Note de l'auteur : Je précise ici que cette idée m'a été inspirée par la fiction Heartbreak Hitman de Panhead17. Pour ne pas finir dans le plagiat pur et simple, cette histoire restera un One-Shot. Qu'on ne me demande donc pas de suite, merci. :) Pour ceux que ça intéresse, je leur conseille de lire cette fameuse fiction, qui est un fort sympathique Mystwalker anglais, pas trop long ni trop compliqué. Je rajoute qu'à la base, j'ai imaginé cette conversation, sous la douche (j'aime imaginer des trucs en restant sous l'eau chaude... C'est pas bon pour le Tiers-Monde, l'écologie et les vaisseaux mais moi je serais incapable de m'en passer à des températures en dessous de 25°C). Sous la douche donc, et en anglais (parce que les mots ont tendance à venir en anglais dans ma tête quand je pense, phénomène parfois assez perturbant, et des fois quand je parle, ce qui donne des mélanges franglais quelques fois assez détonants). Parce que l'anglais ça a plus d'impact. Pour la voix de la personne au téléphone (celle qu'on ne voit pas), merci d'imaginer une voix sulfureuse. C'est comme ça que je l'entendais dans ma tête en écrivant. :)


Contexte : Le monde moderne. (One-Shot)


Pacte avec le Diable


— C'est mauvais. Très mauvais.
— Je sais, Lily, répondit une voix résignée.
— Non, vous ne savez pas !, gronda le grand homme à la peau noire. Vous êtes quasiment dans la pire situation possible.
— Que veux-tu que je te dise ?, soupira son interlocuteur. Mon père est mort, le testament a été ouvert et il a fait de moi son seul héritier... Personne n'aurait pu changer ça.

La pièce était de taille moyenne, mais son dénuement la faisait paraître immense. Une porte. Une chaise, où était installé un jeune homme aux traits tirés. Une table, près de laquelle un géant au teint olivâtre se tenait debout, de toute évidence tendu à l'extrême. Pas de fenêtres. L'hôtel était un trois étoiles quelconque de la banlieue sud de Crocus.

— Il vous faut un garde de corps.
Tu es mon garde du corps, pointa le plus jeune des deux.
— Je ne suffirai pas. Les meilleurs assassins du monde vont venir chercher votre tête.
— Le testament n'a été ouvert qu'hier, relativisa-t-il. Tu as bien le temps de trouver... non ?, questionna-t-il en voyant les lèvres de Lily se pincer.
— Les informations circulent vite dans ce milieu, Jellal.

Le fait que le noiraud utilise son prénom témoignait de la gravité de la situation. Le jeune homme lui faisait confiance pour évaluer cette dernière : il était, après tout, un ancien du milieu.

— Très bien. Trouve le meilleur garde du corps disponible, dans ce cas. L'argent n'est pas réellement un problème pour moi. Et je préfère rester en vie.
— Je ne pense pas qu'un garde du corps sera suffisant non plus, déclara lentement Lily.

Jellal fronça les sourcils.

— Que veux-tu dire ?
— « La meilleure défense, c'est l'attaque », cita l'ancien mercenaire. Pour déjouer les pièges d'un spécialiste, quoi de mieux qu'un autre spécialiste ?
— Je ne vois pas où tu veux en venir.
— Engagez un assassin.

Le silence qui s'installa entre les deux était lourd. Ce fut le bleu qui le brisa.

— Je ne veux tuer personne, Lily, dit-il d'une voix douce.
— Je sais. Mais personne ne connaît mieux les combines d'un tueur-
— Qu'un autre tueur, termina Jellal. Le problème, c'est qu'il nous faut quelqu'un de confiance.
— Je connais quelqu'un.

Le géant se tourna pour saisir une tablette tactile sur la table. Il navigua un moment sur l'écran avant de tourner celui-ci vers son interlocuteur. Celui-ci plissa les yeux devant le fond sombre et les liens listés sur la page internet.

— Sur quel site es-tu ?
— Vous connaissez le Deep Web ?, demanda le noiraud en réponse.

Le bleu secoua la tête.

— Vous devriez. On peut tout trouver, là-dedans. Jeux vidéo inédits, hackers de génie, armements de toutes sortes...
— Et tueurs à gage ?, continua le jeune homme.
— En cherchant bien, et en y mettant le prix, oui, répondit Lily. Mais je n'ai pas besoin de ça pour contacter la personne à laquelle je pense.
— Pourquoi tu navigues là-dedans, alors ? Non, l'arrêta Jellal en levant la main. Dis-moi plutôt, qui est cette personne ?
— Un des meilleurs assassins du monde. Probablement le meilleur du pays. Tenez, dit-il en tournant à nouveau la tablette vers le bleu.

Une liste de portraits s'étala sous les yeux du jeune héritier. Des noms célèbres. Et aujourd'hui tous morts.

— Je croyais qu'on n'avait jamais su comment était mort le Général Bastia ?, souffla Jellal.
— Parce que l'assassin était trop bon. Tous les noms sur cette liste sont ses anciennes cibles.

Déglutissant, le bleu fit défiler la page. L'idée de s'y retrouver lui parut effrayante – jamais le tueur n'avait échoué.

— N'importe qui. N'importe où. N'importe quand. Capable de tuer même l'insaisissable et de disparaître dans le néant. Pour ça, on l'a surnommé : Fairy Hunter.
— Pas si insaisissable que ça, puisque tu le connais, remarqua Jellal.
— Ça ne me donne pas sa localisation. Heureusement, j'ai gardé son numéro noir.
— Je suppose que ce genre de numéro ne se trouve pas dans les Pages Jaunes, murmura le bleu. Tu dis que tu connais ce type. Mais est-ce qu'on peut lui faire confiance ?
— Fairy Hunter a un code d'honneur très strict. Une mission acceptée sera toujours réalisée dans les termes du contrat. Pas de retournement de veste en cours de boulot comme certains font quand quelqu'un leur propose une somme plus importante. Pas de chantage non plus. Fairy Hunter fait son boulot, récupère sa paie et disparaît. C'est son modus operandi.
— Je vois. Quand penses-tu le contacter ?
— Le plus tôt sera le mieux. Tout de suite, même, en fait, déclara Lily en sortant son téléphone.

Il croisa le regard de Jellal, lui demandant silencieusement son accord. Celui-ci réfléchit pendant cinq bonnes minutes avant d'hocher la tête. L'ex-mercenaire composa soigneusement un numéro.

— Branche le haut-parleur.

Le noiraud fit la grimace. Une tonalité se fit entendre.

— C'est une mauvaise idée, souffla-t-il.
— Je veux entendre.

Deuxième tonalité. Lily enclencha la fonction et le son résonna dans la pièce. A l'autre bout de la ligne, on décrocha.

— Allo ?

Jellal écarquilla les yeux en entendant la voix. Étrangement, il imagina sans peine le sourire étirait les lèvres de l'interlocuteur – interlocutrice ? La voix était rauque, mais mélodieuse.

— Fairy Hunter, je présume ?, demanda Lily.

Un silence. Le sourire s'élargit.

— Panthère. Depuis combien d'années ne nous sommes-nous pas croisés ?

Le bleu cligna des yeux. Cette fois il en était sûr – ou quasiment. Fairy Hunter était une femme. Pourquoi Lily ne lui avait-il pas précisé quelque chose de si crucial ?

— Sept ans, répondit ce dernier.
— Tu as bonne mémoire, continua la voix mélodieuse.
— Tu n'es pas quelqu'un que l'on oublie facilement, contra-t-il.

Un rire bas émana du téléphone.

— Et je suppose que tu t'es rappelé de moi parce que tu as besoin de mes services, reprit Fairy Hunter.
— Tu supposes bien.

La conversation s'engageait sur la bonne voie, ce qui soulagea Jellal. Les deux interlocuteurs avaient l'air de bien s'entendre. Peut-être cela serait-il plus facile que ce qu'il avait imaginé.

— Alors dis-moi, Panthère. Est-ce ton employeur qui est dans la pièce ? A... allez, deux mètres de toi environ. Je doute que le haut-parleur porte plus loin.

Les muscles de Lily se tendirent et le bleu resta stupéfait. Mais l'insaisissable assassin n'en resta pas là.

— Laisse-moi deviner, continua-t-elle – et brusquement il eut l'impression d'être une souris poursuivie par un chat – un chat invisible. La vingtaine. Cheveux bleus. Yeux verts. Un tatouage rouge sur le visage.

Le noiraud pâlit. Jellal regarda nerveusement autour de lui, brutalement envahi par un accès de paranoïa. La sueur commença lentement à imbiber sa chemise.

— Un bas de costume. Une chemise avec un bouton défait... Hum, peut-être deux maintenant.

Jellal se figea, les doigts effectivement au niveau de son col. Son regard paniqué croisa celui, sombre, de Lily.

— Tu as déjà reçu une requête pour lui.

Ça n'était pas une question. Le bleu pâlit.

— Oui.

Le silence qui suivit avait des allures de peine de mort.

— Tu es chanceux, Panthère.
— Pardon ?, souffla celui-ci.
— Il y a peu d'hommes que je hais sur cette planète. Principalement parce que j'en ai tué la majorité, précisa-t-elle d'un ton satisfait.

L'incompréhension s'afficha sur les traits de Lily.

— La requête que j'ai reçue provenait de l'un d'eux.

Le noiraud se redressa brusquement, une lueur d'espoir habitant ses pupilles.

— Et tu le haïrais assez pour refuser ?
— Mieux, Panthère, répondit-elle d'un ton gourmand. Pour moi... Et pour toi.

Un sourire victorieux étira les lèvres de l'ancien mercenaire.

— Accepter ma requête te permet de faire obstruction à la sienne.
— Exactement, ronronna-t-elle à l'autre bout du fil. J'ose espérer qu'après plusieurs de ses envoyés aient été... portés disparus, il se montrera en personne.
— Tant que mon employeur reste en vie, tu peux faire ce que tu veux.

Jellal voulut protester mais Lily leva la main avec un air sévère. C'est ça ou rien. Les épaules du bleu s'affaissèrent.

— Nous avons un deal. Je te recontacterai une fois à Crocus.

Elle raccrocha et les tonalités se remirent à résonner. Jellal ne s'étonna plus qu'elle sache exactement dans quelle ville ils se trouvaient.

Elle était Fairy Hunter, après tout.


Réponses aux reviews de l'Antre de la Sirène :

Nico-Aria : Disons que j'ai passé un bout de temps à chercher ce fameux vocabulaire maritime. J'aime savoir de quoi je parle, parce que plus j'en sais, mieux j'imagine. Pis perso, quand je tombe sur des trucs faux ou pas logiques sur un thème que je connais bien (généralement médecine and co), ça m'énerve et je me dis qu'aujourd'hui, avec internet, on peut tout trouver comme infos. Ou alors, que si on sait pas on écrit pas. C'est en particulier dans les fictions avec une Erza (ou éventuellement Mira ou une autre) qui se retrouve enceinte. Non, on ne se met pas à vomir UNE semaine après avoir été mise enceinte, et de toute façon la grossesse est pas détectable (si ce n'est par magie, mais à moins que Polyussica ou Wendy savent exactement quoi chercher elles le trouveront pas, et normalement y'a aucun signe à une semaine – sauf éventuellement absence de règles, mais pour des raisons de physiologie gynécologique quand on tombe enceinte c'est plutôt 15j-3 semaines avant les règles et pas une semaine avant). C'était la réclamation du jour, pas de bol, elle est pour toi :p Merci beaucoup pour ta review ! :D

Alisha Horiraito : Je suis aussi du côté d'Erza. Jellal va en baver le pauvre, avec non pas une mais 3 sadiques contre lui (déjà que rien qu'Erza toute seule ça serait pas de la tarte). Ah, je vois que tu as pigé le dilemme des joujoux d'Erza : être intéressant, pour la rousse, c'est lui résister. Et le corollaire, c'est que lui céder c'est devenir lassant, et risquer de finir balancé aux requins... Pour la suite, j'ai une petite idée bien sadique et bien gore. Ça faisait un moment que je voulais essayer de faire un truc vraiment gore, on verra si je suis douée ou pas *_* Merci pour ta review ! :D

maddie : Erza est bien en vraie méchante sadique. Y'en a pas assez des comme ça à mon goût (dixit la fille qui a écrit plein de trucs Mystwalker niais). Merci de reviewer ! :D

minimilie : Moi aussi j'aime Erza pirate. Ça change un peu. :) Et puis c'est infini à exploiter cet univers. Merci pour ta review ! :D