adolescent. Comment cela se passe-t-il ?
- Plutôt bien, répondit Mikhaïl. Nous avons pu faire quelques prisonniers au début mais nous n'avons rien obtenu d'eux alors nous les gardons simplement en détention pour le moment. Il y a eu quelques morts dans le camps adverse. Seulement des blessés de notre côté. Et nous avons réussi à déjouer toutes les attaques et à faire battre l'ennemi en retraite sans qu'il n'ait atteint son but.
- Très bien mais il faudra faire attention dans l'avenir, remarqua le jeune prince. Voldemort sait maintenant qu'il y aura quelqu'un pour le contrer alors nous ne sommes pas à l'abri d'un piège.
- Oui, approuva le russe, dans cette optique j'ai instauré des équipes doubles, expliqua-t-il. La première équipe arrive quelques minutes avant la seconde, ainsi s'il y a piège le deuxième groupe peut aider le premier.
- C'est parfait. Autre chose du côté de Voldemort ? Demanda le jeune prince.
- Il cherche toujours à avoir la main mise sur le ministère anglais, annonça Lucius.
- Comment ça se passe de ce côté ? Demanda Gabriel.
- Et bien, les sorciers de l'Ordre du Phénix et les Lords faisant partis des mangemort se disputent toujours le contrôle des différents départements mais pour le moment Fudge est d'avantage sous l'influence de Dumbledore, expliqua le blond. Fudge ne m'accorde plus de crédit puisque je suis un mangemort pour lui désormais mais il ferme les yeux sur la corruption qui s'installe. Il suit les conseils de Dumbledore pour le moment.
- Il continue à prendre ses mesures restrictives sur les créatures magiques ? Demanda le jeune homme qui était préoccupé par cela depuis quelques semaines déjà.
- Oui, confirma Lucius.
- Et c'est de pire en pire, intervint Helena.
Helena Edge venant d'Alaska. C'était cette femme d'une trentaine d'années qui avait recueilli et protégé Sirius et Remus. Elle avait un très fort caractère et était un peu garçon manquée, énergique et toujours enthousiaste, joyeuse et blagueuse. Elle dirigeait une réserve de créatures magiques en Alaska. Elle avait la peau claire et des cheveux dorés coupés à la garçonne. Ses yeux étaient noisettes et son corps mince et musclé. Gabriel reporta son regard sur elle, l'interrogeant silencieusement. C'était elle qui s'occupait de leurs relations avec les différentes communautés de créatures magiques à travers le monde. C'était elle qui avait retrouvé Remus, celui-ci s'étant caché dans une communauté de loup garou au Canada après l'emprisonnement de Sirius. Elle était en contact avec leurs chefs dont certains, les plus influents et importants, connaissaient l'existence des Myrdiaël et venaient parfois chercher leur aide par l'intermédiaire de la jeune femme.
- Mes contacts à travers les différents groupes me rapportent que la situation en Angleterre devient de moins en moins gérable avec les restrictions imposées par le ministère. Les créatures magiques, centaures, loups garous... crient à la révolte et les chefs des communautés ont du mal à tenir les leurs. Certains arrivent à quitter l'Angleterre mais la majorité sont obligés d'y rester et de subir.
- Et ça ne s'arrêtera pas, reprit Lucius. Fudge et Dumbledore ont l'air persuadé qu'ainsi, ils vont éviter que trop de créatures ne rejoignent Voldemort tout en réduisant leurs mouvements et donc le danger qu'elles représentent.
- Mais c'est tout le contraire qui va finir par arriver. Ils vont soit se retrouver avec une révolte sur les bras soit avec une vague de mangemort supplémentaire, remarqua Zahran.
L'homme d'environ trente cinq ans venant du Mali était un véritable colosse d'un peu plus de deux mètre à la peau aussi noire qu'il était possible de l'avoir. Il avait de très courts cheveux noirs et un constant sourire éclatant sur les lèvres, ses dents d'un blanc pur détonant avec sa peau. Il avait beau être une impressionnante montagne de muscle, le jeune prince savait qu'il était le plus doux parmi les quinze chefs. C'était une personne des plus généreuse et gentille, douce et attentive malgré ses manière parfois un peu brusques dans ses moments de trop grand enthousiasme.
- Et la majorité de ces créatures n'en ont aucune envie, reprit Helena, elles savent que Voldemort n'est pas le meilleur parti mais c'est pour le moment le seul qu'elles voient. Les différents rois, rois des vampires, des loups garous, des elfes noirs et blancs... ils ont de plus en plus de mal à retenir leurs semblables en Angleterre. Et eux même n'ont aucun crédit auprès du gouvernement qui a même menacé de les faire enfermer s'ils posaient le pied en Angleterre, ce qui provoquerait un soulèvement mondial de leur communauté et une belle guerre. Mais comme le ministère restreint aussi de plus en plus les moyens de communications, les rois ont de moins en moins de prise sur leurs clans anglais. Bientôt, ils ne pourront plus les tenir. Ils demandent notre aide.
Il y eut un moment de silence alors que Gabriel réfléchissait comme tout les autres. La situation pouvait très vite dégénérer, il fallait calmer les clans en Angleterre et leur offrir une porte de sortie autre que celle de Voldemort.
- A-t-on un moyen de faire sortir ces clans d'Angleterre ? Demanda finalement Gabriel.
- Nous pourrions mais ce serait très long, fastidieux, dangereux et beaucoup refuseront de quitter leur terre, remarqua Helena.
- Si nous amenions les rois en Angleterre, pourraient-ils calmer les esprits ? Demanda-t-il alors.
- Sûrement mais il leur faudra plus qu'une simple discussion pour se tenir, répondit Helena.
- Que pouvons nous faire ? Demanda-t-il en balayant la table de son regard.
Il savait qu'il pouvait compter sur eux pour l'aider lorsqu'il ne trouvait pas de solution. Gabriel savait aussi que s'il faisait une bêtise, s'il partait dans une mauvaise direction, ils le lui diraient aussi. Ces quinze personnes étaient ses supports, ses mentors et ses amis, il leur faisait confiance. En temps que prince, il partageait un lien avec chaque membre de son peuple et il savait que jamais ils ne le trahiraient. Les Myrdiaël étaient très solidaires entre eux et jamais il ne leur viendraient à l'esprit de trahir ou d'abandonner l'un des leurs. Et leur prince était leur plus précieux trésor comme chaque membre de son peuple était un joyau pour Gabriel. C'était inscrit dans leur nature profonde.
- Nous pourrions leur parler en compagnie de leurs rois et leur offrir notre soutient. Nous pourrions poser des protections autour de leurs villages, leur promettre assistance en cas de problèmes et dépêcher un émissaire dans chaque groupe pour maintenir le contact, proposa Shanti.
Le plus ancien des chef Myrdiaël dont l'age tournait autour des cent cinquante ans. Le tibétain était petit et menu, ses traits marqués par l'âge mais se tenant parfaitement droit, souple et alerte. Chauve, il était souriant, extrêmement sage, calme, posé et ouvert d'esprit. Il dirigeait l'école magique de Yongden dans l'Himalaya.
- Cela pourrait-il suffire ? Demanda Gabriel.
- Si nous avons l'appui de leurs rois, alors oui, répondit Helena. Surtout s'ils peuvent constater notre bonne foi au fil du temps.
- Bon nous fonctionnerons donc ainsi, approuva Gabriel. Helena, pouvez vous organiser une rencontre avec les rois ? Je leur parlerais moi même.
- Vous n'êtes pas obligé de vous charger de cela Altesse, souligna Helena l'air inquiète.
- Il va falloir qu'ils nous fassent confiance et qu'ils fassent de gros efforts pour contenir les leurs. Ils ont le droit de savoir à qui ils doivent accorder leur confiance puisqu'ils se m'ont en danger. Et de toute façon ils ont déjà prêté serment de ne pas nous trahir. Je les verrais.
- Très bien, consentit Helena avec un sourire fier. Quand voulez vous faire cela ?
- Le plus rapidement possible sera le mieux, répondit-il. Avant la fin des vacances si c'est possible. Pour ce qui est de les faire entrer en Angleterre et de calmer les clans, je vous laisserais faire Helena, continua Gabriel. Aneesa vous aidera. Toutes les deux vous choisirez les émissaires. Il faut qu'ils soient diplomates et qu'ils sachent se défendre si besoin. Vous mettrez en place un contact régulier avec eux pour avoir des rapports sur la situation tout les trois jours au moins et vous m'informerez en cas de problème.
- À vos ordres Altesse, répondirent les deux femmes.
Aneesa Harun venait d'Angola et était directrice de l'école magique Ghalyela. Dans les cinquante ans, elle était belle et simple. Métisse, elle avait de lisses et courts cheveux bruns et une peau chocolat. Son corps était svelte. Elle était douce, intelligente, instinctive et sensible.
- Savez vous comment ça se passe pour les créatures magiques de la forêt interdite près de Poudlard ? Demanda Gabriel qui n'avait pas eu le temps de s'intéresser à elles.
- Elles sont dans un bel état d'énervement mais comme elles profitent des protections de l'école, elle rongent leur frein, renseigna Helena. Elles y sont très nombreuses et elles ont de moins en moins de territoires alors ça devient compliqué. Mais elles ont de plus en plus de ressentiment envers Dumbledore, si elles ne sont pas calmées on peut craindre une attaque sur l'école.
- Il faudra régler cela à tout prix. On ne peut pas laisser les actions de Dumbledore mettre en danger les élèves. Il faudra que ce point soit bien clair, comme je ne veux pas voir d'attaque type attentat sur des innocents. On ne peut pas laisser le chaos s'installer sinon ce sera la porte grande ouverte à Voldemort et ont ne pourra pas jouer sur autant de front à la fois. Il est primordial de calmer les créatures magiques, remarqua Gabriel.
- La discussion avec les rois sera de première importance, remarqua Bastet.
Bastet Enkès. Une magnifique femme égyptienne d'environ trente quatre ans. Elle avait des cheveux noirs coupés dans un carré strict avec une frange nette tombant juste au dessus de ses yeux sombres cernés de khôl à la manière ancestrale de son pays. Elle était fine, avait des formes avantageuses, une peau délicatement halée. Elle était élégante et souriante mais respectait toujours les protocoles avec une noblesse gracieuse. Elle était stricte mais juste. Elle était la directrice de Ahmès, l'école magique égyptienne.
- Je suggère que plusieurs d'entre nous soient présents aux côtés de son Altesse, proposa l'égyptienne.
- Je suis d'accord, répondit Gabriel. Ils ne me connaissent pas et ne m'ont jamais vu et nous savons tous comment les étranger réagissent dans ce cas.
En effet, les étrangés lorsqu'ils voyaient Gabriel pour la première fois et qu'on leur disait que c'était lui le prince, réagissaient tous de la même manière. Pour eux, il n'était qu'un gamin faible et handicapé qui ne méritait pas leur attention. Ainsi, au début des conversations, le soutient de quelques-uns des chefs de familles était bienvenu, ça facilitait les choses.
- Helena bien sûr vous serez là, commença le jeune prince. Aneesa aussi, Mikhaïl et Shanti.
Tous approuvèrent ce choix. Helena était celle qui était habituellement l'intermédiaire des rois avec le conseil, Annesa avait une très grande connaissance des créatures magiques et de leurs mœurs, Mihkaïl pouvait protéger le prince mieux que personne en plus d'être un très bon conseillé et la grande expérience et le très grand calme de Shanti pouvait apaiser et éclairer les esprits.
- Donc nous verrons ça avec les rois, dit Gabriel pour clôturer le sujet. Y-a-t-il eu autre chose ? Du côté de Dumbledore peut-être ? Il était trop calme ces derniers temps, je suis sûr qu'il prépare quelque chose.
- Et vous avez raison Altesse, répondit Adrian. Il prépare une très grosse opération. Nous savons que Voldemort commence à étendre la guerre dans le monde entier, expliqua-t-il lorsque Gabriel reporta son regard sur lui. Il commence à recruter à l'étranger mais aussi à y faire des raids. Dumbledore a compris qu'il devait lui aussi obtenir le soutient de l'étranger et il a décidé pour cela d'exploiter la branche des écoles de magie.
Immédiatement, Gabriel eut une idée de ce que pouvait bien vouloir tenter le directeur de Poudlard mais il attendit plutôt de plus amples explications et ce fut Mitsuaki qui reprit la parole :
- Adrian, Bastet et moi même avons tout trois reçu une missive de Dumbledore. Il nous a invité à venir à Poudlard avec une délégation de nos meilleurs élèves dés la rentrée des vacances de Noël.
Gabriel resta surprit un moment comme tous ceux qui n'étaient pas encore au courant autour de la table. Dés qu'Adrian avait commencé, il avait tout de suite envisagé ce genre d'échange inter école mais certainement pas quelque chose d'aussi rapide. Préparer ce genre d'événement prenait du temps et donc, Dumbledore devait être au travail sur le projet depuis un moment et sûrement avec la complicité de Fudge et du ministère donc Voldemort devait être au courant lui aussi. C'était peut-être pour cette raison qu'il avait voulu marquer les Serpentard avant l'arrivée d'autres écoles. Bastet reprit la parole, brisant le silence :
- Dans sa missive, il explique que pour résister à Voldemort qui étend la guerre à une guerre mondiale, il faut lui montrer que ses actions ne nous empêchent pas de vivre. Il souhaite créer cet événement afin de faire un échange de connaissance et de mieux former les élèves, d'enrichir leur apprentissage et de renforcer les relations internationales, expliqua-t-elle.
- Visiblement le ministère anglais a donné son assentiment puisque leur sceau était apposé sur les parchemins, ajouta Adrian. Dumbledore n'a pas dû avoir de mal à l'obtenir de Fudge puisque cela lui apporterait aussi beaucoup d'avantages.
- Évidemment, soupira Gabriel, ce qu'ils veulent en faisant ça, ce n'est pas enrichir l'apprentissage des élèves mais plutôt de tenter d'obtenir votre soutient à tout les trois, remarqua-t-il en regardant tour à tour Mitsuaki, Adrian et Bastet qui approuvèrent d'un signe de tête. Ils veulent aussi se donner une bonne image sur la scène internationale.
Oui, ce que voulait Dumbledore, c'était obtenir l'appui des trois directeurs qui en plus d'être reconnus dans le monde autant voir plus que lui, étaient d'une grande influence dans leurs pays. Les avoir de son côté serait d'un grand avantage pour lui, il voulait donc tenter de les séduire avec une telle invitation. Il s'agissait d'une opération politique et non scolaire.
- Savez vous si d'autres écoles ont été contactées ? Demanda le jeune prince.
- Il y en a six en tout, répondit Mitsuaki. Les six plus grandes écoles mondiales avec Poudlard. Il y a Mahotokoro, Salem, Ahmès et il y a aussi Durmstrang, Beauxbâtons et Astria, l'école Australienne.
- Il faut aussi que je vous dise, intervint Mikhaïl, Dumbledore souhaite donner une formation de combats aux élèves afin de leur donner les moyens de se protéger d'après lui. Dans cette optique, il a voulu demander à l'un des meilleurs mage de combat de venir donner des cours. Il a demandé à Nikolaï, expliqua-t-il. Il m'en a informé une heure avant le conseil.
Gabriel resta de nouveau surpris. C'était culotté de demander Nikolaï en sachant qu'il refusait toujours de prendre des élèves ou de devenir professeur. L'exception était bien sûr Gabriel mais cela très peu de gens le savaient. Cependant, si le mage de combat acceptait cette proposition de Dumbledore cela impressionnerait beaucoup de monde et donnerait une excellente image au directeur. Il tentait donc sa chance. Sans compter que si Nikolaï refusait, il n'était pas obligé de révéler cet échec au monde.
- Pour quand devez vous répondre ? Demanda Gabriel.
- Il nous laisse deux jours, annonça Bastet.
- En agissant aussi vite il veut vous empêcher de prendre le temps de la réflexion, constata le jeune prince. Et vous impressionne par la même occasion. Sait-on si certains ont déjà accepté ?
- Viktor Krum m'a contacté ce matin pour me dire que le directeur Karkaroff allait sûrement accepter, appris Mikhaïl.
Gabriel eut une pensé pour le courageux jeune homme maintenant dans sa dernière année d'étude. Il était le seul Myrdiaël à Durmstrang tout en sachant qu'il y avait beaucoup de partisans de Voldemort là bas. Même le directeur était soupçonné d'être de son côté. Mais Viktor avait décidé d'y rester et de profiter de sa proximité avec son directeur pour renseigner son peuple sur ses actions.
- Et il y a de très grandes chances pour que Beauxbâtons et Astria acceptent aussi, intervint Lucius. Leurs directeurs sont des amis de Dumbledore.
- Le problème est qu'un tel rassemblement va attirer l'attention mondiale et celle de Voldemort. Connaissant son orgueil, il va vouloir attaquer Poudlard pendant que tout ces élèves y sont, supposa l'adolescent en se pinçant le menton de deux doigts l'air inquiet. Ce serait l'occasion de frapper un très grand coup et s'il devait réussir il prendrait l'ascendant dans la guerre et instaurerait une image de terreur dans le monde. Dumbledore a-t-il parlé de la sécurité qu'il a prévu dans sa missive ?
- Il a dit que ses professeurs étaient qualifiés pour cela et que trois aurors et un mage de combat seront dépêchés à l'école, expliqua Adrian. Je suppose qu'il compte aussi sur la présence dissuasive de six directeurs puissants.
- Mais connaissant Voldemort, ça ne fera qu'attiser son envie d'attaquer pour asseoir sa puissance, soupira Gabriel.
Devait-il accepter ou non ? Devait-il prendre le risque d'envoyer des élèves de trois des écoles contrôlées par leur peuple dans ce qui serait sûrement un piège ? Un silence s'étira et tous savaient que c'était un dilemme pour leur prince. D'un côté il ne voulait pas mettre en danger trois d'entre eux et leurs élèves et d'un autre ce serait un grand avantage pour lui de les avoir à ses côtés à Poudlard pour contrecarrer les plans de Dumbledore. Ils le laissèrent réfléchir un moment mais finalement Mitsuaki prit la parole :
- Je pense que nous devrions accepter, dit-il. L'Angleterre, et plus particulièrement Poudlard, est au centre de cette guerre, c'est là qu'il faut être. Si nous refusons, les trois autres écoles accepteront quand même, Dumbledore fera ses manigances et Voldemort attaquera sûrement mais vous n'aurez personne pour vous aider là bas et je refuse de vous laisser seul dans une telle situation.
- Je suis tout à fait d'accord avec lui, reprit Adrian, on ne vous laissera pas tout seul là bas dans un tel piège. Ça pourrait mal finir.
- Si nous y allons, continua Bastet. Trois d'entre nous serons ainsi toujours avec vous et il y aura d'avantage de Myrdiaël dans l'école pour vous soutenir et vous aider en cas de problème. En cas d'attaque nous pourrons organiser plus vite la défense de Poudlard et gérer plus facilement Dumbledore.
- Sans compter que Poudlard vous obéira désormais, souligna Zahran. Si on s'organise bien, même en cas d'attaque nous serons capables de défendre cette place facilement, surtout si plusieurs d'entre nous sont déjà là pour vous aider.
- Et si cela peut vous rassurer, nous ne prendrons avec nous que des élèves capables de se défendre et nous les avertirons à l'avance du risque et leur laisseront le choix, proposa Mitsuaki. Il n'y aura pas que des Myrdiaël dans les groupes mais nos élèves savent se défendre.
Et Gabriel savait que c'était vrai, les écoles Myrdiaël avaient toutes un excellent programme pour les élèves qui souhaitaient apprendre à combattre, devenir auror ou mage de combat. On était bien loin des cours pitoyables de James Potter. Il y avait d'ailleurs plusieurs apprentis ayant des maîtres déjà mage de combat dans ces écoles. Il savait qu'ils sauraient se défendre et obéir en cas de problème mais il rechignait quand même à les mettre en danger.
- Laissez nous venir avec vous à Poudlard, demanda Mitsuaki en sachant ce qu'il avait dans la tête. Nous serons prudents et ainsi nous sommes sûr de pouvoir sauvegarder Poudlard en cas d'attaque et nous pourrons veiller sur vous comme vous veillez sur nous.
Tous approuvèrent d'un signe de tête et Gabriel leur sourit légèrement.
- Très bien, mais ne prenez que des élèves qui savent dans quoi ils mettent les pieds et qui savent se défendre, accepta-t-il. Combien d'élèves par écoles sont invités ?
- Une vingtaine par école, informa Bastet.
- Bon et Nikolaï, qu'a-t-il dit ? Demanda le jeune prince en se tournant vers Mikhaïl.
- Il a dit qu'il vous laissait la décision mais il a précisé qu'il serait ravi de vous rejoindre à Poudlard et que de toute manière il n'était pas forcé de donner de véritables cours s'il acceptait de venir, expliqua celui-ci.
Gabriel sourit, très tenté d'accepter. Nikolaï lui manquait beaucoup. Il avait passé plus de deux ans avec lui presque vingt quatre heures sur vingt quatre. C'était lui qui lui avait réappris à marcher, lui qui lui avait permis de réaliser son rêve, lui qui lui avait appris à se défendre. Il lui devait tellement, Nikolaïl était comme un grand frère pour lui, il l'avait protégé, consolé, fait rire... et là ça faisait des semaines qu'il était séparé de lui. Il savait aussi qu'il ne le verrait pas pendant les vacances puisque le russe était en mission et que seul Mikhaïl, en tant que chef des mages de combats, pouvait le contacter, sans parler de son propre travail.
- S'il est d'accord, ce serait un grand avantage de l'avoir avec nous à Poudlard, poussa un peu Mitsuaki en sachant que Gabriel rêvait d'avoir de nouveau le mage avec lui. Et même s'il fait un peu semblant de donner des cours parce qu'il n'en a pas envie, il pourrait apprendre des choses utiles aux élèves quand même.
- Très bien, sourit Gabriel. Dîtes lui d'accepter la proposition de Dumbledore, demanda-t-il au russe avec un léger sourire. Mais avec tout ça, je ne vais plus tenir longtemps mon image d'élève moyen à Poudlard, remarqua-t-il.
- De toute manière vous n'aviez pas prévu de tenir cette image éternellement, signala Odilion. C'était juste le temps de voir comment cela se passait.
- Et puis même si vous attirez l'attention de Dumbledore et du ministère en montrant ce que vous valez vraiment, nous serons là pour vous soutenir et vous protéger, remarqua Bastet.
- De tout façon, au rythme où les choses vont, nous serons obligé de nous dévoiler dans peu de temps, remarqua Acsa. Autant que le public apprenne à nous connaître doucement et vous le premier Altesse puisque nos réputations respectives ne sont plus à faire.
Gabriel sourit légèrement, c'était vrai qu'il en avait un peu marre de ce rôle d'adolescent banal moyen qu'il n'était pas. De toute façon, il savait que Nikolaï tenterait de le mettre en avant une fois qu'il serait avec lui, il s'amusait toujours à vanter les mérites de son élève au grand dame de Gabriel qui aimait la discrétion. Il se demandait d'ailleurs si son maître ne remettrait pas James Potter à sa place pour une fois en lui faisant comprendre que ses cours étaient pathétiques et en lui faisant ravaler son orgueil. Il fallait dire que ça le démangeait souvent de le faire lui même. En tout cas avec Nikolaï à Poudlard, il était sûr qu'il y aurait confrontation étant donné qu'il détestait de tout son cœur les Potter et Dumbledore pour ce qu'ils lui avaient fait. Avec cette pensée, il reprit la parole en sachant qu'il devait faire cette mise en garde :
- En tout cas, n'oubliez pas qu'il n'est pas encore temps pour le châtiment des Potter et de Dumbledore alors ne vous attaquez pas à eux au delà d'une certaine limite, dit-il avec autorité.
Il savait que chaque sorcier présent à cette table n'attendait qu'une occasion pour se venger de ses tortionnaires et qu'il valait mieux leur rappeler de ne pas se laisser aller à leur instinct vengeur.
- Quand nous laisserez vous leur donner ce qu'ils méritent ? Demanda Riath l'air de vouloir en découdre.
- Pas tout de suite, répondit Gabriel d'une voix douce, nous ne pourrons pas leur donnez leurs punitions tant que nous nous cacherons et nous n'allons pas nous dévoiler trop tôt pour une simple vengeance. Vous pourrez faire ce que vous voulez lorsque le moment sera venu. Mais en attendant, le monde magique n'a pas besoin de la tempête que ces révélations à propos de leurs stars provoqueraient.
Un léger silence s'installa, chacun repoussant ses idées de vengeance à un peu plus tard. Réfléchissant, Gabriel eut une autre idée :
- J'aimerais que l'on poste quelques combattants dans la forêt interdite au cas où il y aurait une attaque dire d'avoir rapidement quelqu'un en cas de besoin, dit-il en regardant Mikhaïl.
- Je vais prévoir ça mais ne serait-il pas possible de demander aux créatures magiques de poster aussi quelques uns de leurs combattants près de Poudlard ? Répondit le russe. En échange de notre aide il faut bien une compensation.
- Je pense que c'est faisable, annonça Helena. Ces clans sont fiers et s'ils acceptent notre aide, ils donneront quelque chose en échange puisqu'ils ne veulent avoir de dettes envers personne. Et puis ça leur donnera l'occasion de se défouler un peu en cas d'attaque, leurs combattants les plus nerveux ne demandent que ça en ce moment.
- Nous leur en parlerons lorsque nous les verrons, continua Aneesa, mais je pense aussi que s'ils acceptent notre aide, ils accepteront aussi ceci.
- Nous verrons cela avec eux mais il est vrai qu'ils seraient d'une aide précieuse pour la sécurité de l'école, remarqua Gabriel. Et bien sûr nous nous chargerons de la logistique dans ce cas puisqu'il faudra aussi gérer les tensions entre les différentes races.
- Nous nous occuperons de tout les détails vous n'avez pas à vous inquiéter pour cela Altesse, répondit Helena.
- Merci, sourit le jeune homme. Comment réagissent les ministères étrangers à tout cela ? Demanda-t-il ensuite.
- Et bien Voldemort, Fudge et Dumbleodre tentent d'avoir leur soutient. Pour le moment, en général, expliqua Lucius, ils optent pour la neutralité. Certains penchent pour Voldemort, d'autres pour Dumbledore et le ministère anglais. Mais aucun n'a pris fermement position et restent en dehors de tout cela. Ils ne bougeront que si la guerre s'installe vraiment en dehors des frontières anglaises.
- Il faudra donc qu'on la contienne en Angleterre le plus possible et que l'on en termine aussitôt que l'on pourra pour limiter les dégâts, remarqua Gabriel. Dés que l'on aura une occasion d'abattre Voldemort, il faudra la saisir. Dumbledore et le ministère anglais suivront dans la foulée, remarqua le jeune prince. Si la moindre chance se présente, prévenez moi et nous agirons en conséquence.
- À vos ordres, répondirent-ils.
Les discussions dérivèrent ensuite sur les détails des actions à venir et sur des comptes-rendus plus précis des derniers événements. Ils discutèrent aussi de la façon dont-il conviendrait d'agir à Poudlard, définissant le rôle de chaque personne qui irait dans l'école de magie anglaise. Ils préparèrent aussi leur rencontre prochaine avec les rois des créatures magiques. Ils discutèrent des contacts qu'ils avaient dans les différents gouvernements ainsi que de la façon dont-ils pouvaient influencer tel ou tel personne afin de garder la situation tendue sous contrôle. Ils parlèrent aussi d'Alexeï et de son rôle d'espion. Ainsi les sujets concernant la guerre les occupèrent plusieurs heures encore avant qu'ils ne passent à des débats plus légers sur la vie interne de leur peuple et cela leur prit plusieurs heures encore alors que la nuit était déjà tombée depuis longtemps sur Brocéliande.
Gabriel n'en pouvait plus lorsqu'ils en eurent terminé et tous le voyaient aisément. Le jeune homme avait besoin de repos après l'agitation de ces derniers jours, le décalage horaire qu'il avait subi et l'énorme dépense de magie qu'il avait faite pour mettre en place l'illusion des Serpentard. D'ailleurs tout les chefs de familles avaient fait en sorte d'abréger le conseil qui n'avait jamais été aussi long. Ils s'inquiétaient pour leur prince. Ils savaient que la vie à Poudlard n'était pas de tout repos et qu'il était très préoccupé par tout ce qu'il se passait. Ils espéraient que ceux qui seraient bientôt avec lui dans l'ancien château de Merlin et des fondateurs pourraient le soulager un peu, l'aider et le protéger au mieux en espérant qu'il ne se passe rien de dangereux.
Au moins, ça serait l'occasion pour eux de remettre un peu Dumbledore et les Potter à leur place sans aller trop loin bien sûr, pour le moment... Et puis ils savaient qu'avoir Nikolaï, Mitsuaki, Adrian, Bastet et les élèves de Salem et Mahotokoro qui étaient devenus ses amis, avec lui, serait d'un réconfort certain pour leur prince. Parce que si Gabriel était très heureux de pouvoir passer tout son temps avec son blond, il s'ennuyait aussi de ceux qui avaient partagé sa vie depuis qu'il était entré à Mahotokoro il y avait plus de deux ans.
Et c'est au bout de presque dix heures de conseil sans interruption qu'ils en terminèrent enfin. Gabriel se leva en s'appuyant sur la table de cristal, un peu engourdi d'être resté si longtemps assis et fut vite imité par tout les autres.
- Donc chacun sait ce qu'il a à faire, dit-il. Nous nous retrouverons pour le conseil de la semaine prochaine, ici, à la même heure, annonça-t-il. Je vous remercie.
Tous s'inclinèrent avec respect et Gabriel s'éloigna de la table, s'appuyant sur sa canne. Il sourit en sentant Naël se relever et venir se coller à son côté, lui offrant son appui comme il en avait l'habitude. Le lion se tenait toujours au plus proche de son maître lorsqu'il était avec lui. Et que Gabriel soit fatigué ou non, Naël lui offrait toujours son soutient. Soit il l'incitait à monter sur son dos, soit il se collait à lui, devenant un soutient plus efficace que sa canne. Souriant, le jeune prince passa un bras au dessus du dos du félin qui lui arrivait à la poitrine et il grattouilla doucement sa peau alors que le lion ronronnait de contentement. Les chefs de familles commencèrent à partir mais quelques-uns restèrent et s'approchèrent de Gabriel qui s'était posté devant les fenêtres.
Le cristal du palais irradiait d'une douce lumière éclairant aussi bien l'intérieur que l'extérieur, plongeant les jardins dans une ambiance magique. Nea, qui était sagement restée sur le dossier du trône, s'envola avec un petit cri et vint se poser avec la délicatesse d'une plume sur l'épaule gauche de son maître. Elle frotta doucement sa tête contre sa joue et Gabriel la caressa en souriant, Naël assis à ses côtés avec Feiwan dormant autour de son cou. Lorsqu'il n'entendit plus le bruit des gens sortant de la pièce, il se retourna pour trouver en face de lui son père, Mitsuaki et Mikhaïl. Il leur sourit et tout trois leur rendirent l'expression.
Le russe prit la parole en premier parlant dans sa langue natale en sachant que seul Gabriel le comprendrait, étant le seul à par lui même à parler russe dans cette pièce :
- Nikolaï m'a demandé de vous dire que vous lui manquiez beaucoup et qu'il était pressé de vous revoir, commença-t-il d'une voix plus douce encore qu'à son habitude en étirant un peu plus le sourire de son prince. Je pense qu'il va être heureux de votre décision de le faire venir à Poudlard. Il aimerait aussi savoir si vous avez bien continué à vous entraîner ? Demanda-t-il en ayant l'air de savoir que la question ne servait à rien.
Gabriel ricana doucement. Nikolaï disait toujours qu'un entraînement quotidien était nécessaire pour être un bon mage de combat et il avait toujours astreint son élève à au moins une demi heure, une heure d'entraînement quotidien même quand il était très occupé ou fatigué. Nikolaï était très exigent envers lui et ses entraînements étaient tout sauf simples. Et c'était grâce à cela que Gabriel avait atteint le niveau qu'il avait aujourd'hui. Si son maître se comportait comme un grand frère protecteur la plus part du temps, lorsqu'il s'agissait de sa formation, il pouvait être un véritable tortionnaire. Mais Gabriel ne s'en était jamais plaint, au contraire. Grâce à l'exigence de Nikolaï il avait atteint un niveau record en deux ans à peine. Alors bien sûr il n'avait pas dérogé aux consignes de son professeur en matière d'entraînement.
- Vous pourrez le rassurer, répondit-il en russe lui aussi, j'ai continué à m'entraîner quotidiennement, sourit-il en ayant une pensée pour Godric et Salazar qui faisaient d'excellents partenaires. Dites lui qu'il me manque à moi aussi et que je suis pressé de le voir. Quand doit-il terminer sa mission ?
- Il devrait rentrer le jour de votre retour à Poudlard donc je pense qu'il sera à l'école le lendemain de la rentrée. Je suis sûr que cela va beaucoup l'amuser, remarqua Mikhaïl.
- C'est vrai. Il va y avoir du spectacle je pense, le connaissant, rigola Gabriel. Mais de toute manière, les choses doivent bouger et quelque part, Dumbledore a peut-être signé sa propre perte avec l'organisation de cet événement, remarqua-t-il avec plus de sérieux.
- Je suis tout à fait d'accord. Promettez moi de faire attention à vous et promettez moi de m'appeler si vous en avez besoin, même pour ce que vous jugez être une broutille.
- Je le ferais Mikhaïl, c'est promis, répondit Gabriel en sachant qu'il s'inquiétait pour lui.
- Dans ce cas, à la semaine prochaine votre Altesse, termina le russe en s'inclinant.
- À la semaine prochaine, salua le jeune prince.
Le chef des mages de combat se releva, salua d'un signe de tête Lucius et Mitsuaki avant de faire demi tour et de s'en aller. Gabriel le regarda partir, il devait aussi beaucoup à cet homme. C'était lui qui avait parfait sa formation de mage de combat et c'était lui aussi qui lui avait appris à s'endurcir mentalement. Mitsuaki l'avait aidé à se reconstruire et à évoluer mais Mikhaïl l'avait endurcis sans le priver de ses émotions, au contraire. Il lui avait appris à paraître aussi froid que la glace sans l'être véritablement. Il lui avait appris à être un chef et un combattant dans sa tête. C'était grâce à lui s'il arrivait aujourd'hui à être le prince qu'il était. Gabriel se tourna ensuite vers Mitsuaki et ce fut cette fois en japonais que se fit la discussion :
- Vous n'êtes pas trop fatigué ? Demanda l'homme.
- Ça va ne vous en faîtes pas et je pourrais vous retourner la question, je ne suis pas le seul à avoir passé la journée ici sans interruption, remarqua-t-il avec le sourire.
Mitsuaki sourit doucement.
- Venez vous toujours à Mahatokoro pendant les vacances ?
- Oui, je vais avoir pas mal de travail jusqu'à Noël donc peut-être juste après si cela vous convient ?
- Tout à fait. Même si les élèves sont en vacances, ils sont tous restés à l'école. Les élèves de première et deuxième année ne vous connaissent pas mais tout les autres seront ravis de vous revoir surtout Kei. Vous lui manquez beaucoup.
- Il me manque aussi, énormément, souffla Gabriel.
- Il sera sûrement du voyage pour Poudlard, remarqua Mitsuaki.
- Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou non, soupira le jeune prince inquiet.
- Ne vous en faîte pas, il est le meilleur élève de Mahotokoro, vous le savez. Il sait se défendre. Son maître dit qu'il est l'un des plus doué de sa génération. Si lui ne peut pas vous accompagner alors autant laisser tout nos élèves dans nos écoles, signala le japonais en ricanant.
- C'est vrai, mais ça ne m'empêchera pas de m'inquiéter pour lui, sourit Gabriel.
- Comment s'entent-il avec Draco ? Demanda le directeur.
- Ils ce sont rencontré à mon dernier anniversaire, raconta l'adolescent. Ils ce sont d'abord regardés en chien de faïence, j'ai même cru qu'ils allaient se battre mais finalement, ils se sont enfermés dans un salon et ils ont discuté pendant une bonne heure. Quand ils sont ressortis, ils étaient pour ainsi dire amis, mais je n'ai jamais pu savoir ce qu'ils ce sont dis mais ils s'entendaient parfaitement ensuite.
- Tout vas bien alors, sourit Mitsuaki.
- Oui, je sais pas ce que j'aurais fait s'ils ne s'étaient pas entendu.
- Je suis sûr qu'ils ont fait un effort pour vous, souligna l'homme.
- Je m'en doute bien et je suis bien content qu'ils l'aient fait. Il y a eu le même manège avec Mahes mais je pense qu'ils sont tout les trois amis maintenant.
- C'est bien. Resterez vous longtemps au Japon ?
- Je viendrais le vingt six, après Noël donc mercredi. Pourrais-je rester jusqu'au prochain conseil ? Mahotokoro me manque.
- Bien sûr, répondit Mitsuaki. Draco viendra-t-il avec vous ?
- Je vais lui demander mais je ne pense pas. Il ne parle pas un mot de japonais et il voudra sûrement rester avec les Serpentard, ils ont besoin de soutient en ce moment.
- Je vous préparerais des appartements. Vous pourrez vous reposer pendant votre séjour.
- Oh je ne pense pas avoir le temps de me reposer même à Mahotokoro.
- Nous ferons en sorte que vous ayez ce temps ? Vous devez penser un peu à vous.
Gabriel lui sourit mais ne répondit pas. Il pensait à son peuple, à la guerre, mais pas à lui. Par contre, il se doutait qu'il pouvait compter sur son entourage pour le faire à sa place.
- Je vous revois mercredi alors ?
- Oui. Voulez vous que je vienne vous chercher ?
- Non, ne vous dérangez pas. Je prendrais un portoloin, j'arriverais sûrement dans la soirée.
- D'accord, je vous attendrais alors, répondit le japonais en souriant. Au revoir votre Altesse, termina-t-il en s'inclinant.
- Au revoir Mitsuaki.
Le directeur de Mahotokoro s'en alla alors laissant le père et le fils ensemble. Gabriel soupira, fatigué et Lucius passa un bras autour de ses épaules :
- Rentrons à Idylle et allons manger et nous reposer, je crois que nous l'avons bien mérité, dit-il en souriant doucement.
- Oui allons-y.
Ils sortirent alors, le palais de cristal cessant d'irradier de lumière une fois le prince ressorti. Les étoiles brillaient mais il faisait froid, le vent d'hiver s'infiltrant partout. Lucius lança un sort de réchauffe sur leurs vêtements et ils marchèrent entre les arbres, Naël ayant presque forcé son maître à grimper dans sur son dos. Ils atteignirent finalement la lisière de la forêt, à l'orée des barrières magique. Le blond les fit alors transplaner et ils réapparurent dans le hall du manoir Idylle. La musique d'accueil résonna alors. Lucius lança un tempus et s'aperçut alors qu'il était un peu plus de dix neuf heure.
- Tout le monde doit déjà être à table, remarqua-t-il. Allons nous changer et nous les rejoindrons, proposa-t-il.
Gabriel approuva et ils se remirent en route vers leurs appartements se situant côte à côte l'un de l'autre. Ils ne croisèrent personne sur le chemin et rapidement, Naël entrait dans les appartements réservés à son maître, poussant la porte de son museau. Gabriel descendit de son dos et passa quelques minutes à câliner ses trois familiers. Il leur demanda ensuite de rester sagement dans la chambre et de ne pas se balader dans le manoir. Il alla ensuite dans le dressing et se changea. Il rangea soigneusement ses riches robes, enleva ses bijoux et détacha ses cheveux. Il passa ensuite un jean bleu et une simple chemise blanche qui recouvrit ses brassards. Il mit une paire de basket noires et attacha ses cheveux en catogan. Il s'étira ensuite, bien plus à l'aise. Il attrapa la canne dont-il se servait tout les jours et sortit retrouvant son père qui l'attendait dans le couloir, lui aussi changé.
De son côté, Draco avait passé la journée avec les Serpentard. Ils avaient visité plus longuement le manoir qui était désormais leur nouvelle maison. Ils avaient même passé l'après midi au terrain de quidditch. Il faisait beau et une partie avait rapidement été lancée permettant à tout les verts et argents de se détendre enfin. Ils s'étaient baladés dans le domaine et la journée était passée relativement vite. Leur du repas du soir était arrivé et Draco commençait à se demander quand Gabriel et son père rentreraient. Le conseil durait en longueur et il se doutait que cela ne devait pas être bon signe. Il soupira de contentement en entendant la musique de bienvenue : ils étaient rentrés. Il resta cependant à table et attendit patiemment.
Il ne fallut que quelques minutes pour que Gabriel et Lucius passent la porte. Tout les regards se tournèrent vers eux et les Serpentard saluèrent leur ami de vive voix. Le jeune prince empêcha les Myrdiaël de se lever pour le saluer d'un discret signe de main et se dirigea vers sa place comme son père. Les Myrdiaël le saluèrent tout de même de respectueux signes de têtes sur son passage et les enfant agitèrent les mains dans sa direction. Il leur sourit et alla s'asseoir. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il sente la main de Draco se poser sur sa cuisse. Passant une main sous la table, il glissa ses doigts entre les siens et le blond les serra doucement. Le jeune prince soupira d'aise et regarda son petit ami avec douceur, oubliant un instant ses problèmes en se perdant dans ses yeux. Il se détendit et commença son repas.
À suivre...
Audragon
