Salut tout le monde !
Je m'excuse (encore une fois) pour cet impardonnable retard mais le mois de juin a été une vraie plaie pour moi avec les révisions et épreuves de bac et tout... Mais maintenant que c'est fini je vais pouvoir reprendre un rythme plus régulier ;)
Je vous remercie tous pour vos reviews :D
J'ai reçu pas mal d'insultes quant à mon annonce de début de chapitre mais ça je m'en doutais. J'ai répondu à presque toutes les reviews mais je m'excuse envers celles à qui je n'ai pas eu le temps de répondre. Je savais que certaines personnes n'allaient pas apprécier le dernier chapitre car moi même je ne l'ai pas du tout aimé. Quand j'ai posté je n'arrêtais pas de me dire que je faisais une énorme erreur et que je devrais le recommencer. Mais d'un autre coté vue la taille qu'il faisait, je n'ai pas eu le courage de le faire. Je suis contente que la plupart des gens l'ont tout de même apprécié et ont compris l'attitude de Bella et les raisons qui la rendent aussi vulnérable.
Merci aux anonymes :
loudie38, val, diana, jolieyxbl, lola, monia, nanou, moi, vanina, nathalie, alexandra, Morgane, lise68, Anne, Anissa, LILIA68, larsand, aliZ, Onja, Juliette, TeamEdward, lilo, Lovaholic, Lucie, London610, nicole, lagourmande45, twilight-poison, bobolavalise, Lucile, cam, Fann-y, sab, emi, edbel, gabi, Edwardxbella, sop, 4trynn 20100, Ang'L, malaxel, Giovanni, o0O-Eden-O0o, Laurie, Kathia, Manon, anonyme, LuArte, man0n, ShouxJess, Camille, Olivia et inoush
laccro : Je comprends tout à fait ton point de vue et je ne t'en veux absolument pas. Moi même c'est l'impression que j'ai et j'essaie comme je peux d'y remédier mais bon je dois être un peu trop mélodramatique, étant une fille pessimiste et déprimante de nature, j'écris selon mes humeurs et c'est sûr que quand mes humeurs sont comme ça, ça donne un chapitre déprimant qui ne donne plus envie de lire. Je suis désolée que tu ressentes ça, et j'espère que ça ira mieux par la suite :/
Line : Je ne sais pas pour les autres auteurs mais personnellement, j'ai toujours respecté les personnes qui émettent des avis négatifs, je leur réponds même, qu'ils soient anonymes ou pas. Après c'est sûr que les personnes qui se permettent d'insulter, ça c'est inexcusable et je suis désolée de te le dire mais en général il ne s'agit que d'anonymes. Mais celles qui critiquent en restant respectueuses, comme toi par exemple, je n'ai jamais eu le moindre problème avec ça. Donc pour te répondre, je suis désolée que tu aies cette impression, c'est vrai que l'histoire devient de plus en plus sombre et ne donne peut être plus envie d'être lue, d'un autre coté ce serait un peu difficile de faire prendre aux Volturi et aux Cullen des coups sur la tête car pour ça il faut des preuves tangibles contre eux, et ça ne se trouve pas à chaque coin de rue. Mais si ça peut te réconforter il ne reste plus que 6 ou 7 chapitres avant la fin de la fiction et je suis une personne qui adore les happy end, de plus les prochains chapitres devraient retrouver leur légèreté du début ;)
vanessa : Je te remercie infiniment pour ta review, et je suis heureuse de voir que tu comprennes Bella aussi bien :) Sinon pour ce qui est de mon message en début de chapitre, sache que tu te trompes ce n'est pas toi qui fausses le nombre de visites. Vois-tu, FF prend en compte l'adresse IP des gens qui viennent visiter et nous avons tableau du nombre de visites totales, et du nombres de visiteurs différents, donc tu vois le nombre de fois où tu visites une fiction par jour ne veut rien dire ;)
KM : Merci pour ta review et d'être entièrement d'accord avec moi ! Et bien sûr que j'ai vu Water for Elephant, j'ai adoré ! Même si ce n'est pas mon film préféré et que j'ai trouvé le début un peu lent à démarrer, j'ai pas mal chialé au ciné ^^
MarieCrecre : Merci beaucoup pour ton soutien et pour ta review :) Ravie que tu aimes autant ma fiction, par contre je tiens quand même à préciser que cette histoire finira bien ;) Ensuite j'ai lu A new beginning et Soulmates, et j'ai adoré Soulmates. Pour ANB, je suis un peu plus mitigée je préfère Soulmates ;)
Ce chapitre reprend là où le dernier s'est arrêté quelques heures après que Bella soit partie ainsi que sa discussion avec Esmée au parc.
Bonne Lecture !
Chapitre 24 : Lost and Exhausted
oO "Grenade" Oo – Bruno Mars
« Elle devrait être rentrée depuis longtemps. » Songea Edward sans dissimuler l'inquiétude qu'il éprouvait depuis le départ précipité de Bella.
Cela faisait maintenant plusieurs heures qu'elle était partie rapidement, l'air complètement bouleversé. Sur le coup il avait voulu la rattraper, mais Kate l'avait convaincu de la laisser tranquille un moment car elle en avait besoin. Sauf que là, la nuit était tombée, il pleuvait des cordes dehors, et toujours aucun signe de Bella qui avait disparu on ne sait où. Il avait bien essayé de lui faire confiance et d'attendre son retour, sauf que là ce n'était plus uniquement une question de confiance. Étant flic, il avait souvent eu affaire à des disparitions de jeunes filles, le mal rôdait partout, c'est pourquoi il avait souvent briefé Bella pour qu'elle fasse attention et ne sorte jamais sans téléphone afin qu'elle puisse toujours être joignable. Ils s'étaient même légèrement querellés à cause de ça car la demoiselle trouvait qu'il la couvait trop et qu'elle était assez grande et indépendante pour prendre soin d'elle toute seule. Elle avait même mis ça sur le dos de la confiance qu'il lui portait.
« J'ai confiance en toi Bella. » Lui avait-il dit à ce moment là. « C'est aux autres que je ne fais pas confiance. »
Elle s'était d'abord montrée réticente à cette explication qu'elle trouvait légèrement sommaire, mais elle avait fini par rendre les armes et abandonner toute tentative de rébellion contre lui et son côté protecteur. Elle avait fini par voir le bon coté des choses, comme quoi il s'agissait d'une preuve d'affection et que ça montrait qu'il tenait à elle. Et puis elle savait qu'au moins avec lui elle ne risquait rien. Elle avait donc consenti à respecter toutes les règles qu'Edward lui avaient imposées, au plus grand soulagement de ce dernier.
Sauf que dans ce cas précis, Bella était injoignable.
Il l'avait appelée à plusieurs reprises, mais malheureusement ça sonnait à chaque fois dans le vide. Son portable n'était pas éteint, seulement elle refusait de répondre et même si au début il s'est dit que c'était parce qu'elle filtrait ses appels, à présent il commençait à se demander si elle allait bien et s'il ne lui était pas arrivé quelque chose de grave. Bella n'avait jamais vraiment aimé la pluie, la connaissant elle aurait dû être rentrée il y a des heures, avant même qu'il ne se mette à pleuvoir et qu'il ne commence à faire nuit. Surtout avec ce brouillard en milieu de journée. À présent l'orage était en train d'éclater et l'on pouvait même entendre le bruit du tonnerre dans le ciel. Edward savait que quelque chose n'allait pas et que si elle ne passait pas le seuil d'ici les cinq minutes qui suivaient, il partirait à sa recherche.
« Tu as essayé de la joindre ? » Demanda Alice avec une légère crainte.
« J'arrête pas. » Confirma Edward, son téléphone encore en main.
Pris d'un dernier espoir, il appuya sur la touche « appeler » une nouvelle fois en espérant que cette fois ci, elle daignerait bien décrocher.
« Mais qu'est-ce qu'elle fout bon sang… » Marmonna-t-il tandis que ça sonnait dans le vide dans le combiné.
« Il lui est peut être arrivé un truc. » S'inquiéta Emmett qui n'aimait pas du tout l'idée que sa petite sœur soit dehors par un temps pareil.
« Merci Emmett. » Fit Alice avec ironie.
Edward se tourna alors vers Kate, le visage furibond.
« J'aurais jamais dû t'écouter. » Proféra-t-il énervé. « Regarde un peu les dégâts ! »
« Je suis vraiment désolée Edward. » S'empressa-t-elle de dire, tandis que Garrett lui massait les épaules.
Il était vrai qu'elle lui avait dit de ne pas la suivre, mais à présent que Bella ne donnait toujours pas signe de vie, elle commençait à se demander si c'était finalement une bonne idée.
« Je croyais qu'elle avait seulement besoin de réfléchir, mais je ne pensais pas qu'elle tarderait autant, je te le jure. » Rajouta-t-elle la voix emprunte de culpabilité. Elle se sentait réellement mal de ce qui était en train d'arriver. Si par malheur il était arrivé quelque chose à Bella, elle ne se le pardonnerait jamais en sachant que c'est de sa faute si Edward ne l'a pas suivie.
« On peut savoir ce qui s'est passé au juste ? » Demanda Emmett avec énervement. « Déjà pourquoi est-ce qu'elle est partie aussi précipitamment tout à l'heure ? »
« Longue histoire. » Marmonna Edward qui n'avait pas envie d'en parler pour le moment.
La disparition de Bella était tellement plus importante à ses yeux que tous les autres détails à coté ne lui semblaient que superflus. Emmett n'accepta pas cette réponse et se dirigea vers lui avec un air menaçant.
« Je ne sais pas ce que tu lui as fait au juste mais je te préviens que s'il lui est arrivé quoi que ce soit par ta faute, je te le ferai payer. » Susurra-t-il entre ses dents.
Edward se pinça l'arête du nez en soupirant pour contenir son énervement, n'ayant pas du tout goût à répondre aux menaces d'Emmett. Il finit par se diriger vers l'entrée en ignorant son beau frère puis enfila sa veste à la hâte.
« Je vais la chercher. » Annonça-t-il déterminé.
« Mais tu ne sais même pas où elle est ! » S'écria Jasper effaré.
« Je viens avec toi. » Déclara Charlie qui était mort d'inquiétude.
« C'est inutile Charlie. » Déclina Edward en secouant la tête. « Je… je crois savoir où elle est. » Fit-il la voix incertaine.
« Mais Edward il pleut des cordes dehors. » Lui rappela le paternel. « Et puis il s'agit de ma fille je te signale. »
« Je sais bien mais… » Il soupira, ne supportant pas cette situation. « Il vaut mieux que vous restiez ici au cas où elle rentrerait. Si je ne la trouve pas, on ira au poste et… et on avisera. » Termina-t-il avec difficulté.
Rien que songer à cette éventualité lui était douloureux et intolérable. Il espérait sincèrement qu'elle soit là où il pensait qu'elle était, car sinon ça voudrait dire qu'elle avait vraiment disparu et il ignorait s'il était capable d'endurer ça.
« Fais attention à toi, c'est pas prudent par ce temps là. » Lui conseilla Alice angoissée.
Il hocha la tête avant d'ouvrir la porte, laissant le vent entrer dans la pièce par erreur.
« Je la retrouverai. » Promit-il avant de refermer la porte.
Il ignorait s'il avait juré ça parce qu'il savait qu'il la retrouverait, ou si c'était pour se rassurer lui-même, mais toujours est-il que c'est le cœur serré et l'appréhension lui rongeant les côtés, qu'Edward partit à la recherche de Bella à pied, sous la pluie torrentielle et l'orage grondant dans le ciel. Il courait plus qu'il ne marchait dans les rues inondées de Forks, regardant aux alentours s'il ne la voyait pas. Sait-on jamais…
Il savait qu'Emmett avait raison. S'il était arrivé quelque chose à Bella, ce serait entièrement de sa faute et il ne se le pardonnerait jamais. Bella avait entendu une conversation qu'elle n'aurait pas dû entendre. Il savait qu'elle culpabilisait déjà car elle se sentait responsable du procès qu'il avait déclaré à son père il y a plusieurs jours. Il avait beau la rassurer et lui affirmer qu'il allait bien afin qu'elle arrête de se tracasser, il savait qu'elle continuait quand même. Et maintenant elle avait la preuve réelle qu'elle avait raison, voilà qui était susceptible de la faire culpabiliser encore plus. Et puis… les mots qu'il avait dit à Kate et que malheureusement Bella avait pris pour elle… Sur le coup il n'avait pas compris sa réaction car pour lui il n'avait rien dit de mal, puis il avait essayé de se mettre à la place de Bella et il s'était rendu compte qu'il avait vraiment mal joué pour le coup.
Au bout d'une quinzaine de minutes à se fustiger mentalement et à déambuler dans Forks sans la moindre trace de celle qu'il aime éperdument, il arriva à sa destination principale, l'entrée du parc. Il savait que si elle avait besoin de réfléchir et qu'elle était tourmentée, c'était ici qu'elle allait. Il l'avait toujours trouvée à cet endroit, c'était leur endroit préféré et ce qu'il n'oublierait jamais, c'est que c'était ici qu'elle avait accepté de sortir avec lui pour la première fois.
Malheureusement le parc était fermé. Pas étonnant à cette heure ci. Surtout par un temps pareil, il avait même surement dû fermer plus tôt que d'habitude. Bella ne pouvait pas être à l'intérieur tout de même ! A moins qu'elle soit restée enfermée, ce qui était plutôt difficile à croire. Il commença à secouer le grillage pour vérifier qu'il était bien fermé, mais également pour se défouler car il était sérieusement énervé. Au bout de plusieurs secondes à secouer les grilles cadenassées sans succès, il dût se rendre à l'évidence qu'il n'avait aucune chance de pouvoir entrer, hormis par effraction. Et puis à quoi cela pourrait bien servir ? Si le parc était fermé alors c'est que Bella n'y était pas. Mais alors où pouvait-elle bien être ?
Il se passa une main dans ses cheveux mouillés avec frustration et impatience. Il souffla pour contenir la panique qui lui rongeait les côtes et resta silencieux, priant pour qu'il ne lui soit rien arrivée et qu'il la retrouve rapidement. L'idée qu'elle puisse être blessée ou pire encore lui glaçait le sang, si bien qu'il ne préférait même pas y songer plus d'une microseconde. Mais une chose était certaine, c'était que si jamais quelqu'un lui avait porté préjudice, Edward n'hésiterait pas à le briser.
Son I Phone finit par sonner dans la poche de son jean, achevant ainsi ce moment sombre et le coupant de ses pensées meurtrières soudaines envers une quelconque personne ayant pu faire du mal à Bella. Il s'empara de son téléphone et le colla à son oreille.
« Allô ? » Décrocha-t-il d'une voix sèche, tant il n'avait pas le cœur aux bonnes manières.
« Tu l'as trouvée ? » Demanda la voix inquiète au bout du combiné qu'il reconnut comme étant celle du patriarche Charlie Swan.
Il soupira de mécontentement avant de consentir à répondre à demi-mots.
« Non. J'ai d'abord arpenté la ville, mais on n'y voit rien du tout à cause de l'orage. » Répondit-il honnêtement avec dépit.
« Rentre à la maison. » Ordonna-t-il. « Tu n'arriveras à rien par ce temps là, on trouvera une solution. »
« Je ne peux pas abandonner Charlie. » Réfuta-t-il paniqué. « Je le sens vraiment pas. »
« Moi aussi je m'inquiète, autant que toi par ailleurs. Mais elle est majeure et responsable, je sais qu'on peut lui faire confiance. » Contra-t-il. « Sois raisonnable et reviens à la maison, elle sera sûrement de retour demain. »
Edward resta sceptique face aux paroles de Charlie. Il se doutait vue la voix qu'il avait au téléphone qu'il tentait lui-même de se rassurer comme il pouvait. Mais Edward n'avait pas l'intention de laisser tomber. Il savait que s'il rentrait il n'arriverait pas à fermer l'œil de la nuit. Seulement Charlie avait quelque part raison. Bella était responsable, plus que la plupart des gens, elle était certes imprudente et inconsciente, mais raisonnable tout de même. Il savait que si elle avait eu un quelconque problème, elle aurait appelé en temps normal…
Le problème était que Bella est partie vraiment précipitamment de la maison, et dans un état plutôt inquiétant. Il l'avait rarement vue comme ça, et il sentait qu'elle était capable des pires folies, c'est pourquoi il voulait à tout prix la retrouver. Son instinct lui disait qu'elle n'était peut être pas en bonne forme et il se trompait rarement. Mais que pouvait-il faire ? Il n'avait aucune idée de l'endroit où elle était dans la mesure où le seul endroit où il aurait pensé qu'elle serait était fermé et qu'il n'avait aucun moyen de la retrouver à portée de main, puisqu'elle ne répondait pas à son cellulaire. Il fallait se rendre à l'évidence, Bella était impossible à retrouver.
Après une longue réflexion, il répondit à Charlie sur un ton monocorde.
« Vous avez raison, je vais rentrer. » Dit-il morose.
Jamais Edward ne s'était senti aussi inutile de toute sa vie. Et c'était un sentiment qu'il n'aimait vraiment pas, surtout parce que cela concernait Bella.
« On va la retrouver. » Rassura le paternel. « Si tu crois que je vais laisser ma petite fille se la couler douce et disparaitre comme ça, c'est que tu me connais très mal. » Fit-il sur le ton de la plaisanterie, afin d'alléger l'atmosphère.
Edward esquissa un sourire sans joie, avant de secouer la tête et de s'essuyer le visage trempé.
« Je l'espère. » Murmura-t-il avant de raccrocher subitement.
Il s'apprêta à ranger son I Phone dans sa poche lorsqu'un nouvel orage éclata, provoquant ainsi un bruit détonnant. Son inquiétude pour Bella redoubla et alors qu'il s'apprêtait à rentrer, il fit une dernière chose, dans un dernier recours. Son portable toujours en main il composa son numéro une nouvelle fois, espérant vainement qu'elle décroche.
Ce à quoi il ne s'attendait sûrement pas, c'est qu'il entendrait la sonnerie du portable de Bella à proximité. Car en effet, il entendait au loin le portable de Bella sonner dans le vide, ce qui l'alerta.
Elle était ici.
Ou du moins son téléphone portable était ici. Il jeta un coup d'œil vers l'entrée cadenassée du parc, avant de froncer les sourcils d'hésitation. Finalement il ne s'était pas trompé, elle était bel et bien venue ici. Mais alors ensuite ? Comment se faisait-il que son portable soit resté à l'intérieur du parc ? Et Bella où était-elle ?
Soit il lui était arrivé quelque chose, soit elle avait par erreur fait tomber son portable sans s'en rendre compte. Ou alors… se pourrait-il que…
Non elle ne pouvait tout de même pas être toujours à l'intérieur de ce parc ! Il était fermé, ce qui veut dire que le gardien était sensé avoir viré tout le monde. Et puis quand bien même, pourquoi y serait-elle encore vue la pluie torrentielle qui tombe à vue d'œil ? Oh et puis après tout, quel mal y avait-il à en avoir le cœur net ? De toute façon il serait incapable de penser à quelque chose d'autre tant qu'il n'aura pas retrouvé Bella.
Il regarda la grille d'un air songeur, se demandant s'il était vraiment nécessaire de s'introduire dans ce parc en pleine nuit orageuse. Après quelques secondes de réflexion, il décida qu'au point où il en était, il pouvait bien commettre cette effraction. Mue d'une nouvelle motivation, il s'avança vers le grillage le cœur serré. Il regarda le haut pour voir à quelle hauteur il avait affaire, ses poings se resserrèrent sur les barreaux fermement, puis il sauta afin de se hisser en haut du grillage. Il y arriva sans trop de difficulté malgré le fait que les barres étaient pleines d'eau et que ses mains glissaient légèrement. Une fois en haut, il sauta gracieusement et retomba sur ses deux pieds à l'intérieur du parc. Il jeta un coup d'œil à droite à gauche pour voir s'il pouvait l'apercevoir, mais il n'y voyait pas grand-chose. Il décida de refaire sonner le portable de Bella pour connaître la direction d'où la sonnerie provenait. Il avança vers l'endroit où le son était le plus fort, se rapprochant de plus en plus. Le téléphone de Bella devint bruyant, ce qui le fit regarder dans toutes les directions dans le but de le repérer.
Son regard se posa soudainement sur une silhouette allongée sur un banc au loin dans la pénombre. Sa respiration s'accéléra lorsqu'il la reconnut.
Bella.
Elle était là, immobile sur ce banc, ne donnant aucun signe de vie. Remettant son téléphone dans sa poche, il se précipita vers elle, soucieux de son état. Lorsqu'il fut a proximité du banc, il fut consterné et navré de la voir ainsi, allongée, l'air profondément endormie. Les traits de son front étaient plissés et quelques marques apparaissaient sous ses yeux malgré la pluie. Il mit une main sur son front et constata qu'elle avait un peu de fièvre. Il la regarda accablé, regrettant amèrement d'avoir écouté Kate et de l'avoir laissé seule dans un état aussi déboussolé. Il prit son pouls et le sentit qui battait à vive allure, ce qui n'était pas bon signe.
« Qu'as-tu fait Bella ? » Murmura-t-il affligé.
Il la regarda quelques secondes, elle dormait mais vue l'expression de son visage elle ne semblait clairement pas être en train de se reposer. Cela faisait combien d'heures qu'elle était allongée sur ce banc sous cette averse ? Elle était pire qu'inconsciente… elle était complètement trempée jusqu'aux os, il faudrait vraiment être Superman pour ne pas choper une maladie à ce niveau là.
Il sortit à nouveau son IPhone de sa poche et composa le numéro de Charlie. Il y eut deux tonalités avant que ce dernier ne réponde.
« Edward ? »
« Je l'ai trouvée. » Annonça-t-il d'une voix à la fois rassurée et peinée.
Il y eut un long silence au téléphone, suivi d'un soupir.
« Dieu merci, où elle était ? Est-ce qu'elle va bien ? » S'enquit le paternel avec une voix sincèrement soulagée.
« C'est difficile à dire. » Avoua Edward en regardant sa dulcinée avec inquiétude. « Elle s'était endormie sur un banc. Elle a de la fièvre, je pense qu'il va certainement falloir la nourrir de soupe durant les prochains jours. »
Il entendit Charlie soupirer dans le combiner.
« Mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? » S'exclama-t-il réprimandant. « On ne s'endort pas sous un orage enfin ! Ramène là tout de suite, que je la sermonne ! »
Edward se retint de rire et se permit un léger sourire amusé.
« A tout de suite. » Dit-il en raccrochant.
Il accorda un dernier regard à Bella, se demandant s'il était vraiment nécessaire de la réveiller. Après tout si elle continuait de dormir, Charlie ne serait pas en droit de la disputer…
« Qu'est-ce que vous faites là ? » Agressa une voix masculine dans son dos.
Edward se releva subitement et se tourna vers l'homme qui l'avait accosté. Il s'agissait du gardien, muni d'un parapluie et d'une lampe torche, et il était apparemment énervé. Il comprit qu'il allait avoir des problèmes s'il ne donnait pas une excuse valable quant à sa présence ici. Il dit alors la seule chose qui lui semblait sensée à cet instant.
Il sortit son badge de police et le regarda avec un air de défi.
« Inspecteur Cullen. » Déclara-t-il avec assurance. « On m'a signalé la disparition de cette jeune demoiselle. » Fit-il en montrant un signe de tête derrière lui pour désigner Bella gisant sur le banc.
Le gardien qui s'était décomposée lorsqu'il avait su qu'il avait affaire à la police regarda Bella et arbora une mine horrifiée.
« Mais que lui est-il arrivé ? » S'écria-t-il incrédule.
« C'est ce que j'aimerais bien savoir. » Répondit-il sèchement. « Comment se fait-il que vous l'ayez laissée là alors que vous êtes sensé patrouiller ? »
Le gardien qui avait compris qu'il allait avoir des problèmes se confondit en excuses.
« Je ne comprends pas ! J'ai vérifié que tout le monde était parti avant de fermer. Et puis il pleut tellement, je me suis dit que ce n'était pas la peine de faire plusieurs rondes… »
« Oui et bien tachez à l'avenir de faire votre boulot correctement, il suffit d'un appel de ma part et vous n'avez plus qu'à pointer au chômage. » Menaça-t-il d'une voix dure, histoire de rendre le tout plus crédible.
L'homme le regarda le visage apeuré.
« Je… je suis sincèrement désolé. » Bafouilla-t-il rapidement. Edward soupira d'impatience.
« Peu importe. » Éluda-t-il. « Vous avez laissé la grille ouverte ? »
« Oui. » Fit-il en hochant la tête.
Edward lui fit un signe de tête avant de se tourner vers Bella et de la regarder avec affection. Il retira sa veste et la lui passa délicatement afin de la couvrir, avant de la prendre dans ses bras, subtilement pour ne pas la réveiller. Il n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait rester endormie alors qu'il pleuvait des cordes et que le tonnerre grondait rudement.
« Continuez votre ronde, je m'occupe de la ramener chez elle. » Ordonna-t-il. « Et que ce genre d'incident ne se répète pas. »
Le gardien déglutit avant de déguerpir rapidement et d'exécuter sa surveillance, faisant mine de vérifier dans les moindres recoins comme s'il prenait son boulot très à cœur, ce qui amusa Edward. Ce dernier se releva en portant Bella et prit la direction de la sortie avec rapidité, désirant rentrer au plus vite. Il marcha d'un pas pressé jusqu'à la maison des Swan, Bella dans ses bras. Il mit une dizaine de minutes seulement avant d'atteindre le porche. Il monta les marches rapidement, puis la porte s'ouvrit à la volée avant qu'il n'ait eu le temps de sonner. Apparemment on l'avait entendu revenir.
« C'est pas vrai… » Soupira Charlie en voyant l'état d'Edward. « Dépêche-toi de rentrer tu es trempé. »
Edward ne se fit pas prier et s'engagea dans la maison alors que Charlie refermait la porte derrière lui.
« Bella ! » S'écria Alice en accourant vers Edward qui n'avait pas eu le temps de mettre un pied dans le salon. « Mais qu'est-ce qui s'est passé ? » Demanda-t-elle d'une voix aigue.
« Aucune idée. » Répondit-il amèrement. « Je l'ai trouvée comme ça. »
« Je vais m'occuper d'elle. » Déclara Charlie qui était revenu. « Repose-toi dans le salon. » Lui conseilla-t-il.
Edward hocha la tête et abdiqua. Maintenant que Bella était saine et sauve et en sécurité, il pouvait à nouveau respirer. Charlie lui prit sa fille des bras avec délicatesse et lui fit un signe de tête. Edward regarda Bella médusé, il avait cette peur stupide que si elle s'éclipsait ne serait-ce qu'une minute il ne la reverrait plus. Comprenant que sa crainte était infondée et inutile, il soupira et s'assit dans un des fauteuils libres – Kate avait apporté du mobilier pour remercier Charlie d'héberger Garrett – et Charlie prit la direction des escaliers qu'il monta à doucement pour ne pas brusquer sa fille, ne prenant la peine de se préoccuper d'aucun des membres présents dans la pièce.
« Tout est ma faute. » Murmura Kate avec culpabilité. Edward passa ses mains sur son visage avant de souffler.
« Ne dis pas ça… » Lui fit-il, la tête enfouie dans ses mains. « Tu ne pouvais pas deviner qu'elle prendrait mal notre conversation, ni qu'elle ne rentrerait pas. »
« Je ne suis pas d'accord. » Protesta Emmett qui visiblement avait l'air en colère. « Kate nous a dit ce qui s'était passé avant qu'elle ne quitte la maison et tu sais quoi Edward ? T'es le pire des crétins ! » Incendia-t-il.
« Je sais ! » Répliqua Edward avec énervement. « Mais je ne pensais pas qu'elle aurait pu tout prendre pour elle. »
« Tout prendre pour elle… » Répéta Emmett affublé comme s'il entendait la pire des conneries. « Est-ce qu'au moins tu connais un peu Bella ? » Ironisa-t-il. « Parce que c'était évident qu'elle le prendrait pour elle ! Et regarde l'état dans lequel elle est à cause de toi, je te parie qu'elle est malade ! »
« Emmett… calme-toi. » Tempéra Alice.
« Me calmer ? Hors de question, ce con a osé faire du mal à ma sœur, je compte pas en rester là. » Réfuta-t-il.
« C'est bon Emmett, je suis fatigué, j'ai pas besoin de tes sermons. » Marmonna-t-il épuisé.
« Je me fous que tu sois fatigué ! » Beugla Emmett, ne se contenant plus. « C'est ma petite sœur qui est là haut, dans un état critique je te signale. Si tu crois que je vais te laisser t'en tirer comme ça, tu te fourres le doigt où je pense ! »
Edward se leva du fauteuil subitement et le darda d'un regard haineux.
« Tu peux parler, mais en attendant ta petite sœur comme tu dis, on peut pas dire que tu t'en occupes si bien que ça. » Lâcha-t-il durement.
« Je te demande pardon ? » S'exclama Emmett atterré.
« Tu m'as très bien compris ! C'est toi qui l'as abandonnée le jour où tu t'es mis avec Rosalie, toi qui la lui as imposée nuit et jour alors que tu savais très bien ce que cette fille lui avait fait dans le passé, et c'est toi qui n'as pas hésité à lever la main sur elle, tout ça parce qu'elle a eu le malheur d'insulter ta copine ! Et tu te prends pour son grand frère ? » Lança-t-il d'un ton dédaigneux.
Emmett le regarda effaré, tandis que toutes les personnes présentes ne pipaient mots, choquées des propos tenus.
« Je me suis assez excusé pour ça, t'as pas le droit de me ressortir ça en pleine gueule maintenant ! » Riposta-t-il.
« Et pourquoi donc ? » Répliqua Edward en haussant un sourcil. « Tu n'assumes pas tes actes c'est ça ? »
« Edward… » Rappela Jasper à l'ordre avec appréhension.
« Tu veux que je te dise ? T'es qu'un sale enfoiré ! » Tonna Emmett cinglant, ignorant Jasper au passage. « Tu me parles d'assumer mes actes, mais au final c'est toi qui n'assumes pas les tiens ! Tu préfères parler de moi et de mes erreurs pour oublier qu'en réalité, c'est toi le responsable de tout ce merdier ! »
« Ça suffit ! » Clama Charlie qui venait de faire son apparition dans le salon. « Non mais vous avez pas honte de vous battre de façon aussi puérile ? Bella dors là haut alors baissez-moi ce putain de volume ! » Asséna-t-il durement.
Emmett écarquilla les yeux tandis qu'Edward avait la bouche entrouverte. C'était extrêmement rare lorsque Charlie se mettait à jurer. Il devait vraiment être en colère pour avoir carrément lâché un juron.
« Comment elle va ? » Finit par demander Emmett sans détourner le regard d'Edward.
« On verra bien demain lorsqu'elle sera réveillée. Maintenant Emmett, va te coucher. » Ordonna-t-il. « Et toi Edward, va te changer parce que t'es en train d'inonder tout mon salon. »
Aucun des deux ne bougèrent d'un pouce, jusqu'à ce qu'Emmett s'approche d'Edward avec le regard plus haineux que jamais.
« J'espère vraiment que Bella te larguera une fois qu'elle sera réveillée, parce que tu la mérites vraiment pas. » Lâcha-t-il faiblement, presque inaudible tant il était aveuglé par la colère. Edward soutint son regard durement.
« Malheureusement pour toi ton avis ne compte pas. » Vociféra-t-il d'une voix glaciale.
…
Plus tard dans la soirée, Edward était dans la chambre de Bella, à son chevet tandis que celle-ci dormait profondément à coté de lui. Il avait pris la décision de prendre une douche, au point où il en était cela ne pouvait pas lui faire de mal. Emmett et Rosalie étaient partis se coucher, Kate était rentrée chez elle et Garrett pionçait dans le salon. Il pouvait l'entendre ronfler de l'étage. Seuls Jasper et Alice étaient encore éveillés, en train de parler dans la cuisine, ainsi que Charlie qui passait régulièrement dans la chambre de Bella pour prendre de ses nouvelles. Il avait pris sa température et il s'était avéré qu'elle avait atteint les 39° de fièvre. Edward refusait de dormir, sachant que de toute évidence, il n'y parviendrait pas.
Il ne cessait de se demander ce qui l'avait poussée à s'endormir sur un banc en plein orage. Était-elle devenue suicidaire ? Quelque chose avait dû arriver pour qu'il l'ait retrouvée dans un tel état. Il avait déjà trouvé son attitude au moment de partir plutôt préoccupante. Il avait vu qu'elle se retenait de pleurer, et la façon sèche dont elle lui avait répondu ne présageait rien de bon. Au final, Edward devait reconnaitre que même s'il désirait plus que tout qu'elle se réveille, il appréhendait également ce moment où elle ouvrirait les yeux. Il avait peur de ce qu'elle pourrait dire ou faire, car il savait à quel point elle était vulnérable en cet instant.
Il n'aurait jamais pensé que Bella pourrait mal prendre la discussion qu'il avait eu avec Kate dans l'après midi. Pour lui tout avait toujours été clair dans sa tête. Et puis elle était sa meilleure amie depuis qu'ils étaient gamins. Elle et Garrett l'avaient toujours soutenu, surtout après sa fuite et son départ pour Chicago. Et ils avaient été les premiers à le congratuler lorsqu'il était ressorti de l'école de police. Il s'était toujours confié à elle d'une manière qu'il ne pouvait pas faire avec les autres. Mais jamais cela n'avait remis en question la relation qu'il avait avec Bella. De toute façon, pour lui tout n'avait été qu'un prétexte pour donner à Bella l'opportunité de fuir. Elle l'évitait depuis des jours, ne lui parlant qu'à peine et ne l'embrassant quasiment jamais. Il savait qu'elle était torturée par quelque chose et que ce quelque chose en question était en train de la bouffer continuellement, ce qui faisait qu'elle s'éloignait de lui progressivement. Mais pas uniquement de lui, Bella s'éloignait de tout le monde, malgré le fait qu'il soit plus très souvent chez les Swan et davantage au poste de police, il avait remarqué que Bella n'était plus très loquace et qu'elle était rarement en train de rire ou discuter avec qui que ce soit. Elle s'était isolée…
Qu'est-ce qui pouvait bien la tracasser à ce point ? Il se posait cette question depuis des jours sans trouver la moindre réponse. Il avait espéré qu'au moins elle en parlerait à quelqu'un, à Alice ou encore Emmett. Mais rien. Elle ne parlait quasiment plus à Emmett et quant à Alice, elle était plus régulièrement avec Rosalie, ou encore depuis aujourd'hui avec Jasper. Ce qui était d'ailleurs le plus étonnant. Qui aurait cru que ces deux là pouvaient bien s'entendre ? Alice était quand même l'une des plus susceptibles à lui en vouloir. Et pourtant elle avait été d'accord pour l'héberger tout de suite, et c'était elle qui lui adressait le plus la parole dans cette maison. Peut être se sentait-elle seule… ça se voyait depuis un moment qu'Alice n'était pas vraiment à l'aise, malgré ce qu'elle tentait de montrer. C'était un peu compréhensible, cela dit. Être entouré de deux couples – maintenant trois si l'on compte Kate et Garrett – ne devait pas être facile à vivre pour elle. Mais se rapprocher de Jasper n'était peut être pas une très bonne idée…
« On ne dort toujours pas ? » Interrompit soudainement Charlie d'une voix chuchotée.
Edward tourna brusquement la tête vers le paternel qui était dans l'encadrement de la porte.
« Je ne crois pas que j'arriverais à dormir. » Répondit-il à voix basse.
Charlie entra dans la chambre en silence, tout en restant debout.
« Tu devrais dormir un peu, elle ne va pas s'envoler tu sais. » Plaisanta-t-il. Les lèvres d'Edward s'étirèrent en un mince sourire.
« Je sais mais… je ne pourrai pas. » Le patriarche soupira en se retenant de lever les yeux au ciel.
« Tu sais Emmett ne savait pas ce qu'il disait tout à l'heure, il est seulement à cran et il démarre toujours au quart de tour lorsqu'il s'agit de Bella. Il s'en prend à la première personne qu'il voit. »
« Vous n'avez pas à vous excuser pour lui Charlie. » Contredit Edward. « Il a très bien expliqué ce qu'il pensait et j'en ai fait de même, ça s'arrête là. » Trancha-t-il simplement.
Personnellement, ce petit contretemps avec Emmett lui passait carrément au-dessus de la tête. C'était Bella qui accaparait ses pensées, il avait beaucoup plus important à gérer avec elle que ce genre de broutilles. Et puis il en avait aussi des choses à reprocher à Emmett, choses qu'il ne s'était pas permis de faire dans la mesure où il était le frère de Bella et qu'il sait qu'elle n'aurait pas apprécié qu'ils soient en froid. C'était uniquement pour elle qu'il se retenait de lui balancer à la figure tout ce qu'il pensait de ses actions depuis des semaines.
Charlie comprit qu'il n'avait pas l'intention de s'épancher sur ce sujet et décida de changer de conversation.
« Je te remercie pour avoir ramené ma fille. » Dit-il abruptement. « J'ai essayé de ne pas montrer mon inquiétude mais j'étais vraiment angoissé. Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il lui était arrivé quelque chose… » Songea-t-il sombrement.
« Moi non plus. » Avoua Edward en fixant Bella qui dormait profondément à coté de lui.
Pour n'importe qui elle ressemblait à une personne endormie qui rêve de tout et de rien. Mais Edward la connaissait bien pour voir que même dans son sommeil elle était tourmentée. Il ignorait si elle était en train d'avoir un cauchemar, après tout cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas passé une nuit sans en faire un seul. Quoi qu'il en soit il n'aimait pas du tout ce pli au-dessus des yeux qui déformait son si beau visage. Il avait horreur de la savoir malheureuse, il aurait tant voulu qu'elle soit paisible, joyeuse et pleine de vie. Il avait pu assister à ça durant un bref instant, lorsqu'ils n'avaient aucun problème. Mais à présent les fois où elle souriait vraiment se faisaient des plus rares.
« J'aimerais pendant un court moment lui faire oublier tout ce qu'elle subit depuis des semaines. » Déclara-t-il au bout d'un long silence. Charlie le regarda dubitatif.
« Je ne vois pas vraiment ce qu'il y a à faire. Mais si tu veux mon avis je pense que la pression de tes parents diminuera à mesure que le procès approchera. » Tenta-t-il de rassurer.
« Enfin il reste encore des mois avant le procès, elle ne supportera pas aussi longtemps. »
« Edward ils vous ont déjà coupé les vivres, ils ont même fait emprisonner Emmett et ruiné Garrett. » Énuméra Charlie. « Que peuvent-ils bien faire de plus ? » Argua-t-il en haussant un sourcil curieux.
« Je n'en sais rien. » Marmonna-t-il dégouté. « Je m'étonne plus à présent. » Charlie soupira.
« Sait-on jamais… Peut être qu'ils ont peur. Tu sais les médias se sont déjà emparés de l'affaire, et puis leur réputation est largement mise à mal. Ça m'étonnerait qu'à l'heure actuelle tes parents aient le temps de penser à vous faire de nouvelles crasses. » Proposa-t-il. Edward haussa les épaules, pas crédule pour un sou.
« Je ne serais pas aussi confiant si j'étais vous. Et puis je vous rappelle que vous êtes viré. Vous n'allez pas réussir à tenir bien longtemps avec toutes les charges. » Lui fit-il remarquer.
« Oh tu sais, on n'en est pas encore là. » Dit-il d'un air détaché. « Et puis il reste toujours ton salaire, de plus je pense que ton amie Kate n'est pas contre l'avis de nous aider un peu. »
Il sourit à l'évocation de sa meilleure amie.
« Ça ne m'étonne pas d'elle tiens. »
Il savait que Kate était du genre bonne samaritaine, et toujours prête à aider ses amis en cas de besoin. Et il aurait beau tout faire pour la dissuader de faire le moindre don, avec elle c'était peine perdue. Elle pouvait se montrer aussi têtue que lui quand elle s'y mettait. Parfois plus même.
« Tout va bien aller Edward. » Rassura le paternel. « Arrête de te torturer l'esprit et va dormir, tu en as assez fait pour aujourd'hui. »
Edward regarda Bella silencieusement, avant de finir par soupirer et de répondre à Charlie.
« Je vous l'ai dit, je n'arriverai pas à dormir. Mais allez-y vous, vous avez l'air épuisé. » Observa-t-il.
« Je te retourne le compliment. » Maugréa Charlie, faisant sourire Edward.
Un silence s'encourut, jusqu'à ce qu'ils entendent un bruyant gloussement provenant du rez-de-chaussée. Edward se mit à rire lorsqu'il reconnut Alice.
« Ils dorment toujours pas ? » S'enquit-il amusé en faisant référence à Alice et Jasper. Charlie secoua la tête.
« Apparemment ils ont l'air de s'amuser. » Répondit-il en souriant. « Ça fait du bien de la part de la petite. »
« Ça c'est bien vrai. » Approuva Edward. « Dommage que ce soit avec ce couillon de Jasper qu'elle s'amuse. »
Charlie éclata de rire en tentant de se contrôler.
« Alice a toujours eu un très mauvais gout pour les garçons. » Rigola-t-il. « Le dernier en date, James, c'était un vrai numéro celui là. Très franchement j'ai été le plus heureux des hommes lorsqu'elle a débarqué ici avec sa valise et qu'elle nous a annoncé qu'elle l'avait plaqué. »
« Je sais, Bella m'a parlé de celui là. Mais ne vous emballez pas trop. Ce n'est pas parce qu'elle rit avec Jasper qu'ils vont tomber amoureux. »
« Ce serait même préférable que ça n'arrive pas si tu veux mon avis. » Objecta Charlie. « Ce bouffon ne mérite pas une fille comme elle. » Edward fronça les sourcils.
« Oh vous savez, il y a quelques années je vous aurais dit le plus grand bien de Jasper, il était vraiment une personne bourrée de qualités. C'était même le mec le plus sage que je connaissais. Peut être que cet homme là n'a pas encore disparu. » Défendit-il tant bien que mal. Charlie grogna dans sa barbe.
« Nous verrons. » Rechigna-t-il. « Excuse-moi de dire ça mais je ne l'aime vraiment pas ce gars là. Je ne sais même pas pourquoi j'ai accepté de l'héberger ! »
« C'est difficile de dire non à Bella et Alice. » Rit-il. « Mais cela dit vous auriez mieux fait de refuser, il était aussi très bien sans sa voiture. » Songea-t-il. Charlie leva les yeux au ciel.
« Ce qui est fait est fait, et puis j'aime bien le voir en baver avec Emmett. » Confessa-t-il en faisant un clin d'œil.
Edward secoua la tête d'amusement mais ne répondit rien.
« Laissez-lui une chance. » Dit-il au bout d'un moment. « Il pourrait vous surprendre. » Fit-il énigmatique. Charlie bailla disgracieusement, comme s'il n'en avait rien à faire et jeta un coup d'œil vers la porte.
« Mouais. » Baragouina-t-il avec scepticisme. « Pour l'heure fiston, il est temps pour moi d'aller me coucher. Je suis pas un vampire comme toi, capable de veiller toute une nuit sans dormir. »
Edward émit un sourire en coin devant la métaphore.
« Bonne nuit Chef Swan. » Salua-t-il respectueusement, sachant très bien que ça l'énervait qu'on l'appelle ainsi.
Charlie le regarda quelques secondes avant de rouler des yeux, trop fatigué pour répliquer quoi que ce soit.
« Je suis pas en état pour rouspéter. » Marmonna-t-il. « Mais bonne nuit à toi. » Fit-il avec un signe de tête, avant de quitter la pièce et de refermer la porte de la chambre sur son passage.
Edward resta songeur quelques secondes puis se tourna vers Bella une nouvelle fois. Il se sentait tellement mal de lui faire subir ça alors qu'elle ne le méritait pas. Mais il était égoïste, il l'aimait beaucoup trop pour avoir la force de s'éloigner. Il lui avait juré de rester avec elle, alors il n'allait pas la laisser. Il ne le pourrait pas.
Il se pencha vers elle et embrassa son front, désirant à tout prix chasser ses mauvaises pensées de sa tête, sans succès. Il n'y avait plus qu'à attendre, le sommeil n'ayant pas du tout l'intention de montrer le bout de son nez, peu importe à quel point il pouvait être épuisé à la fois physiquement comme moralement. Il ferma les yeux, et se mit à rêver d'un monde utopique où leurs problèmes ne seraient que futilités, comme tous ces couples normaux.
La normalité… Voilà qui résumait exactement ce à quoi il rêvait. Être un couple normal.
Edward aspirait à la normalité.
C'était tout ce qu'il demandait.
Et c'était la seule chose qu'on lui refusait.
oO "9 Crimes" Oo – Damien Rice
C'est avec un soulagement non feint que Bella accueillit son réveil ce matin là. Elle avait passé la nuit la plus tourmentée et horrible de toute son existence. Les cauchemars avaient afflué sans cesse, l'empêchant de dormir convenablement, sans toutefois qu'elle puisse se réveiller pour mettre fin à cette douloureuse agonie. Le scénario de la veille se rejouait mille fois dans sa tête. Le moment où elle avait entendu leur conversation, celui où elle avait pris la fuite sans dire un mot, puis le moment où Esmée Cullen lui était apparue et l'avait aidée à y voir plus clair. Elle qui avait qualifié cette femme de toutes les injures qui puissent exister, elle regrettait amèrement tout ce qu'elle avait pu penser d'elle. Esmée n'était pas aussi ignoble qu'elle le laissait paraitre. Elle avait été la seule à avoir pu l'aider et l'épauler, la seule à lui avoir montré la bonne direction et le chemin qu'il fallait prendre pour le bien de tout le monde, et en particulier pour Edward. Ce procès envers son père et Aro Volturi était une infamie, ça tournerait à la tragédie, il fallait absolument mettre un terme à toute cette histoire. Et la seule façon possible était de s'effacer.
Le libérer…
Se sacrifier pour lui était probablement la plus belle preuve d'amour que l'on pouvait faire à la personne qu'on aime ardemment, mais c'est aussi celle qui fait le plus mal et qui nous détruit au point que l'on n'est plus que l'ombre de nous même. Cette cruelle vérité fit que Bella ouvrit les yeux soudainement, comme si elle avait manqué d'air durant son sommeil.
« Bella ! » Appela Alice en se précipitant sur elle avec inquiétude.
Bella cligna des paupières pour s'habituer à la lumière, puis observa la pièce silencieusement tout en se relevant légèrement. Il y avait Charlie et Emmett, en plus d'Alice. Ces deux là s'étaient d'ailleurs arrêtés de parler et regardaient dans sa direction depuis le cri perçant d'Alice.
« Oh mon Dieu tu vas bien ? » Demanda cette dernière en s'asseyant sur le lit. « On se faisait tous un sang d'encre pour toi, tu avais disparu, tu étais injoignable, et puis Edward est parti à ta recherche, il t'a ramenée ici, tu étais toute trempée et tu dormais. D'ailleurs qu'est-ce qui t'a pris de ne pas donner de nouvelle et de t'endormir dehors par un temps pareil ? Tu veux attraper la mort ou quoi ? »
« Alice… » Fustigea Charlie exaspéré. « Tu veux bien arrêter de l'assaillir avec tes questions ? La pauvre est toute désorientée ! »
« Désolée… » Fit cette dernière avec un sourire contrit.
Bella secoua la tête pour avoir les idées un peu plus claires et sortir de sa léthargie.
« Désolée mais… euh… Quelqu'un peut-il me dire quelle heure il est ? » Bredouilla-t-elle décontenancée.
« Dix heures du matin. » Apprit Emmett en regardant sa sœur avec affection. « T'as dormi vraiment longtemps. »
Bella s'octroya un sourire sans joie.
« Si ça peut te consoler ça n'a pas vraiment été reposant. » Dit-elle d'une voix pleine d'amertume.
« Bella est-ce que ça va ? » S'enquit Alice. « Tu n'as vraiment pas l'air dans ton assiette. »
« Hum je… je suis un peu confuse, mais ça va ne t'en fais pas. » Tenta-t-elle piètrement. Alice la regarda avec scepticisme avant de soupirer et de se lever du lit.
« Je vais aller dire à Edward que t'es réveillée. » Déclara-t-elle en se dirigeant vers la porte.
Bella fronça les sourcils.
« Il n'est pas au travail ? » S'étonna-t-elle.
« Parce que tu crois vraiment qu'il allait accepter d'y aller après ça ? » Rit-elle. « Il a pris sa journée, de toute façon c'est un peu lui le patron alors… » Elle s'en alla, ce qui alarma Bella.
« Non attends Alice je… » Appela-t-elle paniquée.
Mais Alice avait déjà quitté la pièce. La dernière chose que Bella voulait était de se retrouver confrontée à lui. Elle savait ce qu'elle aurait à faire, et elle n'était pas prête pour ça, c'était bien trop tôt, bien trop dur… et à dire vrai, elle ne serait sans doute jamais prête pour ce qu'elle allait devoir faire.
« Eh, respire Bella, t'es toute blanche ! » S'exclama Emmett amusé.
Son sourire s'effaça bien vite lorsqu'il vit son futur beau frère apparaitre dans l'encadrement de la porte, suivie d'Alice. Edward retint son soulagement lorsqu'il aperçut Bella qui était réveillée. Il vit ses traits fatigués et ses cernes sous les yeux, et ses craintes se confirmèrent. Bella avait bel et bien passé une sale nuit, malgré tout le temps qu'elle avait dormi.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? » Intervint la voix bourrasque d'Emmett qui regardait Edward avec une haine non contenue. « Tu ferais mieux d'aller bosser, on serait un peu moins dans la merde comme ça. »
Edward fronça les sourcils et se tourna vers Emmett.
« C'est toi qui me dis ça ? Décidément c'est l'hôpital qui se fout de la charité. » Répliqua-t-il d'une voix sarcastique.
« Et c'est reparti… » Murmura Alice en roulant des yeux.
« La faute à qui si j'ai pas de boulot, hein ? » Lâcha Emmett d'une voix forte.
« Oh arrête ! T'en avais déjà pas avant que j'arrive, je te signale ! » Contra-t-il énervé. « Alors ne me mets pas le fait que tu sois qu'un sale flemmard sur le dos. »
Il n'avait pas dormi de la nuit et était épuisé, la dernière chose qu'il voulait était de se prendre la tête maintenant.
Bella les regarda un à un, choquée par leurs propos. Depuis quand Edward et Emmett se disputaient ? La seule fois où ils s'étaient battus c'était lorsque son petit ami avait appris qu'Emmett avait eu la maladresse de la gifler.
« Mais qu'est-ce qui se passe ici ? » Demanda-t-elle d'une voix engourdie, encore ensommeillée.
« Mon père en avait un ! » Riposta Emmett sans tenir compte de Bella. « Ma sœur aussi je te rappelle, et à cause de toi et de ta foutue famille, on crève la dalle ! »
« Charlie s'est fait viré ? ! » S'écria Bella horrifiée, qui ne comprenait strictement rien à tout ce grabuge.
Ce dernier qui n'avait pas dit un mot car on ne lui en avait pas laissé le temps se gratta la gorge avec embarras.
« Je t'expliquerai plus tard… » Marmonna-t-il mal à l'aise.
« Tout ça c'est de ta faute. » Susurra Emmett entre ses dents. Edward le regarda incrédule.
« Tu penses que c'est ce que j'ai voulu ? J'ai jamais souhaité ce qui vous arrive, je fais tout ce que je peux pour arranger la situation… »
« Et ben ça suffit pas ! » Claqua la voix puissante d'Emmett.
« Peut être que vous ne seriez pas aussi endettés si tu ne t'étais pas fait virer de tous tes boulots ! » Se défendit-il avec un regard noir vers le frère de Bella.
« Désolé d'avoir des problèmes financiers, mais tout le monde n'est pas né avec une cuillère en argent comme toi. » Cracha-t-il avec dégout en le foudroyant des yeux.
« Je te cède ma place volontiers si tu veux. » Murmura-t-il entre ses dents, soutenant son regard.
« Mais arrêtez ! » Ordonna la voix de Bella qui était outrée de les voir se battre comme des chiffonniers. « Qu'est-ce qui vous arrive bon sang ? Vous êtes amis je vous rappelle ! »
« Amen ! » S'exclama Charlie qui en avait ras le bol.
Ces deux là s'étaient disputés toute la matinée, se balançant des vacheries du même genre. Il avait cru que la nuit apaiserait les mœurs, mais que nenni. Et il en avait marre de passer son temps à les réprimander, voilà pourquoi maintenant il ne disait plus rien et attendait que quelqu'un le fasse.
Edward soupira de lassitude avant de tourner la tête vers Bella. Elle le regardait avec insistance, le suppliant silencieusement de cesser cette querelle inutile. Il détourna les yeux, se sentant légèrement idiot d'être entré dans le jeu d'Emmett sans réfléchir. Pour lui, ce dernier n'était rien d'autre qu'un sale con dont il ne fallait pas accorder la moindre importance, tant qu'il ne daignerait pas grandir un peu. Mais recevoir des leçons de moral de sa part était impossible à concevoir.
« On n'est pas amis. » Déclara Emmett avec fureur. Il tourna son regard vers Edward. « Plus maintenant. »
Bella se mordit violemment la lèvre, atterrée devant ce qui se passait sous ses yeux. Edward et Emmett s'étaient toujours bien entendus, ce dernier avait même fini par considérer Edward comme son meilleur ami. Et elle avait toujours été heureuse et fière de la relation qu'ils entretenaient tous les deux. Alors les voir aussi enragés l'un envers l'autre dans l'état où elle est était au-dessus de ses forces.
« Sortez. » Trancha-t-elle d'une voix faible en baissant la tête. « Il faut que je parle à mon père. »
« Bella… » Appela Edward en l'implorant des yeux.
Il venait à peine de la retrouver, il avait vraiment besoin de lui parler et de mettre au point certaines choses avec elle. Alors la dernière chose qu'il voulait était qu'elle le repousse… encore. Elle leva les yeux vers lui et le regarda désolée.
« S'il te plait… » Murmura-t-elle d'une voix faible.
La vérité était qu'elle ne faisait que retarder un peu plus l'échéance car elle refusait de le confronter. Le voir dans toute sa splendeur, inquiet pour elle, aimant… tout ça était trop dur. Elle en était incapable. Bella était faible, et si elle pouvait gagner un peu de temps alors elle le faisait. Penser à ce moment déchirant où elle tenterait d'exécuter à la lettre ce qu'Esmée Cullen lui avait conseillé lui lacérait le cœur à l'heure qu'il est.
Edward qui ne comprenait vraiment pas l'attitude de Bella abdiqua une nouvelle fois et soupira de déception avant d'hocher la tête. Tout le monde ne pipait mot dans la pièce, ni Charlie qui avait les sourcils froncés car il était carrément paumé, ni Emmett qui était trop occupé à fusiller Edward du regard. Quant à Alice, elle avait déserté la chambre et était descendu dans le salon, ne supportant pas une nouvelle dispute entre ces deux là.
« Emmett ! » Rappela Bella à l'ordre car il ne daignait pas réagir.
Celui-ci consentit à poser les yeux sur sa sœur et elle lui intima de prendre la porte. Il roula des yeux en haussant les épaules, puis passa devant Edward avec une haine non dissimulée. Il lui donna un brusque coup d'épaule avant de s'en aller. Edward prit une inspiration pour ne pas riposter, et referma la porte sur son passage, non sans avoir accordé un dernier regard inquiet vers Bella.
Cette dernière se tourna alors vers son père qui refusait de l'affronter, sachant très bien qu'il allait avoir des problèmes.
« Comment ça tu t'es fait virer ? » Questionna-t-elle outrée. Il soupira.
« Je savais que j'aurais pas dû en parler ce matin… » Marmonna-t-il pour lui-même.
« Papa… » Râla-t-elle.
« Rho mais c'est pas si grave ! » S'emporta le paternel. « C'était à prévoir de toute façon pas vrai ? Alors pourquoi es-tu si étonnée ? »
« Je ne suis pas étonnée. » Contra-t-elle tristement. « Seulement… ça fait mal de l'apprendre c'est tout. Ça fait longtemps ? » S'enquit-elle. Il secoua la tête.
« Plusieurs jours. » Répondit-il honnêtement. « Mais je ne voulais vraiment pas vous inquiéter avec ça, vous avez déjà tellement de problèmes… »
« Je suis désolée Papa. » Fit-elle sincèrement, se sentant coupable pour un tel désastre.
« N'y pense pas va. » S'empressa-t-il de rassurer. « Tu sais après ce que tu nous as fait cette nuit, crois-moi que perdre mon boulot est le cadet de mes soucis. » Fit-il remarquer en haussant un sourcil inquisiteur.
Le visage de Bella se décomposa subitement et elle détourna la tête afin que son père ne remarque pas son trouble. Son père qui avait tout de même vu son changement d'attitude s'apprêta à dire quelque chose lorsqu'elle le coupa en changeant abruptement de sujet.
« Alors comme ça Emmett et Edward se détestent ? Est-ce qu'on peut m'expliquer ce qui se passe, parce que j'ai l'impression d'avoir manqué pas mal d'épisodes pour une fille qui n'a dormi qu'une nuit. » Charlie se permit un sourire amusé.
« Ils avaient simplement pas mal de rancœur enfouie en eux. Ils sont intenables depuis hier. Ta disparition a causé pas mal de remue-ménage comme tu as pu voir. » Bella entendit comme une pointe de colère dans sa voir et baissa les yeux. Il comprit qu'il avait touché une corde sensible et ne se retint plus de la réprimander. « Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ? Tu savais qu'on s'inquiéterait, moi le premier ! » La sermonna-t-il.
« Je sais mais… je suis désolée. » Dit-elle d'une petite voix. « Je ne voulais pas… » Elle secoua la tête pour chasser les mauvais souvenirs qui affluaient. « Enfin tu vois… »
Elle se sentait mal de leur avoir tous causés autant d'inquiétude. Ça n'était pas du tout ce qu'elle avait voulu, en réalité elle n'avait même pas désiré s'endormir sur ce banc. Elle avait simplement souhaité arrêter le temps à ce moment là, ne voulant pas affronter la dure et triste réalité de sa piètre vie durant quelques instants. Et puis elle avait été incapable de se lever et de bouger tellement elle avait été en train de souffrir intérieurement, comme si son cœur s'était fait plus lourd à chaque seconde, ne demandant qu'à s'écrouler par terre.
« Il a veillé toute la nuit tu sais. »
Charlie avait interrompu ses pensées sans le vouloir. Elle cligna des yeux et se retourna vers lui, légèrement perdue.
« Quoi ? »
Il la regarda embarrassé et se gratta l'arrière de la tête.
« Edward, il est resté à coté de toi toute la nuit sans jamais dormir. Et puis c'est aussi lui qui a bravé la pluie pour toi. » Tenta-t-il de détendre l'atmosphère, ce qui malheureusement provoqua le contraire et rendit Bella encore plus mal qu'elle ne l'était déjà.
« Oh… » Fut tout ce qu'elle trouva à dire.
« Je dois reconnaître que c'est un bon gars. T'es bien tombée pour une fois. » Songea-t-il avec un sourire bienveillant.
Bella détourna les yeux et se retint de fondre en larmes.
« Oui je sais. » Souffla-t-elle d'une voix mal assurée.
Charlie la regarda, étonné de son changement de ton et d'humeur. Il commença à s'inquiéter car il voyait bien qu'elle se retenait pour ne pas pleurer, et voir sa fille souffrir en silence de cette façon lui était insupportable.
« Est-ce que ça va Bella ? » Demanda-t-il soucieux. Elle secoua la tête pour tenter de se recomposer un visage neutre, sans grand succès.
« Oui pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? » Il lui fit un sourire contrit.
« J'en sais rien, tu as la même tête que celle que ta mère a faite, juste avant de prendre ses clics et ses clacs et de foutre le camp d'ici. » Remarqua-t-il, sans imaginer une seconde qu'il avait mis le doigt dans le mille.
Elle écarquilla les yeux, étonnée de l'entendre évoquer le nom de sa mère, chose qu'il n'avait pas faite depuis longtemps et qu'il ne faisait presque jamais. D'une certaine façon, elle fut choquée de réaliser que son père, l'handicapé des sentiments, avait visé juste. Elle avait l'intention de quitter Edward… mais à la différence de Renée, ce n'était pas par égoïsme, bien au contraire. Elle se braqua.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler. » Répliqua-t-elle sèchement, ne voulant pas affronter la réalité en face.
Charlie qui n'était pas dupe pour un sou, décida de ne pas insister, voyant qu'elle n'était pas du tout encline à l'écouter.
« Bien… » Murmura-t-il tristement. « Si tu as envie de parler, je suis là. »
Elle hocha la tête sans le regarder.
« Je te remercie. » Dit-elle faiblement.
Il prit la direction de la porte, avant de changer d'avis et de se tourner vers elle.
« Tu sais Bella, je respecterai toujours tes décisions. » Aborda-t-il en ayant un doute quant à ce qu'elle avait pour projet de faire. « Mais quoi que tu décides de faire, j'espère que c'est pour les bonnes raisons. » Déclara-t-il avant de se détourner.
Il ouvrit la porte et la referma derrière lui, la laissant sur son lit, décontenancée et démunie. Charlie avait rarement le don pour clouer le bec à une personne en lui faisant un discours mentalement mystérieux. Mais pour une fois il avait bel et bien réussi à deviner les intentions de sa fille et à lui dire la dernière chose qu'elle avait besoin d'entendre.
oO "Get it Right" Oo – Glee Cast (Lea Michele)
Belle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à cette phrase qu'ont frappait à la porte. Son cœur émit quelques battements rapides tandis qu'Edward entrait dans la chambre avec hésitation. Le comportement de Bella envers lui était tellement énigmatique qu'il ne savait plus du tout comment s'y prendre ni comment faire les choses bien. Cette dernière le regarda à la fois apeurée avec la boule au ventre, à la fois émerveillée comme à chaque fois qu'elle le voyait, comme si elle le découvrait pour la première fois, tellement elle ne se lassait pas de sa beauté. Mais les cernes sous les yeux qui l'habitaient et son front plissé faisaient qu'il n'était pas aussi majestueux qu'à l'accoutumé. Elle prit une profonde inspiration, mais ne parvint pas à le regarder dans les yeux.
« Edward… » Murmura-t-elle en songeant à quel point elle avait adoré prononcer son prénom qui sonnait comme une somptueuse mélodie à ses oreilles.
Elle savait que le temps leur était compté, si elle continuait dans la voix de la sagesse qu'Esmée lui avait gentiment conseillée. Mais elle ne pouvait empêcher cette douleur dans son cœur de s'intensifier et de lui donner la nausée. C'était sans doute étrange, mais elle avait réellement envie de vomir à cet instant. Savoir qu'elle s'apprêtait à le quitter pour son bien lui donnait envie de gerber et de courir aux toilettes pour tout régurgiter. Seulement elle ne le fit pas, elle se retint car aussi mal qu'avait été son attitude envers lui ces derniers temps, elle ne pouvait plus continuer à jouer avec ses sentiments. Elle lui devait cette rupture. Oh que oui elle le lui devait, simplement pour qu'il soit heureux par la suite, et non rongé perpétuellement par les problèmes qu'il avait avec sa famille.
« Bella ? » Appela-t-il afin qu'elle relève le regard vers lui.
Il avait toujours eu horreur des gens pas assez courageux pour le regarder en face, et il ne voulait pas que Bella soit comme ça. Il voudrait qu'elle soit plus battante que ça. Plus coriace et plus sûre d'elle.
« Comment est-ce que tu vas ? » S'enquit-il. Elle haussa les épaules.
« Je vais bien. » Dit-elle de façon automate, sans vraiment le penser.
« Tu n'as pas l'air pourtant. » Contra-t-il suspicieux. Elle soupira, le maudissant pour son sens de l'observation.
« Tu comptes me passer un savon ? » Demanda-t-elle, toujours sans le regarder.
Il referma la porte derrière lui silencieusement et s'approcha du lit où elle y trônait en position assise. Elle ne l'entendit pas arriver mais put sentir sa présence, qui l'enivra complètement.
« Non ce n'est pas mon rôle. » Répondit-il en s'asseyant à coté d'elle. Il mit un doigt sous son menton pour la faire lever la tête et elle fut forcée de le regarder dans les yeux. « En revanche j'aimerais savoir ce qui t'arrive. Et je ne parle pas seulement d'hier, mais de tous les jours précédents. » Souligna-t-il d'une voix emprunte à de l'inquiétude.
Elle tenta de baisser les yeux mais sa prise sur son menton l'en empêcha, ce qui la fit râler faiblement. Le silence s'installa dans la pièce, tandis que Bella n'arrivait pas à ouvrir la bouche. Jamais il n'avait été aussi difficile pour elle de prononcer des mots. Elle tenta d'ouvrir la bouche plusieurs fois, mais aucun son ne sortit, sa voix mourrait dans sa gorge, ne parvenant pas à sortir. Son cœur battait à vive allure et ses yeux lui piquaient tant elle essayait de refouler ses émotions. Edward fut étonné de la voir aussi torturée intérieurement, le pire était qu'il n'en connaissait pas du tout la raison.
« Bella qu'est-ce que tu as ? » La rappela-t-il à l'ordre.
La douleur dans son ventre reprit et lui broya les intestins. Elle avait l'impression de passer au rouleau compresseur. Elle ferma les yeux, tentant de trouver une quelconque détermination au fond d'elle afin d'avoir le courage de parler. Puis elle les rouvrit et le regarda en prenant une nouvelle respiration, regrettant d'ors et déjà la phrase qu'elle allait formuler à haute voix.
« Je veux qu'on arrête. »
Contrairement à ce qu'elle aurait cru, sa voix ne dérailla pas. Mais même au fond d'elle elle trouvait que cette phrase était cruellement déplacée. Edward fronça les sourcils, ne comprenant pas où elle voulait où en venir. Ou plutôt il n'avait pas vraiment envie de comprendre…
« Je te demande pardon ? » Fit-il interdit.
Bella sentit ses yeux s'embuer et se fustigea mentalement pour être aussi faible et prévisible. Si seulement elle était un peu plus forte, elle ne serait pas aussi transparente, et elle n'aurait pas autant de mal à ouvrir la bouche. Elle se rappela la raison pour lequel elle faisait ça.
Pour lui…
C'est exact, pour lui. C'était pour lui qu'elle faisait ça, parce que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Elle cligna des yeux pour reprendre contenance, et déclara d'une voix dénuée d'émotion.
« Toi et moi. » Précisa-t-elle. « Je veux qu'on arrête. »
Elle priait le Seigneur pour qu'il n'ait pas remarqué son trouble et à quel point elle avait mal à l'intérieur, mais le connaissant elle doutait que sa prière soit exaucée. Edward écarquilla les yeux pour être certain de ne pas être en train de rêver. Il ouvrit la bouche puis la referma, la regardant totalement dérouté. Son doigt lâcha son menton et sa main retomba lourdement. L'entendre lui dire ça était comme si le monde venait de s'arrêter. C'était pire que si on lui annonçait la troisième Guerre Mondiale. Mais il connaissait Bella mieux que ça, et si elle pensait une seconde qu'il allait avaler ça et l'accepter, elle se trompait lourdement.
« Est-ce que j'ai loupé un épisode ? » S'exclama-t-il, la voix légèrement haussée. « Je peux savoir ce qui te prend ? »
Elle détourna la tête, ce qui l'énerva.
« Il me prend que je ne veux plus qu'on soit ensemble, c'est tout. » Déclara sèchement, en colère contre elle-même pour ne pas être capable de paraitre crédible, pour une seule fois dans sa vie.
Edward qui était à bout de patience et de fatigue sentit l'énervement lui monter et prendre possession de lui. Il savait qu'il n'allait pas parvenir à se contrôler encore bien longtemps. Un rire dénué d'humour lui échappa et il se leva du lit subitement. Bella l'observa désarçonnée tandis qu'il faisait les cents pas devant elle en allers-retours, se passant plusieurs fois la main dans les cheveux avec anxiété et agacement. Il marmonna des choses incompréhensibles, ce qui effraya Bella.
« D'accord… » Finit-il par dire d'une voix acide en s'immobilisant. « Alors il va falloir que tu m'expliques parce que je ne te comprends vraiment pas. » Dit-il brusquement en la vrillant d'un regard mauvais.
Elle soupira d'impatience et secoua la tête, désirant mettre fin à ce calvaire au plus vite.
« Ne me force pas à le répéter. » Fit-elle d'une voix faible, les yeux baissés vers ses genoux repliés. « J'ai été très clair, je ne vois pas ce qu'il y a à dire de plus. »
Edward eut un rire amer, ses nerfs étant sur le point de lâcher.
« Je ne suis pas idiot, j'ai compris ce que tu as dit, ce que je veux savoir, c'est pourquoi. » Répliqua-t-il froidement. « Pourquoi Bella ? » Répéta-t-il d'une voix forte. « A quoi est-ce que tu joues au juste ? Tu espères sincèrement que je vais te laisser t'en tirer sans un minimum d'explication ? Franchement je ne te reconnais plus. D'ailleurs qu'est-ce que tu gagnes à faire ça hein ? »
« Mais rien ! » S'écria-t-elle affolée. « Est-ce que c'est si dur pour toi d'imaginer un tant soit peu le fait que je ne sois plus amoureuse de toi, ou que je ne veuille plus de toi ? » Débita-t-elle sans se rendre compte à quel point ces mots résonnaient en elle comme une succession de coups de poignard dans l'estomac. Elle baissa les yeux. « Je ne t'aime plus. » Déclara-t-elle douloureusement.
Quelques larmes perlèrent au coin de ses yeux qu'elle s'empressa d'essuyer du revers de sa main avant qu'Edward ne puisse les voir. Ce dernier la regardait incrédule, la bouche entrouverte. Il aurait pu la croire, il aurait vraiment pu croire à cette réalité dans laquelle Bella ne l'aimait plus… si elle n'avait pas menti de façon aussi flagrante et éhontée. Sa pitoyable tentative de mensonge effronté était tellement visible et ridicule que même un enfant de six ans n'y aurait pas cru une minute. Il ferma les yeux et souffla pour se retenir de péter les plombs, puis la regarda avec déception.
« Et tu espérais sincèrement que j'allais avaler ces conneries ? » Susurra-t-il méchamment.
Elle secoua la tête pour réfréner les larmes qui lui montaient aux yeux et resserra ses genoux contre elle.
« C'est la vérité. » Mentit-elle sans conviction.
« Foutaises ! » S'emporta-t-il. « Bella tu es la pire menteuse qui puisse exister sur Terre, même mon chien ment mieux que toi. »
Elle fronça les sourcils.
« Tu n'as pas de chien. » Lui fit-elle remarquer. Il roula des yeux.
« C'est une image, espèce d'idiote. » Apprit-il avec un énervement non contenu.
Elle fut blessée de sa façon de lui parler, mais elle ne le montra pas, sachant de que de toute manière, elle le méritait.
« Peu importe. Je ne veux plus qu'on soit ensemble. » Trancha-t-elle, piétinant une fois de plus son cœur déjà martelé de douleur.
« Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas expliqué pourquoi. » Asséna-t-il durement. « Et je veux la vraie raison, n'essaie pas de me faire croire que tu ne m'aimes plus parce que tu n'arrives même pas à me le dire en me regardant dans les yeux. » Lâcha-t-il avec fermeté.
« Enfin tu ne vois donc pas ? » Fit-elle en relevant enfin la tête. « Je ne suis pas bonne pour toi Edward, regarde ce que tu es en train de faire en ce moment, tu essaies carrément de les envoyer en prison ! » S'exclama-t-elle atterrée.
Il soupira, soulagé d'avoir enfin la réponse à ce qu'il attendait depuis le début.
« Seulement mon père. » Précisa-t-il. « Et puis quel est le rapport avec toi de toute façon ? »
« Le rapport ? » Répéta-t-elle incrédule. « Mais c'est moi le rapport ! Tout est à cause de moi si aujourd'hui tu te lances dans un procès qui va te faire souffrir. Tu ne comprends pas que tu gâches ta vie en restant avec moi ? Je ne peux pas te laisser faire ça. Peu importe à quel point ça me déchire le cœur, je ne peux pas te laisser emprunter une voie qui te donnera tous ces regrets par la suite. »
Il se pinça l'arête du nez, comprenant soudainement ce qui la mettait dans tous ses états depuis des jours, son attitude distante, son désir de fuir, puis de rompre… Elle ne savait véritablement plus où elle en était, rien de tout ce qu'elle disait n'avait le moindre sens, elle était la seule à voir de la logique dans ses paroles, là où il n'y avait qu'aberration. Il aurait dû se rendre compte plus tôt que Bella était en train de craquer et de péter les plombs. Il s'en voulut pour n'avoir rien vu dès le départ. Parce qu'à présent elle était devenue complètement irrationnelle et incohérente. Et comment raisonner une personne têtue de nature, persuadée d'être dans le vrai et que son avis est le plus judicieux ?
« C'est pour ça que tu es si préoccupée ces derniers temps ? » Devina-t-il affligé. « Tu t'inquiètes à propos de mes regrets ? »
Bella ne répondit pas et il continua sur sa lancée.
« Comment peux-tu croire que je puisse regretter par la suite les choix que j'ai faits aujourd'hui ? Bella, te choisir à leur place est la meilleure décision que j'ai prise de toute ma vie. » Dit-il avec conviction.
Elle leva les yeux vers le plafond, refusant de penser qu'il sera toujours du même avis dans quelques années.
« Tu dis ça maintenant, mais plus tard, lorsque le remord sera trop insupportable, que feras-tu Edward ? » Questionna-t-elle, la voix dans le vague. « As-tu vraiment envie d'envoyer ton propre père en prison et de supporter ce poids sur tes épaules jusqu'à ta mort ? »
« Mais il ne s'agit en aucunement d'un poids. » Contredit-il sûr de lui. « Tu sais, si mon père a commis des délits majeurs il doit aller en prison. Et je me fiche qu'il soit mon père ou non, il ne l'a jamais vraiment été de toute façon. Et il a perdu ce titre là le jour où il a décidé de s'en prendre à toi. »
Elle secoua la tête avec véhémence, refusant d'envisager cette possibilité.
« Je ne te crois pas. » Réfuta-t-elle doucement. « Écoute, je sais qu'à l'heure actuelle tu penses que c'est la meilleure chose à faire et que tu penses que ça vaut le coup, mais dans le futur, lorsque tu te rendras compte que je ne valais pas tous ces sacrifices, tu t'en mordras les doigts, je le sais. » Énuméra-t-elle convaincue.
Il se figea.
« Est-ce que tu doutes de mes sentiments pour toi ? » Accusa-t-il effaré.
« Bien sûr que non ! » S'empressa-t-elle de contredire. « Je sais que tu m'aimes… » Murmura-t-elle, comme si elle voulait se souvenir de cette vérité pour le restant de ses jours, comme si c'était ça qui l'aidait à tenir et à continuer. « Pour le moment. » Ajouta-t-elle pour elle-même. « Seulement dans quelques années, lorsque la passion ne sera plus au rendez-vous, que tu te rendras compte que l'amour que tu avais pour moi était exagéré, que ça n'en valait pas la peine, je ne veux pas que tu ailles jusqu'à leur intenter un procès Edward. »
« C'est bien ce que je dis. Tu doutes. » Confirma-t-il en secouant la tête d'incrédulité, excédé par toute cette histoire. « C'est complètement insensé… » Marmonna-t-il énervé.
« Ce n'est pas insensé, au contraire c'est même très logique. » Se défendit-elle. « Il faut se rendre à l'évidence, nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. Je ne t'apporte rien de bon. J'ai mis du temps avant de le comprendre, mais aujourd'hui je sais ce que je dois faire. »
Elle se leva du lit et s'approcha de lui, mue d'une nouvelle détermination, ce qui le déconcerta fortement. Elle prit son visage en coupe et ancra ses yeux dans les siens profondément, tentant de lui faire comprendre une chose primordiale.
« Edward écoute-moi. » Pria-t-elle avec des yeux suppliants. Il la regarda impassible. « Tu avais raison tout à l'heure, j'ai menti. La vérité c'est que je t'aime. Je t'aime comme une folle mais ça tu le sais déjà. » Il fronça les sourcils face à sa déclaration impromptue, alors qu'elle sentait les larmes affluer. « Et c'est pour cette raison, parce que je ferais n'importe quoi pour toi, qu'aujourd'hui je décide de te rayer de ma vie. Parce que c'est ce qu'il y a de mieux pour toi, c'est ce qu'il y a de mieux pour tout le monde. Je ne veux plus être égoïste, je ne veux plus te voir souffrir, et je ne veux pas te voir regretter tes actions toute ta vie. Je veux que tu sois heureux, tu comprends ? Et la seule façon pour toi de l'être, c'est que je ne fasse pas partie du décor. Retourne vers tes parents Edward, tu les aimes et je sais que cette situation te fait mal. J'ai vu Esmée, et tu n'imagines pas à quel point elle t'aime, c'est elle qui m'a aidée à… »
« Esmée ? » Coupa-t-il étonné en s'éloignant d'elle. Elle se mordit la lèvre, comprenant qu'elle venait de faire une lourde gaffe.
« Je… je l'ai vue au parc hier. » Annonça-t-elle d'une voix pleine d'appréhension. Il écarquilla les yeux.
« Tu as vu ma mère ? » S'écria-t-il ahuri. Elle hocha la tête.
« Ne lui en veux pas d'être venue me voir, elle a seulement voulu m'aider. » S'empressa-t-elle d'ajouter. « Elle n'est pas du tout comme tu le penses. Elle est gentille et adorable. Elle m'a soutenue et permis d'y voir clair et de prendre les bonnes décisions. Je croyais sincèrement qu'elle était monstrueuse comme mère, surtout depuis la dernière fois que je l'avais croisée, mais je me trompais. Elle m'a vraiment aidé. »
Edward n'en croyait pas ses oreilles, il avait l'impression d'être dans un univers parallèle, une autre dimension. Rien de tout ce qu'il entendait depuis tout à l'heure n'avait de sens. Et maintenant ça… ça c'était la cerise sur le gâteau. Il vit le visage sérieux et résolu de Bella, et c'est ce qui lui mit alors la puce à l'oreille. Il commença à comprendre soudainement le revirement de cette dernière, toutes les incohérences et les convictions débiles qu'elle débitait depuis tout à l'heure. Il fronça les sourcils, les pièces du puzzle s'assemblant petit à petit dans sa tête.
« Bella… » Commença-t-il incertain. « Je peux savoir ce que ma mère t'a dit au juste ? » Demanda-t-il avec un air inquisiteur.
Bella entrouvrit la bouche de surprise. Elle haussa les épaules indifféremment.
« Rien de spécial, elle m'a seulement fait comprendre ce qu'il y avait de mieux pour toi. Et j'ai enfin réalisé que je n'étais pas du tout bien pour toi. Tu mérites beaucoup mieux. »
« Je le crois pas… » Soupira-t-il en recommençant à faire les cent pas. « Comment était-elle avec toi ? » Questionna-t-il avec un semblant de colère dans la voix.
Bella fut déroutée par son changement de ton et d'humeur, elle n'arrivait pas bien à comprendre où il voulait en venir.
« J'en sais rien, pourquoi tu me demandes ça ? » Fit-elle désœuvrée. Il s'arrêta de marcher.
« Parce que c'est important. Il faut que tu me le dises. »
Elle le regarda sceptique puis réfléchit à sa réponse.
« Et bien elle était compatissante, gentille, elle m'a fait des compliments et puis elle s'est comportée… comme une mère sensible. » Finit-elle d'une voix hésitante.
Edward eut un rire jaune.
« Ouais… définitivement pas ma mère. » Rit-il sans joie. Il secoua la tête. « Sérieusement Bella, tu crois réellement qu'elle était sincère avec toi ? »
Elle fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Demanda-t-elle incertaine. Il se tapa le front de façon théâtrale.
« Réfléchis enfin ! Ma mère se sert de toi c'est évident ! Tout ce qu'elle voulait c'était que tu ailles dans son sens et fasse ce qu'elle voulait que tu fasses. Je ne peux pas croire que tu sois tombée dans son panneau de la pauvre mère compatissante… »
Elle le regarda outrée, presque vexée.
« Alors c'est ça que tu penses ? Tu crois que je suis tellement influençable, au point que je ne suis pas capable de reconnaitre la sincérité d'une personne ? »
« Pas du tout ! Seulement je connais bien ma mère. Si tu crois que tu es la première à tomber dans ses filets, tu te trompes. Elle en a manipulé plus d'un, l'hypocrisie et la manipulation c'est tout ce qu'elle connait. Et que toi, après tout ce qu'elle t'a dit la dernière fois, la façon dont tu l'as giflée ainsi que toutes les crasses que ta famille subit depuis des semaines, tu la crois aussi facilement au point de l'apprécier, ça j'ai du mal à l'avaler. »
« Elle ne me manipule pas Edward ! » S'empressa-t-elle de contredire. « Au contraire, c'est la seule personne qui m'ait réellement aidée. Je crois que tout ce qui s'est passé n'était que des malentendus, on est partie du mauvais pied, mais à présent je la comprends, et elle me comprend aussi et… »
« Bella regarde les choses en face ! » L'interrompit-il excédé. « Ma mère ne t'aime pas, elle n'a fait que profiter de ta vulnérabilité pour te mettre ses idées tordues dans la tête. »
« Ces idées je les avais déjà en tête avant de voir ta mère, je te signale. » Contra-t-elle vainement, convaincue qu'elle était dans le vrai. « Esmée n'a fait juste que confirmer ce que je pensais déjà. À savoir que toi et moi ne sommes pas fait pour être ensemble et que plus je laisse les choses s'aggraver, plus je gâche ta vie. »
Edward se massa le front, réalisant que sa mère avait vraiment bien implanté ses crocs dans l'esprit innocent de Bella.
« Je vais la tuer… » Murmura-t-il acide, en parlant d'Esmée. « Je vais la tuer… »
Il se remit à marcher rapidement dans la chambre en plusieurs allers-retours, répétant inlassablement à quel point il avait envie de tuer sa prétendue mère. Bella profita de sa bougeotte pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues. Jamais elle n'avait autant eu de mal à contrôler ses émotions que maintenant. Alors qu'elle n'avait qu'une envie, se jeter à son cou, l'embrasser à en perdre haleine, ou encore fondre en larmes, elle ne fit rien de tout ça. Même ses larmes pour une fois, elle arrivait à les contrôler. Elle savait que de toute manière, elle n'avait pas le choix. C'était pour lui qu'elle prenait ses distances, qu'elle instaurait ses limites. Pour lui. Tous ses choix, elle les avait toujours faits en fonction de lui. Il était son pilier, chaque mouvement qu'il faisait, elle agissait en conséquence, chaque pas qu'il effectuait, elle en faisait de même pour s'accorder à lui. C'était magnétique, comme des aimants. Et aujourd'hui, cette décision de le quitter était pour son bien à lui, quitte à se détruire elle-même.
« Edward il faut que tu t'en ailles. » Déclara-t-elle d'une voix tremblotante, pas sûre d'elle.
Il se stoppa et la regarda incrédule. La colère lui monta plus fort que précédemment.
« C'est pas vrai ! » Explosa-t-il. « Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que tu vois ma mère, il te prend l'envie de me fuir où de me laisser tomber ? Comment fait-elle pour toujours parvenir à ses fins avec toi ? »
Bella secoua la tête.
« Ça n'a rien avoir avec elle, comme tu peux le penser. » Bafouilla-t-elle impunément. « C'est moi qui ai décidé. Je fais ça pour toi, pour que tu puisses avoir une vie heureuse, avec une fille qui te conviendra mieux que moi, même si ça me tue de le dire. On n'est pas fait l'un pour l'autre, et si pour l'instant tu ne t'en rends pas compte plus tard tu réaliseras que j'avais raison, et que l'amour que tu me portes ne valait pas tous ces sacrifices. » Acheva-t-elle en déraillant sur le dernier mot.
Elle ne put se contrôler aussi bien et laisse échapper quelques sanglots sans le vouloir. Edward fut bouleversé de la voir aussi fragile. Esmée lui avait fait un vrai lavage de cerveau pour lui mettre dans le crâne qu'elle ne valait rien. Telle qu'il la connaissait, il se doutait qu'elle avait dû faire ça tout en finesse, elle avait sûrement dû lui faire quelques éloges, dire à quel point elle l'admirait, elle avait dû également se faire passer pour une victime, si ça se trouve elle l'avait même prise dans ses bras ! Esmée était forte pour ce genre de choses. Même quand il habitait avec eux il y a plus de quatre ans, il avait l'habitude de la voir manipuler tout le monde, sans parler de ses nombreux amants dont seul Carlisle était le seul qui ne semblait rien remarquer. Peut être qu'il la trompait aussi… mais ça, Edward s'en foutait. Tout ce qui l'importait à l'heure qu'il est, était que sa mère s'en était prise à la femme de sa vie en frappant là où ça faisait mal. Elle avait vraiment bien préparé son coup, elle avait su exactement appuyer là où il fallait pour la faire chavirer.
Malheureusement pour elle, il était hors de question qu'Edward la laisse briser la seule femme qu'il ait jamais aimée. Il prit une inspiration pour calmer la colère qui faisait rage dans son être, et s'approcha lentement de Bella.
Il lui prit les mains doucement, à son plus grand étonnement elle se laissa faire. Cette dernière était trop en lutte interne avec elle-même pour avoir le courage de se reculer ou de se débattre. Son cœur battait la chamade face à cette proximité. Elle releva les yeux et le regarda en se retenant de pleurer, tandis qu'il ne bougeait pas, se contentant de la scruter en tentant de déceler le moindre indice qui pouvait lui indiquer qu'elle n'était pas totalement perdue et entièrement sous l'emprise de sa foutue mère. Bella se mit à fixer ses lèvres un moment. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas embrassés ? La dernière fois où ils avaient réellement fusionnés était le soir de l'arrivée de Jasper. Même si ça ne faisait que quelques jours, ou semaines, Bella n'avait plus vraiment la notion du temps en ce moment, elle avait l'impression que l'embrasser remontait à une autre époque lointaine. Pourquoi leur insouciance s'était-elle terminée aussi vite qu'elle n'avait commencé ?
« Bella… »
La voix pressante d'Edward la sortit de ses songes et elle quitta ses lèvres pour le regarder droit dans les yeux.
« Je sais qu'en ce moment tu es perdue, que tu es tourmentée par les futurs regrets que je pourrais avoir et que tu ne sais plus où tu en es. Mais il faut que tu te ressaisisses parce que ma mère n'a fait qu'une bouchée de toi et t'a complètement lavé le cerveau. »
« Edward… » Tenta-t-elle en secouant la tête.
« Non écoute-moi. » La coupa-t-il avec sérieux. « Je sais qu'une part au fond de toi sait que tout ce que tu dis et penses depuis tout à l'heure est incohérent et dénué de sens. Bella tu connais mes sentiments pour toi, tu sais que s'il y a une personne au monde qui me convient vraiment, c'est toi. Et j'ignore ce que ma mère t'a dit pour que tu croies que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre, mais ose me dire que ce qu'on a vécu ensemble n'était pas juste, que ce n'était pas naturel. Tout a toujours été une évidence entre nous, et ne laisse pas une pourriture te faire penser que ce n'était pas bien. Parce que ça l'était. Hormis tout ce qu'on a affronté depuis le début, toi et moi ça a toujours été juste et tu le sais. »
Elle le regarda silencieusement, ne pipant mot. Ses mains étaient désormais moites dans l'étau des siennes, ses yeux s'étaient légèrement élargis et sa bouche entrouverte. Dire que son discours l'avait troublé est un euphémisme. Elle était désorientée comme jamais. Il était en train de la faire hésiter et de remettre en cause toutes ses résolutions. Elle sentait ses certitudes réduites à néant et était sur le point de flancher. Se pouvait-il qu'elle puisse se tromper ? Que tous les rêves affreux qu'elle avait eus jusqu'à présent n'étaient que le fruit de son imagination et non prémonitoires comme elle le pensait ?
Non… Elle connaissait l'amour qu'Edward avait pour ses parents malgré qu'il n'en soit pas lui-même conscient. Elle l'avait même entendu se confesser auprès de Kate à propos de ça. Même si aujourd'hui il lui affirmait de façon extrêmement convaincante qu'il prenait la bonne décision, elle savait que plus tard il serait amené à le regretter. Elle ne voulait pas qu'il ait de regret, elle ne voulait pas qu'il soit cet homme vide, froid et sans âme qu'il était dans ses cauchemars.
Sentant que sa présence la déstabilisait, elle ôta ses mains des siennes et se recula abruptement, le regard un paniqué. Edward ne comprit pas sa réaction et fit un pas dans sa direction, ce qui eut don de la faire reculer plus encore.
« Non. » Réfuta-t-elle vainement, secouant la tête pour ne pas fléchir.
« Bella ? » Il fit un nouveau pas vers elle, mais à nouveau elle recula.
« Non ! » Asséna-t-elle plus durement. « Elle a dit que j'étais forte, que je pouvais le faire… »
« Bella… » Murmura-t-il une nouvelle fois en continuant de s'avancer.
Elle finit par se retrouver entre le lit et lui après avoir voulu s'éloigner le plus loin possible. Il profita de cette aubaine pour l'attraper par les épaules afin de l'immobiliser. Elle refusa de le regarder.
« Laisse-moi. » Supplia-t-elle la tête baissée.
« Bella… » Répéta-t-il à nouveau, avec plus d'impact.
« Elle a dit que je pouvais le faire ! » S'exclama-t-elle avec des trémolos dans la voix. « Que j'étais courageuse, que j'étais capable de le faire et que… »
Elle n'eut pas la possibilité de finir sa phrase car il l'avait coupé en l'embrassent avec fièvre.
De un, il en avait envie depuis longtemps, et de deux il avait voulu la faire taire car elle disait n'importe quoi. Bella resta figée, incapable de bouger tant il l'avait prise par surprise. Une part d'elle avait envie de le repousser car dès lors où elle sentait ses lèvres contre les siennes, elle se savait perdue. Il déplaça ses mains jusqu'à ses joues, emprisonnant son visage dans ses mains afin qu'elle ne puisse pas lui échapper. Elle lui avait déjà échappé bien trop de fois maintenant. Bella se sentit progressivement vaciller, sentir ses lèvres chaudes contre les siennes fit accélérer les battements de son cœur et l'enivra entièrement. Son corps se mit à frissonner, et soudainement ce n'était plus la gravité qui la maintenait. C'était lui. Elle fondait avec ce baiser, comme si c'était le premier, comme si c'était la première fois qu'il l'embrassait. C'était pitoyable à dire, mais chaque baiser avec lui était aussi fort et et explosif que le premier, si ce n'est plus. À chaque fois l'amour qu'elle éprouvait pour lui s'amplifiait et la frappait de plein fouet, lui rappelant puissamment qu'il était le seul détenteur de son pauvre cœur. Elle n'essayait même pas de lutter, ni de se débattre. Elle savait qu'elle en était incapable, il était plus fort qu'elle, bien plus fort… et puis pourquoi lutter ? Pourquoi vouloir mettre fin à quelque chose de si bon ? De si intense ? De si vrai ?
Réalisant qu'elle ne pouvait rien empêcher, elle cessa de se battre avec elle-même. Elle répondit à son baiser en bougeant ses lèvres. D'abord timidement, puis elle cessa de réfléchir et finit par se laisser aller complètement. Leurs lèvres bougèrent à l'unisson, avec plus de passion et d'ardeur à chaque seconde.
Elle ne se rendit même pas compte qu'ils avaient basculés sur le lit et qu'elle était désormais allongée, lui au-dessus d'elle. Elle passa ses bras autour de son cou et fourragea dans ses cheveux tandis qu'il écrasait ses lèvres sur les siennes avec plus d'urgence. Elle soupira d'aise contre sa bouche sans jamais s'arrêter de lui emmêler les cheveux en passant ses doigts dedans. Le temps semblait s'être arrêté de tourner, Bella était totalement déconnectée. Il savait comment lui faire oublier ses pensées sombres et tourmentantes à la perfection. À bien y réfléchir, Edward avait toujours été là pour lui rappeler que leur histoire valait la peine, que malgré toutes les épreuves à surmonter leurs sentiments ne faiblissaient jamais, au contraire ils amplifiaient. Il avait raison. Malgré ce que tout le monde pouvait en dire, leur amour avait toujours été juste. Ça n'avait jamais été une infamie. C'était même la chose la plus juste qui soit dans l'univers de Bella. Alors pourquoi voulait-elle rompre déjà ?
Elle se rappela vaguement sa conversation avec Esmée Cullen sur le banc, mais à cet instant elle avait du mal à souvenir pourquoi elle devait le quitter. En quoi est-ce que c'était pour son bien ? Ses pensée commencèrent à se brouiller dans son esprit, tout devenait flou. Et puis c'est là qu'elle réalisa.
Avait-elle sérieusement accordé sa confiance à la femme la plus détestable qu'elle ait jamais connue ? Avait-elle cru un tant soit peu qu'Esmée avait fait preuve de bonté ? Tout ce qu'elle avait fait avait été de lui faire comprendre qu'elle n'était pas bien pour son fils. Il fallait se rendre à l'évidence : Bella s'était fait berner. Elle s'était vraiment faite avoir et en beauté. Quand elle pense à ce qu'Esmée lui avait dit et qu'elle avait trouvé gentil et compatissant, en réalité elle n'avait fait que la rabaisser, lui dire qu'elle n'était pas faite pour lui, qu'il méritait une meilleure vie. En quoi est-ce que c'était sensé lui remonter le moral ?
Elle comprit qu'elle était perdue, que tous ses remords, toute sa culpabilité qui la ronge progressivement, tous ses cauchemars qu'elle faisait dans lequel Edward la haïssait dans le futur… toute cette angoisse était elle vraiment nécessaire ? Edward l'aimait de manière inconditionnelle, il lui avait toujours prouvé, et puis jamais à aucun moment il n'avait laissé supposer qu'il l'en tiendrait responsable pour ce procès. Et si c'était lui qui avait raison ? Si le véritable but d'Esmée Cullen avait été de la manipuler afin qu'elle rende les choses plus facile en disparaissant ?
Elle rompit le baiser pour le regarder déstabilisée.
« Elle m'a vraiment manipulée ? » Balbutia-t-elle sans réellement attendre de réponse.
Il émit un profond soupir de soulagement et un léger sourire se forma sur ses lèvres. Il posa son front contre le sien et inhala son odeur.
« Dieu merci tu t'en es enfin rendue compte. » Souffla-t-il sur son visage.
Une larme roula le long de sa joue tandis qu'elle se sentait plus que jamais minable. Comment avait-elle pu oser penser le quitter ? Elle l'aimait tellement que jamais elle n'aurait pu le faire.
Elle en aurait été détruite.
Edward qui sentit le corps de Bella se tendre sous ses mains s'écarta subitement et releva la tête pour la regarder.
« Tu pleures ? » Fit-il avec étonnement.
Elle secoua la tête, tentant de chasser les larmes qui coulaient sans qu'elle ne le veuille.
« Non. » Mentit-elle lamentablement. Il fronça les sourcils.
« Si tu pleures, je te vois. » Lui fit-il remarquer.
Il essuya un de ses larmes avec son pouce avant qu'elle ne le repousse pour le forcer à se relever afin qu'elle puisse s'asseoir. Il la regarda inquiet, tandis qu'elle luttait par tous les moyens de réfréner les sanglots qui montaient dans sa gorge et menaçaient de la trahir. Elle renifla disgracieusement et le regarda avec une profonde culpabilité.
« Excuse-moi. » Bafouilla-t-elle les yeux larmoyants. Il cligna des yeux plusieurs fois.
« Pourquoi es-tu désolée ? » Demanda-t-il incertain.
« Parce que je fais tout de travers ! » Se fustigea-t-elle. « Depuis que j'ai ces cauchemars, je perds les pédales, je fais n'importe quoi, pense n'importe quoi, dis n'importe quoi… »
« Bella… » Il posa ses mains sur ses épaules pour tenter de la calmer, comprenant que ses nerfs étaient en train de lâcher. Elle secoua la tête impétueusement.
« Je suis complètement perdue Edward ! » Lâcha-t-elle finalement, la voix pleine de trémolos. « Je ne sais plus du tout ce que je dois croire, ni ce que je dois faire… j'ai l'impression que ça ne cessera jamais, on est sensés tenir cinq mois avant le procès, comment suis-je supposer y arriver ? J'en peux déjà plus ! Sans parler de tous ces rêves qui m'empêchent de dormir… »
« Chut, calme-toi. » Susurra-t-il en la prenant dans ses bras pour la réconforter. « Calme-toi. » Répéta-t-il d'une voix douce.
Elle se laissa aller à ses larmes qu'elle retenait depuis bien trop longtemps et craqua. Il lui caressait les cheveux pendant qu'elle pleurait contre son torse bruyamment. Il attendit le temps qu'il fallait, sachant qu'elle était épuisée physiquement et moralement. Éventuellement il l'entraina à se rallonger et se cala sur les oreillers tandis qu'elle avait la tête reposée sur lui, ses sanglots étant devenus plus silencieux. Le temps s'écoula et ils ne bougèrent pas, toujours allongés sur le lit sans dire un mot. Elle se serrait contre lui, ne voulant pas s'éloigner une seconde et il avait ses bras refermé autour d'elle, embrassait son front par moments… Cela aurait pu être un instant de pure plénitude, si ça s'était produit à une autre époque, à un autre lieu, dans d'autres circonstances bien différentes.
« Tu étais horrible. » Murmura-t-elle au bout d'un moment. Il baissa la tête pour la regarder avec étonnement. « Tu disais que tu me détestais, que tu regrettais de m'avoir rencontrée, que tout était ma faute… »
Edward comprit qu'elle parlait des rêves qu'elle faisait.
« Qu'est-ce qui est de ta faute ? » S'enquit-il.
« Ce procès. Tu étais devenu odieux avec moi parce que tu pensais que j'étais responsable du fait que tu avais envoyé ton propre père en prison. Je ne te reconnaissais plus, tu n'étais plus que l'ombre de toi-même. »
Edward soupira de lassitude et raffermit sa prise sur elle, comme pour s'assurer de sa présence.
« Ce ne sont que des rêves Bella. » Essaya-t-il de rassurer. « Jamais, tu m'entends ? Jamais je ne te tiendrai responsable de quoi que ce soit. Je ne considère pas Carlisle comme mon père, c'est moi qui ai pris la décision de l'envoyer en taule, mais ce n'est en rien de ta faute. »
« Mais ça avait l'air tellement vrai… » Contra-t-elle faiblement. « Si tu savais Edward… j'avais vraiment l'impression que cela pouvait être notre futur, tu avais l'air tellement réel et en même temps tellement différent… C'est comme si j'étais vraiment en train de le vivre. » Sa voix se brisa à la fin de sa phrase en imaginant un jour devoir affronter la haine et la colère de l'homme de sa vie.
« Ça m'a fait un mal de chien à chaque fois. » Continua-t-elle, quelques larmes perlant au coin des yeux. « Et je me dis que si ça me fait aussi mal en rêve… » Elle remonta son regard vers lui et le scruta. « Alors je ne veux pas imaginer que ça peut me faire dans la réalité. »
Il la regarda avec intensité et posa une main sur sa joue tendrement.
« Tu n'auras jamais à vivre ça Bella. » Jura-t-il d'une voix tout ce qu'il y a de plus sérieuse. « Je t'en fais le serment. »
Elle lui fit un maigre sourire, priant pour qu'il ne rompe jamais cette promesse.
« Tu sais… » Enchaina-t-il avec hésitation. « Je ne fais pas ça pour toi. » Avoua-t-il soudainement.
Elle le regarda indécise et déconfite.
« Ah non ? »
Il secoua la tête avec un léger sourire au coin des lèvres.
« Non. » Confirma-t-il. « Il y a énormément de choses que je fais en fonction de toi, parce que tu es celle avec qui je compte passer le restant de ma vie, que je ferais n'importe quoi pour toi et que tu ne quittes jamais mes pensées un seul instant. »
Bella avait la bouche entrouverte, sa lèvre inférieure tremblant légèrement et les joues empourprées devant cette déclaration qui ne semblait pas l'avoir perturbé, comme si pour lui c'était une phrase ordinaire de tous les jours alors que pour elle il s'agissait d'une phrase magnifique.
« Mais ça… » Continua-t-il imperturbable. « Ça je le fais pour moi. » Déclara-t-il avec certitude.
Bella s'octroya alors un sourire plus prononcé. Edward venait en quelques minutes de réduire ses craintes et ses doutes à néant. Il n'essayait pas de faire tomber son père pour elle, elle n'était donc pas la cause de toute cette situation pourrie. Du moins elle ne l'était pas entièrement.
« Donc ça ne tenait pas qu'à moi ? » Dit-elle avec une moue amusée. Il secoua la tête en souriant.
« Non désolé. » Répondit-il sur un ton léger.
Elle l'embrassa à la commissure des lèvres puis reposa sa tête sur son torse, soupirant de bien être en fermant les yeux.
« Je n'étais pas d'accord avec ce procès parce que je pensais que tu le faisais pour les mauvaises raisons, et parce que je pensais être la raison de vos discordes. Mais si ça compte pour toi et que tu te sens vraiment prêt à aller jusqu'au bout, alors je suis avec toi. Et je serai là pour te tenir la main lorsque le verdict sera rendu le jour du procès. » Promit-elle les yeux toujours clos.
Il ferma les yeux à son tour, profitant de cet instant de sérénité qui ne durerait pas longtemps.
« Merci de me l'avoir dit. À propos de tes rêves. » Précisa-t-il. « C'est important pour moi. J'avoue que tu aurais pu m'en parler plus tôt mais… j'imagine qu'on ne peut pas trop t'en demander, Mademoiselle je suis une tête de mule. »
Elle rit brièvement.
« A vrai dire je me voyais mal te parler de ça. Je me voyais mal en parler à qui que ce soit de toute façon. C'est un peu comme toi qui refuse d'admettre que tu aimes encore tes parents et que ce procès de te fait mal… » Observa-t-elle en faisant référence à la conversation qu'elle avait surprise entre lui et Kate la veille.
Edward rouvrit les yeux et sentit la culpabilité l'envahir.
« Euh… ouais d'ailleurs à ce propos… » Fit-il embarrassé.
« Inutile. » Le coupa-t-elle simplement. « J'ai pas envie d'en reparler. »
Il resta silencieux, n'arrivant pas à se défaire du souvenir de la maladresse qu'il avait commise.
« Tu sais que je t'aime plus que tout. » Crut-il bon d'ajouter. Elle hocha la tête, sans jamais rouvrir les yeux.
« Je sais. » Murmura-t-elle d'une voix ensommeillée. « Et je sais que Kate est ta meilleure amie et que c'est normal que tu sois plus ouvert avec elle à propos de choses personnelles… »
« Mais… » Fit-il en sachant qu'il y avait un « mais » dans sa phrase. Elle sourit.
« Mais j'imagine que je suis un peu jalouse. » Avoua-t-elle. Il écarquilla les yeux étonné.
« Jalouse ? Pourquoi ? » S'enquit-il troublé.
« Parce que j'aurais aimé être celle avec qui tu partages tout. » Confia-t-elle à demi-mots.
« Tu es déjà celle avec qui je partage tout. » Fit-il remarquer.
« Tu sais très bien ce que je veux dire. » Soupira-t-elle.
« Oui et justement. » Objecta-t-il. « On partage vraiment tout, si bien que je n'ai même pas besoin de parler de ce que je pense parce que tu le sais déjà. Tu sais même ce que je ressens mieux que moi. »
« J'aurais plutôt dit que c'était l'inverse. » Marmonna-t-elle sceptique, ce qui le fit rire.
« Au contraire, je trouve que t'es une fille vraiment compliquée. » Souligna-t-il.
« T'as pas eu trop de mal à me percer à jour en tout cas, Monsieur l'Inspecteur. » Dit-elle en roulant des yeux.
Il secoua la tête d'amusement face à ce petit sobriquet qu'il avait toujours apprécié de la part de Bella. Un nouveau silence se fit dans la pièce, uniquement perturbé par leur respiration calme et détendue.
« Je crois que je vais m'endormir. » Murmura-t-elle, se sentant déjà partir dans le sommeil, chose qu'elle trouvait idiote dans la mesure où elle venait tout juste de se réveiller. Cela dit elle avait abandonné depuis longtemps l'idée de chercher à comprendre ses émotions ainsi que le fonctionnement de son cerveau.
« T'es pas la seule. » Fit-il remarquer les yeux fermés.
Elle se serra contre lui et se cala de sorte à être confortable. Il avait arrêté d'effectuer des cercles dans son dos avec sa main, s'endormant progressivement pour rattraper la nuit blanche qu'il avait passée.
« Bella ? » Appela-t-il avant d'être vraiment plongé dans le sommeil.
« Hmm ? » Baragouina-t-elle.
« Je ne veux plus jamais que tu parles avec ma mère. » Interdit-il sans réplique.
Elle eut un rire bref et ensommeillé, avant de finalement parvenir à s'endormir complètement. Il la rejoignit quelques secondes plus tard, tous les deux aspirant à un espoir d'une vie meilleure.
…
« Regardez-les… » Murmura Alice dans l'encadrement de la porte menant à la chambre de Bella. « Ils ont l'air complètement épuisés. »
« Alice… » Appela Jasper pas convaincu. « Tu ne crois pas qu'on ne devrait pas les espionner pendant qu'ils dorment ? »
« Pour une fois je suis d'accord avec Richemond. » Fit remarquer Emmett. Jasper le lorgna.
« Arrête de m'appeler comme ça tu veux ? » Râla-t-il.
« Tu préfères que je t'appelle Clodo ? » Ironisa-t-il.
« Les gars… » Soupira Rosalie avec désespoir.
« Mais qu'est-ce que vous foutez ici ? » Rouspéta Charlie qui revenait de la salle de bain et les voyait devant la porte de Bella. « Dépêchez-vous de descendre bande d'imbéciles ! » Chuchota-t-il énervé.
« Désolée. » S'excusa Alice penaude.
« Si je comprends bien ils ont fini de se disputer… » Devina Emmett. « C'est nul, j'aurais voulu un peu plus d'action… »
Rosalie lui colla une tape derrière la tête tandis qu'ils descendaient les escaliers. Emmett gémit et se frotta l'arrière de la tête en soupirant. Ils trouvèrent Kate assise sur les genoux de Garrett, dans le salon en train d'utiliser un ordinateur portable.
« Qu'est-ce que vous faites ? » Demanda Alice curieusement.
Kate releva la tête avec gêne.
« A vrai dire… » Murmura-t-elle embarrassée. « Je cherche une idée de destination pour Edward et Bella. »
Tout le monde la regarda effaré.
« De quoi ? » S'exclama Charlie incrédule.
« C'est que ils en ont subi pas mal ces derniers temps alors… j'aimerais faire quelque chose pour eux. » Déclara-t-elle mal à l'aise. « Garrett a pensé à un voyage et je me suis dit que c'était une bonne idée de les faire sortir d'ici le temps d'un weekend. »
« Hors de question ! » Refusa Emmett catégorique, qui ne semblait pas du tout enclin à laisser sa petite sœur en compagnie de ce sale con sans surveillance. « Ils vont pas partir et nous laisser en plan tout un weekend ! »
« Non à vrai dire c'est une bonne idée au contraire ! » S'écria Alice enjouée.
« Ah bon ? » Fit Garrett, étonné d'avoir eu une bonne idée pour une fois.
« Bien sûr ! » Confirma-t-elle. « Vous avez vu dans quel état ils sont ? Un voyage ce serait super. »
« Je suis d'accord avec Alice. » Témoigna Jasper. « Les faire partir quelque part leur permettrait de relâcher la pression. »
« La Saint Valentin. » Annonça Rosalie.
Tout le monde se retourna vers elle avec étonnement.
« Hein ? » S'enquit Emmett perdu. Elle leva les yeux au ciel en soupirant.
« La Saint Valentin est dans une semaine, samedi prochain. Si vous voulez leur offrir un weekend c'est le bon moment. » Expliqua-t-elle.
« Ciel, comment j'ai pu oublier ça ? » Murmura Alice en se tapant le front.
« Peut être parce que t'as pas de petit ami. » Répliqua Emmett avec un large sourire. Alice lui lança un regard noir.
« Toi t'en as une et pourtant tu as oublié aussi. » Fit-elle remarquer.
« Sauf que moi je suis programmé pour oublier ces fêtes là. » Rétorqua-t-il fier de lui.
« Emmett devrait être comme Buzz l'Éclair. » Médita Rosalie. « Quand le modèle nous plait pas on peut appuyer sur « reset ». »
Alice éclata de rire, à l'instar de Charlie et de Jasper.
« Oh tu sais Rosalie, tu serais étonnée d'apprendre que quand il était petit Emmett aimait bien se prendre pour un Ranger de l'espace. » Apprit le paternel.
« C'était quoi la phrase déjà ? » Fit Alice hilare. « Jusqu'à l'infini et au-delà ? »
« Vers l'infini et au-delà ! » Rectifia Emmett bougon. « Et merci Papa pour cette anecdote. » Grogna-t-il tandis que tout le monde rigolait.
« Il avait même son auto-réveil Buzz l'éclair ainsi que la couverture ! » Renchérit Charlie.
Rosalie regarda Emmett avec amusement pendant que celui-ci lançait un regard assassin à son père, avant de voir que Jasper aussi rigolait, ce qui l'énerva.
« Ça te fait rire le blond ? » Lâcha-t-il rageur. Jasper ne s'arrêta pas.
« Bah eh, c'est pas moi qui me prenais pour Buzz l'éclair quand j'étais gosse. » Répondit-il sans peur. Emmett le toisa sévèrement.
« Non c'est sûr, toi tu devais sûrement te prendre pour Rothschild. » Rétorqua-t-il sarcastique.
« Bon ça suffit. » Clama Charlie qui voyait comme de l'eau dans le gaz. « Revenons-en au sujet de ce voyage. »
« Y a un truc que vous semblez tous oublier. » Rappela Emmett. « Comment vous voulez leur payer un voyage ? On n'a même pas assez d'argent pour aller au McDonald ! »
« Ça c'est une bonne question. » Accorda Charlie. « Parce que je doute qu'on arrivera à bien loin même en y mettant tous de notre poche. »
« Il me reste un peu d'argent de mes ventes de vêtements. » Annonça Alice.
« Tu devais les garder pour les courses. » Fit remarquer Emmett.
« Et moi il doit m'en rester dans mon portefeuille. » Dit Jasper.
« T'as de l'argent et tu continues à pioncer chez nous ? »
« Emmett ! » S'exclama son père outré. « Je peux savoir ce qui te prend ? »
« J'ai pas envie de laisser Bella partir avec lui, c'est tout ! » Déclara-t-il énervé.
« T'es désespérant ma parole… » Marmonna Rosalie en roulant des yeux.
« Tu devrais laisser Edward un peu tranquille. » Conseilla Garrett calmement. « Il en bave déjà suffisamment, et Bella aussi. »
« Ma sœur en baverait pas autant s'il était pas là justement. » Répliqua-t-il acerbe.
« Je crois pas qu'il ait vraiment voulu ça. » Dit Alice tristement.
« Laissez tomber. » Soupira Rosalie. « En vérité le problème ne vient pas de là. Ce qu'Emmett n'arrive pas à supporter c'est que sa petite sœur chérie ait quelqu'un d'autre pour la protéger. »
« Ça n'a rien avoir ! » Réfuta-t-il. « Et puis Edward la protège vachement tiens, au point qu'elle a carrément disparu la nuit dernière. »
« Pour en revenir à ce voyage. » Interrompit Charlie d'un ton las. « Je crois qu'Emmett a raison, on ne peut pas se permettre de leur offrir quoi que ce soit. »
« Ce ne sera pas nécessaire. » Contra Kate en se relevant et en remettant l'ordinateur à son compagnon. « Disons que j'avais pris la décision de leur offrir moi-même. »
Tout le monde ne pipa mot, Alice avait la bouche grande ouverte et Emmett clignait des yeux plusieurs fois.
« Euh… » Intervint le patriarche embarrassé. « Ma puce, c'est extrêmement généreux de ta part mais ce n'est pas à toi de faire ça et je ne peux accepter. »
« Au contraire Charlie. » Sourit-elle. « Edward est mon meilleur ami et j'aime beaucoup Bella. J'ai envie de faire ça pour eux. Et puis mes parents pensent que j'ai quitté Garrett donc je suis toujours pleine aux as. » Rit-elle.
« Ne cherchez pas à l'en dissuader. » Emit Garrett de son fauteuil. « Je la connais et quand elle est obstinée rien ne l'arrête. »
« Je ne sais pas quoi dire… » Murmura Charlie avec incertitude.
« J'y tiens vraiment. » Insista Kate avec des yeux suppliants. « Par contre j'aurais un petit service à vous demander.
« J'en étais sûre… » Soupira Emmett. « Y a toujours une contrepartie. »
« Toi tu regardes trop les séries américaines. » Devina Jasper.
« Tout ce que tu veux. » Répondit Charlie à Kate. Celle-ci le regarda hésitante.
« J'aimerais que vous ne leur dites pas que j'ai payé seule ce voyage et que vous fassiez croire que vous y avez tous contribué. »
Emmett fronça les sourcils, une habitude qu'il avait prise de son beau frère.
« Alors là je comprends plus rien. » S'exclama-t-il paumé.
« Pourquoi ? » Demanda Alice qui ne comprenait pas non plus. Kate eut un sourire amusé.
« Parce qu'Edward me tuerait s'il l'apprenait. Et puis tel que je le connais il chercherait même à me rembourser. »
Jasper se mit à rire.
« Ça c'est bien vrai. »
« Ça me semble juste. » Accepta Charlie. « Mais sache qu'au nom de ma famille je t'offre toute ma reconnaissance. » Fit-il avec gratitude.
Kate secoua la tête avec un léger sourire.
« Je vous assure que ce n'est pas grand-chose. »
« Ça l'est pour moi. » Contredit-il.
« Bon alors, où est-ce qu'on les expédie ? » Lança Garrett à la volée.
« Je ne sais pas, y a pas un endroit où Bella aimerait aller ? » Demanda Kate avec curiosité.
« Je sais où Bella rêve d'aller ! » S'exclama Alice avec jovialité.
« Comment tu peux savoir où elle veut aller ? » S'enquit Emmett surpris.
« Je suis sa meilleure amie je te rappelle. Elle me dit tout. » Dit-elle avec fierté.
« Donc… » Pressa Garrett qui s'impatientait, l'ordinateur sur ses genoux.
Alice étira ses lèvres en un sourire pire que Colgate et se mit à sautiller en tapant dans les mains avec allégresse.
« New York ! » Cria-t-elle.
Un mois plus tôt – Seattle, deux jours avant le deuxième meurtre
L'homme déplia son journal, regarda dans la rubrique fait divers avec attention, comme s'il s'attendait à ce qui allait être marqué. Il lut attentivement l'article qui l'intéressait, un sourire satisfait sur le visage.
« Voilà qui est parfait. » Déclara-t-il d'une voix enchantée. « La police a foncé droit dans le piège que je lui ai tendu. Ils disent que ce sont les ours échappés du Woodland Park Zoo qui ont accidentellement tué cette petite garce. »
Quelques rires raisonnèrent dans la pièce, l'ambiance ayant l'air de s'être drôlement détendue à l'annonce de cette nouvelle qui ravissait toutes les personnes présentes.
« Vous vous rendez compte que vous avez pris un gros risque en tuant cette fille ? » Demanda l'un d'eux qui semblait légèrement sceptique quant à cette histoire.
L'homme d'un certain âge releva la tête du journal et le toisa avec une dureté sans faille, le regard noir et menaçant.
« Je n'avais pas le choix. » Se défendit-il. « J'ai bien essayé de me montrer patient, de lui laisser une chance de s'en sortir indemne. Mais elle n'en a fait qu'à sa tête. Elle a continué à s'entêter de cette manière et je n'ai eu d'autre choix que de régler le problème. Elle voulait m'anéantir, je devais trouver un moyen de la faire taire avant qu'elle ne puisse parler. » Termina-t-il avec un sourire légèrement sadique.
« J'aurais voulu ne pas en arriver là cependant. » Enchaina-t-il avec une moue qu'on aurait pu croire triste, si ses yeux n'étaient pas emprunts à de l'amusement. « Après tout… c'était une jolie fille. Une très jolie fille que j'aurais bien voulu faire taire d'une autre manière si vous voyez ce que je veux dire. » Ricana-t-il de façon dédaigneuse.
Certains des acolytes rirent à leur tour.
« Où avez-vous mis les preuves ? » Demanda un autre avec un profond intérêt.
L'homme sourit.
« En lieu sûr. » Affirma-t-il avec conviction.
D'après ce qu'on lui avait rapporté, l'inspecteur chargé de l'affaire n'était autre qu'Edward Cullen et il semblerait que ce dernier ne croit pas du tout à la théorie de l'accident provoqué par l'échappade des ours du Woodland. Mais il savait également qu'il avait le procureur dans la poche et que Cullen ne pouvait rien faire en étant tout seul. De plus, d'après des sources fiables, le jeune inspecteur allait subir sous peu le courroux d'un paternel très en colère et par conséquent, l'affaire concernant ce meurtre n'allait plus être sa priorité du moment. Voilà qui arrangeait pas mal ses affaires… Avec Cullen mis sur la touche, cette affaire allait finalement passer à la trappe. La preuve, on commençait déjà à en parler dans les journaux locaux comme étant une attaque d'ours.
« Eh patron ! » Aboya le dernier homme qui n'avait pas encore dit un mot.
L'homme tourna alors sa tête vers celui qui avait parlé et haussa un sourcil interrogateur. Ce dernier s'approcha du bureau et déposa une multitude de clichés, toutes concernant un seul et unique homme.
« Et pour celui là on fait quoi ? Il commence à nous poser des problèmes. »
L'homme parcourut les photos avec application et lorsqu'il les eu toutes vues, ses lèvres s'étirèrent en une moue désapprobatrice.
« Je vois en effet qu'il ne sait vraiment pas rester à sa place. » Concéda-t-il avec contrariété.
Les photos montraient un jeune homme brun, mettant son nez là où il ne fallait pas.
« Il n'a pas l'intention de s'arrêter. » Apprit celui qui avait déposé les photos. « D'après ce que j'ai compris elle lui avait fait part de ses soupçons avant d'être tuée. Je crois qu'il a tout compris. »
L'homme soupira de déception, avant de prendre une cigarette, de la porter à sa bouche et de l'allumer. Il tira une latte, l'air songeur, puis recracha la fumée en regardant son détective privé avec attention.
« Que voulez vous que je fasse ? » Demanda-t-il sèchement, presque énervé. « Ce n'est pas à moi de m'occuper de ça ! Il fallait vous y prendre avant et trouver un moyen pour qu'il arrête de foutre son nez dans MES affaires ! » Incendia-t-il, avant de tirer une nouvelle latte de sa cigarette, l'air anormalement calme après avoir élevé la voix.
Le pauvre détective se gratta la gorge avec embarras, le regard plein d'excuses.
« Pardon patron, mais je crois que c'était impossible à prévoir. De toute évidence il savait qu'on l'épiait. »
« Et manifestement il aurait fallu que vous l'épiiez mieux que ça. » Constata l'homme à la cigarette avec ironie, le visage réprimandant.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Demanda alors l'un des deux autres acolytes pour revenir au sujet principal.
L'homme tira une longue latte de sa cigarette, comme pour prolonger ce moment silencieux et faire grimper la tension qui régnait déjà dans la pièce. Puis il se leva, et leur tourna le dos, en proie à un profond dilemme.
« Euh patron ? » Rappela l'un des trois hommes à l'ordre.
Le dit patron ne se retourna pas, se contentant de finir sa cigarette tranquillement, avant de l'émietter sur le cendrier posé sur l'étagère en face de lui. Il prit une longue inspiration, avant de finalement se résoudre à parler.
« Laissez-lui encore deux jours de répit. Essayez de le conduire en erreur, faites tout ce qu'il faut pour qu'il arrête de chercher là où il ne doit pas fourrer son nez… »
« Mais il ne… » Tenta l'un d'eux.
« Je m'en fiche ! » Tonna-t-il sévèrement. « Faites ce que je vous dis, c'est pour ça que je vous paye ! »
Un silence reprit tandis que celui qui avait parlé se fustigeait mentalement.
« Désolé. » S'excusa-t-il.
L'homme soupira pour se calmer, il détestait se mettre en colère et hausser le ton. Pour lui la plus honorable des paroles était celle qui était prononcée avec calme et sérénité.
« Comme je le disais donc, laissons-lui deux jours. » Reprit-il avec une voix basse. « Et si jamais il continue à nous poser des problèmes… »
Un sourire cruel et anticipateur prit alors place sur son visage, que ses trois employés ne purent voir tandis qu'il était de dos.
« Il faudra s'en occuper. » Conclut-il alors, de façon non négociable.
Merci à ma Sister chérie d'amour pour avoir relu et corrigé ce chapitre :D
Alors petite précision pour la dernière scène qui est des plus spéciales :
Je rappelle que ça s'est déroulé deux mois avant le moment présent de la fiction, et vous devez vous douter que l'homme dont ils parlent sur les photos n'est autre que le deuxième mort retrouvé, donc on en conclut qu'ils se sont bel et bien"occupés" de lui à leur manière xD
Edward avait donc raison, il s'agit bel et bien de deux meurtres, maintenant le tout est de savoir qui en est le commanditaire et pourquoi, même si je me doute que vous devez déjà avoir votre petite idée sur la question ^^
Le prochain chapitre sera une sorte de break car il s'agira de leur weekend à New York, et puis il ne reste plus que 6 chapitres avant la fin, donc soyez rassurés il n'y aura plus de moment drame. Les prochains chapitres seront principalement consacrés au procès et à l'enquête d'Edward sur ces meurtres.
Sur ce, je vous souhaite de très bonnes vacances et n'oubliez pas de laisser un commentaire en partant ;)
Votre Dévouée Popolove
