Pendant qu'Henry et Jo étaient à l'étage avec Lucas, Jacob était en bas cherchant de l'aide auprès d'Abe.
« Ça va gamin ? » Abe fronça les sourcils, Jacob n'avait pas dit grand chose depuis qu'il était arrivé au magasin cet après midi.
« C'est rien. » Il haussa les épaules, attrapant son sac à dos.
« Encore ton oncle ? » le poussa Abe.
« Ouais, c'est juste qu'il est jamais à la maison, on parle à peine. Alors je me demande s'il regrette de m'avoir pris avec lui. » Admit Jacob.
« Vien là, assied toi. » dit Abe l'invitant vers l'un des canapés du magasin. « Est-ce que je t'ai déjà dit que j'avais été adopté ? »
« Non. »
« Eh bien je n'étais qu'un bébé quand mes parents sont morts dans les camps. Je ne me souviens pas d'eux, mais peut importe, j'ai été trouvé par une infirmière qui m'a emmené au médecin le plus proche. Ils ont finit par m'adopter et se sont marié. » Expliqua Abe. « Nous étions une famille géniale, et j'ai eu une enfance intéressante. Je savais que mes deux parents m'aimaient énormément mais de temps en temps quelque chose se passait et je commençais à me demander s'ils avaient déjà regretté de m'avoir adopté. Abe s'arrêta une minute, « Ma mère disait toujours que c'était une décision impulsive qui affecterait le reste de leurs vie. Mon père n'était jamais impulsif, pas de mon vivant en tout cas. »
« Est-ce que ces sentiments partent jamais ? » demanda Jacob. « Je veux dire je sais que mon oncle tient à moi mais parfois je me sens plus comme un fardeau qu'autre chose. Et puis l'autre jour il m'a demandé pourquoi je n'invitais jamais d'ami. J'étais embarrassé de lui dire que même si j'avais des amis à l'école je ne suis pas du tout proche d'eux. »
« Toi et moi avons beaucoup plus en commun que tu ne penses gamin. » rit Abe, « Mon père a… avait une condition inhabituel, ça a obligé ma famille à bouger beaucoup quand j'ai grandi. Donc je suis devenu prudent sur les amis que je me faisais. Parfois je pensais que ça décevait mes parents, ma mère était une personne naturellement sociable et mon père avait un charme immortel. Je sais qu'ils s'inquiétaient pour moi quand je ne ramenais pas d'amis à la maison, et je savais que mon père commençait à s'en vouloir. »
« Alors comment tu t'es débrouillé avec ça ? »
« Je ne l'ai pas fait, j'étais un adolescent, et les discussions personnelles avec mes parents n'étaient pas mon truc. » confessa Abe. « Donc je ne vais pas te dire de rentrer chez toi et de parler à ton oncle si tu ne veux pas, mais tu peux me parler ou à Henry si tu veux. Tu devrais aussi savoir que je ne pense pas que ton oncle regrette de t'avoir fait entrer dans sa vie tu es un garçon intelligent, avec une bonne étique de travail. Je ne regrette certainement pas que tu sois entré dans ma vie. »
« Merci. » rougit Jacob. « Est-ce que tu a déjà demandé à tes parents s'ils avaient jamais regrettés de t'avoir adopté ? »
« Non. » Abe haussa les épaules.
« Ils n'ont jamais regrettés. » Aucun des deux n'avaient entendu Henry descendre les escaliers et placer une main sur l'épaule de son fils.
« Je sais. » Abe hocha la tête.
« Jo commande Chinois si tu veux rester pour diner Jacob. » Henry se tourna vers le jeune homme.
« Bien sûr, laissez moi une minute pour prévenir mon oncle. » Il sortit son téléphone.
« De la nourriture livrée, comment est-ce qu'elle t'as persuadée ? » Abe feint être choqué.
« Elle dit qu'elle a besoin de nourriture de réconfort après une nuit traumatisante. » rétorqua Henry.
« Je ne sais pas pourquoi elle dit ça. » le taquina Abe.
« Je me suis dit que je pouvais lui accorder. » acquiesça Henry.
« Tu devrais garder cette femme. » Abe fit un sourire en coin, menant le chemin vers l'escalier.
« Hey, qui c'est ce gamin ? » Lucas leva les yeux quand il entendit les autres hommes monter les marches.
« Lucas c'est Jacob, il travaille dans le magasin avec Abe. » le présenta Henry, « Jacob c'est Lucas, mon assistant à la morgue. »
« Heureux de te rencontrer. » Jacob tendit la main.
« Est-ce qu'il sait ? » Demanda Lucas en acceptant la poignée de main.
« Savoir quoi ? » Jacob fronça les sourcils.
« Non. » Henry et Jo répondirent en même temps.
« Oh Oops. » Lucas rougit. « Désolé. »
« Savoir quoi ? » Jacob était curieux, qu'est-ce que ce crétin savait qu'il ne savait pas, il vivait pratiquement ici.
« Que je déménage ici. » Jo attrapa le brasa de Henry, et malgré deux cents ans d'émotions cachées il apparu visiblement surpris, ne serait-ce qu'une seconde. « Ma maison est plus un musée qu'une maison. Ce n'est plus vivant de la même manière que ça l'était. Je suis ici plus souvent que là bas de toute façon. C'est quelque chose dont nous avons parlé depuis un moment maintenant et ça semble le bon moment. »
« C'est génial ! » Jacob sourit, « Nous devrions prendre quelque chose de mieux que du Chinois pour célébrer ça. »
« Je suis d'accord. » ajouta Abe.
« Eh bien j'ai déjà commandé donc c'est trop tard. » Jo haussa les épaules.
« Pas du tout, il y a toujours assez de temps pour faire un dessert. » Abe disparu dans la cuisine.
« Donc quand prévoyez-vous de déménager. » Jacob s'assit sur le canapé, « Vous savez que j'aiderais à déplacer vos affaires. »
« Moi aussi. » intervint Lucas.
« Je suis sûr que ce ne sera pas tout de suite » Henry fronça les sourcils, « Nous avons encore beaucoup de chose à voir. »
« Comme quoi ? » demanda Jo.
« Comme où est-ce que tout va aller, nous avons besoin de réfléchir aux fournitures et aux affaires. » Henry essayait d'être raisonnable.
« Nous avons trop de choses pour commencer. » lança Abe à travers la porte, « Nous pouvons en déplacer certaines en bas au magasin et faire du profit. » Henry s'excusa pour aider Abe.
« Tu n'aides pas du tout. »
« De quoi tu parles, je pense que c'est une super idée. » Abe continua son travail.
« Je m'inquiète pour Jo. » confessa Henry « Et tu n'es pas supposé faire de changement de vie majeur après une tragédie. »
« Jo à l'air d'aller bien Henry, en fait tu es le seul qui panique. » Abe soupira, « Enfin à part ton acolyte là-bas, mais je sens qu'il pourrait être excité à propos de tout. »
« C'est ce dont je m'inquiète Abe, elle ne réagit pas. »
« Peut être qu'elle ne voit pas ça comme une si mauvaise chose. » suggéra Abe, « Je veux dire, elle n'a plus à s'inquiéter de ce qui pourrait t'arriver quand elle sera parti. Est-ce que ça t'est venu à l'idée qu'elle s'inquiétait pour toi autant que tu t'inquiètes pour elle ? Je sais que ça peut mal sonner, mais je suis heureux de la façon dont les choses ont tournés. Je veux dire, je déteste que ce soit arrivé, mais ça veut aussi dire que je n'ai plus à m'inquiéter de ce qui se passera pour toi quand je serai parti. »
« Abe. » Henry stoppa son fils comme il le faisait toujours quand ce sujet particulier arrivait. « Qu'elle voit ça ou pas comme une bonne chose, ça l'affectera et je ne veux pas qu'elle fasse de changement drastique avant que ça le fasse. »
« Donc elle n'avance pas tant qu'elle n'a pas eu d'attaque de panique. » rétorqua Abe.
« Pas du tout Abraham, seulement pas maintenant. » Henry fronça les sourcils, quand Lucas passa la porte de la cuisine.
« Umm Jo m'a envoyé pour vous prévenir que la nourriture est arrivée. » Le jeune homme regardait ses pieds, « Et Henry je suis désolé, j'ai en quelque sorte assumé que puisqu'il était dans votre salon il savait. »
« Ce n'est pas ta faute Lucas, mais souviens toi juste que tu t'es porté volontaire pour déménager les affaires de Jo. Je suis sûr que nous pouvons trouver beaucoup de choses lourdes pour toi dont de vieux hommes ne peuvent plus s'occuper. » Henry sourit, faisant sourire aussi Lucas ça devait être la première fois que son chef plaisantait vraiment avec lui. Ça ce révélait être une semaine géniale pour lui.
« Si le gamin traine par là il y a un moment où vous devrez lui parler cependant. » Abe plaça le dessert dans le four avant de donner des verres à Lucas et Henry, tandis qu'il prenait le vin. « Pas maintenant cependant, je pense que nous avons eu assez de drame pour un moment. »
