Bonjour les personnages qui ont été dans l'ombre ! Remettre Hinata, Gaara, Sasuke, Sakura, Ino, Kankuro et d'autres sur le devant de la scène est le but de ce chapitre.

Je me suis relue il y a quelques jours. J'ai relu toute ma fic, et Oh Mon Dieu. Le début est bourré de fautes de français et de mise en page, sans parler de l'histoire... je ne me souvenais pas de nombreuses choses, et franchement, j'avais oublié à quel point cette histoire a été superficielle au départ. Les personnages ont tellement évolué dans ma tête, et j'ai l'impression qu'en quelques chapitres, l'histoire a fait un bon en avant. J'ai un peu honte du coup, mais je suis contente de ce que je fais de cette histoire désormais. Bien sûr, je me relirai à nouveau dans deux ans et serai révoltée, mais d'ici là je vais faire de mon mieux pour vous écrire une histoire qui se tient :)

Bonne lecture !

Chapitre 25 : Noms de femmes, silence et cris

« Ce soir là, chacun de nous aurait pu rencontrer la mort, d'une façon ou d'une autre. Elle nous guette, la fin, à chaque seconde. Nous ne nous en rendons juste pas compte. Un pas de travers, un mouvement brusque, une parole de trop… et la chute peut arriver. La mort est partout. Nous ne le voyons juste pas. »


Hinata fixait le ciel, au-dessus d'elle, ses pieds se balançaient lentement dans le vide. Les mains et les fesses posées sur le rebord du balcon de sa chambre, elle ne pensait pas un instant au sol qui la menaçait, en-dessous. Tout ce qui comptait, c'était cette sensation de liberté. Rien ne la retenait à son balcon, si ce n'était ses doigts et le bas de son dos. Elle aurait pu tout lâcher, et s'envoler. Loin de sa maison trop grande. Loin de ses amis trop faux. Loin de cette vie à la fois trop brillante et trop terne.

Et puis, elle se serait écrasée sur le sol.

« Est-ce que ça fait mal, la mort ? »


« Est-ce que ça fait mal, l'amour ? »

Il n'y avait jamais vraiment réfléchi. Ça lui semblait lointain et inintéressant. Mais tous ces gens autour de lui, qui semblaient souffrir parce qu'ils aimaient ou avaient aimé… Était-ce si douloureux que ça ?

Sa mère avait aimé son père. Il était mort. Elle était seule.

Hinata s'était détruite pour Naruto. Naruto aimait Sakura. Sakura ne voyait que Sasuke. Sasuke ne voyait personne. Et tous souffraient.

Lee avait aimé cet imbécile qui lui avait réduit le cœur en petits morceaux. Shikamaru et Temari étaient incapables de se rendre heureux. Lui-même se savait responsable d'une partie de ce qu'était devenue Ino.

A quoi tout cela servait ? L'amour n'était pas censé être une de ces conneries qui rendaient heureux au point d'oublier que le monde était pourri ?

Tout ça, c'était pas pour lui. Les battements de cœurs un peu trop forts, les douleurs au ventre, les regards qui dévient, comme aimantés à l'être désiré. Vouloir protéger et être protégé. Jalouser la moindre parole échangée, le moindre geste affectueux. Craindre le rejet et espérer un peu d'attention. Se laisser aller à croire que le bonheur existe vraiment. Ce n'était pas pour lui.

Alors pourquoi ça lui arrivait ?


« Les choses risquent de se compliquer. A partir de maintenant, tu vas avoir besoin de ça. »

Deidara lui avait confié l'arme comme on confie un trésor. Passionné d'armes à feu et d'explosifs, il leur donnait à toutes un nom, ce qui amusait ou agaçait ses coéquipiers. Dans le cas de Kankuro, ça l'effrayait plutôt. La sienne s'appelait Elisa. Un nom de femme pour un bout de métal qui puait la mort.

Pour qu'il lui confie sa propre arme, c'était que le groupe était sérieusement menacé. Un des membres haut-placé, Zetzu, si Kankuro avait bien retenu son nom, avait déserté, entrainant à sa poursuite un Kakuzu et un Hidan dont la mission était de le descendre. Kisame était mort, Kankuro l'avait entendu quelques jours auparavant. Overdose. Mourir avec sa propre marchandise, quelle ironie. Il restait à Tokyo Konan, Itachi, Sasori, Deidara et Pein. Les autres n'étaient que des outils, tout comme lui.

La police les traquait désormais. De nombreuses morts injustifiées prenaient place dans les cases fait-divers des journaux. Des jeunes, comme lui, revenaient parfois au restaurant avec l'air de quelqu'un qui a perdu une partie de lui. Derrière eux, un des membres principaux les accompagnait toujours, un sourire terrifiant sur les lèvres. Un mort de plus.

Pein éliminait ceux qui ne travaillaient plus pour lui. Ou leur famille. Et les rares fois où Kankuro le croisait dans les sous-sols du restaurant, le regard qu'il lui adressait signifiait clairement que sa sœur et son frère étaient aussi sur sa liste. Ce n'était qu'une question de temps.

Il livrait et vendait de nuit. Mais on ne lui avait encore jamais demandé de tuer. Cette arme servait plutôt à protéger en cas de problèmes avec la police. Mais si la police intervenait, était-il réellement prêt à appuyer sur la gâchette ?

La machine à tuer dans les mains, Kankuro fixait son canon, terrorisé. Lui qui s'était cru fort, lui qui avait pris plaisir à baigner dans l'inégalité avant de se retrouver piégé, le voilà qui se retrouvait face à la dernière limite qu'il n'avait encore pas franchi. Voler, frapper, menacer, dealer… soit.

Mais était-il capable de tuer ?


« Il y a quelques années, j'ai réalisé que j'étais différent de la majorité des garçons qui m'entouraient. Mais dans ma famille, on n'a pas le droit d'être différent. »

- Gaaraaaaa, t'en penses quoi alors ? La chemise noire ou la bleue ?

La bleue, assurément.

- J'sais pas.

Naruto s'agitait dans tous les sens depuis que Kiba leur avait annoncé qu'ils allaient en boîte ce soir-là. Il était parvenu à convaincre Gaara de passer dans sa chambre après les cours mais après une heure à jouer à la PSP, les plans avaient changé.

- C'est vendredi soir, alors on va chopper! avait ordonné Kiba.

« Je n'ai jamais rien dit. Je me disais que ça n'avait pas d'importance. Ils n'avaient pas besoin de savoir. »

- La noire c'est mieux hein ? demanda Naruto à Lee qui secoua la tête.

- La bleue !

Gaara acquiesça malgré lui.

« Mon silence a entrainé de nombreux malentendus. Des gens se haïssent par ma faute. Et je me hais tout autant que j'ai haï cette différence qui est la mienne. »

Lorsque Naruto eut enfin choisi sa tenue, ils sortirent de la chambre et rejoignirent Kiba et Shikamaru qui les attendaient dans la voiture en bas. Gaara avait décidé de venir avec eux, sans réellement savoir pourquoi. Entre revoir son frère, ou se perdre sous de la musique insupportable et des imbéciles imbibés d'alcool, il avait fait son choix.

« Celui qui m'aurait le plus haï, s'il avait su, c'est Kankuro. Je me suis tu pour lui, et je m'en retrouve à le mépriser. Comme si tout était de sa faute.»

Ils arrivèrent à la boîte où, évidemment prévenues par Naruto, les filles les attendaient. Ils se saluèrent tous avant d'entrer. Rapidement, la musique oppressa Gaara qui préféra prendre l'air. Mais il ne regrettait pas d'être venu. Ici ou ailleurs, son ressenti était le même : il étouffait.

« Ma différence et ce qu'elle a entrainé m'ont poussé à prendre de la drogue. J'ai trouvé ça bien. Puis j'ai détesté. »

- Mec, qu'est-ce que tu fous dehors ! s'exclama Kiba. Allez viens boire un coup !

Tiens, Kiba lui accordait de l'importance désormais ?

- Allez Gaara, viens ! fit Naruto, tout sourire.

- Me laisse pas être le seul sobre, soupira Shikamaru.

« La drogue a été ma nouvelle différence. Elle m'a éloigné un peu plus des autres. Je me suis senti si seul. Même ma famille me semblait loin. Si loin de moi. Je ne pouvais parler à personne. »

- Allez, on va bien te trouver un meuf ! Le genre dépressif-mystérieux ça plait.

Gaara dévisagea Kiba un instant. Puis Naruto, puis Shikamaru. Il ressentit soudain l'envie de tout dire. Non, de hurler. Ces vérités qui lui brulaient le ventre, qui rongeaient son être et le trainaient dans le silence et la souffrance.

- J'ai pas envie de rencontrer de fille, répondit-il.

« J'ai été seul trop longtemps. Désormais, il y a au moins quelques personnes qui tiennent un tant soit peu à moi. Il est temps. »

- J'aime pas les filles.

Il crut que le temps s'était arrêté. Il ressentit soudain l'envie de s'enfuir loin d'eux, loin de lui-même. Mais il ne bougea pas. Aucune émotion ne transparut sur son visage. Il ne voulait pas montrer à quel point il avait peur.

- Un conseil, le dis pas à Lee si tu veux pas qu'il te harcèle, ricana Kiba.

- C'est sérieux ? s'étouffa à moitié Naruto. J'aurais jamais cru, c'est fou !

- C'est parce que t'es con.

Shikamaru se retourna vers Gaara et déclara, presque amusé :

- Je le savais déjà.

Cette fois-ci, le masque glacial de Gaara fit place à l'étonnement.

- Je suis plus intelligent que vous, c'est normal, fit Shikamaru en haussant les épaules.

- Mais je suis son ami, j'aurais dû savoir ! râla Naruto.

- C'est tout ce que ça vous fait ? demanda finalement le roux.

- Bah moi je suis plutôt content, répondit Kiba. Un homo de plus, c'est plus de filles pour moi !

Un rire franc sortit de la bouche de Gaara. Lui-même ne se rendit pas compte que c'était la première fois qu'il riait devant eux. Mais il ressentait soudain le besoin de rire, fort. Et l'envie de crier aussi. Et de pleurer. Comme si tous ces sentiments en lui explosaient désormais.

Il suivit les garçons à l'intérieur et passa le reste de la soirée à danser sans réfléchir.

« Il y a quelques années, j'ai réalisé que j'étais différent de la majorité des garçons qui m'entouraient. Mais dans ma famille, on n'a pas le droit d'être différent. Alors je n'ai rien dit. Je me suis enfoncé dans mon silence et j'ai laissé ma différence détruire une partie de moi. Être homosexuel me paraissait un obstacle insurmontable. Il m'a fallu du temps avant de réaliser qu'aimer les hommes n'était pas un obstacle, mais simplement une partie de moi.

Un été, je suis parti en camp avec un ami. Ma sœur pensait que ça m'aiderait à m'ouvrir un peu plus. Elle avait à la fois raison et tort. J'y ai rencontré un garçon et un petit groupe de jeunes qui sont rapidement devenus des amis. Ino, la grande ennemie de ma sœur, figurait parmi eux. Je suis tombé amoureux du garçon. Jonas, un américain. Hétérosexuel. Consommateur de drogue. Nous avons flirté, plusieurs fois. Mais tout ça n'était qu'un jeu pour lui. Il a fini le camp avec Ino. Persuadé par lui, j'ai commencé la drogue. Juste une fois. Juste pour essayer. Juste pour lui plaire. Ino en a fait de même. Mais le « juste une fois » qu'elle a prononcé était réel. Pas le mien.

Le dernier jour du camp, le garçon a dit à tous ceux du dortoir que j'étais homosexuel et que j'avais tenté d'abuser de lui. Que j'étais un pd. Une tapette de merde. Que je le dégoutais. Les insultes ont plu et je suis devenu une ordure à leurs yeux. Le garçon est venu me voir, alors que je pleurais dans les toilettes et m'a donné un numéro. Il s'est excusé de m'avoir blessé et est parti.

Ce numéro était celui d'un dealer à Tokyo. C'est devenu mon dernier allié. Mon dernier lien à la vie. Le seul moyen de ne pas vomir à la face du petit pd de merde que j'étais.

Mon frère déteste les homosexuels. Il me déteste donc, sans le savoir. Raison de plus pour tenter d'oublier.

Lorsque ma sœur a tout découvert, elle m'a posé des questions. Pourquoi tu as pris ça, quelqu'un t'en a donné ? C'est au camp que ça a commencé, c'est ça ? C'est à cause de quoi ? Tu te sens mal ? C'est à cause d'une fille ? J'ai hoché la tête, sans m'arrêter. Elle a pris ça pour des oui.

« Cette fille, c'était qui ? Tu m'as dit qu'il y avait une Ino à ce camp. C'était elle ? »

Hochement de tête. Je n'en ai plus jamais parlé. Temari s'est alors persuadé qu'Ino, profitant de mes sentiments pour elle, m'avait poussé à consommer de la drogue. Elle en a nourri une haine terrible contre elle. Il fallait qu'il y ait un responsable à l'état dans lequel j'étais, il fallait qu'elle se venge sur quelqu'un.

Mais le responsable, ce n'était pas Ino. Ni même Jonas. Ni le dealer qui me vendait la drogue, ni celui qui le fournissait, ni ceux qui, loin dans leur pays, la créait. Le responsable, c'était moi.

Je suis parti en cure. Il était assez tôt pour oublier. J'ai souffert, mais moins que bien d'autres. Je suis revenu, éteint. Et je me suis entouré de silence. Un silence terrible et froid dont je ne parviens plus à m'extirper. Je veux hurler à la mort. Je veux rire comme eux. Je veux verser les larmes qui n'ont pas pu s'échapper. Je veux qu'on m'entende, qu'on entende ma vérité.

Je ne suis pas pd. Je suis pas une tapette de merde. Je ne suis pas une tafiolle, une folle, un faux-mec, une erreur de la nature, une erreur de Dieu, un monstre, une fifille, une tarlouze…

Je suis homosexuel. Et je l'accepte enfin. »

Soudain, sous la musique assourdissante, Gaara se mit à hurler. Hormis Shikamaru, personne ne le vit crier. Personne ne l'entendit. Et la musique continua, tandis que Gaara se brisait la voix. Libre.


Elle avait les cheveux blonds. Un blond platine, faux. Mais c'était sa couleur préféré. Ses yeux, verts, étaient dus à des lentilles. Mais c'était sa couleur préféré. Sa peau, mate, puait le fond de teint trop foncé. Mais c'était sa couleur préféré.

Elle dansait collée à lui, son parfum enivrant venait emplir ses narines à chacun de ses mouvements, ses mains se baladaient sur tout son corps et ses lèvres pleines n'attendaient qu'un mouvement de sa part. Il pouvait faire ce qu'il souhaitait d'elle. Et en temps normal, elle aurait fait ce qu'elle voulait de lui.

Mais il n'y arrivait pas. Elle lui plaisait et il avait envie d'elle. Mais ses yeux voulaient dévier vers Azur. Elle dansait un peu plus loin avec ses amies et il n'avait cessé de l'ignorer. Il ne voulait pas la regarder, il refusait de céder à la tentation.

Il s'était rarement trouvé aussi stupide. La fille qui se frottait à lui était ce qu'il aimait habituellement. Et là il ne parvenait même pas à profiter.

Kiba se retourna finalement. Elle le regardait. Il se figea tandis qu'elle détournait les yeux avant de rire avec Temari. Puis ce fut comme si la musique redémarrait. Il n'avait même pas réalisé que le temps de deux secondes, tout s'était éteint autour de lui. Il avait continué à danser machinalement avec la fille dont il ne connaissait même pas le nom, mais il était ailleurs.

Sans réfléchir, il l'abandonna et se dirigea vers le bar où il commanda un shot pour lui et Naruto. Il amena à son ami le sien et ils burent ensemble. Puis il sortit fumer, suivi par Temari et Shikamaru qui lui volèrent chacun une cigarette. Les deux discutèrent tranquillement devant lui, ce qui le surprit. Il n'écouta pas vraiment ce qu'ils disaient et entreprit de repérer une fille un peu plus belle que celle qu'il avait lâchement laissée. Quelques-unes attirèrent son regard, mais il ne put se décider à aller vers elles. Il alla se chercher un nouveau shot. Puis un autre. Puis un autre. Vodka. Tequila. Gin. Vodka. Tequila. Gin. Vodka. Tequila…


Sasuke avait reçu un coup de téléphone de son frère quelques heures plus tôt. Il lui avait demandé de le rejoindre au restaurant, tard dans la nuit. Sasuke avait donc dû rejeter l'invitation de Naruto et Sakura à sortir avec eux. Son frère détestait l'amener au restaurant, mais il y passait la majorité de son temps, ne rejoignant son appartement que rarement. Son petit frère le suspectait même d'y résider désormais, préférant ne pas prendre le risque de retourner chez lui, là où peut-être quelques policiers l'attendaient.

- Salut, assieds-toi, lui ordonna Itachi lorsqu'il arriva dans l'habituelle salle sombre.

Il obéit et constata, surpris, qu'il n'y avait personne d'autre.

- L'étau se resserre, certains sont morts, d'autres se sont enfuis, déclara Itachi, comme pour lui répondre. La police se rapproche du but. Mais Pein fait ce qu'il faut. Ils ne nous auront pas.

- Comment peux-tu en être certain ? demanda Sasuke. Tous ces morts dans les journaux, tous ces articles qui parlent d'un groupe de trafiquants… Ils ne s'imaginent pas une seconde de l'ampleur des choses, mais ils obtiennent de plus en plus d'informations.

- Pein s'occupe de tarir leurs sources. Qui sont ces morts, d'après toi ? C'est pour ça que je t'ai appelé.

Sasuke fronça les sourcils : il savait que Kankuro et sa famille étaient liés au groupe de malfrats. Il espérait qu'ils n'étaient pas en danger.

- Tu représentes un danger à ses yeux. Il semblerait qu'ils s'intéressent à moi. Ils ont fouillé mon appartement il y a quelques jours, devant moi. Je suis bon comédien et je ne laisse jamais rien de compromettant chez moi… mais toi…

- Je ne leur dirai jamais rien, l'interrompit Sasuke, agacé. Tu es mon fr…

- Je le sais. Mais Pein non. Je suis parvenu à te protéger…

- Me protéger ? De quoi ? Il voulait me faire tuer ?

- La mort de mon frère aurait été trop louche, c'est ce que j'ai dit à Pein. Ils m'auraient interpellé.

Sasuke crut halluciner : voilà que sa vie était en danger !

- Je dois te prévenir : tu dois t'attendre à ce qu'ils viennent t'interroger sur moi. Tu leur répondras que nous n'avons plus vraiment de contact. Je te verse de l'argent pour que tu subviennes à tes besoins, tu ne sais pas comment je le gagne, et tu t'en moques car nous sommes en mauvais termes. Tu ne sais rien, d'accord ?

- D'accord.

- Tu as peur ?

- Non, répondit Sasuke sans hésiter.

- C'est bien. Ils ne peuvent rien contre nous. Nous savons tout avant eux, nous sommes trop nombreux et trop forts. Tant que tu garderas le silence, tout ira bien.


« Ils ne peuvent rien contre nous. »

C'était ce qu'Itachi répétait depuis quelques jours. La police est faible, ignorante et incapable. Nous sommes bien plus malins, bien plus intelligents. Et nous n'avons pas peur de tirer. Tuer ne nous fait pas peur.

Tuer ne faisait pas peur à Deidara. Si bien que lorsque les policiers brandirent leurs armes sur lui et Sasori, il n'hésita pas à faire feu. Il se cacha derrière la voiture où ils devaient transporter la marchandise et laissa sa main faire le travail. Combien d'hommes et de femmes avait-il tués ? Un ? Deux ? Trois ? Plus ? Peu importait. Ils devaient s'en sortir.

« Ils ne peuvent rien contre nous. »

Comment avaient-ils su que la livraison se ferait ici ? Le livreur les avait-il informés ? Il avait subitement disparu après l'attaque.

Derrière lui, Sasori tirait aussi, toujours aussi calme. Comment pouvait-il ne pas paniquer ? Deidara ressentait un mélange d'excitation et d'effroi. Non il n'avait pas peur de tuer. Mais mourir, il n'y avait jamais réellement songé. Tout s'était toujours plus ou moins passé comme prévu. Ses armes l'avaient toujours protégé.

Léa était vide. Il la jeta au sol et s'empara d'Iris, un joli revolver qu'il affectionnait particulièrement. Balle après balle, elle tentait de le sauver, détonation après détonation.

Et puis, ce fut le déchirement. Une douleur aiguë qui traversa sa poitrine. Il se retourna, le regard trouble, Iris dans la main. On lui avait tiré dans le dos.

Iris tomba au sol, puis ce fut son tour. Sa tête cogna le béton et son cœur cessa de battre.

Peu de temps après, Sasori fut désarmé et arrêté. L'homme lança un regard à son ancien collègue, allongé au milieu d'une mare pourpre.

« Ils ne peuvent rien contre nous. »


- Danse avec moi.

Azur lança un regard stupéfait à Kiba. Mais elle le laissa faire. Plutôt que de danser, il la serra contre lui et remua maladroitement. Il était complétement ivre. Temari lui lança un regard interrogateur et Azur leva les mains au ciel, l'air de dire qu'elle ne savait pas ce qui se passait.

- Mon père me manque, déclara Kiba à l'oreille d'Azur. Y'a qu'à toi que je peux le dire.

Elle sentit son cœur se serrer. Elle le prit alors aussi dans ses bras, sans vraiment réfléchir.

- Je sais.

Un peu à l'écart, Temari observait la scène, consternée. Shikamaru la rejoignit, un air amusé sur le visage. Il s'approcha de son oreille.

- Ça te plait pas du tout, remarqua-t-il.

Temari se pencha vers lui pour que sa voix couvre le son de la musique :

- Il va la foutre en l'air !

- Peut-être pas, fit-il en haussant les épaules. Il est tellement ivre qu'il doit se tenir à elle pour pas tomber, je crois pas qu'il soit très dangereux.

- Si c'est pas ce soir, ça sera une autre fois, maugréa Temari.

- Je pense qu'ils sont assez grands pour qu'on les laisse gérer tous seuls.

- C'est le mec qui a aidé Kiba à sauter mon amie qui dit ça !

- J'admire la capacité de Tenten à garder des secrets.

- C'est Tenten, fallait réfléchir !

Ils échangèrent un sourire avant de partir fumer dehors. Quelques secondes plus tard, Kiba et Azur s'embrassaient au milieu des autres jeunes qui dansaient. Ils n'étaient que deux jeunes parmi tous les autres, happés par l'émotion de l'instant. Un mélange de joie, d'envie et de peur.


Ino raccrocha le téléphone. Elle se tourna vers son père, s'attendant à ce qu'il lui demande ce dont il s'agissait, mais il ne lui adressa pas un mot. Toujours ce même silence. Elle retourna alors dans sa chambre, sans rien dire.

Un photographe avec qui elle avait travaillé partait pour les Etats-Unis et voulait l'emmener avec lui. Il était persuadé qu'ils y rencontreraient le succès et qu'elle avait le potentiel pour se faire engager par une agence. Ça lui paraissait complétement fou, elle était déjà trop vieille, et lui n'était connu qu'au Japon, alors pourquoi prendre le risque de partir ?

L'idée était pourtant tentante : partir de Tokyo, loin de cet environnement qu'il l'oppressait et tout recommencer dans un nouveau pays. Mais elle ne s'en sentait pas le courage : il y avait encore quelque chose qui la retenait ici, sans qu'elle ne puisse dire quoi.


Il était dix heures du matin lorsque Shikaku Nara et son équipier de la police de Tokyo arrivèrent à Inuchi. En ce dimanche, la cour était vide, si bien qu'ils purent se rendre rapidement à l'intérieur.

Si son fils avait été au courant du lieu où son enquête le menait, quelle réaction aurait-il eue ? Le connaissant, Shikaku était prêt à parier qu'il serait resté de marbre. La démonstration d'émotions n'était pas le fort des Nara. La communication non plus. Si bien qu'en bon policier responsable, il n'avait pas dit à son fils qu'un des résidents d'Inuchi était lié à un réseau de trafiquants de stupéfiants qu'ils tentaient de démembrer. Petit à petit, ils remontaient au responsable de toutes ces morts. A celui qui, par le biais des hommes et femmes qu'il envoyait faire le sale travail, avait donné la mort à tous ces innocents et tous ces policiers. La veille, en attrapant un dealer et en tuant un autre, sa brigade avait perdu pas moins de quatre hommes et une femme. Il était temps que cela cesse. L'un des dealers, qui se faisait appeler Sasori et dont la véritable identité était impossible à trouver, refusait de parler… pour l'instant. Mais Shikaku était certain qu'ils parviendraient à obtenir ce qu'ils voulaient de lui. En attendant ce moment, une nouvelle piste s'était offerte à eux lorsqu'ils avaient découvert qu'un des suspects avait un petit frère sur Tokyo. Et il n'allait pas se faire prier pour l'examiner.

- Allez au secrétariat, il doit y avoir quelqu'un qui reste le week-end pour s'occuper des résidants. Annoncez-lui que nous souhaitons parler à l'élève Sasuke Uchiwa.


Mon dieu que c'est dur d'amener un début d'histoire « d'amour » quand on a passé l'histoire à éviter l'amour cucul. Ce qui se passe, c'est un flirt comme un autre. Ceux qui sortent en boîte ont sûrement connu ça : un peu d'alcool, un peu d'attirance et de hasard, et hop, le flirt se passe. Dans ce cas, ça faisait un moment que ça devait se passer, il fallait juste que l'instant arrive. C'est la façon dont ça va évoluer qui est intéressante : ça peut être un flirt parmi tant d'autres, ça peut être le début de quelque chose, ou ça peut les éloigner brusquement. ( Ou bien ça peut être le début de la fiiiiiiiiiiiiin ( musique dramatique, tintiiiiiiin))

Le passage sur Gaara a été sur émouvant à écrire, vous savez enfin tout :) Certains s'en étaient doutés, chapeau ! A ceux qui s'imaginent que parce qu'il est aussi homo, il va finir avec Lee, ne rêvez pas : ils feraient un couple affreux!

L'histoire sur l'Akatsuki prend de plus en plus d'ampleur, et ça ne va pas s'arrêter. C'est assez passionnant ce coté thriller ahah, ce n'était pas totalement prévu à vrai dire, ça devait rester une histoire de fond, mais au final ça rend l'histoire plus sombre et plus intéressante à écrire. D'ailleurs vous ressentez peut-être le gros changement de ton de l'histoire. Ça va continuer dans ce sens en fait. On est au bord du drame, d'ici une dizaine de chapitres tout sera fini :)

A votre avis, à ce stade de l'histoire, qui est la ou le mort/e qui parle au début de l'histoire ? Qui va perdre la vie ? :3 A votre place, j'aurais de nombreuses idées. Vu la merde dans laquelle la plupart sont avec l'histoire des dealers, plus l'état dépressif de certains, ça peut être un peu tout le monde au fond.

J'espère que vous avez aimé en tout cas, merci de continuer à me suivre, ça me touche beaucoup ! Gros bisous :)