Quelqu'un vient juste de réclamer la suite (ça me hérisse quand vous réclamez, vraiment, c'est pas sympa), "Où est la suiiiiteuh ?"
J'attendais juste... le 220ème commentaire... pour poster... le chapitre... Et voilà !
Oui, je suis sadique ainsi (un peu gavée par cette histoire, j'avoue). Bon, navrée pour l'attente. Mais je suis hyper têtue (butée, a dit ma pote jeudi dernier et moi qui monte sur mes grands cheveux "CoOomMeNT çA, jE SUiS bUTÉe, N'imPoORTe QuOi !") et quand j'ai décidé que j'attendrais ce nombre de commentaires, bah j'attends.
Sinon, comme je ne suis bien sûr jamais allée au Disneyland de Floride, j'invente complètement le parc.
Ce chapitre est un peu plus court mais c'est parce qu'il est super drôle. Alors je préfère vous ménager. Je n'ai pas envie que vous vous étouffiez devant et que je sois accusée d'homicide volontaire xD
Bonne lecture !
Bras de Fer
CINQUIÈME MANCHE
Bucky le trouva assis sur un banc, en train de donner le biberon à Ian. Il avait fait aussi vite que possible et, une fois n'était pas coutume, il avait le souffle court, à cause de l'inquiétude sous-jacente. Il tendit à Sam son pack d'ailes et ses lunettes de vol. Celui-ci devina que Bucky avait caché sous ses vêtements de vacanciers des dizaines d'armes en tous genres.
"En plus" annonça celui-ci fièrement, "J'ai fabriqué une combinaison pare-balles pour Nomade."
Ce fut au tour de Sam de s'arrêter net en plein mouvement. Bug du système.
"Buck, il est hors de question qu'on emmène Nomade avec nous" dit-il avec la voix douce dont on se sert pour parler aux personnes insensées.
"Et on en fait quoi ? On le laisse seul dans la chambre, là où on pourrait le kidnapper ? On l'abandonne dans les jardins d'enfants de Disneyland où les employés pourraient être loyaux à HYDRA ?"
"Comment tu comptes te battre avec un bébé accroché sur ta poitrine ?" chuchota Sam furieusement.
"Pas moi ; toi !" fit Bucky avec une logique imparable.
"Moi ?! Mais t'es fou ? De nous deux, je suis celui qui essuie le plus de tirs. Avec mes ailes, je suis une cible de choix."
"Je couvrirai tes arrières" le rassura Bucky avec une caresse de la main. "Et ça sera l'occasion pour toi de changer un peu ton style, de renouveler tes attaques…"
Sam s'étouffait de l'entendre proférer ces âneries. "Hors de question ! S'il arrive quoique ce soit à Ian, Steve va nous tuer !"
Bucky lui tira la langue. "Tu peux l'appeler si tu veux, froussard. Moi, je vais faire exploser ces enfoirés et leur trou à rats !"
"Pas à Disneyland !" protesta Sam avec force.
"Je vais me gêner" assura Bucky avec un clin d'œil diabolique.
"Oh génial…" gémit Sam. "Je le savais, que t'allais nous fourrer dans les problèmes jusqu'au cou. Bah je viens avec toi… Ce n'est pas comme si j'avais le choix de toute manière…"
Il enfila son pack avec résignation, s'assura que Redwing était bien calé, le réveilla avec sa tablette tactile et l'entendit biper sur son dos. Puis il s'occupa de Nomade : sa combinaison était un gilet pare-balles que Bucky avait recousu en body.
Le bébé disparaissait à l'intérieur. Seule sa petite tête d'ahuri était visible.
Bucky lui enfila un casque de Steve trop grand qui lui tombait sur les yeux et des lunettes de protection – il avait toujours des lunettes de soleil pare-balles avec lui en cas de besoin car, disait-il, on a toujours besoin d'avoir l'air cool lorsqu'on se fait tirer dessus. Nomade voulut protester contre tout cet attirail alors qu'il faisait trente degrés au soleil mais ses mouvements étaient limités par le gilet-body-pare-balles.
Sam glissa l'oreillette de Sam dans son tympan d'un geste amoureux. Sam l'embrassa en lui mettant la sienne.
Ils étaient prêts à partir en guerre contre HYDRA. À Disneyland.
Ils partirent enquêter sur les traces de l'organisation maléfique.
Même Nomade avait compris qu'il fallait être discret puisqu'il cessa de geindre sous son casque et observa la scène de ses grands yeux curieux, lorsque Sam et Bucky pistèrent Peter Pan qui avait été mouchardé au moment où Bucky lui avait demandé un autographe. Redwing le suivait dans les airs tandis que le trio marchait derrière d'un pas peinard de vacancier qui n'attirait pas l'attention. Désormais, ils avaient l'œil aux aguets tandis qu'ils espionnaient chaque employé du parc en se demandant s'ils étaient engagés dans l'organisation nazie.
Leurs rêves s'écroulèrent. Le Capitaine Crochet emboîta le pas à Peter Pan. Pire, Tic et Tac, les deux écureuils malicieux, étaient aussi du complot – Bucky reconnut le profil de deux agents d'A.I.M – Sam espérait qu'ils suaient comme dans un sauna sous leur épais pelage. Olaf le bonhomme de neige rejoint aussi l'unité mais cela n'étonna personne.
"J'ai toujours su qu'il était mauvais, celui-là" désapprouva Sam et Bucky ajouta : "Jamais pu blairer le film."
La petite troupe de méchants costumés se dirigeait vers leur planque de vilains sans se douter de quoi que ce soit. HYDRA s'était surmenée : elle avait bâti son repaire secret sous le château de l'entrée, le célèbre château qui avait fait le logo et la célébrité de Disneyland. L'on devait reconnaître à HYDRA qu'elle ne faisait pas les choses à moitié en matière de malveillance. La troisième tentative d'alliance suprême avec A.I.M faisait désormais dans le style « Grandiloquent & Pompeux », un style bien différent des hangars miteux de Malaisie où Sharon les avait emmenés.
Sam et Bucky se faufilèrent à leur suite sur la pointe des pieds, derrière la lourde porte blindée et dans les couloirs lugubres, plafonniers jaune fade et béton brut de rigueur pour créer une ambiance glauque propre à la malveillance. Ils se tapirent derrières des cartons pour écouter les cinq malfrats terroristes et glaner plus sur le plan machiavélique. Manque de chance, ça n'était pas le bon moment.
Crochet retira son crochet, Tic et tac leur tête d'écureuil, Olaf la sienne, et…
"Ah ! Ça fait du bien !" s'étira Peter Pan.
"Qui veut un café ?"
"Les gars, quelqu'un a une clope à me filer ?"
Olaf et Crochet comparaient les avantages de chaque organisation maléfique.
"C'est bien, A.I.M ?"
"Cinq semaines de congés payés par an et une assurance-retraite. C'est correct. Et HYDRA ?"
"On a droit à une bonne prime si un de nos coéquipiers meurt en mission. La prime double si c'est à cause de Captain America. Mais bon, c'est rare. Et y en a qu'en profitent, qui trichent tu vois. Alors faut faire gaffe à ne pas se faire tuer par un membre de l'équipe aussi. C'est des radins à la compta d'HYDRA. On ne fonctionne que sur les dons alors forcément, ça limite."
"Ah ouais… Chez A.I.M, on vend nos brevets alors de ce côté, on n'a pas de problème."
Mais lorsque Tic et Tac renfilèrent leurs têtes, secouèrent leur queue en panache et que Olaf déclara à la ronde : "Bon, quand faut y aller, faut y aller", Bucky perdit patience pour de bon.
Tu pousses le bouchon un peu trop loin, Olaf.
La pause était finie pour tout le monde.
Il adressa à Sam un regard désabusé, l'embrassa sur la joue et bondit de derrière leur cachette. Les comédiens s'égaillèrent en piaillant, terrifiés. Bim, paf, pouf, ce fut un jeu d'enfant pour Bucky de tous les assommer.
Celui-ci secoua la tête dépité : "Quelle bande de ratés…"
La salle de commandes était grande, grise et encombrée, des panneaux de contrôle du sol au plafond, pleins d'écrans et de claviers, de boutons clignotants et de diodes lumineuses, de fils et de câbles.
Sam sortit de derrière les cartons et soupira, les mains sur les hanches. "On se croirait dans un studio de cinéma à Hollywood. Ces super-méchants, je te jure... Leur goût pour la mégalomanie finira par les tuer !"
Bucky s'était aventuré au fond. Il se marrait. "Regarde, Sam : encore un portail spatio-temporel !"
Sam soupira une seconde fois, de manière plus accentuée. "T'as raison, ça me soûle. On fait tout péter !"
Bucky rigola encore plus face à son exaspération. "Vas-y, je t'en prie."
Il reçut un regard désapprobateur.
"Je ne vais pas faire exploser des trucs alors que je porte Nomade. T'as qu'à le faire toi, vas-y."
En maugréant : "C'est toi le spécialiste des portails spatio-temporels", Bucky alla à contrecœur jusqu'au tableau de bord de la machine.
Le portail était semblable à tous les précédents : un épais anneau en métal de cinq mètres de diamètre dont le pourtour interne brillait d'une lueur violette électrique. Bucky étudia la table de contrôle et le gros bouton rouge sous verre accompagné d'un signe d'interdiction attira son attention.
"Sam ? SAM ? C'est ça, le bouton d'autodestruction intégrée ?!"
Sam était à vingt-cinq mètres de là. Autant dire qu'il ne voyait rien du tout. Il haussa les épaules. "Si j'avais su que ces machins de folie en étaient équipés… J'en sais rien, Buck !" cria-t-il. "Essaye !"
Bucky essaya donc.
Il ouvrit la vitre et appuya sur le bouton rouge.
Rien ne se passa. Pendant approximativement deux secondes. Puis le portail se mit à bourdonner, la lumière violette s'accentua et l'anneau se mit à tourner sur lui-même, d'abord pesamment puis de plus en plus vite.
"Oups" murmura Bucky dans sa barbe avant de dire, beaucoup plus fort : "SAM ! En fait, c'était le bouton de mise en marche !"
Celui-ci se frappa le front de sa paume. "Bah annule !"
Bucky pressa six fois très vite sur le bouton rouge et, voyant que cela ne changeait rien, il appuya frénétiquement sur tous les claviers, au hasard sur les touches en cassant la moitié au passage. Le portail ralentit, s'immobilisa et redevint silencieux. Sam poussa un soupir de soulagement inaudible.
"Ouf" souffla Bucky en retenant du doigt une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux. Il trottina vers Sam avec un sourire penaud. "Je pense qu'il vaudrait mieux que tu t'en occupes. Je préfère gérer Nomade que ce truc."
Sans commenter, Sam s'apprêta à retirer le porte-bébé lorsqu'un énorme bruit retentit au dessus de leur tête. Ils se figèrent.
"Oh oh…" fit Bucky.
"Regarde ça." Sam désigna l'écran sur lequel s'affichait en grosses lettres clignotantes : « Portail en cours d'ouverture ».
"Mais je viens de l'arrêter !"
"Apparemment, y en a un autre." Redwing venait de sonner l'alerte à l'extérieur. Sam inspecta les écrans et en désigna un autre. "Là, le vrai ! L'immense portail monté dans le château dehors !"
Les caméras d'HYDRA filmaient en direct un portail spatio-temporel quatre fois plus grand (vingt mètres de diamètre) qui se mettait en branle, dans l'entrée du château. L'entrée où passaient les touristes pour venir dans le parc.
"Oh oh" répéta Bucky, une main devant la bouche, l'air catastrophé.
"Pile dans l'allée où passent les visiteurs" remarqua Sam d'un ton acide.
Les chiffres défilaient à l'écran, les jauges augmentaient, les ordinateurs transmettaient « la Bonne Mise en Route de la Procédure ».
Sam dit l'évidence à voix haute pour lui donner plus de poids : "Faut arrêter ça."
"Avant que des créatures bizarroïdes en sortent, oui. Mais comment ?"
"C'est toi, le super-assassin. Trouve une solution, c'est toi qui l'a allumé." Sam se désintéressait de cette histoire de fou. Lui, il était juste là en vacances.
"Super-assassin, pas super-informaticien !"
Pour faire bonne mesure et montrer sa participation au chaos collectif, Bucky cassa un panneau de contrôle du poing. C'était dramatique, absolument injustifié et totalement inutile. Ce ne fut d'aucun effet.
Un second bruit terrible retentit. Les lampes vacillèrent, de la poussière tomba du plafond.
"Mon Dieu" soupira Sam, fataliste, "On a déclenché nous-mêmes un plan machiavélique de super-méchants…"
Bucky décréta d'une voix résignée : "Steve va nous tuer."
Nomade commençait à avoir peur. "Am, Ucky" geignit-il.
Sam lui caressa le front doucement en murmurant d'une voix chaude : "Tout va bien, tout va bien."
Bucky s'arracha les cheveux d'entendre ça. "RIEN NE VA PLUS !"
Il saisit Sam à bras-le-corps par la taille et courut vers la sortie à toutes jambes en le portant comme une planche à repasser. "Il faut qu'on sauve Disneyland !" hurla-t-il, galopant à soixante kilomètres/heure.
Sam se tortilla pour déployer ses ailes, le saisit par les aisselles et s'envola à l'air libre, portant Bucky et Nomade avec panache. "Allons sauver Disneyland alors."
