Chapitre 24 : Noël à Poudlard
Mardi 24 décembre 1992
Cher Journal,
Les vacances sont là, les dortoirs sont vides tout comme la salle commune. En fille, il ne reste plus que Juliette, Nono et moi. Les autres sont toutes parties dont la Parkman. Enfin débarrassée d'elle ! Quoique je ne serais pas étonnée si elle sortait d'un des cadeaux de Juliette pour lui faire une « surprise ». Elle est tellement stupide que ça ne m'étonnerait même pas qu'elle le fasse.
Chez les garçons, il ne reste que Blaise et Théodore. Il y a Marcus Flint et Adrian Pucey qui restent aussi et il me semble qu'une fille de septième année aussi. Pour notre premier Noël à Poudlard, nous n'avons rien prévu de spéciale. Juste une soirée entre amis à moins que Juliette ne décide de ne pas faire de pause sur son « défi » comme elle l'appelle. Je commence même à me demander si elle n'est pas vraiment amoureuse de Blaise mais qu'elle ne veut pas l'avouer. « Juste pour le défi » elle me dit, j'ai des doutes, cher Journal…
Poudlard est bien vide durant la période des vacances, chacun rentre chez lui, retrouvé sa famille pour passer un joyeux noël. Évidemment, parmi les rares qui restent à Poudlard, la plupart de ses élèves peuvent aller à Pré-au-lard. Nous, on va devoir se contenter de ce que nos parents nous enverrons. Juliette en demander des baguettes réglisses et des fondants du chaudron à ses parents. Nono leur a fait la demande pour des dragées surprises de Bertie Crochue et des patacitrouilles. Quant à moi, j'ai envoyé une lettre à mes parents pour qu'ils m'envoient des chocogrenouilles. Je suis aussi allée voir Marcus Flint pour lui demander de me ramener des sucreries de chez Honey Duke avant qu'il ne parte pour Pré-au-Lard avec Adrian Pucey. Oui, je fais mon petit trafique, bientôt je vais leur demander de la cocaïne !
Bisous, cher Journal,
Marion
La jeune fille referma son journal et le posa sur son chevet tandis que Juliette essayait un haut qu'elle avait mis il y a deux ans à Noël.
« Je ne rentre pas dedans ! Se plaignit-elle, la tête coincée sous la toile du tissu. Marion, aide-moi ! »
Sa cousine daigna se lever et quitter le poêle qui la réchauffait en cette saison qu'elle détestait tant. En aidant Juliette à sortir de son haut, elle tira de toutes ses forces et cela finit par payer car sa cousine ressortit de son haut, les cheveux électriques.
« Magnifique… » Commenta Juliette en passant sa main dans ses cheveux pour les aplatir.
Nono arriva du fond du dortoir et se planta devant les deux cousines qui riaient de la coiffure électrique de Juliette.
« Ça va comme ça ? » Demanda-t-elle pas très sûre.
Après s'être calmées, les deux filles tournèrent la tête vers leur amie qui, il fallait bien le dire, était splendide. Ses cheveux noirs coupés au carré avec une mèche devant son œil droit, parfaitement lissés comme toujours, ses yeux maquillés très légèrement et un long pull vert pomme qui descendait sur un jean noir et des bottines neuves.
« Il te manque un collier, dit Juliette en la tirant par le poignet pour l'entraîner vers son coffret à bijoux.
_Mais sinon… ?
_Tu es très belle, la rassura Marion.
_Ah ? Merci. »
Tout ceci n'avançait toujours pas Juliette qui n'avait plus le pull qu'elle souhaitait mettre. Après avoir prêté un collier à Nono, la jeune Gadish se mit à genou devant sa valise et commença à la vider en regardant tous les vêtements qu'elle possédait. De son côté, Marion attachait ses cheveux avec une pince jurant contre ses cheveux qui rebiquaient dans tous les sens. Il était impossible qu'elle se présente avec de pareils cheveux, c'était laid et rien d'autre !
Côté rouge, on était déjà attablé dans la Grande Salle qui abritait un immense sapin décoré par les professeurs de Poudlard. L'ambiance était déjà là à cette table peu remplie. Des Gryffondor, il ne restait que Louise, Léa, Antoine, Ginny, les jumeaux Weasley, Ron, Harry et Hermione. Ils étaient tout de même plus nombreux que les Serdaigle qu'ils avaient invité à leur table car ceux-ci n'étaient que trois dont les deux frères Bradley et Anthony Goldstein.
Ginny, comme à son habitude, ne disait rien et restait au milieu comme effrayés par tant de monde qui riait. Léa la soupçonnait même d'avoir envie de monter dans les dortoirs pour se confier à son journal car la jeune rousse ne semblait parler qu'à son précieux journal. Les jumeaux Weasley faisaient déjà éclater les Pétards Surprises qui laissaient échapper une pluie de confettis sur la table. Antoine et tous les autres garçons s'amusaient à courir dans la Grande Salle en s'envoyant un ballon lumineux increvable à travers les quatre grandes tables.
Les filles de Poufsouffle les regardaient avec de grands yeux admiratifs tout en battant des cils et s'exclamant dès que l'un d'eux les frôlaient en courant.
Le banquet fut servi au moment où la troupe des Serpentard entra dans la Grande Salle. Avec un grand sourire, les quatre cousines se firent un signe depuis leur table de maison. Pour le repas de Noël, les élèves avaient droit à du bœuf en croûte avec des marrons cuits, des haricots verts roulés dans une tranche de lard et une purée gratinée.
En dessert, une fabuleuse bûche de Noël et chacun se battaient pour prendre la dernière part. Le ventre plein, les élèves malgré leur petit nombre provoquait un brouhaha dans la Grande Salle par leurs conversations animées. Les Pétard à Surprise éclataient dans toute la pièce explosant avec leurs confettis qui avaient bientôt recouvert le sol. Hermione se promenait désormais avec un chapeau de sorcière digne du professeur McGonagall qui lui fit d'ailleurs l'éloge de son chapeau.
Par solidarité pour leur ami Colin, pétrifié à l'infirmerie, Antoine, Léa et Louise montèrent lui passer une petite visite. Louise s'approcha et ouvrit pour lui le cadeau qu'ils lui avaient fait :
« On s'est cotisé pour t'acheter cette nouvelle pellicule car l'ancienne a grillé lors de ton agression. Voilà, on a fait l'énorme erreur de t'en racheter une pour que tu nous prennes encore plus en photos. » Ria-t-elle en introduisant la pellicule dans l'appareil.
Tandis qu'elle disait ces mots, Léa et Antoine s'amusaient à le coiffer d'un bonnet de Père Noël, avec une belle écharpe rouge d'où pendait des pompons avec écrit : Joyeux Noël.
« Et donc, la première photo de cette pellicule ce sera toi à la période de Noël. » S'écria-t-elle en abattant le flash sur le Colin immobile affublé de tout ce que lui avait mis Léa et Antoine qui sur la photo souriaient à pleines dents derrière Colin.
En riant, les trois Clerwood-Gadish quittèrent la pièce, laissant Colin et son appareil photo. Tous les trois coururent rejoindre leurs amis dans le parc pour la bataille de neige.
Déjà les quatre clans s'étaient formés, à savoir les Gryffondor derrière une colline, les Poufsouffle cachés sous un arbuste, les Serdaigle chacun derrière un arbre et les Serpentard derrière un gros rocher.
« A l'attaque ! » Hurla Juliette en balançant une boule de neige sur Hannah Abbot qui en lançait une en même temps.
Prenant toute de suite plaisir à cette bataille contre maison, les trois se planquèrent aussitôt derrière la colline près de leur camarade. Au passage, chacun se reçut une quantité généreuse de neige avant d'arriver à leur cachette. Léa se redressa et lança sa boule en direction des Serdaigle. Les boules de neige fusaient, s'écrasant sur les visages, les vêtements, les unes contre les autres, obligeant les élèves à se mettre à plat dans la neige. Frigorifiés, ils continuaient leur bataille, chacun ne voulant pas laisser leur poste et abandonner la partie.
Pour stopper cette bataille qui allait dépassé le couvre-feu, Mr. Rusard le concierge arriva en jurant contre eux comme quoi ils étaient temps pour eux de rentrer.
« Vieux grincheux ! » Hurla Alexian alors que sa boule de neige atterrissait le visage ridé du concierge.
Rusard se stoppa au milieu du parc, sentant la neige lui glacer la peau. Ce fut alors que tous les élèves se redressèrent, une boule de neige à la main, hurlant comme des sauvages et tous écrasèrent leur boule sur le concierge qui se retrouva à la mode d'un bonhomme de neige. Les élèves ne s'arrêtèrent même pas pour vérifier qu'il allait bien, ils coururent jusque dans le château en riant puis se réfugièrent dans leur salle commune.
« C'est fou comment on peut se rapprocher pendant les vacances, lâcha Ron en s'affalant sur le canapé de sa salle commune. Qui me passe les fondants ? »
Hermione et Louise arrivèrent les bras chargés de confiserie qu'elles firent passer aux autres. Les neuf Gryffondor passèrent leur soirée de Noël ensemble à rire devant le feu de cheminée, les oreillers étalés partout pour cause d'une bataille d'oreiller et les plats de confiserie vide.
Alors que chez les verts, leur Noël se passait différemment. Juliette et Blaise discutaient dans un coin, à l'écart des trois autres Serpentard.
*Bon, il m'embrasse quand ?* Se demandait Juliette qui riait à la remarque du jeune garçon. *Au lieu de causer, tu ne veux pas te rapprocher et m'embrasser ? J'ai bien vu ton regard, je ne suis pas aveugle ! Mais bon sang, quand est-ce que tu vas m'embrasser ! Au lieu de me regarder et de rire comme un idiot, embrasse-moi ! S'il ne le fait pas dans cinq secondes, je jure que je l'embrasse ! Oui, je vais faire le premier pas. On dit toujours que ce sont les garçons qui doivent faire le premier pas, mais aucun courage ceux-là. Attendez, il ne s'est pas rapproché là ? Si, si, je n'ai pas rêver puis qu'il me tient la main. Non mais j'en ai rien à faire que tu me tiennes la main ! Embrasse-moi !*
Voyant que Blaise ne l'embrasserait pas, Juliette décida de prendre les choses en main et s'assit sur ses genoux. Perplexe par ce brusque rapprochement, Blaise stoppa ce qu'il était en train de dire pour regarder le visage de Juliette qui plongea vers le sien. Sans même sans rendre compte, les lèvres de la jeune fille s'emparèrent des siennes. Juliette, elle, en revanche, se rendait tout à fait compte de ce qu'il se passait. Son cœur palpitait de plaisir à l'encontre de ses lèvres et son esprit tourbillonnait de joie et de fierté à l'idée d'avoir remporté le défi qu'elle avait lancé à sa cousine.
Près de la cheminée, la conversation s'était arrêtée par Marion en désignant d'un signe sa cousine et Blaise qui s'embrassaient près des tables de la salle commune.
