Disclaimer: Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas et appartiennent, bien évidemment, à J.K Rowling! Par contre, cette histoire m'appartient.

Message de l'auteur : Bonjour tout le monde! Et voici le nouveau chapitre!

Chapitre 25

Les doigts d'Harry ne cessaient de tambouriner sur son bureau. Comment aurait-il pu en être autrement quand, d'une minute à l'autre, Rogue allait être capturé par l'Ordre du Phénix afin d'être interrogé. Au moins, Dumbledore les avait invités à observer l'interrogatoire. Il pourrait ainsi s'assurer que les choses n'allaient pas trop loin… Ou bien si elles allaient trop loin, il saurait la raison. Ses poings se crispèrent et il se secoua la tête. Ils avaient eu raison de prévenir l'Ordre. Même si Severus Rogue était un porteur, cela ne voulait pas dire qu'il était inoffensif.

Peu importe qui cela pouvait être, si une personne était un danger pour leur mission, ils se devaient d'en savoir la raison. Il n'avait donc pas à se sentir coupable. Ses yeux se fermèrent alors qu'un sourire amer se formait sur ses lèvres. La moindre des choses qu'il pouvait faire était d'accepter la cruauté dont il pouvait faire preuve pour atteindre son but. Il avait, peut-être, une petite culpabilité à faire du mal à Rogue, après tout il n'était pas inhumain, mais il était parfaitement au courant que le métis pouvait être un obstacle à sa mission…

Et il se fichait éperdument de le voir souffrir s'il s'avérait être un problème. Il avait une vengeance à prendre. Il n'avait pas le temps d'être sentimental et de se demander ce qui était bien et ce qui était mal. Il n'était pas un héros. Cela n'avait jamais été son but. Les héros étaient des personnes qui n'avaient pas vu la laideur du monde… qui se pensaient au-dessus des sentiments humains… Cela lui faisait se demander si les véritables héros existaient… Comment quelqu'un pouvait-il agir et ignorer ses buts personnels uniquement pour "le bien commun"? De toute façon, aider Severus Rogue n'aurait pas été pour le bien commun. Il n'était qu'une personne…

Et s'il était le porteur qui leur volait les horcruxes… Il ne pouvait pas l'aider. Il n'était pas son allié… Il ne savait même pas les intentions de ce porteur… Il ne savait… Soudainement, une toupie rouge apparut sur son bureau et il déglutit avec peine. Il savait qu'au moment où il poserait sa main sur cette toupie… il verrait Severus Rogue… Et il assisterait à son interrogatoire… Une part de lui voulait se boucher les oreilles et se fermer les yeux, mais il n'était plus un enfant. Il avait arrêté de l'être le jour où ses parents avaient été assassinés.

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Sirius leva une main tremblante en direction de la toupie qui venait d'apparaître sur le bord de sa fenêtre. Un juron s'échappa de ses lèvres en voyant sa main. Vraiment? Son cops décidait que le bon moment de commencer à perdre le contrôle était maintenant? Une grimace de douleur déforma son visage et il s'obligea à prendre une bonne respiration. Il ne savait plus ce qu'il faisait… Il ne savait plus pourquoi il le faisait… Pourquoi avait-il joint l'Ordre du Phénix? Pourquoi était-il venu dans cette compétition? Pourquoi était-il tombé amoureux de Severus Rogue? Pourquoi était-il Sirius Black? Pourquoi… Pourquoi… Il avait toujours été sûr de ce qu'il était.

Lorsqu'il prenait une décision, il ne changeait pas d'avis. Après tout, seuls les idiots s'amusaient à changer d'avis continuellement, ne tenant jamais parole… n'ayant aucun honneur… Il avait toujours pensé être honorable. Il n'avait pas pu contrôler le fait qu'il était tomber amoureux du mari de son père… Mais, il avait agi honorablement. Il n'avait jamais essayé de le séduire… Il avait toujours traité Severus Rogue avec respect et affection… Lorsqu'il avait découvert que son père avait été assassiné… Poignarder en plein cœur… Il avait cherché à trouver le coupable… et lorsqu'il avait découvert qu'il s'agissait de Tom Jedusor… Il avait décidé d'honorer la mémoire de son père en combattant le tyran. Oui… Il avait toujours été honorable…

Il avait toujours voulu faire la bonne chose… Il n'était peut-être pas le plus expressif des hommes en ce qui concernait ses émotions, mais il avait fait de son mieux… Alors, pourquoi maintenant tout semblait si… futile? Ses ongles s'enfoncèrent dans sa peau alors que ses yeux se fixaient sur la toupie. Si Severus avait tué son père sous l'ordre de Tom Jedusor… il se devait de le savoir… pour son père… pour son frère… pour sa sœur… pour lui-même… Il devait le punir de son crime… S'il s'avérait que Severus était le porteur qui leur avait mis des bâtons dans les roues… Peut-être était-il de leur côté alors? Peut-être il y avait-il de l'espoir? Peut-être que tous ses mensonges pourraient enfin disparaître? Un sourire amer se forma sur ses lèvres face à cette pensée. Il en doutait fort… Plus rien ne serait comme avant… Il posa alors une main décidée sur la toupie et se sentit transplaner dans l'Ordre du Phénix.

Ses yeux s'attardèrent à peine sur la salle grise dans laquelle il se trouvait. Il n'y avait que deux énormes écrans qui couvraient presque la totalité des murs et quelques chaises qui semblaient fort inconfortables. Son regard tomba sur Ron qui le fixait avec une once de dédain et de dégoût et Sirius fut tenté de lui montrer les dents et de lui faire un doigt d'honneur. Qu'est-ce qu'un type qui possédait une famille parfaite et qui n'avait jamais eu de problèmes dans sa putain de vie pouvait comprendre de ce qu'il ressentait? Personne n'avait jamais eu la moindre attente envers lui. Il aurait pu devenir vidangeur que sa famille lui aurait souri sans le moindre problème. Ce n'était pas son cas. Il était Sirius Black après tout. Et c'était bien la première fois que son nom semblait presque être une malédiction. Hermione Granger, un membre de l'Ordre, lui fit un vague sourire auquel il répondit par un hochement de tête. Maugrey Fol'œil ne lui accorda pas le moindre regard, fixant intensément un des écrans. Sirius vit du coin de l'œil Harry apparaître, mais le plus important était Albus Dumbledore. Le vieil homme, qui ressemblait pourtant à un grand-père gâteau avec sa touffe de cheveux blancs et sa longue barbe couleur neige, était pourtant le chef de l'Ordre du Phénix. Sirius lui fit une révérence à laquelle il répondit avec un sourire bienveillant.

- Je suis heureux de vous revoir… Même si je sais que vous êtes en plein dans votre mission, je crois qu'il est important que vous assistiez à cet interrogatoire. Surtout vous, Monsieur Black… Après tout, vous connaissez intimement Severus Rogue.

Un frisson de douleur le traversa et il hocha sèchement la tête. Il ne le connaissait pas. Il ne se connaissait même pas lui-même. Il y a un mois de cela, il n'aurait jamais accepté l'idée que Severus se trouve dans une salle d'interrogatoire. Maintenant, il avait été celui qui avait avisé l'Ordre du comportement suspicieux du métis. La vie n'était-elle pas complètement folle? Hermione ouvrit alors le premier écran et Sirius sentit sa gorge se nouer en voyant Severus attaché à une chaise. Malgré lui, il le regarda intensément afin de voir s'il n'avait pas la moindre marque sur son corps. Il faillit pousser un soupir de soulagement en voyant que celui-ci semblait aller bien. Cependant, ses yeux étaient rivés sur les visages de Dimitri et Lucinda, deux interrogateurs de l'Ordre. Dimitri semblait absolument terrifiant avec ses allures de brutes et Lucinda semblait absolument charmante avec son sourire étincelant fermement ancré dans sa peau chocolat. Les yeux mauves de Severus se promenaient sur les deux interrogateurs avec une certaine nonchalance.

- Monsieur Rogue, n'est-ce pas? Nous avons certainement questions à vous poser. Commença délicatement Lucinda.

- Pourquoi est-ce que tu parles à une pute de cette façon? Un peu plus et tu vas lui demander s'il veut une tasse de thé. Aboya Dimitri, les yeux mauvais.

Severus n'eut aucune réaction au fait d'être appelé une pute alors que Sirius mourrait d'envie d'arracher la gorge de Dimitri… Ce qui était assez ridicule puisque le métis était une pute. Bordel… Il n'aurait pas dû se rendre à ce foutu interrogatoire. Il aurait dû attendre, calmement, que le résultat lui soit dit... Un minimum de paix… Était-ce trop lui demandé?

- Chaque humain mérite le respect. Réprimanda Lucinda. N'êtes-vous pas d'accord, Monsieur Rogue?

Severus ne répondit pas et Hermione pointa sa baguette sur l'écran. Un moniteur apparut alors dans un coin de celui-ci, montrant les signes vitaux du porteur.

- Il est… parfaitement calme. Souffla la jeune femme, estomaquée.

Severus pouvait effectivement voir, grâce au moniteur, que le cœur du métis battait normalement. Merlin, ne réalisait-il pas dans quelle situation il se trouvait? N'avait-il pas peur pour sa vie? Où avait-il abandonné l'idée de vivre? Sirius avait envie de le secouer à en avoir mal aux bras. Pourquoi était-il ainsi? Pourquoi était-il aussi calme? Pourquoi ne lui avait-il pas demandé de l'aide? Pourquoi était-il appelé "l'homme qui ne pleurait jamais"? Pourquoi… Pourquoi… Toujours pourquoi…

- Hé! Elle te parle! S'énerva Dimitri, s'approchant de Severus et lui prenant rudement le menton entre ses doigts.

- Et il continuera à garder le silence si tu l'agresses. Fit remarquer Lucinda. Alors, Monsieur Rogue? N'avez-vous pas la moindre question? Vous ne vous demandez même pas pourquoi vous êtes ici?

Dimitri relâcha brusquement le menton du porteur et Sirius sentit son corps se détendre. Severus pencha alors calmement la tête de côté, regardant les deux interrogateurs avec indifférence.

- Je sais pourquoi je suis ici. Rétorqua le métis, comme s'ils parlaient de la pluie et du beau temps.

Sirius sentit son corps se crisper face à cette réponse. Comment aurait-il pu savoir une telle information? Un porteur n'était certainement pas au courant de l'existence de l'Ordre du Phénix! Il était vraiment idiot… C'était parce que Severus n'était pas un porteur normal qu'il se trouvait dans cette foutue cellule.

- Ça m'étonnerait, mon cœur. Cracha Dimitri.

- Soit vous voulez me violer, soit vous voulez des informations sur un de mes clients. Il n'y a aucune autre raison. Je ne suis qu'un porteur qui n'a pas de mari… Un porteur qui se prostitue pour des hommes riches… Je n'ai aucune autre valeur.

Comment pouvait-il dire une telle chose avec une telle finalité dans sa voix? Comment pouvait-il croire qu'il n'avait aucune valeur alors qu'il possédait son foutu cœur… Son putain de cœur depuis plus de 10 ans… Sirius ferma péniblement les yeux. Quelle était la chose honorable à faire? Pourquoi tout était-il aussi mélangé? Il ne savait plus ce qui était bon et ce qui ne l'était pas… Il ne savait plus le haut du bas… Sa vie n'avait plus de sens… À qui allait sa loyauté? Qui méritait d'être protégé? Qui méritait qu'il se sacrifie?

- Non, Monsieur Rogue… Vous avez tord. Rétorqua Lucinda.

- Pas sur le "je n'ai aucune valeur". S'empressa de rajouta Dimitri. Mais, sur le reste… complètement tord.

Pour la première fois, Severus fronça les sourcils et Lucinda s'empressa de s'approcher de lui, se mettant à genoux devant lui afin qu'ils puissent se regarder dans les yeux.

- Saviez-vous que votre défunt mari a été assassiné?

Aucune émotion n'apparut sur le visage de Severus. Il n'y avait pas de culpabilité et il n'y avait pas de surprise. Son visage était complètement lisse.

- Il est mort depuis 6 ans… Que voulez-vous que je vous dise? Rétorqua Severus.

Dimitri sortit alors un long couteau et le contempla avec intérêt.

- Pourquoi tu ne nous dirais pas ce que tu sais? Répliqua-t-il furieusement. Pourquoi un duc a-t-il été assassiné de sang froid dans sa propre demeure?

- Comme tout homme puissant, mon défunt mari avait des ennemis.

- Est-ce que tu étais un de ses ennemis?

Severus baissa la tête de côté tout en écarquillant légèrement les yeux.

- Il me payait tout ce que je désirais et payais ma dette envers Tom Jedusor.. Pourquoi l'aurais-je vu comment étant mon ennemi?

Ce qui ne répondait pas du tout à la question posée. Sirius sentit son sang se figer dans ses veines en entendant la réponse de Severus. De ce qu'il avait pu voir de leur mariage, il avait semblé tout de même agréable. Son père était, après tout, bien plus gentil et affectueux que lui n'aurait jamais rêvé de l'être… Ses mains se mirent à se tortiller à ses côtés alors que le nœud dans sa poitrine se resserrait. Tout allait changer… Il pouvait aisément le deviner…

À suivre…