Chapitre 25 : Descente aux enfers.
Partie 1 : Une histoire de Balai
Les vacances de Noël se rapprochaient à grands pas et Archimède Montague avait de plus en plus de mal à contrôler son impatience. En fait, ils devaient prendre le Poudlard Express dans seulement cinq petites heures, lorsque tout le monde se serait enfin réveillé.
Lui-même était debout a cette heure anormalement matinal car il venait d'avoir une conversation avec Harry par l'intermédiaire d'une pincé de poudre à cheminette, et savait que son ami ne tarderait pas à rentrer après son deuxième match international de Quidditch : la rencontre Angleterre / Brésil.
Malheureusement il ignorait encore tout du résultat, ne savait pas exactement quand Harry arriverais et l'attente commençait à lui porter sur les nerfs puisqu'il guettait depuis déjà 2 bonne minute le retour de son ami dans la salle commune déserte...
Le match en question, qui était l'affiche des qualifications dans la poule 'Veracrasse' où se trouvait l'équipe de Harry, était essentiel, car il déciderait probablement de la future qualification de l'Angleterre pour la phase finale de la coupe du monde !
Ce qui voulait dire que Harry était désormais en retard de six bonnes minutes sur son agenda car il avait probablement été retenu plus qu'à l'accoutumé par les nombreuses conférences de presse qu'il était contraint de donner après chaque match. (Il avait à ce sujet maudit copieusement son contrat avec l'équipe d'Angleterre qui lui interdisait de molester les journalistes et l'obligeait à demeurer poli devant chaque reporter pendant un minimum de dix minutes après chaque match !).
Brusquement, la porte de la salle commune s'ouvrit dans un grand bruit et Harry Potter, sorcier de quatrième année et joueur de Quidditch de niveau international, entra d'un pas fatigué. Il portait sur l'épaule un petit sac de sport noir fait en cuir de dragon et marqué de l'emblème de l'équipe d'Angleterre : un griffon tenant un souaffle entre ses pattes avant.
Outre cette étrange petite sacoche, le jeune mage tenait à la main une étrange petite bouteille métallique et stylisée portant une inscription au nom de la marque Perrier.
-Est ce que tu savais que les boissons Perrier et Coca-cola avaient une franchise dans le monde magique ? demanda immédiatement le dernier des Potter dès qu'il aperçut Archimède, avant de lâcher l'un des plus grands sourires que le brun l'ai jamais vu arborer, déstabilisant ainsi complètement Montague.
-Je..., murmura Archie complètement pris au dépourvu par l'étrange humeur jovial de son ami.
-Dans le monde magique, les deux marques appartiennent à la même maison : la firme Boubagump qui est bien connue grâce au succès de ses pâtisseries Crevetolat, et je viens de signer un contrat qui fait de moi leur nouveau modèle publicitaire vedette ! Expliqua Harry dont les yeux brillait d'une étrange lueur !
-Modèle vedette ? répéta bêtement Archimède en clignant plusieurs fois des yeux avec incompréhension avant de se ressaisir. Je n'aurais jamais pensé que tu acceptes un truc du genre... En fait, j'étais même à peu près certain que tu transformerais la première personne à oser te demander ça, en quelque chose de peu ragoutant, souffla le brun en se demandant un instant si il avait bel et bine affaire a Harry ?
-Hein ? Attaquer quelqu'un me proposant des sommes d'argents astronomiques, des contrats publicitaire lucratifs et des opportunité de collaboration financière sans limite ? Tu es fou ! s'exclama Harry avec une incrédulité parfaitement sincère tout en remplissant deux coupes avec ce qui semblait être du Perrier aromatisé au citron.
Archimède souffla de soulagement rassurer par l'attitude avaricieuse de son ami : Il s'agissait bien le de Harry Potter. Le brun saisit le verre que Harry lui tendit et ouvrit de grands yeux lorsqu'il découvrit que ce dernier était glacé ! Le jeune mage croisa son regard et soudain un sourire machiavélique bien plus naturel que son expression jovial précédente s'étira sur son visage avec une lenteur délibérée.
-Bon d'accord, je me rends, finit par soupirer Archimède avant de prendre une grande inspiration et de lancer en un seul souffle. Quel-est-le-résultat-du-match- ?-Vous-avez-gagné- ?- Allez-dis-!-Dis-!- Et-pourquoi-as-tu-accepté-de-devenir-modèle,-ça-veut-dire-que-vous-avez-gagné-non-?-Et-d'ailleurs-pourquoi-ta-boisson-est-fraîche-alors-que-tu-viens-de-la-servir-et-qu'il-fait-drôlement- chaud-dans-cette-fichue-salle-commune. Oh-mais-je-m'égare,-nous-parlions-du-match,-non...
-Tu parais troublé mon bon Archimède, permets-moi de t'éclairer, répondit Harry d'un air volontairement pompeux en une imitation criante de vérité d'un certain Perceval Weasley. Alors pour commencer, nous avons gagné contre le Brésil qui est probablement l'une des trois meilleures équipes du monde et au cours de ce match d'anthologie, j'ai été élu meilleur joueur sur le terrain en inscrivant 64 buts et 41 passes décisives. Après cette boucherie, les sponsors sont venus me manger dans la main, j'ai certes stupéfixié traitreusement les deux premiers qui ont tenté de m'escroquer, mais ce petit bonhomme qui représentait Perrier/Coca/Boubagump avait l'air différent. Lorsqu'il m'a offert 20 millions de galions par an en échange de mon aide, j'ai su que j'avais bien vu. Et lorsque ce charmant monsieur m'a offert en prime un petit partenariat financier concernant la vente de produit dérivé et cinq de ces bouteilles magiques, indestructibles, climatisées, et possédant un système d'auto-remplissage me permettant de faire apparaitre la boisson de mon choix en quantité illimitée, j'ai su que j'avais fait le bon choix. Alors maintenant bienvenu les Gallions et surtout, surtout : fini le jus de citrouille de Poudlard, fini la Bièrreaubeure tiède... Plus jamais ! expliqua Harry un sourire démoniaque sur le visage.
Archie regarda avec stupéfaction Harry vider son verre de Perrier et se servir un verre de coca-cola en utilisant la même bouteille que précédemment. Lentement, la notion de ce que représentait vingt million de galions s'imprima dans son esprit avant d'être remplacé par un fait bien plus important : Harry avait cinq de ces bouteilles magiques.
Avant même qu'il ne puisse parler, son ami, qui paraissait avoir tout anticipé, lui tendit une autre bouteille avant de trinquer avec lui et de vider son verre.
-Hey, ce n'est pas si mauvais, s'étonna le brun en goûtant pour la première fois à cette boisson moldue pendant que Harry, qui s'était servi un nouveau verre, lui souriait largement.
Après un bref moment de repos, Montague reprit la parole.
-Tu sais, j'ai l'impression que les goals de la ligue internationale ne sont pas si bon que ça vu le nombre de buts que tu as marqué.
-Non, je pense juste que notre équipe a une assez bonne attaque, souaffle en main, contra Harry avec un geste de la main. En fait, le gardien adverse a fait pas mal d'arrêts, je suis à peu près certain que Bernardo a bloqué plus de quarante de mes tirs... Il est vraiment l'un des meilleurs gardiens que j'ai vu à ce jour, complimenta Harry avec ce qui ressemblait étrangement à de la sincérité, ce qui bien sûr surprit à nouveau Archimède: Harry complimentait très rarement les gens.
-Mais vous avez marqué tellement de buts, rien qu'à toi tout seul tu en as placé plus de 60, reprit Archimède pendant que Harry secouait la tête.
-Le match a duré près d'une journée entière à cause de multiples blessures des deux attrapeurs et au final, j'ai marqué 60 buts sur un total de presque cent tirs, ce qui veut dire que Bernardo en a arrêté près de un sur deux. Il faut toujours analyser toutes les statistiques avant de conclure.
-Alors, à présent que tu as deux matchs derrière toi, dont un contre une grande équipe. Quelle est la différence entre le Quidditch de l'école et le niveau international ? demanda Archie en hochant la tête pour signifier qu'il acceptait le précédent argument de Harry.
-Le niveau n'a rien de comparable, c'est comme de comparer une fourmi à un éléphant. Le vif d'or est au moins dix fois plus rapide et les Cognards aussi. Je devais en éviter un presque toutes les cinq secondes. Chaque joueur de l'équipe adverse est ce qu'il y a de mieux dans son pays, et une seconde d'inattention peut te coûter la vie, étant donné la vitesse du jeu, expliqua Harry en secouant doucement la tête comme s'il ne parvenait toujours pas à croire que son avarice l'avait entrainé dans pareille folie... Car il n'y avait aucun doute si Harry Potter avait accepté de prendre tous ces risques en premier lieu, c'était uniquement car il était grassement payer pour le faire !
-En tout cas, vous avez gagné. Avec un peu de chance, vous pouvez rêver à la phase finale désormais. Remarque, je ne suis pas sûr que ce soit une si bonne idée que ça, soupira Archie en songeant que le Harry Potter étant une étrange créature compétitive, son ami pourrait avoir l'idée saugrenue d'augmenter son entraînement physique pourtant démentiel si ce genre de choses venait à arriver.
-Tiens, devine ce qu'il s'est passé après notre victoire ? dit brusquement Harry avec un air fripon encore une fois étrange sur son visage.
Décidément le Quidditch de haut niveau paraissait lui faire un drôle d'effet et le rendait bien plus humain d'une certaine manière, songea Archie en ouvrant la bouche pour commencer à répondre.
Harry ne lui en laissa pas le temps et reprit la parole avec enthousiasme.
-Un nouveau concurrent sur le marché du Balai de course est venu nous voir afin de nous proposer ce bébé, dit Harry en sortant la bête de son petit sac noir qui avait été enchanté spécialement pour contenir ce genre de choses. Il l'appelle l'Éclair de Feu et en a offert un à chacun des joueurs de l'équipe en nous demandant de les tester pour lui.
-Je doute sérieusement qu'il puisse rivaliser avec un Nimbus 2001 et…, commença Archie avant de s'interrompre en apercevant finalement l'engin.
-ET SI ! Contra Harry avec un sourire avant de se racler la gorge et de poursuivre d'une voix professionnelle. Ce monstre accélère de 0 à 250 kilomètres/heure en quatre secondes, avec une manœuvrabilité proche de la perfection à toutes les allures, et une qualité d'enchantement défiant toute concurrence, expliqua Harry en souriant devant le regard éberlué de son ami.
-Si vite ? Murmura Archie complètent incrédule. C'est presque ridicule de l'imaginer, le nimbus ne fait même pas à moitié aussi bien.
-Je sais, tiens regarde toi-même, dit Harry en lâchant le balai qui s'arrêta de lui-même à mi-hauteur et lévita tranquillement déjà prêt à être enfourché, pendant que Archie passait une main précautionneuse sur le manche en ouvrant tout grand la bouche.
-Ligne aérodynamique, poignée souple renforcée au peuplier, polie à la graisse de troll et à la poudre de diamant, ses branchettes terminales sont en noisetier entourées d'un cercle d'or pour une vitesse de pointe incomparable. Numéro de série enchanté à la main, charme d'assise surpuissant, et direction magiquement assistée... Ce bébé va révolutionner la notion même de balai de course, et au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je viens de te réciter par cœur la notice, mais que veux-tu, elle fait sa petite impression, non ?
Archie hocha la tête, osant à peine toucher la merveille qui semblait briller comme un joyau à la lumière de la cheminée.
-Que… Combien coûte ce... cette merveille ? demanda le brun la gorge sèche, tout en admirant le travail du bois.
-Pff, aucune idée. Prix sur demande et les nôtres ont été offerts. Mais surtout, ne t'inquiète pas : tout d'abords j'ai déjà acheter tout un tas d'action de la marque et ensuite il y a une série de runes d'indestructibilité et un certain nombre d'enchantements anti choc qui renforcent le balai. Ce bébé est plus solide qu'une armure de gobelin, regarde, expliqua Harry en saisissant l'engin de course avant de le frapper brutalement contre le mur.
Un puissant Twachc se fit entendre mais à la plus grande surprise d'Archimède, le balai n'avait pas une égratignure. Il tendit la main et saisit alors le monstre lorsqu'une voix l'interrompit.
-Au nom de toutes les putains d'Atlantis, qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Roger qui venait d'apparaitre comme par magie dans la salle commune, ayant sans aucun doute reconnu le bruit caractéristique d'un bois heurtant la pierre et désireux de corriger le fou assez stupide pour abimer un balai alors qu'il était à proximité !
Archie afficha tout de suite un grand sourire et pris l'initiative de réciter à Davis toutes les caractéristiques du balai pendant que Harry souriait doucement en regardant l'expression de choc de son ancien coéquipier. La conversation dévia ensuite sur la victoire de l'Angleterre et le visage de Davis sembla s'illuminer à l'annonce de la bonne nouvelle et serra la main de Harry.
-Bien joué, mon pote ! Le félicita Roger. A présent, nous avons une vraie chance de nous qualifier pour la phase finale de la coupe du monde. Ce serait la première fois depuis plus d'un demi-siècle, rends toi compte. Contre qui est-ce que vous jouez la prochaine fois ?
-Pff, ne me le rappelle pas, grommela Harry. Nous jouons contre la Serbie. Ils ont une bonne équipe de poursuiveurs et surtout les deux meilleurs batteurs du monde !
-Oui, les frères Borak, ils ont une force de frappe inimaginable, j'ai déjà vu une fois où un simple cognard de leur part avait suffi à envoyer trois joueurs adverses à l'hôpital, acquiesça gravement Roger, pendant que Archimède faisait une petite grimace et que Harry soupirait.
-Ne m'en parle pas, le coach a peur que nous y restions tous. En conséquence, il a décidé de doubler l'entraînement pour augmenter nos chances de survie. Cependant, le consensus au sein de l'équipe est qu'il veut juste en pourrir les derniers moments, expliqua Harry en secouant la tête. Pour passer à un sujet plus heureux, quoi de neuf pendant mon absence ? Questionna le joueur de Quidditch avec curiosité.
Ses deux comparions se mirent à ricaner d'un commun accord et Archie prit la parole.
-Tu veux dire, à part le fait que Neville est désormais considéré comme la réincarnation de Voldemort ? Commença Archimède avant de se mettre à pouffer.
-Ou le fait qu'il l'aurait apparemment tué grâce à la magie noire quand il était petit pour voler ses pouvoirs et aurait pour actuel projet de détruire Poudlard en lâchant le monstre de Serpentard ? demanda innocemment Roger pendant que l'hilarité de Archie redoublait.
Harry sourit à son tour devant la stupidité de ses condisciples qui paraissait prêt à gober n'importe quel bobard pour peux qu'on le crie assez fort ; soudain de bien meilleure humeur, il entraina ensuite avec lui ses deux compères en direction du Poudlard Express. Les vacances d'hiver commençaient enfin!
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Lorsqu'il arriva finalement à King's Cross, toute forme de bonne humeur avait déserté Harry. Tout d'abord, il avait été harcelé pendant presque tout le trajet par des fans au QI de têtard ; ensuite parce qu'il avait failli être molesté à la gare par une cohorte de groupies fanatiques et enfin parce que Lockhart avait finalement récupéré de son malheureux incident et s'était débrouillé pour prévenir un reporter de la Gazette du Sorcier que Harry Potter et lui-même donneraient une interview conjointe à la gare.
La demi-heure qui avait suivi l'arrivée de Harry à Londres avait été passée à tenter de ne pas agresser le reporter fanatique qui le bombardait de questions tout en s'empêchant également d'agresser physiquement Lockhart, qui lui, faisait tout son possible pour apparaître à côté de Harry sur toutes les photos, donnait sans arrêt de bons conseils à la 'jeune vedette débutante' sur la manière correcte de gérer 'sa célébrité naissante' et s'était en outre débrouillé pour organiser une session de signatures d'autographes dans la foulée.
Après une demi-heure de ce cirque, Harry avait finalement réussi à s'enfuir en lâchant un discret sortilège de morsure sur les parties intimes du professeur blond en guise de revanche, uniquement pour se rendre compte que Rémus n'était nulle part en vue... Ce qui tout bien réfléchit n'était pas vraiment un problème.
Une téléportation plus tard, c'est un Harry épuisé et énervé qui faisait son entrée dans l'Antre de Lunard.
Lâchant une remarque désobligeante a Magorian en guise de bonjours, il abandonna le centaure qui faisait office de maitre d'hôtel et commença a gravir l'escalier principale.
Le dernier des Potter n'avait alors plus qu'une envie : saluer Rémus avant d'aller se coucher. Sans réfléchir plus en avant, il pénétra dans la chambre du lycan et se maudit une seconde plus tard d'avoir oublié de frapper.
Une fille qu'il reconnut immédiatement être Cassandra Whitehorse, une vendeuse de vêtements magiques de la rue des Sombres Sentes, se trouvait être confortablement installée sur les genoux d'un Rémus Lupin à moitié nu, qui semblait actuellement occupé à dégrafer le soutien-gorge de la dite jeune femme.
Harry sut tout de suite qu'il venait sans aucun doute d'interrompre un rendez-vous d'affaire tout ce qu'il y a de plus honorable...
Remarquant bien malgré lui que les deux lurons étaient déjà pratiquement nus, le dernier des Potter remercia dieu si Il existait, de ne pas être arrivé une minute plus tard, afin d'assister à... brr, mieux valait ne pas y penser.
Les deux tourtereaux... réalisèrent bien sûr que quelqu'un était rentré et se tournèrent sans délai dans sa direction ! Harry Potter regarda les deux une seconde de fermer les yeux et d'affirmer avec toute la conviction d'un accusé de meurtre devant un tribunal : 'Il ne s'est rien passé, je n'ai rien vu !'
Il se cacha ensuite les yeux de la main droite, sortit de la pièce, referma la porte, compta jusqu'à dix et poussa à nouveau le battant : cette fois deux personnes complètement habillées et assises à des bords opposés du lit lui faisait face...
Beaucoup mieux !
-Cassandra quelle bonne surprise ! S'exclama-t-il alors joyeusement en souriant à la jeune femme qui rougit terriblement. Un plaisir de te voir ici, surtout maintenant que tu es habillée, si tu me le permets, ajouta-t-il en hochant la tête avec résolution alors que la jeune femme passait du rose bonbon au rouge Weasley.
Rémus tenta d'intervenir mais son protégé ne lui en laissa pas le temps et reprit la parole.
-Touf-Touf, toujours aussi occupé à ce que je vois ! Les affaires marchent bien, on dirait.
-Écoute Veinard, je… humm. J'ai une ou deux petites choses à t'expliquer, héhé et... commença le lycan d'un ton gêné en ricanant nerveusement d'une voix un brin pâteuse.
Un élément que ne manqua pas de remarquer Harry qui décida d'attribuer cette élocution difficile au fait qu'un instant plus tôt, la langue du lycanthrope se trouvait au fond de la gorge de la personne chez qui Harry avait acheté la plupart de sa garde-robe.
-Explication ? demanda Harry en feignant une incompréhension totale. Non, il n'y a rien à expliquer, voyons. Alors, nous allons faire simple. Je vais juste oublier ce que je viens de voir et pour la suite, tu laisseras une chaussette ou une cravate, ou n'importe quel signe que vous autres les jeunes, vous utilisez désormais pour signifier qu'une pièce n'est pas disponible pour les non partouzeurs du groupe... Hum, s'interrompit brusquement Harry un instant en se grattant le menton avant de reprendre la parole en affectant un air dubitatif.
-Pourquoi ai-je comme l'impression que cette conversation devrait se dérouler dans l'autre sens ? murmura le dernier des Potter comme pour lui-même en affichant une mine caricaturale.
-Parce que cela devrait être le cas, acquiesça Cassandra Whitehorse en regardant son meilleur client avec un sourire gêné et un brin amusé par le comportement l'adolescent.
-Oh Cassandra, mais tu peux utiliser ta langue aussi lorsque tu es habillée, tu es vraiment pleine de surprise, dit platement Harry pendant que la pauvrette ouvrait la bouche sous l'effet de l'incompréhension. Bon, ce n'est pas tout ça, mais je vais dormir à présent, bonne soirée, conclut Harry avant de se détourner et de monter les escaliers en direction de sa chambre, bien décidé à abandonner ce souvenir dans une pensine avant d'aller dormir...
Un instant plus tard, le jeune mage se rappela qu'il ne pouvait rien oublier qu'il le veuille ou non et maudissant son occlumancie et sa mémoire eidétique, le denier des Potter en pria Merlin de ne pas faire de cauchemar...
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Un peu plus loin dans l'Antre, deux adultes légèrement gênés se jetaient de petit coup d'œil à la sauvette en se dandinant de manière confuse. Finalement Cassandra Whitehorse prit la parole.
-Euh, je crois que ça a complètement pourrit l'ambiance...
-Yep, répondit Rémus avec sincérité en se servant un verre de thé glacé.
-Merlin, c'est vraiment un foutu petit malin doublé d'un sale gosse, ajouta Cassandra comme prise d'une arrière pensé.
Rémus Lupin se contenta de soupirer et d'afficher une expression qui voulait tout dire... Elle n'en avait pas vu la moitié.
-Tu... tu penses qu'on devrait aller lui parler... et lui faire payer cette mauvaise blague et ces foutus remarques insupportables ? Explosa soudain Cassandra en se souvenant d'un seul coup de toutes les vacheries que le sale gosse venait de lui balancer après avoir pourrit son rendez-vous galant.
-Non, je ne recommande pas. Il était déjà très dur à surprendre avant Poudlard, mais en dépit de tous mes efforts, je n'ai plus jamais été capable d'y arriver après sa première année et tu sais que j'ai de l'entraînement, avoua platement Rémus avec un soupçon de regret dans la voix alors que des images de son enfance avec les maraudeurs lui revenaient.
Les deux adultes restèrent ensuite assis en silence durant un moment jusqu'à ce que Cassandra se décide à reprendre la parole.
-Alors, est ce que... On continue ce qu'on faisait, je… hum, disons que je n'ai pas perdu toute ma flamme, avoua-t-elle avec une petite moue timide mais néanmoins sexy.
-Je n'en doute pas un instant, répondit Rémus en affichant un sourire de loup avant de bondir en direction de sa proie.
L'après-midi n'était peut-être pas totalement gâché en fin de compte, songea-t-il avant de faire apparaître une cravate sur la poignée de la porte et de fermer cette dernière d'un coup de baguette.
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Le lendemain matin, mademoiselle Whitehorse gravit tranquillement l'escalier qui menait à la chambre de Harry avec une étrange appréhension.
Elle avait connu Harry alors qu'il n'avait que dix ans, et depuis, lui avait vendu un nombre incroyable de vêtements divers et variés. C'est d'ailleurs comme ça qu'elle avait réappris à connaitre Rémus. Le lycan qui avait été à Poudlard cinq années au-dessus d'elle et qu'elle avait toujours secrètement admiré.
L'ouverture de l'Antre de Lunard lui avait donné une autre bonne occasion de le fréquenter, et un peu plus tôt cette semaine, après une soirée particulièrement festive et arrosée, elle s'était plus ou moins jeté sur le loup garou, qui avait été on ne peut plus ravi de l'attention.
Cependant, à présent qu'elle se trouvait devant la porte du fils spirituel du lycan, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si cela avait été une bonne idée... Non pas que Rémus ne soit pas un amant extraordinaire, le loup avait tout ce qu'il fallait pour rendre une femme heureuse. C'est juste qu'elle ne savait pas trop quoi dire au jeune Harry
Lorsqu'elle ouvrit la porte de la chambre, sa confusion ne fit qu'augmenter dramatiquement. Incapable de réconcilier dans sa tête l'image du petit garçon qui lui avait commandé sa première paire de bottes en peau de dragon plus de quatre ans plus tôt, avec le torse nu et ruisselant de sueur qui lui fit face lorsqu'elle pénétra dans la pièce.
Harry Potter, poursuiveur extraordinaire, espoir de l'équipe nationale d'Angleterre, paraissait s'entrainer !
Cassandra regarda le jeune homme réaliser une nouvelle traction et ouvrit bêtement la bouche incapable d'émettre le moindre son.
Se souvenant de ce qu'elle avait lu dans les derniers journaux sportifs récemment, où on chantait les éloges du nouveau joueur d'Angleterre, vantant son sens tactique supérieur, son intelligence de jeu ahurissante, sa vitesse inégalée et son statut de meilleur buteur du championnat, tout en le présentant comme un des meilleurs joueurs du monde. Elle comprit qu'il y avait surement du vrai dans ces éloges.
Jamais de mémoire de couturière, elle n'avait vu un adolescent aux muscles aussi définis. Non pas qu'Harry ait le physique d'un haltérophile, loin de là, c'est juste que tous ses muscles fins paraissaient extrêmement denses et saillants et se contractaient avec toute l'agilité de ceux d'un fauve. Par Merlin, il n'avait même pas quinze ans, comment cela était-il possible ?
Arrachant ses yeux à la contemplation du jeune homme qui continuait d'effectuer des tractions sans s'occuper d'elle, elle regarda distraitement la chambre gigantesque qui lui faisait face et retint un cri. Ce n'est d'ailleurs pas le fait que la pièce fasse près de 100 m² et soit suffisamment grande pour contenir un appartement qui la surprit, mais bien le mobilier qui la remplissait. Depuis le bureau en chêne noir jusqu'à la bibliothèque finement ouvragée, chaque meuble de la pièce semblait être une œuvre d'art, et l'ensemble s'harmonisait d'une manière incroyable et incompréhensible en un ensemble que l'on ne pouvait décrire que par le mot magnifique...
Et pourtant un moine acétique y aurait trouvé son bonheur car il n'y avait aucune fioriture. Pas de peinture ou d'ornement au mur, pas de bibelot ou d'objet de décoration. Juste un bureau, un nombre incalculable de bibliothèques, un petit cabinet d'étude, et un lit simple.
Visiblement, le bon gout du jeune homme ne se limitait pas aux vêtements.
Le choc était important. En passant la porte, Cassandra Whitehorse venait d'avoir l'impression de déménager de l'Antre de Lunard pour apparaitre au cœur d'une bibliothèque antique.
Ramenant son regard vers l'objet de sa présence, elle haussa un sourcil en reconnaissant l'exercice qu'il faisait. Suspendu à une barre métallique qui paraissait flotter dans l'air, Harry Potter faisait des tractions.
A peu près certaine qu'elle ne pourrait pas en faire plus de cinq, elle réalisa avec stupeur que le gamin devait bien en avoir fait cinquante depuis qu'elle était entrée et ne faisait absolument pas mine de s'arrêter !
-Est-ce que tu vas te décider à parler ? demanda finalement Harry d'une voix déliée alors qu'il faisait une nouvelle traction. Ou est-ce que tu vas continuer à te rincer l'œil ? demanda-t-il d'un ton moqueur.
-Je... Que... Et puis merde ! Au nom de Merlin, qu'est-ce que tu fabriques ? C'est les vacances d'hivers et tu avais un match hier, commença Cassandra en employant le tutoiement qu'elle utilisait avec lui depuis toujours lorsqu'il venait faire ses achats.
Harry rit légèrement et se laissa tomber sur le sol avec une grâce étrangement inhumaine et soudainement, d'un vague geste de la main, il modifia les lumières de la pièce et une section entière de parquet qui recouvrait le sol se mit à bouger alors que lui-même commençait à trottiner sur la section désormais mobile. Après quelques secondes de stupeur, Cassandra finit par comprendre ce que faisait l'adolescent : une étrange forme de magie faisait défiler le parquet rapidement sous les pieds de Harry le forçant à courir pour rester sur place...
Sans interrompre son jogging, Harry tourna la tête dans sa direction et sourit.
-Les gens qui affirment que le Quidditch ou le duel ne sont pas des disciplines physiques sont des arriérés, affirma-t-il sans perdre le rythme pendant que Cassandra ouvrait une nouvelle fois la bouche incapable de parler.
Toute prête à jurer que toute personne assez inhumaine pour forcer un adolescent à se torturer ainsi en utilisant cette méthode barbare était un monstre, Cassandra Whitehorse se retint en se rapellant que le gamin empochait un gros paquet de galions pour récompenser ses efforts dans l'équipe de Quidditch et soupira en songeant que de toute façon, elle n'était pas montée pour discuter des performances sportives de Harry.
-Est ce que tu pourrais te rhabiller s'il te plait ? Je voudrais te parler, finit-t-elle par demander d'une voix sérieuse, lorsqu'elle eut finalement retrouvé toutes ses capacités mentales.
-Cassandra, Cassandra, tu m'as vu tout enfant, ne me dit pas que tu es gênée. En plus, je t'ai moi-même vu à moitié nue pas plus tard qu'hier, alors ce n'est que justice qu'il te soit offert le même privilège. Tu aimes ? demanda-t-il d'un ton à la foi aguicheur et moqueur.
Face à la blague de mauvais goût, Cassandra qui n'était pas connue pour son bon caractère, ne fit ni une ni deux, elle sortit sa baguette et lança un petit maléfice au sale gosse. Il était temps de discipliner ce petit malappris afin que ce fichu Potter cesse son cinéma.
Elle eut à peine le temps de comprendre ce qui se passa ensuite. D'un seul bond puissant, Harry effectua un saut périlleux arrière pour esquiver son maléfice avant de continuer à courir comme si rien ne s'était passé.
-Ce n'est pas une mauvaise idée, si tu continues à faire ça, cela devrait améliorer mon agilité, expliqua le dernier des Potter en lui lançant un sourire moqueur pendant qu'elle recommençait à gober des mouches.
Le gosse bougeait juste tellement vite et tellement souplement que c'en était à peine croyable.
-Bon, tu vas te décider à me dire ce que tu veux ? demanda-t-il tout en la regardant d'un air soudain lassé, avant de cesser de courir.
-Je... C'est à propos de ce que tu as vu hier soir, je..., commença-t-elle sans trop savoir quoi dire.
-Tu veux dire a propos du fait que Rémus ait finalement réussi à durcir son vieux balai usagé afin de tirer un coup ? demanda-t-il en souriant et en esquivant adroitement un deuxième sortilège qu'elle lui envoya.
-Ce n'est pas ce que tu penses, piailla-t-elle rouge d'embarras.
-Pff, alors le vieux loup a échoué face au but alors qu'il avait un pénalty et que le gardien était parti boire une bière, quel honte, ricana Harry avant de continuer d'un ton toujours aussi moqueur. Mais alors pourquoi es-tu là ? Tu n'as quand même pas besoin de 'LA discussion'. Par contre, si tu veux, j'ai un bon livre sur les charmes contraceptifs et..., expliqua Harry d'un ton professoral.
-Est ce que tu peux arrêter de te payer ma tête trois secondes pour que nous puissions parler ? lui hurla-t-elle à la figure définitivement folle de rage cette fois.
-Bon, bon, vas y. Comme de toute façon tu interromps un de mes moments privilégiés autant que cela soit rapide.
-Tu veux dire comme tu as interrompu le nôtre hier ? Grinça-t-elle.
-Touché. Maintenant, viens en au fait ou je te sors personnellement de ma chambre, sourit Harry amicalement.
-Il faut qu'on parle de ce que tu as vu plus tôt.
-Vraiment ? Soupira Harry l'air définitivement peu intéressé. Je ne suis pas un expert, mais j'avais dans l'idée qu'embrasser et en parler n'était pas une pratique plaisante et...
-Tais-toi à la fin, tu es insupportable ! Laisse-moi parler !
-Calme, tu deviens hystérique. Pour avoir un tel caractère, tu dois sûrement être en manque de tu- sais-quoi... Enfin bref, rien de surprenant vu l'âge de Rémus, ne le juge pas trop durement..., soupira Harry d'un ton triste.
Comprenant qu'elle n'arriverait à rien ainsi, Cassandra Whitehorse soupira et brusquement, les mots se mirent à sortir tous seuls de sa bouche alors qu'elle se décidait à vider son sac.
-Ce que tu as vu hier... ce n'était rien... et... et je ne veux pas que ce soit rien ! Je suis amoureuse de Rémus, mais voilà, il a cinq ans de plus que moi et cette malédiction de loup garou alors,… alors il ne veut rien entendre..., commença la belle couturière avant même de comprendre qu'à cause du choc et du harcèlement moral de Harry, elle venait de lui déballer ses problèmes de cœur au lieu de l'aider à accepter ce qu'il avait vu (ce qui était tout de même son intention initiale).
Harry quant à lui, voulait juste se taper très fort la tête contre le mur. Cette histoire allait juste le rendre fou ! D'abord Archie et Stéphanie, maintenant ça ! Pourquoi diable tous ces simplets venaient-ils le voir pour résoudre leur problème de cœur comme s'il était une sorte de psychomage ?
-Ce n'est pas ce que je voulais dire, tenta de se reprendre la jeune femme.
-Cassandra, tais-toi, la coupa Harry pendant que la brune se hérissait et se préparait à hurler une nouvelle fois de colère.
Le jeune mage ne lui en laissa pas le temps et reprit tout de suite la parole.
-Rémus est un loup-garou et il pense ne pas être digne de l'affection et de l'amour des autres. Sachant en plus qu'il craint de les blesser et ce, depuis son temps à Poudlard, il s'est donc auto persuadé que toutes les relations qu'il était susceptible d'avoir seraient forcément du court terme et que c'est ce que recherchent les femmes qui viennent vers lui.
-Mais je ne trouve pas que sa condition soit un problème et je ne recherche pas une relation d'un soir.
-Tout le monde se fout de ce que tu penses ! Ce qui compte, c'est ce dont il est persuadé lui ! grommela Harry en guise de réponse, coupant ainsi une nouvelle fois la parole à Cassandra qui s'apprêtait à se rebeller et se tût lorsqu'il la foudroya du regard.
'Brrr, ce regard est effrayant' pensa-t-elle benoitement, incapable de parler alors que les froides orbes vertes de Harry lui intimaient le silence.
-Je sais que tu n'as pas peur de sa malédiction et que tu tiens vraiment à lui, ça fait des années que je te vois le regarder à chaque fois que nous faisons des achats dans ta boutique. Si cela n'avait pas été le cas, je t'aurai déjà changé en limace et donnée à manger à ma chouette.
-Tu veux dire que ce n'est pas ma faute, mais uniquement la sienne ?
-En quelque sorte. Rémus a toujours été victime des préjugés des autres. Alors il n'arrive simplement pas à imaginer que certaines personnes puissent le voir autrement que comme un monstre ou un phénomène de foire... Alors insiste un peu et fais lui comprendre tes vrais sentiments si tu veux construire quelque chose. Et maintenant, dégage de ma chambre ! conclut Harry en poussant fermement la jeune femme qu'il avait déjà reconduite à l'entré de sa chambre sans qu'elle s'en rende compte avant de lui claquer la porte au nez.
-La petite vermine, maugréa Cassandra tout en descendant les escaliers pendant que Harry reprenait son entrainement en soupirant.
Le jeune mage n'eut même pas le temps de bien s'échauffer car moins de vingt minutes plus tard, Rémus Lupin déverrouillait la porte de sa chambre d'un sortilège expert et entrait. Lui aussi voulait visiblement parler. Oh joie !
-Alors Rémus, les affaires marchent bien en cette fin d'année ? demanda Harry en stoppant ses exercices et en s'essuyant le visage avec une serviette.
-Pas mal. Les clients affluent et mes fournisseurs ont brusquement cassé leurs prix, expliqua le lycan.
Harry ricana intérieurement en se souvenant que ses associés vampires avaient rendu une petite visite au seul grossiste de l'Allée des Embrumes, un escroc qui exploitait la misère de la population locale en faisant payer cher des clients incapables d'aller se fournir ailleurs. Il lui avait laissé le choix entre casser ses prix ou se faire casser les jambes. Bien sûr, Rémus n'avait pas besoin de le savoir. La joie naïve d'un loup garou innocent n'a pas de prix, après tout.
-Tu sais, reprit Harry en haussant les sourcils. Je suis assez surpris que tu ne sois pas inquiet à propos de ce qui se passe à l'école avec la pétrification et tout le tintouin...
-Bof, répondit le lycan en haussant les épaules. Tu peux prendre soin de toi et puis de toute façon, tu passes tes journées enfermé avec tes bouquins alors..., commenta Rémus avant de se mettre à ricaner en se souvenant d'une scène comique. En parlant de bibliothèque, tu te souviens de cette fois où tu avais glissé sur...
-Alors toi et Cassandra Whitehorse, hein ? Le coupa immédiatement Harry peu désireux de se remémorer l'évènement humiliant.
-C'était juste une affaire d'un soir se défendit Rémus en rougissant. Elle est très belle sans aucun doute, mais je sais qu'elle ne veut rien de sérieux avec moi, expliqua le loup-garou avec une absolue certitude, pendant que Harry se retenait afin de ne pas ricaner.
Il savait déjà comment résoudre toute cette histoire : il allait caser les deux tourtereaux ensemble et avec un peu de chance il aurait ensuite la paix.
Le moment de mettre en action le plan 'Paix et Tranquillité pour Harry Potter' venait d'arriver !
-C'est vrai qu'elle est mignonne cette petite Cassandra, commença le dernier des Potter avec un sourire pervers. Et puis amusante aussi, énergique, gentille...
-C'est bon j'ai compris, grogna Rémus.
Cependant Harry ne sembla pas en tenir compte.
-C'est aussi une sacrée coquine. Tu as vu le rayon lingerie de sa boutique ? Je suis sûr qu'elle pourrait te faire des shows privés avec …
-Harry, l'averti le Lycan à présent rouge brique.
-Bien sûr, il y a aussi le fait qu'elle ait un corps superbe, et je n'ai aucun doute qu'elle embrasse très bien.
-HARRY, Grogna Rémus en signe d'avertissement cette fois.
-Certes, elle a parfois des goûts un peu bizarres puisqu'elle t'a embrassé, mais ça prouve juste qu'elle est aventureuse, ce qui promet des nuits torrides et...
-J'AI COMPRIS HARRY ! hurla le Lycan de toute la force de ses poumons ; c'est à dire suffisamment puissamment pour réveiller toute l'Allée des Embrume en dépit des enchantements de silence qui entouraient l'auberge.
-Je suis content que tu comprennes ce que je voulais te dire, acquiesça le jeune mage. C'est mieux que tu te fasses une raison tout de suite Rémus... Je veux dire, il n'y avait aucune chance dès le début qu'une belle jeune femme comme elle puisse vraiment tomber dans tes filets, expliqua Harry avec une feinte empathie pendant qu'il ricanait intérieurement de toutes ses forces. Après tout, regarde-toi avec tes vêtements ternes et défraichis, tes cernes sous les yeux, et ton air grognon... elle était beaucoup trop bien pour toi et vous ne jouiez pas dans la même catégorie.
-QUOI ? Est-ce que tu essayes de suggérer que je suis trop laid pour plaire aux femmes et que Cassandra n'était pas attirée par moi ? grogna Rémus à présent rouge de colère.
-Bien sûr que non, l'apaisa Harry d'un ton gentil et compatissant. Il ne faut pas te formaliser de ce genre de chose Touf-Touf. Après tout, dans cette époque qui est la nôtre, on peut toujours avoir une chance lorsqu'il y a assez d'alcool qui coule et tu as visiblement réussit à bien profiter de cette technique hier, mais dans une situation normale, au vu de ton âge et de ton manque d'expérience, les choses sont différentes Rémus. Il faut être réaliste, les femmes ne sont pas aussi faciles à satisfaire lorsqu'elles ont tous leurs moyens, tu sais.
-Misérable, tu apprendras que c'est elle qui est venue flirter avec moi à la fête d'hier soir et que je n'ai rien fait pour l'encourager, se défendit fièrement le Lycan.
-Mais oui... bien sûr Rémus, je te crois, lui répondit Harry d'un ton gentil comme s'il était un enfant capricieux qu'il fallait préserver de sa propre folie. Avec l'alcool, l'ambiance festive, le fait que tu sois le patron de l'établissement et la musique qui empêche d'avoir une conversation, c'est possible qu'elle ait voulu s'amuser un peu. Mais il te faut tout de même réaliser pour ton propre bien qu'en dehors de ce genre de situation, tu n'as aucune chance avec une femme comme elle. Tu sais je ne veux pas que tu le prennes mal et ce n'est pas pour être méchant avec toi Rémus, mais tu n'es pas un mec marrant...
-Moi ? Je suis tout ce qu'il y a de plus amusant ! Rugit Rémus d'un ton défensif.
-Oh, si tu le dis, soupira platement Harry en secouant tristement la tête et en regardant le Lycan avec pitié.
-Je te dis que j'ai de la conversation, insista Rémus d'un ton sifflant
-Écoute, Rémus, arrête de te bercer d'illusions, reprit sèchement Harry. Regarde la vérité en face, tu es aussi intéressant qu'un Veracrasse asthmatique lorsque tu n'es pas bourré, alors maintenant redescends sur terre et accepte le fait tu n'aies pas eu un coup sérieux en plus de dix ans.
-Tu apprendras petit démon ingrat que c'est uniquement parce que je refuse les avances de certaines dames et que je n'ai pas dragué sérieusement une seule femme depuis la fin de ma scolarité.
-Oui c'est ce que je dis ! Lorsqu'on était au dix-huitième siècle tu avais encore des atouts, mais maintenant en dehors de ces soirées si spéciales où on ne peut ni parler ni voir correctement son partenaire à cause de la musique et de l'alcool c'est fini tout ça.
-Et qui es-tu pour juger la vie sociale des autres ? Regardes toi ! Se rebella soudain le Lycan.
-Oui, tu veux parler de mon statut de génie, du fait que je sois une star de Quidditch internationale, de ma sélection comme modèle pour les publicités Boubagump ou plutôt du fait que je reçoive plus de cinquante lettres d'amour tous les jours ? demanda Harry en haussant un sourcil pendant que Rémus s'effondrait sur une chaise, l'air dépité.
-Cassandra t'a dit que j'étais ennuyeux ? demanda soudain le Lycan en regardant Harry tristement pendant que son protégé ricanait de plus belle dans les tréfonds de son machiavélique esprit.
-Non, bien sûr, elle n'a pas utilisé ces mots. Mais le doute n'est pas permis. Je veux dire, c'est évident que tu n'as pas l'ombre d'une chance. Je me demande même comment tu as pu rêver qu'une femme comme elle puisse sérieusement s'intéresser à toi, se moqua ouvertement Harry pendant que Rémus se relevait d'un bond, son honneur définitivement piqué au vif.
Cette fois le sale gamin était allé trop loin !
-Pas une chance ? Vieux ? Pas marrant hein ? C'est ce que tu penses ! Gronda le Lycan d'une voix pleine de fiel. Misérable petit ingrat. Et bien, on va voir ce qu'on va voir. Je vais la conquérir et ensuite tu devras ravaler tes insultes et tes sarcasmes, sale petite liche. Je vais te montrer qui était le Casanova des maraudeurs moi ! Beugla Rémus en brandissant le poing en direction de son jeune protégé, avant de quitter la chambre de Harry d'un pas puissant et de claquer la porte derrière lui.
C'est seulement alors, pendant que Harry de son côté de la porte, commençait enfin à rigoler à n'en plus finir, que Rémus eut l'étrange impression de s'être fait embobiner. Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'allait pas montrer à ce sale punk comment un homme, un vrai, s'y prenait avec ces dames.
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Partie 2 : Le rire du serpent.
Comme Harry l'avait prédit, son entrainement avec l'équipe d'Angleterre s'était considérablement durci en prévision du match contre la Serbie qui devait avoir lieu précisément le jour de la Saint Valentin. Cependant, l'héritier Potter avait découvert avec surprise qu'il n'avait aucun mal à suivre le nouveau rythme. Son entrainement personnel et certains de ses rituels chamaniques semblaient finalement donner des résultats...
Bien sûr, le fait que sa condition physique soit liée au nombre de buts qu'il arrivait généralement à marquer et que ce même nombre de buts soit proportionnel à la taille de son chèque de fin de mois, n'avait absolument rien à voir avec les efforts titanesques qu'il faisait dans ce domaine.
Non pas qu'il ait vraiment besoin de l'argent d'ailleurs, entre son association avec les Tzimices, son partenariat avec Lestat, ses récentes opérations immobilières dans l'Allée des Embrumes, l'augmentation de la rentabilité de l'Antre de Lunard, le tournoi de Gringotts qu'il avait remporté, ses contrats publicitaires récents, et ses actions moldues qui grimpaient en flèche, il avait déjà multiplié par plus de dix sa fortune personnelle. Mais tout de même, quelques galions en plus ne se refusaient pas.
Comme le dit le proverbe gobelin, 'ce n'est pas à la quantité d'or que l'on peut compter le bonheur, mais au ratio de cette fortune qui a été honnêtement volé'. Et justement, Harry venait de finir de mettre au point son dernier plan en date pour accroitre à nouveau sa fortune et mettre sur la touche un homme potentiellement capable de s'opposer à ses projets...
Mais le cours de potion de Rogue n'était pas le bon endroit pour y songer.
-Alors Archie, est ce que tu as vu Stéphanie pendant les vacances de Noël ? demanda Harry en se penchant légèrement au-dessus du chaudron bouillonnant dans lequel revenait tranquillement leur décoction du jour.
-Non, elle a préféré rester en France afin de pouvoir rattraper son retard et n'est pas rentrée pour Noël, grommela le brun en touillant rageusement sa potion.
Rogue passa devant et hocha brièvement la tête en voyant la décoction, avant de continuer sa ronde sans un mot.
Depuis l'incident Flint, le professeur de Potion prenait en effet bien soin de garder ses distances et ses remarques pour lui.
-Dis-moi Archimède, j'ai un petit service à te demander. J'aurai besoin d'un petit coup de main pour fabriquer certaines potions un peu délicates.
-Quel genre ? demanda distraitement le grand brun.
-Une potion de nutrition absolue, une potion de renforcement physique, un élixir de Sargorath, et une dernière petite chose donc je te parlerai plus tard et qui devrait t'intéresser.
-L'élixir de Sargorath relève plus de l'alchimie que de la potion et son utilisation est… hum disons peu encouragée par le ministère. Mais je devrais y arriver. Dis-moi Harry, tu ne prévois pas de modifier ton corps à l'aide d'un rituel démoniaque au moins ? murmura Archie en regardant son ami d'un œil suspicieux.
-Je ne peux pas te dire pour quoi j'ai besoin de l'élixir, mais ce n'est pas pour un rituel démoniaque, promis ! répondit Harry en faisant un petit salut de scout.
-Et la potion de nutrition ? Tu peux être un peu plus précis ? demanda Archie.
-J'ai besoin d'une durée et d'une potentialité importante. En fait, fais la aussi forte que possible et mets m'en une quantité correspondant à deux mois, expliqua Harry en réfléchissant un instant.
-Dis-moi au moins que tu ne prévois pas de te doper avec la potion de renforcement physique et que tu es au courant des effets secondaires potentiels d'un abus de potion de nutrition, grommela Archie en sentant poindre le début d'une migraine, alors que Harry hochait innocemment la tête.
-La potion de nutrition fournit au corps tous les nutriments, fibres, calories et même apport hydrique dont l'organisme a besoin pour une période de temps dépendant de sa concentration et de sa quantité. Elle permet donc de survivre de très longues périodes dans des conditions extrêmes ou plus communément de sauter un ou deux repas sans avoir faim. La potion de renforcement physique quant à elle, améliore de manière générale le bénéfice que le corps tire d'un entrainement prolongé et peut, si absorbé moins de deux jours avant une compétition, être considéré comme du dopage.
-Je devrais pouvoir te faire la potion de nutrition pour demain, celle de renforcement physique pour la fin de la semaine, et l'élixir pour dans deux semaines. Est-ce que sa seigneurie est satisfaite ? Grommela Archie d'un ton pince sans rire... mais en échange je veux que tu fasses mes devoirs de transfiguration pendant trois semaines.
-Pas de problème, répondit immédiatement Harry pour qui les exercices ne représenteraient aucune difficulté.
-Génial, note parfaite en métamorphose pendant presque un mois. Qui a dit que les potions ne servaient à rien ? Ricana Archimède en se frottant les mains.
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Après cette étrange discussion, la vie reprit son cours normal à Poudlard durant quelques semaines jusqu'à ce que les pétrifications recommencent. Les semaines s'écoulèrent, les incidents se multiplièrent et finalement, à la mi-février, ce qui devait arriver, arriva, et un élève finit par perdre la vie, tué par le monstre de Serpentard.
Immédiatement un tôlé généralisé ébranla le monde magique tout entier, lorsque la mort du jeune Antony Goldstein fut rendue publique. Le cadavre du gamin avait été trouvé au deuxième étage, par nul autre que Harry Potter en personne.
Le jeune mage, lorsqu'il avait avisé le corps, avait pris sur lui de sonner l'alarme sans paniquer, en envoyant plusieurs détonations puissantes à l'aide de sa baguette. Dumbledore avait tenté de minimiser l'incident, mais les choses étaient simplement allées trop loin cette fois pour que l'affaire puisse être étouffée.
C'est pourquoi, le lendemain du décès, la Gazette hurlait après la démission de Dumbledore et le ministère tout entier montait un siège autour de Poudlard. Les choses étaient claires, le département de la justice avait une semaine pour trouver le coupable, après quoi les têtes commenceraient à tomber, et Poudlard serait fermé par ordre ministériel.
Trois jours après l'incident, toute l'école connaissait le nom du coupable. Le suspect était évident, après tout, il avait menacé de mort un homme devant tout le monde dans la Grande Salle, maitrisait la magie bien au-delà de ce qu'un adolescent de son âge n'aurait dû pouvoir faire, parlait Fourchelangue et avait été trouvé sur les lieux du seul meurtre à avoir eu lieu. Oui ! Il n'y avait aucun doute, Harry Potter était l'héritier de Serpentard et le responsable de tous les incidents ; l'école tout entière en était convaincue !
L'école n'était pas la seule convaincue de la culpabilité de Harry car l'opinion publique dans un incroyable revers, s'était retournée contre sa toute nouvelle vedette alors même que la gazette du sorcier s'en donnait a cœur joie en le dépeignant comme un deuxième Voldemort en court endoctrinement, avide de pouvoir et de célébrité ; et tramant dans l'ombre les pire complot !
A partir de là, les choses semblèrent s'accélérer exponentiellement à mesure que le ministère et la gazette du sorcier œuvrait : Le passé trouble de Harry fut réinventé, les propos de ses ancienne interviews déformé, des preuves et des indices accablant furent révélé et très bientôt il ne restait plus un mage digne de ce nom au sein du ministère pour douter de sa culpabilité Tous hurlaient pour l'emprisonnement de l'héritier de Salazar, les journaux se déchainaient et même le Magenmagot paraissait agité par la mort de l'héritier d'une noble famille de sorcier au Sang Pur.
Les rumeurs les plus folles se mirent rapidement à circuler, colportées par la presse, et les sorciers incrédules. Bien des gens affirmaient désormais qu'il était le responsable de la blessure du précédent poursuiveur de l'équipe d'Angleterre. Certaines rumeurs suggéraient même qu'il avait maudit Londubat en le condamnant à comprendre le Fourchelangue pour venger la mémoire de Voldemort.
Harry reposa la Gazette du Sorcier sur la table et soupira. En première page, Lucius Malfoy clamait haut et fort au nom du conseil des gouverneurs de Poudlard que Harry Potter était bel et bien le premier suspect concernant les agressions.
Se frottant les yeux lentement, le jeune mage comprit qu'une chaine d'évènements venait de s'amorcer et qu'il était impuissant à en modifier le cours. Ce qui voulait dire qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps avant que les forces qui œuvraient dans l'ombre ne se décident à agir. Il restait cependant une chose importante qu'il devait réaliser avant qu'il ne soit trop tard. Tournant sa tête vers son meilleur ami, il prit la parole.
-Archimède, je voudrais que tu réfléchisses à un problème avec moi. Est-ce que tu te souviens exactement comment les victimes ont été trouvé ? Et je dis bien, exactement.
-Hum, commença avec éloquence le brun en réfléchissant. Le chat de Rusard était suspendu par la queue près des toilettes des filles d'où s'échappait une énorme flaque d'eau... Colin Crivey marchait dans un couloir du troisième étage avec son appareil photo...
-Ou exactement était l'appareil ? le coupa Harry.
-A peu près devant ses yeux. Il devait se préparer à prendre une photo, répondit avec confusion le brun, ne voyant pas ou son ami voulait en venir. Finch-Fletchley lui, a été trouvé pétrifié juste à côté du fantôme de Gryffondor, lui aussi pétrifié. Et puis ensuite, Clearwater de Serpentard et Granger ont toutes deux été retrouvées côte à côte, tenant des morceaux de miroirs prêt des escaliers menant au deuxième étage ; alors que Lee Jordan a été retrouvé au deuxième étage regardant par la fenêtre... Et puis bien sûr, il y a Goldstein que l'on a retrouvé mort au milieu d'un couloir désert du deuxième étage, conclut Archimède en fronçant les sourcils.
Harry regarda ensuite son ami un long moment dans les yeux avant d'ajouter d'une voix douce.
-Archie, sais-tu où sont passées les araignées que Rogue gardait vivantes afin de servir comme ingrédient frais ?
-Oh, elles ont juste disparue, je ne sais pas très bien pourquoi, répondit le brun en haussant les épaules de plus en plus confus à cause des questions de son ami.
-Promets-moi de ne jamais oublier ce dont nous venons de discuter Archimède, finit par murmurer Harry d'un ton mortellement sérieux.
-Harry, tu me fais peur et...
-Promets ! Le coupa Harry d'un ton sans réplique.
-Ça va, ça va, je te le promets, répondit sérieusement Archimède, qui soupira un instant plus tard lorsque son ami se leva et s'en alla sans un autre mot.
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Deux jours après cette étrange requête, le dernier des Potter pénétra dans le Grand Hall une expression indéchiffrable sur le visage alors qu'un incroyable charivari régnait dans la pièce principale de Poudlard. Les étudiants hurlaient, criaient et couraient partout alors qu'une tension presque palpable emplissait l'air.
Brusquement, Harry repéra la grande silhouette de Montague et vit que le brun courait vers lui avec un air paniqué.
-Harry, Harry, quelque chose de terrible est en train d'arriver, s'écria Archimède dès qu'il fut arrivé à hauteur du dernier des Potter. Dumbledore vient d'être renvoyé par le bureau des gouverneurs et le ministre en personne est là, je pense...
Le pauvre Montague ne put même pas finir sa phrase car au même moment, la porte du Grand Hall s'ouvrit à la volée dans un bruit d'explosion retentissant.
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-AURORS ! ARRETEZ CE GARCON ! Tonna Fudge en désignant de l'index l'héritier Potter alors qu'il pénétrait d'un pas conquérant dans la Grande Salle.
Harry leva lentement les bras pour signifier sa reddition tout en se tournant dos aux Aurors afin de plonger ses orbes émeraude dans les prunelles noisette de son ami qui paraissait tétanisé.
- Archimède, concentre-toi, j'ai besoin que tu m'écoutes attentivement, murmura le dernier des Potter d'une voix qui ne souffrait aucune contradiction.
Immédiatement, les yeux d'Archimède perdirent toute lueur de peur et le jeune mage sut que son ami était parfaitement concentré.
-Bien, continua Harry sans jamais lâcher le regard d'Archie. Il y a un livre dans l'endroit où je conserve mes secrets, un livre que tu dois absolument trouver ! expliqua il calmement alors que les Aurors continuaient de se rapprocher à grands pas, baguette levée et tous près à utiliser la force si il résistait.
-Le livre en question sera facile à reconnaître. Je t'y ai laissé un mot, tu devras lire mes notes et le livre en entier puis décider de la suite de tes actions avec intelligence ! Est-ce que tu comprends ? demanda il plus pressement à présent que les Aurors étaient presque au contact.
Archie, l'horreur clairement visible sur son visage, ne put que hocher la tête en guise de réponse.
-Il y a une dernière chose que tu dois savoir, murmura Harry dont les yeux étaient empreints d'une gravité que le brun n'y avait jamais vu.
Brusquement, Harry se pencha tout contre lui et lui murmura quelque chose dans l'oreille un bref instant.
Une seconde plus tard un Auror saisit le gamin par les épaules et le tira violemment en arrière avant de lui frapper l'intérieur de la jambe pour le contraindre à poser genoux à terre.
-Harry James Potter ! Commença Fudge d'un ton impérieux, un sourire de triomphe clairement visible sur le visage. Vous avez été reconnu coupable d'avoir perpétré plusieurs attaques à l'aide de magie noire sur la population étudiantes de cette école, dont l'une a abouti au meurtre d'un de vos camarades. Vous serez donc, en punition de vos crimes, emprisonné à Azkaban jusqu'à votre mort. Aucun procès ne sera nécessaire, les meurtriers dans votre genre n'en méritent pas. Aurors emmenez cette vermine, conclu Fudge pendant que Harry, le visage parfaitement impassible, était relevé brutalement par les Aurors.
-Harry, mais qu'est ce qui se passe ? cria Archie avec désespoir tandis que de grosses menottes de fer étaient passées autour des poignets et des chevilles de son meilleur ami et qu'un petit détachement d'Aurors s'interposait pour l'empêcher de rejoindre son ami.
-Archimède, tu es tout sauf un idiot, alors réfléchis, fais ce que je t'ai dit, et tout deviendra clair. Et surtout, n'oublie pas de jouer avec tes forces Archimède. Chacun possède en lui quelque chose qui fait sa grandeur, n'ai jamais honte de ce qui fait la tienne, expliqua Harry dont le visage était toujours impassible.
L'Auror qui venait de l'attacher, fouilla dans sa poche et en sortit sa baguette, qu'il donna avec un sourire au ministre, qui semblait littéralement jubiler.
-Il est temps maintenant, monsieur Potter. J'ai réservé pour vous une cellule toute particulière dans les tréfonds d'Azkaban, murmura le ministre dont le sourire sadique s'élargit lorsque ses Aurors commencèrent à trainer l'adolescent en direction de la sortie, pendant que les élèves et les professeurs, parfaitement stupéfaits, regardaient la scène avec des yeux ronds.
-Arrêtez immédiatement, vous n'avez aucun droit de faire cela, annonça froidement Flitwick en se positionnant directement devant les Aurors, baguette en main.
- Écarte-toi misérable gnome de jardin si tu ne veux pas te retrouver dans une cage du cirque Zonko ce soir, cracha un des Aurors en levant sa propre baguette.
Sans un mot, Harry croisa le regard de son mentor et ami en secouant doucement la tête. Un instant, une étrange lueur sembla se refléter dans ses yeux et un battement de coeur plus tard Flitwick, hocha légèrement la tête avant de s'écarter.
-Cessez cette foire immédiatement. Tout le monde a le droit à un procès ! s'indigna McGonagall en s'interposant à son tour, sa voix résonante dans le Hall et son considérable pouvoir magique résonant dans la salle.
Aucun Auror n'osa cette fois prononcer le moindre mot. Le ministre commença à essuyer la transpiration qui lui maculait désormais le front. A cet instant, Archie se surpris à retrouver confiance. La voix trainante de Lucius Malfoy, qui venait de pénétrer dans le Hall, se chargea un instant plus tard de détruire ses derniers espoirs.
-En fait Minerva, vous vous apercevrez en regardant avec plus d'attention les textes, que cela est tout à fait possible. Poudlard est après tout un endroit particulier ou ne s'applique pas toujours la loi ministérielle. Un endroit où un procès n'est pas toujours nécessaire pour faire emprisonner des délinquants. Une sentence qui bien sûr est tout de même appliquée par le ministère au nom de l'école si elle s'avère nécessaire. Dans ce cas précis, vous pourrez constater qu'un accord entre le bureau des gouverneurs de Poudlard, le ministère et le département des Aurors a été conclu et soutient une telle action la rendant par la même légale. J'ai ici tous les documents officiels, expliqua le blond avec un sourire victorieux et pervers en agitant une petite liasse de parchemins.
Choquée, l'enseignante se saisit des papiers tandis que le groupe d'Aurors et Harry Potter passaient juste devant elle. Lucius Malfoy sourit froidement, donna les autorisations nécessaires à Minerva. Puis il serra la main de Fudge avant de se retourner et de sortir de Poudlard en compagnie du Ministre en riant doucement d'un petit ton haut perché et étrangement poche du sifflement d'un serpent.
Une seconde plus tard, les Aurors et leur prisonnier emboitèrent le pas aux deux politiciens et la porte du Grand Hall se refermait dans un fracas assourdissant.
Harry Potter venait d'être emmené à Azkaban !
