Auteur: Katoru87
Rating: M
Couple: moi je sais et pour l'instant c'est suffisant.
Résumé: Harry est un jeune étudiant désargenté et seul qui fait de son mieux pour survivre à Londres, une ville hors de prix. Il va jusqu'à vendre la seule chose qu'il possède vraiment: son corps.
And all that music
Chapitre 25
Suis avachi sur mon matelas, en train de caresser Cachou qui ronronne comme une turbine. Je me sens tellement con et furieux! Si j'avais des pouvoirs magiques c'est toute la baraque qui tremblerait sous ma fureur.
Garce d'Ombrage!
J'ai épluché toutes les petites annonces qui me tombaient sous la main mais je n'ai rien trouvé. Les appartements qui étaient dans mes prix étaient de véritables ruines grandes comme des cages à lapins et situées tellement loin du conservatoire qu'il fallait prendre trois ou quatre correspondances en métro pour y arriver. Les appartements corrects étaient trop chers pour moi seul, il faudrait que je cherche un colocataire mais le délais que me laisse Ombrage est beaucoup trop court. Une semaine ce n'est pas assez pour trouver un appartement, le réserver – en admettant que le propriétaire accepte – faire passer une annonce et trouver un colocataire potable pouvant payer chaque mois sa part de loyer. Même en mélangeant les étapes ce n'est pas suffisant.
J'ai passé la semaine à courir partout au point que je n'ai même pas eu le temps de mettre mes amis au courant. Maintenant, je me rends compte que c'était stupide. Ils auraient pu m'aider et peut-être même qu'avec un coup de main de Lucius, j'aurais pu moucher Ombrage et gagner du temps pour me retourner. Mais c'est trop tard.
Je savais dés le début que je ne trouverai rien, j'ai donc immédiatement commencé à emballer mes affaires et cette garce d'Ombrage m'a regardé remplir mes cartons avec une lueur de jouissance dans les yeux qui a achevé de me dégoûter. Sur le pas de ma porte, elle me toisait de toute sa hauteur pour me faire comprendre que je n'avais pas ma place dans la pension de luxe qu'elle s'apprêtait à créer – étant donné ses goûts en matière de décoration, je suis plutôt content de partir, qui sait dans quoi je me serai retrouvé. Je l'ai mise à la porte vite fait en lui disant que j'étais encore chez moi. Je sais que dans sa tête elle a ajouté « plus pour longtemps », mais je tiendrai jusqu'au bout.
Il ne me reste qu'un jour avant de devoir partir. Mon appartement est vide, il ne reste que mon matelas et le panier de Cachou dans un coin, à côté du téléphone. J'ai confié mes affaires à un garde-meuble. Au moins je suis sûr qu'elles ne risquent rien là-bas et comme je connais bien le responsable, j'ai eu une ristourne.
Cet appartement va me manquer. J'aimais les poutres en bois massif du plafond, ces étagères improvisées qui contribuaient à désengorger mes meubles du trop plein de livres et de CDs, ma petite chambre et ma grande salle de bain avec une vieille baignoire à pieds. Cet endroit était chaleureux, même vide je m'y sens à l'aise. Qui sait à quoi il ressemblera bientôt?
Pas moi sans doute et de toute façon, je ne tiens pas à le savoir.
Mais il faut bien que je trouve un endroit où rester et je sais à qui je vais demander en premier – et qui va sûrement m'engueuler de ne lui avoir rien dit. Mon petit Draco bien sûr. Depuis que je le connais, je n'ai jamais mis les pieds chez lui, pourtant j'ai son adresse mais je n'en ai jamais eu l'occasion, ni même l'idée. Nos beuveries, nos soirées, nos délires c'était soit chez moi, soit chez Blaize. Draco vit avec son amant, plus âgé que lui si j'ai bien compris, je pense qu'il ne voulait pas le déranger avec nos bêtises de jeunes adultes immatures.
Ou alors, il n'avait pas envie qu'il le voit bourré et je comprends pourquoi. Un Draco Malfoy torché c'est pas beau à voir – demandez au tapis de Sirius.
Cachou vient se frotter à moi alors que j'enfile ma veste. Il n'aime pas rester seul dans cet appartement vide alors je décide de le prendre avec moi. Il pourrait constituer une arme redoutable pour convaincre mon cher blond de me laisser squatter son canapé quelque temps – même si je doute d'en avoir besoin. Je le glisse dans la poche kangourou de mon sweet-shirt, où il se met en boule pour piquer un roupillon, et je sors de chez moi.
Je passe en courant devant la porte de l'appartement d'Ombrage. Je l'évite du mieux que je peux depuis qu'elle est arrivé mais maintenant, c'est pour me retenir de lui sauter à la gorge.
Je quitte Soho et m'engouffre dans ma station de Picadilly Circus. Si je veux sortir au plus prés de l'appartement de Draco, station Sloane Square, il faut que je change une fois, soit à Embankment, soit à South Kensington – d'où je peux aller chez Draco directement si je n'ai pas trop la flemme.
o0O0o
Finalement j'ai préféré la solution de facilité et je suis descendu à Sloane Square – avec la semaine de dingue que je viens de passer, je suis sur les genoux. Cachou se réveille doucement et sort une petite tête curieuse de sa poche, ses oreilles cherchant à capter et identifier le plus de bruits possibles. Je lui caresse distraitement la tête en arrivant dans Bravcott Avenue où s'alignent de superbes immeubles de haut standing en briques rouges et stucs blancs.
Draco habite dans un de ces bâtiments, au premier étage.
Je pousse la porte de son immeuble et me retrouve dans un grand hall, très éclairé avec un jardin d'intérieur plein à craquer de plantes en pots, notamment des orchidées et même un jeune citronnier et des herbes arômatiques. Il ne manque que de l'herbe à chat pour Cachou. J'entends une petite musique comme la porte de l'ascenseur s'ouvre, laissant le passage à un couple dont la fillette est juchée sur les épaules de son père. Ils me sourient et je laisse la petite caresser mon chaton quelques minutes avant de monter à mon tour dans la cabine d'ascenseur.
Il n'y a qu'une porte au premier et il n'est pas difficile de comprendre que l'appart' de Draco, et du naze avec qui il vit, occupe toute la surface de l'étage. C'est la première fois que je viens alors je m'attarde un peu sur le couloir, le mur de gauche donne sur la rue et il y a de petite tables avec des bouquets entre les fenêtres. Les murs sont peints en beiges, quelque chose de neutre mais d'élégant.
Je finis par enfin m'approcher de la porte et j'appuie sur la sonnette.
Le monde s'écroule quand la porte s'ouvre. Severus Snape se tient devant moi, portant en tout et pour tout un peignoir blanc. Toute couleur a quitté son visage quand il m'a vu et il pourrait rivaliser avec son seul vêtement. Ses cheveux sont encore humides.
Sevy, c'est qui? Demande la voix de Draco.
Comme « Sevy » ne répond pas, le blond s'approche, il ne porte qu'une serviette qui entoure ses hanches, et passe ses bras autour de la taille de son amant, avec une affection et une habitude qui me laisse comprendre que je me trouve en face – et que j'ai couché, et suis tombé amoureux – du petit-ami de mon meilleur ami. Draco embrasse la nuque qu'il a sous les lèvres avant d'ouvrir les yeux et de me voir enfin.
Il devient aussi livide que Severus.
Harry...
Une ange passe avant que je ne me décide à prendre mes jambes à mon cou. Ils m'appellent, essaient de m'expliquer, mais je refuse d'en entendre davantage. L'ascenseur s'ouvre dés que j'appuie sur le bouton et les portes automatiques se referment avant qu'un des deux amants ne puisse m'atteindre.
Je ne me suis jamais senti aussi humilié de toute ma vie. Je suis amoureux de deux hommes qui non content de sortir ensemble depuis des années se sont allègrement foutus de ma gueule.
Quand je ressors dans la rue, il pleut à verse. Cachou miaule contre moi, essaye d'escalader mon torse pour venir me lécher la figure mais il n'y arrive pas et retombe dans sa poche en couinant d'indignation. De mon côté, je pleure tellement que je ne vois presque plus rien. Je m'engouffre dans la station de métro la plus proche et prends la première rame qui arrive, direction n'importe où.
o0O0o
J'ai l'impression d'avoir avancé dans le brouillard depuis que je suis monté dans la rame de métro, comme un somnanbule, j'ai continué droit devant moi sans me poser de question. Je me souviens juste de Cachou qui se frottait à moi au travers du tissus, je me souviens lui avoir caressé la tête et avoir reçu un coup de langue en remerciement. Je me souviens être descendu du wagon dans lequel je me trouvais pour prendre une correspondance, j'ignore où. Mon cerveau guidait mes pieds en mode automatique, pendant qu'il me rejouait sans cesse ce moment où Severus a ouvert la porte du dernier endroit au monde où je m'attendais à le voir.
Severus sort avec Draco. Depuis plus de trois ans. Presque quatre en fait.
Et il a couché avec moi. Pourquoi?
Draco est devenu livide en me voyant. Pourquoi?
S'il ignorait tout de mes relation avec son amant, alors il m'aurait accueilli comme il fait d'habitude, en souriant, en me taquinant, en rejouant son rôle de prince qui va sauver la demoiselle en détresse.
Mais non. Il est devenu blanc, donc il savait tout.
Ils savaient et ils se sont bien foutu de ma gueule. Pourquoi?
Quand je suis revenu à moi, je me trouvais dans une belle rue bourgeoise de la périphérie de Londres, au bout de laquelle je savais qu'il y avait un petit chemin en pente menant droit à Grimmaurd Place, la maison de Sirius et Remus. En période de crise, c'est vers eux que je me tourne et mon inconscient s'en est souvenu pendant que mon conscient foutait le camp. J'ai avancé sans y penser sur le petit chemin en pente, arrivant dans le jardin où le vieux chêne veille toujours sur sa balançoire moisie. Il serait peut-être temps de la jeter.
Je n'ai pas la clé de la porte d'entrée. Je ne l'ai plus depuis notre dispute et je n'ai jamais pensé à leur redemander. J'avais un toit à moi, ça ne m'était plus utile.
L'aprés-midi touche à sa fin. Une petite voix me murmure que mes parrains devaient justement rentrer aujourd'hui de leur vacance en Amérique. Ça va leur faire drôle de me trouver là en arrivant, dégoulinant de la pluie qui, je le remarque maintenant, n'a jamais cessé de tomber. Mais je n'ai plus nulle part où aller.
Kreatur n'est pas là. C'est un ami de Sirius qui habite à Clapham qui s'occupe de lui depuis le départ de ses maîtres. Je sors mon chaton de ma poche, il est tout sec lui, et c'est dans sa fourrure à lui que je pleure. Pauvre petit, je suis sûr que je l'écrase mais il ne se plaint même pas. Il lèche mes larmes et se frotte à mes joues.
C'est mon petit ange gardien que j'ai sauvé ce jour-là, dans la ruelle où il essayait de réveiller sa mère.
Le mois d'avril vient de commencer mais le printemps tarde à se faire sentir et le vent de la soirée qui approche rafraîchit de plus en plus l'air. Je tremble de froid, de plus en plus et je finis par me recroqueviller sur le pallier de la maison, à l'abri de la pluie et du vent, un peu.
Enfin, je finis pas entendre le bruit d'un moteur qui se rapproche. Le taxi se gare dans l'allée et mes parrains descendent. Ils sortent leurs valises et payent le trajet. Une fois la voiture hors de vue, ils s'embrassent à perdre le souffle mais Remus met brusquement fin à ce baiser en me voyant.
Harry! Crie-t-il.
Ils courent tous les deux vers moi et je me jette dans leurs bras. Je m'accroche à eux, en pleurant et en criant. Et ils me laissent faire, sans comprendre, ils attendent que je me calme, ce que je fais au bout de plusieurs minutes. Cachou couine un peu dans ma poche parce-qu'on l'écrase.
Harry, tu es trempé. Viens à l'intérieur, il faut te réchauffer.
Je n'ai pas le temps de parler que je me retrouve dans le salon, emballé dans une couverture devant un feu que Sirius vient d'allumer. Remus nous apporte des tasses de thé.
Installé entre eux, je savoure le liquide brûlant, sucré juste comme il le faut, qui me réchauffe de l'intérieur. Ils ne disent rien, attendant que ce soit moi qui entame mon récit.
J'ai rencontré Lucius Malfoy dans le restaurant où je travaille. Il m'a proposé de me payer pour coucher avec moi pour m'aider à renflouer mes finances. Je ne tenais même plus debout à cette époque. Ça a continué plusieurs mois, on ne se voyait que quand j'avais besoin d'argent. On profitait l'un de l'autre en somme. Ça vous choque?
Non, me répond Remus. Sirius aquiesce quand je me tourne vers lui. Il a une petite lueur jalouse dans le regard que je ne comprends pas vraiment, mais elle ne m'est pas adressé.
Même pas que ce soit le grand Lucius Malfoy? Un type qui pourrait être mon père?
Non, mais je constate que ses goûts n'ont pas changé avec les années. Il aime toujours les hommes petits et mignons. Ajoute Remus en me caressant la tête, repoussant derrière mes oreilles mes cheveux un peu trop longs.
Tu le connais?
On était ensemble à Poudlard. Il a été mon premier amant.
C'est vrai?
Oui! Grogne Sirius. Pour le coup, je comprends la jalousie. Quoique, il n'a rien a envier à Lucius. Il est aux bruns ténébreux ce que Lucius est aux blonds genre scandinaves.
Mais ce n'est pas ça qui nous intéresse Harry. C'est lui qui t'a mis dans cet état?
Non. Un soir, il est venu manger avec Severus Snape. Le Severus Snape, celui dont j'ai tous les albums et que j'admire depuis le collège. Au bout du compte, Lucius a laissé sa place et c'est Snape qui a commencé à me dépanner. Au départ j'étais ravi mais je suis tombé amoureux de lui et...
Et ?
J'aime aussi Draco. Depuis que je le connais ou presque, je suis amoureux de lui. Je les aime tous les deux et aujourd'hui, j'ai découvert qu'ils étaient ensemble. Et je suis sûr qu'ils savent tous les deux ce que j'ai fait et avec qui.
Un silence de mort plane dans le salon. Les yeux de mes parrains lancent des éclairs de rage, les miens sont plongés dans la contemplation du liquide ambré dans ma tasse en porcelaine blanche. Tout de suite après, j'enchaîne sur mes problèmes de logement, le fait que je me retrouve à la rue – encore, ça devient une habitude – et que c'est justement pour ça que j'étais allé voir Draco.
Tu vas revenir vivre ici le temps de trouver quelque chose d'accord Harry?
Je hoche la tête. Je tremble de froid et j'ai sommeil. Je suis épuisé. Remus pose sa main sur mon front et me dit que j'ai de la fièvre. Que je devrais aller dormir. Sirius me soulève et me porte dans ma chambre.
Il me borde et Remus m'apporte une aspirine et un verre d'eau.
On installe un oreiller par terre pour Cachou, qui s'y vautre en ronronnant de contentement, les moustaches encore pleine du lait qu'il vient de s'enfiler, et ma lumière s'éteint, me laissant dans une obscurité apaisante.
Je m'endors en sentant des larmes se remettre à couler.
o0O0o
Je me réveille au bord de la nausée. J'ai froid, j'ai chaud, j'ai des sueurs froides qui dégoulinent le long de mon dos, trempant un peu plus le t-shirt trop large pour moi que Sirius m'a prêté la veille. Quand je tourne la tête vers ma table de chevet, mon réveil m'indique qu'il est midi passé, j'ai donc dormi prés de quatorze heures et je dois dire que j'ai bien envie de remettre ça pas plus tard que maintenant.
C'est drôle, chaque fois que je suis malade j'ai l'impression de l'être plus que la fois d'avant, qui n'est plus qu'un vague souvenir et par conséquent, à chaque fois je dis que je ne me suis jamais senti aussi mal.
Remus entre dans ma chambre avec une bassine d'eau et des serviettes. Il a l'air inquiet.
Tu es réveillé. Ça me soulage. Me dit-il en souriant doucement. Tu t'es agité et tu as déliré toute la nuit. Sirius a appelé un médecin, il ne va pas tarder. Cet aprés-midi on ira chercher le reste de tes affaires.
J'ai l'impression qu'un vingt tonne m'est passé dessus.
Tu m'étonnes. J'ai téléphoné au restaurant pour te mettre en congés maladie. Ton patron te souhaite de te remettre vite.
Il a toujours été sympa.
Il m'aide à m'asseoir et m'enlève mon haut trempé. Il commence à me laver, enlevant la sueur qui me recouvre tout en me réchauffant doucement. Une fois que je suis propre, il m'enfile un haut fraîchement lavé et regonfle mes coussins. Je me sens un peu mieux pour le coup.
Sirius et celui que je devine être le médecin entrent dans ma chambre. Aprés une petite consultation il s'avère que j'ai hérité d'un bon coup de froid qui n'a été qu'empiré par la fatigue et le stress que j'ai accumulé cette dernière semaine. Du repos, de la soupe et des couvertures et dans trois jours je serai comme neuf.
Je m'enfonce dans mes oreillers et me rendors.
Quelques heures plus tard, je sens qu'on me secoue doucement et quand j'ouvre les yeux, je vois le visage souriant et un peu inquiet de Blaize. Il est assis à côté de moi et me caresse les cheveux.
Je savais que tu serais là.
Tu me cherchais? Ma voix est un peu éraillée mais rien de bien grave.
Draco m'a appelé hier soir, complètement paniqué. Il m'a tout raconté et m'a dit que tu t'étais sauvé. Lui et Snape ont voulu aller chez toi mais tu n'étais pas là et quand ils sont entrés dans ton appartement avec l'aide de la propriétaire, toutes tes affaires avaient disparu, sauf ton matelas et quelques fringues dans une valise. Pourquoi tu ne nous as pas dit que cette vieille peau t'avait jeté dehors?
Je voulais essayer de m'en sortir seul.
Toujours aussi têtu Harry. M'enfin, on te changera plus.
Tu m'as dit que Draco t'avait tout raconté. J'en déduis qu'il y avait beaucoup à dire. Ma fureur transperce dans ma voix et il s'en rend bien compte. Il a l'air mal à l'aise et se tortille sur ma couette.
Oui, il y avait beaucoup à dire. Il a joué un jeu très dangereux de manière très maladroite. Pour être honnête, je lui en veux d'avoir joué avec tes sentiments de cette manière mais ses intentions n'étaient pas mauvaises. Égoïstes, mais pas mauvaises.
L'égoïsme n'est pas mauvais?
Pas toujours. Ce n'est pas à moi de te raconter les détails de cette histoire. Il va falloir que tu acceptes de le revoir, qu'il s'explique.
C'est lui qui t'as demandé de venir? Pour me convaincre?
Il me l'a demandé oui, sachant très bien que jamais tes parrains ne le laisseraient entrer dans cette maison mais ce n'est pas pour lui que je suis venu, c'est pour toi.
Moi? Cette fois, c'est l'incrédulité qui perce dans mon ton.
Je ne suis pas aveugle Harry. J'ai très vite remarqué que tu étais amoureux de Draco. Je n'ai pas l'intention de faciliter la tâche à notre ami blond en te racontant une partie de l'histoire, donc je vais juste te dire que tu aurais une chance d'être heureux avec lui si tu acceptais de lui parler. Il va te falloir du temps pour digérer ce qu'il va t'avouer à mon avis, mais je pense que le jeu en vaut la chandelle.
Tu aurais dû faire avocat.
J'ai longtemps hésité entre deux carrières figure toi.
Dit-moi juste une chose...
Oui?
Quel a été le rôle de Lucius dans toute l'histoire?
Si j'ai bien compris, monsieur Malfoy avait fini par tomber amoureux de toi mais il a très vite compris que tu lui étais inaccessible, ne serait-ce qu'à cause du regard que tu avais sur lui. Au départ, tu n'étais vraiment pour lui qu'un bout de viande mais il s'est laissé prendre au piège sans pouvoir revenir en arrière. Il t'avait perdu avant même de t'avoir eu alors, quand Draco est venu lui parler, il a laissé la place.
Ils m'ont vraiment TOUS considéré comme un bout de viande! Si je comprends bien, j'ai été échangé et marchandé sans même le savoir.
Souviens-toi de ce que je t'ai dit Harry: un jeu dangereux joué maladroitement. Draco s'en veut à mort et il voudrait tout t'expliquer, essayer d'avoir une nouvelle chance. Tu veux bien?
Si tu viens avec moi, j'accepte de le revoir mais il a intérêt à ce que son explication tienne la route.
D'accord. En attendant, repose-toi.
Il m'embrasse sur le front et sort de ma chambre, me laissant perplexe et furieux. La question qui domine est quand même – et toujours – pourquoi.
Quelle était la motivation de Draco? Je ne comprends vraiment pas.
Ou alors, j'ai peur de comprendre.
À suivre...
Enfin, il est là! Je commençais à désespérer de pouvoir le mettre en ligne un jour ce chapitre. Le site déconne depuis mercredi et depuis tout ce temps, je peste comme une cinglée devant mon écran. En tout cas, j'espère que vous me pardonnerez de ce retard trés indépendant de ma volonté (et que ça ne se reproduira plus!).
Merci à tous ceux qui m'ont encouragé pour mes épreuves. Elles se sont bien passées et je suis à peu près certaine d'avoir mon bac. Bon courage à ceux qui ont encore des oraux devant eux.
Plus généralement, merci à vous qui me lisez, qui me laissez des commentaires et qui me soutenez chaque semaine depuis les quelques mois que dure cette histoire. Je vous adore.
Et tant que j'y pense, certains m'ont demandé si j'étais moi-même musicienne et il se trouve que la réponse est non. Avec des instruments, je fais du bruit mais pas de la musique.
