Bonjour à tous ! Je suis de retour avec le chapitre suivant que j'ai essayé de publier le plus rapidement que possible afin de ne pas trop vous faire languir même si je peux comprendre que le temps vous est paru long depuis dimanche.
Sylvie Oversteyns : Tu ne vas pas plus apprécier Camille dans ce chapitre...ça va être pire je pense... je m'en excuse d'avance !
Shaniice : Tu as raison Camille risque de finir par tout perdre mais c'est ce qui arrive quand on sème le mal, on finit seul. Concernant super bébé, eh oui il s'accroche ! Ce serait trop facile sinon. Concernant la plainte d'Alec oui ce serait triste mais je pense que d'une manière ou d'une autre justice lui sera rendu !
Jonginwankenobi : Hello ! Un énorme merci pour ta review qui m'a fait extrêmement plaisir ! Je suis ravie que ma Fic te plaise et espère que la suite te plaira tout autant ! A bientôt ;)
Nagron : Ah ah ! J'ai pu enfin te surprendre ! Une petite victoire pour moi-même si tu avais deviné pour le chantage de Camille alias la folle de service ;)
Caladhiel91 : Coucou ! Alors je m'excuse, ce n'était pas volontaire de finir le week-end sur ce chapitre mais je n'ai pas eu le temps d'écrire la suite plus rapidement j'espère ne pas t'avoir trop frustré. Camille est trop empêtrée dans sa vengeance et sa folie pour réaliser quoique ce soit concernant ses sentiments...on espère que Rafael pourra l'aider à ouvrir les yeux !
Attention ! Le PDV de Camille est quelque peu morbide mais je tiens à vous rappeler que c'est une fiction et que ce personnage est clairement dérangé, je compte sur vous afin de lire ce passage avec beaucoup de recul.
Chapitre 25
PDV Rafael
Cela faisait très exactement seize heures que j'avais envoyé la vidéo et les photos à Camille et pas un signe d'elle. J'avais attendu patiemment qu'elle me contact, je m'étais même préparé psychologiquement à subir sa colère, sa frustration et sa tristesse avant de pouvoir enfin la prendre dans mes bras pour la réconforter. Oui, j'avais pensé à tout sauf à son silence. J'allai dans la salle de bain afin de me préparer pour ma première heure de cours quand mon téléphone laissé dans le salon se mit à sonner, pensant que ça pourrait être Camille, je me précipitai afin de décrocher sans prendre le temps de vérifier l'identité de l'appelant.
« Ciao ! » dis-je légèrement essoufflé.
« Ciao mio fligio ». Une légère pointe de déception m'envahi.
« Papa ! Quelle bonne surprise...tu ne m'appelles pas si tôt habituellement » dis-je faussement enjoué.
« C'est vrai mais j'ai des informations importantes à te communiquer avant d'entrer en réunion. La demande de test de paternité a été validée, le juge me devait une petite faveur, les documents partiront aujourd'hui ».
« Merci père, Camille sera ravie de l'apprendre » dis-je alors que moi je m'en moquais royalement.
« Oui...à propos, as-tu eu de ses nouvelles récemment ? » Je fronçai les sourcils, cette question n'était pas anodine, je le sentais.
« Pas depuis samedi...pourquoi ?»
« Je me doutais bien que tu n'avais pas encore appris la nouvelle. Valentin m'a appelé tôt ce matin et il m'a dit que Camille avait eu un accident de voiture hier en fin de journée, elle va bien rassure-toi, elle est sortie d'affaire mais est encore hospitalisée ». Niveau ascenseur émotionnel, mon père m'avait gâté, je mis une minute à digérer la nouvelle, Camille... accident...sortie d'affaire. Mon cerveau semblait s'être mis au ralenti.
« Fils ? » Mon père à l'autre bout du fil attendait une réaction de ma part
« Euh oui père...merci de me prévenir, j'irais à l'hôpital dans la journée » dis-je.
Je comprenais mieux la raison de son silence...si ça se trouve elle n'avait même pas encore lu le mail...néanmoins je me demandais ce qui avait bien pu se passer, Camille est une bonne conductrice...je m'apprêtais à demander à mon père plus d'informations quand ce dernier me devança.
« Rafael, je sais que tu tiens à Camille et que tu ne vas pas apprécier ce que je vais te dire mais tu es mon fils et il est de mon devoir de te dire les choses ». Super pensais-je...une leçon de moral des 8h du matin.
« Papa...s'il te plait » dis-je en soupirant.
« Non Rafael, tu vas m'écouter ! » Dit-il sur un ton qui ne donnait absolument pas envie de rétorquer, je le connaissais que trop bien, c'est le même qu'il utilisait dans ses négociations d'affaires. « Valentin est dans tous ses états, les médecins lui ont dit que Camille avait 0,76 g d'alcool dans le sang...elle a bu alors qu'elle est enceinte, elle a pris le volant et a failli se tuer, la dernière fois c'était la consommation de drogue ! En passant j'espère que ce n'est pas toi qui le lui avait fourni car nous avons une réputation à tenir, tu connais les règles, nous ne pouvons pas nous permettre d'agir bêtement et d'attirer l'attention. Nous sommes censés être discret et gérer nos affaires dans l'ombre. Si la familia en Italie venait à apprendre ce qui se passe ici, ce serait fini pour Valentin. Depuis la mort de Cara, il est sur la select, il a perdu sa fougue, seul son travail de diplomate l'importe et la familia commence à se méfier de sa loyauté. Camille est en train de faire n'importe quoi, elle est suicidaire comme sa mère et si on ne fait pas ce qu'il faut, elle suivra le même chemin. Mon fils, je ne veux pas qu'elle t'entraine dans sa chute, tu comprends ? ».
Je soupirai, ce n'était pas la première fois que mon père me m'était en garde et j'admets que je ne comprenais pas pourquoi elle avait fait une chose aussi stupide, c'est derniers temps elle faisait tout pour que le bébé soit en bonne santé, c'était même devenu obsessionnel car elle le voyait comme son ticket gagnant pour reconquérir BANE...ah moins que...oh merde, elle avait peut-être lu mon mail finalement...tout ceci était donc de ma faute. J'avais encore merdé, je pensais connaitre Camille par cœur, je pensais pouvoir anticiper ses réactions mais visiblement je m'étais encore fourvoyé...si j'avais su qu'elle se mettrait autant en danger, j'aurais procédé différemment. La culpabilité refaisait surface.
« Papa, je vais m'occuper de Camille, ne t'en fait pas ». De plus que maintenant, j'avais beaucoup à me faire pardonner pensais-je intérieurement.
« Tu es aveuglé par l'amour mon fils. Ne te m'éprends pas sur mes intentions, Camille est comme une fille pour moi, je l'ai vu naître puis grandir mais il est hors de question que je te laisse gâcher ta vie à ton tour, j'ai des projets pour toi, un avenir brillant t'attend si tu fais les bons choix. Valentin a programmé des séances avec une psychologue très renommée mais il craint qu'elle ne refuse d'y aller. Je lui ai dit que tu appuieras sa décision et que tu la convaincras que c'est pour son bien. Écoute mon fils, elle a besoin de soin et si tu tiens vraiment à elle tu prendras la bonne décision ».
Une psychologue...ça avait commencé comme ça avec sa mère et après chaque séance j'avais l'impression que son état empirait...j'étais convaincu que Camille en gardait le même souvenir, elle n'allait pas accepter aussi facilement.
« Je vais essayer » dis-je sans le penser, ce que mon père a dû percevoir car il enchaina.
« La situation est sérieuse Rafael ! Si Camille fait trop d'esclandres les gens commenceront à s'intéresser à elle, puis à nous. C'est déjà le cas à l'hôpital, les services sociaux ont posés des questions à Valentin mais heureusement pour lui, Camille est majeure. Je suis sûr que ça ne les empêcherait pas de venir tout de même fouiner et tu sais ce qu'on sera obligé de faire n'est-ce pas ? » Oui, une seule fin était possible quand on se mêlait des affaires de la familia.
« Pourquoi ne pas faire comme d'habitude et soudoyer le directeur ou le chef de service ? Ils plient tous devant le fric ces insectes » dis-je avec amertume. Certes, ce qu'on faisait n'était pas légal mais nous au moins personne ne nous achetait comme de la vulgaire marchandise.
« Valentin et moi n'allons pas passer notre vie à réparer systématiquement vos conneries ! Il est temps de grandir ! » s'énerva-t-il « Nous sommes censés vous préparer à entrer dans le milieu et un jour qui sait reprendre l'empire ! Je ne te le répèterais pas Rafael, tu as intérêt à faire en sorte que Camille reste sous contrôle et quelle aille à ses séances autrement ce sera l'internement de force ». Je restai choqué.
« Quoi ? Tu n'es pas sérieux ! Jamais Valentin accepterait ça ! » m'exclamais-je.
« Il n'aura pas le choix...tu sais que ce ne sera pas à nous de décider si elle devenait un danger » me dit-il le ton grave. C'était la douche froide « La réunion va démarrer, je dois y aller » achevât-il.
« Ok...ciao Papa... » dis-je encore sous le choc. J'essayais de rassembler mes esprits, ils n'oseraient tout même pas l'interner comme une folle alliée ! C'était l'une des nôtres ! Je ne laisserai pas ça se produire pensais-je bien décidé à faire ce qu'il faut.
« Ciao fils » me dit mon père. J'avais presqu'oublié que je n'avais pas encore raccroché. « Une dernière chose, je ne veux pas que tu sèches les cours pour te rendre à l'hôpital, tu iras après, Camille sera toujours là. N'oublie pas que tous les métiers sont vils mais que... ».
« ...seuls les études sont nobles » récitais-je blasé. Il était presqu'obsédé par ça, il n'envisageait pas une seule seconde que je puisse échouer. « Oui je sais papa. Ciao » dis-je en raccrochant. Je me laissai tomber sur mon canapé, dépité.
Cette conversation de si bon matin avec mon père m'avait lessivé mais également ouvert les yeux en quelques sortes. Empêtrée dans son obsession pour BANE, Camille ne réalisait pas la portée que pourrait avoir ses actes. Je priais afin de pouvoir lui faire entendre raison et éviter que nos petites guerres ne prennent une telle ampleur que nos parents devront s'en mêler...ce qui ne serait bon pour personne.
PDV Alec
Assis sur le lit de Max, la mine froncée, je fixais mon téléphone. Je m'étais réveillé de bonne heure et pour être honnête, je n'avais jamais été aussi impatient d'aller au lycée. C'était le grand retour pour moi, j'étais heureux de pouvoir reprendre petit à petit le cours normal de ma vie mais ce matin une ombre noircissait le tableau. Comme promis Magnus m'avait envoyé un message en rentrant de l'hôpital, message que j'avais lu et relu une bonne dizaine de fois à mon réveil. À chaque lecture c'était le même frisson de peur et d'inquiétude qui m'envahissait.
De Mag's : Mon Amour...je suis de retour de l'hôpital...Camille s'en sort, le bébé aussi mais je ne me suis jamais senti autant brisé.
Pris de panique, je l'ai appelé immédiatement mais rien, son téléphone était éteint. J'avais donc appelé Clary qui par chance était déjà réveillée. Elle m'avait rassuré en me disant qu'il dormait encore...évidemment il n'était que cinq heures du matin à ce moment-là et sachant qu'il était rentré à plus de minuit ce n'était pas surprenant. J'avais juste besoin de m'assurer qu'il était bien chez lui, en sécurité et en vie. J'y avais longuement réfléchi et en avais conclu qu'il s'était passé quelque chose à l'hôpital...ma main à couper que cette petite garce de Camille n'était pas innocente dans tout ça. Même à l'article de la mort elle continuerait à lui pourrir la vie et ça me rendait complètement dingue, je la détestais de plus en plus chaque jour.
« Salut Frangin, tu te rends au lycée avec Mag's ou tu viens avec nous ? Je passe prendre Clary ». Jace, prêt à partir avait déjà son sac sur le dos. J'avoue que je ne savais pas trop quoi lui répondre, je n'avais pas eu de nouvelle depuis le message étrange du coup je ne savais pas s'il passerait me prendre pour le lycée.
« Clary n'y pas avec lui ? » lui demandais-je. Habituellement c'est Magnus qui l'emmenait...bon en réalité je m'en moquais un peu, j'espérais juste avoir un indice de ce qui pouvait bien se passer avec lui.
« Pour rien en particulier, c'est ma petite-amie, j'ai la voiture de papa donc je passe la prendre c'est tout. Alors tu viens ou pas ? » me pressa-t-il.
« Non, je vais attendre Mag's. Et Izzy ? » lui demandais-je.
« Elle est déjà partie avec Maman » me dit-il « elle avait un atelier de bonne heure ce matin ».
« Ok, on se voit tout à l'heure dans ce cas » lui dis-je avec un petit sourire forcé. Je n'arrêtais pas de penser à Magnus, j'avais l'estomac noué et je détestais l'idée de ne pas pouvoir être présent pour lui. Sans ce fichu plâtre, j'aurais débarqué dans sa chambre et exigé des explications depuis belles lurettes. Jace me fit un petit signe de la tête et quitta la chambre de Max avant de revenir en courant quelques secondes plus tard.
« Quel timing, Mag's vient d'arriver ! Tu veux que je t'aide à prendre tes affaires ? » me demanda-t-il.
A ces mots un poids s'enleva de mes épaules. J'étais soulagé qu'il soit là mais il fallait que j'aie une petite discussion avec lui et le trajet jusqu'au lycée ne me semblait pas suffisant. La maison était pratiquement déserte, Max et mon père dormaient surement encore, ils étaient rentrés tard la veille à cause d'un tournoi.
« Peux-tu lui dire d'entrer s'il te plait ? Il y a un truc que j'aimerais lui montrer avant qu'on ne se mette en route » dis-je à mon frère en essayant de prendre un air détaché.
« D'accord je lui dis, à plus frangin » me dit-il en repartant à toute vitesse. De toute évidence...il était plus qu'impatient de retrouver Clary.
Je pris une profonde inspiration et tentai de faire redescendre mon rythme cardiaque. J'entendis des pas se rapprocher, mon cœur s'accéléra de nouveau réduisant à néant le peu de calme que j'avais essayé de me procurer une minute plus tôt. Mag's apparu dans l'encadrement de la porte, comme d'habitude il était à couper le souffle. Jean noir, veste en cuir, boots aux pieds, yeux sublimés par du khôl, cheveux gélifiés qui pointaient fièrement de tous les côtés, son look « bad boy » d'aujourd'hui lui allait à merveille. J'en oubliais presque la raison initiale pour laquelle je lui avais demandé de venir. Doucement, il s'approcha et s'assit à mes côtés sur le lit. Sans un mot, il me prit la main et se mit à me la caresser lentement, allant de mon poignet en passant par ma paume, puis mes doigts, c'était comme s'il me touchait pour la première fois, il répétait ses gestes avec douceur et légèreté. Perdu dans ses pensées, il s'amusait à entremêler nos doigts puis à les séparer avant de recommencer, je le regardais faire troublé et en même temps fasciné, il était tellement beau, les yeux perdus dans le vague, les lèvres légèrement entre ouverte. Il ferma les yeux un instant et pris une profonde inspiration. Il n'avait toujours pas dit un mot depuis qu'il était entré ce qui était plus qu'étrange. A contre cœur, je me décidai à briser le silence et ce moment si particulier...
« Tu sais pourquoi je t'ai demandé de venir n'est-ce pas » lui dis-je presqu'en chuchotant. J'avais l'impression que les mots n'avaient pas leur place dans cette bulle d'intimité que nous avions créé malgré nous. Il ouvrit les yeux.
« Mon SMS je présume » me dit-il en évitant de me regarder. Ses doigts continuaient leur exploration quand tout à coup, il approcha ma main de ses lèvres et déposa un baiser au creux de mon poignet. Je fondais littéralement à chaque fois qu'il faisait...mes idées s'embrouillaient...qu'est-ce que je disais déjà ? Ah oui, le SMS...concentre-toi ! M'ordonnais-je intérieurement.
« Que...que s'est-il passé à l'hôpital ? Je vois bien que ça ne va pas...et ce message...Bébé parle-moi, ça fait des heures que je suis mort d'inquiétude ». Il me regarda enfin.
« Je ne voulais pas t'inquiéter, je te prie de m'excuser...je n'ai pas réfléchi en t'écrivant ce SMS » me dit-il sincèrement.
« Et tu n'as pas à le faire, tu sais qu'on peut tout se dire, tout ce qui nous passe par l'esprit de bon ou de mauvais, il n'y a pas de secret entre nous ni de sujet tabou alors dis-moi ce qui se passe...C'est Camille n'est-ce pas ? » Il referma les yeux et se laissa tomber sur le lit, on dirait qu'il portait le poids du monde sur ses épaules. Je restai là sans bouger, lui laissant le temps et l'espace nécessaire afin qu'il se sente prêt à me parler de ce qui n'allait pas. A mon grand étonnement, il tira légèrement sur la manche de mon pull et m'incita à m'allonger à ses côtés, il me prit immédiatement dans ses bras. Je ne pus empêcher un petit sourire de satisfaction se dessiner sur mon visage, être dans ses bras était la meilleure place au monde.
« Te souviens-tu de toutes les fois où je t'ai dit que je t'aimais et que je n'imaginais pas ma vie sans toi ? » me demanda-t-il.
Je ne savais pas trop comment interpréter sa question, je mettais mis à tout sur-analyser comme à mon habitude quand je commençais à stresser, progressivement une drôle de sensation m'envahissait.
« Oui...bien sûr » dis-je d'une petite voix mal assurée. Il m'embrassa les cheveux ce qui m'apaisa un peu mais ne chassa pas pour autant ce sentiment de malaise qui m'oppressait de plus en plus.
« Je l'ai toujours pensé » dit-il « mais hier soir, j'ai réalisé à quel point cette vérité était absolue et authentique. J'ai compris à quel point je ne souhaite pas savoir ce que ça fait que de vivre dans un monde où tu n'y serais pas, un monde où tu ne serais pas comme en cet instant blotti dans mes bras ». Il marqua une pause. Mon rythme cardiaque s'était dangereusement accéléré, j'étais convaincu qu'il ressentait chacune de mes pulsations. Après une minute interminable Mag's se décida enfin à reprendre son récit.
« Rafael a tout raconté à Camille pour nous...pour notre relation, ce qui était hautement prévisible et je savais que sa réaction à cette nouvelle risquait d'être violente mais là...je ne m'attendais pas à ce qu'elle utilise sa grossesse comme une arme. Elle est décidée à me briser au plus profond de mon être en m'obligeant à choisir entre la vie du bébé et toi... l'amour de ma vie. ...elle m'a donné 24 heures pour rompre où clairement elle n'hésiterait pas à... ».
Mag's n'eut pas la force de terminer sa phrase mais j'avais compris. Sa voix se brisa, la gorge nouée par le chagrin, il libéra enfin les larmes qu'ils retenaient depuis son arrivée...ou peut-être même depuis hier soir. Contrairement à ce que j'aurais pu penser je n'étais pas triste mais en colère...Camille méritait l'hôpital psychiatrique, elle était folle allié et j'étais bien décidé à me battre avec mes propres armes désormais, ça en était assez, fille de mafieux ou pas il était hors de question qu'elle continue à faire souffrir Magnus d'une part et qu'elle brise notre relation d'une autre...jamais...mais comment protéger le bébé et ne pas faire de lui un dommage collatéral ? J'avais bien compris ce qui anéantissait Mag's au fil des heures, des minutes et des secondes qui passaient, il m'avait choisi moi mais l'idée qu'il était en train de signer l'arrêt de mort du bébé à cause de ce choix lui était insupportable. Il était déchiré et au fond je savais que même s'il m'aimait d'un amour inconditionnel et sincère, si Camille m'était réellement sa menace à exécution, je le perdrais d'une manière ou d'une autre. Il ne se le pardonnerait jamais et ne serait plus que l'ombre de lui-même...il n'y avait pas de bon ou de mauvais choix, les deux conduisaient inéluctablement à une fin atroce où la souffrance ne nous épargnerait ni l'un ni l'autre.
Magnus me tenait toujours fermement dans ses bras, il s'accrochait à moi comme à une bouée de sauvetage, je pouvais sentir toute sa détresse à travers ce geste. Il avait besoin de moi plus que jamais et cette fois j'étais bien décidé à être fort pour nous deux comme il l'avait souvent été pour nous, c'était à mon tour de nous sauver.
PDV Camille
Huit longues heures heures s'étaient écoulées depuis le début de l'ultimatum. Magnus était coincé, il n'aura pas d'autre choix que de rompre avec ce cher Alec s'il veut sauver son fils ou sa fille. Enfin j'allais avoir ma victoire et ma vengeance ! Ce sentiment me rendait totalement extatique. Je n'en avais rien à foutre des moyens utilisés, j'étais prête à tout pour arriver à mes fins et même à mourir.
La mort ne m'avait jamais effrayé. Gamine, quand j'ai découvert le cadavre de ma mère, au début j'ai été choqué puis triste mais je n'ai jamais versé une seule larme. Je me souviens l'avoir trouvé plus heureuse... comme apaisée, alors je me suis dit que si c'était ça mourir ce n'était pas si terrible. Il y a longtemps que j'ai accepté que la mort faisait partie de la vie. Pendant toute mon enfance, je savais que mon père s'adonnait à des activités pas très catholique et illégales mais il a toujours essayé de me préserver de tout ça jusqu'à ce que je grandisse et que je sois prête à faire allégeance et à rejoindre les affaires familiales. Notre avenir à Rafael et à moi était tout tracé et nous savons que nous serons amenés à côtoyer la mort, la violence et les armes au quotidien alors oui, je n'avais pas peur, rien ne m'effrayait. J'étais comme déshumanisé, la dernière fois que j'ai ressenti de l'amour c'était pour Magnus et je peux vous dire qu'il était intense, obsessionnel et auto destructeur. J'avais conscience de tout ça mais ça me plaisait, c'était mon côté sadique. Petit à petit cette amour c'était transformé en haine mais jamais je ne l'admettrai car les gens me prendraient pour une taré. Prétexter que je faisais tout ça par amour passait mieux, ça m'excusait en quelque sorte car par amour l'être humain était prêt à commettre l'irréparable comme ôter la vie à son propre enfant.
Perdu dans mes pensées, je ne vis pas qu'il y avait quelqu'un qui m'observait sur le pas de la porte. C'était Rafael. Il se tenait là, mal à l'aise et je savais pourquoi...le mail c'était lui, le commentaire de Magnus m'avait fait comprendre immédiatement. Le traite sortait enfin de son trou pensais-je.
« Qu'est-ce que tu fou là ? » lui demandais-je d'un ton cassant « je ne veux plus jamais te revoir ». Faisant comme si je n'avais rien dit, il s'avança et s'assis sur le fauteuil attenant à mon lit d'hôpital.
« Camille, tu ne peux pas me reprocher d'avoir tout tenter pour te faire entendre raison. Ça fait des jours que j'essayais de te dire la vérité mais tu ne voulais rien entendre alors... »
« Alors tu t'es dit que tu allais monter un plan CONTRE MOI ! Jamais on avait franchi cette limite, ça a toujours été nous deux contre le monde et jamais l'un contre l'autre, tu m'as trahi et je n'ai plus confiance en toi alors tu peux t'en aller »
« Camille, je t'en prie, il faut que tu m'écoute...tes actes ont des répercussions plus grandes que ta petite vendetta contre Magnus et Alec, mon père s'inquiète, tu mets le tiens dans une position délicate, ce n'est pas bon pour nos affaires si tu attires trop l'attention sur toi. C'est la deuxième fois que tu te retrouves à l'hôpital en l'espace de quatre semaines. Tu sais que ton dossier médical peut jouer contre toi à tout moment ».
« Tu n'es qu'un lâche Rafael, moi je n'ai peur de rien et de personne pas même de la mort. » lui dis-je ne le regardant droit dans les yeux. L'espace d'une seconde, je vis que je l'avais choqué mais il reprit rapidement contenance et soupira.
« Camille qu'est ce qui se passe ? Je ne t'ai jamais vu agir ainsi... certes on a toujours fait nos petites manigances contre les autres mais là c'est à toi que tu fais du mal...je t'en supplie...je ne veux pas te perdre, il faut que tu te reprennes, la vie vaut la peine d'être vécue, tu portes la vie en toi, ça ne signifie donc rien ?».
« Non RIEN ! » hurlais-je ! « Il n'y a que ce bébé qui vous intéresse ! Qui intéresse Magnus ! Je l'ai perdu Rafael tu entends ! Tant de haine dans ses yeux quand il me regarde, tant de dégoût je sais que jamais il ne reviendra avec moi et tu sais quoi je m'en fous ! Désormais, je veux qu'il souffre alors j'ai décidé de frapper pour faire mal ! Avec Alec ça n'a pas fonctionné mais avec le bébé ça fonctionnera, il me servira au moins à ça ce parasite que je porte, à détruire Magnus ».
PDV Rafael
Camille me glaçait le sang, une lueur brillant de folie animait son regard, elle avait accepté sa part d'ombre et la laissait peu à peu prendre entièrement possession d'elle. Son regard me ramena sept ans en arrière. C'était le lendemain de l'enterrement de sa mère, On se baladait dans le jardin quand on tomba sur un petit oisillon blessé, j'avais proposé à Camille qu'on l'emmène à l'intérieur pour le soigner mais elle n'avait pas voulu, et s'était même moqué de moi. Elle avait pris une pierre et s'était attelée à l'achever. J'étais sous le choc mais ce qui m'inquiéta à ce moment ce fut son regard...elle semblait prendre plaisir à ça. Plus tard en grandissant, je me suis dit que c'était normal car nous faisons partie d'une famille de la mafia, peut-être que c'était en nous. Je finis par réaliser ce que Camille venait de me dire sur le bébé mais n'était pas certain d'avoir bien interprété.
« Camille...que vas-tu faire avec cet enfant que tu portes ? Je ne suis pas certain d'avoir tout compris » lui demandais-je sur mes gardes. Elle se mit à ricaner de manière méprisante.
« Le faire disparaitre voyons...il représente l'innocence. Magnus a toujours eu un faible pour les plus faible, les plus démuni puis cerise sur le gâteau c'est son enfant alors je lui ai donné 24h pour quitter Lightwood ou alors finis...plus de bébé et il aura du sang sur ses jolies mains de pianiste, mon sang et celui de son gamin. J'ai prévu de laisser une jolie lettre à Papa qui l'incriminera dans les détails, la familia se chargera de venger ma mort et celle de leur descendance. Ce sera parfait ». Elle recommença à rire diaboliquement. J'étais tétanisé...et si son plan fonctionnait ? Je la perdrais pour toujours...non je refusais cette fin grotesque ! Je ne lui vais même pas encore avoué mes sentiments ! Tant d'années à attendre le bon moment, tant de temps perdu et aujourd'hui elle voulait mettre un terme à sa vie et pourquoi ? Pour BANE ! Pour ce mec qui en avait STRICTEMENT rien à foutre d'elle ! Mais elle avait raison sur un point il se souciait du bébé...il fera tout pour le sauver non ? Et donc il sauvera aussi Camille ! Mais en même temps...j'ai vu l'amour qu'il a pour Lightwood...et s'il décidait que la vie du petit ne valait pas la peine qu'il perde l'amour de sa vie...après tout il n'avait pas encore fait le test de paternité et s'il se disait que ce n'était pas son problème car possiblement pas son enfant ? Mon cerveau tournait à toute vitesse, j'étais totalement en train de paniquer il fallait que je trouve un moyen d'empêcher Camille de commettre l'irréparable. Elle ne réalisait pas à quel point elle était en train de me tuer moi aussi à petit feu, de m'anéantir...j'avais besoin d'aide et je savais où j'allais pouvoir en trouver. Une alliance allait voir le jour et j'espérais qu'on pourrait tous y trouver notre compte.
Fin du chapitre.
La suite courant du week-end.
Bisous.
