5
Le Tournoi des Trois Sorciers

En arrivant devant les portes du château, Heather et ses amies tentèrent de gagner le hall le plus rapidement possible. Mais elles eurent beaux y mettre toute leur volonté, elles furent quand même trempées par la pluie. Seule Heather s'en était un peu mieux sortie, et pouvait en cela remercier les roulettes de sa valise. Mais elle eut à peine placé ses affaires, avec celles des trois autres, dans un coin du hall, qu'une bombe à eau lui éclata sur le sommet du crâne. Au-dessus des filles, Peeves, l'esprit frappeur, les bombardait littéralement, et elles ne se firent pas prier pour gagner la grande salle où seuls quelques élèves étaient déjà installés.

Elles se séparèrent pour gagner chacune sa table respective. Heather fut rejointe quelques instants plus tard par Romilda Vane et les autres filles de leur chambrée qui l'entourèrent consciencieusement.
- Ah ce Peeves je vous jure ! fit Romilda d'un ton indigné. Je me demande ce qui pourrait l'inciter à se calmer un peu ?
- Pas grand chose, je le crains, répondit Lucy Farmer, une fille aux cheveux châtains qui présentement bien mouillés collaient à ses joues.
- Peut-être que si on le menaçait d'exorcisme… fit Kate Lewis, une fille aux cheveux coupés au carré.
- Et toi Heather, demanda Romilda, qu'est-ce que tu en penses ?
- Je pense que Dumbledore n'utiliserait jamais la menace, même contre un esprit frappeur. Et que le meilleur moyen de refroidir les ardeurs de Peeves, c'est encore de l'ignorer.

Peu à peu, la salle se remplissait alors que Kate Lewis et Lucy Farmer se présentaient à Heather en bonne et due forme. Après que quelques élèves soient allés se plaindre de Peeves à la table des professeurs, le professeur McGonagall était sortie dans le hall, et avait apparemment réussi à calmer l'esprit frappeur. Elle revint avec toute une foule d'élèves qui s'installèrent à leur tour. Colin Crivey interpella Harry et lui appris, ainsi qu'à toute la table par la même occasion que son petit frère entrait en première année. A en juger par le plafond magique, le temps ne s'était guère amélioré dehors, et les nouveaux devaient être trempés jusqu'aux os.

Heather observa la table des professeurs. Il restait encore plusieurs sièges vacants. Mais après un moment, le professeur McGonagall entra dans la Grande Salle suivie par les nouveaux. Comme l'avait pensé Heather, ils n'auraient pas été moins trempés s'ils avaient traversé le lac à la nage. Ils tremblaient, et Heather se dit que l'angoisse de la répartition n'y était cette fois pas pour grand chose. L'un d'eux, pourtant, semblait au comble de la félicité. Il était très petit et enroulé dans ce qui semblait être le manteau de Hagrid. Il leva le pouce en direction de Colin Crivey et ses lèvres formèrent les mots : «Je suis tombé dans le lac».

Le professeur McGonagall posa au sol un tabouret à trois pieds, et par dessus, un vieux chapeau rapiécé. Tous les élèves l'observèrent avec attention. Le Choixpeau ouvrit sa "bouche" et se mit à chanter :

Voici un peu plus de mille ans,
Lorsque j'étais jeune et fringuant,
Vivaient quatre illustres sorciers
Dont les noms nous sont familiers :
Le hardi Gryffondor habitait dans la plaine
Poufsouffle la gentille vivait parmi les chênes,
Serdaigle la loyale régnait sur les sommets,
Serpentard le rusé préférait les marais.
Ils avaient un espoir, un souhait et un rêve,
Le projet audacieux d'éduquer des élèves,
Ainsi naquit Poudlard,
Sous leurs quatre étendards.
Chacun montra très vite
Sa vertu favorite
Et en fit le blason
De sa propre maison.
Aux yeux de Gryffondor il fallait à tout âge
Montrer par-dessus tout, la vertu de courage,
La passion de Serdaigle envers l'intelligence
Animait son amour des bienfaits de la science,
Poufsouffle avait le goût du travail acharné,
Tous ceux de sa maison y étaient destinés,
Serpentard assoiffé de pouvoir et d'action,
Recherchait en chacun le feu de l'ambition.
Ainsi tout au long de leur vie,
Ils choisirent leurs favoris,
Mais qui pourrait les remplacer
Quand la mort viendrait les chercher ?
Gryffondor eut l'idée parfaite
De me déloger de sa tête,
Les quatre sorciers aussitôt
Me firent le don d'un cerveau
Pour que je puisse sans erreur
Voir tout au fond de votre cœur
Et décider avec raison
Ce que sera votre maison.

Toute la salle applaudit alors à tout rompre.
- Ce n'est pas la même chanson que l'an dernier ! fit remarquer Kate Lewis.
- Sans doute doit-il en faire une différente chaque année ! dit Heather.
Une fois les applaudissements calmés, le professeur McGonagall déroula alors un grand rouleau de parchemin.
- Quand j'appellerai votre nom, vous mettrez le chapeau sur votre tête et vous vous assiérez sur le tabouret, dit-elle aux nouveaux. Lorsque le chapeau indiquera le nom de votre maison, vous irez prendre place à la table correspondante. Je commence : Ackerley Stewart !
Le dénommé Ackerley s'avança en tremblant des pieds à la tête. Il prit le chapeau et s'assit en le coiffant.
- SERDAIGLE ! cria le Choixpeau.
Le garçon retira le chapeau et alla s'installer à la table des Serdaigle qui l'accueillit avec forces applaudissements.
- Et au fait, vous croyez que le professeur qui dirige la répartition change chaque année également ? demanda Heather.
- Non, répondit Romilda aussitôt. J'avais entendu dire l'an dernier que c'était bizarre que ce soit Rogue qui nous ait répartis, parce que d'habitude, c'est toujours McGonagall, parce qu'elle est la directrice-adjointe.
- Elle avait dû être occupée à autre chose ! intervint Lucy Farmer. Rappelez-vous, elle était arrivée à la fin de la répartition avec Potter et une autre élève.
- Vous croyez qu'ils…

Mais Romilda n'eut pas le temps de terminer sa question, Dennis Crivey venait d'être envoyé à Gryffondor et toute la table explosa en applaudissement et sifflets d'acclamation. Heather s'aperçut alors que Hagrid avait rejoint sa place à la table des enseignants. Il pouvait sembler un peu effrayant, presque deux fois plus grand qu'un humain moyen, et large comme un chêne centenaire, des cheveux si emmêlés qu'ils se confondaient avec sa barbe. Mais d'après Harry, il avait un cœur en or. Heather n'avait pas pris le temps d'aller lui parler l'année précédente. Elle se dit donc qu'elle essaierait de corriger cette erreur cette année.

Alors que la liste des élèves de première année avançait, Heather se demanda qui pouvait bien être le professeur qui ne s'était encore pas présenté. Il y avait au centre de la table le professeur Dumbledore, entouré des quatre directeurs de maison, McGonagall, Flitwick, le professeur d'enchantements, Rogue, le professeur de Potions et Mrs Chourave, professeur de Botanique. Après, il y avait plusieurs professeurs que Heather ne connaissait que de vue, et qui devaient enseigner les différentes options à partir de la troisième année, mais il restait une place vacante qui devait être celle du professeur de Défense contre les forces du mal.
L'année dernière, c'était le professeur Remus Lupin qui enseignait cette matière. C'était un très bon professeur, qui savait mettre ses élèves en confiance. Il était toujours aimable, et malgré tout, Heather l'avait suspecté d'être un assassin et d'avoir causé la mort des parents de Harry… la mort de ses parents en fait. Mais elle avait mal raisonné, c'était Peter Pettigrow, que tout le monde pensait avoir été tué par Sirius Black, qui avait trahi les Potter et les avait vendus à Voldemort. Heather avait enregistré à la fin de l'année scolaire une discussion entre Sirius Black, Remus Lupin, Harry, Ron Weasley et Hermione Granger où tout avait été révélé, y compris le fait que Peter Pettigrow avait passé douze ans dans la peau de Croûtard, le rat de Weasley. Hélas Pettigrow s'était enfui, mais heureusement, il restait son enregistrement pour innocenter Sirius.

Quand Heather revint à la cérémonie de répartition, elle s'aperçu qu'il ne restait plus qu'un seul élève attendant d'être réparti. La table de Gryffondor explosa dans de nouveaux applaudissements, pour une fille dont Heather n'avait même pas entendu le nom. Enfin, le professeur McGonagall appela Kevin Whitby, qui mit fébrilement le Choixpeau sur la tête et fut envoyé à Poufsouffle. Le professeur Dumbledore se leva alors et ouvrit les bras dans un geste d'accueil. Il allait sans doute faire son petit discours avant que n'apparaissent les plats.
- Je n'ai que deux mots à vous dire, annonça-t-il comme tout le monde faisait silence : Bon appétit !
Heather fut surprise mais se reporta bien vite sur les succulents plats qui venaient d'apparaître à la table. Tout en mangeant, elle observait les autres élèves, principalement ceux de Gryffondor. Dean Thomas et Seamus Finnigan étaient en grande conversation avec Neville Londubat, et les deux filles qui partageaient le dortoir de Hermione Granger. D'après leurs gestes, ils parlaient des matchs de la coupe du monde de Quidditch.
De l'autre côté de la table, Ginny était assise auprès des jumeaux, des trois poursuiveuses de l'équipe de quidditch et de Lee Jordan qui riaient tous de bon cœur. Elle tourna à nouveau la tête de l'autre côté, attiré par un bruit de couverts qui tombent et vit une discussion qui semblait assez houleuse entre Hermione Granger d'un côté, et Nick Quasi-Sans-Tête et Ron Weasley de l'autre. Apparemment, Hermione fut plutôt vexée puisqu'elle en arrêta de manger.
A la table de Poufsouffle, Rebecca semblait en grande discussion avec une de ses aînées. Une fille avec une longue natte brune. Elles riaient toutes deux en lançant des œillades furtives à un garçon sans doute en dernière année, et qui selon Heather, était plutôt pas mal.
A la table des Serdaigle, Heather ne put que remarquer les deux filles assises à chaque extrémité et le contraste entre elles. Il s'agissait bien sûr de Luna Lovegood et de Ceridwen. Toutes deux n'étaient pas très appréciées dans leur maison. Mais toutes deux étaient très différentes. Alors que Luna était mise à l'écart parce qu'elle croyait à toutes sortes de rumeurs sans fondements à propos de créatures imaginaires, de maladies hypothétiques, et de moyens de protection bizarres, ce qui se traduisait dans son apparence par des radis qu'elle portait en boucles d'oreille et un collier de bouchons de bièraubeurre, Ceridwen, elle, semblait être une jeune fille parfaitement bien élevée, une tenue impeccable, un maintien parfait, de beaux cheveux d'or qui cascadaient dans son dos, un visage fier, et sans doute, sa mise à l'écart était due au fait que les autres filles la jalousait, ou la trouvait bêcheuse, là où Heather savait qu'elle était "simplement" altière.
A la table de Serpentard, tout un groupe d'élèves d'âges variés s'était massé autour de Draco Malefoy et de ses acolytes. Enola Grey faisait partie de cette troupe qui buvait les paroles du blondinet. Abigail, elle, restait à l'écart, mais le plus flagrant était que contrairement à l'année précédente, elle n'était pas seule à se tenir éloignée de la bande à Malefoy. Une bonne vingtaine de Serpentard de tout âge semblait éviter le groupe qui s'était formé au centre de la table. Certains lançaient même vers Malefoy des regards de dégoût.

Quand le repas se termina, la rumeur des conversations eut à peine le temps de s'amplifier d'avantage que Dumbledore se leva à nouveau. Le silence se fit alors, perturbé uniquement par le bruit de la pluie et du vent.
- Et voilà ! dit-il avec un grand sourire. Maintenant que nous avons été nourris et abreuvés, je dois, une fois de plus, vous demander votre attention afin de vous donner quelques informations. Mr Rusard, le concierge, m'a demandé de vous dire que la liste des objets interdits dans l'enceinte du château comporte également cette année les yo-yo hurleurs, les frisbees à dent de serpent et les boomerangs à mouvement perpétuel. La liste complète comprend quatre cent trente-sept articles, si mes souvenirs sont exacts, et peut être consultée dans le bureau de Mr Rusard pour ceux qui seraient intéressés.
Dumbledore fit une petite pause avant de reprendre.
- Je voudrais également vous rappeler que comme toujours, la forêt est interdite à tous les élèves, et le village de Pré-Au-Lard à celles et ceux qui n'ont pas encore atteint la troisième année d'études. Je suis également au regret de vous annoncer que la Coupe de Quidditch des Quatre Maisons n'aura pas lieu cette année.
Dumbledore n'eut pas le temps de continuer que des protestations véhémentes retentirent aux quatre coins de la Grande Salle.
- Cela est dû, reprit Dumbledore en calmant les élèves, à un événement particulier qui commencera en octobre et se déroulera tout au long de l'année scolaire, en exigeant de la part des professeurs beaucoup de temps et d'énergie. Mais je suis persuadé que vous en serez tous enchantés. J'ai en effet le grand plaisir de vous annoncer que cette année à Poudlard…

Mais encore une fois, Dumbledore fut interrompu, alors qu'un violent coup de tonnerre résonna dehors, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent d'un coup. Un homme sous une cape de voyage se tenait dans l'encadrement. Il rejeta sa capuche en arrière et s'avança alors qu'un nouvel éclair illuminait la Grande Salle. Il avait de longs cheveux gris emmêlés. Comme il avançait, on entendait un claquement sourd à chaque fois qu'il posait la jambe droite au sol. D'après sa démarche, il devait avoir une jambe de bois. Il se dirigeait vers Dumbledore quand un autre éclair vint illuminer son visage.
Il avait de si nombreuses cicatrices qu'on aurait cru que sa peau était en patchwork, sa bouche ressemblait à une entaille diagonale et il lui manquait un morceau de nez. Mais le plus horrible était sans doute ses yeux. L'un était petit et sombre, l'autre était grand, rond comme une pièce de monnaie, et d'un bleu électrique, pire que tout, cet œil-ci remuait sans cesse dans son orbite, comme indépendamment de la volonté de son propriétaire.
L'étranger salua Dumbledore et lui murmura quelque chose, il y eut un bref échange que personne n'entendit, puis l'homme alla s'asseoir à la place libre. Il renifla une saucisse, puis sortit ses propres couverts pour la découper.
- Je vous présente notre nouveau professeur de Défense contre les forces du mal, déclara Dumbledore d'une voix claire. Le professeur Maugrey.
D'habitude, les élèves accueillaient les nouveaux professeurs par des applaudissements collégiaux, mais cette fois, seuls Dumbledore et Hagrid applaudirent, et n'insistèrent donc pas trop. Il y eut juste quelques chuchotements aux quatre tables, et Heather pu vaguement capter les mots : "Fol'œil" et "auror".

Il y eut un nouveau silence, puis Dumbledore s'éclaircit la gorge.
- Comme je m'apprêtais à vous le dire, reprit-il en souriant aux élèves tous horrifiés par l'apparence de leur nouveau professeur, nous allons avoir l'honneur d'accueillir au cours des prochains mois un événement que nous n'avons plus connu depuis un siècle. J'ai le très grand plaisir de vous annoncer que le Tournoi des Trois Sorciers se tiendra cette année à Poudlard.
- Vous plaisantez ! s'exclama Fred Weasley, provoquant une hilarité qui détendit l'atmosphère.
- Non je ne plaisante pas Mr Weasley, répondit Dumbledore d'un sourire amusé. Mais si vous aimez la plaisanterie, j'en ai entendu une très bonne cet été. C'est un troll, une harpie et un farfadet qui entrent dans un bar…
Le professeur McGonagall s'éclaircit alors bruyamment la gorge, signifiant clairement que l'heure n'était pas aux blagues de bar.
- Heu… c'est vrai…fit Dumbledore. Le moment n'est peut-être pas venu de… où en étais-je ? Ah oui ! Le Tournoi des Trois Sorciers… Certains d'entre vous ne savent pas en quoi consiste ce tournoi, je demande donc à ceux qui savent de me pardonner d'avoir à donner quelques explications. Pendant ce temps-là, ils sont autorisés à penser à autre chose. Le Tournoi des Trois Sorciers a eu lieu pour la première fois il y a quelque sept cents ans. Il s'agissait d'une compétition amicale entre les trois plus grandes écoles de sorcellerie d'Europe – Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang. Un champion était sélectionné pour représenter chacune des écoles, et les trois champions devaient accomplir trois tâches à caractère magique. Chaque école accueillait le tournoi à tour de rôle tous les cinq ans, et tout le monde y voyait un excellent moyen d'établir des relations entre jeunes sorcières et sorciers de différentes nationalités – jusqu'à ce que le nombre de morts devienne si élevé que la décision fut prise d'interrompre le tournoi.
- Le nombre de morts ! s'exclama Heather, horrifié par quelque chose qui semblait ne choquer nullement Romilda Vane dont les yeux brillaient de convoitise.
- Oui, expliqua Kate Lewis, les épreuves impliquaient souvent des créatures dangereuses. Je crois que le tournoi a été arrêté quand un Nundu a échappé à tout contrôle et tué la plupart des spectateurs, adultes et enfants.
Lucy n'eut pas le temps d'approfondir son explication, car déjà Dumbledore reprenait la parole.
- Au cours des siècles, il y a eu plusieurs tentatives pour rétablir le tournoi. Mais aucune n'a rencontré un grand succès. Cette année cependant, notre Département de la coopération magique internationale et celui des jeux et sports magiques ont estimé que le moment était venu de le faire revivre. Nous avons tous beaucoup travaillé au cours de l'été pour nous assurer que, cette fois, aucun champion ne se trouvera en danger de mort. Les responsables de Beauxbâtons et de Durmstrang arriveront en octobre avec une liste de candidats et la sélection des trois champions aura lieu le jour de Halloween. Un juge impartial décidera qui seront les élèves qui sont les plus dignes de concourir pour le Trophée des Trois Sorciers, la gloire de leur école, et une récompense personnelle de mille Gallions.
- Tu crois que j'ai une chance d'être choisie si je me présente ? demanda Romilda à Kate Lewis.
- Qui ne tente rien n'a rien ! répondit Kate.

Partout des chuchotements enflammés s'élevèrent. Mais dès que Dumbledore reprit la parole, le silence se fit à nouveau.
- Je sais que vous êtes tous impatients de rapporter à Poudlard le Trophée des Trois Sorciers, dit-il, mais les responsables des trois écoles en compétition, en accord avec le ministère de la Magie, ont jugé qu'il valait mieux, cette année, imposer de nouvelles règles concernant l'âge des candidats. Seuls les élèves majeurs – c'est à dire qui ont dix-sept ans ou plus – seront autorisés à soumettre leur nom à la sélection. Il s'agit là – Dumbledore dû hausser la voix car nombre d'élèves protestèrent, et les jumeaux avec plus de véhémence que les autres – il s'agit-là, dis-je, d'une mesure que nous estimons nécessaire, compte tenu de la difficulté des tâches imposées, qui resteront dangereuses en dépit des précautions prises. Il est en effet improbable que des élèves n'ayant pas atteint la sixième ou la septième année d'études puisse les accomplir sans risques. Je m'assurerai personnellement qu'aucun élève d'âge inférieur à la limite imposée ne puisse tricher sur son âge pour essayer de se faire passer comme champion de Poudlard par notre juge impartial.
Les yeux de Dumbledore fixèrent alors clairement les jumeaux qui semblaient furieux de cette mesure, qui il est vrai, ne devait les exclure du jeu que de quelques mois.
- Je vous demande donc de ne pas perdre votre temps à essayer de vous porter candidat si vous avez moins de dix-sept ans. Comme je vous l'ai déjà dit, les délégations de Beauxbâtons et Durmstrang arriveront en octobre et resteront parmi nous pendant la plus grande partie de l'année scolaire. Je ne doute pas que vous manifesterez la plus grande courtoisie envers nos hôtes étrangers tout au long de leur séjour et que vous apporterez votre entier soutien au champion de Poudlard lorsqu'il, ou elle, aura été désigné. Mais il se fait tard à présent, et je sais combien il est important que vous soyez frais et dispos pour vos premiers cours, demain matin. Alors tout le monde au lit ! Et vite !

Dumbledore se rassit tandis que les élèves eux se levèrent dans un raclement de chaises assourdissant. Les préfets haranguaient les première année pour leur montrer le chemin. Heather, Romilda, Lucy et Kate se dirigèrent vers la sortie. Heather aurait bien voulu discuter un peu de tout ça avec Rebecca, Abigail et Ceridwen, mais Romilda ne lui en laissa pas l'occasion et l'entraîna à sa suite dans les étages. Elles montèrent aussi directement que possible à la salle commune de Gryffondor pour redescendre ensuite à leur chambre.
- Quand même ! fit Romilda ! C'est dommage cette histoire de limite d'âge ! J'aurais bien tenté ma chance !
- Oui ! fit Kate. Et quel honneur ce serait de pouvoir représenter l'école toute entière !
- Sans compter les mille Gallions de récompense pour le vainqueur ! s'exclama Lucy rêveuse.
- A mon avis, même sans la limite d'âge, aucune de nous n'aurait eu la moindre chance d'être sélectionnée, et encore moins de remporter le Trophée, intervint Heather. Vous avez entendu, il y avait des morts dans le temps, et même pour un sixième ou septième année, les tâches seront difficiles. Alors qu'est-ce que de pauvres deuxième année auraient bien pu ?
Les trois autres se contentèrent de hausser les épaules. Puis Romilda déclara qu'elle était éreintée, et toutes se couchèrent prestement.