Au bout de la rue, il entendit les cris de colère. Animé par sa crainte et son instinct, il s'élança en direction de l'auberge de Okina. Il arriva au pied de la bâtisse et fut étonné de voir tomber un corps après qu'il eut traversé les murs de bois du premier étage. Kenshin leva les yeux vers la fissure, croisant le regard luisant de colère de Sanosuke.
D'un bond leste, il arriva aux côtés de son ami, demandant :
- Que se passe-t-il ?
- Nous avons de la visite, se contenta de répondre le bagarreur en désignant les hommes en hakama sombre qui se tenaient au bout de la pièce, Kaoru allongée dans son futon derrière eux, endormie.
- Sano... Tu aurais pût être plus délicat, soupira le vagabond.
- Bah... Elle a le sommeil lourd, ria l'intéressé.
- Elle a plutôt un instinct sélectif, grogna Yahiko qui se tanait à leurs côtés.
- Plus précis, gamin, grogna Sanosuke avec humeur.
- Seul les bruits de sabre peuvent la tirer du sommeil en un instant, s'amusa le premier apprenti du dojo Kamiya.
- Que voulez-vous, messieurs, demanda Kenshin avec courtoisie, s'avançant.
- Nous sommes ici pour récupérer la demoiselle Kamiya.
- La demoiselle est une dame depuis deux ans, notifia Sanosuke.
- Mariée et heureuse, s'amusa Yahiko.
- Et au lieu de parler avec calme, vous combattez, soupira Kenshin.
- Nous n'avons que dire à des sus fifres tels que vous. Nous la prenons et partons, fit un samouraï en passant un bras sous les jambes de Kaoru, l'autre passé sous ses épaules. Il la souleva, la réveillant presque.
- Posez Kaoru, ordonna Kenshin, son regard d'or teinté de violet se faisant de plus en plus menaçant, une autorité incroyable résonnant dans sa voix.
- Pour l'obtenir, vous devrez combattre, gronda le samouraï qui portait la jeune femme.
- Une seule égratignure et vous connaîtrez la souffrance de m'avoir croisé, siffla Kenshin.
- Monsieur craint d'être blessé, ria l'un.
- Imbécile. Osez seulement blesser Kaoru par votre imprudence et vous comprendrez.
Les samouraïs dégainèrent. La lame inversée heurta de plein fouet celles des samouraïs pour un combat inégal.
Le bruit fut presque inaudible. Un léger frottement de la lame au contact du fourreau. Ses yeux de saphir pourtant s'ouvrirent aussitôt. Sentant des bras étrangers la soulever, elle se débattit , lui hurlant de la lâcher. Le samouraï perdit patience lorsque le poing de la jeune femme le frappa au visage. Il la jeta à terre avec rudesse et violence, sa main sur le pommeau de son katana, prêt à lui ordonner de se calmer...
A peine eut-il violenté la kendoka qu'il fut plaqué contre un mur, la tête la première, ses bras maintenus par de puissants poings.
- Vous êtes fou, vous les samouraïs ! Ne refais jamais ça ! JAMAIS !
Sanosuke hurla ces derniers mots, son regard luisant de colère alors que Yahiko aidait Kaoru à se relever, une main sur son côté droit.
- Lâches moi, maudit Seikihotai !ordonna le samouraï avec rage.
- Ne jamais, JAMAIS, lever la main sur une femme, surtout pas désarmée et blessée ! TU COMPRENDS ?
- Kss...
- SA BLESSURE N'A RIEN D'UN JEU, INCAPABLE ! Ma petite sœur... Ne la mets plus en danger ! COMPRIS !
Le samourai aurait aimé appeler ses hommes mais ils gisaient à terre alors que Kenshin rengainait pour rejoindre Kaoru, la mine soucieuse.
- Un message à ton maître, siffla Sanosuke.
- Hmm ?
- Elle reste à l'Aoiya, et qu'il tente de s'y opposer, nous l'attendons tous !
Et lui aussi, il le défenestra.
Kaoru soupira, disant :
- Je vous cause bien du soucis.
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