Titre : Underground Ch.15 - Prisonnier.
Auteur : Nandra-chan
Disclaimer : La plupart des personnages sont à CLAMP, le reste est à moi, le monde d'Argaï aussi. Le boulot aussi. La connerie aussi (malheureusement...). Les fautes d'orthographe et de français sont à quelqu'un d'autre.
Note : Nyahaha...
Réponse aux reviews :
Lily : Des nouvelles de Fye ? Bah justement, puisque t'en parles... :)
Riri : Vous vous êtes passé le mot pour Fye ? Ben voilà, ça vient. Et là je crois que je peux sortir le rire de la méchante sorcière. HIN HIN HIN NANDRA A ETE TRES VILAINE !
Temps passé sur ce chapitre : 7 heures.
Ce chapitre mérite absolument une review, donc, c'est en bas au centre !
Vingt-quatrième jour – le 25 février – Prisonnier.
Il allait et venait dans la pièce, et le fauve, dans la cage, ne le quittait pas du regard.
Tout ne se passait pas aussi bien qu'il l'avait prévu. Il avait pourtant envisagé toutes les possibilités, et son plan était infaillible. Personne, à part lui, n'aurait été capable de deviner ce qui allait arriver et d'être là, pile au bon endroit, au bon moment ! Seulement lui, parce qu'il avait ses sources, comme on disait.
Il avait fait tout ce qu'il fallait, pris toutes les précautions. Il avait même investi dans une fourgonnette, pour le transporter. Il avait prélevé du sang sur sa Proie pour pouvoir le nourrir. Il avait profité de son inconscience pour retirer les balles qui étaient restées dans son dos, et pour nettoyer et recoudre ses blessures. Il lui avait inoculé ce poison, pour le contrôler, l'empêcher de se blesser. Il l'avait mis dans cette cage, et enchaîné au mur par les chevilles, les poignets et le cou, afin qu'il ne puisse pas sortir et s'exposer au danger. Il l'avait sauvé d'un immense péril, et il avait pris soin de lui, finalement. C'était par intérêt, bien sûr, mais tout de même...
C'était bien grâce à lui que ce maudit blond avait échappé à celui qui l'avait attiré dans ce piège ! Grâce à lui que, aujourd'hui encore, l'autre ne savait pas où le trouver ! Bien sûr, sa position n'était pas très confortable, et il avait fallu faire des sacrifices, mais il était encore vivant, et il le lui devait. Il aurait dû se montrer, sinon reconnaissant, au moins coopératif. Mais non.
Il avait réussi, malgré des doses de drogues capables d'assommer un éléphant, à se traîner sur le sol jusqu'à pouvoir s'adosser contre le mur, et il restait là, assis toute la journée, à le fixer de son œil doré tout en pianotant sur le parquet, de la pointe de ses griffes. Dieu, que ce bruit était insupportable !
Sa prunelle aux reflets métalliques ne quittait jamais son geôlier. Où qu'il se rende, quoi qu'il fasse, elle était sur lui. Parfois, il ne la supportait plus alors il quittait la pièce, et quand il revenait, elle lui bondissait aussitôt dessus. S'il s'éveillait au milieu de la nuit, il la voyait luire doucement, toujours fixée sur lui, reflétant la vague clarté d'un rayon de lune.
Et l'expression de ce regard, fait de haine pure, le glaçait jusqu'au tréfonds de ses entrailles. Il fallait bien être honnête, son prisonnier le terrifiait : cet homme était fou à lier, et pas du genre doux-dingue, non. Carrément. Cinglé. Et très dangereux.
Le chasseur savait qu'il avait commis une erreur. Il n'aurait jamais dû utiliser le coup-poudre sans s'être assuré avant des effets que cela pouvait avoir sur les vampires. Mais il avait été pris par le temps, et il avait agi dans la précipitation, en souhaitant simplement que ça ne se retourne pas contre lui. Ses prières n'avaient été qu'à moitié exaucées.
Certes, le captif était physiquement diminué. L'affaiblissement dû à ses blessures, le manque de nourriture, le confinement et le poison faisaient leur œuvre. Il bougeait très peu et lentement, et semblait avoir des problèmes de coordination. Mais Stoker se méfiait des apparences : même s'il n'avait pas prononcé un mot depuis son arrivée, et s'il n'avait pas l'air pas comprendre quand on s'adressait à lui, il paraissait que ce n'était dû qu'à la barrière de la langue, et non à un amoindrissement de ses capacités intellectuelles ; le blond le fixait avec un regard brillant d'intelligence, de sournoiserie et de méchanceté. Comment savoir s'il ne jouait pas la comédie, et s'il était réellement dans l'impossibilité de se mouvoir correctement ? Personne n'avait envie d'entrer dans la cage pour vérifier !
Les questions se bousculaient dans la tête de son geôlier. Cet homme avait-il toujours été ainsi, aussi agressif, aussi dénué d'empathie ? Ou était-ce là l'effet pervers du coup-poudre ?
Il n'avait pas prévu de le garder aussi longtemps. Le plan, c'était juste de l'attraper pour le soustraire à celui qui l'avait attiré dans ce monde, de le zombifier pour le rendre docile, et ensuite de le forcer à ouvrir un portail dimensionnel pour s'échapper de là. Puis de le tuer et de brûler son corps, dans un lieu très lointain, pour faire échouer définitivement les projets de son premier kidnappeur. Sauf que rien n'avait marché comme prévu.
Lorsqu'il était arrivé, il ne devait être que blessé, mais il était en fait à l'article de la mort. Il avait fallu le soigner, le remettre un peu en état. Et le coup-poudre n'avait pas du tout fonctionné comme il aurait dû. Et surtout, il y avait eu le coup des plumes... ça, ça avait vraiment fini de faire échouer l'opération.
Et maintenant, il se retrouvait coincé dans ce monde, avec un vampire timbré enchaîné dans son appartement. Il ne pouvait pas l'éliminer, pas ici, car il était sa seule porte de sortie et son seul moyen de pression face à son ennemi. Il ne pouvait pas non plus le relâcher, ou plutôt il n'osait pas, pour les mêmes raisons et parce qu'il savait que sitôt qu'il le libérerait, il serait un homme mort. Et il ne pouvait pas l'utiliser, car il ne savait pas comment le forcer à lui obéir, et de toute façon, sans ces maudites plumes, il ne pouvait rien faire.
- Je devrais vraiment te tuer, lâcha Stoker, avec hargne, en se tournant vers son prisonnier.
Lequel n'avait peut-être pas compris les mots, mais parfaitement saisi l'intention, et lui retourna, en guise de réponse, un sourire terrible, plein de défi et de cruauté. Le vampire n'était pas capable de parler, et il n'en avait guère besoin. « Essaie un peu, si tu l'oses » disait sa mimique.
Le chasseur soupira et se détourna. Il devait revoir son plan, trouver une nouvelle stratégie. Il lui fallait un nouvel endroit où se cacher, plus sûr, où il pourrait laisser son prisonnier enfermé et partir l'esprit en paix, sans se dire qu'à son retour il trouverait la cage vide et l'oiseau envolé. Il allait se mettre à la recherche des plumes, et quand il les aurait toutes trouvées, la partie reprendrait là où elle s'était arrêtée. De toute façon, pour l'instant, il ne pouvait rien faire d'autre. A cause de ce taré de magicien, la situation était complètement bloquée.
De petits coups frappés à la porte le détournèrent de ses réflexions moroses. Il alla ouvrir et s'écarta pour laisser entrer un garçon d'une douzaine d'années, à bout de souffle. Il portait un petit sac qu'il lui tendit. Stoker le prit, l'ouvrit, en examina le contenu, et leva un regard interrogateur sur le gosse.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Fragon m'a dit de vous donner ça.
- En quel honneur ? Je n'ai rien demandé.
- Il a dit que vous en auriez peut-être besoin.
- Eh bien, tu peux les lui rendre. Remercie-le et dis-lui...
- Je peux rien lui dire. Il a été arrêté par la police.
- Je te demande pardon ?
- Ce matin la police est venue. Il les a vus arriver alors il m'a donné ça et il m'a dit de venir ici, et je suis sorti par la fenêtre du toit. J'ai vu les policiers l'emmener et je suis venu ici.
- Alors ça, c'est vraiment le bouquet !
- Je peux y aller, monsieur ?
Le chasseur considéra le gamin, réfléchit quelques secondes, puis repoussa la porte pour barrer la sortie.
- Non, je suis désolé mais tu dois rester ici.
- Mais, je dois aller à l'école, je vais être en retard !
- Ce n'est vraiment pas grave ça.
- Mais...
- Tu n'iras plus jamais à l'école, alors en te préoccupes pas de ça. Allez, viens par là.
Il attrapa l'enfant par le col et sans tenir compte de ses protestations, le traîna vers la cage. Il s'arrêta à une distance raisonnable, sortit ses crocs, dénuda le cou du garçon, et les y planta sans délicatesse. Bientôt, les cris de sa victime cessèrent, ses mouvements se ralentirent, et pour finir, elle ne bougea plus. Il la laissa tomber sans cérémonie sur le parquet et s'approcha de la cage en s'essuyant les lèvres d'un revers de manche. Il ne savait pas ce qui lui était passé par la tête, mais tout à coup, il avait eu furieusement envie de narguer son prisonnier, de le provoquer. Il en avait assez de subir les flots de haine que l'autre déversait sur lui, il était temps de lui montrer qu'il pouvait, lui aussi, se montrer féroce.
- Est-ce que tu as faim ? demanda-t-il au magicien. Cette odeur de sang, ça ne titille pas un peu ? Ou est-ce que vraiment, il n'y a que ta Proie qui compte ? Imagine ce que tu aurais ressenti, si ça avait été lui, à la place de ce gosse. Je viens d'avoir une idée, d'ailleurs ! Je vais le trouver, ton ami aux cheveux noirs. Je n'aurais pas dû le laisser, la première fois. Je vais le trouver et le ramener ici, et ensuite, je me nourrirai de lui et je le viderai de son sang, comme ce gamin, devant toi, sans que tu puisses rien faire. Tu le verras mourir sous tes yeux, ton... Kuro-chan. C'est bien ainsi qu'il s'appelle ? C'est le nom que tu gémissais dans ton sommeil.
Il était sûr que le blond n'avait rien compris à ses propos, mais qu'il avait parfaitement saisi la menace dans son intonation, car il avait vu les muscles de ses mâchoires se contracter sous sa peau claire, et son regard s'était encore durci. Satisfait, il lui adressa un petit sourire narquois et se retourna pour ramasser le cadavre du gamin.
Il ne put rien faire. Il n'eut pas le temps de réagir. Tout vint en même temps. Le bruit des chaînes, un froissement de tissu, quelque chose qui l'attrapait par le cou et le happait. Son visage s'écrasa contre les barreaux de la cage et une voix glaciale murmura dans le creux de son oreille des paroles aux sonorités étrangères.
- Si tu fais ne serait-ce qu'effleurer un cheveu de ma Proie, je te jure que je t'écorcherai vif, petit bout par petit bout, puis je te guérirai et je recommencerai, chaque jour, durant autant d'années qu'il en aurait fallu à ce petit garçon pour devenir un vieil homme et accueillir la mort comme une bénédiction.
Lui non plus, ne comprit pas ce que le blond disait, mais l'intonation ne laissait pas la moindre place au doute, et il sut qu'il venait d'écoper d'une condamnation à un sort pire que la mort. Et il y eut cette terrible brûlure, une douleur si atroce qu'il se mit à hurler à pleins poumons et à se débattre, mais son prisonnier le tenait fermement, et déployait une force que son corps svelte n'aurait jamais permis de soupçonner. Puis soudain, il le lâcha, et le chasseur s'affaissa sur le sol, les mains crispées en l'air comme s'il voulait les plaquer sur le côté de sa tête mais n'osait pas. Et pour cause, son oreille gisait sur le plancher devant lui, et des flots de sang ruisselaient du trou béant en bordure de sa chevelure.
Le magicien, qui était resté debout près de la grille, le regarda de haut, s'essuya à son tour les lèvres sur sa manche, imitant le geste qu'il avait fait plus tôt, retourna s'asseoir dans son coin, et lui adressa un sourire cruel, accompagné d'un doigt d'honneur, griffe sortie.
Stoker grogna et rampa hors de la pièce, tentant péniblement de se relever.
.oO0Oo.
- Hé ! Kurogane ! Oh ! Kurogane ! Réveille-toi !
Le ninja ouvrit les yeux, et s'assit sur le canapé. Il faisait nuit noire et un courant d'air frais et humide entrait par la fenêtre grande ouverte, ainsi qu'une bonne odeur de terre mouillée, indiquant que les nuages menaçants qui avaient plombé le ciel toute la journée avaient fini par crever.
Il était fatigué, et il avait des courbatures partout. Passer son temps à faire des cascades dangereuses et à se bagarrer, c'était bien joli, mais ça finissait par laisser des traces, et en plus il avait passé tout le jour à se péter le dos à sillonner la ville sur son scooter. Le moins qu'on puisse dire, c'était que les services de la voierie laissaient à désirer, dans ce pays, et il ne comptait plus le nombre de nids de poules, de rigoles, de dos d'ânes et autres joyeusetés que ses vertèbres avaient dû encaisser. Et tout ça pour rien.
Loé l'avait conduit dans les quartiers les plus éloignés du centre, au-delà même des camps de sinistrés, pour essayer de trouver des indices sur la présence de Fye, d'un chasseur de vampires, ou même de vampires, mais ils avaient fait chou blanc. C'était comme l'avait dit Lavoie, les gens avaient autre chose à faire que d'espionner leurs voisins, et les superstitions liées aux mystères du vaudou achevaient de leur clore la bouche. Côté police, le signalement de Stoker donné par l'empoisonneur n'avait rien donné non plus. Sans surprise, il était inconnu de leurs services.
En revanche, Despestre avait progressé grâce à cette arrestation. Contre un arrangement en bonne et due forme, Lavoie avait avoué avoir été au service de l'un des frères de Maricia Boisrond lorsque celui-ci était mort, et avoir travaillé comme tueur à gages au service de Philome Derulo. Il avait également expliqué que son commanditaire était en contact avec plusieurs personnes haut placées du gouvernement et des plus hautes strates de l'économie. Son témoignage avait mis les services de police en ébullition, et l'affaire avait soudain pris une ampleur toute différente de ce qu'elle était au début. L'inspecteur ne risquait pas de montrer le bout de son nez à l'appartement, ce soir-là.
- Ho, Kurogane ! Je te parle !
- Inuki ?
- Enfin !
- Tu es réveillé. Donc, tu vas mieux ?
- Plus ou moins. J'ai encore besoin de me reposer. Mais quelque chose m'a réveillé.
- Quoi ?
- Habille-toi, on sort.
Quelques minutes plus tard, le brun était dans la rue et posait ses fesses sur le siège de son scooter avec un soupir douloureux. Finalement, il aurait préféré un cheval ! Le dieu-chien ne lui avait pas donné beaucoup d'explications. Simplement qu'il avait senti quelque chose de bizarre, et qu'il fallait aller voir de quoi il s'agissait.
La grosse pluie qui tombait abondamment avait chassé les fêtards qui s'étaient réfugiés dans les bars, et les rues étaient désertes. La terre trop sèche refusait d'absorber toute cette eau venue du ciel, et le ninja roulait dans une couche de boue glissante et traitresse qui lui cachait les imperfections de la chaussée. Il était obligé de garder une allure modérée, sous peine de faire une mauvaise chute.
A l'exception des avenues et des voies les plus fréquentées, la ville était plongée dans le noir, ce qui n'aidait pas à se repérer, mais il finit par deviner qu'Inuki le guidait plus ou moins dans la direction de l'église où Loé l'avait trouvé, le jour de son arrivée dans ce monde. Mais au lieu de monter sur le flanc de la colline comme il s'y attendait, le dieu la lui fit contourner et ils s'enfoncèrent plus profondément dans un secteur presque totalement à l'abandon. Ils progressaient à travers un décor lunaire, fait de montagnes de gravats se succédant les unes aux autres. L'ambiance était sinistre, le bruit de la pluie masquait tous les autres sons, et le rideau de l'averse cachait toutes les lumières.
Kurogane était trempé, fatigué, et tout à coup, il se sentit très déprimé, seul au monde, dans l'obscurité. Inuki ne disait plus rien et semblait s'être replongé dans le sommeil, estimant sans doute que son hôte pouvait désormais se débrouiller par lui-même. Le ninja ne voyait pas bien ce qu'il pouvait y avoir d'intéressant dans cette zone. Tout n'y était que ruines, et en plus, on était en plein milieu de la nuit, sous l'orage. Venant de quelqu'un d'autre, il aurait pris ça pour une blague de mauvais goût, mais il savait que le dieu ne se serait pas réveillé pour rien, alors qu'il avait tant besoin de se reposer ; il fallait le prendre au sérieux.
Il s'arrêta pour réfléchir, à l'abri d'un auvent qui avait miraculeusement résisté au séisme. Il ne pouvait pas se servir de ses yeux, ni de ses oreilles, pour repérer ce qu'il était venu chercher, mais le clebs pensait qu'il le trouverait quand même puisqu'il l'avait abandonné à ses recherches. Il devait donc employer d'autres moyens. Il coupa le moteur de son scooter, mit pied à terre, ferma les paupières et se concentra. Des années d'exercices et de discipline d'épéiste lui avaient appris à laisser aller, à s'oublier pour se fondre avec son environnement, ne faire plus qu'un avec les éléments, l'air, l'eau, la terre sous ses pieds, à les apprivoiser et apprendre à les différencier, avant de frapper, glisser sa lame entre eux et les séparer. Avec cette technique, il était capable de trancher n'importe quoi, car elle lui permettait de toucher à la structure même du monde, et de délier ce qui était lié. Mais pour l'instant, il ne voulait rien couper ; juste comprendre ce qui l'entourait, et déceler l'élément qui avait attiré l'attention de son compagnon.
Tout à coup, son cœur manqua un battement. Il ouvrit brusquement les yeux, et partit en courant. La pluie lui battait le visage, il pataugeait dans la boue, mais il n'en avait cure. Il escalada un tas de décombres, s'aidant de ses mains et se traînant parfois à genoux pour parvenir au sommet, puis redescendre de l'autre côté. Les gravats glissaient sous ses pieds et l'entraînaient dans la pente sans qu'il ait le moindre contrôle sur sa trajectoire. Il faisait nuit noire et il risquait à tout moment de faire une mauvaise chute, ou de s'empaler sur un morceau de ferraille tordu dépassant du sol, mais il ne ralentissait pas. Au contraire, il profitait de l'élan pour courir encore plus vite.
Et enfin, il s'arrêta, dans le creux d'une sorte de cuvette formée par les immeubles en ruine. Elle était là, sur le sol, devant lui. Elle était posée dans la boue, mais elle était immaculée et elle brillait, entourée d'un halo opalescent, bleu et blanc.
Kurogane tomba à genou et prit délicatement la plume entre ses mains. Elle sembla le reconnaître et se mit à pulser doucement, de cette aura qu'il aurait reconnu entre mille et qu'il chérissait tant. Il sentit qu'elle acceptait son contact, qu'elle se faisait plus présente dans le creux de ses paumes, qu'elle s'y lovait comme l'aurait fait un chaton épuisé, et il comprit qu'elle l'avait attendu, qu'elle lui était destinée.
- Fye... murmura-t-il, et il remarqua avec étonnement que sa voix était cassée par l'émotion. Oh Fye... qu'est-ce que tu as fait ?
