Chapitre 25 : Mages noirs et Assassins.
L'instant qui suivit la phrase de la rousse fut comme figé. Sirius la regarda fixement un long moment avant de répondre.
- C'était donc ça que tu cherchais le week-end dernier avec ce livre sur l'astrologie ? Demanda-t-il lentement.
Aelys fit la moue, contrariée d'avoir été repérée et acquiesça d'un signe de tête.
- Dommage pour toi, répondit le Serpentard, je n'en sais pas plus sur ce que ça pourrait être... Tu regrettes de m'avoir sauvé maintenant, hein ?
- Je ne regrette rien du tout ! Répliqua Aelys avec une pointe de colère et de déception. Par contre, on peut creuser la question, non ?
- Laisse tomber, Targaryen... Il s'agit simplement d'une formulation de politesse chez ces créatures.
- Non, Greendal. Il ne s'agit pas de ça, je me suis renseignée.
Sirius la regarda d'un air lassé. Il haussa les épaules, se demandant pourquoi il restait encore là à l'écouter. Peut-être un élan de curiosité le maintenait ici, après tout. Les mots traversèrent ses lèvres comme s'il ne les avait pas contrôlé :
- Alors, qu'est ce que ça serait, selon toi ?
- Je ne sais pas..., souffla-t-elle. C'est peut-être en rapport avec quelque chose qui nous concerne aussi. En tout cas, il y avait bien une présence ce soir-là, qui n'est pas venu ici par hasard et ... ça n'avait pas l'air d'être un élève de Poudlard.
Elle coula un lent regard vers Sirius qui avait légèrement pâli.
- Pourquoi quelqu'un irait dans la forêt-Interdite ? Articula-t-il lentement.
- Pas pour de bonnes raisons en tout cas, trancha Aelys. La dernière fois, c'était la présence de Voldemort, de ses mangemorts... Mais il n'est pas exclu que des sorciers soient venus, tentés de se venger sur des enfants de Mangemorts ou partisans du seigneur des ténèbres en toute discrétion. On raconte que ça se fait encore dans des coins reculés de Londres et que le ministère lutte contre ces effusions.
Sirius avait tiqué, et son teint avait pris une teinte plus blanche qu'a l'accoutumée. La Gryffondor ne l'avait pas remarqué et enchaîna :
- J'ai entendu dire qu'il y en aurait cette année, ici, de ces enfants... et que certains sorciers les désapprouvaient à Poudlard. Ça m'étonnerait pas que certains de votre maison de Serpentard soit des rejetons dans ce cas-là.
Elle inspira profondément, tandis qu'elle ne vit, ni n'entendit, une personne s'approcher lentement. Dans le même temps, elle n'aperçut pas l'état de son interlocuteur qui changeait pour devenir plus nerveux.
- C'est curieux, ça fait 17 ans que Voldemort est arrivé au pouvoir...
- Bravo, tu sais compter Targaryen, coupa Sirius avec ironie avant de tourner la tête pour soupirer.
- Et Serpentard est en ce moment la maison la plus remplie d'étudiants, acheva la Gryffondor. Alors que, fait étrange, cette maison de Poudlard était en défection les années précédentes...
- De quoi ?… des enfants de... partisans de... Tom Jedusor... désapprouvés... ? murmura le loup d'une voix saccadée en se passant rapidement la main dans les cheveux.
Aelys se tourna vers lui pour lui répondre à l'affirmative mais fut stoppée dans son élan quand elle vit le visage de son correspondant. Il exprimait à la fois un sentiment de dégoût sur ses traits par une grimace qui aurait pu faire rire la lionne, si elle n'avait pas perçu le regard sombre de Sirius qui lui lançait des éclairs de rage noire, mais aussi de rancoeur qui donna l'impression à la jeune fille d'être pétrifiée sur place pendant quelques secondes.
- ...L'assommé ? Qu'est-ce qui t'arrive, maintenant ? Demanda-t-elle d'un ton hésitant.
Une seule question fusa brisant le silence du lieu :
- Si c'est le cas, est-ce que ça te dérange ?
Aelys sursauta et Sirius se retourna d'un mouvement brusque, tous deux étonnés. La première, par surprise, n'ayant pas vu ni entendu une autre personne s'approcher d'eux, le second ayant entendu les pas, fut d'avantage surpris par la question, principalement son contenu. Le loup dévisagea le Serpentard brun de la même année que lui qui se tenait devant eux.
Il avait l'air mal à l'aise, peut-être par le fait qu'il s'était incrusté sans gêne dans une conversation privée, pensa Sirius. Mais le regard du garçon avait l'air comme taché d'une mer insondable et déferlante, et ce, malgré le fait qu'il oscille entre le sol et les yeux verts d'Aelys. Cette dernière leva un sourcil perplexe en direction du Serpentard qui les avait interrompu. C'était une chose rare de la part du brun, lui qui paraissait plutôt effacé voir même timide – ce qui avait toujours assez étonné certains Gryffondor de l'année de la rousse, bien que peu daignaient lui accorder de l'importance.
- Est-ce que ça te dérange, Targaryen ? Répéta le brun avec une grimace de dégoût en augmentant légèrement le ton de sa voix au fur et à mesure de ses paroles. Est-ce que tu es comme ces gens, ces sorciers immondes qui se croient supérieurs à ces enfants innocents ?!
- Ne te mêle pas de notre conversation, Weiss ! Coupa durement Aelys. Ça ne te regarde pas !
- Tu es comme ces personnes qui, au final, ne valent pas mieux que ceux qu'ils déclarent haïr ! Et dire qu'au moins les Mangemorts, eux, ont eu droit à leur sentences ! Ne trouves-tu pas qu'ils ont assez à souffrir de cette réputation, eux, au moins ?
Le garçon s'était mis à trembler, Sirius avait pâli et Aelys avait froncé les sourcils et plissé les lèvres. Elle semblait sur le point de répondre quelque chose, sans toutefois oser.
- Qu'est-ce qu'il te prend Ray ? Demanda Sirius en chuchotant lentement.
- Il me prend que j'en ai marre des sorciers qui se croient supérieurs à certaines personnes sous prétexte qu'ils ont fait quelques erreurs, répondit le prénommé Ray avec un ton désabusé et las. Ils n'envisagent même pas qu'une rédemption est envisageable pour eux et leur famille !
Sirius plissa les lèvres, tandis qu'Aelys porta machinalement sa main sur son épaule. Une voix désagréable s'éleva derrière leur dos.
- Des erreurs, Weiss ? Tu appelles ça « faire des erreurs » ?
Les trois étudiants se retournèrent pour faire face à Teddy Lupin qui s'avançait dans leur direction d'un pas rapide, le visage révolté et les cheveux d'une teinte rouge sombre. Ray eut un pas de recul devant l'interpellation. Sirius tiqua.
- Et comment tu appelles tous les meurtres que ces êtres ont commis ? Hein ? Une erreur, là aussi ?!
Le visage du métamorphomage virait lui aussi au rouge, et il commençait à crier dans le parc sur le Serpentard qui devint brusquement encore plus pâle qu'il ne l'était auparavant.
- Mais... ils ne sont pas tous pareils et..., tenta lamentablement d'expliquer Ray.
- Mes parents ont été tués par ces connards ! Et tu trouves que les mangemorts ont assez payé en restant tranquillement à l'air libre en jouissant de leur liberté ?! Eh bien, pas moi !
- Calme-toi, Ted ! Commença Aelys en voyant la situation dégénérer.
- Mais... les enfants... les familles de ces personnes n'ont rien à voir...
Ray avait tenté une nouvelle fois de parler, mais quand Teddy lui hurla dessus de nouveau, il recula de plusieurs pas, une main devant son visage et l'autre dans la poche de sa robe qui devait contenir sa baguette magique.
- Et mes parents ? Hurla Teddy. Ils vont pouvoir me les rendre peut-être ? Hein ! Et ma vie à MOI ?! Pourquoi je devrais être le seul à souffrir de cette situation, pour ce que des enfants comme toi appellent ERREUR ?
- Ça suffit, Lupin ! Siffla Sirius qui avait toujours le teint blême. La conversation a assez dégénérée.
En effet, quelques élèves regardaient l'attroupement avec curiosité : le bruit des cris portés par le vent les ayant interpellé. Teddy commença à rigoler d'un ton froid, ses cheveux virant progressivement au noir. Sirius fit mine de tourner légèrement les talons pour partir en faisant signe à Ray de faire de même et de rentrer au château.
- Je suis d'accord avec Greendal pour une fois, dit la Gryffondor en posant une main sur l'épaule du Serdaigle qui riait toujours.
Ce dernier se dégagea d'un geste brusque du bras et enchaîna en regardant Sirius d'un air dégoûté :
- Je ne m'étonne même pas que vous soyez amis, tous les deux, Weiss et toi... ça vous va si bien.
Teddy eut un nouvel accès de rire mauvais. Sirius se retourna vers lui avec un sourcil levé interrogativement, le visage fermé. Le Serdaigle acheva :
- Après tout, toi aussi, tu dois la vie à Tu-sais-qui !
Il y eut un cri rauque suivit d'un mouvement de robe, et l'instant d'après, Sirius s'était jeté sur Teddy et s'évertuait à le ruer le plus possible de coups. Le Serdaigle, stupéfait par l'attaque physique et complètement décontenancé, ne put que subir l'assaut. Les narines de Sirius étaient dilatés, il inspirait fortement, ses yeux étaient plissés par la rage, reflétant un éclat comme rouge et ses poings et ses pieds frappaient tout ce qu'ils pouvaient trouver à leur portée. La main de Sirius se gorgea du sang de sa victime, mais il n'arrêta pas pour autant. Peu importait à présent les conséquences au Serpentard.
- NE REDIS JAMAIS CELA LUPIN ! Rugit Sirius. Tu m'entends ? JAMAIS !
Aelys et Ray, jusqu'alors aussi stupéfaits par la vitesse de la réaction de Sirius que choqués par ce qu'ils voyaient, n'avaient alors pas réagi immédiatement. Ce fut la Gryffondor qui se ressaisit en premier et pointa aussi rapidement qu'elle put sa baguette sur le Serpentard.
- Stupefix ! Lança-t-elle.
Le corps de Sirius se raidit instantanément. Teddy le poussa négligemment sur le coté, lui assénant un coup de pied en se relevant, rouge de honte de s'être laissé surprendre de la sorte.
- Tu devrais aller à l'infirmerie, Ted, conseilla Aelys.
Elle avait dit cela d'une traite, afin d'éviter de nouvelles effusions.
Le Serdaigle grimaça, mais parut d'accord. Il se tourna hautainement vers Sirius encore à terre, stupéfixé.
- Il n'y a que la vérité qui blesse, Greendal. Regarde toi ! Tu n'en resteras pas là... Je suis un préfet, je ferai un rapport pour ces coups-ci. J'espère que tu vas m'appuyer, dans ton intérêt, ajouta-t-il en direction de la préfète.
Aelys acquiesça faiblement la baguette magique encore en joue. Ray était resté immobile jusqu'alors, comme s'il était stupéfixé lui aussi. Il ne retrouva ses esprits et ne bougea lentement la tête que lorsque Teddy lui adressa un soupir de dédain en lui adressant une dernière phrase :
- C'est toi l'erreur, Weiss. Ne l'oublies pas également. La prochaine fois, je t'inclurai volontiers dans le rapport de préfet que je vais faire sur ton idiot de camarade...
Il s'interrompit en se massant le dessus de l'oeil et vers ses cotes. Aelys marcha en direction de l'infirmerie derrière lui.
- L'enfoiré ne m'a pas loupé ! Dit Teddy en crachant par terre, un peu de sang mélangé à sa salive.
Ray parut retrouver ses facultés seulement quand les deux préfets furent éloignés et que des élèves de quatrième année s'approchèrent d'eux. Il pointa sa baguette fine vers le corps de Sirius et lança un énervatum. Sirius put enfin se relever. Il écumait encore de rage et tremblait de fureur. Il marcha à grandes enjambées colériques vers la salle commune, en poussant sans plus de cérémonie les personnes qui se tenaient sur sa route.
Sirius ne reparut que peu de temps avant le diner. Il avait passé toute la journée dans le dortoir des Serpentards, la moitié sur son lit, rideaux tirés, et l'autre moitié enfermé dans la salle de bain. Il n'avait voulu voir personne, pensant à des rumeurs extrapolées dans tous les recoins du château après la scène avec Lupin et Targaryen. Ses amis l'avaient laissé un peu seul, pensant qu'il en avait besoin après sa défaite au Quidditch, puis sa discussion avec son ancienne régulière qu'ils avaient vu revenir en pleurs. Ils avaient donc occupé leur chaude journée dans le parc à se prélasser, juste avant que l'orage ne gronde au loin. Mais c'était avec joie qu'ils accueillirent leur camarade dans la salle commune.
- Une partie de poker explosif Sir ? Proposa Khamul quand il le vit s'assoir à leurs cotés tandis qu'il mélangeait déjà les cartes.
- Non, pas maintenant, Kham, répondit Sirius lassement.
Khamul haussa les épaules et lança un sort qui distribua automatiquement les cartes aux joueurs. Jeyne refusa aussi la partie qui s'annonçait, s'approcha du capitaine et lui passa une main sur l'épaule doucement. Il lui adressa un sourire, puis fit mine de se concentrer sur la partie en jeu.
Sirius retint un sourire quand il vit le préfet blond jeter ses cartes avec une légère grimace refoulée et passer le tour sans miser. Khamul avait une bonne main, jusqu'au moment où ses cartes explosèrent, le mettant hors jeu sous les rires de ses camarades. Il bougonna d'avoir perdu, puis se mit lui aussi à suivre le reste de la partie.
Le capitaine de Quidditch ne détourna le regard que peu de temps après, pour croiser celui de Ray qui était assis à l'opposé, un livre à la couverture en cuir à la main qu'il ne lisait manifestement pas vraiment. Ray parut un instant troublé : il détourna ses yeux vers son ouvrage, sans un mot, tandis que Sirius continuait de le fixer perdu dans ses pensées.
A vrai dire, Sirius ne s'était jamais vraiment intéressé à la famille de Ray. Il n'était pas particulièrement proche de l'élève, et savait qu'il venait d'un milieu modeste composé de sorciers, d'après ce qu'il avait déterminé depuis toutes ces années. Mais les paroles qu'il avait entendu prononcer par Teddy résonnaient comme en écho en lui. Et cette manie que le garçon avait eu de défendre farouchement son point de vue sur les mangemorts, c'était une chose qui ne lui ressemblait pas.
Sirius ne sortit de sa rêverie que lorsque la partie de poker explosif prit fin avec des éclats de voix. Melina en était sortie avec un beau petit tas de pièces, un air suffisant sur le visage et les louanges de Jeyne. Tandis que Tom et un cinquième année rangeaient ce qu'il restait des cartes, Elwin et Khamul se levèrent pour se préparer à aller dîner, la bourse plus légère. Sirius choisit ce moment pour tirer légèrement à part le préfet qui se levait pour aller au dortoir face au miroir, arranger ses cheveux déjà impeccables.
- Dis-moi, Elwin, tu connais un peu la famille de Ray toi ?
Le blond eut l'air étonné de la question soudaine de son ami.
- Pas particulièrement, répondit-il le dos tourné à son interlocuteur. Elle n'est pas influente et il n'en parle pas beaucoup à vrai dire. On dirait plutôt même qu'il est secret dessus, si tu veux mon avis. Pourquoi cette question soudaine, Sirius ?
Le brun eut l'air pensif.
- A vrai dire, je me demandais s'il n'y avait pas eu des partisans du seigneur des ténèbres dans sa famille...
Elwin, l'air grave, leva les yeux vers le reflet de son interlocuteur qui le regardait par ce bais, lui aussi. Sirius prit un air détaché comme s'il parlait de la partie de poker ou du temps pluvieux, mais il ne trompa pas son ami.
- Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
Sirius jeta un rapide coup d'oeil vers les escaliers des dortoirs, vérifiant que personne n'écoutait ni ne montait puis lança un assurdiato. Il lui raconta ensuite les paroles que Ray avaient prononcé et celles de Teddy.
- Si tu veux mon avis, ça ne m'étonnerait pas que Lupin soit plus informé que nous, avec son parrain dans le coup... conclut Sirius.
- Possible, commenta simplement Elwin.
Le blond ne pipa mot durant le temps où il passa sa brosse dans ses cheveux fins et lisses, ce qui aurait rendu vert de jalousie le Greendal avec sa coiffure sauvage. Les yeux acier rencontrèrent le reflet de son camarade. Celui-ci semblait extrêmement tendu et nerveux. Il y avait autre chose, en plus. Comme s'il n'osait pas en dire davantage, par crainte ou dégoût. Ce n'était pas tant la situation de Ray qui le préoccupait plus que la sienne. Même si cela perturbait le brun et que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, pour qui savait le déceler. Le blond tenta de savoir et se lança sans prendre de pincettes :
- Et vis-à-vis de toi ? Tu penses qu'il connaît ta situation ?
Sirius haussa les épaules avec un rictus désabusé.
- Vu ses mots, il y a de très fortes chances.
Devant l'air interrogatif du préfet, il s'empressa de répéter ce qu'il avait entendu le matin-même.
- « Tu dois la vie à Tu-sais-qui. » Je ne pense pas qu'on puisse sortir cela sans avoir eu des informations. Même minimalistes. Il est forcément au courant de quelque chose.
Elwin acquiesça sobrement. Sirius eut un ricanement et se passa nerveusement la main dans les cheveux.
- Enfin, en même temps ; on ne peut pas dire qu'à une époque ça aie été tenu tellement secret... dit-il.
Elwin se tourna enfin vers son ami, laissant son dos au miroir.
- Quand bien même, tu n'as pas à t'en vouloir pour les erreurs des autres, déclara-t-il d'un ton posé. Tu n'es pas défini par ça, même si tu le penses. Cela vaut également pour leurs jugements. Tout le monde ne peut pas avoir été un résistant ou un héros. Ce qu'il s'est passé...
La porte du dortoir s'ouvrit d'un coup, les faisant s'interrompre. Khamul se tenait derrière, l'air pressé et chagriné. Il s'arrêta net quand il les vit et leur adressa un regard de reproche amical.
- Ah vous étiez là ! Qu'est-ce que vous étiez en train de faire, tous les deux ?
- Rien d'exceptionnel, répondit Elwin, un brin irrité d'avoir été interrompu, en se retournant de nouveau face au miroir.
- Je venais vérifier quelque chose avec notre préfet, inventa Sirius avec un sourire retrouvé devant son ami. Mais j'ai été subjugué de voir une princesse se refaire une beauté capillaire devant notre miroir.
Sirius et Khamul éclatèrent de rire devant un préfet au visage déconfis. Ce dernier envoya un sortillège de lévitation sur un des oreillers du loup et le fit rencontrer sans ménagement le visage de celui-ci. Le brun, amusé par la petite vengeance du blond, le repoussa et le reposa, tandis que le préfet souriait maintenant lui aussi. Il avait réussi à augmenter le désordre capilaire du capitaine. Khamul fut le premier a reprendre la conversation, son estomac grondant furieusement, leur rapellant la raison de sa visite au dortoir.
- Bon, commença-t-il, si vous avez fini de vous refaire une beauté, on pourrait aller dîner dans la grande salle ? Tom et Ray sont déjà partis, et Jeyne et Melina nous attendent en bas !
Après un dernier geste de la part du blond, il fut enfin arraché à son miroir et le trio descendit pour retrouver les filles et aller prendre leur repas à la table des verts sous les éclairs du plafond magique.
L'orage grondait, illuminant par intermittence le paysage sombre avant de claquer sèchement, résultat du temps lourd de la journée. Il y eut soudainement un crac qui se mélangea parfaitement au son du tonnerre, ainsi masqué de toutes oreilles moldues indiscrètes. Une voiture de sport noire remonta une allée, puis se rangea devant une haute demeure et son passager en sortit sous les trombes d'eau, un parapluie à la main. Un oiseau noir survolait la scène, léger et silencieux. La voiture fila, pour tourner plus loin et repartir d'où elle était venue, sans regarder derrière elle. Un croassement découpa la nuit, entre deux grondements du déchaînement de Thor. Il fut suivit d'un nouveau crac et un bruissement de cape ; une silhouette encapuchonnée de noir se positionna devant la première, toujours dessous son parapluie. Cette dernière eut un léger sursaut de surprise, mais se reprit en tentant de dévisager celle qui lui faisait face.
- En voilà des façons d'arriver, grommela assez lassement l'homme sous le parapluie. Qui êtes-vous ?
Pour toute réponse, il obtient un rire froid de l'autre dressé devant lui. Les goûtes d'eau coulaient sur sa cape, une course folle : signe évident d'un impervus réussi à merveille sur le textile. Le volatile noir croassa de nouveau avant de venir se percher sur l'épaule de l'homme encapuchonné. L'inconnu en question porta une main sur le coté gauche de son visage et laissa sa main tirer légèrement le tissu, éclairant partiellement son visage. Assez pour qu'il soit reconnu. L'homme sous le parapluie poussa une exclamation de stupeur :
- Morzan !
Un éclair zébra le ciel, juste au moment où une lumière verte illumina le périmètre. Le rugissement du tonnerre qui s'ensuivit couvrit à la fois le rire froid, le bruit sourd de la chute du corps et l'ultime craquement qui signifiait que l'homme à la cape était reparti en transplanant.
To be continued ! Les révélations continuent de se mettre en place, entre les lignes. On continue de creuser un peu :p
Si vous me laissez une review ça me ferait très plaisir :)
