NDA : Pour des raisons toutes personnelles et une vie IRL de plus en plus chargée, cette fiction sera publiée plus rapidement et non plus une fois par semaine. Elle est déjà terminée depuis longtemps de toute façon, alors je me suis dit, c'est ou ça, ou vous aurez la suite dans 3 mois, au choix... mais je pense que vous préférez cette solution, non ? ^^ J'espère avoir répondu à tout le monde, si ce n'est pas le cas, vous pouvez me contacter par MP. Bonne lecture :)
Chapitre 25
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Le goût des larmes
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Harry passa une nouvelle fois sa paume ouverte sur sa joue, essuyant les dernières traces de larmes. Son cœur était toujours gonflé et douloureux, mais le garçon était épuisé. Ses larmes s'étaient donc petit à petit taries, après une heure à pleurer bruyamment, à gémir, à crier sourdement son chagrin. Son pénis s'était quant à lui rapidement flétri, n'ayant plus Lucius pour le stimuler.
Lucius...
Il avait le sentiment d'avoir été rejeté par Lucius, en plus de tout le reste.
« Allez, Harry, courage, » se murmura-t-il à lui même d'une voix cassée. « Tout va bien se passer, c'est promis... »
Une nouvelle larme coula, comme à chaque fois qu'il essayait de se remotiver. C'était les souvenirs de Lucius, la voix de Sirius, le regard de Severus, qu'il s'imaginait tour à tour et qui le faisaient irrémédiablement replonger.
Le jeune homme ferma les yeux, souhaitant par dessus tout que le sommeil veuille bien finir par vouloir de lui. Néanmoins, il en doutait fortement. Demain, il ne serait plus qu'une loque qui subirait les foudres de son père et de son fiancé.
« Tu ne dors toujours pas, amour ? » fit une voix dans l'obscurité.
Harry se redressa, ne sachant si c'était vrai.
« Lucius ? » demanda-t-il de sa voix éraillée tout en se cachant un peu plus sous son drap.
La bougie sur la commode se ralluma et dévoila l'homme de sa faible lumière.
« Oui, » le rassura l'aristocrate en se rapprochant de lui.
Son cœur se fendit en voyant que l'autre sorcier baissait la tête pour éviter son regard.
« Est-ce que... est-ce que tu es revenu pour me punir encore ? » souffla celui-ci, éteint, ses doigts se raccrochant à son drap.
« Non, bien sûr que non, » dit Lucius en tendant sa main vers la joue de son promis.
Hyde l'avait parfaitement rasée et elle était si douce. Douce et humide.
« Je... » s'étrangla Harry tout en relevant lentement ses yeux. « Je ne voulais pas désobéir, tu sais, ni m'enfuir. Je suis désolé, si désolé. Je sais que je vous ai déçus, tous les trois et... » les pierres vertes se fermèrent, laissant échapper quelques perles d'eau qui s'échouèrent dans le creux de la paume de Lucius.
« Harry, c'est fini... »
« Tu m'en veux, » continua pourtant le jeune homme, les yeux toujours clos. « Et tu as raison. Severus aussi... Mais je voulais simplement faire au mieux pour Draco... J'ai pas réfléchi, Siri' a raison, j'ai fait n'importe quoi et... »
« Calme-toi, amour, calme-toi, » lui déclara Lucius d'une voix qu'il voulait apaisante tout en le prenant contre lui.
Harry se laissa aller dans ses bras, exténué. Malgré ses bonnes résolutions, sentir les caresses tendres de Lucius eurent raison de sa volonté. Il craqua et recommença à pleurer doucement dans le cou de l'homme.
« Je suis désolé, si désolé. »
« C'est moi qui suis désolé. Je ne voulais pas te donner ce châtiment corporel, Harry. Mais... On ne fait pas toujours ce que l'on veut avec ces fiançailles. J'étais en colère contre toi, c'est vrai mais surtout contre moi et contre Narcissa. Tu étais en danger, Harry, face à elle, pas tant en raison de la magie mais surtout à cause de sa folie et de sa haine. Je suis désolé. Désolé de ne pas avoir été là, désolé de ne pas avoir prévu ce qu'elle allait faire, désolé d'avoir dû te punir, mais c'est fini, Harry, c'est terminé. »
« Tu es parti, tout à l'heure, » bafouilla de nouveau Harry, les poings refermés sur la robe de son fiancé.
« Je suis désolé de ça aussi, j'ai eu tort. Mais regarde, je suis là, désormais. »
Le visage de Harry se leva vers lui. Lucius ne perdit pas une seule seconde avant de fondre sur les lèvres pâles. Il l'embrassa doucement, sentant le goût salé des larmes du jeune homme sur ses lèvres, lui démontrant toute son affection, tout son amour, dans ce baiser. Harry le lui rendit avec tout autant de douceur, appréciant pour sa part le goût du pardon qu'avaient ces baisers. Car c'était ce que Harry ressentait. Lucius lui pardonnait sa terrible erreur mais plus encore, il lui demandait lui aussi pardon à travers eux.
Ils restèrent un long moment ainsi, dans les bras l'un de l'autre.
Puis Harry se rallongea en entraînant Lucius sur lui. Les baisers devinrent alors passionnés, enfiévrés.
« Lucius... » gémit Harry. « J'ai besoin de toi... J'ai envie de toi... »
« N'ai pas peur, ne crains rien, je suis revenu pour toi, mon aimé. Je ferai tout ce que tu veux, Harry, tout ce dont tu as besoin. »
Le lord se redressa, uniquement le temps pour lui de se dévêtir de sa robe. Il se rallongea ensuite de tout son long contre le corps du brun, le couvrant de son poids.
Harry avait passé ses bras autour du cou de son presque amant, ne voulant plus qu'il s'éloigne. Il ouvrit ses jambes, demandant silencieusement à l'homme de s'installer entre elles. Comprenant le souhait de son promis, la bouche de Lucius partit alors sur son torse et parcourut une nouvelle fois ses tétons déjà durs. Elle glissa ensuite sur le nombril puis découvrit, sans surprise, le sexe à moitié érigé qu'elle suça avec ardeur.
« Oh... Lucius... » souffla Harry, pantelant.
L'aristocrate lui prit les jambes afin de placer avec délicatesse les pieds du garçon sur chacune de ses épaules. Harry se mordit les lèvres, se demandant ce que Lucius allait faire et surtout, jusqu'à quel point. Il refusait de penser que son fiancé allait une nouvelle fois le laisser en plan.
À sa surprise, la langue de Lucius délaissa pourtant sa verge, lui faisant échapper un petit sanglot. Mais Lucius lui caressa l'intérieur des cuisses, comme pour le rassurer. Sa bouche partit sur les bourses imberbes, gobant l'une, puis l'autre. La langue en fit le tour, les lécha avec application. Sentir cette coquine humide sur sa peau à nue était un véritable plaisir pour Harry. C'était si bon qu'il se demanda pourquoi il avait autrefois refusé ce délice et pendant aussi longtemps. Quel imbécile !
Pourtant, il n'était pas au bout de ses surprises car la mutine glissa encore plus bas, pour se poser sur sa petite entrée. Elle détailla chaque plis, faisant voir des étoiles à Harry. Comment cet endroit si particulier pouvait lui donner autant de plaisir ? Être aussi érogène et sensible ? C'était impensable, indécent et... totalement érotique.
Harry se mit à haleter, à geindre, sa tête se rejeta en arrière, ses mains se crispèrent sur le drap déjà bien malmené.
Car la langue de Lucius ne lui laissait pas de répits, pas d'attente. Elle continua son ouvrage, poussa sur l'ouverture qui peu à peu céda. Le bout de chair entra en lui, lui faisant se relever les reins. Harry poussa des borborygmes rauques, des petits cris d'extase. C'était incroyable.
« Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! » cria-t-il.
La langue de Lucius lui faisait l'amour, il n'y avait pas d'autres pensées qui occupaient son esprit que celle-ci.
Elle lui faisait l'amour, le stimulait encore plus que ce que les doigts de l'homme n'avaient fait quelques temps auparavant.
Elle lui faisait l'amour, lui demandait pardon de sa punition physique, de l'avoir frustré, de son abandon, pansait ses peines et son chagrin.
Elle lui faisait l'amour, l'aimait, l'adorait, lui donnait tout ce qu'il voulait, tout ce qu'il désirait.
Elle lui faisait l'amour dans tout ce qu'il y avait de plus beau et de plus simple entre deux personnes qui s'aimaient.
Elle lui faisait l'amour et l'emmenait là où les étoiles illuminent le ciel.
La respiration de plus en plus erratique, Harry se tendit, son sexe durcit, ses bourses se contractèrent alors que Lucius continuait ses doux va-et-vient linguales. Sans comprendre ce qui lui arrivait, l'orgasme s'abattit sur lui, le faisant éjaculer de longues giclées blanches qui s'échouèrent sur son ventre.
Il allait s'évanouir. Est-ce qu'il s'était évanoui, épuisé comme il l'était déjà avant cette déferlante de plaisir ?
Il ne savait pas, ne savait plus. Tout ce qui comptait était qu'il se trouvait dans les bras de l'être aimé.
La fatigue, l'épuisement de cette terrible journée fondirent sur lui, pourtant, malgré son obsédante envie de dormir, il trouva la force de demander :
« Et toi ? Tu n'as pas... »
« Ne t'inquiète pas pour ça. »
Le jeune sorcier hocha la tête, il ferma les yeux, soulagé de ne pas avoir plus d'activité à faire. Il passa sa langue sur ses lèvres sèches, brûlantes.
« Lucius, reste avec moi, toute la nuit. »
« Oui, je ne te laisse pas. »
« Je t'aime, tu sais. »
« Oui, je le sais, mon tendre petit promis. Dors, maintenant, tu es totalement éreinté. »
Harry hocha la tête tout en fermant les yeux. Moins d'une minute plus tard, il dormait, le corps plaqué contre celui de Lucius.
... ... ...
Le soleil filtrait à travers les rideaux fermés, taquinant le bout de son nez. Harry grogna tout en frottant son visage dans son oreiller. Il se tourna du côté opposé de la fenêtre, mais buta contre quelque chose de chaud, doux, au parfum reconnaissable entre tous : Lucius.
Cela lui fit ouvrir brusquement les yeux, lui faisant découvrir le visage serein de l'homme qui dormait encore, tourné vers lui. Harry sourit, tandis qu'une douce chaleur lui parcourait les veines.
Lucius était resté, toute la nuit. Enfin, ce qu'il en restait, certes, mais il était resté avec lui ce matin. C'était la première fois. Il ne voulais pas dormir avec Harry, ne se le permettant uniquement lorsque Draco n'était pas là. Mais même quand Harry s'endormait dans ses bras, le lendemain matin, il se retrouvait invariablement seul.
Pas ce matin. Et Harry sentit son cœur se gonfler d'amour. Oui, c'était bien de l'amour. Ce matin, Lucius était resté avec lui. Après l'atroce journée et sa non moins atroce punition, il était resté, sachant sans doute toute l'importance que cela avait pour le jeune sorcier.
Il tendit une main peu assurée afin de toucher le visage de son fiancé. Du bout des doigts, il caressa le front, la tempe, descendit sur la joue. Ce fut à ce moment que les lèvres de Lucius s'étirèrent en un sourire et que ses yeux d'un gris si clair, si pénétrant, s'ouvrirent.
« Bonjour, » souffla Harry.
« Bonjour, » répondit Lucius sur le même ton.
Harry ne pouvait se détacher de cette vision. Des matins comme cela, des réveils comme cela, il en voulait bien tous les jours.
Lucius se pencha vers lui et Harry compléta la distance qui les séparait pour l'embrasser.
Oh, oui, tous les matins, sans hésitation.
L'aristocrate le plaqua contre lui pour poursuivre leur baiser mais le mouvement qu'il lui fit faire arracha une petite grimace au jeune sorcier.
« Ça ne va pas ? » l'interrogea Lucius, inquiet.
« Si, mais... » Harry rosit d'un coup.
Lucius haussa un sourcil avant d'afficher un plus large sourire.
« Oh... Monsieur Potter aurait-il un petit problème de confort, ce matin ? »
« Mais euh ! » fit Harry avant de se coller un peu plus contre l'homme.
Celui-ci se mit à rire doucement, vite suivi pas Harry.
« Oui, mon petit fessier est légèrement sensible. C'est... bizarre. J'ai l'impression de... euh... de sentir encore tes doigts en moi... » expliqua Harry.
« C'est normal, c'était la première fois pour toi, et puis... j'admets que je n'ai peut-être pas été très tendre, cette nuit. Sans compter que je l'ai fait plusieurs fois alors... »
« T'excuses pas, » fit Harry en le coupant et en relevant ses yeux vers lui. « J'ai aimé. »
Ils se sourirent, complices.
« En fait... j'ai encore plus aimé quand tu l'as fait avec ta langue, » avoua le jeune homme.
Il ne manqua pas l'étincelle dans le regard gris.
« Si tu savais à quel point cela me fait plaisir de l'entendre ! Tu deviens plus à l'aise avec moi, c'est vraiment agréable. »
Il se pencha et leur baiser reprit. Leurs lèvres et leurs mains s'égarèrent sur le corps de l'autre, les faisant gémir. Naturellement, au vu de leurs activités et de la tension sexuelle entre eux, leurs pénis reprirent rapidement vie. Lucius s'allongea sur Harry qui, instinctivement, écarta ses jambes et planta ses talons dans le bas du dos de son fiancé. Étrangement, ce ne fut qu'à ce moment qu'il réalisa qu'ils étaient encore nus. Il soupira lascivement, leurs érections frottant l'une contre l'autre. La main de Lucius partit plus bas, entre ses fesses, caressa la petite entrée qui le tiraillait.
« Oui... Oh oui... Lucius, encore... » geint Harry en basculant le bassin.
« J'en meurs d'envie, mais ce n'est pas raisonnable... c'est trop sensible... » souffla Lucius tout en continuant ses caresses sur les petits plis tendres.
« On s'en fout... Merlin, Lucius, prends-moi ! »
Lucius se redressa, surpris, les yeux plein d'interrogations.
« Harry ? »
« Prends-moi, avec tes doigts. »
Avec un sourire ravageur face à cette demande si impudique dans la bouche de son promis, l'homme porta son doigt à sa bouche, l'enduit de salive puis le rabaissa et l'enfonça délicatement dans l'ouverture serrée, faisant siffler Harry entre ses dents.
« Non, mon cœur, regarde, tu as mal, » fit Lucius en retirant aussitôt le bout de son index.
Harry le regarda, perdu et déçu.
« Par contre, on peut faire d'autres choses, » continua Lucius en lui adressant un petit clin d'œil.
Il retourna à l'embrasser dans le cou, le torse et, tout naturellement, sur son sexe glabre. Harry poussa un lourd soupir plein de luxure et écartant outrageusement ses cuisses. Contre sa peau nue, Lucius sourit. Il était loin le jeune prude qui ne voulait pas entendre parler de fellation ! Et cela, à sa plus grande joie. Harry se dévergondait, tout doucement.
Lucius s'appliqua donc à procurer au jeune sorcier tout le délice dont sa langue ensorceleuse était capable. Et Merlin savait qu'elle était capable de grandes choses ! Pourtant, il sentit les doigts de Harry lui tirer légèrement les cheveux, puis la voix du garçon, haletante.
« Att... Attends... »
« Quoi donc ? » demanda Lucius en relâchant la verge mouillée.
« Cette fois, c'est mon tour, » décida Harry en se redressant.
Il allait pour retirer les draps quand la main de Lucius le retint par le poignet.
« Il te manque un élément important, avant cela. »
L'aristocrate agita sa baguette, qu'il avait laissée sur la table de chevet de son côté, faisant apparaître un bandeau de soie pourpre. Harry le regarda, dubitatif.
« Pourquoi tu veux encore me bander les yeux ? »
« Parce que, » rétorqua Lucius d'une voix ferme.
Il passa le tissu autour de la tête du brun, l'aveuglant.
« Je voudrais pouvoir te voir ! » protesta Harry qui n'obtint tout d'abord qu'une pichenette sur le nez en réponse.
« Et moi, jeune insolent, j'ai dit non. Tu ne me verras nu que pour notre nuit de noces. Et ne me dis pas que tu n'aimes pas, ta réaction de cette nuit me prouve bien le contraire, espèce de petit pervers, » roucoula Lucius en s'allongeant de nouveau sur lui.
« Pervers ? Même pas vrai... » commença à bougonner Harry.
Il ne put en dire plus avant qu'une petite tape sur les fesses ne le fasse glapir de surprise... et n'accélère de façon indécente son rythme cardiaque.
« Oh que si... » marmonna Lucius avant de prendre en bouche un téton érigé.
Harry se mit à se tortiller, se sentant durcir encore, excité au possible. Lucius attrapa ses poignets et les lui plaça au dessus de la tête.
« Tu ne peux pas me le cacher, je sais ce que tu aimes, je devine tes désirs, tes envies, même ceux qui te font rougir la nuit... »
Harry continua de geindre sous les baisers, ne cherchant pas à protester. Lucius avait raison, il aimait cela. Quand bien même il en avait encore un peu honte, il devait admettre qu'il aimait, non, qu'il adorait ce que Lucius lui faisait. Tout ce qu'il lui faisait.
Au bout d'un petit moment, les baisers et caresses cessèrent. Harry s'en étonna, avant de sentir la main de Lucius, sur ses cheveux. Les doigts glissèrent entre les mèches pour finir par appuyer doucement sur son crâne.
« Tu veux toujours essayer ? » demanda Lucius, la voix rauque.
« Oui, » répondit Harry, comprenant alors ce que la main de Lucius lui demandait.
À tâtons, il descendit le long du corps musclé, le découvrant de ses doigts et de sa bouche, à défaut d'avec ses yeux. Il sentit l'odeur de l'homme se faire plus forte, plus musquée, alors qu'il approchait de la zone qui l'intéressait.
Harry réalisa qu'ils ne s'étaient pas lavés, ni l'un ni l'autre, depuis leurs activités licencieuses de la nuit. Il n'en conçut aucun dégoût, même s'il savait que leur peau, ainsi que les draps, arboraient sans aucun doute les traces séchées de leurs précédentes parties de plaisir. Au contraire, cela l'excita encore plus.
Enfin, ses doigts s'entremêlèrent aux poils pubiens, sa joue rencontra un gland humide. Il pointa sa langue, timidement, la faisant entrer en contact avec le liquide poisseux à l'odeur marine qui recouvrait la peau fine et soyeuse. Il déglutit, appréciant ce goût salé, si nouveau pour lui. Ce n'était pas désagréable. Il ouvrit donc largement la bouche, avalant le pénis chaud, lourd, qu'il tenait dans sa paume.
« Oui, comme ça, mon cœur, c'est bien... » l'encouragea aussitôt Lucius.
Harry s'en donna donc à cœur joie, essayant d'avaler le plus possible la hampe de chair, la poussant au fond de sa gorge. Il n'avait pas prévu le petit haut le cœur qui suivit, mais ne se découragea pas et insista de nouveau.
Il se savait gauche, peu sûr dans ses gestes et sa façon de faire.
Pourtant, il aimait avoir cette grosseur dans la bouche, sentir l'odeur de Lucius, son goût. Il sortit le sexe de sa bouche, tentant de se souvenir de ce que faisait Lucius afin de faire de même. Il fit donc courir sa langue le long de la verge, titilla ensuite l'orifice gluant, lécha le frein et descendit plus bas. Il découvrit de suite le désavantage d'avoir une toison et la probable raison de son épilation de la veille.
S'occupant rapidement de ce petit problème avec ses doigts, il remonta le long de la verge pour reprendre le pénis en entier, le suçant avec ferveur. Trop sans doute. Lucius siffla entre ses dents, sa main posée sur les cheveux noirs.
« Doucement, doucement. Pas besoin d'aspirer si fort. »
« Pardon, » fit Harry en recommençant mais en mettant moins de force dans sa succion.
« Voilà, comme ça c'est bien... » soupira Lucius.
Il regardait la tête brune qui s'affairait entre ses jambes. Harry n'était pas très doué mais il mettait tant d'ardeur, tant de bonne volonté dans son ouvrage que Lucius était heureux. Nul doute qu'avec un élève aussi appliqué, le jeune homme deviendrait bientôt un maître en la matière. Lucius l'encouragea donc de nouveau, lui prodiguant conseils et félicitations. De fait, plus le temps passa, plus la fellation devint agréable... Lucius était aux anges, Harry apprenait vite, bien et prenait visiblement plaisir à ce qu'il faisait. S'il pouvait continuer ainsi jusqu'au bout, ce serait parfait. Surtout si le goût du sperme ne le rebutait pas. Tout en continuant ses caresses dans la tignasse noire, Lucius se souvint brutalement de sa propre première fellation. Il avait craché, vomi le sperme de son maître qui l'avait rudement puni pour l'affront. Chassant aussi vite qu'il était venu ce désagréable souvenir, il espéra que Harry ne ferait pas de même.
Au même moment, le garçon cessa ses attouchements et se redressa, à genoux sur le lit.
« Pourquoi tu ne viens pas ? Je suis mauvais ? »
Lucius eut un sourire indulgent que bien sûr, Harry ne vit pas.
« Non, rassure-toi. »
« Je suis pas doué, j'en suis sûr... »
« C'est la première fois, c'est normal de ne pas savoir faire. Ne t'inquiète pas, c'était très bien. »
« Mais tu ne viens pas ! »
« Il faut un peu de temps, » rit Lucius, surpris mais enchanté de l'empressement de son promis.
« J'ai mal à la mâchoire, » avoua alors Harry.
Lucius rit doucement une nouvelle fois tout en prenant le jeune homme déconfit dans ses bras. Une idée lui vint à l'esprit, ainsi qu'un puissant désir.
« Attends, on va faire autrement. »
Il s'allongea mais au lieu d'inciter Harry à se mettre dans le même sens que lui, il fit l'inverse, les faisant se mettre tête-bêche. Le jeune sorcier ne sut tout d'abord pas ce qui se passait, sa cécité ne l'aidant pas, néanmoins il comprit rapidement quand Lucius le prit en bouche et qu'il sentit dans le même temps le désir de l'homme contre la sienne.
Impatient, il écarta de nouveau ses lèvres, permettant au pénis turgescent de le pénétrer.
Les sensations se firent de suite merveilleuses. Il était sucé avec une dévotion sans pareil et il suçait dans le même temps. Bien vite, il tenta de reproduire les gestes et la façon de faire de Lucius. Cependant, malgré sa bonne volonté évidente, il monta rapidement plus haut dans le plaisir que son fiancé. Il ne put bientôt plus faire autre chose que respirer de façon saccadée, tandis que le pénis de Lucius tressautait entre ses lèvres qu'il ne maîtrisait plus.
« Lucius... je peux... plus... » haleta-t-il en le relâchant complètement.
« Viens, mon cœur, viens, c'est pas grave... »
À peine Lucius finit-il sa phrase et reprit le sexe du brun en bouche que Harry se tendit, lança son bassin en avant et, poussant de longs gémissements essoufflés, se vida entièrement. Il peina à reprendre une respiration plus calme et se laissa aller contre le matelas.
Une fois revenu un peu plus à lui, il tendit sa main en tâtonnant vers le pénis toujours dur et imposant de Lucius. Ce dernier dans sa paume, il le dirigea de nouveau dans sa bouche. Harry suça avec une ferveur renouvelée, voulant absolument offrir à Lucius la délivrance. Celui-ci commença à bouger des hanches, de plus en puissamment, enfonçant son pénis dans la gorge de Harry. Le jeune homme sentit son fiancé bouger et se placer au dessus de sa tête, les jambes de part et d'autre de celle-ci, tout en étant toujours inversé, ses bourses lui frôlant le nez. Une main se saisit d'un coup de sa nuque et lui fit doucement pencher la tête en arrière pour dévoiler sa gorge. Puis les va-et-vient reprirent.
Lucius soupirait, anhélait de plus en vite, de plus en plus fort, au rythme de ses mouvements. Harry ouvrit plus largement la bouche, s'obligeant à accepter le plus de longueur possible en respirant par le nez en cadence. Ses mains se plaquèrent sur les hanches et les fesses de Lucius, appréciant leur douce fermeté tout en l'empêchant toutefois d'aller trop loin.
Il aimait ça, comme il aimait ça ! Hier, Lucius lui avait fait l'amour avec sa langue, aujourd'hui il faisait l'amour à sa bouche, la possédant, la pénétrant de son sexe.
Et puis, Lucius poussa un cri rauque alors qu'il se déversait profondément dans la gorge de son promis.
Harry avala tout ce qu'il put, même s'il sentit que du sperme coulait hors de sa bouche. Le goût, l'odeur du sperme l'envahit de toute part. C'était fort et puissant tout à la fois, amer et salé, excitant et écœurant, il ne savait plus.
Lucius s'effondra à côté de lui sur le lit et se remit dans le même sens que le garçon. Harry l'entendit gigoter encore un peu puis son bandeau lui fut retiré.
Clignant des yeux, il découvrit le visage de son... amant ? au-dessus de lui. Lucius lui souriait gentiment, sa main s'avança et lui essuya ses lèvres humides.
« Ça va ? » murmura Lucius.
« Oui, » fit Harry, de même. « Mais j'ai la bouche toute engourdie. »
Lucius rit, un son cristallin absolument délicieux aux oreilles de Harry. Il se pencha, lui embrassa rapidement les lèvres.
« Tu vas être tout engourdi de partout alors, aujourd'hui. »
Harry rosit un peu, avant de sourire largement.
« Lucius. »
« Oui ? »
« C'est bon le sexe. »
Cette fois-ci, Lucius s'esclaffa franchement.
« Oh, Harry ! Tu es à la fois si innocent et si aguichant. Oui, c'est bon, le sexe. C'est bon quand il se passe ainsi. »
Harry se plaça sur le côté, attirant l'homme contre lui. Homme qui avait remis son pantalon, soi-dit en passant.
« Ainsi, c'est à dire, en douceur, en plaisir... »
« Désiré, désirable... » continua Lucius en picorant les lèvres couleur framboise de son promis. « Amoureux... »
Harry s'obligea à regarder Lucius dans les yeux, sans faillir.
« Je t'aime. »
« Moi aussi. »
Ils retournèrent à s'embrasser, mêlant leur amour, leur salive, leur essence et leur tendresse. Cependant, ce baiser ne dura pas car un crac retentit dans la pièce, les faisant à la fois sursauter et se décoller.
« Maîtres, Hyde est désolé de vous interrompre, mais le professeur Snape ne va pas tarder à arriver. »
« Par Merlin ! » couina Harry en se levant du lit d'un seul bond, soudain paniqué. « Severus arrive dans combien de temps ? Je ne suis pas prêt, je dois prendre ma douche, m'habiller, me coiffer... non, ça, je laisse tomber, mais je dois absolument être présentable ! »
« Calme-toi, voyons. »
« Me calmer ? J'espère que tu plaisantes. Il faut que je sois irréprochable ! »
Devant le regard interrogatif de Lucius, Harry lança, à cran.
« Après ce que j'ai fait hier, il va me tuer ! Si je veux que cela se fasse sans trop de souffrances, j'ai plutôt intérêt à être impeccable, sinon... sinon tu n'auras plus grand chose à enterrer de moi, » termina-t-il lugubrement.
... ... ...
Une grande gerbe de flammes vertes illumina la cheminée, d'où en surgit Severus Snape. Le sorcier sortit de l'âtre, fier, altier et d'humeur massacrante, sa robe noire claquant derrière lui.
Lucius eut la surprise de voir son promis se ratatiner sur lui-même. Il fallait dire que le regard sombre de Severus sur le jeune homme était relativement impressionnant.
« Bonjour, père, » fit Harry, debout devant le maître des Potions.
Ce dernier le dévisageait, le visage aussi froid que ses yeux.
« Bonjour, Harry, » répondit-il enfin, d'une voix basse et meurtrière.
Harry déglutit tout en baissant la tête. Bon, cela s'annonçait au moins aussi pénible qu'il l'avait prévu. Severus allait lui passer un savon devant son fiancé. L'humiliation serait donc totale. Le jeune homme aurait pu s'en sentir révolté. Après tout, il avait plus de vingt ans ! Mais au vu de la gravité de ses actions, de leurs conséquences et surtout, étant donné la relation qu'il entretenait avec Severus, il en était incapable.
Severus serait toujours le seul à être véritablement capable de le faire taire, de le mettre à mal et de le faire se sentir si... petit et enfantin.
« Alors, » commença Severus, brisant le silence. « Est-ce que ta punition est déjà terminée ? »
« Oui, père. »
« Hum ! Lucius est bien clément avec toi. Dommage que lui seul puisse intervenir, mais sache que je n'en ai pas fini avec toi. »
Harry rentra encore un peu plus la tête dans ses épaules.
« Oui, père, » murmura-t-il.
Après un moment de nouveau silencieux, il se risqua à relever un peu la tête. Le visage revêche de Severus lui faisait toujours face. Ce dernier explosa enfin, bien que sa voix resta basse.
« J'espère que tu es fier de toi ? Réalises-tu ce que tu as fait ? Le danger que tu nous as fait courir à tous ? Sirius aurait pu être grièvement blessé, ou pire, tué ! Tu m'as ridiculisé devant mes élèves, je me suis effondré devant eux face à la force de l'appel ! Tu ne penses donc à rien ?! Quand apprendras-tu à te servir de ton cerveau ! À réfléchir un peu avant d'agir ? »
« Sirius me l'a déjà dit, » se défendit Harry.
Devant les éclairs de rage qui traversèrent les yeux onyx, il fit prudemment un pas en arrière, se maudissant intérieurement de sa témérité.
« Silence ! » cria Snape. « Comment as-tu pu à ce point être aussi inconscient ? Ne réponds pas ! Je n'ai que faire de tes misérables excuses ! Encore plus si c'est pour te cacher derrière Sirius ! Je ne sais pas ce qui me retient... Tu me fais honte, Harry ! »
Le garçon baissa de nouveau la tête, rapidement, afin de cacher les larmes qui lui montaient au yeux. Rien ne pouvait le blesser autant que ce genre de reproches de la part de celui qui était devenu son père.
Il se mordit les lèvres, refusant de se laisser aller à pleurer. Il n'était plus un enfant, que diable. Pourtant, toutes les émotions et la fatigue qu'il accumulait depuis la veille lui donnaient une furieuse envie de se réfugier dans les bras de Lucius pour y vider son chagrin.
L'aristocrate, quant à lui, fit un pas en avant vers Severus. Tous les sentiments qui tourbillonnaient follement dans l'esprit de Harry lui donnaient le tournis. Il ressentait son désespoir, sa tristesse, la blessure d'amour propre ainsi qu'un profond dégoût de soi-même. Il savait son promis encore sensible et fragile, que ce soit en raison de ce qu'il avait vécu que de part la magie qui l'avait profondément déstabilisé. Bien plus que ce que le garçon lui-même le réalisait sans doute ou que ne devait le savoir Severus. Il lui faudrait au moins encore deux ou trois jours avant de récupérer pleinement.
Discrètement, et en profitant que Harry gardait la tête basse, il fit un petit signe à Severus pour lui demander de se calmer.
« Severus, » expliqua-t-il à voix haute. « J'ai puni Harry, selon ce que l'on avait convenu hier pour le châtiment corporel. Il n'a que peu dormi cette nuit et je pense que la leçon a été comprise. N'oublions pas non plus que ce qu'il a fait, il l'a fait pour Draco. »
Harry, reconnaissant, releva des yeux brillants de larmes contenues vers son fiancé.
« Comment va Draco ? »
« Relativement bien, » répondit Severus, froidement. « Pour quelqu'un qui a agi pour lui, c'est bien étonnant que tu ne t'en inquiètes que maintenant ! »
« Désolé, père. Je me doutais que tout allais bien, Lucius et Sirius m'en auraient parlé, sinon, » balbutia Harry, confus.
« Draco est avec Sirius pour la journée. Il reviendra ce soir, » termina Severus en s'adressant à Lucius, ignorant les paroles du jeune sorcier, profondément blessé de ce dédain affiché. « À moins que tu ne veuilles qu'il reste un peu plus ? Dumbledore est d'accord. »
« Ce soir c'est parfait. »
Lucius ressentit la nouvelle vague de malaise provenant de Harry qui avait détourné la tête et se mordillait un ongle.
« Il va mieux, mais je pense que tu devras avoir une discussion avec lui. Il craint que sa mère ne revienne. »
Harry leur jeta de nouveau un petit coup d'œil qui fut aperçu par Severus.
« Tu n'es pas concerné ! » aboya-t-il. « Pour ma part, je n'ai rien d'autre à te dire. Je suis toujours terriblement en colère après toi, donc, je pense qu'il est préférable que tu ne vois que ton chaperon pendant quelque temps. Lucius, tu peux renvoyer ton promis dans ses quartiers. »
Le lord blond perçut une telle douleur provenant de Harry qu'il fronça les sourcils, étonné.
« Je pense que Harry peut rester. Il m'a souvent demandé des renseignements sur Narcissa. Ce qui s'est passé... montre qu'il faut s'en doute qu'il soit informé de cette partie-là de ma vie et de celle de Draco. »
« Merci, Lucius, » souffla Harry.
« Je considère plutôt que ce qui s'est passé hier montre surtout ton indécrottable stupidité, Potter ! »
Le visage de Harry se fissura, il tourna une nouvelle fois la tête, se cachant des deux autres hommes.
« Potter Snape » dit-il d'une petite voix chevrotante. « Je m'appelle Potter Snape... non ? »
Le silence revint dans la pièce. Lucius étudiait son promis, dont la main tremblante passa sous les lunettes, vers ses yeux. Il était dans un tel état de détresse qu'il ne put faire autrement qu'intervenir une fois encore.
« Severus... Harry a parfaitement compris la leçon, je t'assure. La magie l'a puni, moi aussi. Tes propos et ceux de Sirius également. Il est très faible, Severus. Il lui faut un peu de temps pour se remettre... »
Severus ne dit d'abord rien, fixant simplement Harry.
« Harry, regarde-moi, » ordonna-t-il.
Le jeune homme obéit, révélant ainsi des yeux désormais humides et... incroyablement cernés comme le nota pour la première fois Severus.
« Je te demande pardon, Severus. Sincèrement. Et à Sirius aussi. Vous avez raison, je n'ai réfléchi à rien, encore une fois. Je pensais bien faire et je me suis trompé. J'aurai dû écouter Hyde, ne pas sortir du manoir. Et quand j'ai senti que la magie m'ordonnait d'arrêter, j'aurais dû lui obéir. Je suis... désolé... et... je sais que je vous ai blessés et déçus... Je suis vraiment bon à pas grand-chose... Je comprends que tu sois en colère, que tu ne veuilles plus me parler, ou me voir... Mais... tu... Tu me laisseras pas seul trop longtemps, hein ? S'il te plaît... papa... » Harry s'arrêta, n'osant pas en dire plus.
Severus soupira tout en prenant l'arrête de son nez entre les doigts.
« Harry... tu es désespérant... »
Le brun se mordit la lèvre, la tête de nouveau basse.
« Non, je ne te laisse pas... eh bien sûr que tu t'appelles toujours Harry Potter Snape... Quand cesseras-tu de douter de l'amour que j'ai pour toi ? »
L'ancien Gryffondor, à ses mots, n'y tint plus et se jeta dans les bras du sombre professeur qui le serra contre lui.
« Si je suis si en colère, si furieux, c'est parce que j'ai eu peur ! Peur, tu comprends ? Tu es ma faiblesse, Harry, mon fils, mon enfant. Tu étais à terre, devant cette folle furieuse qui se battait avec Hyde. Tu convulsais et... j'ai eu peur de te perdre. Ma colère... elle n'arrivera jamais à la hauteur de ma peur. Promet-moi de ne plus jamais faire de telle chose, Harry, plus jamais, je n'y survivrais pas. Sirius et moi, on s'en veut tellement, tellement. On aurait dû plus t'avertir, te mettre en garde. Je ne pensais qu'à ton bonheur, je ne voyais que le côté idéaliste, romantique, de ces fiançailles et j'ai omis, occulté tout le reste. C'est ma faute plus encore que la tienne... »
L'homme plaqua avec force le corps de Harry contre lui, l'étouffant presque. Il passait et repassait ses mains dans sa tignasse, s'abreuvait de son odeur.
« On a déjà voulu te prendre à moi tant de fois. Je ne le supporterai pas, Harry. Je ne peux pas vivre sans te savoir près de moi. »
Harry pleurait doucement dans son cou, se sentant à la fois vidé et apaisé. Ses jambes avaient du mal à le faire encore tenir debout mais, ne voulant pas lâcher son père, il se cramponnait à lui de toutes ses faibles forces.
« Severus, porte-le sur le canapé, il ne tient plus, » fit alors une voix à ses côtés.
Harry se sentit soudain porté puis déposé avec précaution sur quelque chose de mou. Les yeux clos, il se laissa faire, heureux de sentir l'assise s'affaisser et les doigts de Severus dans ses cheveux.
« Il est vraiment épuisé, » chuchota le maître des Potions.
« Oui, il le sera encore pendant quelques jours. C'est normal. Et c'est vrai qu'en plus, il n'a pas beaucoup dormi, comme je te le disais tout à l'heure. »
« Je vois... Je suppose qu'il serait indiscret de te demander pourquoi ? »
« J'étais avec lui. »
« Toute la nuit ? »
« Presque. Disons que je suis parti mais que je suis revenu. Il allait trop mal. Je ne supporte pas de savoir qu'il souffre. Je ne veux pas qu'il souffre, » murmura Lucius.
« Je sais. C'est bien pour cette raison que je suis heureux que ce soit toi, à ses côtés. »
Harry se demanda s'il n'allait pas finir par s'endormir dans le silence confortable qui s'éternisait, quand la voix de Lucius s'éleva une nouvelle fois.
« Tu as dit que tu ne pourrais pas vivre sans lui, mais il va te quitter, Severus, s'il m'épouse. »
« Il ne me quittera pas. Il vivra avec toi, certes, mais il restera à mes côtés. Je ne le perdrai pas. Je sais que je pourrai le voir aussi souvent que possible, et surtout, que vous ne m'exclurez pas de sa vie. C'est mon fils, mon enfant. Il est venu bien trop tard dans ma vie, alors je ne veux pas gâcher les instants qu'il me reste à vivre avec lui. »
« Tu l'aimes trop. »
« Au moins autant que ce que toi, tu aimes Draco, » ricana Severus.
Il s'arrêta avant de reprendre :
« Je suis heureux pour vous deux. Je ne souhaitais que son bonheur, tout comme je souhaitais le tien. Il t'épousera, Lucius, et vous me ferez de beaux petits-enfants, que Sirius et moi nous gâterons à outrance. »
« Je l'espère. »
« Je le sais. »
Ce furent les derniers mots que Harry entendit avant de sombrer pour de bon dans les bras de Morphée.
... ... ...
Des voix étouffées parvenaient jusqu'à ses oreilles, l'incitant à se réveiller. Il grogna, ne souhaitant pas sortir de l'état de douce torpeur qu'il l'enveloppait. Il était au chaud, douillettement installé sur il ne savait pas quoi avec une couverture reposant jusque sur ses épaules. Quelqu'un lui caressait les cheveux... et aussi les chevilles.
Il soupira, s'éveillant peu à peu. Et puis, il avait faim !
« Coucou, la marmotte, » fit une voix au-dessus de lui alors qu'il ouvrait les yeux, découvrant un voile doré et deux perles grises.
« Coucou, amour, » sourit Harry.
Deux bras le soulevèrent, il passa les siens autour du cou de son fiancé et ils s'embrassèrent en une multitude de petits bécots. Alors qu'il caressait les longues mèches satinées et que la main de Lucius se glissait sous sa chemise, un petit raclement de gorge les firent se décoller.
Harry découvrit avec surprise que Severus était lui aussi sur le canapé. C'était d'ailleurs sur lui que reposaient ses pieds et donc Snape qui lui câlinait les chevilles tout à l'heure.
Il rosit, réalisant que c'était la première fois qu'il embrassait Lucius devant une autre personne. Certes, ils avaient fait bien plus que s'embrasser lors du match de la Ligue, mais les autres spectateurs, eux, ne les voyaient absolument pas. Ce qui n'était pas le cas de son père qui les dévisageait d'un air pour le moins goguenard.
« Euh... Salut, papa. »
« Rebonjour, fils. Bien dormi ? Je suppose que oui, tu as ronflé. »
« Je ne ronfle pas, je respire fort. »
« Tu veux manger quelque chose ? » les interrompit Lucius. « Hyde a préparé du thé et Jekyll des tartelettes. »
« Des tartelettes ? J'en veux, je meurs de faim ! » s'écria aussitôt Harry en se redressant un peu plus.
« Seigneur, Lucius, c'est décidément toi qui a une très mauvaise influence sur les autres habitants de ton manoir. J'ai l'impression d'entendre Draco ! » ronchonna Severus.
« Pardon, père. Puis-je avoir des tartelettes et une tasse de thé ? »
Moins de deux minutes plus tard, Harry était installé à moitié assis, ses pieds nus toujours sur le canapé et au chaud sous la couverture, son torse plaqué contre Lucius. Bonheur suprême, il avait une énorme tasse de thé fumante sur la table basse devant lui et un monticule de tartelettes et sandwichs variés sur un plateau.
Il avait déjà dévoré pas moins de trois sandwichs, avalé deux tartelettes aux myrtilles et hésitait, main tendue devant lui : sandwich au saumon fumé ou tartelette au citron ? Cruel dilemme.
« Eh bien, tu mourrais de faim effectivement, » constata Severus.
« Je n'ai pas mangé hier soir, à part un peu de bouillon. Je n'avais pas faim et j'étais trop faible. »
La voix de Harry s'éteignit alors qu'il se sentait de nouveau mal à l'aise. Il n'avait pas du tout envie de reparler de la veille. L'appétit subitement coupé, il retira sa main vide.
Lucius le serra un peu plus contre lui grâce à son bras passé autour de sa taille, en réconfort. Harry leva le nez vers lui et lui adressa un petit sourire reconnaissant.
Un long soupir sur sa gauche le fit se retourner vers son père. Père qui lui tendait la tartelette convoitée. Ses yeux sombres étaient doux, désormais.
« Mange, mon garçon, tu as besoin de récupérer. Tout est pardonné, Harry. Sirius et moi avons été très durs, nous en avons bien conscience. C'était nécessaire sur le moment, pour que tu comprennes la force de la magie et que tu ne tentes rien d'irréfléchie à nouveau, surtout pendant la punition. Mais nous ne sommes plus fâchés. Comme je te l'ai déjà dit, seul ton bonheur nous importe. »
Le garçon mordit dans sa tartelette, appréciant le goût acide et sucré propre au citron. Il s'étonna de la situation tout en mâchant. C'était bien la première fois qu'il était ainsi, partageant son intimité avec Lucius avec une autre personne. Il constata que la relation entre les deux autres sorciers était vraiment aussi profonde qu'il l'avait pensée. Jamais Lucius n'était aussi détendu, sauf en sa seule présence dans le petit salon ou la pénombre de sa chambre.
Là, l'aristocrate lui caressait lentement le bras, lui embrassait de temps en temps les cheveux. Il était décontracté, lui-même.
Quant à Severus, il ressemblait au Severus privé que Harry connaissait déjà. Il était bien moins crispé qu'en présence des Weasley, par exemple.
Une famille. Ils étaient une famille. Ne manquait plus que Draco et Sirius et le tableau serait complet pensa Harry avec bonheur.
« Pourquoi cette soudaine euphorie ? » l'interrogea Lucius.
« Arrête d'espionner mes émotions ! » s'insurgea le jeune sorcier, rieur.
« Je ne peux pas l'empêcher, c'est comme ça, » répondit négligemment Lucius, pas désolé pour une Noise.
« Parce que je suis heureux, » répondit finalement Harry. « Je vous sens détendus, ça me plaît bien. »
Lucius se pencha, l'embrassa sur les lèvres, faisant de nouveau rosir Harry qui jeta un coup d'œil à Severus.
« Ne sois pas gêné, je me doute bien que vous vous embrassez et que vous faites sans doute bien d'autres choses que je ne souhaite absolument pas savoir, » le railla Snape. « Dois-je te rappeler que je suis un chaperon ? Je sais tout de vous ou presque. »
« Entre le savoir et le faire devant toi, c'est différent, » marmonna Harry en se calant néanmoins plus confortablement contre Lucius.
« Je vois votre intimité, c'est vrai. J'en suis heureux cependant. Grâce à votre union, Lucius et Draco feront vraiment partie de ma famille. Officiellement, je veux dire, » lança Severus sans se soucier le moins du monde des joues une nouvelle fois roses de son fils.
Préférant ne pas relever à voix haute que Snape partait du principe qu'il allait accepter d'épouser Lucius, le jeune homme se reprit rapidement avant de demander.
« Et Narcissa ? »
Il sentit Lucius se tendre, Severus se crisper un peu.
« Vous aviez dit que l'on pouvait en parler, » expliqua alors Harry en prenant le main de Lucius dans la sienne. « C'est vrai que je m'interroge beaucoup et je m'inquiète aussi, pour Draco. Pourquoi était-elle là ? Pourquoi m'a-t-elle agressé ? Où est-elle ? »
« À Azkaban, » répondit froidement Lucius. « Elle a attaqué un promis couvert par l'Amoris Promissio, lui a arraché son manteau, ce qui strictement interdit. Quant au reste... Je crois qu'il est effectivement temps pour nous de te parler de la génitrice de Draco. »
… … …
À suivre
… … …
NDA : pour le prochain chapitre, non seulement vous découvrirez l'histoire de Narcissa (oui, enfin ;) ) mais vous aurez aussi droit à un long passage consacré au couple Sirius/Severus.
Pause pub : Vous le savez, cette fiction est un cadeau pour Nanola, mais ma douce Bichette vous a fait à vous tous, amis lecteurs, à son tour un cadeau. Il s'agit de sa nouvelle fiction « Faire les bons choix » que je vous conseille vivement.
