Non, ce n'est pas une illusion, c'est bien un nouveau chapitre de Blitz XD J'ai VRAIMENT pu le temps d'écrire... mais à partir de la semaine prochaine, ça ira mieux !

Note IMPORTANTE: J'hésite à modifier mon pseudo, ou carrément à le changer. Je ne me reconnais pas (et ne l'ai jamais fais) dans le pseudo de maNatsu, sachant que j'ai commencé à publier mes fics sous le pseudo de Natsu (avec lequel je signe toujours d'ailleurs). Mais il y a beaucoup de Natsu sur ff:p Les usurpatrices! XD lol. Je ne sais pas quoi faire / Autant je suis attachée à Natsu, autant maNatsu m'énerve XD. Bon c'est pas un gros gros problème existentiel, mais bon… Jme pose des questions:).

Euh, je sais plus qui a pensé que j'étais canadienne, mais c'est pas du tout le cas XD

Merci à Shye Yue (ça va les vacances en Espagne alors que tout le monde part au ski, t'as pas l'impression d'être hors sujetXD ? mdr!) et Lucid Nightmare(heureusement, Ikéa est là! Rah, un chien voisin chihuahua… quelle horreur XD moi qui supporte pas le bruit:p bâillonne-lecomme du jambon ! XD ).

La suite tardera (encore) un peu! Désolée!


Et un beau jour (en fait il fait gris et c'est normal vu qu'on est en novembre) un mardi vers quatorze heures, alors que j'étais tranquillement en train de bosser dans ma boîte et que personne ne faisait attention à moi, mon portable dans ma poche vibre.

Je suis tenté de le laisser vibrer contre ma cuisse vu que c'est pas désagréable et que je suis occupé. Mais je le regarde quand même au moins pour voir qui c'est. Parce que si c'est quelqu'un dont je m'en fout ou un numéro inconnu, je réponds pas et je perds pas de temps.

Mais là, c'est quelqu'un que je connais plus que bien. C'est étonnant d'ailleurs qu'il me téléphone en pleine journée. Alors d'un air malicieux je décroche.

-

-Allo?

-OUIALLOCESTWUFEICAYEST!!

-Qui est à l'appareil?

-MAIS C'EST MOI!

-Ah. WuFei. Tu sais, plus tu cries, moins je te comprends. Tu es en colère ou tu es content?

-Heero, ça y'est! Hilde est en salle d'accouchement!

-La pauvre.

-Le travail a commencé depuis une demi-heure. Elle a des contractions et tout devrait bien se passer.

-Bon. C'est super. Tu m'appelleras quand t'auras pris dix cafés.

-

Alors ça y'est. WuFei va voir la tronche de sa progéniture. Qu'il a de la chaaaance de devenir papa… et de s'occuper de couches-culottes ambulantes, les nettoyer, les bercer 20 heures sur 24 sans dormir sans manger sans boire sans respirer et sans regarder la TV.

Avoir des enfants, c'est le survivor. Une sorte de Koh Lanta version puéricultorture (ou plutôt puéritorture, sans le cul parce que ne compte pas avoir le temps et l'énergie pour avoir des rapports sexuels avec ta femme/ton mari si t'es une femme) où y'a pas cent mille euros à la fin. La où on teste tes nerfs et tes forces physiques.

Surtout que bon… au début les gens trouvent les bébés mignons. Personnellement je trouve qu'ils se ressemblent tous: un truc qui ressemble à rien, tout fripé, rose, avec des fois trois poils sur le caillou mais souvent chauve, qui bouge et qui fait du bruit sans qu'il y ait de bouton stop.

Les gens s'extasient sur ça.

Mais mine de rien, comme tout animal, ça granditces bêtes là! Et ça devient moins mignon, voire carrément moche, avec pleins de boutons. Et ça devient capricieux, ça demande de l'argent de poche pour le claquer à la première occasion, ça pique sa crise, ça se rebelle en se privant de manger (en cachette ça bouffe plein de gâteaux) et ça veut se suicider parce que ça a pas eu le dernier pantalon à la mode, après ça pompe tout ton fric parce que ça doit faire ses études, ça part en boîte au lieu de réviser, ça te pique ta voiture, ça te pique ton microonde, ça te pique tes fringues, ça te pique tes capotes, etc….

Tu dois passer l'épreuve des «Trois Grands C», les trois grandes étapes de la vie d'un enfant: ça chougne, ça chiale, c'est chiant. Ca chougne quand c'est bébé, ça chiale quand c'est gamin, c'est chiant quand c'est adolescent.

-

19h03.

Je suis tout pile rentré chez moi. Programme de la soirée: je me change, je vais pisser, j'envoie balader Duo s'il veut sortir ce soir et je téléphone à WuFei du fixe en éteignant mon portable.

-

-Allo WuFei?

-Oui?

-Tout va bien?

-

Genre c'est lui qui accouche.

-

-Euh… ça fait cinq heures et pour l'instant rien d'alarmant, mais faut que j'y aille là!

-Ok. A plus. Tu me tiens au courant.

-

WuFei a toujours détesté les films d'horreur. Je me demande comment il fait maintenant.

En tout cas… cinq heures ça fait déjà pas mal. Les jumelles doivent se plaire dans le ventre de leur maman. Elles ont pas l'air de vouloir en sortir.

Même pas nées qu'elles commencent déjà à faire chier le monde.

Je m'en fous, je les renies si je les entends ce plaindre chez moi quand elles viendront.

-

22h54.

Allez, je retente un appel. Ca commence à faire long, l'accouchement. Il devrait être fini, là.

-

-Allo WuFei? Alors, ça y'est? Les gamines sont sorties?

-Non… pas encore…

-Elles en mettent du temps. Ca fait pas huit heures, là, quand tu m'as dis que Hilde était en salle d'accouchement?

-Neuf…

-Tout va bien?

-Y'a un peu de complication… Hilde fait de la tension.

-Mauvais, ça.

-Très. Mais je ne vois pas pourquoi ça se passera mal, on est au vingt et unième siècle et on a les moyens…

-Eh, juste une question…

-Oui…?

-Ca te fait quoi de savoir que y'a plein de mecs autour de ta femme les cuisses, et même plus, à l'air?

-…'t'emmerde. C'est leur boulot.

-

Oui. Mais bon, à la place de Hilde je serais pas super super content.

«Mais putain mais CA VA TOUT LE MONDE?? ELLE EST BELLE MA FOUFOUNE??VOUS VOULEZ DES POP CORN AUSSI?? ».

Déjà je vois mal les sexologues dire «mon métier me passionne». Ca fait quand même louche. Je ne fais pas confiance à ces gens là. Les gynécologues, je ne vous en parle pas. C'est encore plus gore.

-

00h37.

Bon.

¤regarde sa montre¤

Quand est-ce qu'elles sortent, que je puisse dire «super bravo» aux parents et que je puisse me coucher??

Nan parce que… merde, je bosse moi demain!

Driiiiing driiiiiiiiing…

Aaah pas trop tôt. J'espère que c'est la bonne.

-

-Aaallooo?

-Oh… mais dis-moi, serais-tu fatigué, WuFei?

-Un peu…

-C'est sûr que c'est crevant l'accouchement pour un mec, hein. Ca doit te tuer de voire ta femme agoniser.

-Arrête, j'ai stressé comme un malade.

-Tu en es à ton combientième café?

-Dix-sept…

-

Ca va être son chiffre porte-bonheur. Chuis sûr.

-

-J'espère qu'il est bon.

-'Sais pas… 'sens pu le goût…

-Eh ben moi, je suis installé bien confortablement dans mon canapé et je suis en train de lire un livre passionnant. Et vous, ça va? Il sont confortables les chaises et les lits d'hôpital?

-L'accouchement est terminé…

-

Alléluia. Mon lit, mon oreiller, ma couette, me voila, j'arrive!

-

-Félicitation. Je ne vous soutiens moralement.

-Merci…

-Allez, tchao, bon courage. Que la force soit avec toi. Alea jacta est.

-Tu veux pas savoir les noms maintenant qu'elles sont là?

-Ah oui c'est vrai, je t'ai demandé pleins de fois comment vous alliez les appeler et tu m'as répondu «tu le seras le jour de l'accouchement». Oui mais maintenant c'est trop tard. Fallait le dire avant.

-Heero…

-Je plaisante. Comment elles s'appellent?

-Ambre et Cléa.

-Tu n'as pas choisis de prénom de type asiatique?

-Heero… elles vont vivre en France, et leur mère est franco-allemande je te rappelle. Ca les complexeraient de ne pas avoir un prénom comme les autres.

-Ouais c'est vrai… Déjà WuFei c'est pourri…

-Mais leur deuxième nom est chinois pour l'une, japonais pour l'autre en l'honneur de nos deux parents, et leur troisième allemand. Comme ça tout le monde est content.

-

Oh… je sens qu'il y a eu des débats de longues heures pour arriver à cet accord là.

Elles vont être contentes, les filles quand elles seront grandes, quand elles devront remplir pleins de papiers officiel avec tous les noms qu'elles ont.

-

-Oui, ben moi je suis content mais quand elles sont loin de moi. Ok?

-Tu viens nous voir ce week-end?

-Bien sûr.

-Hilde sera sûrement encore à l'hôpital, elle a des problèmes de tension. Les médecins ne veulent pas qu'elle sorte tant qu'elle se calme pas.

-D'accord. Bon, ben c'est génial tout ça.

-

Ca veut dire «ça y'est? Je peux aller dormir?»

-

-Moi aussi. Je rentre à la maison et je me repose, histoire d'être d'attaque pour la suite. Tant qu'Hilde est à l'hôpital on n'a pas trop de soucis à se faire puisque les infirmières s'occupent des bébés, à part pour l'allaitement. Et je vais pouvoir potasser les comptines et les berceuses.

-Qu'est ce que je t'envie. Allez, salut.

-Salut.

-

Le lendemain j'arrivai un peu crevé au boulot. Pile pour la journée où en plus de bosser jusqu'à dans les 19h, y'avait une réunion d'une heure à la fin.

Qu'est ce que vous voulez? D'habitude, je me couche à 23h30 maxi. Levé à 5h30, sept heures de sommeil ça me suffit, je ne suis pas un grand dormeur. Mais si on bouscule ces horaires, je me retrouve déboussolé et ça se voit sur mon visage.

Duo l'a vu quand je l'ai croisé dans un couloir.

Le soir, quand tout le monde fut parti et qu'il ne restait plus que nous, il vint me voir à mon ordi, comme souvent.

-

-Heero? Il est 18h42.

-Tu me jette à la porte? Déjà?

-J'ai remarqué que t'avais l'air un peu fatigué. T'as fais quoi hier soir, t'es allé supporter un match de catch?

-Très drôle. Comme si c'était mon genre.

-En tout cas tu ferais mieux de rentrer. On fait du bon boulot en ce moment. La boîte roule du feu de Dieu.

-Justement, est-ce que je pourrai prendre mon samedi?

-Est-ce que je t'ai déjà refusé un samedi? Tu ne devrais même pas travailler du tout le samedi, vu ce que tu fais comme heures. Je ne comprends pas pourquoi tu viens au moins deux samedi par mois.

-C'est plus calme, il y'a moins de monde. Et ça me permet de pas rester enfermé chez moi tout le week-end.

-Tu veux qu'on sorte le week-end? Pour t'éviter de bosser inutilement…

-Si tu veux.

-Comme tu veux.

-On verra.

-

Je suis plutôt pour si ça peut m'éviter de me faire chier chez moi.

En fait ouais, je marche. Finalement ça me permet de me changer les idées. Je ne m'ennuie pas avec lui.

-

-Tu veux commencer ce week-end?

-Non, j'ai demandé mon samedi pour aller voir mon frère. Sa femme vient d'accoucher.

-Ca y'est?? C'est super. Ca s'est bien passé?

-Pas aussi bien que c'était prévu mais au final les petites et la mère vont bien.

-Tant mieux alors.

-

Il me gratifia d'un sourire franc et heureux, et sa main empoigna doucement sur mon épaule.

-

-Allez, rentre chez toi maintenant.

-Et toi tu as fini?

-J'ai encore deux-trois trucs à faire, et c'est bon.

-

La semaine se déroula sans encombre. Enfin, si on compte pas le rendez-vous avez Peacecraft.

«Aloooors?

-Quoi alors?

-Eh bien… vous n'avez rien de nouveau à me dire?

-A quel sujet? Je suis tonton.

-C'est bien, mais au sujet deee… vous savez…

-Non.

-Mais… je ne sais pas, vos relations avec une personne?

-Euh… vous parlez de la négociation avec mon directeur financier qui a aboutie?J'ai pu faire un emprunt à 2 pour cent?

-…»

Des fois j'ai l'impression de pas être sur la même planète qu'elle.

Enfin bref, toujours est-t-il que là je suis à l'hôpital, avec monsieur et madame Chang-Schbeibker qui ont deux filles, et comment s'appellent t'elle (déjà)?

Et franchement, ils auraient pu faire un effort sur la déco.

D'ailleurs, Hilde a reçu un bouquet de fleurs d'une de ses amies.

J'aimerai pas la connaître avec les goûts qu'elle a, cette amie.

-

-Et donc le gars il m'a demandé de m'asseoir sur le bord du lit et de faire le dos rond. Vas-y faire ça quand t'as un ventre gonflé à block et que t'es secoué de contractions. Mais bon, je l'ai fais comme j'ai pu, il m'a enfoncé l'aiguille dans le bas du dos et c'est pas du tout agréable. Mais après, c'est génial… parce que tu sens plus rien!

-Ah…

-

J'adore écouter des trucs de femmes, des trucs existentiels que je ne peux pas comprendre et que j'en ai rien à carrer puisque ça m'arrivera jamais.

-

-Oui. C'était même marrant, parce que moi j'étais dans mon lit en train de planer, avec un grand sourire con sur le visage, et WuFei à coté qui s'affolait comme tout. «Chérie, chérie y'a une grosse contraction qui arrive. Chérie… tiens bon elle arrivela grosse contraction !!». Et moi «Ah ouais…? Mais c'est cool, ça…». Et puis au moment de la contraction, WuFei: «Chérie ça y'est!! Ca va? Ca va chérie? Tu tiens le coup?» -«Oui, oui, c'est supeeeer…!». Le bonheur. Je sentais rien du tout. La grosse contraction? Quelle grosse contraction? Bon, à la fin, quand les filles sortaient, je l'ai bien senti. Mais au moins ça m'a permis de souffler quelques heures.

-

La phrase fétiche de Hilde est devenue «l'accouchement, c'est dément, mais la péridurale, c'est génial».

Hilde tourne la tête et affiche un grand sourire à son maris.

-

-En tout cas, j'ai bien cru que tu allais t'évanouir mon chéri.

-Quoi??

-

Haha. C'est elle qui accouche et c'est lui qui s'évanouit. Non mais où va le monde? Où sont passé les hommes virils? Je ne peux pas être partout à la fois…

-

-Par un moment, mes contractions devenaient de plus en plus intenses et t'étais en totale panique. Les médecins t'ont conseillé de t'asseoir et de lire.

-Attends… ma femme souffre, c'est normal que j'ai peur pour elle!

-

Je serais tenté de dire «quel comédien» mais ça m'étonne pas du tout de WuFei en fait.

Le truc qui me fait marrer à l'avance, c'est de m'imaginer WuFei avec ses gosses. Il sera un vrai papa poule, et y'a pas plus désopilant.

Ou plutôt je sais pas si ça va me faire marrer quand je le verrai à l'action, ou si j'irai partir me cacher sous la honte.

-

-T'es sûr que qu'il en faisait pas un peu trop, Hilde?

-Son livre était à l'envers.

-

C'est éprouvant l'accouchement pour un mec, je dis. Ca devrait pas exister…

-

-Et puis… oh WuFei, tu étais tellement chou avec ta charlotte sur la tête…

-Noooon… il a mit une charlotte sur la tête??

-C'était obligé! J'avais pas le choix.

-Il avait même une chemise de nuit chirurgicale…

-C'était une blouse chirurgicale!

-Aaaah… la totale, et t'avais aussi les chaussons qui vont avec?

-Ca va, hein. C'était pour l'hygiène.

-Vous avez des photos?

-Oui!

-Non.

-Allez, tu peux aller me chercher mon appareil photo numérique mon chéri ?

-

Je veux trop voir ça. Comment il doit avoir l'air con!

C'est clair que ça… ça m'arrivera JAMAIS. Je resterai sans descendants, tant pis. WuFei perpétue déjà notre lignée. Et puis il y a assez de chômeurs comme ça.

Je me demande si Wu a déjà inscrit ses filles en polytechnique?

-

-Tiens, tu veux en prendre une dans tes bras?

-Non merci, ça ira. Je pourrai survivre.

-Heero, tu es leur tonton! Il faut qu'elles te voient!

-De toute façon à ce stade de leur vie, elles ne voient pas à plus de trois centimètres.

-Allez, dis bonjour à Ambre.

-Non mais… Hilde! Non, je veux pas!

-Heero!

-Elle va me baver dessus!

-Tu n'a qu'à mettre le bavoir sur ton épaule.

-Allez frangin, elle ne va pas te manger.

-

Gaaah naaaan pas çaaaa!

WuFei me remet une de ses rejetonnes et m'explique comment il faut la tenir.

Parce qu'en plus y'a une façon spéciale sinon elle est pas contente. Ca va, elle est pas chiante!!

J'ai vraiment l'air idiot.

-

-Non, Hilde, range cet appareil photo!

-Il faut immortaliser ce moment! Avoir des preuves! Et puis la petite est trop chou…

-

Bah ouais c'est ça. La petite est trop chou. Et moi je suis moche??

Je me sens hyper gêné avec ce truc dans les bras qui gigote comme un peu. Je la regarde d'un air sévère, mais elle s'en fiche complètement, trop occuper à faire des mouvements non-coordonnés.

-

-On dirait un asticot.

-

C'est vraiment une étrange bestiole qui ouvre la bouche et la referme, les yeux fermés.

Elle commence à geindre.

-

-Oh oui, c'est dur la vie. C'est cruel. Abuse de tes parents autant que tu peux. Parce que quand ils sauront que c'est de la comédie, tu pourras toujours pleurer.

-

Et voila. Je lui parle malgré moi. Si c'est pas pitoyable.

-

-Vous me donnez le mode d'emploiaussi? Comment on fait pour la faire taire? On l'assomme?

-

Je suis donc rentré avec plein de photos sur ma clef usb. Dont moi avec les morveuses.

Faut que je pense à les supprimer. Le truc c'est que j'ai au moins six clefs donc j'oublie ce que je mets dessus et j'oublie aussi si j'ai mis ce qu'il y a dessus sur mon ordi.

Mais là chu trop crevé et je vais aller me coucher.

-

Lundi, bureau de M. Maxwell

-Alors, tu es allé voir tes nièces?

-Oui.

-Elles sont mignonnes?

-Tous les bébés se ressemblent et ils ne sont pas mignons.

-C'est toi qui le dis. Moi j'aime bien les enfants.

-

Son regard fut mélancolique l'espace d'un instant mais il se ressaisit vite.

Au moment où il inspira pour me dire une nouvelle chose, quelqu'un frappa à la porte. Il renonça donc à me dire ce qu'il voulait me dire. Et dieu que c'est frustrant. Même si c'était pour dire «j'aime les patates».

-

-Entrez.

-

Un collègue franchit le pas de la porte

-Monsieur le Directeur « Il est pas lèche-cul pour un sou…'Tain si j'étais la place de Duo, je l'appellerai en retour Monsieur l'Employé. Ca doit bien casser… », nous avons fais les test que le conseil nous avait suggéré et il y avait ce léger problème de programmation qui nous gênait. C'est réparé, mais maintenant c'est au niveau du blocage des spams. A quoi pensez-vous que cela est dû?

-Demandez à Monsieur Yui, je ne m'occupe pas de cette partie là.

-Monsieur Yui?

-

Les deux regards se tournèrent vers moi et Duo, alors que l'homme ne le regardait pas, fit bouger ses lèvres sans émettre de son pour que je comprenne «Sois sympa s'il te plait, lui fous pas un râteau devant moi…».

Raaah… je sais pourquoi il faut pas que je foute des râteaux aux autres devant lui. Parce que sinon ça implique qu'il faut qu'il soit sévère avec moi, me menacer de me licencier parce que je rends riches les médecins qui proscrivent à mes collègues des arrêts de travail pour cause de dépression.

Et ce con, il veut pas.

Enfin ce con… c'est bien pour moi hein… mais pas pour lui.

-

-Je pensais que c'était parce que vous étiez incompétent mais si la programmation ne pose plus de soucis, le reste devrait suivre.

-

Et ne vous méprenez pas, je l'ai dis sympathiquement.

Attendez, me prenez pas le chou! J'ai fais un compliment!

«Si la programmation ne pose plus de soucis, le reste devrait suivre.» c'est un compliment.

Mais si!

-

-… ¤Heero, jte déteste, crétin¤

-… D'accord…

-Je vous apporterai mon travail sur l'installation.

-Mais j'ai pu étudier votre travail, et vous ne croyez pas que ça fait…

-

Vas-y, qu'est ce que tu vas dire, hein? Qu'est ce que tu vas critiquer mon travail, HEIN?? Il est pas bien mon travail??

-

-Quoi?

- … compliqué… pour une installation de cinq minutes? Vous savez, si le produit ne convient pas aux clients…

-

Ah ouais? Et mes couilles sur ton nez avec des plumes dans le troufion ça fait dindon?

-

-Vous vous en sortirez. J'en suis certain. Et puis deux minutes de plus ou de moins, on n'en est pas à ça de près.

-

Eh, «vous vous en sortirez», un DEUXIEME compliment!

-

-… Merci…

-

De rien.

Quel ingrat. Y'avait pas trop d'entrain dans ce «de rien».

Ca m'énerve les gens qui veulent que ça soit tout prêt tout mâché tout préparé… merde mais maintenant avec la sophistication des virus il faut que ça soit un peu moins facile à casser!

Le gars s'en va et nous laisse seul avec Duo qui nous observait débattre.

Celui-ci secoua la tête et soupira.

-

-Heero… Heero… Heero…

-Quoi, quoi quoi?

-

Quoi? Pourquoi tu me regardes avec cette tête de mec blasé de la vie?

-

-Ecoute… comment t'expliquer… te dire… Je ne te cache pas que certaines personnes, pas mal même, se demandent pourquoi je ne te vire pas parce que tu fous l'ambiance en l'air. Tu portes atteinte au respect des gens.

-

Ok. Tu veux jouer au lourd? Très bien.

-

-Quoi?? Qu'est ce que j'ai encore dis??

-Là ça allait limite. Parce que t'étais pas agressif. Mais t'aurai pu quand même éviter.

-Tu me soules.

-J'ai pas envie de passer pour un égoïste, mais je prends sur moi quand tu manques de respect à quelqu'un et ça va à l'encontre de ma réputation. Je te protège, mais j'ai pas envie que tu m'entraînes dans ta chute.

-Alors pourquoi tu me lâches pas?

-

J'ai dis ça froidement. Mes yeux lancent des éclairs.

Sur le moment je cru qu'il allait devenir hystérique comme la dernière fois où il avait péter un câble, mais en pire parce que je plaisante pas, mais Duo garda son sang froid. Et il changea de ton. D'une voix grave, il me répondit:

-

-Parce que tu haïras encore plus le monde si on te fait un coup vache. Et tu te pourriras la vie à penser que du mal. Franchement Heero, on se connaît un peu plus maintenant. Je dois être le seul gars qui te force à sortir de ta coquille. Mais je veux pas que tout ce qu'on a fait se réduise à du vent à cause de certaines personnes au bureau qui n'ont pas fait ce que j'ai fais.

-Tu te prends pas pour de la merde, ça va.

-Je t'ai tenu tête.

-

21h53.

Y'a le film du soir qui a commencé et je suis en train de le regarder.

Et je suis sûr que ça va me plaire.

Quel connard.

Mais quel connard.

Raaaah… faut que je me concentre sur le film. Ca va me détendre. Ca va me stupidiser pour la soirée et je pourrai me coucher sans penser à… lui.

Connard.

Connaaaaaaaaaaard!

Mais putain mais pourquoi j'y pense?? Pourquoi ça m'énerve?? Pourquoi ça me fait mal??

Pourquoi j'ai l'impression qu'il a raison?

Pourquoi j'ai l'impression… d'être con?

-

Titututitititututitututitutututititutututititititututuuuuuu…

Merde. Le portable qui sonne à cette heure ci. Je croyais que je l'avais éteins.

Je m'en fous. Qui que ce soit, je lui réponds pas.

Hein?

Roh putain… mais il est lourd, ce connard! Heureusement qu'il a pas mon numéro de téléphone fixe!

-

-Quoi?!

-Heero? Je te dérange?

-Oui.

-Ah.

-

Etrangement, sa voix n'est pas comme tout à l'heure.

Elle n'est pas ferme, sûr d'elle. Elle est douce.

Et je m'étonne parce que la mienne cesse brutalement d'être agressive.

-

-Qu'est ce qu'il y a?

-Heero… je suis désolé pour tout à l'heure.

-…

-Voila. C'est tout.

-…

-A demain.

-Duo.

-Quoi?

-

Je sais pas pourquoi, là, maintenant, j'ai envie de lui parler.

Mais… je veux dire, sans sarcasme.

Et je sais pas parler sans sarcasme quand c'est sérieux.

Je sais même pas quoi lui dire.

-

-Je n'aime pas qu'on m'insulte.

-Je sais. Personne n'aime.

-Mais tu avais raison. C'est vrai, je me sentais trop supérieur aux autres. Tu m'as cassé pour me remettre à ma place. C'était peut-être pas ton genre de faire ça.

-

A travers le portable, je le vis quand même sourire.

Et… merde. Il m'avait manqué, ce sourire.

-

-Ouais. Il serait peut-être temps que tu t'en rendes compte.

-

Mon prochain portable, ça sera avec visio.


Je lis dans les pensées, je sais déjà la réaction de certaines… XD