Chapitre 25 : Comment a-t-on pu en arriver là ?

Le jour venait de se lever, signalant la fin de la patrouille nocturne du seigneur Perceval. Il fit signe aux chevaliers qui l'accompagnaient de faire demi-tour pour rentrer à Camelot, et le groupe se mit en marche. Les nouvelles n'étaient pas bonnes : partout où ils allaient, des voyageurs leur apprenaient que de nouveaux villages avaient été attaqués par les hommes de Mordred. Le dernier en date se trouvait à quelques heures à peine de Camelot, c'était un hameau du nom de Willowdale, qui avait été pris d'assaut par trois sorciers la veille au soir. Le voyageur qui avait appris la nouvelle à Perceval avait d'abord eu l'intention de s'arrêter dans ce village, mais il avait vite renoncé lorsqu'il avait vu les sorciers y entrer. Profitant de l'obscurité, il s'était enfui discrètement avant le début de l'attaque.

La première personne qu'ils virent en entrant dans Camelot était le roi lui-même. Celui-ci se dirigeait d'un pas décidé vers la sortie de la cité, mais il s'arrêta net lorsqu'il vit Perceval et le reste de la patrouille. Le grand chevalier s'étonna un instant de le voir hors des murs du château à cette heure si matinale, d'autant qu'il n'y avait pas d'entraînement prévu ce jour là. Mais il n'avait pas le temps de s'attarder sur la question, il devait l'informer des dernières nouvelles au plus vite:

-Sire, commença-t-il. Trois sorciers aux ordres de Mordred ont attaqué Willowdale hier soir.

Le souverain blêmit instantanément.

-Willowdale ? demanda-t-il d'une voix inquiète. Vous êtes sûrs ?

-Oui, un voyageur dit les avoir vu y entrer mais il ignore ce qu'il s'est passé ensuite. Il ne sait pas combien de victimes sont à déplorer et il ne connaît pas l'ampleur des dégâts. Je pense que nous devons envoyer des hommes sur place afin d'apporter des provisions aux survivants : qui sait si les sorciers ne leur ont pas tout volé ?

Perceval s'interrompit en voyant l'expression du roi. Sa pâleur ne présageait rien de bon. Le chevalier savait qu'il prenait à cœur la sécurité de son peuple, mais il n'avait jamais réagi ainsi en apprenant une nouvelle attaque. Qu'y avait-il de si spécial dans ce village?

-Gauvain, murmura le roi. Gauvain était en mission à Willowdale…

L'annonce suscita plusieurs exclamations parmi le groupe de chevaliers. Perceval fit de son mieux pour ne rien laisser paraître de sa surprise et de son inquiétude. Il devait montrer au roi qu'il était capable de garder son sang froid.

-Sire, dit-il. Avec votre autorisation, je partirai immédiatement pour Willowdale avec les quelques hommes qui m'accompagnent.

Arthur, toujours sous le choc, hocha la tête:

-N'oubliez pas les provisions.


Arthur observa les arbres qui l'entouraient. S'il ne se trompait pas, il devait maintenant se trouver dans la clairière où Emrys avait rejoint les druides quelques jours plus tôt. A présent, il devait attendre que quelqu'un l'approche. Le souverain ne pouvait pourtant pas s'empêcher de s'inquiéter. Il était encore le roi de Camelot et le fils d'Uther Pendragon : et si les druides voyaient en lui une menace ? Il tenta de se calmer en pensant à autre chose, mais il songea alors à Gauvain, qui avait peut-être été tué à Willowdale. Arthur aurait voulu pouvoir frapper quelque chose pour évacuer sa frustration. Si seulement il n'était pas pris par ses obligations à Camelot ! Il aurait pu se rendre lui-même au village et s'assurer que son ami allait bien ! Mais non, il devait préparer le royaume tout entier à l'attaque imminente de Mordred, et par conséquent il ne pouvait même pas veiller sur ses proches. Qu'il était loin le temps où il n'était que prince et où il pouvait se permettre de voler au secours de la veuve et de l'orphelin dès que l'occasion se présentait !

Il examina une nouvelle fois les alentours mais ne trouva toujours aucune trace des druides. Dépité, il s'installa dans l'herbe et prit son mal en patience. Emrys, lui, n'avait pas eu à attendre longtemps pour être abordé. Toutefois, il n'y avait rien de surprenant à ce qu'un sorcier pacifique et aussi puissant soit plus facilement accueilli par ce peuple magique. Le roi de Camelot était bien sûr victime de sa réputation : qui pourrait croire que le fils d'Uther venait en paix chez les druides ?

Mais malgré toute la bonne volonté dont il voulait faire preuve, il ne pouvait pas s'absenter longtemps de Camelot. Ses fameuses obligations l'y attendaient et, si les druides ne se décidaient pas rapidement à l'aborder, il serait forcé de rentrer les mains vides.

Une légère brise traversa la clairière et Arthur ferma les yeux, se laissant bercer par le calme de la forêt. Il eut une pensée amusée pour ceux qui passeraient peut-être dans cette zone. Et si une patrouille découvrait le souverain de Camelot assis en tailleur dans l'herbe, les paupières closes ? C'était évidemment impossible puisque la dernière patrouille nocturne était celle de Perceval, qui était rentré peu de temps auparavant, et que la patrouille suivante ne quitterait la cité que vers midi. Mais cela restait une idée divertissante. Ou peut-être serait-ce un animal qui le découvrirait dans cette position : un lapin ou un renard, qui se trouverait bien étonné de voir cet homme blond méditer ainsi au milieu de la clairière. L'idée que quelque chose de dangereux pourrait s'approcher sans qu'il s'en aperçoive n'effleura même pas l'esprit du roi : ses yeux étaient fermés mais il n'était pas sourd.

Les minutes s'écoulèrent et ce ne fut que lorsqu'il sentit un mouvement devant lui qu'Arthur ouvrit les yeux, découvrant face à lui le jeune druide qui avait accueilli Emrys quelques jours plus tôt. Il put cette fois-ci l'observer de plus près : c'était un homme qui devait avoir à peu près le même âge que lui, ses cheveux châtains tranchant avec le vert de ses yeux. Mais ce qu'Arthur retint de lui n'était pas son apparence mais l'expression de son visage. Le jeune druide avait l'air d'un homme agréable et bienveillant, mais son regard trahissait une douleur qui - Arthur en aurait mis sa main au feu - l'accompagnait tous les jours de sa vie.

-Pardonnez-moi d'avoir tant tardé, Sire, je devais m'assurer que vos intentions étaient pacifiques avant de m'approcher. Je n'ai pu le vérifier que lorsque vous avez vous même calmé le flux de vos pensées en chassant toutes vos idées négatives.

-Vous pouvez lire dans mes pensées ? s'inquiéta Arthur en se levant pour faire face au druide.

-Non, mais je peux sentir vos intentions lorsqu'elles sont suffisamment claires dans votre esprit.

Le roi se sentit vulnérable face à cet homme, capable de connaître tous ses états d'esprits. Impossible de lui cacher quoi que ce soit d'important : si Arthur venait à avoir peur, se mettre en colère, se sentir triste ou confus, le druide le saurait.

-Est-ce que tous les druides en sont capables ?

Le jeune homme réfléchit avant de répondre.

-Les hommes dotés de cette faculté sont ceux qui sont le plus sensibles au monde et aux gens qui les entourent. Les druides étant un peuple très lié à la nature, ils comptent une plus grande proportion de personnes qui ont cette capacité que le reste des sorciers…

-… mais d'autres sorciers en sont parfois capables, compléta Arthur de lui-même. C'est une question de personnalité et d'éducation.

-Exactement, approuva le jeune druide. De manière générale, les sorciers les plus puissants sont les hommes les plus sensibles à ce qui les entoure. Il arrive qu'un mage qui n'avait jamais développé cette capacité auparavant crée accidentellement un lien avec une autre personne, leur permettant de partager leurs émotions, mais cela ne se produit que rarement : il doit s'agir d'un mage très puissant et ressentant une profonde empathie envers la personne avec qui il partage le lien.

Arthur se demanda si Emrys, Seigneur des Dragons et plus grand sorcier de tous les temps, en était capable.

-Comment vous appelez-vous ?

-Chris, répondit le druide en souriant devant l'air étonné du roi. Mon nom n'est pas très druidique, comme vous pouvez le remarquer. C'est dû au fait que je ne suis pas né dans cette communauté. Mes parents ont été tués lorsque la Purge a commencé, je n'avais que trois ans à l'époque. Avant de mourir, mon père m'a dit de courir dans la forêt et de laisser ma magie me guider vers les druides, qui me protègeraient. Je peux vous conduire au campement où j'ai été élevé si vous le souhaitez, cela vous prouvera que la magie peut bel et bien être bénéfique.

Il y avait une tristesse certaine dans les paroles du jeune druide mais, étrangement, aucune rancœur. Il se trouvait pourtant face au fils de l'homme qui avait donné l'ordre d'éliminer ses parents. Conscient que son interlocuteur pouvait ressentir la culpabilité qui le rongeait, Arthur ne s'embarrassa pas de mots pour s'excuser du malheur qu'il avait indirectement causé. Il ouvrit simplement son esprit pour laisser transparaître ses émotions et peut-être demander pardon.

-J'accepte volontiers de visiter votre campement, répondit-il humblement.

Chris s'engagea alors dans les bois, Arthur à sa suite. Voyant que le druide semblait absorbé dans ses pensées, le roi se mit à son tour à cogiter. Partout où il allait, il rencontrait des personnes qui n'avaient pas fait le choix de devenir sorciers mais étaient nées ainsi : Emrys, Chris, la petite fille qui avait fui Camelot, et peut-être même… Morgane ? Pour quelqu'un comme Arthur, qui faisait tout ce qu'il pouvait pour ne pas juger les hommes en fonction de leur naissance, découvrir qu'il avait injustement rabaissé une partie de son peuple pendant tant d'années était une épreuve terrible.

C'est à cause de moi que Mordred s'en prend à Camelot, pensa Arthur. Toutes ces années d'injustice ont mené à une guerre ! Comment a-t-on pu en arriver là ?

Leur marche entre les arbres se poursuivit jusqu'à une seconde clairière, et le souverain se demanda s'il serait capable de retrouver le chemin du retour. Sans lui laisser le temps de s'inquiéter plus longtemps, Chris souleva plusieurs épaisseurs de feuillage, dévoilant le campement des druides.

Les deux hommes se dirigèrent vers une petite tente blanche, et Arthur fit de son mieux pour éviter les regards insistants qui se posaient sur lui à son passage. Personne ne se montrait hostile mais il ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal à l'aise. Peut-être même était-ce cette absence d'hostilité qui le troublait. Pourquoi tous ces hommes et ces femmes ne lui en voulaient-ils pas de tout le mal qu'il leur avait causé ? Le roi fut soulagé de pouvoir entrer dans la tente pour se soustraire à cette attention.

Cependant, le spectacle qui l'attendait à l'intérieur le mit encore plus mal à l'aise : Ali, le sorcier qu'il avait libéré des cachots, se trouvait face à lui. Arthur tenta de faire comme s'il ne le reconnaissait pas, mais personne n'était dupe et il y renonça bien vite.

-Euh… Comment allez-vous ? demanda-t-il bêtement.

-Bien, Sire. Je vous remercie de m'avoir délivré. Je comprends pourquoi vous préférez que personne ne sache ce que vous avez fait et je vous promets de ne rien révéler à personne. Enfin… j'ai tout de même dû dire la vérité à Chris, à qui on ne peut rien cacher.

-Je suis désolé, répondit Arthur en regardant les deux hommes à tour de rôle. Pour tout ce que je vous ai fait subir. Je suis heureux de voir que vous avez, l'un comme l'autre, trouvé refuge chez les druides… Même si les rois de Camelot sont ceux qui auraient dû vous offrir la sécurité.

Cette dernière phrase avait été prononcée d'un ton amer. Arthur n'avait qu'une envie : réparer ses erreurs. Chris prit à son tour la parole :

-Sire, si je vous ai amené à la tente d'Ali c'est pour vous montrer que vous avez déjà commencé à vous racheter. Cet homme serait en ce moment même en train de brûler si vous n'aviez pas fait ce que vous avez fait.

Cela ne rassura pas Arthur mais le réconforta légèrement. Il fallait bien commencer quelque part !

-Je vous promets d'en apprendre le plus possible sur les sorciers et de m'intéresser à votre monde autant qu'à celui des paysans ou des artisans. Avec tout ce que j'aurai appris, je serai capable de défendre vos intérêts devant la population de mon royaume et celle des royaumes voisins. Je pourrai enfin lever l'interdiction d'utiliser la magie… M'autorisez-vous à revenir vous rendre visite dès que j'en aurai l'occasion pour vous poser des questions ?

Les deux hommes hochèrent vigoureusement la tête. C'était donc décidé : Arthur pourrait mettre à profit ces soirées où Merlin était en congé et disparaissait mystérieusement !

Il se rendit soudain compte que cela faisait plus d'une heure qu'il avait quitté Camelot. Il devait rentrer au plus vite !

- Je peux vous raccompagner à la clairière où vous m'avez trouvé, proposa Chris.

Arthur eut un petit sourire lorsqu'il comprit que le jeune druide aux yeux verts avait à nouveau perçu son humeur. Reconnaissant, il accepta l'offre et le suivit à l'extérieur. Chris le conduisit hors de la tente puis hors du campement, et le souverain fit de son mieux pour mémoriser le trajet. Une fois arrivés à l'endroit où ils s'étaient rencontrés, le druide et le roi de Camelot se serrèrent la main pour sceller cette amitié naissante. Mon père a tué le tien, pensa Arthur avec tristesse. Tu es coupé de tes racines par ma faute.

-Avez-vous déjà essayé de retrouver des membres de votre famille ? demanda-t-il. Certains pourraient être encore en vie.

Le druide secoua la tête.

-Ce que je vous ai raconté constitue le seul souvenir que j'ai de ma famille. Je ne sais pas si j'avais des grands-parents, des oncles, des tantes ou des cousins. Tout ce que je sais c'est que je n'avais pas de frère, ni de sœur : cela je n'aurais pas pu l'oublier.

Arthur se souvint des cristaux de la bibliothèque de l'Archiviste. Ce que disait le druide n'avait pas de sens : pourquoi n'avait-il jamais utilisé la magie pour retrouver sa famille ? Mais la réponse le frappa avant qu'il n'ait eu le temps de poser la question à voix haute : les druides n'avaient pas de cristaux ! Les seules personnes qui en possédaient étaient les prêtresses de l'Ancienne Religion, mais celles-ci s'étaient éteintes avec Nimueh et Morgause !

Chris se figea lorsqu'il sentit le brusque changement d'état d'esprit d'Arthur.

-Que se passe-t-il ?

Le sang d'Arthur ne fit qu'un tour.

-Je peux vous aider !


Mordred se passa une main dans les cheveux pour tenter de se donner un air important. Malgré tous ses efforts, il restait un jeune garçon de quatorze ans, il n'y avait rien qu'il puisse faire pour atténuer l'aura qu'il dégageait et qui donnait souvent à ses interlocuteurs l'impression qu'il n'était qu'un enfant. Les plus perspicaces étaient capables de voir au-delà et sentaient dans son regard son passé douloureux et sa détermination, mais rien ne garantissait que l'homme avec qui il avait rendez-vous soit l'un d'entre eux.

On frappa à la porte et il se tourna pour aller ouvrir. Etrange… Son rendez-vous était en avance. Il prit une profonde inspiration avant de tourner la poignée, dévoilant un spectacle auquel il ne s'attendait pas. Au lieu de voir sur le seuil le chef des guerriers invisibles, avec qui il devait négocier un accord, il découvrit deux de ses gardes qui portaient un troisième homme. Ce dernier s'appuyait avec difficulté sur les épaules des deux autres, et Mordred ne le reconnut que lorsqu'il leva la tête.

-Fergus ? Que s'est-il passé ?

Mais l'homme n'était pas en état de répondre. A demi-conscient, il marmonna quelques mots avec difficulté.

-J'étais à Willowdale… Il y avait un sorcier…

-Nous l'avons trouvé comme ça sur la côte, expliqua l'un des gardes. C'est un miracle qu'il ait réussi à se déplacer jusque là dans cet état. Nous vous l'avons amené le plus vite possible.

-Taisez-vous, laissez-le parler ! s'impatienta Mordred. Je me doute qu'il n'a pas nagé jusqu'ici dans cet état !

En effet, Fergus se redressa à nouveau, dévoilant une blessure béante au niveau de son abdomen. Il avait été transpercé par une épée.

-Où sont les deux autres sorciers qui vous accompagnaient ?

-Morts…

Cette réponse frappa Mordred plus durement qu'il ne l'aurait pensé. Lui qui s'était cru invincible venait de faire face à sa première défaite. Ces hommes étaient morts au combat, un combat qu'ils menaient en son nom. La guerre venait de faire ses premières victimes dans le camp du jeune mage, et des vies avaient été perdues. Comment a-t-on pu en arriver là ?

-C'est ce sorcier dont vous parliez qui les a tués ? Réveillez-vous, Fergus, j'ai besoin d'une réponse, vous serez soigné juste après, je vous le promets. Quel sorcier s'en est pris à vous ? Est-ce que c'était Emrys ?

-…non, souffla Fergus avant de pousser un grognement étrange.

-Que dîtes-vous ?

-Gilli, répéta le sorcier. Il s'appelait Gilli.


Note : Désolée pour le suspense, je vous promets que ce qu'il s'est passé à Willowdale sera révélé dans le prochain chapitre. :) Je remercie Howarand et Darkness-Manga, qui ont récemment ajouté cette histoire à leurs favoris et qui l'ont mise dans leurs alertes. On m'a posé une question sur le fonctionnement de fanfiction, et plus particulièrement sur ce qu'il se passe quand on clique sur les liens « favorite » ou « follow » (qu'on peut voir en haut et en bas de la page d'une fanfiction) Je réponds ici au cas où d'autres personnes se poseraient la question. (Bien sûr ça ne concerne pas les habitués, qui connaissent déjà le fonctionnement du site par coeur.^^) "Follow/favorite" ne sont reliés à Twitter ou Facebook d'aucune manière (pour partager sur les réseaux sociaux, c'est sur « share » qu'il faut cliquer), ils sont simplement liés à votre compte fanfiction. Cliquer sur « follow (story)» vous permet de recevoir un mail pour vous prévenir qu'un nouveau chapitre a été publié, et cliquer sur « favorite (story)» vous permet d'ajouter une fanfiction à la liste de favoris de votre compte. Donc oui bien sûr il faut avoir un compte fanfiction pour les utiliser. La seule chose que vous pouvez faire sans compte c'est reviewer. A moins que « share », soit aussi possible, je n'en sais rien je n'ai jamais essayé, il faudrait vous renseigner auprès de quelqu'un qui l'a déjà tenté.

Voilà j'espère que mes explications ont aidé ceux qui avaient des doutes. De toute façon c'est assez intuitif comme site donc normalement vous pouvez vous en sortir.