Warning : Heu... Il y a un petit passage safe au début, sinon les trois quart du chapitre comportent des allusions plutôt (très) explicites (KnaD, celui-là n'est pas pour toi :o).


Dérapage (Itachi, début mai)

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Je sors du parking du parc avec une sensation d'impatience. Impatience de me poser tranquillement, chez moi, après trois jours d'absence, et de retrouver Sasuke.

Ce weekend d'entraînement avec les Nara était intéressant mais loin d'être de tout repos. Nous étions dans leur domaine à deux heures de la capitale, un terrain de jeu de quelques centaines d'hectares de prairies et forêts privées. L'objectif était de connaître précisément les capacités de l'autre Clan pour être efficaces et réactifs sur le terrain, donc nous avons tourné avec différents binômes quasiment sans pause pendant deux jours. Leurs capacités de manipulation des ombres -offensives, disparition, téléportation...- sont redoutables et déstabilisantes et nous avons dû nous donner à fond tout le long.

La réunion de clôture de ce lundi s'est miraculeusement terminée en fin de matinée. Puisque j'étais déjà excusé auprès de la fac et que mon père n'avait rien prévu pour l'après-midi, j'ai proposé à Neji qu'on se retrouve pour passer enfin un moment ensemble, à tout hasard. Il m'a assuré qu'il était toujours partant et il a réussi à se libérer sans trop de mal. Nous nous sommes donc mis d'accord pour un parc tranquille en périphérie de la capitale, l'occasion de faire un footing - à peu près la seule activité que nous avons partagé pendant nos cours - et de parler librement.

Ça nous a pris un peu de temps pour sortir du cadre formel et réduire cette distance un peu froide que nous avons toujours maintenue entre nous, mais courir ensemble a aidé à détourner l'attention. Nous avons commencé par parler de Kage-High et de ma dernière année là-bas, celle qu'il n'a pas pu suivre, puis de notre rôle d'héritier, de certaines de mes expériences et des siennes, de quelques difficultés...

C'était à la fois surprenant et très intéressant. En fait, j'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami perdu de vue, qui aurait juste beaucoup changé entre temps. Et les changements sont clairement visibles : c'est dans son Aura qui impose sa place, dans son regard porteur d'une lueur de défi, dans cette prestance devenue naturelle... Il est passé d'un statut d'Alpha respecté et de soutien stratégique à celui d'héritier légitime d'un Clan ninja ancestral, ce n'est pas anodin.

Nous avons parlé comme des égaux, sans prise de tête ni a priori, un partage instructif pour nous deux. Une demie journée n'a pas fait de nous des confidents intimes, nous n'avons pas abordé les problématiques du Clan Hyûga en détails non plus, mais c'est un début prometteur.

Shikamaru est très compétent et j'ai une totale confiance en lui pour la mission de cet été mais je ne sens pas particulièrement d'atomes crochus avec lui sur le plan personnel. Par contre, ça pourrait être différent avec Neji et nous nous sommes quittés avec l'idée de remettre ça prochainement.

J'entre dans la zone Bêta avec toujours cette petite vrille impatiente dans le ventre. En fait, plus je me rapproche et plus ça devient une sorte d'impression diffuse, une tension légère mais suffisamment marquée pour mettre en alerte mon instinct. Étrange...

J'arrive dans notre avenue et je sens mon filament avec Sasuke se tendre, venant me chercher de lui-même, indépendamment de nos volontés et de nos capacités, d'un peu plus loin que d'habitude. Je crois comprendre... Je me dépêche de me garer et de rejoindre l'immeuble. Oui, ça devient évident, je sens notre lien gagner en épaisseur et en vibration, un état caractéristiques de cette période. Au deuxième étage, l'odeur vient s'en mêler, celle de mon frère, ou plutôt de ses phéromones.

Est-ce que mon impatience -que je sens depuis ce matin, à bien y réfléchir- était en partie due une sorte d'appel instinctif de Sasuke ? Je ne suis pas censé être sensible à quoi que ce soit venant de lui à distance, mais nos instincts sont un peu plus liés que de simples frères, alors peut-être qu'il y a quelque chose qui passe quand même.

Je fronce les sourcils. Je n'aime pas l'idée d'avoir été absent pour le début, j'espère qu'il va bien... C'est difficile de s'organiser avec des chaleurs qui se déclenchent aussi aléatoirement. Est-ce que lui arrive à pressentir quelque chose de son côté ou bien ce sont toujours des coups de bol qui font qu'elles tombent sur des semaines où il est à l'appartement ?

Je m'empresse de parcourir les derniers mètres et j'ouvre la porte de notre appartement.

Je laisse tomber mon sac au sol en refermant la porte, j'entends déjà ses pas venir du salon, je me retourne, il apparaît sur le côté du paravent... et j'ouvre les bras juste à temps pour le réceptionner. En caleçon et t-shirt.

Il passe ses mains sous ma veste pour m'enlacer fermement et il plonge son nez dans mon haut.

- Itachi... murmure-t-il.

Je le serre un peu plus fort et je l'enveloppe de mon Aura.

- Je suis là... soufflé contre ses cheveux. Depuis quand elles ont commencé ?

- Hier, mais ça monte plus vite que les dernières fois...

Je sens effectivement déjà en lui le maelström d'émotions, le désordre de ses ondes, le tourbillon de phéromones... Je prends une grande inspiration, une bouffée de lui, même si mon esprit devient flou et mon instinct presque euphorique.

- Pourquoi... tu ne m'as pas appelé ? demandé-je d'un peu loin.

- Je savais que tu allais bientôt rentré, ça ne servait à rien de te déranger.

Il remonte son nez dans mon cou et le frotte, doucement, pour me respirer, pour me... lécher... ? Un frisson me traverse et je me redresse en réalisant que j'ai un peu penché la tête en arrière pour lui laisser de la place.

Je récupère son visage entre mes mains pour l'éloigner et le regarder.

J'aime le voir comme ça, moite, les joues rosées, les pupilles dilatées, l'air un peu hagard... Non, je ne devrais pas aimer ça. Ou si ? Ce n'est pas si grave, je ne fais que le regarder, et puis c'est surtout que j'aime qu'il se sente libre d'être lui-même. Et le sentir aussi, mais son odeur m'a tellement manqué pendant trois jours... Elle est partout, délicieuse, rassurante, réchauffante, mêlée à ses phéromones qui me font frémir et qui appellent les miennes...

Je le laisse poser son front contre le mien et son souffle devient mon oxygène. Je ferme les yeux et je prends une nouvelle inspiration. A moi. Je me sens vivant et fort avec son corps chaud en contact, encore plus en contact, ses lèvres douces au bout des miennes, leur texture moelleuse et légèrement humide, le contact du bout de sa langue, cette moiteur électrisante... Tout de lui est là, dense, vibrant, remplit d'amour et d'un appel impérieux. Je suis là, mon Oméga...

Quelques neurones survivantes allument une petite alarme dans un coin de ma tête, juste assez pour me rendre compte que c'est trop, trop vite, trop intense. Je me force à me concentrer pour pouvoir vérifier par moi-même, même si cette langue intrépide est la meilleure chose que j'ai jamais goûté, que ce corps souple ondule avec bonheur sous le mien, que ces fesses rondes et fermes remplissent parfaitement mes mains...

Oooh, non, ça ne va pas du tout !

Je me recule brusquement et je m'arrache à Sasuke.

Avec l'impression d'y laisser un bout de moi.

- Arrête ! haleté-je.

Parce que même si c'est moi qui le plaque au mur, c'est plutôt lui qui mène l'échange et qui me tracte comme un aimant !

Sauf qu'il réagit très différemment de ce à quoi j'aurais pensé. Plutôt que de chercher à insister et revenir vers moi, ses yeux s'écarquillent dans un mélange de détresse et de tristesse.

- Ne me laisse pas... murmure-t-il.

Je sens toute la douleur dans sa supplique, sa réaction me transperce le cœur et m'incite à revenir vers lui encore plus fortement que son appel instinctif.

- Je... non, je ne te laisse pas, juste... tenté-je.

Nos Auras se cherchent, notre filament se tend, nos phéromones se répondent... Mais non, je ne peux pas, pas comme ça. Je serre les mâchoires et je recule d'un autre pas en tendant mon bras entre nous, faible symbole d'opposition.

- Je vais pendre un bloquant, affirmé-je avec un aplomb feint.

Ça ne prend pas. Je lis le sentiment d'abandon dans ses yeux, je vois à quel point mon rejet lui fait mal, je vois sa lèvre qui tremble et les larmes sur le point de déborder... Je me déteste pour ça, terriblement, mais j'ai assez de lucidité pour comprendre que c'est son instinct qui a pris le contrôle, que ma résolution est la bonne et que je me rattraperais dans très peu de temps. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça, j'ai parfaitement conscience d'à quel point c'est difficile de faire la part des choses.

Je me mords la lèvre et je gémis presque de désespoir en reculant encore.

- Je suis désolé... Je reviens tout de suite et je serais à toi autant que tu veux. Laisse-moi juste cinq minutes.

Je romps notre contact visuel avec l'impression de m'arracher les tripes et je me précipite dans la salle de bain.

Cinq minutes, juste le temps que le bloquant agisse.

Je déboîte presque le tiroir en l'ouvrant, heureusement que les pilules sont sur le dessus sinon je l'aurais retourné par terre. Mes mains tremblent pour piocher dans le sac, la pilule manque de m'échapper trois fois avant d'atteindre ma bouche, je m'étouffe presque en avalant ma gorgée d'eau tellement ma respiration est désordonnée...

Je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça, ni si ça m'appartient vraiment. Je ne sais pas si c'est mon instinct face aux chaleurs et cette pulsion vers Sasuke, son désespoir, mon désir intolérable à moi, l'horreur de lui faire du mal, ou même le non-sens de prendre cette fichue pilule alors que je pourrais juste... juste... Juste quoi ?

Non, c'est la seule solution. Je m'appuie sur le lavabo pour me stabiliser, je ferme les yeux et j'inspire profondément.

Je compte jusqu'à deux cent, lentement, et je laisse la chimie faire son œuvre.

Mon esprit s'éclaircit à mesure que ma sensibilité aux phéromones de Sasuke et à ses émotions diminue. Le bloquant n'inhibe pas mes émotions à moi, je suis toujours triste de lui avoir fait du mal, mais au moins je suis sûr que l'idée de le faire mien et ce désir viscéral font partie de mon instinct.

Jusqu'à présent, j'étais persuadé que mon instinct resterait sous mon contrôle quoi qu'il arrive, que je ne pourrais pas nous ancrer accidentellement, que je prenais le bloquant surtout pour ne pas être influencé par un désir instinctif particulièrement gênant... Maintenant, je n'en suis plus si sûr. L'appel de Sasuke est trop puissant.

Est-ce que c'est parce qu'il s'est rapproché de son instinct Oméga depuis quelques mois ? Ou bien parce qu'il accepte inconsciemment cette éventualité, celle que je le marque définitivement ? S'il a ne serait-ce que envisagé un jour l'idée qu'un ancrage entre nous serait sécurisant pour lui, son instinct a pu prendre ça pour une approbation et redoubler d'entrain... Il faudra qu'on remettre les choses au clair.

Je me suis laissé surprendre, je saurais être plus prudent à l'avenir. Au moins, pour cette fois, je vais pouvoir l'aider comme il faut.

Je compte à nouveau jusqu'à cent, pour être sûr, et je retourne précautionneusement vers la salle.

Je retrouve mon frère appuyé contre le canapé, la tête basse, se rongeant un ongle en reniflant discrètement et deux sillons humides sur les joues... Il les essuie rapidement en m'entendant revenir et il se gratte la gorge.

- Je suis désolé d'avoir réagi comme ça, c'était puéril...

Je soupire légèrement en m'approchant pour le prendre dans mes bras.

- C'est bon, Sas', j'ai ma part de responsabilité aussi. Mais c'est pas évident à gérer pour moi, alors essaye de te contenir aussi, ok ?

Bon, c'est un peu moins virulent et tranché que ce que j'avais imaginé mais on reviendra sur le sujet quand ses chaleurs seront finies, il est trop vulnérable et sensible pour l'instant.

Il acquiesce sans me regarder et m'entoure étroitement de ses bras. Je sens encore sa tristesse à travers mon Aura flasque, elle a largement surpassé son désir, jusqu'à ramener ses phéromones à un niveau très bas.

- J'ai un peu déconnecté et tes phéromones m'influencent aussi... tente-t-il de se justifier à travers mon t-shirt. Je pense que ça ira maintenant...

- Ok, alors on va pouvoir gérer ça tranquillement. Je suis tout à toi maintenant.

Je lui relève la tête pour lui embrasser le front et il me fait un petit sourire contrit. Puis il passe ses bras autour de mon cou et il s'aide du dossier du canapé pour passer ses jambes autour de ma taille et carrément grimper dans mes bras. Mes mains se retrouvent encore sur ses fesses... Mais sans la connotation sexuelle directe, ça me dérange beaucoup moins.

Il me fait un petit bisou sur la joue et pose son front sur mon épaule.

- On va où, petit koala ? demandé-je avec un sourire amusé.

- Ta chambre, marmonne-t-il avec un sourire dans la voix.

Je le porte jusqu'au lieu dit et je le dépose sur mon lit sans difficulté. Je ne l'ai jamais trouvé lourd mais c'est encore plus facile maintenant qu'on s'entraîne régulièrement aux portés ensemble, pour la danse. Il se laisse tomber sur le matelas et il se tortille jusqu'à se retrouver à peu près sous la couette, sur le ventre et le nez dans mon oreiller.

- Tu veux que je ramène un truc pour qu'on s'occupe ? proposé-je.

- Hn-hn.

- Heu... C'est une négation ?

- Hn.

Ce sont plus ses phéromones qui remontent nettement -déjà presque au même niveau que lorsque je suis rentré tout à l'heure- que la clarté de l'élocution qui m'indiquent la réponse. Je ne pensais pas qu'elles pouvaient faire un tel yoyo ! Apparemment, la meilleure chose pour l'occuper dans un avenir proche sera ce qui se trouve dans sa table de nuit...

Je vais récupéré le gode et je m'assois à côté de lui. Saint bloquant qui fonctionne à merveille, tout va bien.

Je pose ma main sur le bas de son dos, là où son t-shirt est déjà un peu relevé, pour créer notre lien et lui transmettre de l'apaisement. Aussitôt, il pousse un nouveau petit "hn" et il se décale un peu pour se coller à mes jambes.

- Je vais devoir interagir seulement avec ton dos et ton postérieur ou bien j'ai une chance de te voir en face ? fais-je en haussant un sourcil.

Il décolle sa tête juste assez pour que ses mots soient compréhensibles.

- J'aime l'odeur de ton oreiller... marmonne-t-il.

Je m'allonge à côté de lui en pouffant.

- Théoriquement, c'est aussi mon odeur et il se trouve que, par le plus grand des hasards, je suis juste à côté.

- Hn.

Je lui grignote l'oreille et lui souffle dans les cheveux jusqu'à ce qu'il se décide à bouger et alors il se retrouve enfin pelotonné contre mon torse. Je n'y peux rien, j'aime l'avoir comme ça contre moi, en sécurité.

- C'est pas mal aussi, concède-t-il après quelques secondes.

Sa respiration s'amplifie déjà, ses émotions et son énergie se remettent à tourner furieusement. Il s'agrippe un peu et je sens par-dessus tout ce sentiment de vertige qu'il a déjà essayé de me décrire tant bien que mal plusieurs fois. Je sais qu'il n'aime pas cette sensation de perdre pied et je sais aussi que c'est seulement grâce à moi qu'il accepte de lâcher prise. Ça me rend bêtement fier, ça me donne envie de tout faire pour l'aider...

Je ramène ma main sur son flanc et je la laisse là, juste en accompagnant mes vaguelettes d'apaisement avec mon pouce. Sasuke pose sa main sur mon avant-bras et le serre un peu, comme pour s'accrocher, ou alors par retenue, par hésitation, comme chaque fois au début d'une crise.

Il y a un moment de flottement. J'attends patiemment, attentif à ses fluctuations et ses besoins.

Plutôt que de m'inciter à descendre, cette fois il fait passer ma main sur ses côtes et remonte vers son estomac, puis son torse. Une petite excroissance ferme passe sous mes doigts et il laisse échapper un petit souffle interrompu en même temps qu'une vague de phéromones m'enveloppe, sans m'atteindre pour autant. Un téton ? Il arrête ma main à cet endroit et il avance son torse vers moi, laissant peu de doute à ce qu'il aimerait.

Je passe mon pouce sur le petit bout durci et sa respiration se rapproche très vite du halètement. Ses phéromones ne me font rien mais... je sens tout de même son plaisir dans notre lien. Oh... Oui, je le sens très bien. Je recommence une fois, deux fois, et je sens à chaque contact la vague énergétique qui le traverse de haut et bas et qui va alimenter cet ouragan sensoriel qu'il me partage.

Est-ce qu'il l'a déjà fait avant ? Surement, l'idée n'a pas dû apparaître soudainement. Alors quand ? Quand il était seul, pour essayer, allongé dans son lit... Non, non, non, qu'est-ce qu'il me prend de penser ça ? Ça ne me regarde pas ! Je chasse l'image suggérée par mon esprit. Je suis là pour l'aider, c'est tout.

Je prends le petit bout durci entre mon pouce et mon index pour le vriller doucement...

Who ! Je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi fort ! Est-ce qu'il a vraiment... couiné ? Ça a explosé et son plaisir crépite encore à travers notre lien, il crépite en moi, il brouille mes sensations... Je me recule un peu, autant physiquement que énergétiquement, pour garder les idées claires. Sauf qu'il se recolle aussitôt à moi en broyant pratiquement ma main.

- Hé, doucement, protesté-je en tentant au moins de sauver mes pauvres phalanges.

Il me sort un marmonnement plaintif que j'identifie plus ou moins comme une volonté que je continue, mais il accepte de desserrer sensiblement sa poigne.

Je sais que les mamelons sont sensibles chez les femmes mais ça ne me serait pas venu à l'idée que ses petits tétons à lui le soi autant. Moi ça ne me fait pas grand-chose à cet endroit là...

Je l'ai déjà vu torse nu plusieurs fois mais je ne m'étais jamais attardé sur les différences subtiles entre nous à ce niveau. Maintenant, je sens bien au bout de mes doigts une petite boule de quelques centimètres de diamètre aplatie contre ses pectoraux, je sens la peau souple et large de l'aréole et aussi la pointe plus développée qu'un homme "normal". Ça me rend définitivement curieux... Est-ce qu'il accepterait de me montrer à tête reposée ? Je secoue la tête intérieurement. Non, ça serait bizarre. Je n'aurais jamais demandé ça à ma sœur.

Sasuke s'éloigne brusquement de moi. J'ai à peine le temps d'être surpris que son t-shirt vole dans la pièce et qu'il se recolle contre moi, sur le dos cette fois, les yeux fermés et la respiration saccadée.

Je me redresse sur mon coude et mon autre main se retrouve d'elle-même sur son ventre ferme, sur sa peau un peu trop chaude, douce et pâle, à peine ombragée sous son nombril par un chemin de petits poils fins qui descendent plus bas. Oh, ceux-là aussi ne m'apparaissent que maintenant... Ils sont mignons. Depuis quand est-il devenu plus... homme ?

Je remonte mon attention sur ma précédent trouvaille, finalement déjà exposée à ma curiosité bien que la lumière tamisée ne permette pas une observation détaillée. Je me retiens d'aller explorer tactilement, parce que "pas d'initiatives de ma part, jamais". Heureusement, la main de mon frère se pose sur la mienne et m'incite à remonter. Et ce "heureusement" n'a rien à faire là ! Ça ne devrait pas me satisfaire moi !

Je ferais mieux de reculer encore, je ne suis pas dans le bon état d'esprit... Sauf que j'ai déjà épuisé mon capital de rejet tout à l'heure pour prendre le bloquant. Même si c'est justifié et de courte durée, savoir que je suis le responsable de sa détresse me rend malade. Je suis là pour l'aider, pour qu'il se sente bien et que cette période se passe au mieux, c'est le plus important.

Je reprends mes caresses sur ses aréoles gonflées et il n'a pas l'air gêné le moins du monde alors je prends même la liberté de regarder. Je les vois se crisper sous mes effleurements. Je vois les frissons s'enchaîner sur la peau au grain parfait qui les entoure, j'entends les soupirs tremblants lorsque je passe sur une extrémité hypersensible, quelque fois même accompagnés d'une légère cambrure du buste involontaires... Et je me sens frémir de l'intérieur en écho.

Bon sang, pourquoi c'est différent des fois précédentes ?! J'ai toujours senti son plaisir mais je n'y étais pas vraiment réceptif et là ça me complique sérieusement la tâche !

Je devine Sasuke se tortiller pour enlever son caleçon sous les draps, tâtonner sur le matelas à côté de lui pour attraper le gode, écarter largement les jambes... Une bonne partie de la couette se soulève dans le mouvement précipité et je remonte les yeux juste à temps pour éviter de le voir s'empaler d'un coup brusque sur l'engin. Mon imagination fait le travail à la place.

Sa vague de pur plaisir me frappe de plein fouet, je frissonne des pieds à la tête, il gémit, mon bas-ventre tourbillonne... Je pince un téton plus fortement, par réflexe, parce que c'est ce qu'il veut, et il se cambre contre moi, son torse sous ma main, sa hanche contre mon... érection ?

Ok, c'est encore pire que je le pensais !

Je ferme les yeux étroitement pour essayer de diminuer les stimulations et reprendre un peu pieds. Ça ne change rien. Tout à coup, j'ai très nettement conscience de son odeur à lui, de ses bruits de plaisir étouffés, de cette lèvre coincée entre ses dents et surtout de cette excitation si intense qui nous traverse par notre lien pas assez flou !

Respire Itachi, tout va bien. Tu es sous bloquant, ton instinct est faible, ignore le.

Ce n'est pas mon instinct. A ses dernières chaleurs, j'étais sous bloquant et ça n'a pas empêché que mon côté masculin se manifeste un peu trop clairement. Oh, alors en fait je l'ai déjà désiré à ce moment là ?

C'était rien du tout, à peine une réaction de deux minutes face à un stimulus physique très localisé, retombée dès l'arrêt du dit-stimulus. C'est pareil cette fois-ci.

Ce n'est pas pareil, il ne se frotte pas contre moi et il... il est tellement... beau et...

Sa chaleur, l'odeur de sa peau, sa moiteur, ses ondes éclatantes, ses rougissements, son abandon, ses soupirs, son corps offert, le bruit humide du gode qui bouge en lui... Je ne le regarde pas, pas vraiment, mais ça me vient quand même. Je n'arrive pas à contrôler mon érection, elle pulse de plus en plus fort. Je n'ai pas envie de le marquer, juste de... de... répondre à son envie, à son besoin, à mon besoin à moi, de... me mettre au-dessus de lui... entre ses jambes et...

Non, je n'y pense pas. Je n'y ai jamais pensé !

C'est parce que je me suis laissé aller à le toucher plus que nécessaire ! C'était une mauvaise idée de sortir de notre petite routine !

Focalise sur l'apaisement.

Oui. Je reprends mes caresses sur son torse, empreintes de calme, tout ce calme que je garde seulement pour lui. Le problème c'est que ça ne me calme pas moi et ses tétons sont tellement attirant quand ils rougissent et s'érigent entre mes doigts...

Je serre les mâchoires et je bloque autant que possible les transmissions dans mon sens pour ne pas le parasiter avec ma lutte interne. Et je me concentre surtout pour stopper les mouvements que mon bassin a commencé contre sa hanche de lui-même.

Je peux me contrôler, tout de même !

Il suffit que je pense à autre chose. Une grand-mère. Obèse. Oui, c'est pas mal. Avec des pustules et qui ne ce serait pas lavée depuis une semaine. Beurk. Je me force à garder l'image jusqu'à ce que mon érection ramollisse franchement et que j'arrive à prendre un peu de distance avec la situation.

Ce qu'il faut, c'est mettre un terme à cette crise au plus vite.

Je descends ma main entre ses jambes et je repousse la sienne doucement pour lui proposer de m'en occuper. Il me laisse faire aussitôt, il se relâche et écarte encore plus les cuisses. Voilà, en contrôle de la situation, c'est beaucoup mieux.

Je fais quelques mouvements pour chercher le bon angle. Je n'ai aucun mal à savoir quand je l'ai trouvé, il ne se retient plus du tout d'exprimer ses ressentis. J'aime qu'il soit lui-même sans restriction, j'aime encore plus sa confiance en moi...

Je commence un va et vient déjà rapide, parce que son excitation est exigeante et ne tolère pas l'attente. Ça me va très bien, il faut que ça se finisse. A chaque fois que je m'enfonce, une étincelle de plaisir explose dans son ventre et soulève son corps, son lubrifiant s'étale partout, j'en ai plein la main... et je prends soin d'ignorer tout ça. Tout comme la présence de cette entrée distendue, envahie et si désireuse que je pourrais toucher et remplir de mes propres doigts plutôt qu'avec cette pâle imitation phallique.

Non, ça n'aurait aucun intérêt.

Je continue à lui donner ce dont il a besoin, sagement, mon front contre sa tempe, même si ses gémissements résonnent dans mes oreilles et que ses vibrations extatiques remplissent la pièce.

Je sais que mon érection revient déjà, mais qu'est-ce que j'y peux ?

Il atteint un nouveau palier dans son plaisir. Il n'y a plus que lui qui compte. Je sais ce qu'il aime, ce qui fonctionne bien. Je bloque le gode en lui, l'extrémité renflée contre sa zone sensible, j'appuie plus fort en faisant de petites rotations. Il couine et se tortille, il se relâche un peu plus sur le matelas, ses hanches se soulèvent à peine et pourtant ses ondes sont de plus en plus denses, elles vrombissent...

Son corps est une mélodie en infini crescendo, un orchestre dont je suis à la fois le chef et le spectateur privilégié.

Son énergie orgasmique explose dans la pièce, sans un bruit, sans un souffle, alors que son corps se tend à l'extrême.

Je serre les dents pour ne pas me laisser emporter. Je résiste, encore et encore. Je crois que je suis aussi crispé que lui, d'une manière définitivement moins agréable. Je lutte en même temps pour encore lui bloquer mes ressentis et ne pas le perturber...

Et enfin la vague reflue, lentement, et ça devient moins douloureux, moins difficile, puis supportable.

J'attends quelques instants avant de retirer lentement le gode. Sasuke lâche un petit bruit de protestation, je pose mes doigts légèrement sur son entrée gonflée et glissante pour effacer l'inconfort avec une vague d'apaisement, puis je me rallonge mollement à côté de lui, je replace les draps sur nous et je me laisse envelopper par cette brume de plénitude bienfaisante.

Je suis déjà presque calmé. Voilà, j'étais juste influencé par les sensations de mon frère. Pas de désir malsain. Tout va bien.

.

Une sensation humide sur ma main me sort de ma somnolence.

Je suis un peu dans les vapes...

Je sors ma main de sous la couette pour observer cette étrange sensation.

Oh, je n'ai pas pris la peine de l'essuyer tout à l'heure et mes doigts sont recouverts de... lubrifiant. Je les agite lentement devant mes yeux. Ils brillent avec les reflets du coucher de soleil qui filtre par les rideaux. C'est assez... artistique.

Je fais glisser distraitement mon pouce sur mes autres doigts. C'est un peu visqueux, le genre de fluide qu'on ne trouve pas beaucoup ailleurs.

L'odeur est particulière aussi. J'approche mes doigts de mon nez pour mieux sentir. Oui, c'est plein de nuances, assez sauvage et entêtant, primitif... Ce n'est pas désagréable. Plutôt attirant, même. Voire très attirant.

J'inspire profondément en fermant les yeux pour m'en gorger et je me sens frémir agréablement. J'en ronronnerais presque.

J'ai déjà senti et goûté quelque chose de cette nature avec Shion, mais c'est tellement différent... C'est l'odeur d'Oméga mélangée à celle de mon frère. Est-ce que ça a le même goût ? Je ne pense pas que ça ai le même goût, ça doit être meilleur.

Je rapproche encore mes doigts pour goûter, du bout de la langue. Oui, bien meilleur... Mais il m'en faut plus pour être sûr, pour saisir les subtilités. Je lèche mon majeur sur tout le long, lentement. C'est plutôt prenant et fort de premier abord, puis ça s'adoucit jusqu'à devenir sucré, et ça laisse une note suave, une envie de plus. J'attaque mon index avec entrain. C'est stimulant, de toutes les manières possibles.

Un changement de vibration dans l'air me fait rouvrir les yeux et je tombe directement dans les prunelles interloquées de mon frère. Je prends subitement conscience de ce que je suis en train de faire et je sors aussitôt mes doigts de ma bouche.

Mon excitation retombe d'un coup. Je suis mortifié d'avoir laissé mon instinct -n'est-il pas censé dormir sagement, celui là ?!- prendre le contrôle pour faire quelque chose d'aussi inapproprié. Bon sang, pourquoi il ne comprend pas que c'est mon frère devant moi et pas juste un mignon petit Oméga mature et disponible ?

- Désolé... murmuré-je, au comble de la gène.

Dans un élan de couardise qui ne me ressemble pas, je me retourne pour enfouir mon visage dans l'oreiller, sans même retenir le gémissement dépité qui me monte dans la gorge.

J'entends Sasuke pouffer derrière moi et il se colle à mon dos en me transmettant une vague rassurante.

- Ça me dérange pas que tu fasse ça. Enfin... je crois ? J'ai juste été surpris. Tu pourrais plus te laisser aller à tes envies, tu sais...

Ça ne le dérange pas ? Ça devrait.

- Je ne suis pas censé avoir d'autres envies que celle de t'aider à passer ce moment au mieux, marmonné-je à travers les plumes.

- Et je ne suis pas censé avoir d'autres envies que celle d'être accompagné par tes attentions.

Qu'est-ce qu'il veut dire ? Est-ce qu'il fait référence à son envie que je le touche davantage ?

Il entoure ma taille de son bras et glisse timidement sa main sous mon t-shirt. Oh... L'allusion devient beaucoup plus claire. Alors ce serait plutôt que lui veut me toucher également ?

Ses doigts tièdes commencent à caresser mon flanc, m'arrachant un frisson qui résonne dans tout mon corps. Cette fichue érection revient comme si tout était parfaitement normal. Je soupire de dépit.

- Sas', tu n'as pas à me toucher, asséné-je un peu sèchement.

- Il n'y a pas de raison que je sois le seul à être soulagé.

- Je n'ai pas besoin d'être soulagé de quoi que ce soit.

- J'admets que je n'ai pas les idées très claires pendant mes crises mais j'ai bien conscience de ta présence et tes émotions.

Je soupire et j'opte pour détourner lâchement les faits.

- C'est encore ce fichu bloquant qui marche à moitié... Il faudra que j'en parle avec Deidara.

- Tes phéromones sont à leur minimum et ton Aura est toute molle, le bloquant est toujours bien actif, me contredit-il calmement. Mais ce n'est pas grave et j'imagine que je t'influence aussi, puisqu'on est tout le temps connecté... Peu importe la raison, tu dois te contenir à cause de moi et c'est injuste.

Il glisse ses doigts un peu plus loin sur mon ventre, me faisant frémir malgré moi. Le sentir collé à mon dos n'aide franchement pas, c'est ça le problème.

Je bloque fermement son poignet.

- C'est bon, c'est passé et je peux tout à fait rester comme ça.

C'est faux, je me sens encore à fleur de peau. Ça tourne dans mon ventre, ça attend la moindre occasion pour reflamber...

Il soupire en me caressant tout de même avec son pouce, juste au-dessus du nombril.

- J'ai envie de te rendre un minimum tout ce que tu me donne, c'est normal.

Est-il vraiment en train de négocier pour me... me... toucher à cet endroit ?

- Tu ne me dois rien, Sasuke ! Tu es en chaleurs, c'est très différent, et je ne t'aide pas pour profiter de toi.

Je sens que je pourrais m'énerver pour de bon mais les résidus de phéromones orgasmiques et les vagues de douceur de mon frère tuent dans l'œuf toute velléité de ma part. Autant que son souffle tout près de ma nuque dont j'ai un peu trop conscience.

- Il ne s'agit pas de ça, réplique t-il doucement. Déjà, tu ne profites absolument pas de moi, puisque c'est moi qui te propose. Et ensuite, tu sembles oublier que moi je ne prends pas de bloquant. Ta présence m'aide beaucoup pour gérer mes crises mais j'ai toujours envie... d'un échange ? Je pense que ça fait partie du concept des chaleurs lorsqu'elles sont accompagnées et, puisque tu es là, mon instinct le reporte sur toi.

Oh... Ça, c'est un argument déloyal. Comment fait-il pour être incapable d'aligner deux mots intelligibles un instant et me sortir un argumentaire digne d'un politicien l'instant suivant ? Les chaleurs sont effrayantes, je suis bien content de ne pas en avoir... Et comment je fais pour me positionner, maintenant ? Je peux contrer ma propre volonté mais je suis là pour répondre à ses besoins, pour prendre soin de lui...

Mais le laisser me toucher, ce serait aussi admettre ma défaite non seulement sur mon propre désir, mais en plus sur le rôle que je me suis donné auprès de lui et que j'ai pu conserver jusqu'à présent grâce aux bloquants, un rôle de grand frère attentionné.

Et... jusqu'à présent, les chaleurs étaient de mon point de vue quelque chose qu'il subissait, qu'il ne maîtrisait pas, qui était indépendant de ses désirs et de son cheminement au niveau intime. Vouloir être comblé instinctivement ne veut pas dire qu'il est prêt à avoir des relations intimes avec un Alpha. Il est encore si jeune... En le laissant me toucher, j'aurais l'impression de bafouer son innocence.

J'ai peur de le blesser, autant en acceptant qu'en refusant. Mon instinct en veille me susurre d'accepter les attentions de mon petit Oméga. Ma conscience réplique de faire demi tour pendant qu'il est encore temps. Mon côté protecteur me dit que j'ai déjà abusé de mon capital de rejet aujourd'hui.

Sasuke dépose des baisers sur ma nuque, lents et appuyés, chauds et un peu humides, sensuels, délicats... Il y a tout un tas de sentiments qui se mélangent en moi : curiosité, peur, envie, frustration, affection, étonnement, détermination...

- Sasuke... On est frères, on ne peut pas faire ça...

Je sais que c'est pour ça. Je ne suis plus très sûr du reste.

- Ce n'est pas grand-chose, c'est juste pour toi maintenant, il n'y aura aucune conséquence. Ce qu'il se passe pendant mes chaleurs reste pendant mes chaleurs.

Ah ça, c'est sûr qu'il l'a retenu ! Pourquoi j'ai dit une chose pareil ? Ça donne tellement de libertés, tellement de possibilités contre lesquelles je dois choisir de lutter ou auxquelles je dois juste céder pour lui faire plaisir. Ou me faire plaisir, je ne sais plus...

Un frisson me traverse tout entier. Le contact sur ma nuque se fait plus humide et je réalise que c'est bien sa langue qui commence à alterner avec ses lèvres. A chaque passage, ma peau devient plus sensible et les traînées d'énergie descendent dans mon ventre, dans mon bas-ventre...

Pas grand-chose. Pas de conséquences. Personne ne le saura. Ça reste dans notre bulle temporelle.

Le petit doigt sur mon ventre s'écarte des autres, il descend indécemment près de la lisière de mon pantalon... et un minuscule gémissement d'anticipation m'échappe.

Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas reçu ce genre d'attention... Je me souviens des sensations et de l'intensité, de la main qui s'enroule autour de mon érection avec assurance, de cette pression et cette vitesse incontrôlées, de ce mélange de frustration et d'excitation à laisser l'autre prendre les commandes de mon plaisir...

Mon entre-jambe se réveille pour de bon.

Sasuke retire son poignet de ma prise, lentement, sans rencontre de réelle résistance, et mon bras se repose mollement sur le matelas devant moi, à défaut de trouver une meilleure option. La paume chaude et douce revient sur mon estomac et mon frère reprend ses caresses sur ma peau, librement, du bout des doigts. Mon frère ! Des petits cercles comme des traînées d'étincelles, sur mes côtes, mon ventre, mon flanc... C'est à la fois plus doux et plus attisant que tout ce que j'ai connu, parce que c'est Sasuke, son innocence, son inexpérience, sa volonté si adorable de me faire plaisir, ses ondes très attentives contre les miennes... Il n'a pas encore atteint mon nombril que mon membre pulse déjà d'envie et d'impatience.

Je ferme les yeux en soupirant faiblement.

Et si je suis en train de faire une erreur monumentale ?

Et s'il se force ou que je le choque par mes réactions ?

- Je ne suis plus un enfant, Itachi, souffle-t-il en réponse.

Suis-je si déchiffrable pour lui ?

Sa main descend sur mon nombril, elle passe au-dessus de la bordure de mon pantalon, elle dévie sur mon aine et elle descend un peu plus bas.

- Je pourrais déjà être ancré et avoir des relations régulières, poursuit-il.

Je grommelle d'opposition. Ou peut-être que je grogne. Pourquoi il me parle de ça maintenant ? Je sais qu'il est mature mais je n'ai surement pas envie de l'imaginer avec un Alpha dans l'instant présent !

Ses doigts glissent timidement au-dessus de mon érection, un contact indirect qui renvoie déjà des langues de feu dans tout mon bas-ventre et me fait tressauter. Il en trace les contours et ses caresses se précisent jusqu'à ce que sa main viennent englober fermement mon sexe à travers le tissu.

J'expire un gémissement contenu et ma respiration s'emballe en même temps que mon cœur. Bon sang... Qu'est-ce que je fais ? Mon petit frère... Et ses lèvres sur ma nuque, sa langue mutine qui vogue sensuellement d'un côté à l'autre et me fait frissonner de la tête aux pieds...

Je suis ridiculement très excité pour un contact à travers autant de couches. J'ai tellement envie qu'il me touche directement...

Son pouce croche dans la lisière de mon pantalon et la tire un peu. Je sens son hésitation mêlée à sa détermination farouche et à son envie.

Il y a un instant flou et tout à coup la barrière de tissu disparaît. Peut-être que je l'ai aidé, je n'en ai aucune idée, mais mon pantalon et mon boxer sont descendus à mi-cuisse.

Sa paume se repose sur mon érection avec une délicatesse frôlant l'insupportable. Ses doigts sont juste là, ils entourent ma peau hypersensible en déclenchant par ce seul contact des irradiations partout. Mon sexe tressaute, il en réclame plus, plus de contact, plus de mouvement, plus de sa main.

Ses doigts frôlent un côté de mon membre dressé et remontent lentement jusqu'à mon gland. Ça crépite, le sens pulse plus fortement et le frôlement renvoie des décharges de plaisir dans tout mon corps.

Il englobe mon gland trop gonflé dans sa paume sans serrer et il reste juste comme ça, sans bouger. C'est chaud... et ça apaise un peu la douleur de la surtension. C'est étrange, je n'ai jamais ressenti ça. Oui, c'est vraiment chaud... Il ne bouge pas, il ne cherche pas à me stimuler, mais la chaleur remonte le long de mon érection et vient alimenter une véritable fournaise dans le bas de mon ventre. Mon excitation devient moins vive mais plus profonde, plus viscérale. C'est... perturbant, je...

J'ai envie de souffler son prénom, de l'appeler... Je me retiens, ce n'est pas une bonne chose.

Et puis il redescend lentement de l'autre côté de mon érection et il s'arrête à la base, sur mon nœud brûlant et même un peu gonflé tellement je suis excité. Il en dessine timidement les contours.

J'essaye de rester neutre pour ne pas influencer son premier contact avec une partie exclusivement Alpha, je me mords les lèvres, j'essaye de contrôler mon cœur en respirant lentement...

Mon nœud est entouré des doigts de mon Oméga, de sa paume, parfaitement calé. Sa main se serre un peu plus, de plus en plus, nos Auras fusionnent à ce niveau tellement intime...

Oh mon dieu.

Je suis envahi, par moi, par lui. Submergé. Il n'y a pas moyen que je reste calme et détaché, aucun moyen. Il m'honore, de la plus primitive et instinctive des manières. Bloquant ou pas, l'Alpha est flatté, stimulé, réveillé.

Je ne peux pas bouger. Je ne peux pas parler. Juste subir ce désir violent et ce plaisir presque douloureux. Sinon je vais faire quelque chose de mal... Pourquoi ce serait mal ?

J'entends un grondement au loin, il se transforme en une note presque désespérée. Je crois que ça vient de moi.

Je sens le cœur de mon Oméga s'emballer et son désir remonter en flèche. Ses phéromones envahissent la pièce avec leur exigence propre aux chaleurs. Il respire plus fort et plus vite contre ma nuque, à la limite du halètement.

- Itachi... gémit-il.

Oh non, non, non.

- Chut, lâché-je entre mes dents serrées.

Il ne faut pas qu'il parle, sinon il va dire quelque chose de stupide. Quelque chose qu'il regrettera parce que c'est seulement ses chaleurs et mon plaisir qui l'influencent. Quelque chose à quoi je ne pourrais pas résister, vu mon état actuel... Je n'arrive même pas à savoir si le bloquant est encore actif.

Je crois qu'il comprend, malgré que pointe ce qui ressemble au début d'une nouvelle crise. Il enfouit sa tête dans mes cheveux et il se met à sucer un bout de peau sur mon épaule pour se taire. Ou alors parce qu'il voudrait... faire la même chose autre part...

Un nouveau grondement fait vibrer ma poitrine.

Il faut qu'il bouge sa main et qu'il me libère, sinon je vais devenir dingue. Il est si proche de moi, mon Oméga adoré. Son corps, son énergie, son envie... Je le veux aussi. A moi, pour toujours. Pourquoi je ne peux pas l'avoir ?

La pression sur mon nœud se relâche et la main remonte enserrer le corps de mon érection. Il a encore compris. Il comprend tout, je suis un livre ouvert pour lui.

Mon instinct reflue et mes pensées s'éclaircissent. Oh, finalement le bloquant est toujours là. Et l'Alpha réveillé m'a encore fait penser n'importe quoi...

Sa main monte puis redescend, elle recommence, et encore. Et ça éclate en lignes de feu partout dans mon corps. Il n'est plus question d'instinct mais de plaisir brut et impérieux.

C'est une main, juste une main. Sa main. Chaude, douce au contact mais ferme dans sa poigne. Hésitante dans ses ondes mais assurée dans son mouvement, un mélange qui m'excite encore plus. Elle est affectueuse et attentionnée, et surtout avide, impatiente, affamée...

Trop lente.

J'ose bouger pour descendre l'entourer, je ne sais pas avec quelle force -ou quelle folie. Il s'arrête aussitôt, mais je n'attends plus. Il n'y a plus beaucoup à attendre. Je resserre mes doigts sur les siens, presque à les entrelacer, et j'impose un rythme bien plus rapide. Sasuke gémit contre ma nuque, il se colle encore plus à moi, et se remet à sucer ma peau avec avidité. Les ondes descendent directement dans mon entre-jambe, dans mon ventre survolté, dans ce crescendo insoutenable que je n'ai plus connu depuis des mois, pas comme ça, ou peut-être jamais à ce point.

Mon bassin bouge seul, incontrôlé dans le peu de contrôle qu'il me reste. Tant pis.

Ça monte encore, j'ai l'impression que je vais me consumer avant d'atteindre le sommet, que je vais mourir, que l'élastique va se rompre et que je vais m'écraser. Je n'arrive plus à respirer, mon corps se désagrège dans une tension infinie, ça vient du fond de mes entrailles, puissant, désespéré, absolu.

Tout est blanc. Rien n'a de sens.

Et enfin, l'élastique casse, en secousses jouissives, tellement haut qu'il n'y a plus de pesanteur.

Je m'envole encore un peu plus.

Je plane.

Doux, aimé. C'est tout ce qui compte.

.

Je reprends conscience difficilement. Où est-ce que je suis ? Je me sens complètement déphasé... Mon corps est complètement mou, mes sens ne répondent pas à moitié, mon instinct est tellement shooté que je pourrais bien avoir été empoisonné... Une vague de panique monte en moi sans que je puisse la maîtriser.

Non, je crois que tout va bien, autour de moi c'est familier, rassurant, plein de douceur et de quiétude... Mon frère. Le calme m'envahit à nouveau et je souris légèrement.

Je me force à connecter mes neurones et me rappeler ce qui m'a conduit à mon état actuel. Je ne crois pas que ce soit le matin, d'ailleurs même dans le sommeil profond, je pars moins loin. Quelques bribes me mettent sur la piste lentement et le puzzle se reconstruit.

Oh...

Oh.

Bordel de merde !

J'ouvre subitement les yeux et je tombe sur le mur en face, d'une teinte orangée par la lumière du chevet de l'autre côté du lit. Apparemment, la nuit est tombée, mais elle l'était peut-être déjà avant que Sasuke me... me...

Mais qu'est-ce qu'il m'a pris d'accepter ça ?!

Un bruit humide attire mon attention et me fait tourner la tête vers l'arrière. Mon frère est là, nu, les draps repoussés sur ses cuisses ne cachant rien de son anatomie masculine au repos. Finalement, il n'est pas reparti dans une crise, il est même étonnamment calme.

Il a les yeux fermés et il lèche ses doigts méthodiquement, avec un contentement évident. Doigts recouverts d'une grande quantité d'une substance blanchâtre...

Est-ce que c'est... ? Je grimace de dégoût avec la ferme intention de l'arrêter, et puis je me rappelle que j'ai fait pareil avec ses fluides et je vois bien que ça a l'air de l'apaiser.

Je ne suis pas resté longtemps dans cette espèce d'inconscience, si ma semence n'a pas encore séché...

Je le regarde vaguement échanger ses mains. Il amène à sa bouche celle visiblement propre et il descend l'autre sur son ventre, déposant au passage une traînée de mon fluide. Il y en a encore beaucoup, j'imagine que l'excitation a joué sur la quantité...

Il passe sur sa hanche, sur son aine, il écarte les jambe pour glisser ses doigts sur l'intérieur de sa cuisse, vers...

Je me redresse d'un coup pour attraper son poignet.

- Ne fais pas ça ! crié-je d'une voix enrouée.

Il sursaute et se fige en me regardant.

- Je... Je pense que... que ça ne craint rien... bégaye-t-il. Iruka m'a dit qu'il fallait forcément un ancrage et des conditions particulières...

- Non, Sasuke ! Tu es en chaleur et tu es fertile, je me fiche de ce que dit Iruka ! Bon sang, fais un effort pour te contrôler !

Il pâlit un peu et je ne lui laisse pas le choix de la réflexion. Je suis peut-être trop virulent, je lui reproche peut-être ce que je me reproche à moi, mais il n'empêche qu'il ne m'aide vraiment, vraiment pas aujourd'hui !

Je lui essuie de force la main dans les draps, je fais de même avec toutes les traces de ma faute et je m'assois dans le lit en me prenant le front dans la main. Je lâche un soupir, le cœur battant d'avoir potentiellement frôlé la catastrophe.

Cette situation est complètement surréaliste. Je veux bien me démener pour arrondir les angles, faire des concessions, me plier en quatre pour ne pas qu'il se sente rejeté dans cette période de vulnérabilité, mais là, ça va beaucoup trop loin.

- Je ne suis surement pas prêt à prendre ce risque là avec toi... marmonné-je.

Il y a quelques secondes de silence pesant.

- Tu le prendrais avec quelqu'un d'autre ? demande-t-il faiblement.

Je tourne la tête vers lui mais il regarde de l'autre côté.

- Non. Je me suis toujours protégé avec Shion, et plutôt deux fois qu'une. Mais je ne vois pas d'où vient cette question.

Il hausse les épaules et se tourne carrément dos à moi.

- Je préfère être tout seul plutôt que tu t'énerves contre moi... murmure-t-il si bas que je peine à l'entendre. Je suis désolé si je t'ai forcé la main, je voulais juste... te faire un peu plaisir aussi.

- Tu m'as fait plaisir, soupiré-je. Je veux dire... vraiment plaisir et... merci, je crois...

C'est difficile, vraiment difficile...

- Mais je n'étais pas pour et je ne veux pas que ça se reproduise. Je suis content que tu sois plus proche de ton instinct et que tu aies envie de l'explorer, mais tu feras des expériences de ce genre plus tard, avec ton Alpha.

Je repasse mon caleçon, mon pantalon et mon t-shirt et je me rallonge derrière lui pour l'enlacer chastement, le drap entre nous. Je n'arriverais jamais à le laisser tout seul, pas pendant ses chaleurs qui le rendent instable émotionnellement, mais on doit se fixer des limites très claires.

- Je reste avec toi si tu restes tranquille. On fait comme au début : juste ce qu'il faut, pas de léchouilles et pas d'échanges. Ok ?

Il agrippe mes bras pour les serrer un peu plus contre son torse, presque désespérément, et il hoche la tête. Je sens à nouveau sa tristesse, alors je me concentre sur mon Aura ramollie pour lui transmettre de l'apaisement.

La case "petit frère en détresse", je maîtrise.

- Ça va, Moya, je suis là... soupiré-je encore.

.


Note de l'auteur :

J'ai failli squeezé ce chapitre pour ne mettre qu'un résume dans celui d'après (qui est aussi un point de vue d'Itachi), pour ne pas trop mettre l'accent sur le côté sexuel des choses et me concentrer sur l'évolution de leur relation en elle-même... Sauf qu'il se passe tout de même beaucoup de choses ici et que ça me semblait bizarre de parfois décrire des scènes relativement peu importantes (parce que ça me vient comme ça) et après passer à côté de celle-là !

J'imagine toutefois que les lémonivores attendent ce genre de scènes...

Bref, dites moi ce que vous en pensez ^.^. Peut-être que vous saurez mieux vous positionner lorsque toute l'histoire sera publiée, je pourrais toujours m'ajuster pour les lecteurs suivants ;)

Merci à ceux qui me suivent ! Et encore plus merci à ceux qui prennent le temps de me laisser un petit mot, parce que sans eux la fic ne serait pas ce qu'elle est, voire ne serait pas du tout ! Un clin d'œil à Labout1 qui m'a donné le petit coup de pouce qui me manquait pour terminer le chapitre 30 lundi soir (enfin... dans la nuit de lundi à mardi...). Je suis hyper motivée et inspirée pour finir la fic d'ici peu !

Vu l'heure de publication, je saute la réponse aux reviews pour ce soir... (Promis, la semaine prochaine je tâcherais d'être plus tôt !)

Des bisous à tous :3

Mys