Chapitre 25 : Amis ? Amants ? Ou plus encore ?
-Chers collègues, c'est le début d'une nouvelle ère ! Nous allons offrir à de jeunes sorciers la possibilité d'exploiter leurs dons en toute sérénité ! Nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli. Et croyez-moi : dans un millénaire on parlera encore de Poudlard !
Je murmure à voix basse la réplique d'Helga Poufsouffle en même temps que son interprète. Je commence à connaitre le scénario par cœur à force d'enchainer les répétitions. Et pourtant, ça n'empêche pas « l'actrice » de confondre encore quelques lignes. Mais je suis confiante, le projet Dumby sera mené à bien ! Chaque répétition je supervise du bas de la scène, mais aujourd'hui je voulais être sure que tous se passait bien en coulisse et également les mettre à l'épreuve, voir comment il s'en sorte si je ne fais pas de grands signes pour les guider. Je me retrouve donc derrière les rideaux, surveillant d'un œil discret la scène.
Je suis tellement concentrée que je n'entends pas les pas qui se dirigent vers moi. Par contre, je sens très nettement les bras qui viennent délicatement enlacer ma taille et j'entends très bien le « salut ma belle » que l'on m'adresse. Je lâche donc le rideau pour me tourner vers le propriétaire de ces bras.
-Tu es fou ? Et si quelqu'une nous voyait ? Chuchotais-je.
-Je sais, me répond Sirius, mais je ne pouvais pas résister, les moments où on est seuls sont tellement rares.
Je souris et le laisse m'embrasser. D'accord on pourrait nous surprendre, mais c'est assez marrant. Ca fait d'ailleurs une semaine que dure ce petit jeu. Mais devoir se cacher comme des enfants me rassure, ça me donne l'impression que rien n'est sérieux. On s'amuse ensemble, chacun est là quand l'autre à besoin de lui et cela nous convient parfaitement. Bien sur, c'est dur d'attendre le soir pour être que tous les deux mais cela rend ces soirées encore plus agréables. Et ne croyez pas que nous nous contentons de nous sauter dessus comme des sauvages ! Non, hier soir nous avons seulement joué une partie de bav'boules ensemble et c'était très amusant.
-Comment ça se passe ? Me demande-t-il en jetant un coup d'œil sur la scène.
-Plutôt bien, je pense qu'on sera prêt à temps.
-Vaudrait mieux, c'est dans trois semaines !
-Oui, mais au moins, c'est d'eux qu'on se moquera si c'est une catastrophe, plaisantais-je.
Il rit et je suis obligée de plaquer ma main sur sa bouche pour qu'on ne l'entende pas. Il m'attrape alors par la taille et m'ébouriffe les cheveux. Et oui, c'est effectivement devenu plus affectueux entre nous. En fait on dirait des amis et juste un peu plus si affinités.
-Miss Davis ! Miss Davis !
Nous entendons des bruits de pas précipités et nous nous lâchons tout de suite. Sirius sourit toujours, très amusé par la situation, tandis que moi je grimace car je sais déjà qui arrive.
-Miss Davis ! Je … on … y a un pro … problème !
-Quoi encore Marshall ? Demandais-je en soupirant.
-On … on a perdu les costumes ! Fiouuuu ! Fait-il en s'asseyant pour calmer son essoufflement.
-Mais non Marshall, répondis-je d'un ton lasse, on ne les a pas perdu pour la simple et bonne raison qu'ils ne sont toujours pas faits.
Sirius se retient tant bien que mal d'éclater de rire tandis que le pauvre Marshall retrouve avec peine sa respiration. Lorsqu'il a enregistré l'information il se relève, prend ma main et me regarde avec un grand sourire béat.
-Oh c'est vrai ! Qu'est-ce qu'on ferait sans vous Miss Davis ? Vous êtes formidable !
-Merci Marshall, répondis-je mal à l'aise. Euh … est-ce que tu pourrais t'occuper des … euh … du reste des accessoires ?
-Oh oui, avec plaisir !
Et le voila qui repart en courant pendant que je lève les yeux au ciel. Sirius laisse enfin échapper son fou rire et je le tape à l'épaule pour qu'il arrête.
-Pas la peine de te moquer, le pauvre !
-S'il a pas le béguin pour toi, je ne m'appelle plus Sirius Black !
-Non ! Tu crois ? Mais non, il est simplement content de travailler avec nous.
-Avec toi, précise-t-il. Et ce n'est pas juste du bonheur, c'est de l'admiration totale !
-En même temps, on ne peut pas le blâmer, plaisantais-je.
Ce pauvre Marshall est gentil, et sincèrement, sans lui j'aurai piqué des crises plus souvent ! C'est le seul qui m'écoute. Il n'a pas obtenu de rôle mais il est heureux de m'aider pour tous les détails techniques. Il est un peu spécial mais au moins je sais que je peux compter sur lui. Et puis ce n'est qu'un Poufsouffle de troisième année, je mets sa « spécialité » sur le compte de sa jeunesse.
On entend soudainement un gros boum provenant de la scène ! On se précipite donc à travers les rideaux.
-Merlin mais t'es fait en pain d'épice Riley ? S'exclame Sirius.
-C'est pas ma faute elle m'a glissé des mains, se plaint l'acteur qui joue Gryffondor.
-Mais elle pèse moins d'un kilo maintenant ! M'emportais-je à mon tour.
Je ramasse l'épée tombée par terre, elle me semble légère comme une plume par rapport à avant. (NDA : ils ont allégés le poids de l'épée grâce à un sort dans le chapitre précédent). Je la lui rends puis lui demande ce qu'il s'est passé mais il est coupé par ma grande « amie » … Alicia Duwill.
-Si Spencer arrêtait d'exposer ses grosses citrouilles sous le nez de tous il pourrait se concentrer sur autre chose que son entre jambe ! Déclare-t-elle.
Oh merlin ! Depuis que Lena à obtenu le rôle de Serdaigle ces deux là se font la guerre à coup de piques cinglantes. Enfin, pour Duwill c'est des piques plutôt débiles : « ses grosses citrouilles », sérieusement ? Tssss !
-C'est sur que ça fait plus d'effets quand on a quelque chose dans le soutif ! Réplique Lena sur le même ton.
-Sale garce, descend un peu que j'te refasse le portrait !
Lena jette le livre qu'elle avait en main pour se jeter sur Duwill. Super, on avait vraiment besoin de ça ! Je descends de la scène à mon tour pour les séparer, exaspérée de voir tous les membres de la gent masculine se rincer l'œil au lieu de faire quoique ce soit pour les arrêter.
-Ca suffit ! M'écriais-je en poussant Duwill. On n'est pas chez les moldus ici, depuis quand on se bat à mains nues ? Lena tu remonte sur scène et toi, tu me fais le plaisir de dégager !
-Quoi ? Bin voyons, tu défend ta garce de meilleur amie !
-Attention à ce que tu dis sale trainée !
-Lena tais-toi ! Lui dis-je en lui faisant de gros yeux. Désolée Duwill, mais tant qu'il n'y a pas les costumes tu ne nous es d'aucune utilité alors sors et reviens quand on aura besoin de toi.
En temps normal elle aurait demandé à Sirius de la défendre mais depuis qu'il l'a larguée dans les règles de l'art elle ne lui adresse plus la parole. Inutile de préciser a quel point cela me rend heureuse. Elle quitte donc la salle comme une furie.
-Bon, maintenant au travail, et qu'ça saute !
Ils me forcent vraiment à devenir cette harpie dont tout le monde parle ! Sirius me rejoint devant la scène avec un énième sourire. Comment fait-il pour rester si calme ?
-Je plains tes futurs enfants, me dit-il en regardant les acteurs reprendre là où ils en étaient.
-Mais non, les miens seront moins débiles !
Il passe derrière moi, pose ses mains sur mes épaules et commence à me les masser. Bon ce n'est qu'un massage, ça peut même paraître amical alors qu'importe que tout le monde puisse le voir. Et merlin que ça fait du bien !
-Au fait, ce soir on ne pourra pas se voir, chuchote-t-il dans le creux de mon oreille.
-Ah ? Pourquoi ?
Dur de ne pas montrer que je suis déçue, en effet. C'est que la dernière fois qu'il n'était pas disponible j'ai passé une soirée des plus ennuyeuses. Et j'étais frustrée de ne pas savoir ce qu'il faisait, en tout cas ça concernait les maraudeurs au grand complet et le lendemain ils étaient tous tellement fatigués qu'on aurait dit qu'ils étaient sortis dans un club à l'extérieur de Poudlard. Je suis sure qu'ils en sont capables d'ailleurs ! Mais quoiqu'ils aient fait, j'étais plutôt jalouse à l'idée qu'ils aient pu sortir, boire et voir des filles.
Alors, cette fois-ci encore je n'ai pas pu savoir pourquoi il ne serait pas là, il m'a simplement dit qu'il voyait les autres maraudeurs. Ce n'est pas un problème en soi mais je me prépare maintenant à passer une soirée des plus banales, surtout que Lena nous a dit au diner qu'elle passait la soirée avec son copain. Puisqu'après le diner il était encore trop tôt pour m'ennuyer seule dans mon dortoir, j'ai fait une petite balade dans le parc avec Anthony et Cérina. C'était plutôt sympa malgré le froid et la copine de notre cher Tony s'avère être de plus en plus agréable avec moi. J'aimerais quand même savoir pourquoi ça lui a pris autant de temps.
Alors que j'arrive au dernier palier de l'escalier menant vers le dortoir des filles, j'entends un cri aigu sortir de ma chambre et j'ai bien l'impression qu'il s'agit de Lena. Je me précipite pour ouvrir la porte à la volée et le moins que je puisse dire, c'est que j'étais bien loin d'imaginer me retrouver devant cette scène ! Je trouve Sirius, nu comme un ver, parties intimes cachées uniquement par un de mes coussins, le visage blême et désolé. Juste à côté Lena, rouge cramoisi qui lui jette tous ce qu'elle peut au visage.
-Sale pervers ! Psychopathe ! C'est pas comme ça que tu pourras me convaincre de recoucher avec toi !
Nan mais c'est quoi ce bordel ? Lena et Sirius ? Je crois que je commence à pâlir aussi et mes jambes ne me portent presque plus.
-Nan mais c'est quoi ce bordel ? Réussis-je à dire.
-Non mais, c'est pas ce que vous croyez, s'exclame Sirius.
-Il me fait des avances douteuses !
-Mais non pas à toi ! S'emporte-t-il soudainement.
Il est maintenant presque rouge de colère et pense enfin à se rhabiller. En attendant, Lena et moi sommes dans la confusion la plus totale.
-Comment ça pas à moi ? A qui alors ? Se vexe-t-elle.
Aaaaah ! C'était pour moi tout ça ? Oh merlin non, faites qu'il ne crache pas le morceau maintenant sous la pression !
-Tu t'es trompé de dortoir ? Lui demandais-je en espérant qu'il marche.
-Oui ! Oui c'est ça, il se ressemble tous !
-Gros dégueulasse ! Sale porc ! Sors d'ici tout de suite !
-Du calme Lena, je le fait sortir.
J'entraine Sirius avec moi vers la sortie. Il est toujours en état de choc le pauvre chou. Une fois la porte fermée je me tourne vers lui.
-Tu peux m'expliquer ? Chuchotais-je vivement.
Bin oui, si ça se trouve ma première pensée était la bonne : il cherchait à se faire Lena en même temps qu'il s'amuse avec moi. Tout est possible !
-Mais elle avait dit qu'elle passait la soirée avec son Serdaigle !
-Tu m'attendais ? M'enquis-je avant de rire.
-C'est pas drôle ! Ah si seulement j'avais pensé à prendre la carte du maraudeur !
-Quelle carte ?
-Non rien, marmonne-t-il.
-Je croyais qu'on n'était pas censés se voir ce soir ?
-C'était juste pour te faire la surprise.
-M'attendre nu dans mon lit ? C'est très brillant ! Bon, ça veut dire que tu es libre alors.
Il sourit enfin puis son visage s'éclaire avant qu'il ne se précipite dans les escaliers en me demandant de l'attendre. Il revient cinq minutes plus tard avec la cape d'invisibilité de James, un grand sourire aux lèvres.
-Viens dormir avec moi ce soir, me propose-t-il.
Dormir avec lui ? Oh la ! Jusque là on se contentait de passer la soirée ensemble puis repartir dormir, chacun dans son dortoir. Dormir ensemble dans un lit ? C'est pas un peu trop sérieux ?
-Roh aller, insiste-t-il en me voyant hésiter, j'en ai marre de cette salle fondatrice et à cause de ma surprise ratée on a pas mal perdu de temps pour se voir ce soir.
-Bon d'accord, mais tu es sur que les garçons ne s'en rendront pas compte ?
Je me retrouve donc à récupérer quelques affaires pour dormir, discrètement, en faisant croire à Lena que je vais réviser jusque tard dans la nuit. Puis je suis Sirius jusque dans son dortoir, encore vide, drapée de la cape.
-Ils n'arriveront que dans vingt minutes, ça te laisse assez de temps pour te préparer ?
J'acquiesce et vais me laver les dents, me démaquiller et enfiler ma chemise de nuit dans la salle de bain. Bien sur, je prends la cape avec moi et laisse la porte entre ouverte au cas où les garçons arriveraient plus tôt. Je ris aussi quand Sirius siffle en me regardant me préparer. Lorsque je le rejoins dans le lit, je me rends compte à quel point il me rend joyeuse avec ses bêtises. C'est vrai que je suis moins souvent de mauvaise humeur depuis qu'on se voit tous les soirs. Lena n'a d'ailleurs toujours pas compris ce changement soudain.
Les rideaux tirés, et le sort d'insonorisation lancé, nous voila à nouveau seuls. On ne s'endort pas tout de suite, il me raconte une histoire sans queue ni tête jusqu'à ce que ses camarades de dortoir arrivent. Il m'a expliqué qu'ils le pensent dans le dortoir d'une inconnue ce soir alors ils ne s'étonnent pas de voir ses rideaux tirés. Ce que je trouve bizarre mais ils ont peut être leur codes. Allez savoir.
En tout cas c'est très marrant de pouvoir entendre les garçons sans qu'ils ne le sachent !
-Qu'est-ce que t'as Lunard ? S'enquit James.
-Euh … rien, j'ai cru sentir quelque chose.
-La défaite ? Le nargue Tony. Tu m'étonnes, je t'ai tué aux bav'boules !
-Ouais ça doit être ça, répond Remus, et toi tu dois sentir comme un sentiment de culpabilité ! C'est pas beau de tricher.
-Notre petit Lunard est mauvais joueur ! S'exclame Peter.
-Non, juste frustré, ajoute James.
-Frustré de quoi ? S'exclame l'intéressé.
On échange un sourire amusé avec Sirius. Même si l'idée n'était pas de les espionner.
-Parce qu'il est temps qu'on te trouve une copine !
-On en a déjà parlé ! S'énerve Remus. Et je veux plus que tu m'enfermes dans un placard « pour mon bien » !
-Roh aller, va te plaindre d'avoir été enfermé pendant vingt minutes avec Lena Spencer, le canon de Poudlard ! S'exclame Pettigrow.
-Ouais, renchérit James, et rien que parce que t'as rien voulut nous raconter tu mérite que je me mêle à nouveau de ta vie sentimentale.
-Mais il n'y avait rien à raconter, s'emporte le pauvre Remus.
-Euh connaissant Lena il est impossible qu'elle ne t'ai même pas touché une fois l'épaule en vingt minute, ajoute Anthony.
-Bon, concède-t-il, on s'est embrassés, mais c'est tout !
C'est tout ? Et nous qui étions tous persuadés qu'il s'était passé bien plus. En même temps ils n'ont jamais démenti.
-C'est tout ? Se plaint James. Et moi qui pensais qu'elle te décoincerait un peu. Tu veux pas qu'on vous arrange un petit rendez vous ?
-Oh Cornedrue ne recommence pas avec ça ! Pourquoi tu n'harcèles pas plutôt Sirius et Peter ?
-Parce que Peter est moins drôle à taquiner et que Sirius semble en très bonne compagnie tous les soirs.
La conversation devient intéressante ! Je jubile sadiquement en espérant entendre quelque chose de croustillant. Sirius a l'air moins fier tout d'un coup.
-D'ailleurs vous savez qui c'est ? Demande Tony.
-Non, mais on ne sait pas non plus si c'est la même tous les soirs, dit Peter.
-Peut être mais j'en ai bien l'impression, ajoute Remus.
-Tu crois ? S'exclame James. Alors pourquoi il ne nous en parle pas ? C'est la première fois qu'on ne sait rien ! C'est pas juste !
-Ca doit être une sacrée nana pour qu'il la garde secrètement ! Déclare Peter en sifflant.
Bin j'aurais au moins appris que ce cher Pettigrow sait parler en groupe ! Je me tourne vers Sirius avec un sourire amusé.
-C'est vrai qu'j'suis une sacrée nana !
-Il faut bien ça pour me mériter, se vante-t-il.
Je le frappe en riant et il se venge avec des chatouilles ! Merlin, heureusement qu'ils ne peuvent pas nous entendre !
-Une sacrée nana ? Répète James. Certainement si elle a réussi à lui faire oublier sa folle !
Euh … Qui ça ?
-Qui ça ?
Ah merci merlin, Anthony ne semble pas au courant non plus !
-Laisse tomber, bonne nuit les gars.
Et merde ! J'en saurais pas plus ! Pour une fois que c'était intéressant. Sirius se contente de faire comme si ce n'était pas important et se tourne vers moi une fois qu'il n'y a plus un bruit dans la pièce.
-On n'est pas mieux ici ? Me demande-t-il en dégageant mes cheveux du visage.
J'acquiesce en silence puis m'approche de lui pour coller mes lèvres aux siennes. Comme s'il attendait ça depuis le début de la journée il me sert plus fort dans ses bras pour mieux m'embrasser. Sa main caresse mon visage puis devient moins sage en descendant sur mon coup, ma poitrine et mon ventre. Je le caresse aussi du bout des doigts, en me concentrant vraiment sur son odeur, sa peau douce et chaude. Jamais je n'avais fait attention à toutes ces petites sensations avec les autres garçons. Avec lui c'est comme si tous mes sens étaient décuplés. Tout est plus fort et plus beau parce qu'on dirait que chacun touche l'autre comme s'il était sacré, chaque geste à de l'importance. Et le plus surprenant c'est que je découvre avec lui qu'il y a milles façons d'embrasser son visage ainsi que son corps. Son corps qui d'ailleurs bascule maintenant sur le mien.
-Sérieux les gars vous ne sentez pas une drôle d'odeur?
-Je sens le sommeil surtout, geint Peter.
-Mais non on dirait que ça sent un produit cosmétique pour femme.
Je me fige soudainement !
-Mon produit démaquillant, dis-je à Sirius, paniquée.
-C'est pas grave, j'inventerais demain, me rassure-t-il.
Et il replonge tranquillement ses lèvres dans mon cou, distribuant des baisers en descendant de plus en plus bas. Pendant ce temps la conversation continue…
-Désolé Lunard mais on n'a pas tous l'odorat surdéveloppé, marmonne un James déjà endormi.
-Okay désolé, bonne nuit !
Loin d'être perturbé par la présence de ses amis, Sirius continu d'embrasser mon ventre et même de descendre de plus en plus ! Il est fou ! Mais Merlin que c'est bon !
Heureusement pour ma conscience, il en reste là pour cette nuit et je savoure simplement le fait de dormir dans ses bras.
-Salut Kate, bien dormi ?
Je sursaute et fait tomber quelques livres lorsque Remus apparait. J'ai un devoir de DCFM à rendre pour la fin de la semaine alors me voila à la bibliothèque à huit heure du matin. C'est une grande première ! Heureusement pour moi, les maraudeurs et Anthony se lèvent tôt, j'ai donc pu m'éclipser de leur dortoir avec discrétion. Puis je me suis préparer dans ma propre salle de bain pendant que Lena se réveillait et elle n'y a vu que du feu.
-Euh oui, et toi ?
-Oui mais quelque chose m'a perturbé, répond-t-il mystérieusement.
Il s'approche de moi puis se met à humer mes cheveux. Mais qu'est-ce qu'il lui prend ? Je le regarde comme s'il était fou et il se met à rire.
-Je m'en doutais, dit-il simplement.
-De quoi ?
-Ca fait longtemps ? S'enquit-il avec curiosité et en s'appuyant sur l'étagère de livres.
-De quoi ?
Oui Kate, c'est bien, maintenant essaye une autre phrase ! Vas-y tu peux le faire.
-Toi et Sirius, précise-t-il en parlant encore moins fort.
-Moi et … Ah ah non mais de quoi tu parle ?
Aaaaaaaarrrrggghhhh comment sait-il ? Ca y est nous sommes fichus ! Okay, je ne sais pas du tout en quoi le fait qu'il le sache est mauvais, ni même si cela nous met en « danger », en tout cas je n'aime pas l'idée ! Qu'est-ce que je fais ? Je continue à nier, oui c'est mieux. Faire l'idiote c'est ma spécialité de toute façon. Sirius peut en témoigner.
-Ne t'inquiètes pas je ne le dirais à personne, je veux juste savoir quand ce petit miracle à eu lieu.
-Un miracle ? Tu exagères, d'ailleurs je ne vois pas de quoi tu parle.
-Bon ok, continues de nier, mais sache que je suis heureux que tu ais trouver ce quelqu'un avec un caractère aussi détestable que le tien.
Sa phrase fait étrangement tilt dans ma tête, mais d'où ça vient ? Ca me dit tellement quelque chose que je ne me vexe même pas à l'évocation de mon « caractère détestable ». Remus sourit et je revois alors la scène. « J'ai besoin de quelqu'un avec un caractère aussi détestable que le mien ». Mais oui ! C'est ce que je lui ai dit quand il m'a demandé de sortir avec lui. Il voit que j'ai compris et son sourire se fait plus grand encore.
-Ce n'est pas très gentil pour lui, lui dis-je en riant.
-Pour toi non plus, mais ce sont tes mots.
-Bon, qu'est-ce qui m'a trahie ? Lui demandais-je, résignée.
-Il faut savoir que les sorts d'insonorisation sont inefficaces contre les odeurs, me répond-t-il simplement.
-…
-Ton parfum, ajoute-t-il en voyant que je ne saisis toujours pas.
-Oh !
Ah bin bravo ! En même temps, qui aurait pu deviner qu'il avait l'odorat si développé ?
Il m'explique qu'il est vexé que Sirius ne le lui ai pas dit mais qu'il ne m'en veut pas à moi. S'en suit une conversation gênante :
-Je suis content pour vous.
-Non mais c'est pas ce que tu crois, affirmais-je catégoriquement.
-Oui, oui, d'accord, me répond-t-il avec un sourire moqueur.
Oh non ne me dites pas que Remus nous prend pour un couple, un vrai ! Il ne faut pas que je le laisse penser une chose pareille.
-Non je t'assure que tu te méprends. AIEUUUUH !
Quelqu'un me tire violemment vers la sortie par les cheveux. J'ai juste le temps d'apercevoir le visage étonné de Remus et courroucé de Mme Pince. Mais personne pour m'aider alors que ça fait un mal de chien et que je ne vois toujours pas mon agresseur.
Une fois dans le couloir il me lâche et c'est Lena, « mon amie » qui se place devant moi en croisant les bras sur la poitrine, le regard sévère.
-Kate Joselyne Davis ! S'époumone-t-elle.
-Oh non, j'aime pas quand tu m'appelles comme ça, me plaignit-je comme une enfant.
J'ai toujours eu honte de mon deuxième prénom. Non franchement, j'aimais ma mère, mais elle avait parfois de ces idées … Eurk ! Je ne veux froisser personne mais les prénoms c'est comme les gouts et les couleurs, je n'y peux rien si Joselyne ne me plait pas.
-C'est qui ?
-J'sais pas, et toi tu sais ?
-Arrête tes conneries ! Rugit-elle. J'ai parlé à Sanders ce matin et il m'a dit que tu avais rompu pour un autre ! C'est qui ?
Oh merde ! Je ne sais même pas quoi répondre. Non mais il ne pouvait pas garder ça pour lui aussi ?
-Euh non … c'est pas tout à fait ça, tentais-je.
-Mais Kate, pourquoi tu me dis rien ? Me demande-t-elle en tapant du pied.
-Premièrement, bon nombre de situations ont pu prouver que tu n'étais pas digne de confiance, lui dis-je avec un air réprobateur sur le visage. Deuxièmement il n'y a rien à dire, c'est la seule excuse valable que j'ai trouvée pour rompre.
-Han ! Le pauvre Andy, fait-elle en posant dramatiquement ses mains sur ses joues. Tu n'as pas honte ? Un « nous ne sommes pas compatibles » aurait suffit !
-Oui, ça aurait suffit si je voulais qu'il se dise « oh oh elle se fout de ma gueule là ».
-T'as raison, se radoucit-elle. Mais je ne comprends toujours pas, Sanders est parfait, non ?
-Lena, dis-je en soupirant, n'insistes pas. D'ailleurs il est l'heure de le retrouver ce cher Sanders, on à Potions je te rappelle.
Il est toujours difficile de trainer Lena en cours de Potions, premièrement parce que la vue de Slughorn l'insupportes, deuxièmement parce qu'il y a son ex, Tom le serpentard. Vous allez me dire : « Et alors ? Elle doit en avoir plus d'un dans chaque cours » et vous auriez raison, mais lui et Potter sont les seuls dont elle se préoccupe ou se souvienne encore.
Sur le chemin, Remus nous rejoint, toujours avec son sourire en coin à la con ! Je vous jure s'il dit quoi que ce soit à Lena ou quiconque d'autre je l'étripe.
Tout le monde attend déjà dans les couloirs des cachots. Serpentards d'un côté et Gryffondors de l'autre, évidemment. Rogue reste toujours le plus éloigné possible, son nez crochu plongé dans un vieux livre douteux. Les débuts de cours de Potions sont toujours susceptibles de partir en cacahuète car notre cher professeur n'est jamais foutu d'arriver à l'heure et pourtant il est toujours essoufflé quand il nous salue, le visage rouge et le front en sueur. Sachant que la guerre Serpents/Gryffons est plus intense parmi les septièmes années, c'est pas très malin, même si nous ne sommes plus qu'une quinzaine à suivre ce cours. Lorsque nous arrivons à leur hauteur (du moins Remus et moi car Lena reste bien sur en retrait), le reste des maraudeurs sont en pleine conversation.
-Sérieux Patmol, si tu ne nous le dis pas on va finir par regarder sur la carte, s'exclame un Potter qui à l'air légèrement vexé.
-Mais enfin je vous demande juste de me laisser tranquille avec ça pour le moment.
-Mais on est frères, se plaint Potter, tu me dis tout normalement.
-Oh le petit Jamesie fait une crise de jalousie, me moquais-je sans savoir de quoi ils parlent.
-James, laisse-le donc tranquille il te le dira quand il l'aura décidé, s'exprime calmement Remus, qui lui semble savoir de quoi il s'agit.
Je comprends enfin à la vue du regard amusé de Remus. Ils parlent de moi ! Enfin, eux ne savent pas qu'ils parlent précisément de moi mais … Bref, vous avez compris. Jen en vois pas le rapport avec une quelconque carte mais bon j'ai appris à ignorer l'excentricité de James Potter.
La conversation s'arrête là grâce à Slughorn qui arrive enfin. On lit sur le visage de Sirius du soulagement. Je sais à quel point ça doit être dur pour lui de devoir cacher quoique ce soit à ses amis, mais bon il l'a voulu tout autant que moi cette situation. J'avoue que parfois j'aimerais en parler à Lena, me confier à ma meilleure amie. Le jour où notre relation est devenue autre chose qu'une simple « amitié améliorée », sans pouvoir expliquer pourquoi, je me sentais extrêmement bien, presque heureuse et bien sur, j'aurais bien aimé le lui dire, à elle, tellement c'était fort. Mais voila, j'ai passé assez de temps à lui en vouloir pour avoir couché avec Sirius une fois (d'ailleurs maintenant cette histoire me donne encore plus envie de vomir), à lui dire qu'elle me décevait d'être tombée si bas, à le maudire lui et ses conneries. C'est certain, Lena ne me raterait pas si elle était au courant, j'aurais le droit à ses reproches et ses sarcasmes pendant des semaines, voir des mois. Non merci. Pour le moment je vis cette relation de façon zen, et j'aimerais bien que personne ne vienne troubler cela. Trop tard pour Remus mais je sais que lui ne nous embêtera.
Tout en rentrant dans la salle de potions j'adresse un sourire compatissant à Sirius qui me le rend. Le petit chaos qui s'installe dans la salle le temps que tout le monde prenne place lui permet de presser furtivement ma main contre la sienne. Je rejoins donc Andy avec qui je suis toujours en binôme pour les potions. Lena quant à elle est avec une autre fille de notre année. Sirius est avec James et ils sont toujours assis devant Andy et moi. Sirius se retourne donc vers moi :
-J'ai vu Dumbledore, on a l'autorisation pour aller voir Mme Guipure ce samedi, chuchote-il en me montrant un parchemin.
Youhou une sortie sur le chemin de traverse alors que c'est même pas les vacances et que tous les deux ! En plus j'ai des achats de noël à faire. Oh et le cadeau d'anniversaire d'Anthony.
-Désolé mes petits je vais devoir vous faire patienter, j'ai des petites retouches de dernières minutes à faire.
-Ce sera long ? M'impatientai-je, agacée.
-Je n'ai pas pour habitude de bâcler mon travail jeune fille, rétorque Mme Guipure en me regardant d'un air sévère par-dessus ses lunettes.
-On vous a envoyé les croquis il y a un moment déjà, ajoutais-je avec une once de reproches dans la voix.
-Vous insinuez que je ne travaille pas assez vite ? S'emporte-t-elle.
Oui et que si ça continue je vais vous foutre un coup de pied au c** pour vous bouger un peu ! C'est presque ce que j'allais répliquer (je suis quand même un minimum bien élevée) quand Sirius à décider d'intervenir.
-Non Madame, elle n'insinue rien du tout. On va vous laisser travailler à votre rythme, ça va nous permettre de nous balader un peu, n'est-ce pas Kate ? On revient dans deux heures.
Et il me traine de force vers la sortie de la boutique. Je me laisse faire en bougonnant.
-T'aurais du me laisser lui régler son compte à cette glandeuse ! M'énervai-je en mettant rageusement mon bonnet.
-Bin voyons, dit-il en éclatant de rire. Tu ne crois pas que tu es un petit peu trop excessive ?
-Non ! … Bon, peut être un peu, désolé, répondis-je en baissant les yeux.
-Pas grave, répond-t-il en déposant un baiser sur ma joue, c'est ce qui me plait chez toi.
Il avance dans la ruelle en me tirant par la main, et merci merlin il ne peut pas voir mon visage s'enflammer. Non mais j'ai peur pour mon avenir mental et social, si maintenant je commence à rougir quand Sirius me fait des compliments ! Enfin, si on peut appeler ça un compliment.
Comme c'est agréable de pouvoir se balader main dans la main en pleine ruelle, sans avoir peur de tomber sur un camarade de classe. Je n'étais jamais venue sur le chemin de traverse en plein hiver et c'est magnifique. La grande rue est enneigée et il y a pleins de décorations pour Noël, ça me fait redevenir une enfant pendant quelques secondes.
-Au fait, tu me dois 10 Gallions, enfin 20 avec ceux que tu m'as injustement pris.
-Quoi ? Pour quelle raison ? Me demande-t-il.
-Remus et Lena, ils n'ont pas couchés ensemble alors tu me dois les dix gallions que je t'ai donné, plus dix autres.
-Pffff, je te signale que tu avais parié qu'il ne se passerait rien, or ils se sont embrassés ! Rétorque-t-il en s'arrêtant en pleine rue.
-Mais … Quoi ? Non j'avais parié qu'ils ne coucheraient pas ensemble, nuance, m'énervai-je.
-Je t'assure que non.
-Je t'assure que si !
-Tu ne vas pas piquer une crise pour vingt gallions quand même ? Se moque-t-il ouvertement. Aller viens, je t'offre un chocolat chaud pour te réconforter.
Il pose son bras autour de mes épaules pour me faire avancer mais là, il m'a énervé alors je pousse violemment son bras.
-Je rêve où tu me prends pour une gamine ?
-Oh pardon, feint-il, mademoiselle est susceptible.
-Black, fis-je d'une voix menaçante, tu vas arrêter ça tout de suite ou …
-Ou quoi ? Me dit-il en m'attrapant par la taille. Ce n'est plus Sirius ? Je ne peux plus faire ça alors ?
Il se penche pour embrasser le creux de mon cou tandis que ses mains viennent attraper mes fesses. Je suis choquée par son audace ! Je suis plutôt remontée contre lui et en plus on est en pleine rue. Ne serait-il pas un peu fou ? Mais il connait mon point faible depuis le temps, il lui suffit de jouer avec la peau de mon cou pour que je craque.
-Bon on va le boire ce chocolat chaud ?
Manière détournée de capituler. Le dire franchement m'arracherait le cœur. Eh oui, j'ai toujours ma fierté quand même. Il sourit triomphalement tout en me lâchant. Direction le petit café près de Gringotts où l'on trouve des boissons chaudes délicieuses. Alors qu'on passe devant le magasin de Quidditch il s'arrête pensivement.
-En fait j'ai quelques achats à faire d'abord, ça ne te dérange pas si je t'y rejoins ?
-Non, je vais faire mes emplettes aussi et on se retrouve là-bas, répondis-je en repérant une boutique parfaite pour Lena. Disons dans trois quart d'heure ?
-Parfait, me répond-t-il avec un sourire, a tout à l'heure.
Nous échangeons un baiser rapide avant de nous séparer. Il entre dans le magasin de Quidditch, surement pour faire un cadeau à James, et moi j'entre dans cette boutique de vêtements branchés. Il n'y a personne à cette période, c'est agréable pour faire les magasins. Je déniche vite une jolie robe pour Lena, rouge avec la longue capuche, doublée de laine à l'intérieur pour tenir chaud. Elle va adorer ! Je bénis surtout mon père et sa générosité, sinon je n'aurais jamais pu faire de cadeau de noël cette année et les vêtements sorciers sont chers ! Et maintenant le cadeau d'Anthony, mais je n'ai pas trop d'idées. J'entre dans une librairie à tout hasard. Il y a un peu de tout. Des livres sur les balais, sur l'histoire du Quidditch, la biographie des bizzar' sisters et des Scroutts en pétard. Au fond du magasin, je suis surprise de trouver un rayon consacré au monde moldu. Je ne peux m'empêcher de trouver le libraire courageux, exposer ces livres dans les temps qui court ! Mais c'est tant mieux pour moi, je trouve un livre intitulé La mécanique pour les sorciers ignares. C'est bien pour les garçons ça, non ? Mais si, Sirius par exemple, il aime beaucoup la mécanique. Oh ! Est-ce que je suis censée lui offrir un cadeau de noël ? J'hésite, ça fait un petit peu … couple. Eurk ! Rien à voir quoi ! Bon en même temps j'aurais l'air bien fine si lui m'en offre un. Et puis je suis sure que ce livre lui ferait plaisir. Bon au pire, si je vois qu'il ne m'offre rien, je l'offre à Anthony. Voila parfait ! Bon du coup il faut que je trouve autre chose pour ce cher Tony. A part ce livre-là, je doute qu'un autre l'intéresse.
Une demi-heure plus tard, j'attends Sirius à notre point de rendez-vous avec cinq minutes d'avance. J'ai donc pleins de sachets autour de moi. Des cadeaux pour Lena, Sirius, Anthony (tout un assortiment de farces et attrapes, parfait pour lui) et pour mon père. Bah oui, je sais que ça ne fait que quelques mois que je peux le considérer comme tel et que ça n'excuse en rien ces années d'indifférence mais bon, j'ai trouvé un livre qui devrait lui plaire. Il m'avait raconté dans une lettre le voyage d'une semaine qu'il avait réussi à faire en toute discrétion avec ma mère dans le sud de la France, alors quand j'ai trouvé ce livre remplis d'images de cette région, je n'ai pas pu résister. Disons que c'est juste pour le remercier pour ces derniers mois.
-Salut, je peux m'asseoir ?
Je lève les yeux sur l'inconnu qui vient m'importuner. Mais quand je vois que l'inconnu se révèle être un jeune homme d'une vingtaine d'année et super canon, j'hésite plutôt deux fois qu'une à l'envoyer paître comme c'était initialement prévu.
-Euh … à vrai dire …
-Merci.
Il s'installe sans aucune gêne et avec un sourire colgate. Non mais je rêve ! Je regarde autour de nous et constate qu'il y a encore pleins de places libres.
-Qu'est-ce qu'une jolie fille comme vous fais ici toute seule ?
-En fait j'attends quelqu'un, répondis-je après avoir enfin retrouvé mes facultés mentales.
-Je ne vois personne, constate-t-il.
Bin justement j'attends quelqu'un pauvre idiot ! En fait elle à l'air lourde sa technique de drague !
-Alors je vais te tenir compagnie, je t'offre un verre ?
-Elle n'a pas besoin de compagnie !
Je lève les yeux vers Sirius qui n'a pas vraiment l'air jouasse en cet instant. Et je le comprends, si je l'avais trouvé en grande conversation avec un canon je l'aurais mal digéré. Le canon-qui-en-fait-est- lourd le regarde comme s'il était un insecte insignifiant.
-Pardon mais la demoiselle et moi étions en pleine conversation, réplique-t-il d'un ton suffisant.
Je n'ai pas vraiment envie d'intervenir, à vrai dire c'est plutôt marrant de les voir se prendre le bec pour moi. Oui bon, bien sur si ça dégénère j'interviendrais mais laissez moi m'amuser un peu. Surtout que je vois bien que Sirius redouble d'efforts pour se maitriser. Alors comme ça il est du genre jaloux ?
-Bon tu dégages et tu laisse ma copine tranquille ! S'emporte Sirius.
Hein ? Copine ? OH MERLIN ! Je suis sous le CHOC ! De l'air s'il vous plait ! VITE ! Je crois que je fais une crise de … je sais pas quoiiiii !
Il a bien dit « ma copine » ?
Le canon-qui-en-fait-est-lourd à l'air confus et se lève avec des excuses inintelligibles. Il est quand même moins canon d'un coup. En même temps je lui avais dit que j'attendais quelqu'un !
Une fois qu'il a disparu, Sirius pose tous ce qu'il a achetés sur la banquette en face de moi et part commander nos boissons sans un mot, ni un sourire ou même un regard. Bon, ça promet pour la fin de la journée. Mais j'avoue que moi aussi je ne suis plus trop d'humeur, là.
Enfin je ne sais pas si vous réalisez ! Ce « laisse ma copine tranquille » change totalement la nature de notre relation, et me fait remettre en doute tout ce à quoi je pensais avant. Et visiblement Sirius en est tout aussi troublé car quand il revient un chocolat chaud pour moi et une biéraubeurre pour lui, il n'a pas l'air non plus dans son assiette. Ou alors c'est juste à cause de l'autre débile. Dois-je comprendre qu'il me considère comme sa copine ? Bon d'accord on a clairement dit que notre relation était devenue « exclusive » mais le terme est déjà moins fort, donc moins flippant.
Bref, tout ça pour dire qu'on a bu notre boisson en silence et que c'est ainsi que nous avons récupérer les costumes pour retourner à Poudlard. Mais ça me retournait le cœur de le voir comme ça et je ne voulais surtout pas qu'on finisse cette journée comme ça, qu'on se quitte avec cette tension. Alors arrivés au portail de Poudlard je l'ai retenu par la main pour me blottir dans ses bras.
-J'ai passé une très bonne après midi, merci, dis-je simplement.
Il se détend et m'entoure de ses bras, pose un baiser sur le haut de mon crâne et se contente de me sourire en guise de réponse. Mais je crois déceler du soulagement sur son visage. Mais de quoi pourrait-il être soulagé ? Peut être qu'il pensait que je lui en voulais pour avoir dégager ce gros lourdingue, dragueur à deux balles… mouais, peu probable.
En tout cas, nous sommes rentrés au château plus détendus et avons même pu passer la soirée dans notre salle commune avec les autres maraudeurs, Lily et Lena. Oui Lily et Lena, mais bon ça c'est une autre histoire…
