Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Pfiouu j'ai fini ce chapitre in extremis, écrivant près de 7 pages hier soir seulement pour pouvoir le terminer avant aujourd'hui ! Je n'avais absolument aucune inspiration pour le titre, jusqu'à ce qu'une idée saugrenue me traverse la tête… pour ne plus vouloir en sortir. Désolée pour le mauvais jeu de mots, donc… ahah. J'espère que ce chapitre vous plaira !
Merci à tous mes nouveaux follow/fav (1REven, LoreneTo, Ptitbounty, ParadoxxicalMind, NoemieRbn, Swangranger), à Miss Draymione, Eliane Gil, Piitchoun, PouleauPotter, Marion, YELL00W, miss damdam, Acide'nette, Cecile, Voldynouchette, Gouline971, aussidagility, Babar, laloudu77, Lyly Ford, OrianeT, Audrey917000, Wizzette, Loulou, MichiSaru, Sarah Bus, faerycyn, Drasha, MichiSaru, Ronald stinks, Mione159, ecathe38, BlondBrunette, Mikasa pour leurs reviews et à tous ceux qui m'ont contactée sur Facebook/Twitter.
RAR :
Marion : Ahah, non Flint n'est pas mort… mais avec ce qu'il va prendre, je pense qu'il préfèrerait l'être ! Severus est maintenant le seul à savoir pourquoi Théo est véritablement revenu, mais comme c'est un vieux grincheux, il ne vous le dira pas ! héhé Merci pour ta review et gros bisous !
Cécile : Severus connaît le secret de Théo à présent mais il ne dira rien ^^ (mais je rappelle que la raison pour laquelle Théo est revenu en Angleterre n'est pas pour récupérer Hermione…) Ne t'inquiète pas, il est hors de question de séparer Draco et Hermione, ce n'est pas le but de la fiction ! Merci pour ta review et bonne lecture !
Aussidagility : Flint va souffrir, ahahah. Merci pour ta review !
Loulou : Ne t'inquiète pas pour Aria, tout va bien se passer pour elle comme tu vas le voir dans ce chapitre ^^ Pour les autres, je ne dis rien de plus, tu sauras tout bien assez tôt (mais rassure-toi, ça va aller mieux pour Draco !). Merci pour ta review et des bisous !
SarahBus/Prout/Feurouge : Pour répondre à ta question, Aria s'est évanouie et c'est normal. Elle a échappé de peu à la mort par strangulation, pour ensuite trouver la force de mettre une raclée à son agresseur. Donc le manque d'oxygène + les événements, il y a des effets secondaires… Mais rassure-toi tout ira bien (voir le chapitre ci-dessous). Théo n'a rien proposé à Severus, il lui a simplement révélé la véritable raison de son retour en Angleterre… que vous ne connaissez toujours pas, chers lecteurs. Hihihi. Merci pour ta review et à bientôt !
Drasha : ahahah ta pauvre maman n'a pas dû comprendre pourquoi tu hurlais comme ça ! Je m'excuse auprès d'elle pour la nuisance sonore. Si tu voulais étriper Flint, je pense que tu seras ravie de ce qu'il va lui arriver. Mais chut, je ne dis rien de plus, ça gâcherait le plaisir. Sache seulement que toutes tes théories de torture ne sont pas les bonnes (bien que le scénario du pneu soit très tentant…hihi). Bon courage pour tes partiels et des bisous ! Merci pour ta review !
Anonyme du 6 mai : la rencontre entre Drago/Hermione/Aria a déjà eu lieu officiellement (lorsqu'Aria a aidé Draco à sortir de garde-à-vue et que les époux Malfoy se sont avoué leurs infidélités respectives, ahah) donc techniquement, ils se connaissent un peu. ^^ Merci pour ta review !
BlondBrunette : Contente que ça t'ait plu ^^ Merci pour ta review et bonne lecture !
Mikasa : Ahahah tu ne sauras pas ce que Théo a révélé à Rogue, pas encore du moins. Encore un peu de patience, ça va venir ^^. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira aussi ! Des bisous et merci à toi ! (PS=je te rassure, moi aussi je pense toujours à ma blague en écrivant ton nom, mdrr)
Chapitre 25 : Tous les chemins mènent à Rogue
« ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE, JE VOUS JURE QUE VOUS LE PAIEREZ ! VOUS CREVEREZ TOUS COMME DES CHIENS ! »
Marcus Flint s'agita de nouveau en tous sens sur sa chaise, tirant sur les liens magiques qui l'enserraient solidement, mais sans succès. C'était Aonghas MacDougall qui l'avait installé là après avoir réanimée sa protégée. Aria avait balbutié quelques mots et l'Auror avait plus ou moins saisi la situation. Par sécurité, il avait ensuite ficelé Flint comme un rôti avant de guérir sommairement la blessure de son crâne. Le lavabo avait eu temporairement raison du faux-Auror et MacDougall en avait profité pour l'immobiliser et appeler des renforts. A la seule mention du nom de Flint, le célèbre Ron Weasley avait d'ailleurs abandonné ses recherches pour transplaner aussitôt en Ecosse. La présence de Marcus dans leur équipe ne lui avait jamais rien dit de bon et ses doutes se voyaient aujourd'hui confirmés. Avec un soupir de lassitude, Ron regarda Flint se contorsionner encore sur sa chaise, tel un dragon enchaîné au sous-sol de Gringott's.
Non loin de là, dans le salon, un Médicomage venu en urgence auscultait Aria Stone sur le canapé moelleux de MacDougall. Le brouhaha des nombreux Aurors venus sur place, accru de temps à autre par les vociférations de Marcus Flint, fit grimacer le médecin.
« Moins fort », grommela-t-il, alors qu'il vérifiait attentivement les fonctions respiratoires de sa patiente. « On ne s'entend plus respirer, ici. » Il fit signe à Aria de tousser à nouveau et elle s'exécuta en grimaçant. Sa gorge lui faisait toujours souffrir le martyr, ce qui n'était pas étonnant au vu des marques violacées et sombres que la corde avait laissées sur sa peau pâle. Le Médicomage pointa sa baguette sur le cou d'Aria, murmura quelques mots aux consonances latines, et soupira. « La jugulaire et la carotide ont été comprimées mais pas assez pour risquer des lésions cérébrales. Vos yeux ont rougi à cause des petits vaisseaux sanguins qui ont éclaté sous la pression mais ça se résorbera avec le temps. » Le Médicomage poussa un nouveau soupir et jeta un regard noir en direction de Flint, qui continuait de hurler et d'insulter les Aurors présents, leur promettant une mort rapide et violente. « Vous avez eu de la chance, mais peut-être devriez-vous venir quelques jours en observation à Sainte-Mangouste pour- »
Aria l'interrompit brusquement. « Ça ira. J'ai fait mon quota d'hôpital pour les quinze ans à venir, ne m'en voulez pas », coassa-t-elle en massant son cou douloureux.
« Permettez-moi d'insister », grinça le Médicomage, qui désapprouvait manifestement les choix de l'avocate.
« Merci, mais non merci », acheva-t-elle avec détermination.
Le Médicomage fit la moue. « Comme vous voudrez… Je vais faire disparaître ces vilaines marques et lancer un sort à votre trachée et vos vaisseaux sanguins pour m'assurer que l'air et le sang circulent convenablement… et si jamais vous ressentez n'importe quel symptôme inhabituel : vertiges, maux de têtes violents… »
« Je consulterai », acheva Aria à sa place, tandis que le Médicomage procédait à l'effacement d'une grande partie des hématomes sur son cou. La douleur s'évanouit quasiment intégralement et Aria sentit qu'elle respirait déjà mieux. « Merci », ajouta-t-elle en hochant la tête.
« Je ne fais que mon travail… », répondit le Médicomage en se détournant, un sourire bienveillant sur les lèvres.
Aria prit une grande inspiration et resserra sa couverture autour d'elle. Ben avait appelé quelques minutes plus tôt, visiblement dans une colère noire. Il lui avait promis d'arriver dès que possible (ce qui était tout relatif étant donnée la distance à parcourir depuis Londres), mais après ce qu'elle venait de vivre « dès que possible » n'était pas assez rapide au goût d'Aria. Elle n'avait plus qu'à prendre son mal en patience et essayer d'oublier son agresseur qui hurlait à pleins poumons dans la pièce voisine.
« Mais tu vas fermer ta gueule ? », beugla soudain un des Aurors récemment débarqués et que les cris de Flint semblaient également agacer. « Silencio ! », ajouta-t-il en pointant sa baguette sur leur prisonnier.
Aria se retourna sur le canapé et dévisagea Flint avec curiosité et mépris. Le sortilège avait manifestement très bien fonctionné : l'imposteur dansait toujours sur son siège, sa bouche s'ouvrait et se refermait continuellement, mais plus aucun son n'en sortait. Voilà qui était mieux.
Soudain, la porte de la maisonnette s'ouvrit et deux personnes supplémentaires y entrèrent. L'un des deux nouveaux-venus soutenait l'autre par un bras et Aria poussa un cri de surprise en voyant qu'il s'agissait de Benjamin. Se dépêtrant de sa couverture, elle sauta du canapé et voulut sauter au cou de son petit ami, avant de se figer, inquiète. Le teint de Ben était pâle, tirant sur le verdâtre et il ne semblait pas au meilleur de sa forme.
« Qu'est-ce qu'il a ? », s'enquit Aria auprès de l'homme qui accompagnait Ben.
« Premier transplanage », se contenta d'expliquer l'Auror qui avait amené Ben depuis Londres en désignant l'inspecteur du pouce.
« Ça va, ça va », marmonna Ben en levant une main légèrement tremblante. « J'ai juste un peu la nausée, pas de quoi en faire un fromage. »
« Ça fait toujours ça la première fois », le réconforta Aria en se blottissant contre lui. Elle en savait quelque chose : entre les allers-retours à Azkaban et au Ministère, puis plus tard avec Lucius, le transplanage ne posait plus aucun problème à l'avocate. Mais cela n'avait pas toujours été le cas… « Je suis contente que tu sois là. » Elle sentit les bras de Ben se refermer autour d'elle et elle ferma les yeux, réalisant maintenant à quel point elle avait eu peur de ne plus jamais le revoir.
« J'ai merdé… », souffla Ben contre son cou. « Je n'aurais jamais dû te laisser ici. J'ai cru que tu serais en sécurité. »
« Tu ne pouvais pas savoir », répondit Aria doucement. « Et puis, je vais bien, tu as vu ? Pas une égratignure. »
Ben se recula pour la regarder et avisa les restes d'ecchymoses autour de son cou. Pas une égratignure, c'est vite dit. Mais il ne voulait pas gâcher les efforts d'Aria pour lui remonter le moral et hocha la tête.
« Tu lui as botté le cul à ce salopard », marmonna-t-il en jetant un coup d'œil du côté de Flint, toujours en mode muet.
« Façon Jackie Chan, ouais », mentit Aria en esquissant un double crochet du droit. Elle préférait ne pas s'éterniser sur ses déboires avec le cran de sécurité du Glock et le pommeau de douche. Le fait était qu'elle avait eu une sacrée chance de s'en sortir, mais rien ne servait d'en rajouter une couche. Elle le gratifia d'un sourire espiègle. Bon sang qu'il était simple de sourire lorsqu'il était à ses côtés, même dans les pires circonstances.
Aonghas MacDougall se présenta aux côtés d'Aria et Ben lui décocha un regard venimeux. « Vous étiez où, vous ? », demanda l'inspecteur à l'Auror. Celui-ci fronça les sourcils.
« Parti faire des courses au village, j'ai été absent à peine dix minutes », avoua l'Ecossais, les dents serrées. « A ma décharge, je n'imaginais pas qu'un tueur avait pu se glisser parmi vous. »
Les deux hommes s'affrontèrent du regard et Aria pinça les lèvres. Rien ne servait de se rejeter la faute, cela aurait pu arriver avec n'importe qui. L'avantage, c'est qu'ils détenaient à présent une source d'informations précieuse sur leurs ennemis. Restait simplement à la faire parler.
« Il va falloir te trouver un autre endroit… ici, ce n'est plus sûr », reprit Ben en détournant les yeux d'Aonghas.
Un raclement de gorge se fit entendre derrière eux. Tous trois se retournèrent et un jeune Auror aux cheveux roux et aux yeux bleus approcha de leur petit groupe.
« Weasley ? », demanda Ben en le détaillant des pieds à la tête. « Un souci ? »
« Pardonnez-moi, Inspecteur mais je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre votre conversation et il se trouve… que je connais peut-être un endroit adéquat pour Maître Stone », déclara Ron, les mains croisées dans le dos.
« Est-ce un endroit sûr ? », demanda Ben, tandis qu'Aria observait Ron, les yeux plissés. Le jeune homme lui disait quelque chose. Elle était presque sûre de l'avoir déjà vu quelque part.
« Il n'y a pas d'endroit plus sûr que Poudlard, Inspecteur », répondit Ron avec un sourire suffisant.
La lumière se fit dans l'esprit d'Aria. Elle se rappelait enfin : un jeune adolescent sorcier que Narcissa Malfoy avait pris sous son aile, à l'instar de quelques autres amis de son fils. Elle avait croisé toute l'équipe lorsque Lucius l'avait sauvée des Détraqueurs et ramenée brièvement au Manoir, douze ans plus tôt.
« Poudlard ? », répéta Ben en fronçant le nez. « L'école de Magie ? »
Contre toute attente, Aria éclata d'un petit rire narquois. « Rogue ne voudra jamais », dit-elle en secouant la tête à l'attention de Ron. « Lui et moi, ce n'est pas franchement le grand amour. »
« Rogue ? », demanda à nouveau Ben, qui ne semblait s'exprimer que par interrogations, ces temps-ci. « Ce n'est pas lui, l'expert en potions à qui tu as fait appel pour la drogue ? »
« Lui-même », répondit Aria, qui souriait toujours. « Et je crois bien me souvenir qu'il ait achevé notre dernière conversation par quelque chose qui ressemblait fortement à 'lâchez-moi la grappe'. »
« Il ne refusera pas, si c'est le gouvernement qui le lui demande », assura Ron. « Et c'est l'option la plus sûre et la plus rapide qu'on ait pour le moment. On peut y aller immédiatement, je dois aller lui réclamer quelques fioles de Véritaserum non enregistrées pour… » Ron acheva sa phrase en désignant Flint du menton.
« C'est légal, comme technique d'interrogatoire ? », demanda Ben, sombrement.
Ron écarquilla les yeux, réfléchit un instant et grimaça. « Hum… Oui ? »
Ben se pinça le nez entre le pouce et l'index et soupira longuement, comme s'il s'efforçait de prétendre ne rien avoir entendu. « Bon, et on y va comment à votre école ? », finit-il par demander avec une pointe de lassitude.
« En transplanant », répondit Ron avec un grand sourire. Sourire qui disparut aussitôt en voyant le regard féroce de Ben se poser sur lui. « Qu'est-ce que j'ai dit ? »
~o~
« Oh putain… », siffla Ben en s'appuyant contre un arbre qui bordait le chemin de Poudlard. Penché en avant, il ferma les yeux, tentant de reprendre le contrôle de son estomac. « Ça tourne. »
« Deuxième transplanage », expliqua benoîtement Aria à Ron, qui la dévisageait avec inquiétude.
Ron et son coéquipier, Matthew O'Connell qui les accompagnait également, esquissèrent tous deux une grimace, se rappelant eux-mêmes de leurs premiers Transplanages accompagnés.
« On s'y fait, à force », tenta Matthew à l'attention du flic, toujours plié en deux.
« Le prochain qui me dit 'on s'y fait', je le colle à la surveillance de la circulation, pigé ? », marmonna Ben en se redressant, pâle comme un linge.
Les deux Aurors refermèrent aussitôt la bouche et prirent la route en direction du château. Avec un sourire en coin, Aria escorta son petit-ami et le petit groupe traversa la lande jusqu'à l'entrée de l'école. Malgré l'air de plus en plus frisquet de l'automne, de nombreux élèves prenaient l'air dans la cour, sur les pelouses ou papotaient dans les couloirs. Il régnait une ambiance détendue et saine, qui rasséréna quelque peu Aria et Ben. Malgré toutes les horreurs de ces derniers temps, la joyeuse effervescence qui régnait en ces lieux leur rappelait que partout ailleurs, la vie continuait. Quelques élèves leur jetèrent des regards curieux et il y eut des murmures sur leur passage, mais globalement, la population étudiante se fichait pas mal de leur présence. Présence qui n'était en revanche pas passée inaperçue aux yeux d'un certain Directeur de Poudlard.
« Vous ? », aboya Rogue en fondant sur Aria alors qu'elle venait à peine de poser un pied dans le grand hall. Il avait l'air d'une humeur encore plus massacrante que la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Allez savoir pourquoi.
« Moi », répondit l'avocate en se forçant à sourire poliment.
« Qu'est-ce que vous fichez ici ? Oh, et avec un Weasley en prime ! », maugréa Rogue en apercevant Ron derrière elle. « Je croyais pourtant avoir fait le ménage de ce côté-là. »
« Ma nièce est dans cette école, Severus », fit Ron en s'efforçant de ne pas paraître vexé.
« Merlin soit béni, cette petite tient plus de sa mère que de son père », grommela Rogue en les fusillant du regard.
« C'est toujours agréable de discuter avec vous », ironisa Ron, avant de se tourner vers Ben, qui observait l'échange, quelque peu circonspect. « Au premier abord, il a l'air d'un vieux con », chuchota le roux en désignant Rogue du doigt. « Et puis quand on le connaît un peu plus, on s'aperçoit que c'est effectivement un vieux con. »
« Qu'est-ce que vous dites ? », demanda Rogue en le regardant d'un air soupçonneux.
« Brigade des Stupéfiants », fit Ben en collant sa plaque sous le nez de Rogue, mettant fin aux salutations peu conventionnelles. « Nous aimerions réquisitionner une petite partie de vos locaux réputés ultra-protégés pour y installer un témoin sous protection. Une chambre simple suffira. »
« Un témoin ? », s'étonna Rogue en dévisageant tour à tour Aria, Ben, Ron et Matthew. « Qui ? »
L'avocate leva la main droite et agita les doigts en souriant. L'expression de Rogue à cet instant faillit la faire exploser de rire mais elle se retint.
« Et pour ma part, j'aurais besoin de quelques fioles de Véritaserum pour… mon travail », ajouta Ron sans cesser de sourire largement à l'attention de son ancien professeur.
« Vous vous croyez chez l'apothicaire ? », cracha Rogue avec un rictus narquois.
Le silence retomba entre eux et quelques regards mauvais s'échangèrent. Ben s'impatientait. Ce type refusait manifestement de les aider et ils perdaient leur temps. Lorsqu'une voix féminine interpella Weasley et les fit tous se retourner.
« Ron ? »
Le rouquin sourit à l'attention de la nouvelle venue.
« Salut, Hermione. »
Mais celle-ci venait d'apercevoir Aria et ouvrit la bouche, interdite. « Oh, maître Stone… comment allez-vous ? », demanda-t-elle, surprise et quelque peu compatissante. Elles ne s'étaient plus revues depuis que l'avocate avait fait sortir Draco de garde-à-vue, après qu'il ait jugé intelligent de prendre le nez de Théodore pour un punching ball. Mais comme tout le monde, Hermione avait lu les journaux et donc appris la présence de la jeune femme sur les lieux de l'attentat.
« Mieux, merci. En fait, je vais m'installer ici quelque temps », expliqua Aria en ignorant le regard indigné que lui lança le Directeur. « Selon votre ami, cet endroit est le plus sûr qui existe. »
« Il a absolument raison », approuva Hermione en souriant. L'idée de côtoyer de plus près l'avocate lui plaisait assez. Connaissant les antécédents de la jeune femme vis-à-vis de Théodore et de Lucius, le potentiel d'informations utiles sur l'un et l'autre était quasiment illimité. Peut-être pourrait-elle en apprendre plus sur l'état d'esprit intime de Lucius ces derniers temps ? « Il ne devrait pas être difficile de vous aménager une pièce à l'écart des salles de classe, vous serez tranquille ! »
Cette fois, ce fut sur Hermione que Rogue darda son regard furieux et la jeune professeur se demanda soudain ce qu'elle avait dit de mal. Mais elle décida de ne pas relever : Rogue était à prendre avec des pincettes, ces derniers jours. Un peu comme Draco, d'ailleurs, et elle avait sa petite idée du pourquoi.
« Sinon, j'ai toujours besoin de Véritaserum », renchérit Ron, sentant avec satisfaction que le vent était en train de tourner en leur faveur.
Les joues du Directeur se contractèrent et rosirent, mais il ne dit rien. Puis tournant les talons, il esquissa un signe vif de la main, invitant les nouveaux-venus à le suivre. La petite troupe se mit aussitôt en route, après avoir salué Hermione qui repartait en classe, et suivit le Directeur jusqu'à son bureau. Ben, qui ne pouvait s'empêcher de tout observer autour de lui, faillit se prendre les pieds dans un escalier mouvant, sursauta lorsqu'un portrait le salua et resta bouche bée devant la gargouille et son escalier secret qui menaient au bureau de Rogue.
« Plutôt cool, hein ? », fanfaronna Ron en adressant un sourire de connivence à son supérieur moldu.
« C'est assez impressionnant », avoua l'inspecteur en hochant la tête. « Mais tous ces systèmes sont-ils conformes aux normes de sécurité prévues pour les établissements accueillant des enfants ? Tout cela me semble assez dangereux… »
« Vous auriez dû voir le chien à trois têtes, le Basilic et les araignées géantes », marmonna Ron en grimaçant au souvenir de ces dernières. « Les escaliers, c'est du gâteau à côté. »
Ben écarquilla les yeux. Il était quasiment sûr que le jeune Auror avait prononcé les mots « chien à trois têtes » et « araignées géantes », mais il devait se moquer de lui. Ça ne pouvait pas être vrai ? Malheureusement, Ben ne put jamais éclaircir ce point car ils étaient enfin arrivés dans le bureau de Rogue, où celui-ci se mit à fouiller dans une armoire pour en ressortir une fiole d'une quinzaine de centimètres de haut, remplie d'un liquide aussi transparent que l'eau pure. Ron tendit la main pour la réceptionner mais Rogue recula la sienne, maintenant la fiole hors de portée du rouquin.
« Pourrais-je au moins savoir sur qui vous comptez l'utiliser ? », demanda Rogue en regardant Ron d'un air soupçonneux.
« Une taupe qui s'est glissée chez les Aurors », répondit Ron avec un rictus narquois. « Marcus Flint. J'imagine que ça vous dit quelque chose ? »
« Marcus Flint ? », s'indigna Rogue en donnant cette fois la fiole au jeune homme. « Mais comment ce type-là a-t-il pu devenir Auror ? Son simple nom de famille aurait dû suffire à lui fermer les portes de la profession ! »
Le coéquipier de Ron, silencieux jusqu'alors, esquissa une grimace. « Vous savez que c'est justement pour éviter ce genre de comportement sectaire que le Ministère a fait supprimer l'ancien système de maisons à Poudlard ? Votre nom ou votre statut magique ne définit pas qui vous êtes », grinça Matthew d'un air grave.
« En l'occurrence, si », le nargua Rogue en haussant un sourcil dédaigneux.
« Vous étiez un Serpentard et pourtant vous avez combattu de notre côté », lui rappela Ron en fourrant la fiole dans sa poche. « Et que dire de Blaise Zabini ou de votre filleul… ? »
A court d'arguments, Rogue se contenta de fusiller Ron du regard. « Tirez-vous, Weasley », lâcha-t-il avec lassitude. Le rouquin esquissa un rictus goguenard et recula en direction de la porte, son coéquipier sur les talons.
« A plus, Severus », chantonna Ron en quittant le bureau. Le Directeur ferma les yeux, se força à respirer longuement puis passa au second problème : l'avocate et le flic encore debout dans son bureau.
« A nous. »
~o~
Lorsque Ron refit son apparition dans la petite maison écossaise, la situation n'avait pas franchement évolué. Flint était toujours muselé d'un sortilège et l'équipe d'Aurors s'était réunie à l'écart pour discuter des questions les plus pertinentes à poser en priorité, ainsi que des techniques d'interrogatoire qu'ils utiliseraient. Il fallait une autorisation ministérielle pour utiliser le Véritaserum et la procédure prenait au moins quarante-huit heures, hors ils ne disposaient pas d'autant de temps. Qui savait combien de temps il faudrait aux Mangemorts pour s'apercevoir de la disparition d'un des leurs (à supposer que Flint leur ait dit qu'il partait en mission). Il y avait trop d'inconnues dans l'équation pour se permettre le moindre faux-pas. Il fallait être rapides et efficaces.
« J'ai peut-être ce qu'il vous faut », déclara Ron en posant la fiole de Rogue sur la table.
« Tu as eu le feu vert du Ministère ? », demanda l'un des Aurors en fronçant les sourcils.
Ron grimaça. « Pas vraiment. C'est une fiole non enregistrée par le gouvernement, ne me demande pas comment je l'ai eue », marmonna-t-il en enfonçant les mains dans ses poches.
« On ne peut pas l'utiliser », protesta Aonghas en secouant la tête. « Si jamais Flint prend un avocat et que celui-ci découvre qu'on a utilisé du Véritaserum sans autorisation pour lui soutirer des aveux et des informations, il nous fera tous tomber pour vice de procédure. On ne peut pas risquer ça. »
« Si Flint fait bien partie du nouveau groupe de Mangemorts, le poisson est trop gros pour que le Ministre le laisse filer à cause d'un simple vice de procédure », fit Matthew, pour défendre son coéquipier. Ron lui jeta un regard reconnaissant. « Il s'agit d'un problème de sécurité nationale, pas d'un simple cambriolage, ni d'un artefact moldu modifié illégalement. Si nous prévenons le Ministre assez tôt, il s'arrangera pour nous bricoler une autorisation spéciale, mais on doit commencer maintenant. Il n'y a pas de temps à perdre. »
Ron observa brièvement chacun des Aurors présents et sut que les mots de son équipier avaient fait mouche. Les hommes se regardaient, les mâchoires serrées, tous conscients que leurs deux collègues avaient raison.
« Très bien, allons-y », souffla Aonghas en repartant en direction de la salle à manger, où Flint était toujours solidement attaché. Il leva le sortilège de silence, mais le Mangemort présumé se contenta de le fusiller du regard sans ouvrir la bouche. Il avait arrêté de tenter de s'époumoner depuis quelques minutes déjà, conscient que cela ne l'avançait pas à grand-chose.
Les Aurors se postèrent en cercle autour de lui, regards menaçants, bras croisés et lèvres pincées. Marcus les regarda tour à tour, avec une pointe de colère et de mépris, puis renâcla grossièrement. « Alors quoi, vous allez me faire le coup des gentils Aurors, méchants Aurors pour tenter de me faire parler ? », se moqua le jeune homme avant de ricaner. « Si vous voulez la vérité, rien de tout ça n'est de ma faute : la fille a mal interprété mon comportement et elle est devenue cinglée. Elle a pointé une arme sur moi… je me suis défendu. Rien de plus naturel… »
Un des Aurors placés dans le dos de Flint leva les yeux au ciel et déporta le poids de son corps sur sa jambe droite.
« Ça ne t'ennuie pas si on vérifie ça ? », demanda Ron calmement en haussant un sourcil.
Marcus le regarda sans comprendre, ses dents désalignées et proéminentes lui donnant un faux air de bouledogue surpris. Avant qu'il ait eu le temps de réagir, deux Aurors lui saisirent la tête et Aonghas s'approcha en débouchant la fiole de Veritaserum. Flint saisit aussitôt ce qu'il était en train de se passer et serra les dents de toutes ses forces, bien décidé à ne pas ouvrir la bouche d'un centimètre. Mais l'un des Aurors qui maintenaient sa tête lui pinça le nez, bloquant sa dernière entrée d'air disponible. Après quelques dizaines de secondes, Flint ouvrit la bouche par réflexe pour laisser entrer l'oxygène et Aonghas y versa l'intégralité de la fiole, avant que deux autres de ses collègues ne plaquent leurs mains sur les lèvres du prisonnier pour le forcer à avaler.
Marcus s'étouffa quelque peu avec le liquide et lorsqu'il se fut écoulé suffisamment de temps pour être certains qu'il en avait avalé la plus grande partie, les Aurors le relâchèrent. Ce qui leur valut une nouvelle flopée d'insultes, entrecoupées de violentes quintes de toux.
« Vous… vous n'avez pas le droit ! », crachota Marcus, le visage rouge et furieux. « Il faut une autorisation pour utiliser le Véritaserum. »
« On l'a », bluffa Ron avec aplomb.
« Est-ce que tu fais partie de ces Mangemorts qui ont organisé les meurtres d'enfants et l'attentat du Chemin de Traverse ? », demanda Aonghas en se plantant face à Marcus.
« Oui », gronda le prisonnier en fusillant son interlocuteur du regard. Mais difficile de savoir s'il était plus furieux à l'encontre de l'Ecossais que de lui-même pour avoir parlé contre son gré.
« Que signifie ce H que vous laissez derrière vous ? », demanda Ron, dont la mission principale avait été d'enquêter sur la lettre. Et bien qu'il ait une petite idée de son utilité, il séchait toujours sur le sens véritable du H.
« Nous sommes les Héritiers », répondit aussitôt Marcus en s'agitant sur sa chaise. Sa langue pouvait bien ne plus être sous son contrôle, il faisait son possible pour tenter à nouveau de se libérer avant d'en dire trop. Mais c'était peine perdue.
Ron ouvrit la bouche et faillit se frapper le front du plat de la main. Merlin, maintenant qu'il l'entendait, cela lui semblait tellement évident. Ils étaient les descendants des Mangemorts, les héritiers de Voldemort, la nouvelle génération.
Ennemis de l'Héritier, prenez garde.
« Explique-nous ce que vous faisiez avec cette drogue », le pressa un autre Auror en bousculant un peu l'épaule de Flint. « Comment faisiez-vous pour cibler les victimes ? »
« Au début, on la donnait à tous les rebuts de la société, les clodos, les junkies, les fugueurs… dans l'espoir qu'ils tombent sur une Ignominie pendant qu'ils étaient perchés », déclara Flint avec un affreux sourire satisfait. « Mais ce n'était pas assez efficace. La plupart du temps, il ne se passait rien de plus pour eux qu'un mauvais trip et les effets s'estompaient avant qu'un meurtre n'ait pu être commis. Alors on a engagé ce type chez Gordon Labs… »
« Wesley Morgan », commenta Matthew, dont le souvenir de la maison sinistre et de son gigantesque H sur le mur le mettait encore mal à l'aise.
« Ouais, lui », reprit Flint avec un regard mauvais. « On a enlevé ses parents pour l'inciter à coopérer. Il devait nous sortir des listes de familles ayant eu recours à la modification génétique pour leurs enfants. On ciblait en priorité ceux qui avaient des problèmes pour gérer leur nouvelle situation familiale, les dépressifs, les frères et sœurs jaloux… »
« Quel courage… », ironisa Aonghas en se retenant de cracher au visage de Flint.
« On faisait passer la drogue aux proches vulnérables… et il suffisait d'attendre que le produit fasse son œuvre », acheva Flint avant de se taire à nouveau.
« Vous êtes de grands malades… », souffla un jeune Auror, légèrement en retrait dans un coin de la pièce.
« Pourquoi », fit soudain Aonghas, d'une voix à peine audible.
« Pourquoi quoi ? », rétorqua Flint en haussant un sourcil narquois.
« Pourquoi faire tout ça ? »
Le silence retomba brièvement dans la salle à manger et il y eut un instant où tous semblèrent pendus aux lèvres de Flint, ce qui fit légèrement sourire le criminel.
« Parce que ce nouveau système est une hérésie », répondit-il simplement. « Se mélanger aux moldus, permettre à ces chiens d'accéder à notre magie… » Il cracha par terre. « Il ne la méritent pas. »
« Parce que tu crois que tu mérites la tienne ? », s'indigna Matthew en se penchant légèrement vers Flint, la colère déformant ses traits. « Vu ce que tu en fais, il aurait mieux valu pour ce pays que tu naisses Cracmol, ordure ! »
« Va te faire foutre », gronda Flint en voulant lui aussi s'avancer vers Matthew, mais ces liens ne lui en laissèrent pas le loisir.
Des murmures traversèrent l'assemblée et les Aurors s'observèrent, dégoûtés par ce qu'ils venaient d'entendre. Pour la première fois de l'Histoire, sorciers et moldus vivaient en parfaite harmonie, profitant à la fois de la magie des uns et de la technologie des autres. Et des types comme Flint venaient tout gâcher. Navrant.
« Encore une chose qui me turlupine à propos de cette lettre, ce H… », reprit Ron, pensif. « Je l'ai observé et j'en ai déduit qu'il vous servait à vous déplacer, je me trompe ? »
Il se passa alors quelque chose d'étrange. Jusqu'à présent, Marcus Flint avait été furieux, arrogant, narquois, violent… mais jamais il n'avait semblé se laisser envahir par la peur. Hors c'était pourtant la terreur qui se lisait à présent sur son visage. Une terreur viscérale, qui faisait trembler tous ses membres et écarquillait à l'excès ses petits yeux noirs.
« C'est vrai… », se mit-il à balbutier, suppliant Ron du regard. « Mais pitié, arrêtez… ne me demandez pas ça… »
La réaction de Flint était si curieuse que les Aurors en furent quelque peu décontenancés et il y eut un moment de flottement.
« Comment faites-vous pour… », commença Ron, vite interrompu par les hurlements déchirants de Flint.
« ARRÊTEZ ! NON ! PAS CETTE QUESTION ! », beugla le Mangemort en s'agitant désespérément sur sa chaise. Une lueur dingue dansait dans son regard. C'était comme s'il devenait littéralement fou de peur. « PITIE ! »
Mais Ron ignora ses supplications. « Comment utilisez-vous le H pour voyager ? », insista-t-il d'une voix plus forte pour couvrir celle de Flint.
Le prisonnier, contrôlé par le Véritaserum, ouvrit la bouche pour répondre à la question du roux mais se figea soudain. Bouche bée, les yeux révulsés, sa tête partit légèrement en arrière et de légers tremblements commencèrent à agiter ses mains. Puis ses bras. Ses épaules, son torse. Bientôt, son corps tout entier convulsait violemment, les membres de Flint remuant de manière incontrôlée sous les liens qui les enserraient. La corde mordait de plus en plus dans les chairs, mais Flint semblait s'en moquer comme de sa première chaussette.
La bouche toujours ouverte, il semblait avoir du mal à respirer et à la grande stupeur des Aurors, ses globes oculaires commencèrent à enfler, comme s'ils essayaient de sortir de leurs orbites.
« C'est un sortilège ! », beugla soudain Aonghas en pointant sa baguette sur Flint. « FINITE INCANTATEM ! »
Mais le contre-sort n'eut absolument aucun effet. La tête de Flint enflait comme un ballon de baudruche et bientôt, sa langue s'échappa de sa bouche, violacée et gonflée, pour venir tomber mollement sur son menton. Quelques soubresauts de plus… et la vie quitta définitivement Marcus Flint.
Sidérés, les Aurors n'avaient pas eu le temps de réagir. Les chances de sauver Flint auraient de toute façon été infimes, tant le gonflement avait été rapide. Et la mort, foudroyante. Le Mangemort avait su ce qui l'attendait il avait tenté de les prévenir…
« Mais… qu'est-ce qu'il s'est passé ? », balbutia Matthew en fixant, dégoûté, le visage boursouflé et rougeaud de leur ex-collègue.
« Un sortilège d'engorgement extrêmement puissant », répondit Aonghas avec amertume en donnant un coup de pied dans une chaise voisine. « Sûrement un stratagème prévu par leur chef pour les empêcher de divulguer certaines informations en cas d'arrestation… »
Ron ferma les yeux. La bourde. Il aurait dû comprendre en voyant la terreur dans le regard de Flint… Pourquoi n'y avait-il pas pensé ? Il était pourtant familier de ce genre de sortilège. Hermione avait elle-même eu recours à une protection de ce genre pour percer à jour les taupes susceptibles de se glisser au sein de l'Armée de Dumbledore. A la différence qu'elle n'étouffait pas les cafteurs, se contentant seulement de leur faire pousser des furoncles sur l'ensemble du corps. Mais le principe était le même.
« Merde… », jura Ron en passant une main nerveuse dans ses cheveux. « J'ai tout fait foirer. »
« Tu ne pouvais pas savoir », marmonna son coéquipier, tandis que les autres se remettaient peu à peu du choc.
Un silence de mort retomba dans la salle à manger, tandis que tous observaient, pétrifiés, le cadavre défiguré de Flint sur sa chaise.
« Du coup, ce n'est plus la peine de demander une autorisation pour le Veritaserum, si ? », marmonna un des Aurors avec une grimace.
Tous levèrent la tête pour le regarder, les sourcils froncés.
« La ferme… », grogna Aonghas en se détournant.
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« Tu as terminé ton essai pour Binns ou pas encore ? », demanda David en s'asseyant à la table des Gryffondors, où Elias prenait son petit-déjeuner en compagnie de Ted, sa cravate de Serpentard en bataille autour de son col. Les Pouffsouffles et les Gryffondors avaient cours d'Histoire en commun et Elias se réjouissait d'avoir David pour égayer un peu les longues heures passées à étudier l'histoire de la magie. Victoire étant littéralement passionnée par les récits de l'Egypte antique et les tombeaux ensorcelés, elle passait l'intégralité du cours à prendre des notes avec acharnement, sans même lever le nez de son cahier.
Elias y mettait pourtant la meilleure volonté du monde, mais il ne parvenait pas à rester attentif plus de douze minutes, montre en main, aux récits monotone du professeur fantomatique. Heureusement, Binns ne semblait absolument rien remarquer et continuait son cours comme si de rien n'était. Elias n'aurait pas aimé que sa mère apprenne qu'il n'était pas sérieux en classe…
« Je ne l'ai même pas commencé », avoua Elias avec une grimace. « Hier soir on a travaillé le sortilège de lévitation avec Victoire, elle n'y arrivait pas très bien alors on s'est exercé. »
« Où est-elle, d'ailleurs ? », demanda David en regardant autour d'eux. Le banc craqua à sa droite et Elias sourit à Deborah qui venait de s'installer à son tour.
« Elle n'était pas tout à fait prête quand j'ai quitté la tour de Gryffondor, elle ne devrait pas- ah la voilà ! », annonça Elias en voyant effectivement la jeune Weasley entrer dans la Grande Salle. Elle avait la mine sombre et préoccupée, et serrait contre elle une enveloppe sombre. Elle salua à peine ses amis en s'asseyant près d'eux et renversa même un peu de jus de fruit en se servant un verre.
« Victoire, ça va ? », s'enquit Deborah en haussant les sourcils.
Il y eut un instant étrange, pendant lequel la blonde regarda furtivement autour d'elle, pinça les lèvres, ouvrit la bouche, la referma… Les autres observèrent patiemment son manège, attendant qu'elle finisse par parler.
« J'ai reçu un truc bizarre ce matin… », fit Victoire à mi-voix. « C'était sur ma table de nuit dans le dortoir. » Joignant le geste à la parole, elle posa l'enveloppe sur la table, sans cesser de jeter des coups d'œil inquiets autour d'elle.
« Qu'est-ce que c'est ? », fit Ted, sans gêne, en s'emparant aussitôt de la missive pour l'ouvrir.
« On dirait une invitation à un club… », répondit Victoire avec une grimace.
« Le Club Héritage ? », lut Ted avec un rire moqueur. « C'est quoi ce machin ? »
« Moins fort ! », siffla Victoire en rentrant la tête dans les épaules. « Lis et tu verras. »
Ted haussa un sourcil, se demandant pourquoi son amie agissait aussi bizarrement et se pencha en avant pour pouvoir lire à voix basse sans risquer d'être entendu par des oreilles indiscrètes.
« Découvrez le Club Héritage ! Aidez-nous à faire perdurer des valeurs en perdition, comme l'authenticité et la tradition, le tout dans une ambiance studieuse et conviviale. Sortilèges avancés, aide aux devoirs, rassemblements et activités extra-scolaires : optimisez votre potentiel et développez des relations utiles pour votre avenir ! Une première réunion de présentation aura lieu samedi prochain, dans le nouvel amphithéâtre du sixième étage, à dix-neuf heures précises. Entrée autorisée sur présentation de cette invitation uniquement. »
Le jeune Lupin fronça le nez et tourna le carton dans tous les sens, l'observant avec un mépris non dissimulé. « Qui d'autre en a reçu parmi vous ? », demanda-t-il en regardant ses amis. Tous lui répondirent par un hochement de tête négatif.
« Terry Prewett en a reçu une aussi, je l'ai vu la ranger discrètement dans son sac quand je suis descendue dans la salle commune », reprit Victoire. « Et dans les escaliers, j'ai croisé trois septième année qui en avaient aussi. Ils se pavanaient avec comme s'ils avaient reçu l'Ordre de Merlin. Mais tu n'as pas lu le meilleur », ajouta-t-elle en pointant du doigt le nom de l'organisateur en bas de l'invitation.
« Quentyn Travers », lut Deborah par-dessus l'épaule de Ted. « Qui c'est ? »
Le nom fit à Elias l'effet d'une douche froide et il jeta un regard inquiet en direction de l'invitation. « C'est l'un des deux grands qui m'ont envoyé à l'infirmerie », souffla-t-il, un frisson parcourant son échine.
« Exactement », chuchota Victoire, le visage fermé. « J'y ai réfléchi, et je pense qu'ils mijotent encore quelque chose. »
« Mais pourquoi t'envoyer une invitation et pas nous ? », demanda David. « Ça ne peut pas être le hasard, si ? A moins qu'ils sélectionnent uniquement les élèves qui ont les meilleures notes… »
« Je ne pense pas que ça ait quoi que ce soit à voir avec les notes », grommela Ted, visiblement furieux. « Victoire a quelque chose que nous n'avons pas, du moins aux yeux des organisateurs de cette farce… »
« Quoi donc ? », s'enquit Elias, que toute la situation rendait peu à peu mal à l'aise.
« Un sang pur », grinça Ted en jetant l'enveloppe au centre de la table.
« Quoi, t'es sérieux, là ? », s'indigna Deborah.
« C'est logique », reprit Ted. « Deborah est une sang-mêlé, David est un enfant modifié, tout comme Elias bien qu'il soit issu d'une grande lignée de Sang-Pur et moi… mon père est un loup-garou, ça ne doit pas être suffisamment 'classe' pour ces péquenots, je suppose… », cracha-t-il avec amertume.
« Ce sont des accusations graves, Ted », tenta de le tempérer Victoire. « Mais j'ai tendance à penser la même chose que toi… Avec tout ce qu'on lit dans la Gazette ces derniers temps, le retour des Mangemorts et le reste… »
« Alors qu'est-ce qu'on fait ? », demanda David, que la théorie de Ted vexait légèrement. « On va les dénoncer au directeur ? »
Victoire secoua la tête. « Non, on n'a aucune preuve, si ce n'est cette invitation un peu bizarre… Il faudrait être sûrs d'avoir raison avant d'aller prévenir les professeurs. »
Ted dévisagea son amie d'enfance, les yeux plissés, puis comprit où elle voulait en venir. « Ah non. Non, non, non, non, tu ne comptes tout de même pas y aller ? »
« Tu vois un autre moyen ? », se défendit la blonde en haussant les épaules. « On a besoin de preuves, si ça se trouve on se trompe et si on les accuse à tort, on passera pour des menteurs devant toute l'école. C'est hors de question. » La fillette croisa les bras, butée, et Ted et elle s'affrontèrent un instant du regard.
« Moi, je suis d'accord avec Victoire », fit Elias en levant une main.
« Pareil », fit David en l'imitant, tandis que Deborah levait la main droite à son tour.
Victoire adressa un regard satisfait à Ted. Celui-ci résista encore quelques secondes puis soupira avec lassitude. « Je désapprouve totalement, sachez-le. » Puis avec un regard courroucé à l'attention de Victoire, il ajouta : « Promets-moi que tu ne feras rien de dangereux ou d'inconsidéré. »
« Arrête on dirait ton père », railla Victoire en rangeant l'invitation dans son sac. « C'est juste une réunion : j'y vais, j'observe, je repars. Aucun danger. » Elle se sentait un peu mieux, maintenant que ses amis étaient dans la confidence. Elle irait à cette réunion, se ferait sa propre opinion et ils aviseraient ensuite. D'ailleurs, peut-être se faisait-elle des idées. Peut-être voyait-elle le mal partout… Sûrement, même.
Ou peut-être pas.
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Alors, quelles impressions sur ce chapitre ? Avez-vous apprécié la fin tragique (ou pas) de ce cher Flint ? Personnellement, j'ai adoré cette mort brutale, rapide, juste assez pour qu'il ait le temps de réaliser qu'il va mourir, ahahah c'était une grande satisfaction pour moi. Bon, avant que vous me preniez tous pour une psychopathe, j'espère que ce chapitre vous a plu. On entre dans le dernier tiers de la fiction (et oui, déjà), et je flippe un peu car les révélations vont s'enchaîner à partir de maintenant et j'ai un peu la pression. Bref !
Je ne sais pas si je pourrai publier lundi car j'ai des journées chargées qui m'attendent et je serai en vadrouille le weekend prochain, donc au cas où je vous préviens que la suite risque d'arriver dans 15 jours dans le pire des cas. Dans le meilleur, je vous dis à lundi prochain et je vous fais des gros bisous !
Xérès
